14/11/2014

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika serait hospitalisé à Grenoble en France (rfi)


RFI confirme.

Les détails de l'agence Reuters :

14 novembre (Reuters) - Le président algérien
 Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, a été admis jeudi dans une
 clinique de Grenoble, a-t-on confirmé vendredi de source
policière.
   "Il a été pris en charge hier à la clinique mutualiste de
Grenoble", a-t-on dit à Reuters.
   Le Groupe hospitalier mutualiste de Grenoble (GHM) est un
établissement privé.
   L'hospitalisation du dirigeant algérien, dont l'état de
santé précaire suscite les spéculations depuis 2005, a été
révélée par Le Dauphiné.
   Abdelaziz Bouteflika, qui détient le record de longévité à
la tête de la République algérienne, est en fonction depuis le
27 avril 1999. Il a été réélu le 17 avril dernier avec plus de
81% des suffrages.
   Le président avait été opéré en novembre 2005 au
Val-de-Grâce, à Paris, pour un ulcère à l'estomac selon un
bulletin de santé officiel. De nouvelles hospitalisations, à
Paris, avaient suivi en 2006, 2011 et 2013, année où il a été
victime d'"une petite attaque cérébrale".
   Les autorités algériennes n'étaient pas joignables dans
l'immédiat.

PROCES BEMBA : RETOUR SUR LES DERNIERS JOURS


Fin des déclarations finales dans le procès Jean-Pierre Bemba à La Haye devant la CPI. La journée de mercredi a été marquée par les réquisitoires de l’accusation et des représentants des victimes, celle d’hier par les exposés de la Défense qui nie la responsabilité du dirigeant du MLC dans les crimes à sa charge. Les juges vont maintenant délibérer, il faudra sûrement attendre au moins six mois pour connaître le verdict, puis les deux parties auront possibilité d’interjeter appel. 

Retour sur cette dernière étape d’un procès fleuve : Mélissa Chemam.

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« Ce que les Centrafricains ont vécu ne devrait plus se reproduire ; la condamnation de Jean-Pierre Bemba est la seule réponse »…

C’est par ces mots que le substitut du Procureur, Jean-Jacques Badibanga, a conclu ses réquisitoires. Il a demandé la condamnation du chef du MLC en tant que supérieur hiérarchique des miliciens congolais qui ont agi en Centrafrique en 2002 et 2003, à l’appel du président Patassé.
 
L’accusation a rappelé des extraits poignants des témoignages des victimes appelées à La Haye pendant les quatre ans de procès pour évoquer les crimes de viols, meurtres, et pillages imputés à ces troupes.

Mais pour la Défense, la preuve de la responsabilité même de Jean-Pierre Bemba, en tant que chef militaire des quelque 1500 soldats dits « banyamulengués » n’a pas été faite, ainsi que l’a souligné l’une des avocates de la Défense, Maître Taylor : 

« L’accusation doit prouver que M. Bemba savait que le MLC avait mis en place une politique pour tuer et violer des civils en RCA. Et c’est bien là que le travail du Procureur échoue complètement. L’accusation n’arrive pas à le prouver ; elle n’a pas de preuve que M. Bemba était au courant ».

Les juges pourraient rendre leur verdict d’ici trois à six mois, peut-être plus. 


Melissa Chemam, La Haye, Rfi.

Fin de journée et des déclaration finales dans la procès Jean-Pierre Bemba


RDCJustice internationale

CPI: la défense nie toute responsabilité de Jean-Pierre Bemba

mediaJean-Pierre Bemba devant la CPI le 27 novembre 2013. REUTERS/Peter Dejong
Deuxième et dernière journée, ce jeudi 13 novembre, des déclarations finales dans le procès Jean-Pierre Bemba à La Haye devant la Cour pénale internationale (CPI). Hier, l’accusation avait joué son va-tout pour peser de tout son poids sur la décision des juges, dans la dernière ligne droite d’un des plus longs procès de la CPI. Ce jeudi, c'était au tour de la défense de plaider.
Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Mélissa Chemam

La défense a eu la parole pendant plus de trois heures, puis la juge a clôturé le procès. La Chambre III s’est désormais retirée pour rendre son verdict qui n’est pas attendu avant des mois.

