28/11/2013

HAITI SUR RFI - RFI EN HAITI - HAITI ON MY MIND


RFI sera demain et vendredi en direct d'Haiti pour de nombreuses émissions.

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Special sur @RFI: Grand reportage d' et émissions en direct demain.

en : ce jeudi, la tranche Amériques Haïti présentée en direct de Port-au-Prince à 7h30 locales (12h30 TU)


Crise électorale, absence d'état de droit : écoutez notre émission spéciale en direct 7h30-8h30 sur 89.3FM à Port-au-Prince

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En souvenir :

Reportages réalisés en mai 2008 - pour le quotidien Ouest France et Rue 89 :

http://www.ouest-france.fr/se-nourrir-ou-seduquer-choix-crucial-en-haiti-115112


Se nourrir ou s'éduquer, choix crucial en Haïti

C'est l'heure de la pause à l'école La Pomme, dans le quartier de Delmas. Les jeunes filles bien mises dans leur uniforme orange croisent les petits garçons de 6/7 ans, qui jouent dans la cour. Cette institution primaire et secondaire accueille plus de 300 enfants. C'est une des rares écoles publiques du quartier, elle reçoit donc les plus pauvres. En Haïti, l'éducation n'est pas assurée par l'État. Les institutions publiques sont rares : 75 % des écoles sont privées, chères et souvent de mauvaise qualité. L'éducation est un véritable luxe.
Les effectifs se réduisent
La Pomme partage un bâtiment bringuebalant avec une autre institution, privée. Elle dispose de six salles pour 300 élèves de 6 à 15 ans. Les enseignants ont en temps normal environ 50 élèves par classe... Mais depuis les émeutes de la faim, les habitants de Port-au-Prince craignent pour la sécurité de leurs enfants. Les écoles se sont vidées... Plus de 45 % des enfants haïtiens sont déscolarisés. La crise alimentaire et la hausse du coût de la vie en Haïti risquent de faire grimper dangereusement ce taux.
Pierre-Alex Thionville enseigne aux classes primaires à La Pomme. Il constate que « les effectifs ont été réduits... Chaque jour, il manque un peu plus d'élèves. Les activités ralentissent. Cela a de graves répercussions sur le budget des familles. Les parents vont au marché de longues heures pour gagner de l'argent et payer l'école, et les enfants restent à la maison. »Il ajoute qu'un « enfant qui est en 4e année et qui n'arrive pas à boucler l'année va devoir recommencer et cela risque de ralentir son avenir ».
Malgré le retour au calme, les classes continuent de se vider. Enock Alexis enseigne à mi-temps à La Pomme, mais aussi dans d'autres établissements. Il constate que, même dans les écoles privées où les parents en théorie ont plus de moyens, certains élèves ne viennent plus en cours...« Plein d'entreprises ont été brûlées, cassées, pillées, pendant les émeutes de début avril,raconte Enock. Les parents ne vont plus travailler. Ceux qui viennent à l'école habitent tout près. Les autres restent à la maison ».
Avec le doublement du coût de la vie, beaucoup d'Haïtiens doivent choisir entre nourrir leurs enfants ou leur payer l'école... « Le gouvernement ne subventionne pas les écoles privées, les parents doivent tout payer », ajoute Sheila Maximilien, spécialiste des questions d'éducation au sein de l'association américaine Catholic Relief Services. De plus, les écoles publiques sont rares, elles accueillent d'abord les plus démunis. « Une école publique coûte 80 dollars américains par an ; pour une école privée, cela peut aller jusqu'à 200 dollars. La classe paysanne n'envoie même pas ses enfants à l'école, et à présent même la classe moyenne commence à pâtir de la situation ».
Mélissa CHEMAM.
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SUR LE TERRAIN22/04/2008 à 15h36


