01/11/2014

Le 7 novembre commence le Festival "Un Etat du monde" au Forum des Images, courons-y!


Fantastique festival de films liés à l'actualité dont certains longs-métrages très très attendus, surtout par moi-meme.

Sélection :  





"The Cut " de Fatih Akin
© Gordon Muehle Bomber Internation



THE CUT

de FATIH AKIN

Soirée d'ouverture / En présence du parrain de cette édition, Pierre Haski, du réalisateur Fatih Akin, Tahar Rahim, Simon Abkarian et de l'équipe du film
Avec Tahar Rahim, Simon Abkarian, Akin Gazi, George Georgiou, Numan Acar, Makram Khoury
Fiction l Allemagne-France l vostf l 2014
138 min l Couleur l Cinéma Numérique 2K

À PROPOS DU FILM


En 1915, Nazaret Manoogian, jeune artisan arménien, est arraché à ses proches par l’armée ottomane. Un douloureux périple l’attend, au cours duquel il assiste au génocide de son peuple, avant de partir en quête des membres survivants de sa famille. Témoin des derniers moments de l’empire ottoman, Nazaret, à l’instar de la communauté arménienne, aura un long chemin à faire pour trouver une terre d’accueil. Dernier opus de Fatih Akin, cette fresque historique est un geste politique courageux pour ce jeune réalisateur allemand d’origine turque.
En présence du parrain de cette édition, Pierre Haski, du réalisateur Fatih Akin, Tahar Rahim, Simon Abkarian et de l'équipe du film

En partenariat avec Pyramide






APÉRO GÉOPOLITIQUE "LES CAHIERS UKRAINIENS"


À PROPOS


"LES CAHIERS UKRAINIENS" D’IGORT (Futuropolis, 2010) 
Rencontre avec Jean-Christophe Ogier et Igort (auteur et dessinateur)

L’Ukraine d’hier et d’aujourd’hui, illustré avec intelligence et inventivité par Igort. Les témoignages recueillis sur place révèlent le passé terrible et le présent difficile de ce pays en quête d’identité.

Entrée libre dans la limite des places disponibles


TIMBUKTU

de ABDERRAHMANE SISSAKO

Avant-première Positif / En présence du réalisateur
Avec Ibrahim Ahmed, Toulou Kiki, Abel Jafri
Fiction l Fr.-Mauritanie l Vostf l 2014
97 min l Couleur l Cinéma Numérique 2K

À PROPOS DU FILM


Nord Mali. En marge d’un village, Kidane, modeste éleveur, mène une vie paisible avec sa femme Satima et leur fille Toya. Jusqu’au jour où les djihadistes
prennent possession du secteur et sèment la terreur en instaurant la charia. Timbuktudénonce sans réserve l’arbitraire et la tyrannie exercés par les extrémistes sur les populations. Un cri de révolte porté par une mise en scène exceptionnelle, salué au dernier Festival de Cannes.
En partenariat avec le Pacte et Positif.

En présence du réalisateur









APÉRO GÉOPOLITIQUE "LA FANTAISIE DES DIEUX, RWANDA 1994"


À PROPOS


"LA FANTAISIE DES DIEUX, RWANDA 1994"
D’HIPPOLYTE ET PATRICK DE SAINT-EXUPÉRY (Les Arènes, 2014)
Rencontre avec Jean-Christophe Ogier et Patrick de Saint-Exupéry
À la veille des commémorations, les deux auteurs sont partis à la rencontre des survivants et des témoins du génocide. Cette B.D. documentaire mêle le récit de ce voyage-reportage aux souvenirs de Patrick Saint-Exupéry (journaliste et cofondateur de XXI) lors de son reportage au Rwanda en 1994.

Entrée libre dans la limite des places disponibles

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Golshifteh Farahani

© Memento Films



GOLSHIFTEH FARAHANI, INVITÉE D’HONNEUR



Depuis ses débuts, l’actrice Golshifteh Farahani fait preuve d’audace et de clairvoyance interprétant des rôles forts et sensibles. Son talent est aujourd’hui reconnu à l’échelle internationale.

