01/12/2014

La Chambre d’appel de la CPI confirme le verdict et la peine rendus à l’encontre de Thomas Lubanga Dyilo


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ICC-CPI-20141201-PR1069

Press Release: 01.12.2014

The ICC Appeals Chamber confirms the verdict and the sentence against Thomas Lubanga Dyilo

option 3

Mr Lubanga in ICC Courtroom I at today’s Appeals judgment in his case © ICC-CPI

Today, 1 December 2014, the Appeals Chamber of the International Criminal Court (ICC) delivered, in open session, its judgments on Mr Lubanga’s appeal against the verdict issued by ICC Trial Chamber I, that Mr Lubanga was guilty of the enlistment, conscription and use in hostilities of children under the age of fifteen. The Appeals Chamber issued simultaneously its judgment on the appeals of the Prosecutor and Mr Lubanga against the sentence imposed by the Trial Chamber. The Appeals Chamber confirmed, by majority, the verdict declaring Mr Lubanga guilty and the decision sentencing him to 14 years of imprisonment.

During today’s open session, Judge Erkki Kourula, Presiding Judge in this appeal, read a summary of the Appeals Chamber judgments.

The Appeals Chamber rejected Mr Lubanga’s allegations that the proceedings were unfair and found that Mr Lubanga did not substantiate several grounds of appeal he raised. The Appeals Chamber established, with respect to factual errors, that it would not assess the evidence anew, but would intervene only if the Trial Chamber’s assessment of fact was found to be unreasonable. In applying this standard, the Appeals Chamber rejected, among others, the alleged errors in the Trial Chamber’s findings relevant to the age of the child soldiers.

With respect to the alleged legal errors regarding Mr Lubanga’s individual criminal responsibility, the Appeals Chamber confirmed the Trial Chamber’s approach that a co-perpetrator must make an essential contribution and does not need to personally and directly commit the crime.

With respect to the Prosecutor’s and Mr Lubanga’s appeals against the Sentencing Decision, the Appeals Chamber held that a Trial Chamber enjoys broad discretion in determining a sentence. The Appeals Chamber rejected all the grounds of appeal raised by the Prosecutor and Mr Lubanga, finding that the sentence was not disproportionate to the gravity of the crimes and reflected Mr Lubanga’s culpability for the crimes for which he was convicted. Accordingly, the Appeals Chamber confirmed the total sentence of 14 years.

Judge Sang-Hyun Song adopted a partly dissenting opinion in relation to the appeals against the verdict and the sentence. While agreeing with the majority’s decisions to reject the appeals, he disagreed with the Trial Chamber’s holding that the “enlistment”, “conscription” and “use to actively participate of in hostilities” of individuals under the age of fifteen are three separate crimes. Regarding sentencing, he found that the Trial Chamber should not have imposed three separate sentences for three crimes, but only one sentence for one crime.

Judge Anita Ušacka adopted a dissenting opinion with regard to Mr Lubanga’s appeal against the verdict. She respectfully disagreed with the decision of the majority of the Appeals Chamber to confirm the Conviction Decision, which she would have reversed on the grounds that (i) the charges of which Mr Lubanga was ultimately convicted were not sufficiently detailed, and (ii) it was not established beyond reasonable doubt that the children conscripted, enlisted or used in hostilities by the UPC/FPLC were under the age of fifteen. Accordingly, she also disagreed with the conclusions of the majority with respect to sentencing.

Both judges read summaries of their opinions during today’s open session.
Appeals Chamber judgments against

Background

On 14 March 2012, the Trial Chamber convicted Mr Lubanga Dyilo of committing, as co-perpetrator, war crimes consisting of the enlisting and conscripting of children under the age of 15 years into theForce patriotique pour la libération du Congo [Patriotic Force for the Liberation of Congo] (FPLC) and using them to participate actively in hostilities in the context of an armed conflict not of an international character from 1 September 2002 to 13 August 2003.

On 10 July 2012, the Trial Chamber sentenced Thomas Lubanga Dyilo to a total period of 14 years of imprisonment. The time he spent in the ICC's custody will be deducted from this total sentence. 