La défense plaide, depuis 2012, que Jean-Pierre Bemba ne pouvait pas être aux commandes de ses soldats sur place, en Centrafrique, depuis la RDC où il est resté basé. C’est le Britannique Peter Haynes qui est désormais son défenseur principal depuis qu’Aimé Kilolo a été arrêté pour tentatives de subornation de témoins et de falsification de preuves.

Visiblement très à l’aise, Peter Haynes a d’abord souligné que la décision de la Cour devra faire jurisprudence en ce qui concerne les interventions d’une armée dans un autre pays en conflit. Maître Haynes a également jugé que l’accusation avait manipulé les arguments des témoins, dénonçant l’absence de plainte, les premiers mois après les faits. Selon lui, l’accusation a d’ailleurs changé d’argumentations, accusant au départ Ange-Félix Patassé d’être co-auteur des crimes, puis renonçant à cet argument.

Deux autres avocates ont plaidé brillamment, affaiblissant les éléments de preuves résumés hier par l’accusation.

La défense a, de plus, souligné que le procureur refuse tout simplement de reconnaître les crimes commis par les troupes rebelles de Bozizé et les forces armées centrafricaines (FACA) alliées aux troupes du Mouvement de libération du Congo (MLC), voulant tout imputer aux miliciens de Bemba.

Pendant cette deuxième journée, Jean-Pierre Bemba s’est montré calme, fixant ses avocats ou l’écran d’ordinateur face à lui et n’hésitant pas à lancer un regard au public parmi lequel se trouvent nombre de ses partisans. Il a même, à plusieurs reprises, esquissé de petits sourires. Comme prévu, il ne s’est pas exprimé. Après le rendu du jugement, les deux parties auront encore possibilité de faire appel.


13/11/2014

CPI: le dernier mot pour la défense de Jean-Pierre Bemba


RDC

Procès Bemba devant la CPI: le dernier mot pour la défense

media Jean-Pierre Bemba devant la CPI, le 27 novembre 2013. REUTERS/Peter Dejong
Deuxième et dernière journée des déclarations finales dans le procès Jean-Pierre Bemba à La Haye devant la Cour pénale internationale (CPI). La journée d’hier a été marquée par un long résumé des témoignages étayant les cinq chefs d’accusation qui pèsent contre lui dont « viols », « meurtres » et « pillages ». L’accusation a joué son va-tout pour peser de tout son poids sur la décision des juges, dans la dernière ligne droite de l’un des plus longs procès de la CPI. Ce jeudi 13 novembre, c’est au tour de la défense de plaider.

Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Mélissa Chemam. 

La défense a assuré depuis 2012 que l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba ne pouvait pas être au courant, depuis la République démocratique du Congo (RDC) où il est resté basé, de tous les mouvements de ses soldats sur place en Centrafrique, et pouvait encore moins les commander.

Le Britannique Peter Haynes est désormais son défenseur principal depuis qu’Aimé Kilolo est accusé de subornation de témoins et de falsification de preuves. Il a nié que les soldats du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba aient commis des actes de violence en République centrafricaine en 2002 et 2003. 

Les troupes congolaises s’étaient rendues en Centrafrique pour aider le président de l’époque, Ange-Félix Patassé, à combattre un soulèvement rebelle. Les témoins de la défense ont affirmé que ces troupes étaient alors passées sous le commandement des autorités centrafricaines.

L’accusation évoque des atrocités

L’accusation a eu la parole mercredi 12 novembre pendant plus de trois heures, et a rappelé en détails les atrocités décrites par les victimes centrafricaines durant le procès : viols notamment sur mineurs, meurtres, pillages systématiques, humiliation des civils.

Point crucial de sa démonstration : prouver que c’est bien Jean-Pierre Bemba qui tenait le commandement des troupes congolaises sur le sol centrafricain.