Cette fille d’un comédien et metteur en scène de théâtre naît en 1983 à Téhéran sous le régime islamique. Jeune virtuose du piano, elle est reçue au conservatoire de Vienne. Mais l’adolescente se sent appelée par le 7e art. Elle devient une immense star dans son pays dès l’âge de 14 ans. Depuis Le Poirier, son premier film, la jeune fille trilingue (persan, anglais, français) enchaîne une vingtaine de tournages en dix ans. Le public français la découvre en 2003 grâce à Deux anges de Mamad Haghighat, qui célèbre la passion d’adolescents iraniens pour la musique. En 2008, l’actrice joue dans Mensonges d’État de Ridley Scott avec Leonardo DiCaprio. Elle devient la première star iranienne depuis 1979 à franchir les portes de Hollywood. Cette aventure américaine la pousse cependant à l’exil.

UNE ARTISTE EN EXIL
L’actrice se souvient : « De retour en Iran, j’ai subi des interrogatoires pendant sept mois. Le tournage d’À propos d’Elly était menacé à cause de moi. Ils me disaient que le regard de DiCaprio sur moi dans le film, c’était le regard des États-Unis sur l’Iran. » L’éloignement de son pays est pour elle « une forme de mort » mais, loin de l’empêcher de s’adonner à sa passion cinématographique, ce déracinement lui permet de renforcer sa vocation. Des réalisateurs de tous horizons, tels Asghar Farhadi (À propos d’Elly), lui offrent des rôles bouleversants et profonds, à la hauteur du talent incontestable de la jeune actrice. Dans ce film au rythme haletant, elle incarne le rôle de Sepideh. Voilée, censure oblige, elle interprète une femme courageuse et exubérante qui, comme elle, ose aller au-delà des bienséances. Le duo Vincent Paronnaud - Marjane Satrapi (Poulet aux prunes), le Franco-Afghan Atiq Rahimi (Syngué Sabour - Pierre de patience), Hiner Saleem (My Sweet Pepper Land) magnifient à leur tour la fraîcheur et la gravité de la comédienne, à travers des personnages de femme libre et non-conventionnelle.


GOLSHIFTEH FARAHANI, INVITÉE D’HONNEUR

My Sweet Pepper Land de Hiner Saleem, en présence du réalisateur
jeudi 13 nov. à 20h30
Syngué Sabour - Pierre De Patience d’Atiq Rahimi, en présence de l’actrice (sous réserve) et du réalisateur, vendredi 14 nov. à 20h30
À propos d’Elly (Darbareye Elly) d’Asghar Farhadi, en présence de l’actrice
samedi 15 nov. à 17h30
Le Poirier (Derakht-E Golabi) de Dariush Mehrjui, en présence de l’actrice
dimanche 16 nov. à 17h30





MY SWEET PEPPER LAND

de HINER SALEEM

En présence du réalisateur
Fiction l Fr.-All. l vostf l 2014
94 min l Couleur l Cinéma Numérique 2K

À PROPOS DU FILM


Rencontre entre un policier peu conventionnel et une jeune institutrice dans un village du Kurdistan. Le réalisateur kurde Hiner Saleem dépeint, non sans humour, la beauté d’une relation consentie et libre entre homme et femme.
En présence du réalisateur

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"The World" de Jia Zhangke
© Collection Christophel

07   16 NOVEMBRE 2014

Un état du monde... et du cinéma


Tandis que nos écrans sont chaque jour envahis par les images d’actualité d’un monde à la fois instable et  terriblement complexe, des hommes et des femmes choisissent le cinéma pour transmettre leur propre vision. Oeuvres inédites, avant-premières, rétrospectives et invités composent la 6e édition d'un festival qui questionne l’état de nos sociétés grâce au regard des cinéastes.

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31/10/2014

BURKINA : RECAP DES DERNIERS EVENEMENTS

BURKINA FASOBLAISE COMPAORÉ

En direct: le jour d'après au Burkina Faso

mediaOuagadougou après les manifestations sanglantes de ce 30 octobre 2014.REUTERS/Joe Penney

Retour sur les événements de cette nuit...mais les manifestants s'apprêtent à rejoindre de nouveau la rue. 

Mélissa Chemam
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En général au Burkina Faso après l'effervescence sans précédent de la journée d'hier. L'armée a en effet annoncé la mise en place d'un couvre-feu, qui a été en grande partie respecté.

Nos correspondants ont néanmoins constaté un peu de circulation dans la capitale, notamment des blindés transportant des soldats à partir du camp militaire du centre ville.

