03/11/2026

Réparations pour l'esclavage : Discussion avec Pr Verene A. Shepherd

 


Le monarque britannique Charles III et le Premier Ministre Andy Burham sont en visite dans les Caraïbes, à l'occasion du Sommet des Chefs d'Etat du Commonwealth, qui se tient depuis le 1er novembre et jusqu'au 4 à Antigua-et-Barbuda. 

Le roi a été suivi de près par des manifestants lors de sa visite aux Bahamas, à Antigua et au Guyana. 

Les demandes de réparations se font en effet de plus en plus insistantes depuis quelques années, et le sujet devrait dominer les discussion. 

La professeure Verene A. Shepherd est une historienne jamaïcaine de renommée mondiale, professeure émérite d’histoire sociale à University of the West Indies. 

C'est une figure majeure de la justice de genre, l’égalité raciale, la non-discrimination et l’obtention de réparations dans les Caraïbes  — tant pour les conséquences de la colonisation européenne sur les peuples autochtones, les Africains et les personnes d’ascendance africaine ou asiatique, que pour les préjudices persistants du colonialisme au sein des communautés de la diaspora africaine. 

Elle est actuellement l’une des trois vice-présidentes de la Commission des réparations de la CARICOM, ainsi que membre — et ancienne présidente — du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale.

Entretien.




Melissa Chemam - Pour commencer, peut-être pourriez-vous nous dire si vous vous attendiez à ce que cette réunion du Commonwealth devienne un moment aussi central dans les discussions autour des réparations ?

Pr Verene A. Shepherd - Je pense que, malgré tous les efforts déployés pour écarter ce sujet de l’ordre du jour, il y figure bel et bien — que ce soit de manière formelle ou informelle. En effet, les chefs d’État du Commonwealth représentent des pays qui sont tous d’anciennes colonies britanniques. Bon nombre d’entre eux — environ quinze — se situent dans la région de la CARICOM, dans les Caraïbes. Or, les Caraïbes ont été l’une des régions les plus durement touchées par l’esclavage en tant que système de propriété humaine, par la traite des Africains et par les séquelles persistantes du colonialisme britannique. Par conséquent, je ne vois pas comment ce sujet pourrait être maintenu hors de l’ordre du jour.

D’après ce que j’entends, les militants à Antigua-et-Barbuda ont prévu diverses actions — pas seulement des manifestations, mais aussi des événements parallèles, notamment ce qu’on appelle la « caravane des réparations ». Celle-ci fera étape sur le campus de Five Islands, avec la participation de « Mighty Gabby » en tant qu’ambassadeur musical de la cause des réparations. 

Par ailleurs, la société civile se mobilise, et des dirigeants politiques — comme le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda — sont prêts à porter ce dossier. 

D’après ce que je perçois à travers mes échanges avec mes collègues sur place, c’est une question qui occupe désormais une place centrale.


MC - Une pression a été exercée sur le roi Charles III, d’abord par l’ONU, puis par le Ghana et la Jamaïque, qui mènent campagne depuis quelques mois. En tant qu’historienne, pourriez-vous rappeler à nos lecteurs le long chemin parcouru pour en arriver à ce stade du débat ? Nous parlons ici de réparations pour l’esclavage — celui lié à la traite transatlantique — dans le contexte des colonies britanniques, une histoire qui remonte à plusieurs siècles...

Les historiens ont pour mission d’enseigner l’histoire de la colonisation et ses répercussions dans les Caraïbes. Dans le cas de la Jamaïque, les Espagnols ont d’abord envahi l’île, décimant pratiquement les populations autochtones ; les Britanniques ont achevé ce processus au XVIIe siècle. L’indépendance, elle, n’est intervenue qu’en 1962. 

Il s’agit donc d’une très longue période d’occupation — si l’on peut dire — par les Espagnols puis par les Britanniques dans les Caraïbes, et plus précisément en Jamaïque. 

Or, dès le moment de la capture — et je tiens ici à rendre hommage à nos ancêtres, il ne faudrait pas croire que, sous prétexte qu’ils n’ont peut-être pas employé le terme « réparations », la lutte pour les droits et le respect n’existait pas depuis longtemps. Les Africains n’ont jamais accepté la traite des personnes réduites en esclavage, ni le système esclavagiste lui-même. Ils ont résisté, à chaque étape, sans jamais se résigner. Certains, dès qu’ils en avaient l’occasion, préféraient se jeter à la mer plutôt que d’être déportés vers les Caraïbes. Ce fut donc un long combat. Si l’on considère le mouvement structuré, on peut dire qu’il a pris forme, notamment en Jamaïque, aux alentours de 2007 — année où la Grande-Bretagne a commémoré le bicentenaire de l’abolition de la traite (marquée par l’adoption d’une loi entrée en vigueur en 1808). 

