24/09/2014

Centrafrique : la CPI ouvre une enquête sur une « liste interminable d'atrocités »




Statement: 24/09/2014



Statement of the Prosecutor of the International Criminal Court, Fatou Bensouda, on opening  a second investigation in the Central African Republic

Today, I am announcing that I have made the decision to open a second investigation in the Central African Republic (CAR) with respect to crimes allegedly committed since 2012.  I was clear from the outset in firm, unequivocal and consistent public statements that attacks against civilians would not be tolerated and the perpetrators of such crimes could face justice at the International Criminal Court (ICC).  The law is clear in this regard and today’s decision to proceed to the investigation phase is based on my legal obligations under the Court’s founding treaty, the Rome Statute. 

In February this year, following escalating violence in CAR, I opened a new preliminary examination to assess whether or not I could proceed with an investigation into what was a dire situation in CAR.  The transitional government of CAR decided to refer the situation to my Office on 30 May 2014 requesting that I investigate alleged crimes falling within ICC jurisdiction committed in the country since 1 August 2012.

My Office has gathered and scrupulously analysed relevant information from multiple reliable sources. Based on this independent and comprehensive analysis, I have concluded that an investigation is warranted. The information available provides a reasonable basis to believe that both the Séléka and the anti-balaka groups have committed crimes against humanity and war crimes including murder, rape, forced displacement, persecution, pillaging, attacks against humanitarian missions and the use of children under fifteen in combat. The list of atrocities is endless. I cannot ignore these alleged crimes. 

The 30 May 2014 referral by the CAR authorities demonstrates a commitment to fight impunity for mass crimes and to bring justice to the victims. We look forward to their full cooperation as we conduct our investigation into these crimes.

My Office will now work to directly collect criminal evidence with a view to identifying and prosecuting those responsible for the most serious crimes.  As always, our investigation will be conducted in an independent and impartial manner and will be led only by the evidence. 

As the investigation moves forward, we will continue to record any new crime against civilians that might be committed in CAR.  Mass crimes shock the conscience of humanity and tear at the social fabric of society.  Let this be a message to would-be perpetrators in CAR and beyond: such crimes will not be tolerated and will be met with the full force of the law.


Background information

The Central African Republic (CAR) deposited its instrument of ratification to the Rome Statute on 3 October 2001. The International Criminal Court therefore has jurisdiction to try the crimes designated by the Statute committed on Central African territory, or by Central African nationals, from 1 July 2002. On 7 February 2014, the ICC Prosecutor, Fatou Bensouda, announced the opening of a preliminary examination of crimes allegedly committed in the Central African Republic since September 2012 in connection with a situation separate from the one referred by the Central African authorities in December 2004. On 30 May 2004, the Central African Republic authorities referred the situation on the territory of the Central African Republic since 1 August 2012 to the Prosecutor. This was the second referral received from the CAR after the December 2004 referral relating to the events of 2002-2003 and the sixth referral received from a State Party since the Rome Statute came into force on 1 July 2002. Previous referrals were submitted by Uganda, in December 2003; the Democratic Republic of the Congo, in April 2004; Mali, in July 2012; and the Union of the Comoros in May 2013. In December 2010 and May 2011, the Presidency of the Republic of Côte d’Ivoire confirmed acceptance of the Court’s jurisdiction, and invited the Prosecutor to open an investigation into the alleged crimes committed in that country.

Source: Office of the Prosecutor 




Déclaration du Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, concernant l’ouverture d’une deuxième enquête en République centrafricaine

Aujourd’hui, j’annonce que j’ai pris la décision d’ouvrir une deuxième enquête en République centrafricaine concernant des crimes présumés commis depuis 2012. J’ai indiqué très clairement dès le départ et avec la plus grande fermeté, dans des communiqués réguliers et sans équivoque, que les attaques visant la population civile ne seraient pas tolérées et que les auteurs de tels crimes pourraient être amenés à rendre des comptes devant la Cour pénale internationale (la « Cour »). Le droit est clair à cet égard et la décision de passer à ce jour au stade de l’enquête découle de mes obligations juridiques au regard du traité fondateur de la Cour, le Statut de Rome. 

