08/11/2014

THEATRE : « LE MARIAGE DE M. WEISSMANN »

Ma nouvelle chronique theatre pour www.Toutelaculture.com


http://toutelaculture.com/spectacles/theatre/le-mariage-de-m-weissmann-de-karin-tuil-etre-ou-ne-pas-etre-juif-etre-ou-ne-pas-etre-soi-telle-est-la-question-universelle/

« LE MARIAGE DE M. WEISSMANN » 

 KARINE TUIL par salomé lelouch :

ETRE OU NE PAS ÊTRE JUIF. ETRE OU NE PAS ÊTRE SOI. TELLE EST LA QUESTION UNIVERSELLE



PAR MELISSA CHEMAM

La metteur en scène Salomé Lelouch a repéré dans le roman de Karine Tuil, Interdit, le potentiel pour une superbe dramaturgie, intense et drôle. Avec Le Mariage de M. Weissmann, elle nous propose au Théâtre La Bruyère, Paris 9ème, un petit bijou de scène.

Note de la rédaction : 

Un texte acerbe, empli d’un humour bombesque, trois comédiens immédiatement attachants qui jouent le même personnage mais aussi tous les autres, un décor dépouillé, et une mise en scène enlevée, voilà quelques uns des ingrédients qui rendent ce spectacle si appréciable. L’histoire est à la fois très simple et burlesque : Saul Weissmann veut se remarier, à 70 ans, avec une femme pas si jolie mais aimante et protectrice, une future bonne mère juive, comme la sienne… Mais voilà le rabbin qui doit les marier lui annonce qu’il n’est pas juif dans les règles de l’art : sans le certificat de mariage religieux de ses parents, Saul, le survivant de la Shoah, n’est plus juif… S’en suit une cascade de déconvenues et surtout de questionnements. Saul va perdre et son futur mariage et son existence passée. Plongé dans le doute, il se démultiplie ; en lui cohabite un juif enfiévré et un juif haineux, et il ne sait plus lequel lui veut vraiment du bien.

Avec le procédé qui fait des trois comédiens, Jacques Bourgaux, Mikaël Chirinian et Bertrand Combe, trois versions d’un même Saul, Salomé Lelouch touche du doigt à la fois la part drolatique des questions les plus lourdes et l’universalisme de la quête de soi. Les répliques cinglantes du livre sont semées à bon escient, dans la bouche d’un Saul qui se permet tout, des blagues juives aux préjugés, sous prétexte qu’il n’a plus le droit d’être celui qu’il a toujours été. En cinquante minutes, ‘Le Mariage de M. Weissmann choque, fait sourire, émeut et surprend. Du vrai théâtre ! La dernière scène, autour d’un ballet d’étoiles jaunes, est à la fois bluffante et troublante, sorte de Deus ex Machina ultra-réaliste…

Sortant d’une telle soirée, personne ne peut nier, de plus, les petits bonheurs du théâtre privé, des petites salles et leur confort, des pièces courtes, excellentes de la première à la dernière minute, du plaisir de faire plaisir en invitant aussi des amis et proches moins aguerris devant le théâtre qu’au cinéma. Or la pièce se prête parfaitement aux invitations. Faites-la découvrir!

CHRONOLOGIE DES FAITS DU PROCÈS DE JEAN-PIERRE BEMBA




CHRONOLOGIE

CHRONOLOGIE DES FAITS DU PROCÈS DE JEAN-PIERRE BEMBA

7 DÉCEMBRE, 1999

La République Centrafricaine (RCA) signe le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale (CPI).

3 OCTOBRE 2001

La RCA ratifie le Statut de Rome.

21 DÉCEMBRE 2004

Le gouvernement de la RCA renvoie à la CPI les faits reconnus comme crimes par le Statut de Rome.

JUIN 2005

Le gouvernement de la RCA remet au Bureau du Procureur de la CPI des documents relatifs à des crimes qui auraient été commis sur son territoire en 2002-2003. Le Procureur commence une analyse de la situation.

10 MAI 2007

Le Procureur informe le gouvernement de la RCA, la Section préliminaire et le président de la CPI qu’il ouvre une enquête complète sur la situation en RCA.

22 MAI 2007

Le Procureur annonce publiquement le lancement de son enquête.

9 MAI 2008

Le Procureur demande à la Section préliminaire III de délivrer un mandat d’arrêt contre Jean-Pierre Bemba.

