De l'ACORFI, l'Association de correspondants français à l'étranger
« Un journal sans mots, une radio sans voix. » La plume dans la plaie, notre confrère et ami Arthur Sarradin, que nous félicitons pour son prix Albert-Londres, a profité de sa tribune pour rappeler une réalité : pour les correspondants à l’étranger, vivre de leur métier devient quasiment impossible.
Vous ne les voyez jamais, mais vous les entendez souvent sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). Ils s’appellent Théophile, Rolf, Claire, Najet ou encore Jean-Jacques. Ils racontent les pays où ils vivent avec sensibilité et rigueur journalistique. Et travaillent, bien souvent, dans la précarité.
Cent euros le reportage à Radio France ; l’autre grande radio du service public, RFI, ne dit pas mieux. Leurs droits de salariés sont attaqués quotidiennement (suppression des cotisations santé et retraite, bulletins de salaire illisibles, difficultés d’accès à leurs droits au CSE), et leurs conditions sont de plus en plus précaires: les frais de reportage sont difficilement remboursés, le soutien sur les terrains compliqués est minimal - au mieux.
Nous, l’Association des correspondants à l’étranger de RFI (ACORFI), militons pour une couverture sociale des journalistes français à l’étranger. Un projet de loi mort-né porté par Mélanie Vogel (Les Écologistes) en avril 2024, finalement jamais débattu au Sénat et rejeté comme amendement par l’Assemblée nationale en 2025.
Avec ses 400 correspondants en français et en langues étrangères, RFI dispose d’un réseau exceptionnel – sa force et sa raison d’être. Encore faut-il donner à ces journalistes les moyens de vivre de leur métier dans des conditions dignes.
Nous remercions Arthur d’avoir éclairé le grand public, et nous espérons être enfin entendus, après deux ans de réunions qui n’ont débouché sur rien sur tous ces dossiers, pour que nos droits les plus basiques soient respectés par la direction de France Médias Monde.