On 7 August 2012, Trial Chamber I of the International Criminal Court (ICC) decided, for the first time in proceedings at the ICC, on the principles that are to be applied to reparations for victims in the context of the case against Thomas Lubanga Dyilo. This decision has been appealed; the Appeals judgment on the principles of reparations is pending and will be issued in due course.


·         Photographs of the hearing

·         Audio-visual materials:

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Further information on this case is available here.



For further information, please contact Fadi El Abdallah, Spokesperson and Head of Public Affairs Unit, International Criminal Court, by telephone at: +31 (0)70 515-9152 or +31 (0)6 46448938 or by e-mail at: fadi.el-abdallah@icc-cpi.int.

You can also follow the Court’s activities on YouTube and Twitter



La Chambre d’appel de la CPI confirme le verdict et la peine rendus à l’encontre de Thomas Lubanga Dyilo

option 3

M. Lubanga dans la salle d’audience I de la CPI lors des jugements de la Chambre d’appel aujourd’hui © ICC-CPI

Aujourd’hui, le 1er décembre 2014, la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) a rendu, en audience publique, son jugement sur l’appel interjeté par Thomas Lubanga Dyilo contre le verdict rendu à son encontre par la Chambre de première instance I et qui l’avait déclaré coupable des crimes de guerre consistant en l'enrôlement et la conscription d'enfants de moins de 15 ans et le fait de les faire participer activement à des hostilités. La Chambre d’appel a simultanément rendu son jugement sur l’appel du Procureur et de la Défense contre la peine prononcée par la Chambre de première instance I. La Chambre d’appel a confirmé, à la majorité des juges qui la composent, la décision déclarant la culpabilité de M. Lubanga ainsi que celle le condamnant à une peine de 14 ans d’emprisonnement.

Au cours de l’audience publique, aujourd’hui, le juge Erkki Kourula, juge président dans cet appel, a lu un résumé des jugements de la Chambre d’appel.

La Chambre d’appel a rejeté les allégations de M. Lubanga prétendant que les procédures n’ont pas été équitables, et a conclu que M. Lubanga n’a pas étayé plusieurs des moyens d’appel qu’il avait soulevés. La Chambre d’appel a établi qu’elle n’évaluera pas à nouveau les éléments de preuve, concernant les erreurs en fait, et qu’elle interviendrait uniquement si l’évaluation des faits par la Chambre de première instance n’avait pas été raisonnable. Par application de ce standard, la Chambre d’appel a rejeté, entre autres, les allégations d’erreurs en fait dans les conclusions de la Chambre de première instance, relatives à l’âge des enfants soldats.

Concernant les allégations d’erreurs en droit relatives à la responsabilité pénale individuelle de M. Lubanga, la Chambre d’appel a confirmé l’approche de la Chambre de première instance considérant qu’un co-auteur devait avoir apporté une contribution essentielle à la commission du crime, et qu’il n’est pas nécessaire qu’il ait commis directement et personnellement le crime.

La Chambre d’appel a considéré, relativement aux appels du Procureur et de la Défense contre la décision établissant la peine, que la Chambre de première instance dispose d’un large pouvoir discrétionnaire pour la détermination de la peine. La Chambre d’appel a rejeté tous les moyens d’appel soulevés par le Procureur et par M. Lubanga, et a conclu que la peine n’a pas été disproportionnée au vu de la gravité des crimes, et qu’elle reflétait la culpabilité de M. Lubanga pour les crimes pour lesquels il a été déclaré coupable. Par conséquent, la Chambre d’appel a confirmé la peine de 14 ans.

Le juge Sang-Hyun Song a adopté des opinions partiellement dissidentes concernant les appels contre le verdict et la peine. Tout en étant d’accord avec les décisions de la majorité de rejeter les appels, il est en désaccord avec la Chambre de première instance qui avait considéré que « l’enrôlement », la «  conscription » des personnes de moins de 15 ans, et le fait de les « faire participer activement à des hostilités » constituaient trois crimes distincts. Concernant la peine, le juge Song considère que la Chambre de première instance n’aurait pas dû imposer trois peines distinctes pour ces trois crimes, mais uniquement une peine pour un crime.