Haïti : malgré un apaisement, la situation reste explosive

Mélissa Chemam | Journaliste
Des partisans d’Aristide, l’ancien président, demandant son retour (E. Munoz/Reuters).
(De Port-au-Prince, Haïti) Les émeutes de la faim se sont apaisées en Haïti, mais le calme ne règne pas pour autant parmi les habitants des quartiers pauvres. Vendredi, ils ont été plusieurs centaines à se retrouver en centre-ville, pour à nouveau manifester.
Leur credo : défendre leurs droits et ceux des milliers d’autres employés de la société Téléco, l’entreprise nationale de télécommunication. Du fait de la récession économique, la firme a dû licencier massivement ces dernières semaines. Le président haïtien, René Préval, veut réduire le nombre de fonctionnaires, en accord avec le plan d’inspiration néo-libérale établi il y a plusieurs mois.
Les manifestants protestent en défilant, accompagnés de musiciens et en chanson. « On ne peut plus supporter cette misère… On ne peut pas trahir notre sang… celui d’Aristide », scandent-ils à tue-tête. Ces hommes sont pour la plupart proches du Parti Lavalas, celui de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, en exil en Afrique du Sud. Un parti populiste, à tendance socialisante, dont le succès repose en grande partie sur les mécontentements des plus pauvres.
Les « diktats » du FMI critiqués par les manifestants
Sous les regards solidaires des habitants qui partent à la recherche de denrées alimentaires, ils défilent entourés de casques bleus de la force de maintien de la paix de l’Onu, la Minustah, et de dizaines de policiers. Ils se dirigent vers le Sénat. « Préval ! nous voici, les licenciés », crient-ils aux abords du Parlement, dans une atmosphère festive.
L’un d’eux se fait porte-parole des laissés pour compte : 
 « Aujourd’hui, le peuple haïtien s’est levé pour demander son dû, pour demander de nouvelles mesures pour les plus pauvres, pour exiger du travail et le retour immédiat du président Aristide ! “
Ce qu’ils critiquent principalement, c’est le choix du Président et de son ancien gouvernement de ‘s’inféoder aux diktats des bailleurs de fonds internationaux, aux exigences ultra-libérales du FMI’.
Au bout de quelques minutes, un sénateur descend s’adresser aux manifestants. Rudy Heriveaux, membre du Parti Lavalas, flatte la foule : 
 ‘Ces licenciements sont inacceptables ! L’Etat doit soutenir les travailleurs et mettre fin au plan libéral qui saigne à blanc le pays.’
Au bout de quelques heures, la manifestation se disperse. Celle-ci sera restée pacifique. Mais pour le président Préval, qui doit nommer dans les prochains jours un nouveau Premier ministre pour remplacer Jacques-Edouard Alexis, elle vient lui rappeler que la population haïtienne est toujours prête à se mobiliser si rien ne change…
Après les émeutes, la faim reste toujours présente
Les plus pauvres manquent toujours de tout. Dans le quartier de Cité Soleil, le plus démuni de la capitale, les habitants comptent sur les distribution de nourriture de la Minustah, présente en Haïti depuis 2004.
Samedi dernier, dans les locaux de l’école Saint-Vincent-de-Paul, une distribution de riz a bien été organisée par la Mairie. Mais les quelques centaines de sacs de 25 kilos ont surtout fait des laissés pour compte. Seules 1 000 cartes d’approvisionnement ont été distribuées auprès auprès des plus âgés, et des plus démunis.
Pour être servi, il faut attendre des heures sous le soleil. Au bout de la longue file d’attente dans la cour de l’école, les habitants du quartier parviennent à entrer dans le hall où sont stockées les denrées.
Au final, chacun reçoit un sac de riz. Les plus démunis obtiennent aussi un petit sac de haricots. Les vieilles femmes repartent avec leur sac sur la tête, fatiguées de la longue attente et dépitées. La plupart ont des familles nombreuses a nourrir, et elles savent que le riz ne leur durera que quelques jours.
Une femme pleure : 
 ‘J’ai neuf enfants et trois petits-enfants. Ils ne vont pas à l’école, évidemment, ils restent à la maison. J’habitais dans la région agricole de la Tibonite. Mais on a tout perdu après un cyclone, on a alors décidé de venir dans la capitale. Mais il n’y a eu aucun travail pour nous. Mon mari est mort de faiblesse, je n’ai pas honte de le dire, la faim l’a tué.’
Le maire de Cité Soleil se justifie : 
 ‘On a été obligés de cibler les personnes les plus fragiles parce les stocks de la Minustah ne sont pas inépuisables... Cité Soleil est un quartier plus frappé que les autres, avec ses 400 000 habitants, dont de nombreux exclus. Nous espérons que la prochaine distribution pourra toucher aussi les jeunes.’
Haïti, un pays depuis longtemps en crise
Joël Boutreau est coordinateur résident des Nations unies en Haïti. Selon lui, les émeutes de la semaine précédente n’ont fait que révéler à la planète une crise sociale qui dure depuis longtemps : 
 ‘Plus de 50% du pays vit avec moins d’un dollar par jour. Les terres sont arides, érodées. Le pays importe tout, ne reçoit presque aucun investissement, et n’a développé aucune industrie. C’est une situation assez unique par rapport aux autres pays qui connaissent une crise alimentaire.’
Pour les acteurs du développement, il faut avant tout mettre les Haïtiens au travail, et miser sur les activités à haute intensité de main-d’œuvre. ‘L’agriculture, bien sûr, et les cantines scolaires aussi doivent être reprises en main par les producteurs haïtiens’, ajoute M. Boutreau. ‘Et puis, il faut que l’Etat améliore la gestion des services publics’, insiste-t-il.
‘En Haïti, tout est privatisé : l’éducation, la santé, les transports, etc. L’Etat n’assure aucun filet social. N’importe qui peut ouvrir une école ou un hôpital ici. 90% des écoles sont privées, et souvent elles n’ont d’écoles que le nom, c’est un scandale. Ce pays de neuf millions d’habitants a un vrai potentiel, agricole, touristique, culturel aussi, il ne faut pas l’oublier, et garder espoir.’
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27/11/2013