Les manifestants restent tout de même sur le qui-vive et certains s'apprêtent à manifester de nouveau.
Je viens de joindre l'ancien maire de Ouagadougou, selon lui les manifestants sont restés dehors jusqu'au discours du président et ont été surpris par sa déclaration ; ils s'apprêtent à se mobiliser de nouveau.

A Bobo Dioulasso aussi, au sud ouest du pays : l'un deux nous a rapporté que les opposants au régime sont restés éveillés toute la nuit dans cette ville, et réclament toujours la démission du Président. Ils s'apprêtent à se rassembler de nouveau ce matin en centre ville.

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 La dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale a été le point culminant de la journée d'émeute d'hier contre le régime de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans. Mais le président Blaise Compaoré n'a toutefois pas évoqué son éventuelle démission...

Il a déclaré vers 21h, heure local, avoir "compris" le message de la population et pris "la juste mesure des fortes aspirations au changement", au cours d'une allocution télévisée sur le Canal 3. 

Le Burkina s'était enflammé en début de journée, juste avant le vote sur la réforme constitutionnelle prévue à l'Assemblée nationale, à partir de 9h30 / 10h.

Les alentours de l'Assemblée ont été incendiés, puis la télévision publique a été prise d'assaut par des protestataires ; des violences ont eu lieu notamment en province, où la population parle de plusieurs morts, des bilans pour l'instant difficiles à vérifier. 

Selon l'opposition, les troubles ont fait une trentaine de morts et plus de cent blessés, l'AFP n'a pu confirmer que quatre victimes et six blessés graves.

Enfin toute la journée ont tonné des appels à la démission du président. 

Burkina Faso: réécoutez l’édition spéciale de RFI de 17h00-19h00 TU


BURKINA FASO BLAISE COMPAORÉ 

Burkina Faso: réécoutez l’édition spéciale de RFI de 17h00-19h00 TU

mediaLe Burkina Faso en ébullition, ce jeudi 30 octobre, à cause du projet de loi sur la révision de la Constitution permettant une nouvelle candidature du président Blaise Compaoré après 2015.REUTERS/Joe Penney
Le Burkina Faso s'est enflammé ce jeudi. Alors que les députés devaient se retrouver pour examiner le projet de révision de l'article 37 de la Constitution, les manifestants envahissent l'Assemblée nationale. Rapidement, les forces de l'ordre sont débordées. Les manifestants prennent le siège de la télévision nationale, la RTB, qui est saccagé. Les locaux du CDP, le parti de Blaise Compaoré, sont incendiés. A la mi-journée, le gouvernement annule le vote à sur l'article 37, mais il est trop tard, la machine est lancée... dissolution du gouvernement, dissolution de l'Assemblée... l'armée annonce jeudi soir la mise en place d'un organe de transition pour une durée d'un an... Revivez cette journée dans l'édition spéciale de RFI (17h00-19h00 TU) consacrée aux évènements au Burkina Faso.
Emission spéciale RFI (première partie)30/10/2014 - par RFIÉcouter
Emission spéciale RFI (deuxième partie)30/10/2014 - par RFIÉcouter
Emission spéciale RFI (troisième partie)30/10/2014 - par RFIÉcouter
Emission spéciale RFI (quatrième partie)30/10/2014 - par RFIÉcouter



BURKINA : Réactions internationales

BURKINA FASO ETATS-UNIS FRANCE ONU 

La communauté internationale inquiète de la situation au Burkina Faso

mediaEmeutes à Ouagadougou, le 30 octobre 2014.REUTERS/Joe Penney

Partenaires privilégiés du Burkina Faso, Paris et Washington n'ont jamais montré un grand enthousiasme devant le projet de réforme du président burkinabé Blaise Compaoré.

La France a plaidé cet après-midi pour un "retour au calme" et les Etats-Unis ont exprimé leur "vive inquiétude".

La France compte "un peu plus de 3.500 ressortissants"  au Burkina ; le Quai d'Orsay a expliqué suivre "avec beaucoup d'attention le déroulement des manifestations", lors d'un point de presse électronique.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déploré "les violences qui ont eu lieu dans et aux alentours de l'Assemblée nationale et appelé "à toutes les parties de faire preuve de retenue".

