29/10/2014

Tchad : premiers pas dans le procès Habré via 29 co-accusés?

TCHAD 

Procès Hissène Habré: les victimes attendent «un procès équitable»

mediaClément Abaïfouta, le président de l'Association des Victimes des Crimes du régime d’Hissène Habré lors d'une conférence de presse en septembre 2008.AFP PHOTO/SEYLLOU
Au Tchad, vingt-neuf ex-membres de la police politique de l'ancien président Hissène Habré ont été renvoyées la semaine dernière devant la Cour criminelle de Ndjamena. Cette décision a été prise par les autorités de Ndjamena après les critiques venues des chambres extraordinaires africaines qui ont accusé le Tchad de refus de collaborer. Chargées de juger Hissène Habré pour crimes de guerre, elles avaient réclamé en vain la venue à Dakar de deux coaccusés de l'ancien président tchadien. Comment l'association des victimes des crimes du régime d'Hissène Habré réagit-elle à cette décision de Ndjamena ? Clément Abaïfouta, le président de l'Association des victimes des crimes du régime d’Hissène Habré a répondu aux questions de RFI.

J'ai peur que les choses soient bâclées et que l'on assiste à une parodie de justice
Clément AbaïfoutaPrésident de l'Association des Victimes des Crimes du régime d’Hissène Habré28/10/2014 - par Mélissa ChemamÉcouter

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Mali: les mouvements de l'Azawad créent une coordination militaire. Leurs dissidents aussi...

MALI 

Mali: les mouvements de l'Azawad créent une coordination militaire

mediaGroupe de soldats touaregs du MNLA dans la région de Kidal, le 4 février 2013.REUTERS/Cheick Diouara

Au Mali, la coordination des Mouvements de l’Azawad a annoncé ce mardi qu'elle mettait en place une coordination militaire pour le Nord du pays. Elle sera composée de 10 officiers  et son commandement sera assuré par le colonel Mohamed Ag Najim.
Plus de détails : Mélissa Chemam pour Rfi 
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Le représentant du MNLA en Europe, Moussa Ag Assarid précise que les secrétaires généraux et officiers du mouvement se sont réunis à Anefif du 26 au 28 octobre 2014 avec les membres du HCUA et du MAA.
 Ils ont décidé conjointement à l'issue de cette réunion la création de leur coordination militaire.

Cette nouvelle structure regroupant les forces militaires du trois mouvements a pour but selon eux de répondre à l’insécurité grandissante dans les régions du Nord du Mali et de protéger les habitants, menacés d'après ces groupes par les actions "miliciennes" gouvernementales.

Les trois groupes affirment que "cette coordination s’inscrit dans la droite ligne de la demande faite par la MINUSMA et la force française Barkhane de contenir et éradiquer toute forme d’insécurité", dans le nord du Mali.

Ils accusent notamment les forces de Bamako se soutenir des éléments attaquant leurs positions et menaçant la population

La coordination militaire des Mouvements de l’Azawad  s'engage parallèlement à respecter les closes du cessez-le-feu du 23 mai 2014 signé à Kidal. Elle appelle le gouvernement de Bamako à faire de même.

Elle s'engage également à poursuivre les recherches de solution négociée, selon Moussa Ag Acharatoumane, coordinateur pour les trois mouvements.

Le gouvernement malien a pris connaissance de la création de cette coordination militaire ; il devrait s'exprimer sous peu.

Il réaffime respecter le cessez-le-feu" et dément alimenter les violences, tout en appelant les groupes armés du nord à ne pas abandonner le processus de paix.

28/10/2014

Caucase : Nouvelles du Karabagh


François Hollande a reçu hier les présidents azerbaïdjanais et arméniens sur la question de leurs nombreux différends. Dernières infos :