La juge Anita Ušacka a adopté une opinion dissidente à propos de l’appel fait par  M. Lubanga à l’encontre du verdict. Elle est en désaccord avec la décision de la majorité des juges de la Chambre d’appel sur la confirmation du verdict, verdict qu’ elle aurait infirmé sur la base que i) les charges pour lesquelles M. Lubanga a été ultimement condamnées n’ont pas été suffisamment détaillées, et ii) qu’il n’ a pas été démontré au-delà de tout doute raisonnable que les enfants enrôlés, conscrits ou utilisés dans les hostilités par le UPC/FPLC avaient moins de 15 ans. Par conséquent, la juge a également adopté une opinion dissidente vis-à-vis du jugement de la majorité confirmant la peine.

Les deux juges ont lu des résumés de leurs opinions au cours de l’audience publique aujourd’hui.

Appeals Chamber judgments against

Contexte

Le 14 mars 2012, M. Lubanga a été déclaré coupable, en qualité de co-auteur, des crimes de guerre consistant en l'enrôlement et la conscription d'enfants de moins de 15 ans dans la Force patriotique pour la libération du Congo (FPLC), et les faire participer activement à des hostilités, dans le cadre d'un conflit armé ne présentant pas un caractère international du 1er septembre 2002 au 13 août 2003.
Le 10 juillet 2012, Thomas Lubanga Dyilo a été condamné à une peine totale de 14 ans d'emprisonnement de laquelle sera déduit le temps qu'il a passé en détention de la CPI.

Le 7 août 2012, la Chambre de première instance I avait rendu, pour la première fois au cours des procédures devant la CPI, sa décision sur les principes applicables concernant les réparations pour les victimes, dans le contexte de l’affaire à l’encontre de Thomas Lubanga Dyilo. Cette décision étant sous appel, la Chambre d’appel rendra son jugement sur les principes pour les réparations dans un délai raisonnable.


·         Photos de l’audience

'ISLA' de Sonia Pastecchia


Le film 'ISLA' de Sonia Pastecchia sort en DVD ce mois-ci.



Il est en vente 15 euros seul et 30 euros avec photo, à la Libraire le 29, 29 rue des récollets 75010 Paris. Et dans une semaine, il sera également chez Potemkine, et au centre Wallonie Bruxelles,

On peut également passer par la réalisatrice en lui écrivant à : 

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Nous sommes sur une île. Une île qui ne cesse de confronter son regard à l'immensité de la mer qui l'entoure. Nous sommes à la Havane en 1996. Cuba se raconte par la voix du Chinois (81 ans), celle d'Andres (48 ans), de Leslie (30 ans)... Katiouchka (13 ans). Des générations d'émotion se croisent entre mots et photographies. De ces portraits de liberté, de leur vision du bonheur s'élève un questionnement qui traverse l'immensité de la mer et ouvre notre vision du monde.





www.youtube.com
Un film de Sonia Pastecchia, Photos : Michel Beine, Création sonore : Christian Coppin. Durée : 26 mn


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Un film de Sonia Pastecchia, Photos : Michel Beine, Création sonore : Christian Coppin. Durée : 26 mn
Nous sommes sur une île. Une île qui ne cesse de confronter son regard à l'immensité de la mer qui l'entoure. Nous sommes à la Havane en 1996. Cuba se raconte par la voix du Chinois (81 ans), celle d'Andres (48 ans), de Leslie (30 ans)... Katiouchka (13 ans). Des générations d'émotion se croisent entre mots et photographies. De ces portraits de liberté, de leur vision du bonheur s'élève un chant qui traverse l'immensité de la mer et questionne notre vision du monde.

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Un extrait ici : https://www.youtube.com/watch?v=-ilPidpa7PI

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ISLA


«Lorsqu'on vit sur une île, la mer est toujours le symbole fondamental de la liberté.
Elle représente la seule possibilité d'évasion et en même temps les murs d'une prison »  Reinaldo Arenas

Synopsis
Nous sommes à la Havane. Cuba se raconte par la voix d’hommes de génération différentes. De ces portraits de liberté, de leur vision du bonheur s’élève un questionnement qui traverse l’immensité de la mer et ouvre notre vision du monde.

Résumé
Tout ce qui me parvenait de Cuba me semblait figé en un cliché comme les slogans qui ornent encore les murs de ses villes ; une image arrêtée au moment de la Révolution de 1959. Mais qu’en était-il des hommes vivant sur cette île, quel était leur mouvement ? Confrontés à 5 questions de vie dont celle du bonheur et de la liberté 3 hommes et femmes ont retracé la mémoire de leur histoire intime et par cela, celle du pays.

