18/02/2016

IN CALAIS THIS WEEKEND




I'll be in Calais in two days with a new local Parisian charity: D'Ici et d'Ailleurs.

You can contribute here:
http://fr.ulule.com/dici-dailleurs/

Our Facebook page:
https://www.facebook.com/ceuxdicietdailleurs/?fref=ts

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More about the groupe, in French:


D'ici & d'ailleurs - Action de soutien 

aux réfugiés


Ensemble, apportons notre soutien aux migrants et réfugiés de Calais & Grande Synthe
Le projet ? Venir en aide aux migrants et réfugiés, bien souvent des familles et enfants en bas âges, dans les camps du Nord de la France (Calais & Grande Synthe)

Livia Saavedra, Photographe ©

Contexte

La Jungle de Calais : 4500 réfugiés et migrants vivent dans "l'insalubrité" avec l'espoir de passer la frontière vers le Royaume-Uni, via le port ou le tunnel sous la Manche. Une multitude de nationalités se retrouvent « bloqués » dans ce squat à ciel ouvert, une grande majorité sont des réfugiés.
Parmi eux, des kurdes en majorités fuyant l’avancée de Daesh en Irak, des syriens cherchant refuge en Europe abandonnant un pays détruit par une guerre qui dure depuis maintenant 5 ans, des érythréens qui ont pu s’évader d’une dictature complètement fermée.  

On compte également un nombre important de migrants venus de pays africain tel que le Soudan, fuyant des conditions de vie très difficile avec peu ou pas d’accès aux besoins vitaux de base.
La situation des migrants et réfugiés sur ce camp calaisien est dénoncée par de nombreuses associations comme "insalubre" et manquant de "dignité". La "jungle" a été ouverte au printemps 2015, pour libérer le centre-ville de Calais de ses multiples camps informels de candidats à l'exil, présents depuis la fermeture en 2002 du centre d'hébergement de la Croix-Rouge à Sangatte, de l'autre côté de la ville.

Fin octobre, la population du camp atteignait un pic 6000 personnes. Un afflux qui s'explique principalement par la difficulté de rejoindre le Royaume-Uni, renforcée notamment par la lutte contre les passeurs, ou les nombreux travaux de sécurisation récents du site d'Eurotunnel et de la rocade pour les camions se rendant au port de Calais. 

Plusieurs associations, ONG ou volontaires interviennent dans la zone, et parmi les plus actives, Médecins du monde et Médecins sans Frontière, ou des associations calaisiennes comme Salam et l'Auberge des migrants.

Grande Synthe, commune située au nord de Calais près de Dunkerque, un terrain à moitié boisé, à moitié marécageux sur lequel sont installées des centaines de tentes de camping, les arceaux plantés directement dans plusieurs centimètres de boue. On dénombre entre 2500 et 3000 personnes dont environ 300 enfants dont des bébés de moins d’un an.  Les 2 500 hommes, femmes et enfants du camp doivent se partager 48 douches. Contrairement à Calais où des cabanes ont pu être construites pour l’accueil des réfugiés, le « camp » de Grand Synthe n’est composé uniquement que de tentes et bâche en plastiques.

Au-delà des opinions politiques, notre action porte essentiellement sur une réponse humaine à apporter à ces personnes qui se retrouvent démunies dans un « camp » de transit dans un des pays les plus riches au monde qui ne répond pas aux normes standards internationales d’accueil aux réfugiés ou demandeurs d’asile.  Notre pays pourfendeur mondial des droits de l’homme ne propose que peu ou pas de réponse humanitaire à ces réfugiés les laissant survivre dans une situation sanitaire inhumaine.

 Notre société actuelle s’interroge sur le rôle de ses frontières, confrontée à des crises qui lui semblaient loin et qui se révèlent être bien plus proches.

Au-delà des conséquences de notre politique internationale nous devons relever la tête et affirmer d’autant plus notre engagement humanitaire… humain envers la personne fuyant l’horreur et cherchant refuge là où elle pourra trouver un toit, un plat chaud, un avenir pour ses enfants, une main tendue… notre engagement collectif ne nous rendra pas plus faibles, il ne nous rendra pas plus pauvres, il ne nous privera pas d’opportunités, de développement, de nouvelles ressources, il n’aggravera pas la « crise financière », mais il nous rapprochera de notre humanité, nous fera tenir debout, nous apportera un bien être, nous ouvrira sur le monde qui nous entoure et qui avance vers la même direction… survivre à tout ça pour laisser du mieux à la prochaine génération.