Reprise d'un "dialogue direct" entre les deux dirigeants sur le Haut Karabakh               
 
      PARIS,  27 oct 2014 (AFP) - Une rencontre entre les présidents de
l'Azerbaïdjan et de l'Arménie reçus lundi à l'Elysée par le président français
François Hollande a permis "une reprise d'un dialogue direct" entre les deux
dirigeants sur le Haut Karabakh, sans toutefois aboutir à un accord, a indiqué
la présidence francaise dans un communiqué.
   Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et son homologue arménien Serge
Sarkissian ont notamment décidé de "procéder à des échanges de données sur les
disparus du conflit, sous l'égide du CICR (Comité international de la Croix
Rouge)", selon la présidence française.
   François Hollande a par ailleurs abordé "en tête à tête" avec le président
Aliev le cas de la militante pour la défense des droits de l'homme Leyla Yunus,
arrêtée et emprisonnée fin juillet sur des soupçons d'espionnage au profit de
l'Arménie, a indiqué l'entourage du président.
   M. Aliev a "pris des engagements", a-t-on simplement indiqué de même
source, alors que cette militante de 57 ans, dont le mari Arif a également été
arrêté, a vu sa détention provisoire prolongée de quatre mois vendredi dernier.
   L'entourage de M. Hollande a souligné "l'excellente atmosphère" entre les
présidents azéri et arménien, à l'issue d'une journée de rencontres qui s'est
achevée par un diner.
   Le président de la République a "marqué la nécessité d'une baisse effective
de la tension entre les deux parties sur le terrain". Il leur a  proposé de se
retrouver en septembre 2015, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies
à New-York.
   Ce mini-sommet à Paris est intervenu après un déplacement la semaine
dernière du ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier
dans les deux pays, au cours duquel il avait appelé à mettre fin au conflit
larvé qui menace, selon lui, la stabilité d'une région charnière.
   Les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux petits pays caucasiens
de l'ex-URSS, sont empoisonnées depuis plus de 20 ans par une dispute
territoriale autour de la région du Nagorny-Karabakh, passée sous l'autorité de
séparatistes arméniens soutenus par Erevan dans les années 1990 après une
guerre qui a fait près de 30.000 morts, et dont Bakou entend reprendre le
contrôle.
   Malgré des années de négociations sous médiation internationale depuis le
cessez-le-feu de 1994, les deux camps n'ont toujours pas signé un accord de
paix définitif à propos de la région, à majorité arménienne, mais qui est
toujours reconnue à l'étranger comme faisant partie de l'Azerbaïdjan.
   Pays riche de ses exportations pétrolières et dont les dépenses militaires
dépassent le budget d'Etat total de l'Arménie, l'Azerbaïdjan a menacé de
reprendre par la force le territoire disputé si les négociations
n'aboutissaient pas.
   L'Arménie, qui est armée par la Russie, assure toutefois être capable de
repousser toute offensive.
   En août, les violences au Nagorny-Karabakh et sur la frontière entre les
deux pays ont atteint un niveau sans précédent ces dernières années, provoquant
la mort de plus de 20 soldats des deux camps.
   Les tensions se sont également nourries de l'escalade entre la Russie et
l'Occident à propos de l'Ukraine, où les troupes gouvernementales combattent
les séparatistes pro-russes depuis plus de six mois.
   bur-swi/gg
 
AFP 272319 PPP OCT 14

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Rôle de la France 
               
 
      PARIS,  27 oct 2014 (AFP) - Le président français François Hollande a
reçu lundi les dirigeants de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie dans le cadre des
tentatives européennes de parvenir à une solution au conflit sur la région
disputée du Nagorny-Karabakh, qui connaît depuis quelques mois une
recrudescence de violences.
   Le chef de l'Etat a reçu séparément le président azerbaïdjanais Ilham Aliev
puis son homologue arménien Serge Sarkissian, avant un sommet tripartite prévu
à 16H00 GMT et suivi d'un dîner.
   Ces réunions interviennent après un déplacement la semaine dernière du
ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier dans les deux
pays, au cours duquel il avait appelé à mettre fin au conflit larvé qui menace,
selon lui, la stabilité d'une région charnière.
   "Il nous semblait important de réunir les deux présidents pour les appeler
à travailler ensemble, à se remettre autour de la table, à faire baisser la
tension pour pouvoir ensuite travailler sur le fond : rétablir la confiance",
avait expliqué une source diplomatique française avant les entretiens de lundi.
   Les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux petits pays caucasiens
de l'ex-URSS, sont empoisonnées depuis plus de 20 ans par une dispute
territoriale autour de la région du Nagorny-Karabakh, passée sous l'autorité de
séparatistes arméniens soutenus par Erevan dans les années 1990 après une
guerre qui a fait près de 30.000 morts, et dont Bakou entend reprendre le
contrôle.
   Malgré des années de négociations sous médiation internationale depuis le
cessez-le-feu de 1994, les deux camps n'ont toujours pas signé un accord de
paix définitif à propos de la région, à majorité arménienne, mais qui est
toujours reconnue à l'étranger comme faisant partie de l'Azerbaïdjan.
   Pays riche de ses exportations pétrolières et dont les dépenses militaires
dépassent le budget d'Etat total de l'Arménie, l'Azerbaïdjan a menacé de
reprendre par la force le territoire disputé si les négociations
n'aboutissaient pas.
   L'Arménie, qui est pour sa part armée par la Russie, assure toutefois
qu'elle est capable de repousser toute offensive.
   En août, les violences au Nagorny-Karabakh et sur la frontière entre les
deux pays ont atteint un niveau sans précédent ces dernières années, provoquant
la mort de plus de 20 soldats des deux camps.
   Les tensions se sont également nourries de l'escalade entre la Russie et
l'Occident à propos de l'Ukraine, où les troupes gouvernementales combattent
les séparatistes prorusses depuis plus de six mois.
   bur-mbx/at/nou/sym
 
AFP 271335 GMT OCT 14

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Procès : deux citoyens azerbaïdjanais accusés de meurtre et d'espionnage
 