Depuis 2007, la Jamaïque a mis en place un comité du bicentenaire, avec pour objectif de braquer les projecteurs sur le colonialisme britannique dans le pays. D’autres nations des Caraïbes ont suivi cette démarche, cherchant à contester le discours selon lequel notre libération résulterait de la « bienveillance » britannique, alors même que nos ancêtres menaient, depuis le début, des guerres de résistance. 

Par la suite, en 2013, la CARICOM a institutionnalisé ce mouvement en créant la Commission des réparations de la CARICOM. 

Cette commission a élaboré un plan en dix points — depuis révisé — qui expose les revendications ainsi que les fondements de la demande de réparations. Le mouvement a pris une ampleur considérable depuis 2013 et n’a cessé de se renforcer. 

Vous avez évoqué les trois avancées majeures de cette année. Il y a tout d'abord la résolution adoptée aux Nations Unies en mars. J'ai d'ailleurs fait partie de l'équipe chargée de sa rédaction, ce dont je suis très fier. Cent vingt-trois États ont reconnu que les réparations constituent un droit. Le Royaume-Uni, quant à lui, s'est abstenu — il faisait partie des 25 pays ayant choisi l'abstention, car ils refusent tout simplement d'aborder la question des réparations. Ensuite, en août — un processus auquel j'ai également pris une part active —, le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a adopté la recommandation générale n° 40 relative aux réparations et au droit à réparation. En tant que comité, notre priorité est la lutte contre la discrimination ; nous soutenons que la traite des êtres humains et l'esclavage — où des individus étaient réduits à l'état de biens meubles — ont été rendus possibles par la discrimination à l'encontre des personnes noires, lesquelles étaient perçues comme pouvant être réduites à de simples objets. Puis, en septembre — là encore, j'y ai participé en tant qu'historien, en apportant des orientations et des informations à mon pays lors de la rédaction, de la finalisation et de la présentation d'une pétition au Royaume-Uni. 

Par ailleurs, il existe aujourd'hui 15 comités ou commissions locaux — les appellations varient, mais il s'agit d'instances nationales soutenues par des gouvernements — qui militent pour les réparations, diffusent des informations, sensibilisent l'opinion publique et mènent des actions militantes dans leurs contextes respectifs. C'est désormais un mouvement inarrêtable. Nous sommes donc confrontés à la situation du roi Charles III, qui demeure le souverain de plusieurs pays, dont la Jamaïque ; bien que nous soyons indépendants, nous n'avons pas encore rompu avec la monarchie. Antigua-et-Barbuda se trouve dans une situation similaire, et son Premier ministre a déclaré qu'il était temps de couper ce lien. Le militantisme est très vigoureux : le roi a été accueilli par des manifestations aux Bahamas, au Guyana, et plus récemment à Antigua-et-Barbuda, où la contestation se poursuit. 

L'une des raisons, c'est que les monarques et les Premiers ministres, par le passé, ont systématiquement éludé la question des réparations. Ils emploient des formules du type « cela n'aurait jamais dû arriver », « nous regrettons » ou « nous exprimons notre profonde tristesse », mais ils n'ont jamais prononcé le mot « excuses ». Pour la première fois, le Premier ministre et le roi affirment qu'il est temps d'engager un dialogue — une discussion structurée — autour des réparations et des excuses. Toutefois, ils n'ont pas promis de présenter des excuses. 

Nous attendons donc de voir quelle sera l'issue de cette démarche. Pour commencer, le Premier ministre britannique a clairement fait savoir que, s'il est ouvert à une discussion, un dialogue structuré, celle-ci n'inclut pas les réparations. Or, selon nous, des excuses sans réparations sont totalement dénuées de substance.


MC - C’est l’un des points fondamentaux dont je souhaitais discuter avec vous avant d’aborder la question de la nature de ces réparations et des attentes des populations à cet égard. L’histoire a connu des processus de réparation pour de nombreuses atrocités. Certes. Alors, selon vous, pourquoi — compte tenu de l’ampleur de l’exploitation et du fait que des indemnisations ont été versées aux personnes qui réduisaient des êtres humains en esclavage — existe-t-il une telle résistance à l’idée d’engager une discussion entre le Royaume-Uni (et, bien entendu, on pourrait citer d’autres puissances européennes) et les Caraïbes ou l’Afrique, alors même que de tels échanges ont pu avoir lieu en l’Europe, ou à la suite d’autres conflits ou atrocités ?

C'est pour cela je dis qu'il s'agit de discrimination raciale. C'est du racisme anti-Noirs, à mon avis, parce qu'ils ont écouté d'autres groupes. Vous savez, les Juifs ont obtenu des réparations. Pourquoi pas les personnes d’ascendance africaine et les Africains. Donc pour moi, l’un de ces problèmes est le racisme. 