La France avait déjà critiqué, il y a une semaine, le processus de révision constitutionnelle.
Le Président François Hollande même envoyé un courrier à son homologue le 7 Octobre dernier : il avait appelé le Président Burkinabé à éviter "un changement non consensuel de la Constitution", le Burkina étant un exemple pour toute la région.

La Maison Blanche a elle aussi fait part cet après-midi de sa "vive inquiétude" quant à l'évolution de la situation. La présidence américaine a appelé à respecter "les institutions démocratiques", appelant "toutes les parties, dont les forces de sécurité, à mettre fin à la violence et à retourner à un processus pacifique".

L'ONU de son côté a décidé il y a qq heure d'envoyer sur place un émissaire, joignant ses forces avec l'Union africaine.

C'est l'émissaire de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest, Mohamed Ibn Chambas, qui se rendra au Burkina ce vendredi, au sein d'une mission de paix conjointe à l'Union africaine et à la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

La Présidente de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, dans son communiqué a exprimé une inquiétude profonde face à la situation et appelé à la retenue contre toute violence.L'ONU et l'Afrique joignent ainsi leurs forces pour la recherche d'une solution.
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Lien :  lire le texte complet du courrier de François Hollande.

Tunisie: Nida Tounes devrait privilégier «la famille démocrate»


 les premiers résultats officiels sont tombé dans la nuit de mercredi à jeudi en Tunisie.
Alors que le parti Nidaa Tounes arrive en tête, il doit envisager des tractations pour former une alliance, n'ayant pas obtenu de majorité absolu à l'Assemblée.

Selon la députée Leyla Hamrouni, membre du bureau executif de Nidaa Tounes, qui vient d'être élue pour le Grand Tunis, il faudra attendre les résultats de l'élection présidentielle du 23 novembre prochain pour affirmer les alliances possibles d'autant plus que les partis vont entrer en campagne pour le prochain scrutin. Néanmoins selon elle, trois options se dessinent : un gouvernement d'union nationale, un gouvernement de technocrate mis en place en accord avec les partis, ou une grande coalition.

Néanmoins selon elle, le parti va commencer par discuter avec les petits partis de la gauche démocratiques :

Leyla Hamrouni, jointe par Mélissa Chemam pour Rfi.


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Dernières infos :
TUNISIE ENNAHDA

Tunisie: Nida Tounes devrait privilégier «la famille démocrate»

mediaDes partisans de Nida Tounes à Tunis, mardi 28 octobre 2014.
Les résultats officiels des législatives de dimanche se font toujours attendre, mais Ennahda a reconnu la victoire de son principal rival Nida Tounes. Selon les tendances dégagées - environ 70 sièges pour Ennahda, contre 80 à Nida Tounes -, la formation victorieuse sera amenée à former une coalition pour obtenir la majorité, soit 109 sièges sur 217 députés nécessaires. Un passage obligé afin d'obtenir notamment la confiance de l’Assemblée lors du choix du chef du gouvernement.
Dans son intérêt et dans celui du pays, Nida Tounes ne gouvernera pas seul, a insisté son président, Béji Caïd Essebsi.
A l’intérieur du parti, des sources confirment que Nida Tounes, parti a priori victorieux des législatives tunisiennes, privilégie ce que ses membres appellent « la famille démocrate ». Autrement dit, des petits partis d’opposition tels qu’Afek Tunes, jusqu’à la coalition de gauche Front populaire, en passant par les partis destouriens, qui se revendiquent aussi de l’héritage de Bourguiba, prédécesseur de Ben Ali.
Il s’agit d’une position de principe, dans la mesure où il convient d’attendre les résultats définitifs pour évaluer le poids de chacun.
La présidentielle du 23 novembre, une étape clé
En attendant, Nida Tounes se dit capable de cohabiter et refuse d’exclure qui que ce soit, faisant allusion à Ennahda. Le parti islamiste, de son côté, défend toujours l’idée d’un gouvernement d’union nationale.
Dans ce contexte, faire des pronostics paraît prématuré, d’autant plus que les alliances seront déterminées par une étape cruciale, la présidentielle du 23 novembre. A cette occasion, le chef de l’Etat désignera le futur gouvernement.
→ Pour comprendre les enjeux du scrutin tunisien, ne manquez pas l'émissionDécryptage, ce soir à 19h10 :
Elections législatives : quel avenir pour la Tunisie ?
Vincent Souriau reçoit Beligh Nabli, directeur de recherche à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), auteur Comprendre le monde arabe (Armand Colin, septembre 2013).