      TBILISSI,  27 oct 2014 (AFP) - Le procès de deux citoyens
azerbaïdjanais accusés de meurtre et d'espionnage au profit de Bakou s'est
ouvert lundi dans la région disputée du Nagorny-Karabakh, province
d'Azerbaïdjan à majorité arménienne, ont indiqué les autorités séparatistes
locales.
   Les deux hommes sont accusés d'avoir infiltré la région fin juin et d'avoir
tué un civil de 17 ans et un soldat, ont indiqué les autorités judiciaires du
Nagorny-Karabakh dans un communiqué.
   Un troisième membre de ce groupe d'infiltration a été tué lors d'une
fusillade avec les combattants séparatistes.
   Bakou a pour sa part démenti que les trois hommes soient des membres de son
armée.
   Ce procès s'ouvre alors que le président français François Hollande
organise lundi un sommet réunissant les présidents d'Azerbaïdjan et d'Arménie
pour tenter de régler pacifiquement le conflit larvé entre les deux pays autour
du Nagorny-Karabakh.
   Les affrontements se sont multipliés depuis le début de l'année près de la
frontière et dans la région disputée, les deux camps s'accusant mutuellement de
lancer des attaques ponctuelles sur les positions adverses.
   Rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique, le Nagorny-Karabakh --une
région séparatiste en majorité arménienne-- a été l'enjeu d'une guerre qui a
fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994.
   Un cessez-le-feu a été signé en 1994, mais Bakou et Erevan n'arrivent pas à
se mettre d'accord sur le statut de la région, qui reste une source de tension
dans le Caucase du Sud, une zone stratégique située entre l'Iran, la Russie et
la Turquie.
   L'Azerbaïdjan a menacé de reprendre la région par la force si les
négociations n'aboutissaient pas à des résultats concrets, tandis que l'Arménie
a prévenu qu'elle répliquerait à toute action militaire.
   mkh-eg-im/pop/kat/fw
 
AFP 271028 GMT OCT 14


Tunisie : Nida Tounes est en tête

Ci-dessous, mon interview avec Sophie Bessis, suite aux premières annonces de résultats provisoires des législatives, donnant le parti Nidaa Tounes en tête :

TUNISIE ENNAHDA

Tunisie: «Nida Tounes est en tête» des législatives, affirme son chef

mediaBéji Caïd Essebsi, leader de Nida Tounes, en plein vote à Tunis le 26 octobre 2014.REUTERS/Anis Mili
Les résultats définitifs des élections législatives en Tunisie seront délivrés d’ici jeudi. Mais au lendemain du scrutin, lundi 27 octobre, la victoire du principal parti séculier Nida Tounes ne semble plus faire de doute pour personne. Rached Ghannouchi a d'ores et déjà félicité son adversaire par téléphone. Les islamistes d'Ennahda reconnaissent être en seconde position. Béji Caïd Essebsi s'est exprimé.



Sur sa page officielle Facebook, le parti séculier Nida Tounes écrit : « Nous avons gagné, vive la Tunisie ». De son côté, le chef du parti islamiste tunisien Rached Ghannouchi a appelé Béji Caïd Essebsi, président de Nida Tounes, et l'a félicité pour sa victoire. C'est la fille de M. Ghannouchi, Soumaya, qui a délivré cette information sur Twitter. M. Essebsi l'a ensuite confirmée dans un entretien accordé à nos confrères de France 24.
« Jusqu'à présent, nous savons que Nida Tounes est en tête, a affirmé M. Essebsi sur France 24. Et d'ailleurs, le président de notre vis-à-vis Ennahda, qui est le deuxième parti après Nida Tounes, vient de me téléphoner pour me féliciter de la victoire de Nida Tounes. Je l'ai remercié évidemment, et j'ai beaucoup apprécié ce geste. »
Une dizaine de sièges à l’Assemblée séparerait les deux grands partis rivaux, selon le porte-parole d’Ennahda. Zied Ladhari assure que le parti islamiste aurait ainsi 70 députés contre 80 pour Nida Tounes. Ce lundi midi, le réseau d'observation Mourakiboune avait déjà confirmé la tendance, avec les chiffres suivants : environ 37% de voix pour Nida Tounes, et 28% pour Ennahda.
Béji Caïd Essebsi: «Je pense que c'est établi»27/10/2014 - par France 24Écouter
L’heure est donc au bilan pour Ennahda, qui avait pourtant remporté les précédentes élections en 2011, mais qui semble aujourd'hui pâtir de l'usure du pouvoir. Ce lundi, au siège du mouvement à Tunis, les militants dépités ont tenu des débats houleux. 
Comme attendu, aucun parti n’aura en tout cas la majorité absolue. Le vainqueur devra donc faire des alliances. Avant le scrutin, un accord entre Nida Tounes et Ennahda n'était pas exclu. Du côté de Ennahda, Zied Ladhari l'a de nouveau confirmé lundi soir : son parti défend l'idée d'un gouvernement d'union nationale, option la plus appropriée selon lui pour cette phase de transition que vit le pays.
Le vainqueur des élections envisage-t-il de répondre à cette main tendue ? Interrogé à deux reprises par France 24 sur ce point, Béji Caïd Essebsi reste prudent : « Il est prématuré de penser à cela, parce que nous estimons que l'opération électorale est double ; il y a les élections pour les législatives, et la présidentielle. C'est après la fin de la deuxième phase que nous saurons dans quelle direction nous allons opérer. »
Béji Caïd Essebsi sur la question d'un gouvernement d'union national28/10/2014Écouter
Et de préciser : « Nida Tounes a toujours affirmé que même s'il obtenait la majorité absolue à lui seul, il ne gouvernerait pas tout seul, mais rechercherait un consensus avec d'autres sensibilités politiques. » Y a-t-il une alternative à Ennahda ? Le parti pourrait se tourner vers les alliés destouriens, qui se revendiquent de l'héritage de Bourguiba, prédécesseur de Ben Ali.
Selon les tendances disponibles, indépendamment les uns des autres, les partis secondaires en lice dans ce scrutin seraient loin derrière. Le troisième de l'élection aurait à peine plus de 4% ; il s’agirait de l’Union patriotique libre (UPL) du milliardaire controversé Slim Riahi. Quant à Ettakatol et le CPR, les alliés d’Ennahda dans la coalition, qui avait pris le pouvoir en 2011,  ils semblent complètement à la traîne.
Prochain enjeu désormais : la présidentielle du 23 novembre. 
Ennahda n'a pas présenté de candidat. Il appuiera une personnalité dite de consensus. Les dirigeants vont désormais en discuter.
Pour Sophie Bessis, historienne tunisienne et chercheuse associé à l'IRIS (Institut des Relations Internationales et Stragétiques, à Paris), sur place à Tunis, la défaite d'Ennahda était attendue mais ouvre un rapport de forces intéressant entre les partis pour les négociations en vue d'alliance et ce résultat révèle la réussite globale de ce scrutin qui permet un résultat d'emblée clair et sans irrégularités majeure entâchant le scrutin.