L’autre problème, l’autre raison, je crois, est l’ampleur du crime et donc l’ampleur du règlement. Nous parlons d'au moins 300 ans d'esclavage. Certains parlent même de 400 ans. Ce règlement sera donc énorme. Et donc je pense que c'est parce que toutes les autres colonies ont été exploitées pendant des périodes plus courtes. Ici, nous parlons de centaines d'années. Et nous parlons également d'une revendication en dix points, qui commence par des excuses, le rapatriement et la réinstallation de ceux qui le souhaitent. La réparation autochtone pour le génocide autochtone et une partie de l’esclavage constituaient également un génocide. Parce que si vous prenez la Jamaïque, par exemple, les Britanniques ont transporté 1,2 million d’Africains vers cette partie du monde, en Jamaïque. Au moment de l’émancipation, il en restait 300, un peu plus de 300 000. Et nous appelons cela un génocide. C'est donc le caractère massif de l'atrocité et donc le caractère massif de la demande de réparation. 

Et c’est pourquoi ils affirment que les populations actuelles ne peuvent être tenues responsables de crimes historiques. Mais comme l'un de nos vice-chanceliers à l'Université des Antilles dit toujours : on ne peut pas conduire sans rétroviseur. Il faut donc regarder le passé et les atrocités commises pour pouvoir maintenant régler la dette, car la dette est due.

Et quand on pense que des réparations ont été payées aux esclavagistes. Ils ont donc reçu un paiement massif. Et alors pourquoi pas nous ? C'est ça, c'est ahurissant. Mais dans un sens, la raison pour nous est assez simple, directe. Nous savons pourquoi.


MC - Vous l'avez dit : le problème ne va pas disparaître. Une dynamique s'est désormais enclenchée. Mais alors, que répondriez-vous à ceux qui disent, par exemple : « Il y a toujours eu des guerres, il y a toujours eu de l'esclavage dans le monde — depuis les Romains, les Grecs, les Égyptiens... » ? Comment, dès lors, envisager des réparations pour tout cela ?

Ils devraient étudier l'histoire. Ils devraient comparer le type d'esclavage pratiqué dans les Caraïbes à celui qui a existé dans d'autres régions du monde — y compris, par exemple, l'esclavage domestique tel qu'il a pu exister dans certains pays africains. C'est la première fois que l'on voit un groupe humain réduit à l'état de « biens meubles » — traités, littéralement, comme des animaux. Pourtant, l'esclavage n'a jamais été légal en Angleterre ; et pourtant, il a été imposé dans les Caraïbes. Dans les rares cas où un Africain réduit en esclavage était emmené au Royaume-Uni, il devait être libéré, car l'esclavage n'y était pas légal. Mais ces populations ont été déportées dans les Caraïbes, où des lois ont été inventées — à commencer par le « Code des esclaves » de 1661 à la Barbade, qui a ensuite été étendu au reste de la région. 

Si l'on examine ce que les Français ont fait à Haïti... c'est tout simplement inimaginable. Lorsque nous enseignons ces faits à des étudiants, ils nous disent qu'ils n'arrivent pas à concevoir, à appréhender l'horreur de ce qui a été infligé aux populations des Caraïbes. Prenez le cas d'un homme nommé John Wilson : on utilisait un fer marqué aux initiales « J. W. » pour brûler la chair des individus, signifiant ainsi : « Ceci est ma propriété ». 

Rien de tel n'avait jamais été vu dans l'histoire. 

Ces êtres humains étaient considérés comme des « non-personnes ». L'oppression, y compris sous sa forme sexuelle, était d'une horreur absolue : les femmes, les filles et les garçons étaient violés, et les hommes subissaient la sodomie forcée. Le ventre des femmes est devenu, pour ainsi dire, un second « passage du milieu » — comme l’a souligné l’un de nos professeurs. En effet, surtout après 1808 — date à laquelle l’importation directe d’esclaves depuis l’Afrique fut officiellement interdite, bien qu’elle se soit poursuivie, avec des navires continuant d’arriver jusque vers le milieu du XIXe siècle —, les femmes ont hérité de la charge de renouveler la population asservie. Lorsqu’elles résistaient, elles étaient punies. Si l’on examine les noms des Africains réduits en esclavage et les châtiments qui leur furent infligés à la suite de chaque soulèvement, on découvre une horreur sans précédent : pendaisons, tortures, passages à tabac, exécutions par balle…

Pas plus tard que le mois dernier, on commémorait la révolte de Morant Bay (un soulèvement populaire rural qui a éclaté le 11 octobre 1865 à Morant Bay, en Jamaïque, marquant un tournant dans l'histoire coloniale de l'île, NDLR), durant laquelle des soldats britanniques ont fusillé ou pendu plus de 400 Africains en Jamaïque. C’est atroce. Aucun autre système n’a atteint un tel degré d’horreur. 

Certes, nous ne cautionnons aucun autre système de terreur ; nous éprouvons, bien entendu, de la compassion pour ce qu’ont subi les Juifs — j’ai moi-même visité certains de ces camps en Allemagne, et c’est tout simplement inconcevable. 

Mais si l’on prend la mesure des crimes commis dans les Caraïbes, la réalité est encore bien pire. C’est pourquoi, par devoir envers nos ancêtres, mais aussi en raison du sous-développement structurel qui persiste encore aujourd’hui dans notre région, nous ne pouvons en aucun cas abandonner ce combat.