29/10/2014

Ghislaine et Claude : déclaration de Fabius ce mercredi

Via l'AFP :
   
      PARIS,  29 oct 2014 (AFP) - Le ministre français des Affaires 
étrangères Laurent Fabius a déclaré mercredi que l'enquête sur l'assassinat de 
deux journalistes de la radio RFI, en novembre 2013 au Mali, était dans une 
phase "décisive" et que leur mort ne resterait "pas impunie".
   "L'enquête est entrée dans une phase tout à fait décisive. Les juges 
devraient pouvoir obtenir rapidement tous les éléments susceptibles d'arrêter 
les coupables", a-t-il dit à l'Assemblée nationale, près d'un an après 
l'enlèvement et l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.
   M. Fabius s'exprimait après une question du député socialiste François 
Loncle, qui lui demandait si le chef des ravisseurs était bien identifié et 
s'il s'agissait, comme évoqué par différentes sources, d'un "narcotrafriquant 
lié à Aqmi" (Al-Qaïda au Maghreb islamique).
   "Les accords d'Alger qui sont en train d'être discutés entre Bamako et les 
groupes (armés) du Nord (du Mali) devraient en outre faciliter l'avancée de 
l'enquête", a ajouté le ministre, sans répondre précisément sur les 
informations dont disposent les autorités françaises.
   "L'espoir très ferme est là. Notre détermination est sans faille au côté 
des familles et des journalistes de RFI. L'assassinat de Ghislaine Dupont et 
Claude Verlon ne restera pas impuni", a insisté M. Fabius.
   Les deux journalistes ont été tués le 2 novembre 2013 à Kidal, dans le 
nord-est du Mali, peu après avoir été enlevés par un petit groupe d'hommes 
armés. Al-Qaïda au Maghreb islamique a revendiqué leur assassinat. Le parquet 
de Paris a ouvert au printemps 2014 une information judiciaire sur leur 
assassinat.
   Dès novembre 2013, le procureur de la République de Paris, François Molins, 
avait indiqué que l'homme soupçonné d'avoir planifié l'enlèvement des deux 
journalistes, Bayes Ag Bakabo, était un Touareg lié à Aqmi et un trafiquant de 
stupéfiants.
   vl/blb/mba
   
AFP 291530 GMT OCT 14





CAUCASE, CRIMEE, AILLEURS

Peu de journalistes dans les rédactions cette semaine, les "vacances" mais aussi de nombreuses missions de terrain en sont responsables.

Par contre, l'actualité, elle bouillonne! Les combats se poursuivent en Syrie à la frontière turque, le Burkina Faso est en pleine ébullition face au projet du président Blaise Compaoré de modifier la Constitution pour se permettre un nouveau mandat, et élections majeures en Tunisie et en Ukraine dont les contrecoups sont loin d'être retombés.

Passionnées par toutes ces régions et leur histoire, mais travaillant depuis six ans spécifiquement sur l'Afrique, je veux partager aussi ici le travail brillant de confrères dans d'autres zones de notre monde.

Ici : Arménie / Azerbaïdjan, le Caucase donc, une région qui "a mon coeur" comme disent mes amis britanniques. Caucasus, you have my heart... Hope to see you again soon.

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Je conseille ce matin cet article du Monde :


Haut-Karabakh : dîner 

convivial mais peu 

fructueux à l’Elysée


LE MONDE |  • Mis à jour le  |Par 

Le président arménien Serge Sarkissian (au centre) et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev (à droite), le 27 octobre à l'Elysée.

Hier ennemis jurés, Serge Sarkissian, président de l’Arménie et Ilham Aliev, à la tête de l’Azerbaïdjan, sont soudainement devenus « copains ». Enfin presque. Tant que le sujet inextricable du Haut-Karabakh n’était pas évoqué, « ils étaient hyper proches », « complices », commente un diplomate français, encore étonné. « On les a vus se parler, se tutoyer… ». Le responsable de ce miracle ? François Hollande, peut-être. Reçus à l’Elysée, lundi 27 octobre, par le président français pour un sommet consacré au Haut-Karabakh, le chef de l’Etat a tenté de diversifier les sujets de discussions pour éviter de braquer MM. Sarkissian et Aliev sur le seul sujet de cette terre de conflit. « Ils se sont rendu compte qu’ils avaient des défis en communs, qu’ils affrontaient les mêmes enjeux », poursuit le diplomate.