23 MAI 2008

La Section préliminaire III délivre un mandat d’arrêt et demande au gouvernement de la Belgique d’arrêter M. Bemba. Tous les deux documents sont sous scellés.

24 MAI 2008

La police belge arrête M. Bemba près de Bruxelles. La Section préliminaire décachète le mandat d’arrêt.

10 JUIN 2008

La Section préliminaire III délivre un nouveau mandat d’arrêt à la place du mandat du 23 mai 2008. La Chambre ajoute deux chefs d’accusation de meurtre, l’un comme crime de guerre, et l’autre comme crime contre l’humanité. La Chambre demande également à la Belgique d’arrêter M. Bemba et de le livrer à la CPI.

3 JUILLET 2008

La Belgique transfert et livre M. Bemba à la CPI.

4 JUILLET 2008

Première comparution de M. Bemba à la cour. La Section préliminaire III explique les chefs d’accusation contre lui.

12 DÉCEMBRE 2008

La Section préliminaire III donne son approbation pour 54 victimes qui pourront participer aux audiences où il sera décidé si les chefs d’accusation contre M. Bemba sont dignes de poursuite. A la CPI, les victimes peuvent témoigner même si elles ne sont pas appelées par l’accusation ou la défense. Elles ont leurs propres représentants légaux à la cour.

12-15 JANVIER 2009

La Section préliminaire III tient ses audiences pour décider si le Procureur a suffisamment de preuves contre M. Bemba pour aller vers un procès. Au cours de la phase préliminaire, le Procureur n’est pas tenu d’apporter des preuves, mais seulement de montrer qu’il existe des raisons solides de croire que l’accusé a commis les crimes qui lui sont imputés.

3 MARS 2009

La Section préliminaire III renvoie d’audience de confirmation et demande au Procureur de revoir la façon dont il a accusé M. Bemba. Le Procureur a tenté d’accuser M. Bemba de responsabilité directe dans la commission des crimes. La Chambre a demandé au Procureur d’étudier la question de savoir s’il devait tenter d’accuser M. Bemba d’être responsable des crimes car c’était lui le chef qui a ordonné, ou n’a pas empêché ou puni les crimes commis par ceux qui étaient sous ses ordres.

15 JUIN 2009

La Section préliminaire III décide qu’il y a suffisamment de preuves pour aller au procès sur la base de trois chefs d’accusation de crimes de guerre (meurtre, viol, et pillage) et deux de crimes contre l’humanité (meurtre et viol). La Chambre rejette la requête de l’accusation pour trois autres chefs d’accusation. Elle trouve que le Procureur n’a pas donné de preuves suffisantes pour un chef d’accusation de crime contre l’humanité (torture) et deux chefs d’accusation de crime de guerre (torture et atteinte à la dignité personnelle) contre M. Bemba.

14 AOÛT 2009

Le Juge Unique de la Section préliminaire II (anciennement appelée Section préliminaire III), Ekaterina Trendafilova, accorde à M. Bemba la liberté sous condition jusqu’au commencement du procès. L’exécution de cette décision est reportée dans l’attente de la détermination de l’Etat qui acceptera d’accueillir M. Bemba sur son territoire. Le Procureur fait appel de la décision le même jour.

18 SEPTEMBRE 2009

La présidence de la CPI met en place la Section de première instance III pour entendre les témoignages dans l’affaire Le Procureur contre Jean-Pierre Bemba Gombo. A la CPI, les juges qui entendent l’affaire ne sont pas les mêmes que ceux qui s’occupent de la phase préliminaire.

5 NOVEMBRE 2009

La Section de première instance III annonce que le procès s’ouvre le 27 avril 2010.

2 DÉCEMBRE 2009

La Section des appels annule la décision de la Section préliminaire II relative à la liberté sous condition. M. Bemba reste en détention à la CPI

25 FÉVRIER 2010

La défense de M. Bemba dépose une requête à la Section de première instance soutenant que l’affaire n’est pas recevable devant la CPI. Trois raisons sont données pour la récusation. Premier argument : l’affaire pourrait être normalement jugée en RCA, et il est donc inapproprié que la CPI – une cour de dernier recours – s’en mêle. Deuxième argument : les crimes qui sont présumés avoir été commis ne sont pas assez graves pour justifier la saisine de la CPI. Et troisième argument : M. Bemba a été lui-même victime d’un vice de la procédure judiciaire.