L'INVITÉ SOIR DE RFI
Sophie Bessis, historienne tunisienne, chercheuse associée à l'IRIS27/10/2014 - par Mélissa ChemamÉcouter
 



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27/10/2014

NIGERIA : Un Rapport de HRW sur les violences de Boko Haram montre l'ampleur des traumatismes des victimes

NIGERIA BOKO HARAM ENLÈVEMENTS 

Pour HRW, le Nigeria ne soutient pas assez les victimes de Boko Haram

mediaUne marche pour demander la libération des jeunes filles enlevées par Boko Haram à Chibok.REUTERS/Afolabi Sotunde
Human Rights Watch publie un rapport documenté par des entretiens avec des victimes de Boko Haram et dénonce les réponses faibles et inadéquates des autorités nigérianes. Le rapport a été mené par Mausi Segun, basée pour l'organisation à Abuja et une équipe envoyée sur place.
Le texte de 63 pages est intitulé « Ces semaines terribles dans leur camp : Les violences de Boko Haram contre les femmes dans le nord-est du Nigeria », et repose sur des entretiens auprès de 46 victimes et témoins de ces violences, rencontrés dans les Etats de Borno, de Yobe et d'Adamawa. Les chercheurs d'HRW ont également interrogé des travailleurs sociaux, des diplomates, membres d'ONG locales et des journalistes pour mieux comprendre la situation des victimes.
S'il est un fait indéniable, c'est que les violences de Boko Haram contre des civils dans le nord du Nigeria se sont multipliées depuis un an et demi. Les femmes, en particulier les jeunes filles, sont les plus touchées. Le groupe a tué plus de 7 000 personnes et enlevé 500 femmes et filles depuis 2009. Des rapts de plus en plus nombreux depuis mai 2013, date de la mise en place de l'état d'urgence dans les trois Etats du Nord par le gouvernement fédéral.
Dans ce rapport de HRW, les victimes témoignent : après leur libération et les violences subies, elles ne reçoivent pas les soins nécessaires, ni sur le plan médical, ni sur le plan psychologique, ni même d'aide pour retourner à l'école après ce traumatisme, dans ces communautés rurales du nord du Nigeria où les infrastructures étatiques sont cruellement insuffisantes.
De plus, les témoignages révèlent les réponses inadéquates des forces de l'ordre en cas d'alerte, avant ou après des attaques de membres de Boko Haram, et donc un manque criant de confiance dans les forces de sécurité parmi les habitants et les victimes.
L'une d'entre elles raconte avoir été enlevée avec cinq autres jeunes filles et avoir été emmenée dans la forêt de Sambisa, dans l'Etat du Borno, pendant deux jours. Elle précise qu'elles et les autres jeunes filles ont réussi à s'échapper après avoir affirmé être musulmanes et promis de ne jamais retourner à l'école. Depuis, elle craint en effet d'y retourner, comme de nombreuses jeunes filles de sa région. Comme elle, la plupart des victimes restent traumatisées et honteuses.
« Les autorités doivent obtenir la confiance des populations »
En revanche, le rapport met en évidence les abus des militaires en représailles contre les villages d'où viennent les membres de Boko Haram : pillages, maisons brûlées, agressions, exécutions extra-judiciaires.
Pour Mausi Segun, les autorités doivent élargir leurs options de réponse : « Le Nigeria se repose trop sur l'option militaire, estime-t-elle. Le gouvernement et les forces de sécurité n'ont pas réussi à rassurer les communautés et les sécuriser. Beaucoup de gens que nous avons interrogés se plaignent des services de sécurité, notamment quand ils doivent aller rapporter une attaque. Ils les préviennent et n'ont pas de réponse. Cela ne permet pas de construire une confiance avec les habitants. On ne voit même pas de volonté de coopérer avec l'armée. Par contre, les membres de Boko Haram sont immergés au sein de ces populations. Leurs camps se trouvent dans leurs localités. La situation exige que les autorités obtiennent la confiance des habitants pour créer une stratégie qui aidera à protéger plus de gens des violences, particulièrement dans les zones rurales où la plupart des attaques ont eu lieu ».
Enfin, selon Daniel Bekele, le directeur Afrique de HRW, le drame de l'enlèvement de plus de 270 filles à Chibok a suscité une mobilisation qui reste unique par rapport aux autres localités touchées par ses violences. L'organisation recommande non seulement un meilleur soutien aux victimes qui bénéficieraient de protections et soins, mais aussi une démarche judiciaire pour mettre fin à l'impunité.
Le rapport de HRW montre que malheureusement toutes ces filles ou femmes qui ont pour certaines réussi à échapper à Boko Haram, se retrouvent seules face à leur détresse (...). Les autorités semblent dans le déni par rapport à la gravité des exactions commises par Boko Haram.
Jean-Marie FardeauPorte-parole de Human Rights Watch27/10/2014 - par Mélissa ChemamÉcouter