Le Haut-Karabakh, c’est cette terre d’Azerbaïdjan, enclave séparatiste à majorité arménienne, aujourd’hui contrôlée par l’Arménie avec le soutien de la Russie. 

Le conflit (1988-1994), largement oublié, a fait près de 30 000 morts et de l’ordre de 800 000 déplacés. Depuis 1994, en dépit d’un fragile cessez-le-feu, l’Azerbaïdjan et l’Arménie sont toujours techniquement en guerre. Pour éviter l’escalade, le groupe de Minsk, composé des représentants de la France, des Etats-Unis, de la Russie et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, formé en 1992, tente de jouer les modérateurs. Le Haut-Karabakh fait désormais partie de ces conflits dits « gelés », sur lesquels plane l’influence russe.

« CLIMAT MAUVAIS »


Mais depuis cet été, « le climat est mauvais », constate un diplomate français. Une ambiance de guerre de tranchées a repris et des dizaines de morts ont été recensées. En cause, notamment, la Crimée. Observer cette bande de terre, hier ukrainienne, repasser entre les mains russes, aurait échauffé les esprits.
Après sa visite en mai dans le Caucase, les conseillers de M. Hollande se réjouissaient du résultat obtenu lundi. « On a fait du bon boulot », assurait l’un des proches du président. Le « résultat », pourtant, est inexistant. Aucune issue au conflit déchirant l’Arménie et l’Azerbaïdjan n’est perceptible, hormis la promesse de poursuivre le dialogue en septembre 2015, à New York.


Alors ? Si Paris se réjouit, c’est parce qu’il a permis aux deux présidents de se parler. Peut-être aussi d’avoir avancé sur le dossier de Leyla Yunus, cette militante des droits de l’homme détenue avec son mari en Azerbaïdjan pour des soupçons d’espionnage. « M. Aliev a pris des engagements »,indique une source proche du chef de l’Etat.
François Hollande et Ilham Aliev, le 27 octobre à l'Elysée.
Mais l’entourage du président se satisfait aussi d’avoir appuyé la position de la France dans ces terres sous influence de la Russie, tentées de se rapprocher de l’Europe. Le mot d’ordre : « Surtout, ne pas les obliger à choisir entre la Russie et l’UE », indique un diplomate. « Il ne s’agit pas de couper les relations avec la Russie. On ne veut pas tomber dans le piège ».
Une référence aux « maladresses » de l’Europe vis-à-vis de l’Ukraine ? Selon certains, c’est l’attitude de UE, incitant l’Ukraine à se rapprocher du Vieux Continent en signant un accord d’association, qui aurait courroucé Vladimir Poutine. La France, qui doit se décider à livrer, ou non, ses navires Mistral à la fin du mois, serait-elle soucieuse de ne pas fâcher Moscou ?

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Et surtout ce beau reportage du Monde en Crimée :

La Crimée à l’heure de 

Moscou

LE MONDE |  |Par 
A Sébastopol, dimanche 26 octobre.
Les hôtels de Simferopol sont pleins à craquer. En cette fin octobre, la capitale administrative de la Crimée est littéralement prise d’assaut, non par des touristes – la saison et le contexte ne s’y prêtent guère –, mais par des fonctionnaires russes. « Même en été nous n’avons pas autant d’affluence », ironise la gérante d’un petit établissement. Ces commis de l’Etat sont en mission, chargés de mettre aux normes de Moscou tous les secteurs-clés de l’administration : santé, éducation, sécurité, impôt, banque… Un recensement de la population a été lancé. Huit mois après l’annexion de la péninsule, la russification de la Crimée s’intensifie.