8 MARS 2010

La Section de première instance III décide de renvoyer l’ouverture du procès jusqu’au 5 juillet 2010. Elle donne comme raison la nécessité d’étudier, avant l’ouverture d’un procès, la requête de la défense selon laquelle l’affaire Bemba n’est pas recevable devant la CPI. Les juges donnent à l’accusation jusqu’au 29 mars pour présenter ses opinions sur la requête de la défense, et ils demandent aussi que les autorités de la RCA et de la RDC soient informées de la requête de la défense afin qu’elles puissent faire connaître leur avis d’ici le 16 avril 19, 2010. Les juges font remarquer que la défense se verra accorder l’occasion de répondre à ces observations.

27 AVRIL 2010

La Section de première instance III tient une conférence de mise en état avec les parties pour examiner la récusation de M. Bemba pour cause d’irrecevabilité.

24 JUIN 2010

La Section de première instance III rejette la récusation de la défense pour cause d’irrecevabilité déposée devant la CPI. Elle trouve que la RCA n’est pas en mesure d’organiser le procès sur place, que les crimes présumés sont d’une gravité suffisante, et que la plainte de la défense pour vice de procédure « est sans fondement. »

28 JUIN 2010

M. Bemba forme un recours contre la décision de la Section de première instance III relative à la récusation de la défense pour cause d’irrecevabilité de l’affaire devant la CPI.

26 JUILLET 2010

Les avocats de la défense déposent des documents auprès de la Chambre d’appel de la CPI à l’appui du recours de M. Bemba, soulevant quatre moyens de pourvoi. Dans son appel, M. Bemba fait valoir que la Section de première instance avait estimé à tort que la décision prise par un tribunal de première instance en RCA de ne pas le poursuivre n’était pas définitive, que la Chambre d’appel s’était trompée en refusant d’entendre le témoignage d’un expert indépendant sur la législation centrafricaine, que la Chambre d’appel avait estimé à tort que la RCA n’était pas en mesure d’instruire un procès de cette ampleur et que la Chambre d’appel avait fait une erreur en considérant que le récent dépôt d’un pourvoi par M. Bemba auprès des juridictions de RCA constituait un « abus de procédure devant cette cour [CPI] ».

19 OCTOBRE 2010

La Chambre d’appel de la CPI rend sa décision dans laquelle elle confirme la décision antérieure de la Section de première instance de rejeter la récusation de l’affaire Bemba devant la CPI, ouvrant donc la voie à l’ouverture du procès de M. Bemba.

21 OCTOBRE 2010

La Section de première instance III tient une conférence de mise en état et confirme que le procès de M. Bemba s’ouvrira le 22 novembre 2010.

22 NOVEMBRE 2010

Le procès de M. Bemba s’ouvre officiellement devant la Section de première instance III de la CPI.

23 NOVEMBRE 2010

Le premier témoin de l’accusation débute son témoignage.

20 MARS 2012

Le 40ème et dernier témoin de l’accusation conclut son témoignage devant la CPI.

1 MAI 2012

La première victime participant au procès débute son témoignage. Cinq des 2 744 victimes participantes ont été choisies afin d’apporter un témoignage devant la Cour. Seules deux d’entre elles ont témoigné en séance publique.

14 AOÛT 2012

Cas de la défense devrait commencer.

14 NOVEMBRE 2013

Le 34ème témoin de la défense conclut son témoignage devant la CPI.

19 NOVEMBRE 2013

La chambre de première instance III a accordé un délai à la défense pour qu’elle présente ses deux témoins finaux, concluant la présentation des témoignages par la défense de M. Bemba.

7 AVRIL 2014

La présentation des moyens de preuve dans le procès se termine et les juges ont fixé les dates des plaidoiries finales.

2 OCTOBRE 2014

La chambre de première instance III a rouvert la présentation des témoignages dans l’affaire contre Jean-Pierre Bemba pour entendre des dépositions sur la question de la crédibilité des témoins. Les juges ont également reporté les observations orales finales, qui devaient débuter à l’origine le 13 octobre 2014.

12-13 NOVEMBRE 2014

Les plaidoiries finales seront prononcées à la CPI devant la chambre de première instance III.

L’association Survie demande aux autorités françaises de cesser tout soutien aux dictateurs qui s’accrochent au pouvoir


Compromise par son soutien à Compaoré, la France doit tirer les leçons de la révolte burkinabè

Une semaine après la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, des zones d’ombre commencent à se dissiper sur le rôle de protection du régime joué jusqu’au bout par la diplomatie française, fidèle à sa tradition françafricaine et une nouvelle fois à contre-pied de l’Histoire. Ce soutien est allé jusqu’à l’exfiltration de Blaise Compaoré, le soustrayant de fait à la justice de son pays.