L’île et la photographie
Sur une carte géographique, l’île est un cadre qui se détache du bleu de la mer. Le cadre fixe de la photographie fige les souvenirs à une époque donnée. Cadre pour cadre, nous avons recomposé le mouvement par la chronophotographie et le son.
Les photos de Michel Beine témoignent d’une poésie du quotidien  par leur dimension picturale. Et il s’agissait de faire de la poésie avec des récits prosaïques. L’appareil photo argentique était doté d’un moteur afin de prendre plusieurs clichés à la seconde. Je voulais être au plus proche de la naissance du geste, tout comme par le récit des habitants, je me rapprochais du début de l’Histoire.
À notre retour, nous avions 2.800 photographies et 52 heures de prise de son. C’est d’abord par le montage son que nous avons construit le film. Christian Coppin a tissé la trame d’une dentelle sonore sur laquelle s’est couchée l’image. L'île est devenue un personnage à part entière ; le corps d’une femme qui nous renvoie à notre propre finitude et questionne ce pour quoi nous vivons. Ce pour quoi nous luttons.


Prix
Prix de la Critique Internationale, Leipzig 2001
Sortie salle 2002 avec Porto de mon enfance de Manuel De Oliveira 
Prix ex aequo Bouli Lanners du meilleur rapport Nord –Sud à Montréal 2002
Prix du Public à Festival on Wheels à Ankara 2002
Cinéma du Réel Paris, sélection internationale, Festival international de Jeonju, Corée. 
Festival international de las Palmas – sélection officielle, Festival du cinéma d’Espagne &
d’Amérique latine, Bruxelles. 2001-2002


Réalisation : Sonia Pastecchia
Photographe : Michel Beine
Documentaire _35 mm_Version originale Espagnol- Français_Sous-titres en français, anglais, espagnol
Format : 1.33 – Écran 4/3 - Noir et Blanc- Durée 26 mn Dolby stéréo SRD

Production : Sagafilm- Atelier Graphoui
© Sonia Pastecchia
© Graphoui


Équipe tournage
Sound design et mixage : Christian Coppin
Chef opérateur : Ronnie Ramirez
Montage : Boris Van Der Havoort
Danseuse : Marian Del Valle
Corps : Séverine Danze
Directeur de production : Véronique Duys
Assistantes de production : Delphine Hertogs et Vanessa Vanderkelen


Produit par Sagafilm avec le soutien de la Communauté française de Belgique, des télé- distributeurs wallons.


30/11/2014

Timbuktu d'Abderrahmane Sissako


Mon article pour Toute la culture : http://toutelaculture.com/cinema/a-laffiche/timbuktu-ombres-et-lumieres-au-nord/


TIMBUKTU - ENTRE OMBRES ET LUMIERES AU NORD

Par Mélissa Chemam


Présenté en ouverture du festival Maghreb des Films, lancé à Paris le 24 novembre, ‘Timbuktu’ d’Abderrahmane Sissako, très repéré à Cannes, rend un vibrant hommage à l’esprit des résistances des Maliens du nord du pays, dont le quotidien a basculé avec l’invasion djihadiste en 2012, sans même évoquer la géographie de son film, hymne universaliste à la tolérance muni d’une puissante photographie. L’un des plus attendus du cru Cannes 2014, sur les écrans français le 10 décembre prochain.