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Link to the whole report in English: http://features.hrw.org/features/HRW_2014_report/Those_Terrible_Weeks_in_Their_Camp/index.html






Ebola : l'UNICEF renouvelle son appel aux fonds et parle de bataille mondiale



Plus d’une semaine après le lancement de sa campagne « Ensemble stoppons Ebola », l’UNICEF France alerte sur la nécessité de rester mobilisés face à l’ampleur de l’épidémie et des besoins financiers qui restent non pourvus. 

Seulement 100 000 euros ont pu être collectés par l’UNICEF en France, ce qui reste bien en dessous de l’objectif de 2 millions d’euros. Au niveau mondiale, 40 millions de dollars ont été collectés.

Sur le terrain, les équipes de l’UNICEF – 400 personnes mobilisées - sont présentes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, à l'instar de Laurent Duvillier, porte-parole de l'organisation pour l'Afrique de l'Ouest, actuellement à Monrovia.

Il insiste pour rappeler que le combat doit être global pour une épidémie qui menace toute l'Afrique occidentale mais aussi le reste du monde.

A réécouter sur Rfi.fr : http://www.rfi.fr/rfi_news/
dans les éditions Afrique de 4h30 et 8h30.



26/10/2014

TUNISIE : problèmes lors des scrutins en France


Tunisie: deuxièmes législatives de l’après-Ben Ali

mediaDes partisans d'Ennahda, le parti islamiste, à Tunis vendredi soir, dernier jour de campagne.REUTERS/Anis Mili
Si en Tunisie même, les irrégularités semblent avoir été marginales, en France, de nombreux Tunisiens appelés à voter ont fait part d'irrégularités et de manquements dans l'organisation du scrutin. Certains affirment que jusqu'à 40% des électeurs auraient ainsi été empêché de voter, encore pus en Italie... 
180 000 électeurs tunisiens étaient appelés aux urnes en France depuis vendredi.

Mélissa Chemam pour RFI

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Alia, Tunisienne vivant en France, devait voter à Paris. Deux jours avant, elle apprend par courrier que son bureau sera désormais celui de Boulogne.
Comme elle, beaucoup de ses amis ont vécu cette déconvenue, certains dont les bureaux ont finalement été déplacés à plusieurs dizaines de kilomètres voir en Tunisie!

Les plaintes de ce type se sont aussi largement fait entendre sur les réseaux sociaux.

Selon des électeurs qui s'exprimaient sur Twitter, des bureaux de vote n'ont par exemple jamais ouvert. Selon l'Instance régionale indépendante des Elections Tunisiennes en France, citée par l'agence de presse turque Anadolu, les bureaux de Laval, Brest et Lorient ont par exemple été déplacé à la dernière minute à Rennes... celui du Havre à Rouen, ou encore celui de Beauvais à Creil. Elle n'a pas justifié encore ces problèmes d'organisation.

Selon d'autres sources à Vernon, en Normandie, des votants ont été avertis au dernier moment du changement de leur bureau de vote, beaucoup sont donc partis voté bureau initialement prévu puis en sont revenus sans voter à regret.

A Toulouse, une candidate rapportait vers 14h sur Twitter que l'opération de vote avait dû être suspendue à cause de mécontents empêchant l'accès au bureau de vote du consulat.

A Asnières, en région parisienne, le président du bureau a rapporté que plusieurs personnes n'ont pas trouvé leur nom sur les listes une fois arrivés au bureau de vote.

Ces Tunisiens espèrent à présent que ces dysfonctionnements seront reconnus par les Instances régionales Indépendantes des Elections Tunisiennes, responsables de l'organisation du scrutin.