 A quoi va servir le financement ?


Cette action a pour but d’apporter un soutien matériel et notre bonne humeur aux réfugiés présents dans la jungle de Calais/ camp de Grande-Synthe.
La zone d’action (Calais ou Grande-Synthe) sera déterminée lors de la mission exploratoire qui sera effectuée les 23 et 24 janvier.


Sarah Valente ©

1- La distribution
Nous avons déjà commencé à récolter des vêtements, jouets, lait en poudre etc..
Nous distribuerons des biens de première nécessité (alimentation, hygiène, vêtements) aux femmes, enfants et hommes présents dans ces zones.
Une distribution de jouets (figurines, ballons, savon à bulles etc..) sera également organisée.
Le financement va servir à la fois à compléter les biens de distribution et à couvrir les frais logistiques d’acheminement de ces denrées vers Calais et Grande Synthe.

2-  Le concert
Le groupe Tales, probablement en formation acoustique effectuera un concert dans le camp afin d’apporter un peu de réconfort et de musique à tous.

N’oubliez pas que chaque participation même la plus petite est indispensable, nous comptons sur votre engagement et votre mobilisation. Nous organisons également un concert à Paris afin de lever des fonds en amont et en complément de ce ulule. Vous pouvez nous apporter beaucoup d’aide pour l’organisation du concert à Paris mais également en récoltant autour de vous des dons financiers via cette page.
Nous comptons sur vous et votre engagement !

 A propos du porteur de projet

Bianca Sarah LEMIEUX, 25 ans, juriste de formation, est responsable ressources humaines et opérationnelle au sein d’une ONG française de solidarité internationale opérant dans le domaine de la santé aussi bien sur des programmes de développement que d’urgence. Elle a notamment été responsable de la mise en place de programme dans les Balkans afin de répondre aux besoins de santé primaire des réfugiés affluant en Europe au cours des derniers mois.

Olivia BIERNACKI, 30 ans, diplômée d’un master d’ethnologie et de gestion de projet en humanitaire, évolue depuis 6 ans dans la solidarité internationale. Elle a occupé plusieurs fonctions notamment  de coordinatrice programme sur divers terrain et crise humanitaires telles que en Jordanie auprès  des réfugiés syriens, au Pakistan et plusieurs pays africain. Elle est responsable programme au siège parisien d’une ONG de solidarité internationale française qui œuvre dans le domaine de la santé tant avec des programmes de développement et d’urgence.

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Cette action est la première qu’elles mettent en œuvre ensemble. Elles ont toutes les deux travaillé sur des programmes venant en aide aux réfugiés. Elles sont particulièrement sensibilisées sur la situation que rencontrent les réfugiés en France. C’est sur ce constat qu’elles ont décidé de s’investir davantage dans la réponse humanitaire apportée aux réfugiés dans leur propre pays. Cette action sera donc la première d’une longue série à venir. Pour cela elles fondent une association, D’ici et d’ailleurs, en parallèle. Cette association aura comme mandat principal de porter un engagement collectif de soutien et d’aide aux réfugiés, migrants mais aussi les personnes en situation de grande précarité en France. 


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Thank you to our favourite Bristolian street artist for telling "our" government how appalling it is: latest Banksy in London, in front of the French Embassy (from Banksy's FB page):




17/02/2016

About Naples


I'm sorry Paris, my first love, but I can't help wondering what I'm doing here...

i'm just a wanderer and a daydreamer. So much to see, so much to write about!


See here:

http://www.telegraph.co.uk/travel/destinations/europe/italy/campania/naples/articles/Naples-Passion-and-death-in-Italys-underrated-gem/

"To anyone who knows Naples, the lack of visitors is both one of the mysteries and the joys of the city".

(...)

"Blissed-out Naples, of course, makes cautious, conservative Florence look and sound like a convent. This is not a city of restraint; the full-on traditions of Pompeii, just around the bay, are alive and well here. The voices are loud, the greetings boisterous, the pizzas fabulous, the driving atrocious, the architecture glorious, the religious rituals weird, and the policemen more fabulously turned out than a Gilbert and Sullivan rear admiral. And the phalluses in the gabinetto come with cupid wings and trailing bells. Naples’ peeling sepia walls tell you a lot about the city. They are devoted to passion and death. We will come to death later, as we all must. But the passion is everywhere – the canoodling couples, the flirtatious gazes, the lovelorn graffiti. Naples walls are crowded with breathless declarations of love. Te Amo, Maria, I love you, Maria. You are my destiny, Luca. Marry me, Gabriella. I dream of your kisses, Livia. Wait for me, Marco."