Après avoir longtemps qualifié les relations franco-bukinabè d’"excellentes" (à l’instar de Laurent Fabius, en visite à Ouagadougou le 27 juillet 2012), la France n’a pris que très tard la mesure du mouvement de fond à l’œuvre depuis des mois au sein de la société civile burkinabè.

Dans une lettre à Compaoré datée du 7 octobre 2014, François Hollande se contentait de proposer comme solution de sortie un poste dans une organisation internationale (probablement l’Organisation Internationale de la Francophonie) à un président burkinabè toujours considéré comme "fréquentable" quelques jours avant sa sortie précipitée. Le parallèle avec la chute du tunisien Ben Ali, en janvier 2011, montre combien la France n’a pas su tirer les leçons de ses erreurs et continue à s’enfermer dans le soutien à des régimes dictatoriaux au nom de la "stabilité".

L’embarras et les compromissions de la diplomatie française ont été manifestes dans les jours précédant et suivant la chute du despote avec les postures embarrassées d’un ministre des Affaires étrangères français se contentant dans un premier temps d’un pusillanime appel au calme et à la protection des ressortissants, et de personnalités politiques telles que le député socialiste François Loncle, défendant en pleine crise le bilan du dictateur burkinabè face aux médias.

Auparavant, l’ambassadeur de France au Burkina, militaire de carrière comme son prédécesseur, s’était invité dans plusieurs réunions auprès des différents protagonistes du soulèvement, alimentant l’idée qu’il y défendait le plan de transition de Compaoré, selon lequel le dictateur devait se maintenir au pouvoir le temps de passer la main, quand la foule et l’opposition exigeaient un départ immédiat. Une ingérence scandaleuse de la part de la diplomatie du pays qui a le plus soutenu Compaoré au cours des 27 ans de son régime.

Ce qui est désormais avéré, c’est le rôle actif de la France dans la fuite de Blaise Compaoré.

Après avoir louvoyé en expliquant que la France avait joué un rôle dans son exfiltration, mais « sans y participer » [1], François Hollande a fini par reconnaître son mensonge en confirmant les informations de Jeune Afrique selon lesquelles le dictateur burkinabè a bien été emmené en Côte d’Ivoire par un hélicoptère puis un avion des forces françaises. Plus inquiétant, les propos de François Hollande sur les conditions de l’exfiltration de Compaoré, « il y a eu des attaques, il y a eu des réponses » sous-entendent la possibilité d’un engagement armé des militaires français. Si le président français assure avoir agi pour une évacuation « sans drame », en confiant Compaoré à un régime ivoirien "ami" peu enclin à l’extrader, il lui a surtout permis de se soustraire à d’éventuelles poursuites judiciaires au Burkina Faso, notamment pour son rôle dans des assassinats politiques comme ceux de Thomas Sankara et du journaliste Norbert Zongo ou dans la mort de manifestants burkinabè lors du soulèvement de ces derniers jours. Indispensable, la tenue d’un procès du despote burkinabè permettrait d’en savoir davantage sur les soutiens multiformes dont il a bénéficié de la part de la France depuis sa prise de pouvoir dans le sang en 1987.

Entièrement consacrée au repositionnement de l’armée française dans le Sahel (opération Serval, Barkhane), dont le Burkina est aujourd’hui un point stratégique, la France a négligé une nouvelle fois les aspirations démocratiques des populations des États qui soutiennent cette entreprise militaire. Le scénario surprise burkinabè pourrait, aujourd’hui ou demain, se reproduire au Tchad, au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, au Togo et dans de nombreux autres pays, et prendre à nouveau de cours des autorités françaises qui ne manquent pourtant pas d’informations sur la nature de ces régimes et l’exaspération de ceux qui les subissent.