25/10/2014

Festival "Beyond My Piano" aux Bouffes du Nord en janvier 2015


MUSIQUES - 26 janvier 2015, à 19h30

Le paradis de Helki 
Bachar Mar-Khalifé

Dans le cadre du festival Beyond my piano

© DR
« Le projet est né d’un désir de confondre et de confronter l’univers de Bachar Mar-Khalifé à celui du théâtre, pour donner corps à un projet polyphonique original. Le paradis de Helki est un instantané, une photographie suspendue entre le rêve et la réalité, dérivant dans un espace temps poétique.
Soufflé par une catastrophe, un homme se dresse au milieu du chaos. Comme le rescapé d’un naufrage, il va entreprendre une quête mémorielle, un voyage où se nichent l’enfance, la guerre, la filiation, l’érotisme, jusqu’à trouver la rédemption. Pas à pas, à la façon d’un funambule cheminant sur un fil tendu au-dessus des traumas, son histoire se découvre et se construit. Avant de s’en aller, comme on abandonne un champ de bataille, laissant derrière lui un monde en apesanteur : Le paradis de Helki. » Charif Ghattas


Beyond my piano
Ambiances aériennes et spatiales, pianistes et pianos hors-normes, créations inédites, Beyond my piano revient. À cette occasion, le festival grandit et le Théâtre des Bouffes du Nord s'associe à la Maroquinerie pour honorer cette deuxième édition sur l'espace de trois jours. Beyond my piano est le festival des pianistes affranchis dont la singularité tient à l’esprit aventureux des musiciens qu’il réunit, en même temps qu’à la totale liberté qui leur est laissée. Qu’ils viennent de la scène classique, du jazz, de l’électro, de la pop, ils nous aspirent à aller voir ce qui se passe à côté, en dehors, au-dessus, au-dessous, au-delà du piano en s’appropriant leur instrument d’une façon unique et incomparable. Ce cycle de concerts nous ouvre une petite fenêtre sur un des futurs possibles du piano, instrument à la fois emblématique, historique, avant-gardiste et intemporel, il devient l’espace de trois journées un outil prospectif, un laboratoire musical ouvert en constante reconquête.

Teaser - Le paradis de Helki - Bachar Mar-Khalifé : http://vimeo.com/109794692

Piano, voix, électroniqueBachar Mar-Khalifé
Mise en scèneCharif Ghattas
Scénographie, lumière, son, vidéoJulien Peissel, Joachim Olaya, collectifscale
facebook/bachar-khalife 
collectifscale.com 
facebook.com/beyondmypiano 

L'Adami est le partenaire principal du festival Beyond my piano.
En partenariat Yamaha Artists Services Europe



Reportage de Jean-Louis Le Touzet pour Libération enTurquie à la frontière syrienne, près de Kobané


Grand reportage de Jean-Louis Le Touzet pour Libération envoyé de Turquie à la frontière syrienne : Rencontre avec un réfugié kurde de Kobané, et toute l'histoire du Proche-Orint au XXème siècle reprend vie.


Extraordinaire. Donc on partage :


«À qui voulez-vous que 

je parle d'Aragon ou 

Voltaire à Kobané ?»



 Mustaka Baker, Kurde syrien de 64 ans, vient de fuir la ville en proie aux combats contre l'Etat islamique. Il retrace l'évolution de la cité depuis plus de cent ans et revient sur la présence française.



Mustafa Baker est un Kurde syrien aux grands yeux bleus. Il est né à Kobané il y a soixante-quatre ans. Il y a quatorze jours, il a quitté Kobané, où les combattants kurdes tentent de résister à l’Etat islamique, pour Sanliurfa, côté turc. Lui qui était en costume trois-pièces quand il enseignait le français à Alep à la fin des années 90 vit aujourd’hui avec ses trois enfants dans un appartement dans lequel s’entassent d’autres familles de Kobané, dans une promiscuité terrible. Rencontré mardi soir à Sanliurfa, près de la grotte d’Abraham, il raconte l’histoire de sa ville, Kobané.
«Ce que je sais de Kobané, je le tiens d’un homme qui y a vécu au début du siècle dernier. Il s’appelait Henow Mussi Alé. Nous sommes en 1983. Cet homme a alors 90 ans. Kobané en 1910-1912 n’est qu’un hameau. La ligne de démarcation actuelle est alors une zone marécageuse entourée de deux sources : une à l’ouest et l’autre à l’est, où les Bédouins arabes viennent de temps à autre faire boire les bêtes.

«Les habitants, en ce début de XXe siècle, sont kurdes et arméniens. Il n’y a pas, et jamais eu, jamais, et jusqu’à la prise de pouvoir de Hafez al-Assad à la fin des années 60, aucune présence arabe ici.
«Comme les Bédouins arabes venaient faire boire les bêtes à cette source de l’ouest on a donné le nom de Aïn al-Arab, qui signifie "la source des arabes". Quand les baassistes ont pris le pouvoir, ils ont immédiatement modifié tous les noms kurdes, certains attestaient aussi de la présence des juifs, comme à l’est. Le seul nom juif qu’il reste, c’est "La ferme de Daoud", dans l’ouest de la ville.
«A partir de 1915, les Arméniens qui fuient les persécutions s’installent dans ce grenier à blé. Très vite, ils se mettent au travail et fondent les premières minoteries. Une, puis des dizaines de petites dans la région. Les Anglais, qui construisent la première ligne de chemin de fer, emploient alors une main-d’œuvre locale, principalement kurde. Les gens travaillent ainsi pour la "company". Et très vite le p est mangé et devient "combany". Puis c’est au tour du m d’être avalé et puis ça devient "Kobany" et enfin "Kobané". A ce stade, il faut garder en tête qu’Aïn al-Arab, au moment où les Français s’installent sous le mandat syrien qui débute en 1920, n’est toujours qu’un point d’eau minable.