La journée d’hier s’est achevée sur la prise de parole des représentants légaux des victimes. Ces derniers ont mis l’accent sur les conséquences toujours actuelles de ces violences, et leur besoin de justice.

Pendant les réquisitoires de l’accusation, Jean-Pierre Bemba s’est montré stoïque. D’après ses avocats, il ne devrait pas s’exprimer ce jeudi.

La Haye, deuxième jour, le point à midi


La Haye, jeudi 13 novembre 2014, 12h



 Deuxième et dernière journée des déclarations finales dans le procès Jean-Pierre Bemba à La Haye devant la CPI. La journée d’hier a été marquée par un long résumé des témoignages étayant les cinq chefs d’accusation qui pèsent contre lui dont viols, meurtres et pillages. L’accusation a joué son va-tout pour peser de tout son poids sur la décision des juges, dans la dernière ligne droite d’un des plus longs procès de la CPI. C’est depuis ce matin au tour de la Défense de plaider. 

Mélissa Chemam.


La journée a démarré par la dernière partie des déclarations de la représentation des victimes.
L’avocate centrafricaine Marie Douzima-Lawson a rappelé que leurs témoignages montrent le règne de la terreur exercé par les soldats congolais du MLC sur les civils. Elle a insisté également pour rappeler que ces combattants ne pouvaient être confondus avec des soldats centrafricains : les Congolais parlaient lingala, ont rapporté les victimes, ils portaient des habits et uniformes disparates, etc.

La Défense a ensuite pris la parole.
Elle plaide depuis 2012 que Jean-Pierre Bemba ne pouvait pas être aux commandes des mouvements de ses soldats sur place en Centrafrique, depuis la RDC où il est resté basé.

Le britannique Peter Haynes est désormais son défenseur principal depuis qu’Aimé Kilolo a été arrêté pour tentatives de subornation de témoins et de falsification de preuves...
Visiblement très à l’aise, il a souligné d’abord que la décision de la Cour devra faire jurisprudence en ce qui concerne les interventions d’une armée dans un autre pays en conflit.
Il a surtout accusé l’accusation de manipuler les arguments de témoins, dénonçant l’absence de plainte des mois après les faits. Selon lui, l’accusation a d’ailleurs changé d’argumentations, accusant au départ Ange Félix Patassé d’être co-cauteur des crimes, puis renonçant à cet argument.
Selon lui enfin, il n’est pas possible de diriger des soldats dans un pays étrangers, à des milliers de km avec un simple téléphone satellitaire.

Les troupes congolaises s’étaient rendues en Centrafrique pour aider le président de l’époque, Ange-Félix Patassé, à combattre un soulèvement rebelle. Les témoins de la défense ont affirmé que ces troupes étaient alors passées sous le commandement des autorités centrafricaines.

L’accusation a eu la parole hier pendant plus de 3h, et a rappelé en détails les atrocités décrites par les victimes centrafricaines durant le procès : viols notamment sur mineurs, meurtres, pillages systématiques, humiliation des civils.

Pour la Défense, la supériorité des troupes centrafricaines, les FACA fidèles à Patassé et les rebelles de Bozizé ont été largement actives dans les crimes commis sur les civils, et ont été de toute évidence nettement supérieur.

Les juges, à la fin de cette journée, vont se retirer pour rendre leur verdict.
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Deuxième jour des conclusions du procès Bemba à la CPI: la parole à la Défense


CPI: la parole à la Défense ce jeudi

mediaReprésentants du bureau du procureur lors du procès de Jean-Pierre Bemba, à La Haye, ce mercredi 12 novembre 2014.Crédit BART MAAT / POOL / AFP


: Deuxième et dernière journée des déclarations finales dans le procès Jean-Pierre Bemba à La Haye devant la CPI. La journée d’hier a été marquée par un long résumé des témoignages étayant les cinq chefs d’accusation qui pèsent contre lui dont viols, meurtres et pillages. L’accusation a joué son va-tout pour peser de tout son poids sur la décision des juges, dans la dernière ligne droite d’un des plus longs procès de la CPI. C’est aujourd’hui au tour de la Défense de plaider. Mélissa Chemam.