Il y a beaucoup d’amour dans le regard de Sissako sur ses personnages et une magnifique lumière. Il y a même quelques touches d’humour, malgré le contexte sévère voire tragique de la rébellion djihadiste qui s’étend dans le nord du Sahel. Il y parvient par quelques choix très simples de réalisateurs : des histoires universelles entre un père, une mère et leur fille, le déroulé paisible des journées au bord du fleuve de cette famille d’éleveurs, les rues d’une ville mythique qui essaie de survivre malgré la catastrophe.
La musique vient ensuite soutenir cette photographie chiadée, celle composée par Amine Bouhafa pour Abderrahmane Sissako. Et puis le film trouve ses points les plus forts dans des moments de poésie pure, qui sortent la situation malienne du temps présent, comme celle de ces jeunes qui jouent, sans balle – le sport étant interdit par les djihadistes, et courent sur ce terrain soulevant poussière et enthousiasme pour braver l’interdit tout en prônant la vie.
Le quotidien bouleversé des habitants de la ville, Tombouctou l’éternelle, prend alors forme dans des tentatives de survie, autour de thèmes profonds, traités avec incarnation : celui de la justice, après que les djihadistes décident de condamner à mort Kidane qui a tué le pêcheur Amadou après une dispute autour de la mort de la génisse de sa fille sous le javelot du pêcheur… Œil pour œil, dent pour dent, voilà la nouvelle justice de ces fous d’extrémisme religieux. Le thème de la faute est également très présent, et les membres de cette police islamiste passe ainsi leur temps à chasser dans la nuit du désert les pourfendeurs de l’interdiction de jouer de la musique, jusqu’aux portes des mosquées, pourtant parmi les plus vieilles et les plus pieuses d’Afrique de l’Ouest… Et puis l’amour et le mariage vont devoir aussi être redéfinis en ces temps obscurs… Les djihadistes, eux, ne manquent pas d’occasion de remise en question non plus, perdus dans leur dessein trop grand pour eux, sans pitié mais trahis par leurs propres faiblesses…
Passant ainsi de moments très doux, presqu’hors du temps, à une irruption de violence ponctuelle, brève mais quasi insoutenable, le film prend le spectateur au cœur et au corps. Le tout forme un plaidoyer fort pour la tolérance.
‘Timbuktu’ est le premier film du Mauritanien Abderrahmane Sissako présent en compétition à Cannes. Il sera également présenté aux Oscars aux Etats-Unis début 2015 en compétition pour la statuette de meilleur film étranger. Saluons particulièrement le travail de son chef opérateur, Sofian El Fani, qui a créé une image intemporelle et sublime ! Un grand moment de cinéma.
Alors que le film sort le 10 décembre, le Festival Maghreb des films se poursuit lui jusqu’au 18, dans plusieurs cinémas parisiens et franciliens, dont bien sûr l’Institut du Monde Arabe et cette année le Louxor, Paris 10ème. Cette édition fait une part de choix au cinéma algérien et à la représentation du quartier de la Goutte d’Or, longtemps passerelle entre le Maghreb et la France… justement face au fameux Louxor.


28/11/2014

Art and mind



Hell yeah...


Here is your Daily Horoscope for Saturday, November 29


"A work of art you hadn't noticed before is shaking up the way you see the world -- which is exactly what it's supposed to do! Let it guide your next few steps and see what you think".

Roma, mi amore


Rome, it will be.

I was looking for a place to spent a few days away from daily life and news.
Rome, it will be.
Rome, that I visited nine times, for holidays, exhibitions, interviews or some reporting, Rome, as Italy, one of my favourite places on Earth.

Here is a little insight into Rome in December 2014:

MACRO

http://www.museomacro.org/

MACRO
indirizzo
via Nizza 138 — 00198 Roma(via Reggio Emilia 54)
come arrivare



Cyril de Commarque. Frontiers



Frontiers è la prima mostra personale in Italia dell’artista francese Cyril de Commarque(Francia 1970), composta da una grande installazione formata da tre opere e ha per soggetto il rapporto tra l’individuo ed il concetto di “confine”, articolato in tutte le sue sfumature semantiche: emotive, culturali e sociali. 
La racine perdue, le père de mon père-Die Verlorene Würzel, die Vater meines Vaters (2007), è una video-installazione sonora che, traendo spunto da un episodio di cronaca familiare, riflette sull’idea di dolore e di memoria. Esodo è un ciclo di lavori su carta avviato nel 2010 incentrato sul dramma dei profughi in viaggio dalle loro terre d’origine. Migrants (2012-13), una scultura in vetro, lattice e metallo, liberamente ispirata a Le radeau de la Méduse di Theodore Gericault, trasmette in forma sonora i messaggi di esuli in fuga, mentre la serieFrontiers (2013) è composta da sagome dei territori di Israele, Russia, Turchia in alluminio placcato in oro ove ciascun strato di metallo corrisponde ad una stagione della storia recente del luogo. 