L’association Survie :
  • Demande aux autorités françaises de cesser toute forme de soutien aux dictateurs et aux familles qui s’accrochent au pouvoir : Idriss Déby au Tchad, Sassou N’Guesso au Congo Brazzaville, Paul Biya au Cameroun, Ali Bongo au Gabon, Faure Gnassingbé au Togo, Joseph Kabila en République Démocratique du Congo, Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale, etc.
  • Soutient le rassemblement organisé le samedi 8 novembre à 15h devant l’Ambassade du Burkina Faso à Paris
  • Soutient la demande de commission d’enquête parlementaire sur le rôle des autorités françaises dans l’assassinat de Thomas Sankara formulée par la campagne Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique et déposée sans suite favorable en 2011 et 2013 par les députés du Front de Gauche et d’E.E.L.V.
  • Dénonce la protection contre des poursuites judiciaires dont bénéficie de facto Compaoré en Côte d’Ivoire et rappelle l’exigence de justice pour toutes les victimes des guerres régionales, des assassinats et des crimes économiques de Blaise Compaoré et de la Françafrique
  • Demande la démission de François Loncle de la présidence du groupe parlementaire d’amitié franco-burkinabé, pour avoir défendu jusqu’au bout Blaise Compaoré, son image, son bilan, et l’idée qu’il devrait encore se maintenir au pouvoir dans le cadre d’une transition.
[1] Déclarations de François Hollande en marge de son déplacement au Canada le 04/11/2014

Des nouvelles de la Gambie...


Une équipe de l'ONU pour les Droits de l'Homme en visite en Gambie a terminé sa mission cette après-midi. 

Deux experts étaient dans le pays depuis lundi dernier pour enquêter sur les recours à la torture et aux exécutions sommaires notamment dans le système judiciaire et les prisons gambiennes.

Mais les deux experts ont fait part de leur déception car les autorités les ont empêchés d'accéder notamment aux zones sécurisées de certaines prisons. 

Mélissa Chemam pour RFI 

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Christof Heyns et Juan Mendez viennent d'achever une visite de cinq jours en Gambie, un pays historiquement fermé aux organisations internationales.?Les deux enquêteurs du Conseil de l'ONU pour les droits humains étaient venus enquêter sur les pratiques de torture et d'exécutions arbitraires dans le pays, une première en effet : la Gambie n'a jamais reçu d'experts de l'ONU sur ce sujet avant cette visite.

Ils viennent de rendre leur déclarations préliminaires en fin de journée.

Et pourtant, malgré les autorisations du gouvernement, l'enquête s'est avérée difficile.

Selon Juan Mendez, qui s'est exprimé après la Conférence de presse tenue sur place dans la capitale Banjul, les autorités gambiennes n'ont pas respecté l'accord passé avec l'ONU sur la conduite des visites sur place, empêchant l'exhaustivité de l'enquête. 

Les ailes sécurisées des plus grandes prisons du pays leur sont par exemples restées fermées.

Mais malgré ces difficultés, l'expert sur la torture constate que cette pratique perdure dans le pays, tout comme les exécutions sommaires, le recours à la peine de mort et les disparitions non élucidées, au sein de la police et en particuliers des services de renseignements. 

Les deux experts de l'ONU sur les exécutions sommaires et la torture vont malgré tout poursuivre leurs enquêtes.

Ils doivent rendre leurs conclusions aux autorités gambiennes et au Conseil des droits de l'homme de l'ONU dans l'hiver avant de les rendre publiques autour de mars 2015. 

06/11/2014

LE MALI A L'HONNEUR A PARIS





 « Foly », un film documentaire dans lequel elle explore la richesse de la musique et des sons à Bamako, en suivant le retour dans sa ville natale du musicien Pédro Kouyaté.



Suivie d'un concert de Pédro Kouyaté 

Ecouter :



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AVANT-PREMIERE 
Rencontre avec l'équipe du film

TIMBUKTU de ABDERRAHMANE SISSAKO
FRANCE-MAURITANIE /2014/1H37
AVEC IBRAHIM AHMED, TOULOU KIKI, ABEL JAFRI, HICHEM YACOUBI, FATOUMATA DIAWARA, KETTLY NOËL, 
Festival de Cannes, compétition officielle 2014.

Au Mali, un groupe d’islamistes investissent la ville de Tom- bouctou et y imposent la charia. Ils bannissent la musique, le football, les cigarettes, persécutent les femmes et improvi- sent des tribunaux qui rendent des sentences injustes et absurdes. Kidane est un éleveur touareg vivant dans le désert avec sa femme et leurs deux enfants. D'abord épargnée, sa famille va bientôt subir les nouvelles lois islamiques.