MC - Par ailleurs, il est assez aisé de dresser un bilan de ce qui a été perdu. Comme vous l'avez mentionné, la Jamaïque en est un très bon exemple. Mais il faut aussi prendre en compte ce que l'Afrique a perdu — un aspect parfois un peu oublié. Toute cette main-d'œuvre, ces familles détruites ou arrachées à leur terre, et des économies freinées dans leur élan. Aujourd'hui, selon vous, que devraient être ces réparations ? Certains avancent que l'argent constitue une forme de réparation assez insaisissable, invisible, facilement transférable et peu durable, car il pourrait être mal utilisé. De plus, au Royaume-Uni, des descendants de populations caribéennes et africaines soulignent qu'ils ont eux aussi subi les conséquences de cette histoire. Il existe donc, sans aucun doute, une réflexion approfondie sur la nature que devraient prendre ces réparations. Celles-ci pourraient inclure des mesures immatérielles, comme des investissements dans l'éducation. Quelle est votre conclusion à ce stade ?

Nous disposons d'une feuille de route : le plan en dix points de la CARICOM. Je l'ai d'ailleurs sous les yeux, dans sa version actualisée. Il énonce les revendications très clairement. Tout commence, bien entendu, par des excuses. 

Viennent ensuite un programme de développement pour les peuples autochtones, des mesures de rapatriement et de réinstallation, ainsi que la restitution du patrimoine culturel et le rétablissement des liens avec celui-ci — le British Museum, par exemple, détient de nombreux artefacts, notamment issus des cultures autochtones. 

Il s'agit également de remédier à la crise de santé publique, car nos infrastructures sanitaires ne sont pas aussi développées que celles des pays européens — ces mêmes nations qui nous ont défigurés. 

Vous avez évoqué l'éducation : le sixième point porte sur le renforcement des capacités et le développement, par le biais de l'éducation et de la formation. 

Le septième point concerne l'indemnisation pour les violences fondées sur le genre et les atteintes portées à la famille africaine. 

Le huitième point porte sur la réhabilitation psychologique. Je vous le dis, les dommages causés à notre psychisme par des siècles durant lesquels nous avons été considérés comme des « non-personnes » sont profonds. 

Aujourd'hui encore, nous faisons l'objet de profilage racial aux frontières européennes. Je peux en témoigner personnellement : je n'ai jamais hâte de prendre un avion pour le Royaume-Uni ou l'Europe, car je sais exactement ce que les contrôles de sécurité impliquent pour des personnes comme moi, avec mes cheveux tels qu'ils sont. 

Ensuite, le neuvième point concerne le droit à la souveraineté, au développement, à l'innovation technologique et à l'entrepreneuriat. 

Le dixième point porte sur l'annulation de la dette, les compensations financières et la décolonisation. Il s'agit donc de permettre aux territoires qui ne sont pas encore indépendants de le devenir. 

Mais, comme on dit en Jamaïque, « il faut de l'argent pour faire avancer les choses ». Je ne comprends pas pourquoi certains insistent tant sur le fait qu'ils ne peuvent pas verser d'argent, alors qu'ils n'ont eu aucun scrupule à en accumuler par le passé. Ils ont extrait les richesses de la région et ont tiré des profits immenses de l'esclavage et de la colonisation. Alors, pourquoi ce blocage autour de l'argent ? D'autant plus qu'ils ont versé des indemnités et des réparations... aux esclavagistes ! Il est donc absurde de prétendre que la question se résume à une simple affaire d'argent. 

En réalité, le crime est d'une telle ampleur, la dette est si colossale, que le montant d'une éventuelle compensation financière dépasse l'entendement. 

Par ailleurs, ils n'ont jamais demandé notre avis sur la manière d'utiliser les richesses qu'ils ont extraites ; nous n'avions aucune tribune pour nous exprimer à ce sujet. Ils ont simplement pris l'argent et en ont fait ce qu'ils voulaient. Pourquoi, dès lors, se soucier de ce que nous ferions, nous, de cet argent ? Nous avons des gouvernements, des économistes brillants, des personnes capables de s'asseoir et de réfléchir à la meilleure façon de procéder. Ce que nous ferons de cet argent ne regarde donc en rien les Européens. Quand on a une dette, on la rembourse. On ne pose pas de conditions du genre : « D'accord, je vais te rembourser ce que je te dois, mais il faut d'abord qu'on sache ce que tu comptes en faire. » C'est n'importe quoi.


MC - Bien que le roi d'Angleterre et le Premier ministre britannique évitent encore de donner une réponse affirmative claire concernant la question des réparations — ou même d’une forme de réparation —, il s’agit probablement, à l’échelle mondiale, de la discussion la plus avancée sur ce sujet, si l’on compare avec les autres anciens empires. Vous avez évoqué Haïti ; existe-t-il des échanges en cours avec d’autres pays ayant souffert de l’esclavage qui ne font pas partie du Commonwealth ?