Le Sahara occidental, sur grand écran



Je n'avais pas vu passer ce projet, il n'est jamais trop tard...

Javier Bardem tourne un documentaire sur la question du Sahara occidental !

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Sahara Occidental: Le documentaire "Les fils des nuages: la dernière colonie" dénonce les violations des droits humains


Un film espagnol récent, produit par l'acteur oscarisé Javier Bardem, explore la situation des droits humains au Sahara Occidental. Au centre du film, on découvre les plus de 100 000 sahraouis déplacés vivant dans des camps de réfugiés à travers l'Algérie, comme celui que Bardem a visité en 2008 et qui lui a inspiré ce projet.
Réalisé par Álvaro Longoria, ce film documentaire a pour but d'informer les spectateurs sur le contexte politique et historique de ce conflit qui affecte l'ancienne colonie espagnole. En outre le film espère faire pression sur les leaders afin de parvenir à une résolution juste.
La bande-annonce en anglais est disponible ici; cliquez ici pour accéder au site officiel en espagnol.
Pour plus d'informations sur les façons d'agir pour les droits humains au Sahara Occidental, cliquez sur ce lien.
- See more at: http://www.frontlinedefenders.org/fr/node/20893#sthash.UHbT7N0O.dpuf

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Bande-annonce :

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http://www.hijosdelasnubes.com/pagina%20trailer%20SONS.html

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Citoyens... Marchons, marchons !


Critique pour Toute La Culture : http://toutelaculture.com/cinema/a-laffiche/critique-la-marche-de-nabil-ben-yadir-fait-courir-la-memoire-des-citoyens/


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[CRITIQUE] LA MARCHE DE NABIL BEN 

YADIR FAIT COURIR LA MÉMOIRE DES 

CITOYENS


27 novembre 2013 Par Melissa Chemam 

Librement inspiré des événements réels de 1983 – les noms des
 protagonistes ont par exemple été changés – , La Marche de 
Nabil Ben Yadir était un film très attendu et a déjà emballé les 
spectateurs des avant-premières. Fictionnel, un peu romancé, 
mais reposant sur les faits historiques avérés, le film agit, prend 
au cœur et aux tripes, mais devrait susciter quelques débats. 
Pour le pire, mais surtout pour le meilleur.

Note de la rédaction : 

Election du Front national aux municipales à Dreux le 11 septembre, affrontements opposent policiers et jeunes dans le quartier des Minguettes à Vénissieux, dans la banlieue de Lyon, meurtres racistes récurrents, l’année 1983 avait mal commencé pour les Français issus de l’immigration. Quand l’un d’entre eux reçut une balle dans le ventre d’un policier dans le même quartier des Minguettes, au lieu d’accepter la proposition de son voisin, français mais tout autant ostracisé que lui en tant qu’habitant de cette cité décriée, de le venger, il rêve d’organiser une marche, « comme Gandhi et Martin Luther King ».