La Défense doit maintenant contre-attaquer.

Elle a toujours plaidé que Jean-Pierre Bemba ne pouvait pas, depuis la RDC, être au courant de tous les mouvements de ses soldats sur place en RCA, encore moins les commander.

Le britannique Peter Haynes est devenu son défenseur principal depuis qu’Aimé Kilolo est accusé de charges de subornation de témoins et de falsification de preuves...

La plaidoirie de sa défense a débuté en août 2012. A l’origine, elle avait l’intention d’appeler à comparaître 63 nouveaux témoins mais en raison de difficultés techniques, elle a réduit sa liste à 33 personnes.

M. Bemba a nié que ses soldats du Mouvement pour la libération du Congo aient commis des actes de violence en République centrafricaine en 2002 et 2003.

Les troupes congolaises s’étaient rendues en Centrafrique pour aider le président de l’époque, Ange-Félix Patassé, à combattre un soulèvement rebelle. Les témoins de la défense ont affirmé que ces troupes étaient alors passées sous le commandement des autorités centrafricaines.

L’accusation semble avoir rendu la tâche difficile…

L’accusation a eu la parole pendant plus de 3 heures, et a rappelé en détails les atrocités décrites par les victimes centrafricaines durant le procès : viols notamment sur mineurs, meurtres, pillages systématiques, humiliation des civils, notamment dans les régions soutenant le rebelle François Bozizé.

Les avocats de l’accusation ont insisté notamment sur le recours aux crimes sexuels comme armes de guerre par les soldats congolais du MLC.

Autre point crucial de cette démonstration, prouver que Jean-Pierre Bemba et non de Ange Félix Patassé tenait le commandement des troupes Congolaise sur le sol centrafricain en cette période de guerre.

La journée d’hier s’est de plus achevée sur la prise de parole des représentants légaux des victimes, ils ont mis l’accent sur leur détresse, sur les conséquences de ces violences, le nouveau conflit en Centrafrique et leur besoin de justice.

Pendant les réquisitoires de l’accusation, Jean-Pierre Bemba s’est montré calme voire stoïque. D’après ses avocats, il ne devrait pas s’exprimer ce jeudi.

La Défense va devoir se montrer convaincante durant ses trois heures de plaidoyer. 


Mélissa Chemam, La Haye, Rfi



ICC: Bemba's trial nears its end


At the International Criminal Court, in The Hague, the prosecution in Jean-Pierre Bemba’s case tried Wedndesday to convince judges they should convict the former warlord for his troops' "barbarity" in the Central African Republic .
The former Congolese vice president's is accused of war crimes and crimes against humanity committed by his soldiers in the C-A-R.
The trial now nears its end this Thursday.

RFI's Melissa Chemam reports from The Hague.

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Prosecution lawyers in the Bemba case had three hours to present their conclusions on Wednesday, however, they needed an extra half hour to wrap up their statements.
Four of them made the voices of the victims heard again, as they recalled all the atrocities the people of the Central African Republic went through during the 2002-2003 fighting.
The prosecutors asked the judges to recognise Jean-Pierre Bemba’s crimes as the commander of rebel forces acting in a neighbouring country.
He was at the time a rebel leader and commander of the Movement for the Liberation of Congo (or MLC) and sent his troops to support the C-A-R president Ange Felix Patassé against rebel soldiers loyal to Francois Bozize. 
Behind the courtroom window, Jean-Pierre Bemba kept his glasses on while listening to the accusations and remained stoical throughout.
However, his party members present in the public gallery of the court, did not hesitate to scream “liar” at the prosecutors or to laugh at arguments when they disagreed.
On Tuesday, the ICC also announced that Bemba and his defence team would face a new trial for attempting to bribe and threaten some of the witnesses.
This Thursday, last day of these closing statements, will see the Defence state their case. Bemba himself should remain silent. The verdict should not be announced before 2015.
Melissa Chemam, RFI, The Hague.