« Quand on est un homme politique, mais aussi un artiste, face aux choses qui vous révoltent, on parle souvent sans faire. Un double dis- cours. Or une situation telle que celle du Nord-Mali m'obligeait à me positionner. Assister à cela sans intervenir, sans rien faire, alors que j'étais pour ainsi dire sur place, ça me paraissait impossible, une démission ». Abderrahmane Sissako




Bande-annonce : 




TARIFS ECRAN

Tarif festival : 4,50 euros
Tarif “famille” : 3,50 euros pour tous

INFOS PRATIQUES
Cinéma l'ECRAN
Place du Caquet
93200 Ville de Saint-Denis
M°Basilique de Saint-Denis/L13



Droit d'asile : rien ne va



Article du Figaro.fr :

Un rapport choc sur les dérives du droit d'asile

  • Publié 

Des demandeurs d'asile devant la préfecture de police de Rennes, en novembre 2012.
Nuitées d'hôtels par dizaines de milliers, injustices dans le traitement des exclus… le député UMP Éric Ciotti éclaire les failles du système d'hébergement des demandeurs du statut de réfugié en France.

Le député UMP des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, sort un rapport choc sur les failles du système d'accueil des demandeurs d'asile en France. Les vrais coûts, les fraudes, ce que l'on cache à l'opinion, tout est évoqué sans tabou. Pour l'heure, seuls ses collègues de la commission des lois à l'Assemblée nationale viennent d'en prendre connaissance. Le Figaro, qui a eu accès à ce projet d'avis sur le projet de loi de finances 2015, en révèle les enseignements.

• Les dossiers s'empilent sur les bureaux de l'Ofpra

Éric Ciotti affirme que «30.000 dossiers sont aujourd'hui en attente à l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra)». Il le tient du directeur de l'Ofpra lui-même. «La demande de protection internationale s'est accrue, rappelle-t-il, de 85 % entre 2007 et 2013.» Parmi les explications avancées, le fait que «les demandeurs d'asile, à l'instigation, dans nombre de cas, de filières d'immigration, se sont tournés davantage vers la France et l'Allemagne». En attendant la réforme du gouvernement, dont le projet de loi sur l'asile sera débattu, en principe, à partir du 12 novembre prochain à l'Assemblée nationale, le délai moyen d'attente pour l'examen d'un dossier atteint «16 mois et 15 jours».

• Des centres d'accueil débordés

L'hébergement des demandeurs d'asile est devenu une charge «insupportable» en ces temps de crise, explique en substance le député Éric Ciotti. Certes, «en dix ans, la capacité en places des centres d'accueil pour demandeur d'asile (Cada) a quadruplé, passant de 5282 places en 2001 à 24.689 places à la fin du premier semestre 2014». Coût de l'hébergement: «220 millions d'euros», sur un total de plus de 600 millions d'euros alloués par l'État au programme «immigration et asile» pour 2014. Et pourtant, face à l'insuffisance de ce dispositif d'accueil, dont la gestion est confiée à des associations et à la société d'économie mixte Adoma, «l'hébergement d'urgence (auquel est couplé le versement d'une aide temporaire d'attente), qui ne devait avoir au départ qu'un rôle annexe, est devenu le principe», se désole l'élu des Alpes-Maritimes.

• Une facture hôtelière exponentielle

«Les dépenses d'hébergement d'urgence, en particulier sous la forme de nuitées hôtelières, se sont par voie de conséquence accrues de façon largement incontrôlée», poursuit le rapporteur. «Ce dispositif a pris de l'ampleur, jusqu'à comporter aujourd'hui le même nombre de places qu'en centre d'accueil pour demandeur d'asile (Cada). Près de 22.000 places étaient financées en 2013, contre seulement 13.000 places en 2009, soit une augmentation de près de 70 % des capacités en quatre ans», écrit-il. Éric Ciotti ajoute: «Les dépenses d'hébergement d'urgence ont été multipliées par trois sur la période 2008-2012. Il y a aujourd'hui davantage de personnes prises en charge dans le dispositif d'hébergement d'urgence qu'en Cada.» Son financement autorisé pour 2015 est de 132,5 millions d'euros (+14,8 % ).

• Plus de 870 euros par mois et par personne

Pour Éric Ciotti, «ceci est d'autant plus dommageable que le coût global de la prise en charge en hébergement d'urgence est au moins équivalent, sinon supérieur, à celui de la prise en charge en Cada. Le coût unitaire de la nuitée hôtelière est en effet estimé à 17,17 euros, auxquels s'ajoute une aide temporaire d'attente de 11,45 euros par jour», soit un total mensuel de 870,50 euros par personne. Par comparaison, «le prix de journée moyen national des Cada s'élève à 24,43 euros par personne hébergée», indique-t-il.