Voilà l’histoire dont est parti l’acteur et réalisateur belge d’origine marocaine, Nabil Ben Yadir pour son dernier long métrage, ‘La Marche’, une suite d’évènements forts, dramatiques et incroyablement cinématographique en effet.
Présenté en soirée de clôture au Festival Maghreb des Films, le long-métrage a été ovationné. Et c’est compréhensible, même s’il y était présenté devant un public presque conquis d’avance. Avec des acteurs au meilleur d’eux-mêmes (brillant Olivier Gourmet, si convaincants Tewfik Jallab, Lubna Azabal, Hafsia Herzi, et même Charlotte Le Bon !), l’histoire prend comme une délicieuse sauce, immédiatement, travaillant sur la dérision, l’humour, l’énergie, ne se prenant pas au sérieux et maîtrisant sa sincérité en emmenant cette petite troupe de marcheurs improbables de Lyon à Marseille pour commencer un combat que beaucoup veulent croire perdu d’avance, mais sans bons sentiments larmoyants.
Le rythme est ensuite le point fort du film, qui évite les longueurs et le sentimentalisme en se construisant sur quelques rebondissements violents, émouvants. Les personnages sont assez subtils et complexes pour représenter un patchwork intrigant de cette France du début des années 1980 : une jeune fille de famille musulmane modeste mais brillante étudiante, un prêtre actif comme travailleur social aux Minguettes, un leader charismatique, une photographe lesbienne, des racistes violentes, des provinciaux solidaires de la cause et généreux, et quelques agents de renseignements infiltrés. Seul le personnage interprété par Jamel Debbouze jure au milieu du tableau : trublion plaqué, nerveux, bruyant, il ne semble exister que pour servir de faire-valoir à son interprète, somme toute loin d’être mauvais, mais complètement importé dans une histoire qui n’a pas besoin de lui…
La marche, les faits sont connus ou méritent de l’être, démarrant très modestement à Marseille, du quartier de la Cayolle, arriva à Paris en décembre 1983, triomphante de plus de 100 000 participants et de la réception des jeunes ‘marcheurs permanents’ par le Président François Mitterrand. Un film qui donnerait encore plus de souffle d’espoir si la marche se passait 20 ans plus tard… Malheureusement, le contexte actuel sur la question du racisme en France, rend l’optimisme sur le sujet peu de mise. Et le choix du réalisateur de ne pas dire un mot sur les années qui ont suivi et vu se diviser le mouvement pèse un peu sur les esprits. Les marcheurs se sont en effet toujours senti trahi par les mouvements associatifs qui ont suivi à l’instar de SOS Racisme.

Mais La Marche reste un film coup de poing, sur un thème particulièrement sensible, entraînant, et au jeu d’acteurs très travaillés. Sa seule faille est de s’attaquer à un sujet particulièrement délicat, sans vouloir le politiser, ce qui ne manquera surement pas de faire débat chez les uns ou les autres.
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La Marche, de Nabil Ben Yadir, avec Olivier Gourmet, Tewfik Jallab, France, 2013, En salles le 27 novembre.
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Bande-annonce :

25/11/2013

Mon reportage pour RFI.fr : A Alger, les artisans de la Casbah tentent de sauver leur héritage

Pour RFI. fr

ALGÉRIE - 
Article publié le : lundi 25 novembre 2013 à 13:57 - Dernière modification le : lundi 25 novembre 2013 à 14:01


A Alger, les artisans de la Casbah tentent de sauver leur héritage



Par Mélissa Chemam
La Casbah d'Alger est considérée comme l'un des plus beaux sites de la Méditerranée et l'une des cités les plus riches en histoire de la région. Mais, bien qu'inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, elle reste menacée. Ce samedi, la ministre algérienne de la Culture, Khalida Toumi, a indiqué que la reconstruction sur des parcelles vides de la Casbah d'Alger devrait être entamée « très prochainement », en commençant « prioritairement » par les emplacements des « édifices détruits par l'armée coloniale ». En attendant, sur place, les quelques artisans qui y ont grandi et exercé toute leur vie tentent de poursuivre leur travail, qui devient la seule véritable tentative de préservation des nombreux héritages que renferment ses murs séculaires.
Sur un marché dans la Casbah d'Alger.
Sur un marché dans la Casbah d'Alger. Getty Images/Andrew McConnell


« Cette menuiserie est dans ma famille depuis 1938 », raconte Khaled Mahiout entre sa machine à polir le bois et ses planches de hêtre. « La maison est un ancien bar que mon père a racheté et transformé avec un associé à l’époque, grâce à un arrangement de paiements à échéances, et depuis nous vivons à La Casbah », continue-t-il, le sourire dans la voix.

