16/12/2014

En lisant, en écrivant...


COM - PASSION

 "Toutes les langues issues du latin forment le mot compassion avec le préfixe "com-" et la racine "passion" qui, originellement, signifie "souffrance". Dans d'autres langues, par exemple en tchèque, en polonais, en allemand, en suédois, ce mot se traduit par un substantif formé avec préfixe équivalent suivi du mot "sentiment" (en tchèque : sou-cit ; en polonais : wspol-czucie ; en allemand : Mit-gefuhl ; en suédois : med-kansla).

 Dans les langues dérivées du latin le mot compassion signifie que l'on ne peut regarder d'un coeur froid la souffrance d'autrui ; autrement dit : on a de la sympathie pour celui qui souffre. Un autre mot, qui a à peu près le même sens, pitié (en anglais pity, en italien pietà, etc.), suggère même une sorte d'indulgence envers l'être souffrant. Avoir de la pitié pour une femme, c'est être mieux loti qu'elle, c'est s'incliner, s'abaisser jusqu'à elle.

 C'est pourquoi le mot inspire généralement la méfiance ; il désigne un sentiment considéré comme de second ordre qui n'a pas grand chose à voir avec l'amour. Aimer quelqu'un par compassion, ce n'est pas l'aimer vraiment.

 Dans les langues qui forment le mot compassion non pas avec la racine "passio - souffrance" mais avec le substantif "sentiment", le mot est employé à peu près dans le même sens, mais on peut difficilement dire qu'il désigne un sentiment mauvais ou médiocre. La force secrète de son étymologie baigne le mot d'une autre lumière et lui donne un sens plus large : avoir de la compassion (co-sentiment), c'est pouvoir vivre avec l'autre son malheur mais aussi n'importe quel sentiment : la joie, l'angoisse, le bonheur, la douleur. Cette compassion (au sens de soucit, wspolczucie, Mitgefuhl, medkansla) désigne donc la plus haute capacité d'imagination affective, l'art de la télépathie des émotions. Dans la hiérarchie des sentiments, c'est le sentiment suprême."


L'Insoutenable Légèreté de l'être, Milan Kundera, chapitre 9


Djibouti - Commémoration des massacres du 18 décembre


Communiqué de l'Association pour la Démocratie et le Développement - A.D.D. -

Commémoration du massacre du 18 décembre 1991


Mercredi 18 décembre 1991, restera à jamais gravé dans la mémoire de la République de Djibouti dont les représentants en uniforme de l’Etat (armée djiboutienne,  F.N.P, Gendarmerie et Marine) ont mené une opération militaire contre les civils du quartier d’Arhiba (habité par des Afars), les exclus du champ de l’Etat, en représailles à une défaite des troupes gouvernementales dans le Nord du pays face au Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (F.R.U.D). Bilan connu : 59 morts, 88 blessés.

Il s’agit d’une décision politique délibérée et assumée par les plus hautes autorités de l’Etat. Depuis 23 ans, non seulement  ce crime d’Etat qui a toutes les caractéristique d’un crime de guerre reste impuni, mais il n’y a  eu même pas un début de reconnaissance.
Cette année encore, cette commémoration se déroule dans un contexte marqué par l’escalade de la répression contre des civils, des démocrates, des jeunes manifestants, des familles des membres du FRUD et des viols des femmes par l’Armée à Obock et à Syaru.

Aussi nous réclamons :

-          L’ouverture d’une enquête internationale sur le massacre d’Arhiba ;
-          Libération des prisonniers politiques, notamment de Mohamed Ahmed dit Jabha ;
-          Reconnaissance officielle de massacre d’Arhiba et de tous les autres crimes commis par l’Etat Djiboutien
Et nous dénonçons :
-          Les violations permanentes des droits humains ;
-          Les viols des femmes par l’armée, les arrestations arbitraires et les tortures systématiques infligées aux personnes arrêtées


L’Association pour la Démocratie et le Développement vous convie :

A la mémoire des victimes du 18 décembre 1991, à participer au rassemblement qui aura lieu  