En février de cette année, face à la recrudescence de la violence en République centrafricaine, j’ai amorcé un examen préliminaire pour déterminer si je pouvais procéder à une enquête à propos de la situation désastreuse qui prévalait en République centrafricaine. Le Gouvernement de transition de ce pays a décidé de renvoyer cette situation devant mon Bureau le 30 mai 2014 et m’a demandé d’enquêter sur les crimes relevant de la compétence de la Cour, présumés commis sur son territoire à compter du 1er août 2012.

Mon Bureau a rassemblé et analysé scrupuleusement les informations pertinentes émanant de diverses sources fiables. Au terme de cette analyse indépendante et approfondie, je suis parvenue à la conclusion qu’il était justifié de procéder à une enquête. Les informations en ma possession fournissent une base raisonnable permettant de croire que la Séléka et les groupes anti-balaka ont commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, notamment le meurtre, le viol, le déplacement forcé, la persécution, le pillage, les attaques contre des missions d’aide humanitaire et le fait de faire participer des enfants âgés de moins de quinze ans à des hostilités. La liste des atrocités commises est interminable. Je ne peux pas ignorer ces crimes présumés. 

Le renvoi de la situation du 30 mai 2014 par les autorités centrafricaines démontre une volonté de lutter contre l’impunité pour les crimes commis à grande échelle et de rendre justice aux victimes. Nous escomptons leur coopération totale lors de notre enquête sur ces crimes.

Mon Bureau va désormais s’atteler à recueillir directement des éléments de preuve afin d’identifier les auteurs des crimes les plus graves et d’engager des poursuites à leur encontre. Comme toujours, nous accomplirons notre travail d’enquête de manière indépendante et impartiale et nous nous en tiendrons aux éléments de preuve que nous aurons recueillis. 

Au fil de l’enquête, nous continuerons à consigner les nouveaux crimes éventuellement commis à l’encontre de la population civile sur le territoire centrafricain. Les crimes à grande échelle heurtent profondément la conscience humaine et déchirent le tissu social. Je tiens à dire ceci aux criminels en puissance en République centrafricaine et ailleurs : de tels crimes ne sauraient être tolérés et la loi sera pleinement appliquée contre leurs auteurs.


Contexte

La République centrafricaine (RCA) a déposé son instrument de ratification du Statut de Rome le 3 octobre 2001. La Cour pénale internationale est par conséquent compétente pour juger les crimes visés par le Statut commis sur le territoire centrafricain ou par des ressortissants de ce pays à compter du 1er juillet 2002. Le 7 février 2014, le Procureur de la CPI, Fatou Bensouda, avait annoncé l’ouverture d’un examen préliminaire sur des crimes présumés commis depuis septembre 2012 en République centrafricaine, dans le cadre d’une situation distincte de celle déférée par les autorités centrafricaines en décembre 2004. Le 30 mai 2004, les autorités centrafricaines ont renvoyé au Procureur la situation sur leur territoire depuis le 1er août 2012. Il s’agit du deuxième renvoi émanant de ce pays après celui qui avait été adressé en décembre 2004 au sujet des événements survenus en 2002 et 2003 et du sixième émanant d’un État partie depuis l’entrée en vigueur du Statut de Rome, le 1er juillet 2002. Auparavant, l’Ouganda en décembre 2003, la République démocratique du Congo en avril 2004, le Mali en juillet 2012 et l’Union des Comores ont également déféré des situations à la Cour. En décembre 2010 et mai 2011, la présidence de la République de Côte d’Ivoire a confirmé accepter la compétence de la Cour et invité le Procureur à ouvrir une enquête sur des crimes présumés commis dans ce pays.