Naples: Passion and death in Italy's underrated gem


Naples: Passion and death in Italy's underrated gem
"To anyone who knows Naples, the lack of visitors is both one of the mysteries and the joys of the city"


Naples is "raw, passionate, secretive, generous, dilapidated, glorious, vibrant and unabashedly corrupt" (Photo: Alamy)


Ruins at Pompeii (Photo: Alamy)


Looking out to the bay and Vesuvius beyond (Photo: Alamy)


Jeff Buckley - "I Know It's Over"



Isn't it the saddest song in the world...? 

Love you, Jeff.


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Jeff Buckley 

"I Know It's Over"




Lyrics

"I Know It's Over"
(originally by The Smiths)


Oh Mother, I can feel the soil falling over my head
And as I climb into an empty bed - oh well, enough said
I know it's over still I cling, I don't know where else I can go
Over and over...

Oh Mother, I can feel the soil falling over my head
See the sea wants to take me, the knife wants to slit (cut) me
Do you think you can help me

Sad veiled bride please be happy - handsome groom give her room
Loud loutish lover treat her kindly though she needs you
More than she loves you - and I know it's over - still I cling
I don't know where else I can go - over and over...

I know it's over and it never really began but in my heart it was so real...

And she even spoke to me and said
"If you're so funny, then why are you on your own tonight?"
"And if you're so clever then why are you on your own tonight?"
"And if you're so very entertaining then why are you on your own tonight?"
"And if you're so very good looking, then why do you sleep alone tonight?"

I know - 'cos tonight is just like any other night - that's why you're on your own tonight
With your triumphs and your charms - while they're in each other's arms

It's so easy to laugh it's so easy to hate it takes strength to be gentle and kind - over and over...

It's so easy to laugh it's so easy to hate it takes guts to be gentle and kind - over and over...

Love is natural and real - but not for you my love not tonight my love
Love is natural and real - but not for such as you and I my love

Oh Mother, I can feel the soil falling over my head
Mother, I can feel the soil falling over my head
Oh Mother, I can feel the soil falling over my head
Oh Mother, I can feel the soil falling over my head
Oh Mother, I can feel the soil falling over my head
Oh Mother, I can feel the soil falling over my head
Oh Mother, I can feel the soil falling over ...
Oh Mother...


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Original by The Smiths.


16/02/2016

Bristol + One Year


Bristol was calling again, and what's the point in trying to resist?

So much love has come out of this adventure, I'm really grateful.

I was in the city four days during the BBC Radio 6 Music Festival and got to meet with amazing and adorable people, good friends and new encounters.

I won't summaries now. Here are just a few iPhone pictures on the way...

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The view on the Harbour and the Watershed from the centre:



Nelson Street and Conor Harrington's famous graffiti:



Stokes Croft and its Sesk's memorable mural:








Hamilton House and the iconic Banksy's 'Mild Mild West'




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Friday, launch of the BBC 6 Music Festival with BBC Introducing and my star friend Lady Nade on stage right after some old singer ;). At St Nicholas Market:










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BBC 6 Festival 



Ray Mighty as a DJ




DJ Queen Bee




Golden Rules



Golden Rules




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And finally, my favorite Bristol band :) - The delightful and energetic post-punk band The Pop Group: 














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Thank you very very much to Nade and Mark Stewart for a very enjoyable and musical winter weekend.

Love from Paris. And see you soon in my favorite British city.


11/02/2016

Don't forget to love yourself...



“Your task is not to seek for Love, but merely to seek and find all the barriers within yourself that you have built against it.” 

Rumi



"Don't forget to love yourself".


Latest message seen all over Bristol:



Unknown song...

Don't forget to love yourself


10/02/2016

From Bristol to Syria with love



This kind of action is one of the reasons why I love this city so much.

Via Bristol 24/7: http://www.bristol247.com/channel/news-comment/features/reportage/from-bristol-to-syria-with-love

Bristol, see you tomorrow!