12/11/2014

CPI : Procès Bemba, fin de la première journée

Pour RFI :


RDC Justice internationale

Procès Bemba: l'accusation charge l'ancien vice-président congolais


mediaMercredi 12 novembre, les juges de la CPI ont entendu l’accusation sur les crimes attribués aux hommes armés du Mouvement de libération du Congo contre des civils centrafricains au début des années 2000.AFP PHOTO / POOL / BART MAAT
Le procès de l’ancien vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, devant la Cour pénale internationale touche à sa fin. Accusé de « crimes contre l’humanité » et de « crimes de guerre », il est jugé depuis quatre ans maintenant. Mercredi 12 novembre au matin, la parole était à l’accusation.
Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Mélissa Chemam

Les réquisitoires ont commencé vers 10 heures, après une introduction des juges qui ont annoncé le programme de ces deux jours de conclusion du procès, en présence de l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba.

L'accusation a donc pris la parole en premier ce matin. Pendant une heure et demie, l’équipe de l’accusation est revenue sur les crimes attribués aux hommes armés du Mouvement de libération du Congo (MLC) contre des civils centrafricains. « Nous venons devant vous aujourd'hui pour demander que l'accusé soit reconnu responsable et coupable des souffrances des victimes », a déclaré le représentant du bureau du procureur, Jean-Jacques Badibanga. Il a appelé les juges à faire jurisprudence.

Deux des membres de l’accusation ont exposé les moments forts des témoignages des victimes entendues lors des audiences, rappelant par exemple des témoignages de femmes, d’hommes et des récits d’enfants violés et violentés par ceux qu’ils ont identifiés comme les miliciens de Jean-Pierre Bemba. Ils ont pu les identifier à la fois par leur langue, le lingala, et leurs uniformes. Les scènes se sont passées fin 2002 à la fois à Bangui, la capitale centrafricaine, et dans des villes du nord du pays comme Bossangoa et Bozum.

Jean-Pierre Bemba stoïque

L’accumulation de ces témoignages détaillés montre selon l’accusation que la preuve des faits ne peut plus être mise en doute, mettant l’accent sur le caractère extrême du recours aux crimes sexuels par les troupes du MLC. Le but de l’accusation est de prouver le recours systématique à la violence contre les civils et au viol comme arme de guerre et d’intimidation. Des faits que Bemba connaissait selon elle et n’a pas empêchés.

Après la pause, l’avocat de l’accusation Thomas Bifwoli a présenté les arguments de preuves concernant les pillages menés par les troupes de Jean-Pierre Bemba sur les civils centrafricains. Il a voulu montré que non seulement les soldats du MLC auraient pillé largement plus que les rebelles centrafricains de Bozizé mais qu’en plus, ils ont rapporté leurs butins en RDC.

L’accusation a ensuite présenté les preuves de meurtres de civils centrafricains et du contrôle de Jean-Pierre Bemba lui-même sur ses troupes. En tout, l’accusation a eu environ trois heures pour faire entendre ses arguments et présenter ses conclusions finales.

Pendant toute cette partie du réquisitoire, Jean-Pierre Bemba est resté stoïque, au fond de la salle, à droite des juges, et derrière ses avocats. Vêtu d’un costume bleu marine et d’une cravate bleu vif et jaune rappelant les couleurs de son parti, il fixe une feuille ou l’écran de l’ordinateur devant lui, bâillant de temps en temps ou montrant quelques légers signes d’impatience dans ses balancements.

Les troupes d'Ange-Félix Patassé responsables ?

Dans la salle d’audience, parmi les membres du public, des membres du MLC, le parti de Jean-Pierre Bemba, étaient également présents et ont régulièrement accusé à voix haute l’équipe du procureur de mentir. Selon eux, il ne pouvait pas être au courant de tous les mouvements des rebelles sur place en RCA, depuis la RDC. La défense soutient la thèse qu’une grande partie de ces crimes sont du fait des troupes du président Patassé.