Formé par son père dès ses 14 ans, Khaled forme aujourd’hui deux de ses fils à la restauration des meubles anciens algérois, un art en perdition dans la citadelle séculaire de la capitale algérienne. Sa boutique est connue jusqu’au delà de la Méditerranée, comme l’atteste le passage d’une femme française qui a grandi en Algérie et, depuis quelques années, revient régulièrement visiter Alger. Pour y arriver, il faut entrer dans la Haute Casbah, par la Rue Sidi Idriss Hamirouche. Et touristes comme voisins sont les bienvenus dans cet atelier où vit encore l’artisanat tel que né au XIXème siècle d’un mélange d’influences turques et locales.

Citadelle historique mais délaissée

Mais cette citadelle souffre de décennies de négligences et de pauvreté. La Casbah s’étend sur 105 hectares et plus d'un millier de maisons s’y érigent toujours, selon des estimations. L'Unesco a décerné en 1992 la distinction de « valeur exceptionnelle » à la médina algéroise soulignant son « système complexe et original qui s'est adapté (...) à un site fortement accidenté », reposant sur le flan d'une colline de 118 mètres de dénivelé.

Mais malgré des fonds versés par l’organisation des Nations unies au gouvernement algérien, peu de mesures ont été prises par les autorités algériennes pour préserver cet héritage architectural, artisanal et humain, et pour beaucoup, trop tardivement. Selon Abdelwahab Zekkar, le directeur de l'Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels protégés (OGBC), le plan de sauvegarde a été lancé en janvier 2007 seulement, et les études se sont terminées en mai 2010, trois ans plus tard.


La Casbah d'Alger.
Georges MERILLON/Gamma-Rapho via Getty Images
La Casbah reste une ville dans la ville. Sa citadelle date du XVIème siècle, des frères Barberousse, premiers souverains de l’époque ottomane, ainsi que nombre de ses mosquées, palais, hammams et petites maisons. Mais elle a subi à la fois tremblements de terre, incendies, inondations et délaissement. Certaines de ses constructions ont alors tout simplement été détruites.
Une des explications de ce désintérêt de l’Etat algérien pour ce site rare : la guerre civile des années 1990, pendant laquelle les ruelles tortueuses de la Casbah ont servi de repaire pour les islamistes, comme elles l’avaient déjà été dans les années 1950 pour les indépendantistes du FLN. Cette période a alors laissé aux habitants la possibilité de transformer les lieux, dégradés par des constructions anarchiques et précaires.

Vivre entre préservation et quotidien

A présent, la surpopulation et l'insalubrité sont rampantes et de nombreuses maisons s'écroulent. Mais ses habitants refusent de quitter la Casbah et essaient malgré les obstacles de préserver son mode de vie unique et les traditions qui y sont nées, comme Khaled Mahiout, dont les services sont prisés jusque dans les musées algérois comme le Bastion 23, ancien palais du Dey d’Alger – un des plus importants monuments historiques de la ville – et le fameux Musée du Bardo.

Farid Smaallah est un jeune peintre, artisan dessinateur. A 30 ans, il a investi dans sa propre boutique qui restore des vieux meubles et objets de décoration en bois faits à la main dans la Casbah. Rue Hahad Abdemezak, sa petite boutique se remarque aux motifs fleuris et colorés de ses œuvres en vitrine. Son travail, appris auprès du maître de la restauration Mustapha Benbaba, lui a valu de participer à la rénovation des plafonds de l’aéroport international Boumediene d’Alger. « Je n’ai pas pu finir mes études, dans les années 1990, mais j’ai voulu avoir mon propre commerce », raconte Farid, les yeux brillants. « Je n’ai pas eu d’aides de l’Etat, mais je pense que c’est à nous, habitants de notre Casbah, de se battre pour préserver nos traditions ».

Pour Mohamed Arezki Himeur, guide et journaliste en préparation d’un livre sur Alger, « même si 10 milliards ont officiellement été dépensés pour la préservation de la Casbah, rien n’a été amélioré, et il n’y a pas de plan d’architecte spécialisé digne de ce nom. Ce qui est clair c’est que cela révèle le manque de volonté politique ». La preuve : les constructions en brique illégales qui pullulent anarchiquement sur les toits des maisons historiques de la Citadelle.