Il n’existe aucune division, car la Commission des réparations de la CARICOM compte des membres associés issus des régions francophones et néerlandophones. Nous ne sommes donc absolument pas divisés ; au contraire, nous sommes désormais plus forts, car nous avons élargi la Commission des réparations de la CARICOM pour y inclure des territoires de la région qui n’étaient pas sous domination britannique. Ces membres participent aux réunions et s’impliquent activement. 

Nous nous rendons en Europe, prenons part à des conférences et participons au dialogue qui y est mené. Nous connaissons l’histoire ; d’ailleurs, les demandes de réparations adressées par la CARICOM à l’Europe concernent dix pays européens. Il ne s’agit pas seulement de la Grande-Bretagne : cela inclut l’Espagne, les Pays-Bas, la Lettonie — qui a colonisé Tobago — ainsi que la Suisse. 

Le plan en dix points a donc été conçu pour s’appliquer à tout pays européen ayant été actif dans notre région. Nous appelons également à la décolonisation, car il existe encore des colonies : britanniques, néerlandaises et françaises.

Montserrat n’est pas indépendant, tout comme Anguilla. Par ailleurs, en tant que membre du CERD (Comité pour l’élimination de la discrimination raciale), je suis chargée du suivi de la convention internationale, dont l’article 15 nous impose de surveiller les processus de décolonisation. Lors de chaque session, un rapport est présenté pour faire le point sur la situation dans les colonies relevant de cet article 15. En d’autres termes, si un pays est État partie à la convention, nous avons la responsabilité de suivre ce qui s’y passe. 

Des territoires comme Bonaire ou Saint-Martin, par exemple, entretiennent un dialogue avec nous. Nous ne sommes donc pas divisés par des frontières coloniales artificielles ; nous sommes, au contraire, très unis et forts. 

Haïti fait partie intégrante de notre ensemble ; Bonaire et Saint-Martin, entre autres, envoient des représentants à nos réunions. Il n’y a donc absolument aucune division à cet égard. Nous sommes en contact étroit avec les Pays-Bas ; je m’y suis rendu, tout comme nous nous sommes rendus en Espagne. Nous participons à toutes les conférences consacrées aux réparations auxquelles nous sommes conviés. Il n’existe donc, sur ce plan, aucune division.


MC - Et cela inclut-il la France ?

Oui. Car nous menons des actions de plaidoyer avec nos collègues en Haïti — comment s'appelaient-ils déjà ? — pour obtenir la restitution de cette rançon qui leur a été extorquée. Nous sommes donc en contact très étroit. Par ailleurs, nous avons récemment tenu une conférence à la Barbade — la troisième conférence de la CARICOM sur les réparations — où Haïti était représenté et a fait une intervention.


MC - Cela inclut-il aussi les États-Unis ? Qui comptent des millions de descendants de personnes réduites en esclavage ?

Oui, tout à fait. Notre frère Ron Daniels — participe systématiquement à nos réunions et est pleinement impliqué dans nos activités. Il y a aussi le « 12th of December Movement » (Mouvement du 12 décembre), ainsi qu'une représentante d'Evanston qui est venue en Jamaïque — nous l'avions invitée. L'Université des Indes occidentales (University of the West Indies) dispose d'un centre de recherche sur les réparations, qui a accueilli des intervenants venus des États-Unis. Ron Daniels, de la « National African American Reparations Commission » (Commission nationale afro-américaine pour les réparations), était d'ailleurs avec nous au Royaume-Uni, lors du voyage de plaidoyer organisé par la commission de commémoration plus tôt cette année. Nous nous y étions déjà rendus en juillet, pour parcourir le pays, nous présenter au Parlement et mener un travail de plaidoyer actif. Ron Daniels y a joué un rôle central. 

Les États-Unis sont donc impliqués, tout comme l'Afrique. 

Nous avons, par exemple, le Forum permanent pour les personnes d'ascendance africaine. Nous espérons que la prochaine réunion — qui attire un très grand nombre de participants, bien au-delà des seules populations africaines — se tiendra à Addis-Abeba. Nous verrons bien comment les choses évoluent. En somme, nous sommes unis avec tous les militants pour les réparations à travers le monde — en Afrique, en Asie, en Europe et aux États-Unis. Nous sommes en train de bâtir une véritable armée de combattants pour les réparations.


MC - Pensez-vous que la couverture médiatique est, disons, appropriée ? Est-ce qu'elle vous est utile, ou bien n'en avez-vous pas besoin ? Ou peut-être trouvez-vous qu'elle est un peu trop en retrait ?

Non, nous en avons besoin. D'ailleurs, je ne sais plus combien d'entretiens j'ai accordés ces deux dernières semaines. Cette semaine, je vais donner des conférences sur les réparations au Royaume-Uni, et la semaine prochaine, je me rendrai à Genève pour échanger avec des jeunes. Hier, j'ai également eu un entretien avec un militant suisse. Nous accueillons donc très favorablement cette couverture médiatique ; elle permet à notre voix de porter aux quatre coins du monde. Je vous remercie d'ailleurs de m'avoir contacté. C'était un peu juste, car je suis en pleine préparation de mes bagages et très occupé par ailleurs, mais c'est une très bonne chose. 