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MACRO

From Vera to Veruschka



From Vera to Veruschka, nell'ambito della XIII edizione del FOTOGRAFIA Festival Internazionale di Roma, presenta scatti inediti del fotografo di moda Johnny Moncada. In mostra sono 43 ritratti che hanno come protagonista la giovanissima modella tedesca Vera von Lehndorff-Steinort, presto nota come Veruschka, che indossa abiti dell'alta moda italiana.
In mostra anche il video a cura di Giorgio e Chiara Horn per devisualclinic.com realizzato a partire dall'idea che un'immagine possa riportare in vita l'esperienza vissuta tra il fotografo e la modella, il loro viaggio in Italia, la magia della camera oscura. Una dimensione in cui le scansioni fotografiche sono montate e composte tra di loro in un processo poetico-onirico di grande impatto visivo, ricalcando la scelta operata nella pubblicazione.





Sécession et Avant-garde


boccioni-umberto-idolo-moderno-1911Du 31 octobre 2014 au 15 février 2015
L'art en Italie avant la Grande Guerre (1905 - 1915)
GNAM. Galerie Nationale d'Art Moderne


La galerie nationale d'Art Moderne prépare pour l'automne une grande exposition sur la période qui a précédé la Première Guerre mondiale. Une brève période en Italie, idéologiquement marquée par des conflits politiques et sociaux, au cours de laquelle les artistes et les critiques remettent en question les concepts de modernité et d'avant-garde.
Seront exposés environ 150 œuvres de 70 artistes.

Informations

Lieu 
GNAM (Galleria Nazionale d'Arte Moderna)
Viale delle Belle Arti 131
00196 Roma
tel. +39 06 32298221
Horaires et tarifs :
Ouvert de mardi à dimanche de 8h30 à 19h30. Fermé les lundi.
Entrées jusqu'à 45 minutes avant la fermeture.

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Henri Cartier Bresson


henri-cartier-bresson-expo
Du 26 septembre 2014 au 6 janvier 2015
Rétrospective du célèbre photographe à l'Ara Pacis.
La rétrospective Henri Cartier-Bresson est exposée à Rome après Le Centre Pompidou à Paris, au musée de l'Ara Pacis.
Elle se tient dix ans après la mort de l'artiste, proposant une nouvelle lecture de l'immense corpus d'images que Cartier-Bresson nous a laissés, couvrant l'ensemble de la carrière du grand photographe. C'est le résultat d'un long travail de recherche où seront exposées plus de 500 photographies, dessins, peintures, films et documents, dont les images les plus célèbres et d'autres moins connues.

Informations

Lieu Ara Pacis
Lungotevere in Augusta
Horaires :
Du mardi au dimanche de 9h à 19h, entrées jusqu'à 18h
Fermé les lundis, le 25 décembre et le 1er janvier
http://www.arapacis.it/

26/09/2014 - 25/01/2015
Nuovo spazio espositivo Ara Pacis
MOSTRE
Mostra retrospettiva proveniente dal Centre Pompidou di Parigi 


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Villa Medici






Les jeudis à la Villa Médicis

À partir de cette année, l’entrée des expositions temporaires à la Villa Médicis est gratuite tous les jeudis de 17h00 à 19h00. C’est aussi l’occasion de découvrir notre cafeteria après la visite de l’exposition actuellement en cours, Les Bas-fonds du baroque. La Rome du vice et de la misère. Dernière entrée à 18h45.
http://www.villamedici.it/fr/programme-culturel/programme-culturel/


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Old times in Rome in (my) pictures :


Colours of Summer


Old...



... and new



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Spring in the fields

At the centre...




... in the outskirts




Trinità dei Monti!


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See you soon bella.