• Des inégalités chez les plus démunis

Ces dérives conduisent à une «rupture d'égalité entre les demandeurs d'asile, l'octroi du statut n'étant plus seulement lié au bien-fondé de la demande, mais aussi au mode d'hébergement et d'accompagnement», affirme le député des Alpes-Maritimes. Il va plus loin: selon lui, les demandeurs sont également orientés vers les structures d'ordinaire dédiées aux «personnes en grandes difficultés sociales», les «sans-abri», les «mal logés». Ce qui provoque parfois, écrit-il, «une éviction de fait des publics qui y étaient traditionnellement accueillis».

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Déclarations finales dans le procès Bemba : les 12 et 13 novembre 2014


 04.11.2014

Closing oral statements in the Bemba trial scheduled for 12 and 13 November 2014: Practical information

Situation: Central African Republic
Case: The Prosecutor v. Jean-Pierre Bemba

Today, 4 November 2014, Trial Chamber III of the International Criminal Court (ICC) scheduled the closing oral statements in the case The Prosecutor v. Jean-Pierre Bemba for Wednesday 12 and Thursday 13 November 2014 from 09:30 to 16:00 (The Hague local time).

The Prosecution and Defence will have approximately three hours each and the Legal representative of victims one and a half hours to make their final submissions. The closing oral statements should be limited to issues arising from the evidence admitted in the Bemba case and the participants’ written closing statements.

Following these closing statements, the judges will commence their deliberations and the judgment will be pronounced in due course.

Background: The trial in the Bemba case started on 22 November 2010. Mr Bemba is allegedly criminally responsible, as a military commander, for two counts of crimes against humanity (murder and rape) and three counts of war crimes (murder, rape and pillaging). Mr Bemba is in the Court's custody. 




04.11.2014

Déclarations finales dans le procès à l’encontre de Jean-Pierre Bemba programmées les 12 et 13 novembre 2014 

Situation : République centrafricaine
Affaire : Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo

Aujourd'hui, le 4 novembre 2014, la Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) a programmé les déclarations orales en clôture du procès dans l'affaireLe Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo les mercredi 12 et jeudi 13 novembre 2014 de 09h30 à 16h00 (heure locale de La Haye).

L'Accusation et la Défense auront environ trois heures chacune et le Représentant légal des victimes une heure et demie pour présenter leurs conclusions finales. Les déclarations en clôture devront se limiter aux questions soulevées par les preuves admises dans l'affaire Bemba et les déclarations en clôture écrites.

Suite à ces déclarations en clôture, les juges commenceront leurs délibérations et le jugement sera prononcé en temps voulu.

Contexte : Le procès dans l'affaire Bemba s'est ouvert le 22 novembre 2010. M. Bemba serait pénalement responsable, en qualité de chef militaire, de deux chefs de crimes contre l'humanité (viol et meurtre) et de trois chefs de crimes de guerre (viol, meurtre, et pillage). M. Bemba est détenu par la CPI

BURKINA / FRANCE : passé / présent / futur ?


: le rôle de la en débat - point de vue de et du chercheur de l'IRIS Philippe Hugon - mes entretiens d'hier pour  :


BURKINA FASO FRANCE BLAISE COMPAORÉ FRANÇOIS HOLLANDE

Burkina Faso: le rôle de la France en débat


mediaFrançois Hollande a reconnu l'implication de la France dans l'évacuation de Blaise Compaoré alors qu'il était en visite au Canada.REUTERS/Mathieu Belanger
Alors que le président français François Hollande a reconnu le rôle de la France dans la médiation entre Blaise Compaoré et l'armée, ainsi que dans l'exfiltration de l'ancien président, les interprétations se multiplient sur le choix de cette implication.