Source : Bureau du Procureur 

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Centrafrique : la CPI ouvre une enquête sur une « liste interminable d'atrocités »



Le Monde.fr avec AFP | 
La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur une liste « interminable » d'atrocités présumées commises en République centrafricaine (RCA) par des milices armées depuis août 2012, a-t-elle annoncé mercredi 24 septembre. Fatou Bensouda a dressé dans un communiqué toute une série de « crimes présumés » :
« Les informations en ma possession fournissent une base raisonnable permettant de croire que la Séléka [rebelles essentiellement musulmans] et les groupes anti-balaka [milices chrétiennes] ont commis des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, notamment le meurtre, le viol, le déplacement forcé, la persécution, le pillage, les attaques contre des missions d'aide humanitaire et le fait defaire participer des enfants âgés de moins de 15 ans à des hostilités. La liste des atrocités commises est interminable. »
« RECUEILLIR DIRECTEMENT DES ÉLÉMENTS DE PREUVE  »
Cette décision fait suite à un examen préliminaire ouvert en février afin de déterminer si son bureau devait enquêter ou pas sur les violences intercommunautaires qui avaient mis le pays à feu et à sang pendant dix-huit mois. Le bureau de la procureure « va désormais s'atteler à recueillir directement des éléments de preuve afin d'identifier les auteurs des crimes les plus graves et d'engager des poursuites à leur encontre »

La situation en RCA s'était détériorée après le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par la Séléka, une coalition de plusieurs factions rebelles qui avaient pris les armes à la fin de 2012. Ils avaient finalement été chassés du pouvoir en janvier 2014.

Entrée en fonction à La Haye en 2003, la CPI est le premier tribunal pénal international permanent chargé de juger les responsables présumés de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Rencontre entre jeunes chercheurs sur l'Afrique, Paris, octobre 2014



 2èmes Rencontres nationales des Jeunes Chercheur.e.s en Etudes Africaines

3 et 4 octobre 2014
Paris (EHESS, Sciences Po, Université Paris 1)

Ces rencontres proposent un état des lieux des recherches actuellement menées sur les Afriques sans exclusive (pays d’Afrique subsaharienne, Maghreb, Libye, Égypte, Madagascar...) et ses différentes diasporas. Elles s’efforcent de croiser des communications et des problématiques relevant de différentes disciplines au sein de quatre axes de recherche proposés. Les panels qui composent ces axes ont pour objectif principal d’offrir un espace aux débats scientifiques interdisciplinaires pour les jeunes chercheur.e.s.
Les rencontres seront organisées autour de 4 axes : Ordre et désordre - Circulations, fronts, frontières - Sensorialités - Savoirs et pouvoirs                                

RENCONTRE DES JEUNES CHERCHEUR.E.S EN ETUDES AFRICAINES 2014
La deuxième édition de la rencontre des jeunes chercheur.e.s en études africaines aura lieu les 3 et 4 octobre 2014 à Paris.

L'objectif de la rencontre est toujours de s'inscrire dans la création d'un espace d'échanges scientifiques entre jeunes chercheurs dont les travaux portent sur les Afriques sans exclusive (pays d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du nord) et ses différentes diasporas. Vous trouverez plus de détails dans l'appel à communications : Appel à communications JCEA 2014

L'appel à communications et l'appel à poster sont clos. 

Contact du comité d'organisation : jcea2014 (a) gmail.com

Hervé Gourdel, otage français en Algérie depuis dimanche soir, vient d'etre été décapité


L'otage français en Algérie a été décapité

mediaHervé Gourdel, guide de haute montagne niçois enlevé dimanche soir dans la région de Tizi Ouzou, a été assassiné.Page de soutien à Hervé Gourdel
    L'otage français enlevé en Algérie Hervé Gourdel a été décapité. Les ravisseurs l'affirment dans une vidéo. Depuis New York, François Hollande a confirmé l'assassinat de l'otage. Il a réaffirmé la fermeté de la France à l'égard des groupes extrémistes.