27/11/2014

Poésie, encore : Apollinaire, au-delà de nous

L'Avenir


Soulevons la paille
Regardons la neige
Écrivons des lettres
Attendons des ordres

Fumons la pipe
En songeant à l’amour
Les gabions sont là
Regardons la rose

La fontaine n’a pas tari
Pas plus que l’or de la paille ne s’est terni
Regardons l’abeille
Et ne songeons pas à l’avenir

Regardons nos mains
Qui sont la neige
La rose et l’abeille
Ainsi que l’avenir

Guillaume Apollinaire, Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)



"L'Avenir"



In Calligrammes


Apollinaire, de Paris au reste de monde




Zone

À la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine

Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers

J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténodactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes

Voilà la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant
Ta mère ne t'habille que de bleu et de blanc
Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
Vous n'aimez rien tant que les pompes de l'Église
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette
Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège
Tandis qu'éternelle et adorable profondeur améthyste
Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ
C'est le beau lys que tous nous cultivons
C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent
C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère
C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières
C'est la double potence de l'honneur et de l'éternité
C'est l'étoile à six branches
C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche
C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs
Il détient le record du monde pour la hauteur

Pupille Christ de l'oeil
Vingtième pupille des siècles il sait y faire
Et changé en oiseau ce siècle comme Jésus monte dans l'air
Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour le regarder
Ils disent qu'il imite Simon Mage en Judée
Ils crient s'il sait voler qu'on l'appelle voleur
Les anges voltigent autour du joli voltigeur
Icare Énoch Élie Apollonius de Thyane
Flottent autour du premier aéroplane
Ils s'écartent parfois pour laisser passer ceux qui portent la Sainte-Eucharistie
Ces prêtres qui montent éternellement en élevant l'hostie
L'avion se pose enfin sans refermer les ailes
Le ciel s'emplit alors de millions d'hirondelles
À tire d'aile viennent les corbeaux les faucons les hiboux
D'Afrique arrivent les ibis les flamands les marabouts
L'oiseau Roc célébré par les conteurs et les poètes
Plane tenant dans les serres le crâne d'Adam la première tête
L'aigle fond de l'horizon en poussant un grand cri
Et d'Amérique vient le petit colibri
De Chine sont venus les pihis longs et souples
Qui n'ont qu'une seule aile et qui volent par couples
Puis voici la colombe esprit immaculé
Qu'escortent l'oiseau-lyre et le paon ocellé
Le phénix ce bûcher qui soi-même s'engendre
Un instant voile tout de son ardente cendre
Les sirènes laissant les périlleux détroits
Arrivent en chantant bellement toutes trois
Et tous aigle phénix et pihis de la Chine
Fraternisent avec la volante machine

Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent
L'angoisse de l'amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastère
Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière
Tu te moques de toi et comme le feu de l'Enfer ton rire pétille
Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie
C'est un tableau pendu dans un sombre musée
Et quelquefois tu vas la regarder de près

Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté

Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m'a regardé à Chartres
Le sang de votre Sacré-Coeur m'a inondé à Montmartre
Je suis malade d'ouïr les paroles bienheureuses
L'amour dont je souffre est une maladie honteuse
Et l'image qui te possède te fait survivre dans l'insomnie et dans l'angoisse
C'est toujours près de toi cette image qui passe

Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année
Avec tes amis tu te promènes en barque
L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques
Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs
Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur

Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague
Tu te sens tout heureux une rose est sur la table
Et tu observes au lieu d'écrire ton conte en prose
La cétoine qui dort dans le coeur de la rose
Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit
Tu étais triste à mourir le jour où tu t'y vis
Tu ressembles au Lazare affolé par le jour
Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours
Et tu recules aussi dans ta vie lentement
En montant au Hradchin et le soir en écoutant
Dans les tavernes chanter des chansons tchèques

Te voici à Marseille au milieu des pastèques

Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant

Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon

Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide
Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde
On y loue des chambres en latin Cubicula locanda
Je me souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda

Tu es à Paris chez le juge d'instruction
Comme un criminel on te met en état d'arrestation

Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages
Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge
Tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans
J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps

Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter
Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté

Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent les enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages
Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur
Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels
Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
Je les ai vu souvent le soir ils prennent l'air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs
Il y a surtout des juifs leurs femmes portent perruque
Elles restent assises exsangues au fond des boutiques

Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux
Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux

Tu es la nuit dans un grand restaurant

Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant
Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant

Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey

Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gercées

J'ai une pitié immense pour les coutures de son ventre

J'humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche

Tu es seul le matin va venir
Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues

La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive
C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive

Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie
Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie

Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied
Dormir parmi tes fétiches d'Océanie et de Guinée
Ils sont des Christ d'une autre forme et d'une autre croyance
Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances

Adieu Adieu

Soleil cou coupé


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