La parole cet après-midi est à la représentante légale des victimes, elle aura la parole pour une heure et demie. En tout, l’accusation aura trois heures pour faire entendre ses arguments et présenter ses conclusions finales. Ensuite, le représentant légal des victimes aura une heure et demie. La parole passera enfin aux avocats de la défense, ce qui n’interviendra sûrement pas avant jeudi 13 novembre dans la matinée.

Procès Bemba : arguments de l'accusation

12 nov. 2014, 14h


Ce mercredi (12 nov.) ont débutent à La Haye les réquisitoires finaux dans le procès de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre devant la Cour pénale internationale. Les déclarations finales de l'Accusation et de la Défense dureront jusqu'à demain (jeudi 13 novembre). Les crimes jugés auraient été commis en Centrafrique en 2002/03 et l'accusé a été arrêté en 2008, ce qui fait de ce procès l'un des premiers de la CPI (le 3e exactement) et l'un des plus longs... souvent critiqué. 

Sur place à La Haye, Mélissa Chemam.

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Les réquisitoires ont commencé vers 10h après une introduction des juges qui ont annoncé le programme de ces deux jours de conclusions du procès, en présence de Jean-Pierre Bemba.

L’accusation a donc pris la parole en premier ce matin.
Pendant une heure et demie, ce matin, l’équipe de l’accusation est revenue sur les crimes attribués aux hommes armés du MLC contre des civils centrafricains.

"Nous venons devant vous aujourd'hui pour demander que l'accusé soit reconnu responsable et coupable des souffrances des victimes", a déclaré le représentant du bureau du procureur, Jean-Jacques Badibanga. Il a appelé les juges à faire jurisprudence.

Deux des membres de l’équipe d’accusation ont exposé les moments forts des témoignages des victimes entendues lors des audiences, rappelant des témoignages de femmes, d’hommes et les récits d’enfants violés et violentés par ceux qu’ils ont identifiés comme des miliciens de Jean-Pierre Bemba. Ils ont pu les identifier à la fois par leur langue, le lingala, leur accent en français et leurs uniformes. Les scènes se sont passées fin 2002 à la fois à Bangui, la capitale centrafricaine, et dans des villes du nord du pays comme Bossangoa et Bozum.

L’accumulation des témoignages détaillés montrent selon l’accusation que la preuve des faits ne peut plus être mise en doute… mettant l’accent sur le caractère extrême du recours aux crimes sexuels par les troupes du MLC.
Le but de l’accusation est de prouver le recours systématique à la violence contre les civils et au viol comme arme de guerre et d’intimidation, des faits que Bemba connaissait selon elle et n’a pas empêchés.

Après la pause, l’avocat de l’accusation Thomas BIFWOLI a présenté les arguments de preuves concernant les pillages menés par les troupes de J-P Bemba sur les civils centrafricains.

Il a voulu montré que non seulement les soldats du MLC auraient pillé largement plus que les rebelles centrafricains de Bozizé mais qu’en plus ils ont rapporté leurs butins en RDC.
L’accusation a ensuite présenté les preuves de meurtres de civils centrafricains, et du contrôle de J-P Bemba lui-même sur ces troupes.

En tout, l’accusation a eu environ trois heures pour faire entendre ses arguments et présenter ses conclusions finales.


STOIQUE

Pendant toute cette partie du réquisitoire, Jean-Pierre Bemba était présent, assis au fond de la salle à droite des trois juges, derrière ses avocats.

Vêtu d’un costume bleu marine et d’une cravate bleu vif et jaune rappelant les couleurs de son parti, il est resté stoïque, fixant une feuille devant lui, ou l’écran de l’ordinateur devant lui, baillant de temps en temps ou montrant quelques légers signes d’impatience dans ses balancements.

Dans la salle d’audience, parmi les membres du public, des membres du MLC, le parti de J-P Bemba, étaient également présents et ont régulièrement accusé à voix haute l’équipe du procureur de mentir… Selon eux, J-P Bemba ne pouvait pas être au courant de tous les mouvements des rebelles sur place en RCA depuis la RDC.