    François Hollande a confirmé à New York le fait qu'Hervé Gourdel a été « assassiné lâchement, cruellement ». Le président français a réaffirmé que la France continuera  les opérations militaires contre le groupe Etat islamique et notamment ses frappes sur l'Irak. Plus tôt dans la journée, devant le Parlement français, Manuel Valls avait déclaré qu'il ne pouvait pas encore confirmer la mort de l'otage : « Je n'ai pas confirmation [...], on me passe un mot, malheureusement les informations nous avaient déjà été données ce midi. »
    La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et qui montre la décapitation de l'otage français est intitulée « Message de sang pour le gouvernement français ». Cette vidéo qui semble avoir été tournée au lever du jour dure un peu moins de cinq minutes et commence par des images de François Hollande annonçant le début des frappes françaises en Irak contre des positions du groupe Etat islamique. Viennent ensuite des extraits d'un discours récent du président français traduits par une voix off en arabe, dans lequel le président Hollande annonce les premières frappes françaises contre l'organisation Etat islamique.
    Et puis, apparaît l'otage français à genoux entouré de quatre jihadistes armés de kalashnikov et le visage masqué. Hervé Gourdel s'adresse à Francois Hollande en ces termes : « Hollande tu as suivi Obama », puis il délivre un court message à ses proches et à sa famille en leur disant simplement qu'il les aime.
    L'un des hommes lit ensuite un message dans lequel il dénonce l'intervention des « croisés criminels français contre les musulmans en Algérie, au Mali et en Irak » notamment. Il affirme qu'au terme du délai accordé à la France pour cesser sa « campagne contre l'Etat islamique et sauver » son ressortissant, le groupe a décidé de le tuer « pour venger les victimes en Algérie [...] et en soutien au califat », proclamé par l'EI sur les régions qu'il contrôle en Irak et en Syrie. Puis les quatre membres de Jund al-Khilafa procèdent à l'exécution par décapitation d'Hervé Gourdel.


    23/09/2014

    A Djibouti : Rien ne change (FIDH)


    Djibouti : la répression continue

    Dernière modification le : 23 septembre 2014

      En février 2013, le régime djiboutien s’est proclamé vainqueur des élections législatives. D’importantes manifestations ont alors eu lieu pour contester le déroulement de ces élections. Elles ont été violemment réprimées. Depuis lors, la répression policière et judiciaire à l’encontre des opposants politiques, des journalistes indépendants et des défenseurs des droits humains se poursuit et s’est même intensifiée ces derniers mois. 
      Voir la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=nEQd8VQOhCc#t=10 
      Sur le site de la FIDH : http://www.fidh.org/fr/afrique/djibouti/16073-en-fevrier-2013-le-regime-djiboutien-s-est?utm_source=feedburner&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+Fidh_afrique+%28FIDH+%3E+Droits+de+l%27Homme+en+Afrique%29

      Published on 22 Sep 2014
      En février 2013, le régime djiboutien s'est proclamé vainqueur des élections législatives. D'importantes manifestations ont alors eu lieu pour contester le déroulement de ces élections. Elles ont été violemment réprimées. Depuis lors, la répression policière et judiciaire à l'encontre des opposants politiques, des journalistes indépendants et des défenseurs des droits humains se poursuit et s'est même intensifiée ces derniers mois.

      Zakaria Abdillahi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), lui même arrêté le 23 janvier 2014 et détenu pendant cinq jours, fait un point sur la situation actuelle à Djibouti.

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      In February 2013, the Djibouti regime proclaimed itself winner of the legislative elections. Important demonstrations took place to contest the election proceedings. These demonstrations were violently repressed. Since then, the political and judical repression against political opponents, independent journalists and human rights defenders continues and has even intensified thes past few months.

      Zakaria Abdillahi, President of the Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), who was himself arrested on 23 January 2014 and detained for 5 days, updates us on the current situation in Djibouti.
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      Tchad : la FIDH dénonce la condamnation lourde de l’homosexualité dans le projet de code pénal (FR / EN)



      Tchad : Le projet de code pénal abolit la peine de mort mais condamne lourdement l’homosexualité


      Le projet de nouveau Code pénal tchadien adopté en Conseil des ministres le 4 septembre 2014, prévoit l’abolition de la peine de mort mais criminalise lourdement l’homosexualité.

      Tchad : Le projet de code pénal abolit la peine de mort mais condamne lourdement l'homosexualité
      Le projet du nouveau Code pénal adopté en Conseil des ministres le 4 septembre 2014, prévoit l’abolition de la peine capitale au Tchad conformément aux demandes répétées de la société civile depuis de nombreuses années ce qui constitue une avancée importante dans le respect du droit à la vie, du droit à un procès équitable et de l’interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants. Le Tchad avait adopté un moratoire sur les exécutions depuis 1991, avant que neuf exécutions aient lieu les 8 et 9 novembre 2003. Depuis lors les autorités tchadiennes n’ont plus exécuté de condamné.