From Bristol to Syria with love



"Words cannot express how overwhelmed we were," says former lecturer Shazia Malik, who has just sent two containers of aid donated by Bristol volunteers to war torn Syria.
Shocked and horrified by the photos of children washed up on a Turkish beach, Shazia began to fund raise through her Go Fund Me page and organise aid convoys to Calais.
She then went on to work with refugees at camps across Europe.
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Back in Bristol she organised enough donations in just 10 days to fill two 40-tonne containers with food, clothes, wheelchairs and blankets. The containers then joined a charity convoy to Syria organised by One Nation.
The 4-6 week journey will take them inside Syria to refugee camps where people are desperately in need of aid.
The volunteers collected 25 pallets of food, more than 50 wheelchairs, three pallets of blankets and duvets and 600 boxes of clothes.
Shazia said that "saying thank you doesn't seem enough" to the huge number of Bristol volunteers who stepped up to help.
"I needed to move aid from Stapleton Road and called up Smart Removals who sent a lorry within half-an-hour," she said.
"They stayed on until 7pm that night helping us move."

She organised the donations entirely through social media and said mosques, churches and temples from across Bristol donated huge amounts of aid.
Shazia said she just felt she had to help the refugees and has been amazed at the response of so many Bristolians: "It's an inspiration and heart-warming to see how people have got involved."
Shazia is now looking for a warehouse as a base for future collections and intended to carry on collecting aid for future convoys.

09/02/2016

Assad's crimes in Syria exposed



And our governments claim they didn't know...

Read on The Independent's website:
http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/syria-assad-regime-kills-so-many-detainees-it-amounts-to-extermination-of-civilian-population-un-a6860876.html?utm_source=TWITTER&utm_medium=Social&utm_content=20160209140000&utm_campaign=Torture



Syria: Assad regime kills so many detainees it amounts to 'extermination' of civilian population, UN says


UN investigators called the deaths of those detained by the regime a crime against humanity

The Assad regime is killing so many detainees in Syria that it now amounts to the crime against humanity of "extermination", a UN report has found.
In a document published by the UN's High Commissioner for Human Rights, investigators found the Syrian government responsible for "massive and systematised violence".
The crimes against humanity committed by the Assad regime, according to the UN, far outnumber those of Isis militants and other jihadist groups.

civilian-deaths-syria.jpg
The UN commission of inquiry called on the Security Council to imporse "targeted sanctions" against Syrian officials. Its report was based on interviews with 621 survivors and witnesses and covers the period March 2011 to November 2015.
"The situation of detainees in Syria is critical, and represents an urgent and largescale crisis of human rights protection," the Commission of Inquiry in Syria report said.
"With thousands of persons still in custody, urgent steps need to be taken by the Syrian Government, armed groups, the external backers of various belligerents, and the wider international community to prevent further deaths."
It said that in the interviews it conducted, almost every one of over 500 survivors of government detention centres said they were victims of "torture and inhuman and degrading treatment".
Some witnessed others being beaten to death during interrogations or in their cells, while others died "as a consequence of inhuman living conditions inflicted on the prison population".
According to the UN, the regime of Bashar al-Assad has committed "the crimes against humanity of extermination; murder; rape or other forms of sexual violence; torture; imprisonment; enforced disappearance and other inhuman acts". It said war crimes were also committed "based on the same conduct".
By comparison, jihadist groups such as Isis and Jabhat al-Nusra were accused of the crimes against humanity of murder and torture, as well as war crimes.
"Accountability for these and other crimes must form part of any political solution," the report said.
The commission of inquiry found there are "reasonable grounds to believe that high ranking officers... knew of the vast number of deaths occurring in detention facilities under their control".
It said such people, in the heighest ranks of the Syrian regime, were "individually criminally liable" - but did not go so far as to name names.
Among its recommendations, the commission suggested the UN Security Council demand all sides end custodial deaths and torture and answer to the International Criminal Court.
And it called on the Security Council to "adopt targeted sacntions against persons, agencies and groups credibly suspected of being responsible for or complicit in conduct leading to custodial deaths, torture and enforced disappearances".

Calais, honte de la France



Cette semaine dans Le 1 Hebdo:



CALAIS
UNE HONTE FRANÇAISE
par Laurent Greilsamer
Des milliers de migrants échouent chaque année à Calais. Clandestins, traqués, livrés au froid et à la faim, ils ont pour unique obsession de passer en Grande-Bretagne. Bénévoles et associations se dévouent pour leur fournir nourriture et vêtements. La puissance publique parie sur le pourrissement.
Découvrez Le 1 de cette semaine : CALAIS, UNE HONTE FRANÇAISE.