L’espoir du tourisme ?

Pour l’instant, les artisans qui défendent par amour leur citadelle sont donc le principal espoir de la Casbah. Ils en appellent aussi aux touristes. C’est aussi le cas de Khaled Mahouit, qui restaure lui-même sa bâtisse de trois niveaux – dont le toit offre une vue panoramique sur la baie d’Alger – pour en faire une maison d’hôte : « Ma femme fait une cuisine typique de la Casbah, délicieuse. A nous deux, nous voulons accueillir des visiteurs étrangers et partager l’héritage de notre quartier natal. »
 
TAGS: ALGÉRIE - ARCHITECTURE ET URBANISME - HISTOIRE


LES + AFRIQUE

"STER CITY" : L'histoire de l'Afrique du Sud sur scène à la Maison des Métallos



27 novembre 
 8 décembre

STER CITY

Maison des Métallos

Jean-Paul Delore / Lézard dramatique
  • Elle, Lindiwe Matshikiza, jeune actrice noire, figure montante du cinéma et du théâtre sud-africain, née de parents artistes et journalistes exilés en Angleterre. Lui, Nicholas Welch, jeune acteur blanc, rappeur en zoulou issu d’une famille écossaise émigrée à Johannesburg il y a quatre siècles. Lindiwe et Nick sont à leur manière des représentations légitimes de la nouvelle scène artistique sud-africaine, underground et populaire. Leur version insolente, libre et joyeuse de l’histoire sud-africaine, ils nous la livrent sous l’influence ultra-contemporaine de ce pays qui ne cesse de jouer avec les frontières floues entre tradition et modernité. Accompagnés par le musicien Dominique Lentin, ils racontent sous forme de vraie-fausse conférence aux accents burlesques, rien moins que toute l’histoire de l’Afrique du Sud de l’apparition de l’Homo Sapiens à l’après-Mandela.

mise en scène Jean-Paul Delore
collaboration artistique et textes Isabelle Vellay
textes Jean-Paul Delore, Lindiwe Matshikiza, Nicholas Welch
musique Dominique Lentin (percussions, objets, samplers)
avec Dominique Lentin, Lindiwe Matshikiza, Nicholas Welch
lumières, scénographie Patrick Puéchavy
costumes, maquillage Catherine Laval
vidéo, photos, scénographie Sean Hart
projection, scénographie et régie générale Guillaume Junot
coproduction LZD Lézard Dramatique, le Théâtre national populaire Villeurbanne, le Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN, le Studio-Théâtre de Vitry
avec l’aide à la production d’Arcadi


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  • du mercredi 27 au vendredi 29 novembre> 20h
    du mercredi 4 au vendredi 6 décembre > 19h
    et aussi à 14h30 le jeudi 5
    les samedis > 19h
    les dimanches > 17h
    durée 1h
    tarif spectacle
    tous publics à partir de 12 ans
    manifestation organisée dans le cadre des Saisons Afrique du Sud / France 2012 & 2013
    www.france-southafrica.com

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28 novembre

RENCONTRE

avec l’équipe artistique
jeudi 28 novembre
> à l’issue de la représentation


6 décembre

IMPRO RAP

Lindiwe Matshikiza, Nicholas Welch et Dominique Lentin
proposent un concert de rap en zoulou.
vendredi 6 décembre > 20h30
durée 1h
entrée libre


'LES DAMNÉS DE LA TERRE' au théâtre à Paris - au Tarmac (20e arrt)



THÉÂTRE - CRÉATION | MARTINIQUE - ALGÉRIE
DU 5 NOVEMBRE AU 6 DÉCEMBRE 2013

LES DAMNÉS DE LA TERRE

F. FANON / J. ALLAIRE

DURÉE:1H50

Frantz Fanon est né antillais et mort algérien… Telle est la destinée souhaitée par cet homme, médecin psychiatre, militant qui mit sa parole en actes, s’engagea, très tôt dans la résistance, puis aux côtés des combattants du FLN pendant la guerre d’Algérie…



Les Damnés de la terre - Le TARMAC - Photo Laurence Leblanc VU'

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Pour en savoir plus :

CRISS NIANGOUNA SUR RFI DANS LE CADRE DES DAMNÉS DE LA TERRE


Criss Niangouna était l’invité de l’émission En Sol Majeur sur RFI dans le cadre du spectacle "Les Damnés de la terre".
Réecoutez l’émission (en 2 parties).