      «  L’abolition de la peine de mort au Tchad est une étape majeure pour le pays et l’Afrique, il est cependant totalement inacceptable que le même projet de Code pénale pénalise lourdement l’homosexualité  » a déclaré Sheila Mwenga Nabachua, vice-présidente de la FIDH.

      Le projet de code pénale adopté le 4 septembre 2014 par le gouvernement prévoit par ailleurs le renforcement des peines à l’égard des personnes convaincues d’homosexualité. Le délit devient un crime passible de 15 à 20 ans de prison et de 50 000 à 500 000 FCFA d’amende selon le nouvel article 361 bis du projet de Code pénale tchadien.

      «  Criminaliser l’homosexualité est discriminatoire et démagogique alors que le Tchad a besoin de justice sociale, de démocratie et de développement. Ce n’est pas en stigmatisant un groupe que l’on construit une société tolérante et juste  » a déclaré Dobian Assingar, président d’Honneur de la LTDH.

      «   Le chef de l’État et l’Assemblée nationale doivent garantir l’égalité des citoyens devant la loi quelque soit leur religion, leur origine, leur opinion ou leur orientation sexuelle. L’Assemblée nationale doit donc modifier l’article 361 bis du projet de Code pénale et le président ne doit pas promulguer un Code pénal qui contiendrait une telle disposition. L’abolition de la peine de mort est une très bonne nouvelle qu’il ne faut pas ternir par la criminalisation de l’homosexualité  » a ajouté Me Drissa Traoré, vice-président de la FIDH.


      Communiqué conjoint
      FIDH - Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
      LTDH– Ligue tchadienne des droits de l’Homme

      La FIDH est membre de la Coalition mondiale contre la peine de mort.

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      23 September 2014

      Chad: The draft Penal Code abolishes capital punishment but severely condemns homosexuality

      The Chadian draft Penal Code adopted by the Council of Ministers on 4, September 2014, provides for the abolition of the death penalty but heavily criminalizes homosexuality.

      Chad: The draft Penal Code abolishes capital punishment but severely condemns homosexuality
      The new draft Penal code adopted by the Council of Ministers on 4, September 2014, provides for the abolition of the capital punishment in Chad in conformity with the repeated requests made by the civil society since several years, which constitutes an important step forward in the respect of the right to life, right to fair trial and the interdiction of torture and, crual, inhuman and degrading treatment. Chad had adopted a moratorium on executions since 1991, before nine executions took place on 8 and 9 November 2003. Since then, the Chadian authorities have not executed any convicts.

      «  The abolition of the death penalty in Chad is a major step for the country and for Africa, however it is totally unacceptable that the same draft Penal Code heavily criminalizes homosexuality  » declared Sheila Mwenga Nabachua, FIDH vice-President.

      The draft Penal code adopted on 4, September 2014 by the government also provides for the strengthening of sentences of people charged for homosexuality. The offence becomes a crime punishable by 15 to 20 years of prison and a fine of 50 000 to 500 000 FCFA according to the new article 361 bis of the Chadian draft Penal code.

      «  Criminalizing homosexuality is discriminatory and demagogic, when Chad really needs social justice, democracy and development. Stigmatizing a group will not help build a tolerant and fair society  » declared Honorary LTDH President Dobian Assingar.

      « The head of state and the National Assembly must ensure equality of all citizens before the law whatever their religion, their origin, their opinion or sexual orientation. The National Assembly must hence modify article 361 bis of the draft Penal code, and the President must not enact a draft Penal code with such a provision. The abolition of the death penalty is great news which must not be tarnished by the criminalization of homosexuality » added Drissa Traoré, FIDH vice-president.


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      Exposition Mémoires Tribulantes au Musée de l'histoire de l'immigration



      Accueil


      Samedi 20 Septembre 2014 – Dimanche 19 Octobre 2014
      Carnettistes Tribulants. Esquisses initiales.