Jeudi 18 décembre 2014 de 16h30 à 18h30 devant l’Ambassade
De la République de Djibouti en France
26, rue Emile Menier, Métro Porte Dauphine

15/12/2014

Maghreb des Films : soirée de clôture




Leur nuit / Sur la route du paradis

18 décembre 2014 19:00

PH ROUTE PARADIS 2
PH LEUR NUIT 3PH LEUR NUIT 3Le film Leur nuit, est un court-métrage qui a reçu le prix de Fès du court métrage national en 2013. Il raconte l’histoire de Rkia, femme marocaine de quarante ans. Ceux qui la connaissent aiment la surnommer «Kiki». Pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille de quatorze ans, Rkia travaille de nuit en tant que gardienne de parking dans une ruelle de Casablanca : entre six heures du soir et six heures du matin, elle surveille les allées et venues et le parking des voitures. Pendant la nuit, elle rencontre toutes sortes de personnes, fait face aux incidents qui surviennent et parle au téléphone à sa fille laissée seule à la maison. Avec ce film, la réalisatrice Narrimane Yamna Faqir a souhaité parler de femmes de caractère dans la rue.
Le film Sur la route du paradis, a remporté le prix spécial du jury au Festival du court-métrage méditerranéen de Tanger en 2011. Réalisé par Uda Benyamina, ce film retrace le parcours d’une mère et sa fille qui voient les exigences de la vie les séparer. Leila et ses deux enfants, Sarah et Bilal, ont quitté leur terre natale afin de s’installer en France. Sans-papiers, à la recherche de son mari réfugié en Angleterre, Leila souhaite offrir à ses enfants une vie meilleure et tente de survivre en les élevant dans la clandestinité. Lorsqu’elle retrouve enfin la trace de son époux et dispose de l’argent nécessaire pour le rejoindre, l’étau se resserre.
La projection sera suivie d’une rencontre avec les réalisatrices animé(e) par le Maghreb des films.
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LETTRE D'INFORMATION N°115 DU 18 DECEMBRE 2014……………………….……………………….……………………….……………………….……………….…………………………………

Jeudi 18 décembre à 19h00
Institut des Cultures d’Islam, 19 Rue Léon, 75018 Paris Tel : 01 53 09 99 84
LEUR NUITUn film de Narrimane Faqir (Maroc/2013/22’)
« Rkia » est une Marocaine de quarante ans. Ceux qui la connaissent aiment la surnommer « Kiki ». Pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille de quatorze ans, Rikia travaille de nuit en tant que gardienne de parking dans une ruelle de Casablanca : entre six heures du soir et six heures du matin, elle surveille les allées et venues et le parking des voitures.
Pendant la nuit, elle rencontre toutes sortes de personnes, traite les incidents qui surviennent et parle au téléphone à sa fille laissée seule à la maison.

La réalisatrice présentera son film, le débat sera animé par Mouloud Mimoun

« SUR LA ROUTE DU PARADIS un film» de Uda Benyamina (France-Maroc/2011/43’)
Leila et ses deux enfants, Sarah et Bilal, ont quitté leur terre natale afin de s’installer en France.
Sans-papiers, à la recherche de son mari réfugié en Angleterre, Leila souhaite offrir à ses enfants une vie meilleure et tente de survivre en les élevant dans la clandestinité.
Alors qu’elle retrouve enfin la trace de son époux et dispose de l’argent nécessaire pour le rejoindre, l’étau se resserre.


Pour en savoir plus, rendez-vous sur le Journal du Maghreb des Films 2014

11/12/2014

3615. Art and street art.


Recent work, new project by 36.15 

Tempest sonata, mvt 3




Hors-propos asémique




Number 1




Blacks and whites






Let it bee





General impressions

Exhibition on November 20, 2014, @ Atelier de Fond de Cour



Surimpression



In mind




Colours and writing




Signature



"Je jette sur le mur les pages d'un livre que j'écris au fur et à mesure. L'écriture ne véhicule pas de sens, à part celui du mouvement.