Le rôle de la France dans la crise burkinabè est en partie critiquable ou dénonçable, estime Mathieu Lopes, vice-président de l’ONG Survie, une association qui lutte contre la Françafrique. Il pointe notamment l’intervention de l’ambassadeur de France au Burkina Faso alors que les manifestants réclamaient le départ de Blaise Compaoré. « Alors que Compaoré n’était pas encore parti, l’ambassadeur de France a rencontré les membres de l’opposition et les militaires pour leur proposer d’accepter le plan de transition que Blaise Comparé voulait, c’est-à-dire se maintenir au pouvoir le temps d’organiser une transition, alors que la volonté populaire était réellement le départ pur et simple du dictateur », rapporte le vice-président de Survie.
Plus grave, selon Mathieu Lopes, l’implication de la France dans la fuite de l’ex-président. D’après lui, cette intervention a notamment des répercussions directes en matière judiciaire, car c’est au peuple burkinabè qu’il revenait de décider s’il souhaitait emprisonner ou juger Blaise Compaoré. « Ce n’est pas à la France, puissance étrangère et ancienne puissance coloniale, de s’immiscer dans le jeu politique du Burkina Faso, assène ainsi Mathieu Lopes. Et surtout, c’est au peuple burkinabè de décider ce qu’il adviendra du dictateur qu’il vient de renverser ».
Pour le vice-président de Survie, en intervenant, la France a permis à Blaise Compaoré de se mettre à l’abri d’éventuelles poursuite dans son pays. Des poursuites pour son implication dans l’assassinat de Thomas Sankara ou dans la mort d’une trentaine de personnes lors des manifestations qui ont conduit à sa chute. « Je pense qu’il est normal que les Burkinabè aient envie d’envisager de le juger », considère Mathieu Lopes.
« La France ne voulait pas être responsable de cette exfiltration »
Mais d’après Philippe Hugon, directeur de recherche à l’IRIS et professeur à l’université de Nanterre-Paris, il est possible que la France n’ait pas eu d’autre choix que de procéder à cette exfiltration. « Il est possible qu’il y ait eu un départ de Compaoré en voiture, qu’il y ait eu à ce moment-là des difficultés et des risques de confrontation, que les forces spéciales françaises soient alors intervenues par un hélicoptère, avance le chercheur. Il faut savoir que la seule logistique disponible en terme d’exfiltration était la logistique française, puisque les forces spéciales sont présentes actuellement à Ouagadougou. Et donc, soit c’était les Américains, soit c’était les Français. »
D’après Philippe Hugon, la France ne voulait pas être responsable de cette exfiltration et que ce sont les difficultés du transport terrestre qui l’ont forcée à procéder à une évacuation aérienne. « Il y a sûrement eu également intervention d’un certain nombre de chefs d’État africains et donc, la France a accepté de participer à cette exfiltration », hasarde le chercheur. Une intervention qui, selon Philippe Hugon, ne contribue pas à donner aux jeunes de la place de la Révolution une image positive de la France.

Burkina Faso : effet d'entrainement pour l'opposition à Brazzaville


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Congo: inquiétude de l’opposition après l’interdiction d’une réunion

mediaCentre-ville de Brazzaville.Wikimedia
En République du Congo, au lendemain de l'interdiction d'une réunion du Mouvement citoyen pour le respect de l'ordre constitutionnel, à Brazzaville, l'opposition et la société civile se disent inquiètes.



 La réunion avait commencé mardi 4 novembre au matin au siège du Parti social démocrate congolais (PSDC), c'est-à-dire au domicile de son président Clément Mierassa, lorsque des inconnus et des policiers ont pénétré chez lui, chassant les participants, pillant certains bien et arrêtant certains participants, selon les leaders du parti. L'incident a non seulement mis en émoi les partis d'opposition, à Brazzaville, mais aussi la société civile et de nombreuses associations.
Pour Maître Maurice Massengo-Tiassé, vice-président de la Commission des droits de l'homme au Congo, les arguments de la police sont une « aberration ». Celle-ci avait justifié les arrestations au domicile de Clément Mierassa par l'absence d'autorisation de rassemblement public. Or, pour Maître Massengo-Tiassé, ce genre de réunion est d'ordre privé et elle tient de la liberté d'association.
Les militants arrêtés mardi n'ont par ailleurs toujours pas été libérés. « Nous ne savons même pas où ils sont », rapporte Maître Massengo-Tiassé. Les fondateurs de la radio Forum font également part de leurs inquiétudes. L'abbé Yanguissa, qui y participait au sein du parti La Devise, veut lancer un cri de détresse et de révolte. Selon lui, les citoyens « étouffent » au Congo où la liberté de réunion et d'expression sont bafouées. Ils craignent tous un durcissement injustifié des autorités après la révolte au Burkina Faso. Pourtant, il est clair que « 90 % des Congolais refusent tout changement de la Constitution », selon eux.
De son côté, Clément Mierassa  affirme que son parti, le PSDC, va se réunir comme prévu ce jeudi 6 novembre. D'autres partis et associations ont confirmé leur intention de faire de même.