Il existe différents types de médias — certains sont orientés à droite, d'autres sont socialistes — mais peu importe : tant que notre voix peut être entendue, c'est positif pour nous. Enfin, je tiens à dire ceci : certains se demandent peut-être pourquoi nous mettons le roi en difficulté. Mais le roi n'est pas seulement le chef d'État de nombreux pays du Commonwealth ; la famille royale — depuis l'époque d'Élisabeth Ire jusqu'à Charles III — a tiré profit de l'esclavage et des revenus qui en découlaient. Nous disposons de toutes les preuves. 

Le professeur Ahmed Reed a travaillé sur ce sujet et a publié des éléments qui sont désormais accessibles à tous. Le roi porte donc une responsabilité personnelle ; il devrait présenter des excuses — de véritables excuses, et non se contenter d'exprimer une « profonde tristesse » ou des « regrets », comme on l'entend parfois. Et cela vaut aussi pour le pays lui-même. Peu importe ce que vous entendez là-bas, ils sont obligés de tenir ce discours, car ils ne veulent pas verser de réparations. En effet, le simple fait d’employer le terme « excuses » entraîne des conséquences bien précises. 

Si l’on se réfère au « plan en dix points » — je vais essayer de retrouver le passage exact qui détaille les engagements impliqués par l’usage de ce terme — on constate que des excuses impliqueraient la reconnaissance d’une histoire commune et d’une interdépendance.

D’après ce plan en dix points, des excuses signifieraient reconnaître une histoire partagée et une interdépendance, devant servir de levier en faveur de la justice et du respect mutuel. Cela impliquerait d’assumer la responsabilité de ces crimes, de s’engager à ce qu’ils ne se reproduisent plus, et de promettre de réparer les préjudices causés aux victimes et à leurs descendants. Il s’agirait d’une reconnaissance, sur les plans éthique et juridique, du fait que les inégalités et les injustices raciales actuelles trouvent leurs racines dans une histoire marquée par de tels agissements criminels — notamment la complicité dans le génocide des populations autochtones, l’instauration et la perpétuation de l’esclavage, ainsi qu’une colonisation violente et oppressive. 

Vous voyez donc ce que cela implique : formuler des excuses officielles et complètes entraînerait nécessairement tout cela. C’est bien pour cette raison — et ils en sont parfaitement conscients — qu’ils cherchent à éluder la question.


MC - Merci infiniment, professeur.



31/10/2026

Paris protests - Sat. 31 October 2026






The procession in Paris went along the route imposed by the government, between Porte de Bagnolet and Porte de Charenton. The Bastille-Nation route, chosen by the CGT, has been banned by the courts last minute.

I was there from 1pm to 5pm and it was very vibrant and cheerful.

Organisers say 500,000 people took part in the marches (200,000 in Paris); 320,000 
according to the Interior Ministry.

On 24 October, the authorities counted 410,000 protesters in France, including 110,000 in Paris.

High school pupils demand better working conditions, more teachers, less pupils per class, and the end of 'parcoursup', an online inscription platform used for university registration generally deemed as unfair, impractical and chaotic.




They were joined by university students, trade unionists, political party leaders and elected MPs or mayors, including Bally Bagayoko (pictured just below), mayor of Saint-Denis, where the protests started, and some members of the anti-high-price group "yellow vests".





Most of them chanted all day anti-fascist, anti-racist and anti-police slogans and songs.







Placards also read: "No need for tear gas to make our future look bleak" and "Dressed up as an angry citizen for Halloween".



 


It was also a halloween-themed day, for sure... Who's afraid of who? 













Do they care about us?



Trade unions and Yellow Vest activists angry at President Emmanuel Macron joined in with a variety of demands, particularly over the rising cost of living and inequality.

This was the third Saturday of protest against the cost of living in a row, but student protests have been ongoing since the beginning of September.










Street protests are also sweeping across the rest of Europe this Saturday - especially in Germany, Spain, Portugal, Albania and Italy (still not in the UK though...).  

Student protesters vow to stage new blockades of high schools and universities next week.

"Starting this Tuesday, we will blockade our universities and high schools and we will do so again on Thursday before joining the demonstration on 5 November called by workers and trade unions," said Sabrine Kharbach, spokesperson for Union étudiante, the students' union. 

 

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For more you can listen to this radio show: NYC Frontlines Voices - WBAI Oct 2026




30/10/2026

Courage à nos correspondants

 


De l'ACORFI, l'Association de correspondants français à l'étranger


« Un journal sans mots, une radio sans voix. » La plume dans la plaie, notre confrère et ami Arthur Sarradin, que nous félicitons pour son prix Albert-Londres, a profité de sa tribune pour rappeler une réalité : pour les correspondants à l’étranger, vivre de leur métier devient quasiment impossible.