La Défense soutient la thèse qu’une grande partie de ces crimes sont du fait des troupes d'Ange-Félix Patassé.

La parole passera cet après-midi à la représentante légale des victimes, elle aura la parole pour une heure et demie.

Puis seront enfin entendus les avocats de la Défense de Jean-Pierre Bemba après ces réquisitoires, ce qui interviendra sûrement demain. Ils auront à leur tour la parole pendant trois heures.




Procès Bemba à la CPI : résumé quelques heures avant l'ouverture des déclarations de clôture



 Mercredi 12 novembre, 6h30, La Haye

Ce mercredi (12 nov.) débutent à La Haye les plaidoiries et réquisitoires finaux dans le procès de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre devant la Cour pénale internationale. Ils dureront jusqu'à demain (jeudi 13 novembre). Les crimes jugés auraient été commis en Centrafrique en 2002/03 et l'accusé a été arrêté en 2008, ce qui fait de ce procès l'un des premiers de la CPI (le 3e exactement) et l'un des plus longs... souvent critiqué. 

Sur place à La Haye, Mélissa Chemam.

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Les plaidoiries doivent commencer à 9h30 ce matin, heure de La Haye ; en présence de Jean-Pierre Bemba.
L’accusation et la Défense auront environ trois heures chacune pour faire entendre leurs arguments et présenter leurs conclusions finales ;
Le représentant légal des victimes aura, lui, une heure et demi.

Pour les victimes, cette dernière étape, douze ans après les faits, porte plus que jamais un espoir de justice ; c’est aussi la fin d’un long procès, à rebondissements :
Les faits remontent à 2002/03,
Le gouvernement centrafricain a porté plainte contre le chef du MLC, fin 2004,
L’arrestation de J-P Bemba à Bruxelles date elle de mai 2008 et l’audience de confirmation des charges remonte à juin 2009 ;
Le procès lui-même ayant démarré en novembre 2010 seulement… il y a maintenant 4 ans.

Cinq charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité sont retenues contre J-P Bemba en qualité de chef militaire du Mouvement pour la Libération du Congo,
dont meurtres, viols et pillages, des crimes commis par ses troupes - plus de 1500 hommes - venues de RDC soutenir en Centrafrique voisine le président, Ange-Félix Patassé, contre la rébellion de François Bozizé.

Les audiences ont permis d’entendre 40 témoignages de victimes, et ce procès a valeur d’exemple à plusieurs niveaux : d’abord pour la reconnaissance du viol comme crime de guerre, puis parce qu’il s’agit une figure politique majeure jugée directement à La Haye, ensuite par le très grand nombre de demandes de participation parmi les quelque 5000 victimes, enfin parce qu’il s’agit du premier procès de la CPI jugeant des crimes commis par des miliciens dans un pays voisin.

Le jugement sera prononcé « en temps voulu », selon la CPI, de toute évidence pas avant 2015.



 Quelques heures seulement avant l’ouverture de ces déclarations finales, la Cour Pénale Internationale a annoncé hier en fin de journée la confirmation des charges dans la « deuxième » affaire, accusant Jean-Pierre Bemba et quatre co-accusés de tentative de subornation de témoins….

Il s’agit du « 2ème procès Bemba », qui a largement terni l’affaire avec l’arrestation d’un de ses avocats et de trois autres co-accusés fin 2013 pour tentative de subornation de témoins.

La Chambre préliminaire II de la CPI a confirmé hier ces charges d’atteintes à l’administration de la justice à l’encontre de Jean-Pierre Bemba lui-même, de son avocat Aimé Kilolo Musamba, et du député MLC Fidèle Babala, ainsi que des deux autres suspects : Jean-Jacques Mangenda Kabongo et Narcisse Arido.

Fidèle Babala et deux de ses co-accusés venaient d’être libérés de la garde de la Cour pénale internationale, fin octobre, et sont rentrés au Congo.
JP Bemba, lui, est resté à La Haye où il sera présent aujourd’hui et demain pour cette dernière étape de l’un des plus anciens procès de la CPI.