«LES KURDES SCOLARISÉS PARLAIENT L’ARMÉNIEN»

«Quand les Français arrivent, ils ont devant eux une page blanche. Les Anglais n’avaient rien laissé, sauf cette ligne de chemin de fer et ce nom qui - mâché, remâché, déformé - deviendra Kobané. Les Arméniens offrent immédiatement leurs services aux Français : qu’est-ce qu’on peut faire pour développer la place ? Ici c’est un grenier à blé et il faudrait au centre du village des points d’échange pour les commerces, disent-ils. Enfin, surtout pour leurs commerces, puisqu’ils détiennent tous les savoir-faire.
«Les Français sont les premiers à faire rentrer ce coin de terre perdu dans la modernité des années 30-40. Des routes sont alors construites, une administration voit le jour, un marché, des écoles, même une église catholique arménienne est érigée. Des services de police sont créés. Le mot "garde mobile" est longtemps resté dans les conversations à Kobané et le mot "garde" est toujours synonyme, encore pour les vieux comme moi, de sécurité citoyenne. Les Français, qui sont alors déployés dans la région, sont algériens et sénégalais. L’administration est, elle, tenue par des Français qui portent la cravate. A cette époque, seuls les enfants d’Arméniens sont scolarisés. Les Français demandent aux Arméniens d’ouvrir aux Kurdes qui le souhaitent les portes des écoles. Ainsi, dans les années 30-40, les quelques petits Kurdes scolarisés parlaient aussi de fait l’arménien. En ville, le commerce se faisait dans un sabir de turc, de kurde avec des morceaux d’arménien et de français dans la même phrase.
«Il y avait un café arménien, dans le centre, dont je me souviens très bien : le Karmen Café. Les femmes n’ont jamais été voilées, et les hommes, y compris les Kurdes, venaient boire un vin rouge local. Les boutiques, principalement tenues par les Arméniens, vendaient de tout, y compris de l’alcool. Les Français fréquentaient le soir le café. Le Tanos, le cinéma arménien, donnait des films européens ou américains, jusqu’à ce qu’arrivent les baasistes. Ces derniers ont saccagé au nom du panarabisme, dans les années 70, toute influence occidentale. Le café a disparu, le cinéma a fermé. Les Arméniens sont partis dès 1968 vers les Etats-Unis, la France, et beaucoup dans la région parisienne ont des origines lontaines de Kobané, d’après ce qu’on m’a rapporté. Certains sont allés aussi à Alep où la communauté était très forte et l’anonymat plus préservé.
«Et puis Kobané a été transformé en Aïn al-Arab. Le dernier Arménien est parti il y a quinze jours, comme moi. Il s’appelle Agop Agopian. Il tenait une entreprise de réfection de sièges automobiles en ville. Il a voulu prendre les armes, mais le PYD[Parti de l’Union démocratique, formation kurde qui contrôle la zone, ndlr] lui a conseillé de fuir : "tu es bien trop vieux, on va te faire sortir de Kobané". Il était le dernier de l’empreinte arménienne, une empreinte que les baasistes se sont évertués à tuer année après année. De 1946, départ des Français, jusqu’au milieu des années 60, ce fut un âge d’or pour la ville avec les communautés turques, kurdes, arméniennes dans cette Syrie tolérante, pas dévoyée par cet islam manipulé et ces dingues de criminels de la famille Al-Assad.

«JE N’AI JAMAIS SUPPORTÉ LES MÉTHODES DES BAASISTES»

«J’ai appris le français, non pas parce que ma ville avait été comme un laboratoire de la modernité importé par les Français durant leur mandat, mais parce que c’était comme ça : tu feras du français, point. Hélas, comme je le ne pratique plus, j’ai totalement perdu mon français. J’ai été emprisonné trois ans en 1987. Sans avocat, sans procès, pour activités subversives. Je n’ai jamais supporté les méthodes des baasistes. Quand j’ai été arrêté, ils m’ont dit : on va contrôler même tes rêves. Quand je suis rentré à Kobané dans les années 90, mes voisins pensaient que j’étais devenu complètement taré : je parlais tout seul. Mais à qui voulez-vous que je parle de Louis Aragon, d’Albert Camus ou de Voltaire à Kobané ?
«Aujourd’hui j’ai perdu ma propre mémoire, mes livres, mes cahiers, mes notes, mes souvenirs. Tout a disparu : le vin que je buvais, les Arméniens que j’ai aimés et qui m’ont transmis l’amour de la culture française. Je suis chanceux, car je suis en vie et, surtout, j’ai mes trois garçons qui m’ont rejoint côte turc et qui m’ont trouvé un petit appartement.»
Il fait nuit. L’homme a les larmes qui lui montent et cite les deux premiers vers desYeux d’Elsa d’Aragon, et dit : «Ne nous oubliez pas. Voyez ce que pouvoir a fait de nous, les Syriens, en créant un monstre comme l’Etat islamique : des gens sans passé, sans culture, sans abri.»