Vous ne les voyez jamais, mais vous les entendez souvent sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). Ils s’appellent Théophile, Rolf, Claire, Najet ou encore Jean-Jacques. Ils racontent les pays où ils vivent avec sensibilité et rigueur journalistique. Et travaillent, bien souvent, dans la précarité.

Cent euros le reportage à Radio France ; l’autre grande radio du service public, RFI, ne dit pas mieux. Leurs droits de salariés sont attaqués quotidiennement (suppression des cotisations santé et retraite, bulletins de salaire illisibles, difficultés d’accès à leurs droits au CSE), et leurs conditions sont de plus en plus précaires: les frais de reportage sont difficilement remboursés, le soutien sur les terrains compliqués est minimal - au mieux.

Nous, l’Association des correspondants à l’étranger de RFI (ACORFI), militons pour une couverture sociale des journalistes français à l’étranger. Un projet de loi mort-né porté par Mélanie Vogel (Les Écologistes) en avril 2024, finalement jamais débattu au Sénat et rejeté comme amendement par l’Assemblée nationale en 2025.

Avec ses 400 correspondants en français et en langues étrangères, RFI dispose d’un réseau exceptionnel – sa force et sa raison d’être. Encore faut-il donner à ces journalistes les moyens de vivre de leur métier dans des conditions dignes.

Nous remercions Arthur d’avoir éclairé le grand public, et nous espérons être enfin entendus, après deux ans de réunions qui n’ont débouché sur rien sur tous ces dossiers, pour que nos droits les plus basiques soient respectés par la direction de France Médias Monde.



29/10/2026

‘Journalism That Matters’

 



Substack newsletter - new post:


‘Journalism That Matters’

When political crises get compounded by personal setbacks, silencing and passive-agressive tensions can ruin journalism. But I found someone who inspired me to act.



- By Melissa Chemam & Henry Mhango

https://melissa.substack.com/p/journalism-that-matters





Dear friends and readers,


I hope this post finds you well.

I’ve been quite silent here since the summer… mostly because… I’ve felt silenced myself. And it made me sick… literally. I had to take a break.

I did go and see art however, friends, I did go to students’ protests, did sleep during the day as I suffered from insomnia and anxiety at night…

And then I found a message I needed to read.

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Read on here:



‘Journalism That Matters’

When political crises get compounded by personal setbacks, silencing and passive-agressive tensions can ruin journalism. But I found someone who inspired me to act.



- By Melissa Chemam & Henry Mhango




France: A man died in police custody in Saint-Ouen

 


The General Inspectorate of the National Police (IGPN)—the “police of the police”—has been called in following the death of 44-year-old Mauricio K. on Tuesday, 27 October, 2026, at the Saint-Ouen police station (Seine-Saint-Denis), near Paris.

An investigation into the causes of death was opened this Wednesday, 28 October, 2026.

Mauricio K. was found unconscious in his cell in a state of cardiorespiratory arrest, and could not be resuscitated by the firefighters.

The victim’s father filed his complaint this Wednesday with the Bobigny public prosecutor for “intentional violence resulting in death.” 

He has requested the appointment of an investigating judge, and the IGPN (National Police Inspectorate) has been tasked with the investigation.


In a document, seen by the daily newspaper Le Parisien, his lawyer, Yassine Bouzrou, asserts that “serious acts of violence were committed during the arrest and potentially within the police station where he died.”

The lawyer maintains that Mauricio K. “did not suffer from any serious illness that could explain this sudden death,” and writes that “it is therefore reasonable to believe that acts of violence could be the cause of his death.”

“The complaint concerns intentional acts of violence that resulted in death—without the intent to kill—committed by a person in a position of public authority; such an offense is punishable by twenty years of criminal imprisonment,” Le Parisien continues. It argues that “it is essential that an investigating judge be assigned to the case.”


Mr. Bouzrou denounces “the deafening silence from the Bobigny public prosecutor’s office and the police oversight body.”

“For the moment, the public prosecutor’s office refuses to provide any information, which we find completely shocking,” he added in comments to our colleagues.

According to him, an autopsy was performed this Wednesday morning, yet “the IGPN [national police oversight body] refuses to even state the cause of death.” Furthermore, both the public prosecutor’s office and the IGPN have reached out to the father to question him, “but refuse to provide any details regarding the death.”



28/10/2026

Outside a French mosque: calls for the murder of Muslims

 

In France: A mosque in Lodève, in the Hérault department, west of Montpellier, has been targeted by Islamophobic hatred. A dead bird was also found in front of the place of worship.


The messages were written in red and include phrases such as "the suitcase or the coffin" and "Islam out" (which was used during the Algerian war...).




The incident comes a few days after the racist and Islamophobic attack in Trappes, which left one person dead from gunshot wounds.