      Exposition Mémoires Tribulantes, carnets d’objets sans frontière

      La résidence des Carnettistes tribulants se prolonge dans une exposition d'oeuvres originales créées par le collectif d'artistes. L'exposition Mémoires Tribulantes, carnets d’objets sans frontière sera inaugurée à l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2014.

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      La résidence du collectif d'artistes les Carnettistes tribulants au Palais de la Porte Dorée a donné lieu à une série d'oeuvres originales inspirées de la collection ethnographique du Musée de l'Histoire de l'immigration
      Expo tribulante au musée de l'immigration
      Prenant comme point de départ les témoignages des migrants et une sélection d’objets personnels de la Galerie des donsles 11 auteurs ont illustré ces parcours de vie dans un carnet de voyage collectif qui a été enrichi par l'apport des visiteurs lors d'une performance sollicitant la participation du public.
      Le fruit de ce travail participatif est une exposition de dessins, collages, sculptures sur la thématique Mémoires Tribulantes, carnets d’objets sans frontière. Elle sera présentée pendant un mois au Musée l'histoire de l'immigration avant de partir en itinérance.

      22/09/2014

      Yanick Lahens, sur RFI, pour la sortie de 'Bain de lune' (Sabine Wespieser éditeur)



      Yanick Lahens

      Yasmine Chouaki
      1. Yanick Lahens
       
      Yanick Lahens.DR

      Yanick Lahens est née à Port-au-Prince en 1953. Elle fait ses études secondaires et supérieures en France, avant de retourner en Haïti pour enseigner la littérature à l’université d’État jusqu’en 1995.
      Longtemps professeur, mais aussi journaliste – elle a collaboré à différentes revues et a animé l’émission « Entre nous » sur Radio Haïti Inter –, elle consacre aujourd’hui une grande partie de son temps au développement social et culturel de son pays.
      Après avoir coordonné un temps les activités d’une plateforme de la société civile – son action a été saluée en 2007 par le Collectif féminin haïtien –, elle est désormais cofondatrice de l’Association des écrivains haïtiens, qui lutte contre l’illettrisme.
      Aujourd’hui membre du Conseil international d'études francophones, elle a également fait partie du cabinet du ministre de la Culture, Raoul Peck, entre 1996 et 1997.
      En 2014, elle s’est vu décerner le titre d’officier des Arts et des Lettres par l’ambassadeur de France en Haïti.
      Grande figure de la littérature haïtienne – elle a reçu en 2011 le prix d’Excellence de l’Association d’études haïtiennes pour l’ensemble de son œuvre –, elle brosse sans complaisance le tableau de la réalité caribéenne dans chacun de ses livres.
      En septembre 2014, elle publie Bain de lune (Sabine Wespieser éditeur), son grand roman de la terre haïtienne, fruit de plusieurs années de travail.
      → Un extrait de Bain de lune ici
      → Une interview vidéo de Yanick Lahens pour son livre La Couleur de l'aube ici
      → Un article de Libération sur la littérature haïtienne ici.

      --

      Extrait :

      1
      APRÈS UNE FOLLE ÉQUIPÉE de trois jours, me voilà étendue là,
      aux pieds d’un homme que je ne connais pas. Le visage à deux
      doigts de ses chaussures boueuses et usées. Le nez pris dans une
      puanteur qui me révulse presque. Au point de me faire oublier cet
      étau de douleur autour du cou, et la meurtrissure entre les cuisses.
      Difficile de me retourner. De remonter les jambes. De poser un pied
      par terre avant que l’autre suive. Pour franchir la distance qui me
      sépare d’Anse Bleue. Si seulement je pouvais prendre mes jambes à
      mon cou. Si seulement je pouvais m’enfuir jusqu’à Anse Bleue. Pas
      une fois je ne me retournerais. Pas une seule fois.
      Mais je ne le peux pas. Je ne le peux plus...
      Quelque chose s’est passé dans le crépuscule du premier jour de
      l’ouragan. Quelque chose que je ne m’explique pas encore. Quelque
      chose qui m’a rompue.