La Tunisie aux urnes dimanche pour les élections législatives - encadré


Par AFP :

   Par Antoine LAMBROSCHINI
 
      TUNIS,  25 oct 2014 (AFP) - La Tunisie était engagée samedi dans les
derniers préparatifs pour ses premières législatives depuis la révolution de
2011, un scrutin crucial pour lequel un vaste dispositif de sécurité sera
déployé par crainte d'attaques jihadistes.

   La campagne pour ces élections, qui seront suivies le 23 novembre d'une
présidentielle, a été dans l'ensemble morose --les espoirs révolutionnaires de
nombreux Tunisiens ayant été déçus-- mais pacifique.

   Samedi et dimanche, les partis sont tenus au silence, si bien que leurs
derniers meetings de campagne se sont déroulés vendredi soir.
   Selon les observateurs, deux partis partent favoris: les islamistes
d'Ennahda, au pouvoir de début 2012 à début 2014, et leurs principaux
détracteurs de Nidaa Tounès, une formation hétéroclite rassemblant aussi bien
des anciens opposants au dictateur déchu de Zine El Abidine Ben Ali que des
caciques de son régime.

   Près de 5,3 millions d'électeurs sont convoqués aux urnes dans 33
circonscriptions afin d'élire à la proportionnelle 217 députés parmi les
quelque 1.300 listes candidates. Les Tunisiens de l'étranger votent pour leur 
part depuis vendredi dans leurs pays respectifs.

   Si la Tunisie fait figure aux yeux de la communauté internationale de
dernier espoir de transition démocratique réussie parmi les pays du Printemps
arabe, les autorités n'en craignent pas moins des attaques jihadistes visant à
faire dérailler les élections.

   D'ailleurs, un assaut, après plus de 24 heures de siège, contre une maison
en banlieue de Tunis abritant un groupe armé s'est soldé vendredi par la mort
de six suspects, dont cinq femmes, selon la police. La veille, un gendarme
avait été tué.


   - 'L'heure de vérité' -
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   "J'appelle tous les Tunisiens à voter massivement car c'est un jour très
important pour l'histoire politique de la Tunisie, et à ne pas avoir peur des
menaces car les terroristes ont cet objectif d'empêcher les élections, la
création d'une démocratie, d'un Etat de droit", a martelé le ministre de la
Défense, Ghazi Jeribi.

   Depuis la révolution de fin 2010 - début 2011, la Tunisie a assisté à
l'essor de groupes jihadistes, responsables d'attaques ayant tué des dizaines
de membres des forces.

   Quelque 80.000 policiers et militaires doivent être déployés pour le
scrutin. Ils sont déjà présents en nombre à travers tout le pays depuis une
semaine.

   Le Premier ministre Mehdi Jomaa, les ministres de l'Intérieur et de la
Défense et le président de l'instance organisant les élections (ISIE), Chafik
Sarsar, inspectaient samedi matin dans la région de Nabeul (nord) des bureaux
de vote, des postes de police et un centre de stockage des urnes.

   "Ce qui est important", "c'est de (...) voir les dernières (mesures) mises
en place pour la sécurité, les préparatifs pour la grande journée, l'heure de
vérité", a déclaré à l'AFP M. Sarsar.

   L'ISIE a précisé qu'elle ne serait probablement pas en mesure d'annoncer
les résultats dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu'elle a jusqu'au 30
octobre pour faire état de la composition du nouveau Parlement. Les partis en
lice peuvent néanmoins publier plus tôt des résultats de leur décompte des
voix, le dépouillement étant public.
 
   - Parlement fragmenté? -
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   Le mode de scrutin -- la proportionnelle au plus fort reste-- favorisant
les petites formations, les principales forces politiques ont d'ores et déjà
souligné qu'aucun parti ne sera à même de gouverner seul.

   "Je crois que le Parlement sera fragmenté", reconnaît Mohsen Marzouk, un
des dirigeants de Nidaa Tounès qui prévoit qu'Ennahda et son parti se partagent
quelque 150 sièges, les autres revenant à une kyrielle de petites formations
avec lesquelles des négociations pour former une coalition de gouvernement
devront avoir lieu.

   Reste aussi l'inconnu de la participation, nombre de Tunisiens se disant
désabusés par les batailles politiciennes qui ont retardé de deux ans ces
élections.

   Ennahda, qui a dû quitter le pouvoir début 2014 à l'issue d'une année 2013
marquée par une crise politique, l'assassinat de deux de ses opposants et des
attaques jihadistes, a assuré vouloir former un cabinet consensuel, se disant
même prêt à une alliance de circonstance avec Nidaa Tounès.

   Le grand parti séculier, qui fait campagne en se posant en unique
alternative à Ennahda, régulièrement qualifié de groupe obscurantiste et
antidémocratique, prévoit aussi en cas de victoire de former une coalition et
n'a pas entièrement fermé la porte à une collaboration avec les islamistes.

   ak-alf/cco
 
AFP 251012 GMT OCT 14