"Unfortunately, Lodève has not been spared from hatred," wrote Sébastien Rome—a former LFI (La France Insoumise) deputy for the Lodève constituency in the Hérault department—earlier today.

"Following the attacks in Trappes, fascism continues to pursue its goals of terror everywhere," he added.

The discovery has caused shock, local press reported.

A gathering took place this Wednesday, 28 October, at 5pm in front of the mosque on Quai de la Mégisserie to support the community, denouncing "deeply shocking acts and messages" that target "residents, families, and children—people who live here and should be able to practice their religion in peace, free from fear or threats."



"Our first response must be one of fraternal solidarity—against this racist act, of course—but also, and primarily, a defense of freedom," Rome also said. 

"In France, everyone has the right to believe freely, without being harassed. This is the foundational principle of the law on secularism, which enshrines freedom of conscience."

Rhany Slimane, an opposition councilor for LFI (La France Insoumise) in the city of Montpellier stated: "These words are not mere graffiti. They are calls for the murder and deportation of our Muslim fellow citizens; they are death threats. They are sickening. In the face of this escalation, the responsibility is collective—but, first and foremost, it is political. Yes, the far right is responsible." 

He added that "the far right does not stand alone", however. "It is fueled, legitimised, and normalised by those within the political establishment who refuse to condemn Islamophobia, from the Les Républicains party to the Socialist Party, how many have chosen to remain silent? How many have twisted the concept of *laïcité* [secularism] to target Muslims?"


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More soon



'Life Support' documentary

 




IN CINEMAS SINCE 10 JULY Since October 2023, Gaza has been sealed from the world-except for one group, international doctors. While global media are barred from reporting and governments look away, doctors breach the blockade and what they find is not just a humanitarian crisis, but a calculated dismantling of life itself. Covering the entire two years of the genocide, their firsthand accounts and visceral footage offer a rare and vital chronicle of the daily struggles of healthcare workers as they navigate bombed-out hospitals, dwindling supplies, starvation and the overwhelming influx of casualties— predominantly women and children. Directed by DANIELE RUGO Produced by WILLIAM PARRY

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'Thirteen Kilometres' · Yasmine Hamdan Life Support ℗ Battle Box Released on: 2026-10-28

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'Perfect Victims'

· 'Life Support' album ℗ Battle Box Released on: 2026-10-28



24/10/2026

More to mourn: Racist attack in France kills Pengo Wangi

 

France - The victim of Friday's terrorist attack in the Yvelines, near Trappes, south west of Paris, was the MMA fighter:

PENGO BOSSIO WANGI

He was 26, was shot and killed.

He ws amateur MMA fighter, and trained in Aubervilliers, north of Paris, where he was loved and respected.




A 12-year-old girl was also struck by eight bullets and has been hospitalised.




The deails, according to Agence France Presse: On Friday morning, a man opened fire in the street, killing one person and wounding at least four others, including a 12-year-old child. 

The attack also left five people injured.

The suspect is a man believed to have targeted individuals with an immigrant background. According to the National Anti-Terrorism Prosecutor’s Office (PNAT)—which took charge of the case—he had also rigged his apartment in Plaisir (located a few kilometers from the towns of Trappes and La Verrière, where the attack took place) with three gas canisters and electrical wires connected to a timer.

The mayor of the city of Trappes, Ali Rabeh, denounced a “racist terrorist attack”: it was "objectively an attack, with racist overtones, probably Islamophobic," he said. 

“This is likely one of the first—an initial attempt at a mass crime with Islamophobic and racist overtones,” the official added.

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Emmanuel Macron visited the scene that evening. He also recognised it was a “racist terrorist attack.”

The man has been arrested and taken into police custody, as has a member of his immediate family, the PNAT announced.

The PNAT has announced the opening of an investigation into "murder in connection with a terrorist enterprise, with the aggravating circumstance that the acts were committed on the basis of actual or perceived membership in a specific race, ethnicity, nation, or religion."


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Sunday update:


A shooter suspected of the killing Wangi and wounding these five others on Friday near Trappes, has been put in custudy then had his police custody suspended for a 48-hour psychiatric observation, anti-terror prosecutors said Sunday. 

The 39-year-old man is believed to have had racist motivations behind the gun attack as most of the victims had foreign origins.

Partly identified as Kevin T., he was arrested Friday in possession of a submachine gun and tear-gas grenades in his car, shortly after the victims were shot as a vehicle drove through the working-class town of Trappes and neighbouring La Verrière.





23/10/2026

Insight into AKAA Paris 2026

 


I love this art fair... 




A wonderful series led by Dagmar Van Weeghel with other African artists.

More on it soon






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Nu Barreto




 I previously wrote about Nu's work, notably here: 

https://www.bbc.co.uk/culture/article/20221012-the-slave-ship-in-a-london-courtyard

And posted previous artworks notablly here:

https://melissa-on-the-road.blogspot.com/2023/12/nu-barreto-new-exhibition.html


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Work from South African artist Zanele Muholi 





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And extra snapshots...
















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More soon.