Je jette sur ce mur les pages d'un roman dont l'histoire est celle d'une énergie, combinée à une gestuelle, d'une obsession textuelle.

Les personnages sont joués par ces cris muets.
Écrits muets. L'art immédiat.
Dont le medium exprime, par son flux saccadé, les rimes entrelacées des pleins et des déliés.

Ductus dicté d'instinct pour ma main, à dessein".


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More here:

Déchiffrez des lettres

http://geogaz1.wix.com/36-15#!a-propos/c10fk

"Son nom, qu’il signe d’abord timidement à la pointe d’une craie, il le reprend de son fanzine : il écrit d’abord 36.15 FUN, puis se débarrasse des lettres, pour n’être plus qu’un numéro. Les autocollants et affiches peintes sont ses media principaux, mais bien vite il fait la connaissance d’espagnols, le collectif Hartos De Arte à travers internet, qui l’invitent à rejoindre leurs rangs. Avec eux ainsi qu’avec quelques autres collectifs, il partira à la conquête de murs dans les terrains vagues et autres lieux désaffectées… En parallèle de ces activités, il déploiera un style dichotomique, partagés entre un goût prononcé pour la calligraphie et un amour de la dérision. On retrouve toujours dans son discours et ses techniques, un goût immodéré pour les techniques à l’ancienne, du copy-art à la linogravure, en passant par la calligraphie, la sérigraphie et la photographie argentique : de ces media ; il tire une production dont il trouve un charme certain dans les imperfections, les erreurs, le grain, les coulures, les accidents qui selon lui, ont une âme".

http://geogaz1.wix.com/36-15

Rdv à la Maison des Métallos pour la fete d'hiver : LE GRAND SOUK



samedi 13 décembre 
 15h

FÊTE DES MÉTALLOS

LE GRAND SOUK




  • Conviviales et familiales, les fêtes des Métallos déploient animations, ateliers, petites formes de spectacle autour d’une thématique à chaque fois renouvelée. À l’occasion de cette fête, Le Grand Souk, laissez-vous envoûter par une ambiance digne des Mille et Une Nuits… Au programme, vous trouverez des ateliers de danses d’Afrique du Nord, de zellige et de calligraphie, vous pourrez voyager en tapis volants et danser au gré des chants kabyles, berbères et écoutez des contes de Shéhérazade. Prélassez-vous enfin au détour d’un thé à la menthe et repartez avec des photos souvenirs ! Alors, prêt à voyager ?!
    samedi 13 décembre > à partir de 15h
    entrée libre

    PROGRAMME DE LA JOURNÉE
    • Ateliers Zellige
    Dans l’art islamique, le zellige constitue un élément de décoration caractérisé par ses formes géométriques qui s’entrelacent dans des arabesques. À partir de tampons, faites marcher votre imagination et apprenez à composer un zellige en peinture !
    ateliers animés par Souad Hamitou (association Demain en main)
     15h et 16h30 / durée 1h15 / à partir de 8 ans *
    • Ateliers Danses d'Afrique du Nord
    Nous vous invitons à vivre et à découvrir plusieurs danses traditionnelles encore bien vivantes. Venez vous familiariser avec les gestuelles, les rythmes et les imaginaires de danses joyeuses, puissantes et poétiques.
    ateliers animés par Fasia Kati (danseuse et directrice artistique de la Cie Grain Magique)
     15h et 16h30 / durée 1h15 / à partir de 5 ans *
    • Atelier Calligraphie
    Ouvert à tous, cet atelier vous propose une initiation aux calligraphies arabe et berbère : reproduire des lettres sur grands formats pour les plus initiés, apprendre à manier le calam pour les débutants, ou colorier des lettres pour les plus petits !
    atelier animé par Malek Mezoued, en partenariat avec l’Association de Culture Berbère
     15h > 18h / à partir de 6 ans / en continu
    • Studio Photo
    Évadez-vous et voyagez au cœur d’un souk ! Faites-vous photographier devant un fond fantasmagorique réalisé par des étudiants du CESAN, école de bande dessinée !
    photographies réalisées par Thierry Galimard
     15h > 18h / en continu
    • Courses de Tapis Volants
    Tu aimerais voyager en tapis volant ? Tu adores la Wii ? N’attends plus et viens donc nous rejoindre, on t’attend !
     15h > 18h / en continu
    • Contes des Milles et Une Nuits
    Ces contes interprétés par le comédien Abel Aboualiten, seront entrecoupés par des chants populaires et de tradition orale kabyle de la chorale féminine Tiliwa.
     15h30 > 16h15
    • Goûter
    Préparé et servi par des familles du Centre social Le Picoulet et de l’associationFrancophonie et Cultures Partagées, l’incontournable goûter de la Fête sera aux saveurs de l’Orient !
     16h15
    • Chorale berbère de Bagnolet
    La chorale berbère de Bagnolet vous invite à écouter des chants traditionnels berbères.
     16h45 > 17h15
    • Groupe accoustique Ziyara
    Le groupe Ziyara vous emportera sur le riche répertoire des musiques populaires de l’Orient et du Maghreb. Avec la danseuse Fasia Kati, qui les rejoindra à partir de 17h45, ils vous inviteront à un vrai bal des Mille et Une Nuits !
     17h15 > 18h30
    * Pour les ateliers, réservation conseillée avant la fête au 01 47 00 25 20 / réservation également possible sur place le jour même dès 14h45 dans la limite des places disponibles.