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LA PRESSE EN PARLE

"On ne sort pas indemne de ce spectacle aux images fortes et aux propos saisissants."
Stéphane Capron - France Inter - Le Journal 
- 16 novembre 2013
"L’actualité de la pensée de Fanon fait froid dans le dos et il ne faut pas manquer la splendide mise en scène de Jacques Allaire des Damnés de la terre qui dissèque les processus d’anéantissement produits par la colonisation."
Marina Da Silva - L'Humanité 
- 18 novembre 2013

 "Une superbe bien qu’effroyable machine de théâtre."
Anaïs Heluin - Politis -
 14 novembre 2013

" Sublime spectacle qui va aux racines de l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus noir, Les damnés de la terre est un grand spectacle qui pose beaucoup de questions et donne très peu de réponses. Heureusement ! "
toutelaculture.com - 7 novembre 2013


L'Afrique du Sud entre au Salon du livre jeunesse de Seine-Saint-Denis


Le Salon du livre et de la presse jeunesse 

Seine-Saint-Denis aux couleurs sud-

africaines! 


En 2013, à l’occasion des saisons Afrique du Sud en France, le Salon souhaite s’associer à la découverte des cultures sud-africaines, en soulignant la vitalité d’une création, ancrée dans le réel, populaire et contestataire, faite de résistances et de poésie.

 27 novembre - 2 décembre 2013

 Montreuil



Une saison arc-en-ciel


Comme le soulignent Bongani Tembe et Laurent Clavel, commissaires généraux des saisons Afrique du sud, « la saison sud-africaine est un hommage à la lutte pour la liberté et le choix de la réconciliation sur la division raciale, incarnés par nombre de sud-africains et notamment son plus éminent représentant, l’ancien président Nelson Mandela. De mai à décembre 2013, elle propose au public français une plongée dans l’Afrique du sud d’aujourd’hui – jeune démocratie florissante qui continue de panser les plaies des oppressions passée et qui, chaque jour, avance et conforte sa place parmi les pays émergents. »

En privilégiant la création contemporaine, cette invitation permettra  notamment d’interroger les transformations, les espoirs, les grandes questions sociétales qui traversent l’Afrique du Sud et qui touchent avec beaucoup de résonance les populations et les jeunes générations vivant en France, et particulièrement en Seine-Saint-Denis, département où est installé le Salon.


Des créateurs sud africains invités au salon


L’invitation d’écrivains de la génération kwaito, de jeunes auteurs noirs issus des townships, de conteurs, de plasticiens, d’artistes de la scène sud-africaine contemporaine, de conférenciers comme témoins engagés de la lutte anti-apartheid offrira une immersion inédite dans l’histoire de ce pays. « Avec les opérateurs des saisons, le National Arts council of South Africa et l’Institut français, nous sommes donc très heureux que le Salon du livre et de la presse jeunesse offre à des centaines de milliers d’enfants et de jeunes la possibilité d’une rencontre avec l’Afrique du sud d’aujourd’hui » se réjouissent Bongani Tembe et Laurent Clavel.

Un espace de rencontre et une librairie, tenue par la librairie coopérative «Envie de lire », permettront d’assister à des conférences lectures autour d’icônes populaires de ce pays comme Dulcie September, Desmond Tutu, Oliver Tambo, Nelson Mandela, Gérard Sekoto, Myriam Makeba… et de rencontrer sept créateurs, artiste street art, comédien, chorégraphe, illustrateur jeunesse, dessinateur de presse, scénariste, écrivain… Un reflet éclectique et moderne de la création actuelle, qui donnera à voir la multiplicité des langues et des cultures sud-africaines.

Les artistes sud-africains invités au Salon :

Thando Bezana, comédien, musicien, danseur de Gumboot et chorégraphe
Karlien de Villiers, scénariste et dessinatrice
Mak1one, artiste street art
Qaps Mngadi, dessinateur de presse
Niq Mhlongo, écrivain
Kgebetli Moele, écrivain
Njabulo S. Ndebele, écrivain
Maja Sereda, illustratrice
Elinor Sisulu, écrivain
 

Atelier de Street Art

 photo Mak1one
À noter que Mak1one animera, en amont du Salon, un atelier de Street Art en lien avec une quinzaine d’étudiants de 2e année de l’école nationale supérieure des Arts Décoratifs. Leur réalisation collective sera visible pendant toute la durée de l’événement dans l’espace sud-africain.
 