Tout va si vite. Le drapeau russe flotte sur les bâtiments officiels. Les opérateurs de téléphonie ont changé d’origine. Les uniformes sont les mêmes que partout ailleurs en Russie. Il n’a pas fallu plus d’un mois pour que la hryvnia, la monnaie ukrainienne, disparaisse de la circulation, remplacée par le rouble. Guère davantage pour commencer à distribuer les passeports russes et changer les plaques d’immatriculation des véhicules. A Sébastopol, les marchands de souvenirs sur le front de mer exhibent, à côté des maillots des marins de la flotte de la mer Noire, des tee-shirts d’un nouveau genre. « J’enc… vos sanctions »,proclame l’un d’eux, accompagné d’un dessin explicite de bonshommes stylisés russe et américain.

Il y en a beaucoup d’autres, à la gloire de Vladimir Poutine ou bien célébrant les « gens polis », en tenue de camouflage et armés jusqu’aux dentsCette expression, très prisée jusqu’à Moscou, est née ici, en Crimée. Elle désigne l’armée russe qui a pris possession de la péninsule en mars par la force – sans insignes et sans effusion de sang. Depuis, le nombre de ceux que l’on surnomme également les « petits hommes verts » comme l’on parlerait d’extraterrestres, a triplé.

LES LIENS AVEC LE PAYS D’HIER SONT COUPÉS

Voilà pour les signes extérieurs du changement. Mais, désormais, une nouvelle étape, plus profonde encore, s’est ouverte : la conversion de toutes les administrations, la mise aux normes de toutes les entreprises obligées de s’adapter à une nouvelle comptabilité. Prorusses ou non, les Criméens, désorientés, courent de notaires en services publics. « Pour nous, la vie quotidienne est devenue synonyme de files d’attente, il faut faire la queue pour tout : les naissances, la résidence, le permis de conduire… », raconte Maria, une jolie brune de 25 ans qui a perdu son emploi dans l’import-export d’huiles essentielles. Sa mère, Lena, enseignante de russe, a fini par trouver quelques élèves, recrutés par Skype. « Je travaillais à l’université, mais maintenant je ne peux plus, avec un permis de séjour. »
La famille, qui préfère rester anonyme, refuse de prendre la nationalité russe. Seul le grand-père s’y est résigné « pour au moins sauver la maison ». Corvées pour les uns, ces démarches sont devenues, pour d’autres, ukrainiens ou tatars, la minorité musulmane traumatisée par sa déportation en 1944 sous Staline, une véritable source d’angoisse.
« Les gens essaient encore de comprendre ce qui se passe », dit doucement Mark Boutovski, un jeune chef d’entreprise de 24 ans, spécialisé dans la publicité sur Internet. « C’est l’argent le plus compliqué, chaque fois que j’achète quelque chose, je me demande si c’est plus cher. Pour moi, cela a été relativement simple comparé aux petits entrepreneurs qui importaient tout de l’Ukraine, des tomates aux manteaux. » Les grandes compagnies russes sont arrivées mais, pour échapper aux sanctions internationales, elles prennent un nouveau visage, un nouveau nom, sans lien juridique apparent. Petit à petit, les liens avec le pays d’hier, l’Ukraine, sont coupés. La télévision de Kiev ne parvient plus jusqu’ici, pas plus que la radio. Dans les établissements scolaires, les cours en langue ukrainienne déjà peu répandue, ont été réduits de moitié, malgré les déclarations des nouvelles autorités sur l’instauration de « trois langues officielles », russe, ukrainienne et tatare.

« JE ME SENS NI RUSSE NI UKRAINIEN »


« Je suis né ici, je travaille ici, mais je me sens ni russe ni ukrainien, soupire Mark Boutovski. J’aimerais me sentir européen, mais la réalité autour de moi m’oblige à un autre mode de vie. Il faut le reconnaître. » Russophone, la majorité de la population qui a voté oui au référendum du 16 mars soutient en effet la Russie et son président, Vladimir Poutine. Les autres se considèrent en « territoire occupé ».