10/12/2014

”Rimbaud, le roman de Harar” : Documentaire de Jean-Michel Djian sur le poète et l'Ethiopie



Film en préparation

march__aux_chameaux_de_Babille_(_Harar)Rimbaud, le roman d’Harar
images
Jean-Michel Djian réalise en ce moment son prochain documentaire ( dont il est le co-auteur avec Alain Sancerni) intitulé ”Rimbaud, le roman de Harar”, produit par les Films d’ici, France 3, TV5 Monde et France Culture. Premier tournage à la Maison de la Poésie le 12 juin, second en septembre en Ethiopie. diffusion prévue décembre à l’occasion du 160ème anniversaire de l’année de naissance du poète.
B7« Le plus malin est de quitter ce continent où la folie rôde…. J’entre au vrai royaume des enfants de Cham » Une saison en enfer. 
Arthur Rimbaud a 26 ans quand, en 1880, il s’installe pour la première fois à Harar, cette contrée musulmane située dans la Corne de l’Afrique entre le désert de l’Ogaden et l’Abyssinie, l’actuelle Ethiopie. Une cité de marchand d’or, d’ivoire, de café, d’encens, d’épices, de tissus, de peaux et de bijoux où, depuis 1220 date de sa création par des chevaliers venus du Hejjaz, se croisaient l’Egypte, la Chine, l’Indonésie, la Perse, l’Inde, Byzance et l’Arabie. C’est là que le poète décide d’oublier le feu des mots et de se conduire « en homme de bien », en se rendant « utile » ; mais c’est dans cette bourgade de quelques quarante milliers d’âmes dans laquelle l’auteur d’Une Saison en enfer est venu se perdre, que sa vie bascule. Il n’en reviendra que pour mourir. A 37 ans.
Qu’a fait Rimbaud de ses dix dernières années chaotiques à Harar ? A quel prix a-t-il pu s’arracher au « dérèglement raisonné de ses sens » ? S‘est-il laissé envoûter par l’effervescence du négoce de cette cité guerrière et mystique au point de penser qu’il pouvait en revenir riche ? Ou bien contenté d’être un commerçant patenté, apprenti explorateur, géographe de circonstance, vendeur d’armes ou interprète à ses heures ? Pourquoi le poète a-t-il décidé de miser son propre destin sur Harar ? C’est cette histoire improbable et méconnue , faite d’échecs, de souffrances et de passions que nous allons tenter de comprendre à la lumière du récit de ses biographes mais aussi de témoignages, légendaires ou pas, qui éclairent de manière inédite le mystère de la seconde vie du poète”.