  

Quelques temps forts à ne pas manquer

 

Samedi 30 novembre

15h30 Portraits d’Afrique du Sud. Avec Niq Mhlongo, Qaps Mngadi, Kgebetli Moele et Karlien de Villiers et  Catherine Simon, Le Monde.

16h30 Izindaba. Contes et légendes avec Caroline Bustos, comédienne et Thando Bezana, chorégraphe et danseur.
Également dimanche 1er décembre, à 16h30.

Dimanche 1er décembre

15h Street d’Art, le pouvoir du graffiti. Avec l’artiste Mak1One.

Lundi 2 décembre

15h Littératures d’Afrique du sud en mouvement. Avec Avec Njabulo S. Ndebele, auteur et essayiste; Michelle Cooper, édition Tafelberg; Frankie Murrey, librairie du Cap et festival Open Book Cape Town et Jérôme Chevrier, Institut français de Johannesburg, et Alain Nicolas,l’Humanité.

Manifestation organisée dans le cadre des Saisons Afrique du Sud ‐ France 2012 & 2013

3eme Rapport annuel sur les centres et locaux de rétention administrative (Cimade, France Terre d'Asile, etc)

Détails à venir.

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ASSFAM / Forum réfugiés-Cosi / France Terre d’Asile / La Cimade / Ordre de Malte France

présentent début décembre :


leur troisième rapport annuel sur les centres et locaux de rétention administrative
Un bilan très critique rappelant l’urgence d’une réforme

CouvRapRet

'LA MARCHE' DE NABIL BEN YADIR SORT CE MERCREDI EN FRANCE


Synopsis et détails :

En 1983, dans une France en proie à l’intolérance et aux actes de violence raciale, trois jeunes adolescents et le curé des Minguettes lancent une grande Marche pacifique pour l’égalité et contre le racisme, de plus de 1000 km entre Marseille et Paris. Malgré les difficultés et les résistances rencontrées, leur mouvement va faire naître un véritable élan d’espoir à la manière de Gandhi et Martin Luther King.
Ils uniront à leur arrivée plus de 100 000 personnes venues de tous horizons, et donneront à la France son nouveau visage.

Bande- annonce :



Central Africa in discussion at the UN Security Council


Central Africa in the news - more insight into the country in English:


This Monday the Council is examining the Secretary General Ban Ki-moon's five proposals on the international community's support to the MISCA, the African force set to operate in CAR from December 19.
The UN Security Council plans to vote in early December on a resolution that would allow the Central African Republic (CAR) 's neighbours, the African Union and France to intervene.


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My piece for RFI English: https://soundcloud.com/melissa-chemam/unsc-central-african-republic

All RFI English news programmes: http://www.english.rfi.fr/broadcasts
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Today the UN Security Council will be discussing ways for the international community to strengthen its aid to MISCA, the African Union-led peacekeeping mission.

The Force is set to be made up of some 3500 soldiers, mainly from neighbouring states.
On Friday the AU formerly appointed General Jean Marie Michel Mokoko from the Republic of Congo to lead the mission.

The UN Secretary General Ban ki-Moon has laid out 5 options to be considered by the international community.

One of which involves bilateral aid from neighbouring countries and Western partners to the Central African Republic, that observers view as the least effective option.

Another deemed the strongest of the five options involves transforming the AU Force into a UN peacekeeping mission and almost doubling its numbers.
This is the most expensive and therefore the least likely to be agreed on but the Security Council.

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Since March this year and the fall of François Bozizé's government, insecurity has been ramping in the Central African Republic.
This past week, the American Secretary of State John Kerry even called the situation as "a pre-genocidal phase", followed by French Foreign Minister, Laurent Fabius.

While the country's transitional authorities led by interim president Michel Djotodia are trying to minimise these statements, it remains undeniable violence has reached a critical stage, fostering unprecedented sectarian bloodshed, with fighting between the mainly Muslim former rebels who seized power in March and militia
groups set up to protect Christian communities, which make up about 80 percent of the population.

The Force is long-awaited on the ground, as it has almost day to day been eight months since the coup that push former President François Bozizé out of power (March 24th).