« Tout ça, c’est la faute de Gorbatchev », fulmine Georgui Nossän, campé dans un champ pour surveiller ses vaches, à mi-chemin entre Simferopol et Sébastopol. Ce vieux paysan russe poursuit encore de sa rancune le dernier chef d’Etat de l’URSS, coupable de sa disparition. « Regardez maintenant, c’est une honte ce qui se passe en Ukraine ! » Les retraites, tout comme les salaires, ont été augmentées, sauf que Georgui ne s’en rend pas bien compte, perdu dans ses conversions et l’augmentation des prix. Mais il est content du retour de la Crimée dans le giron de la Russie et, chaque fois que des avions russes passent au-dessus de sa tête, il ne manque pas d’agiter son bonnet en criant : « Bonjour à Poutine ! »
« Cela fait vingt ans que nous en parlions et que nous attendions ce moment », jubile le nouvel homme fort de la péninsule, Sergueï Aksionov. Natif de Moldavie, arrivé ici en 1989, cet ancien « businessman dans l’immobilier » de 41 ans, député devenu le président du conseil des ministres de Crimée, vante un retour « à la tranquillité ». Il refuse cependant de recevoir dans son bureau et ne se déplace pas dans une salle toute proche sans un garde du corps maussade tout de noir vêtu. « Des milliards de roubles vont être versés par le budget fédéral, dont 23 milliards [426 millions d’euros] rien que pour Simferopol cette année. Tout est calme, tout le monde est content », lance-t-il. Les milices ? « Des patriotes, corrige sèchement Sergueï Aksionov, qui deviendront une police municipale légale et sans armes le 1er janvier. »

D’ici là, le ménage sera fait. « Il y a deux semaines, tous les chefs de la compagnie du pétrole et du gaz ont été licenciés, tous les chefs d’hôpitaux aussi. Avant-hier, c’était les responsables de la compagnie des eaux, en fait 90 % des dirigeants des organisations centrales », annonce-t-il sans ciller. Au nom de la lutte anticorruption, mais sans passer par la case tribunal. « Ils ont rédigé leur lettre de démission eux-mêmes. »

ENJEU AUTOUR DE YALTA


Andreï Kiskov, 31 ans, l’un des rares militants des droits de l’homme sur place, ne partage pas tout à fait ce point de vue. Dans le secteur privé, raconte le jeune homme, « ils nationalisent de force des stations-service, des usines, des marchés qui appartenaient à des Ukrainiens avec le concours de gens armés et en civil, des organisations paramilitaires hors de toute légalité »« Une loi, poursuit-il, impose aussi le rachat d’entreprises jugées stratégiques, comme les ateliers de cinéma de Yalta. Pourquoi ? Personne ne le sait. »
Yalta – la station balnéaire au bord de la mer Noire, célèbre pour avoir abrité, en février 1945, la conférence qui a réuni Staline, Roosevelt et Churchill, et dans laquelle a commencé à se dessiner le visage de l’Europe de l’après-guerre – est redevenue un enjeu. 

Les 30 hectares des ateliers du cinéma, créés avant la révolution russe de 1917, ont bien changé de mains, sous la contrainte. Motif : le propriétaire « ne remplissait pas ses obligations en matière d’investissements », assure le maire, Andreï Rostenko, nommé il y a deux mois. Ici aussi, l’administration russe est à pied d’œuvre. La fonction publique est réorganisée de fond en comble, le personnel renouvelé et le nombre d’élus ramené de 280 à… 28. « En six mois, nous avons reçu plus de subventions qu’en vingt ans d’Ukraine, plastronne Andreï Rostenko. Et si cela ne se voit pas, c’est parce que nous avons commencé par les télécommunications. »

Par refus ou par crainte, cependant, 20 % des habitants de Yalta n’ont pas répondu aux enquêteurs du recensement. Illona et Sehrii Dorochenko, 30 ans et 42 ans, se disent pour leur part « ukrainiens, par réaction ». Le couple, comme beaucoup, a autant de famille et d’ascendants en Russie qu’en Ukraine, mais l’annexion de la Crimée l’a choqué. « Le 27 février, nous nous sommes réveillés avec les petits hommes verts. » Depuis, Illona a entrepris d’écrire les Chroniques de la Crimée russe sur Facebook où elle décrit tout, le prix du poisson qui a augmenté, « la pseudo-frontière » avec l’Ukraine, les « babouchkas » que l’on fait venir de Russie en vacances pour remplacer les touristes disparus…
Elle prend garde toutefois à ne pas franchir des lignes rouges. Entrée en vigueur en mai, la loi fédérale russe qui qualifie « d’extrémisme » toute atteinte à « l’intégrité de la Russie » effraie plus d’un Criméen.

 Isabelle Mandraud (Simferopol, Sébastopol, Yalta, envoyée spéciale) 
Correspondante à Moscou

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