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Infos sur son site : http://www.jeanmicheldjian.com/actualites/film-en-preparation/


09/12/2014

Exposition : Haïti - Deux siècles de création artistique au Grand Palais


Exposition

Haïti

Deux siècles de création artistique


19 Novembre 2014 - 15 Février 2015
Grand Palais, Galeries nationales




L’exposition, la première sur le sujet, propose de découvrir l’extraordinaire richesse de la création artistique haïtienne : elle n’a cessé de jaillir au coeur du destin tourmenté de la première République noire, mêlant poésie, magie, religion et engagement politique, à travers les formes les plus diverses. Peintures, sculptures, installations, suspensions, vidéo… témoignent de cette vivacité culturelle, du XIXe siècle à nos jours.
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.

Avec le soutien de la Fondation Daniel et Nina Carasso, sous l’égide de la Fondation de France, et de la Banque de la République d’Haïti.
- See more at: http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/haiti#sthash.fmdo9q3S.dpuf

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Lien : http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/haiti


Lecture : La Condition magique de Hubert Haddad



Lecture 

en présence d'Hubert Haddad

Jeudi 11 décembre 2014 à 19h

La Condition magique de Hubert Haddad

Editions Zulma

Avec Carole Bergen et Valérie Delbore


« L'erreur des cartésiens c'est de séparer la pensée de l'imaginaire. Il n'y a pas de pensée sans imaginaire. Dans un roman, ça ne m'intéresse pas de faire une coupe. Je veux qu'on traverse un monde. Quant au romantisme, je crois qu'on y reviendra toujours : le romantisme, c'est la passion. Ce qui ne tient pas, c'est la pose. » Hubert Haddad.
Les lectures (1h) sont suivies d’une signature et d’un cocktail

Tarif

Droit d'entrée, Tarif plein : 12,00 Euros
Droit d'entrée, Tarif réduit : 10,00 Euros - Etudiants: 5,00€

Renseignements et Réservations

motsparleurs@wanadoo.fr

Tel: 06.12.08.66.66 

 Adresse: Hôtel Pont Royal 5-7 rue Montalembert– 75007 Paris France



Poésie automnale


Nature urbaine, Rome automnale, ou ce que devrait être la poésie de cette saison...



Ce jardin, parcouru presque par hasard un vendredi de décembre, à la recherche d'un peu de beauté, aujourd'hui, me manque...

J'aime les vers, les plus inconnus resteront cachés. Pour apaiser cette mélancolie, voici de plus illustres :


Chant d’automne


I
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.
Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.
J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.
Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? - C’était hier l’été ; voici l’automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.
II
J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.
Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.
Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

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El Desdichado


Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus ? ... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron ;
Modulant tout à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

Gérard de Nerval, Les Chimères (1854)

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Et Rome, encore... 














08/12/2014

Expo photo : Argentine sauvage à La Maison des Amériques Latines


Argentine, terre du bout du monde


Du 22 septembre au 11 décembre 2014
Photographies de Florian von der Fecht 

L’Argentine est un pays de conquêtes, une terre d’aventures où les pionniers ont toujours repoussé la dernière frontière. Depuis le XVIe siècle et la légende des géants Patagons, ils ont poussé la découverte jusqu’à atteindre le « bout du monde ». Par extension, cette exposition vous invite à parcourir ce territoire mythique, emblème des grands espaces. Des déserts rouges du grand nord aux glaciers bleutés de Patagonie, des puissantes cataractes d’Iguazu aux surprenants marais de Mésopotamie, suivez les Gauchos, valeureux seigneurs de cette infinie terre de contrastes.




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Informations pratiques

Avec le soutien de l'hôtel Sofitel Arroyo à Buenos Aires et d'Inprotur (Office du Tourisme d'Argentine)
Entrée libre du lundi au samedi de 10h à 19h (sauf jours fériés) 
Tel : 01 53 63 13 40
Par mail : conferences@maisondesameriqueslatines.com
La Maison des Amériques Latines - 3 rue Cassette 75006 PARIS