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CI-GÎT LA FRANCE

Une fois passé Boulogne et le cap Gris-Nez, les premières silhouettes apparaissent. Des ombres marchent sur le bord de l’autoroute, les unes derrière les autres, par petits groupes. Entre chien et loup. Ils sont jeunes, ne parlent pas, avancent en file indienne vers des aires d’autoroute ou des points de rendez-vous tenus secrets. Ils laissent filer les voitures à leur côté, concentrés tous sur le même rêve : l’Angleterre. 
Sur l’autoroute qui mène à Calais, plus loin, il y a ce panneau avec ce nom, soudain, qui nous frappe comme une gifle : Sangatte. Sangatte pour dire le temps passé, le temps perdu, l’aveu d’impuissance. Sangatte pour nous rappeler qu’en 1999, déjà, ici, sur ces mêmes terres du Nord, le gouvernement Jospin avait ouvert un camp de la Croix-Rouge pour deux cents réfugiés. Et qu’ici, déjà, ce camp n’avait pas suffi, n’avait pas cessé de croître, jusqu’à exploser littéralement lorsqu’il atteignit 1 500 personnes. Sangatte que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait fini par fermer en expliquant que le problème, ainsi, serait réglé. 
Sur l’autoroute qui mène à Calais, enfin, au niveau de Fréthun, apparaissent les premières barrières. Autour du tunnel sous la Manche, c’est un camp retranché : double grillage, chemin de ronde, caméras. Terrains inondés. Des kilomètres de grilles qui font de l’entrée dans Calais, une expérience étrange comme si la ville entière était plongée dans un univers carcéral. Le port, l’Eurotunnel, la nationale 216, toutes ces zones sont grillagées, gardées, surveillées. -L’environnement qui entoure Calais s’est transformé. Le paysage, ici, porte en lui quelque chose de policier. 



08/02/2016

Les enfants de Calais



Le HCR est préoccupé par les conditions des réfugiés et des migrants à Calais et Dunkerque




© HCR/F.Scoppa
Un petit garçon se réchauffe près d'un feu devant sa tente dans la jungle de Grande-Synthe.


GENEVE, 5 février (HCR)  Le HCR exprime son inquiétude au sujet d'environ 4000 réfugiés et migrants dans la « jungle » de Calais et de près de 2500 autres à Grande-Synthe, dans la banlieue de Dunkerque, vivant dans des circonstances difficiles et aggravées par la saison hivernale.
Le HCR est particulièrement préoccupé par les conditions de vie des enfants, notamment les enfants non accompagnés et séparés qui arrivent dans le nord de la France dans des installations spontanées. Ils ont besoin d'un hébergement et de protection.

Le HCR se félicite de la création de places d'accueil d'urgence supplémentaires comme le centre pour enfants (Maison du jeune réfugié) à St Omer (géré par France terre d'asile), y compris ceux âgés de moins de 15 ans.
« Le HCR est spécialement préoccupé par les conditions de vie des enfants  en particulier des enfants non accompagnés et séparés  et se féliciterait de l'ouverture de nouveaux centres d'accueil d'urgence », a indiqué le porte-parole William Spindler aux journalistes lors d'un point de presse à Genève.
William Spindler a également souligné le besoin urgent d'explorer d'autres alternatives pour simplifier les procédures en matière de protection de l'enfance, particulièrement pour ces enfants ayant des proches dans un autre Etat membre de l'UE.

Ces mesures comprennent la création d'un centre temporaire, le « Centre d'accueil provisoire (CAP) » à Calais, géré par La Vie active, et la relocalisation volontaire des réfugiés et des migrants dans des centres d'hébergement, les « Centres d'accueil et d'orientation »(CAO) à travers tout le pays.
Ces centres fournissent un accueil d'urgence aux personnes qui le souhaitent, qu'elles aient déjà déposé ou non une demande d'asile. Début février, plus de 700 personnes étaient accueillies au CAP de Calais et 2431 personnes avaient choisi de se rendre dans l'un des 92 CAO depuis la mise en œuvre de l'initiative le 22 octobre 2015.
Selon une évaluation récente du HCR, il serait bénéfique pour les réfugiés et les migrants qu'ils reçoivent davantage d'informations sur la procédure de demande d'asile en France ainsi qu'une aide juridique. Actuellement, les résidents de la « jungle » de Calais reçoivent des informations contradictoires voire inexactes et ce, de différentes sources.

Renforcer la coordination entre tous les acteurs pour fournir une assistance, ainsi que des informations précises et objectives, serait nécessaire, y compris pour les personnes résidant dans les CAO.
Au mieux, l'aide humanitaire fournie dans ces lieux est une intervention palliative pour soulager les pires souffrances. Les personnes concernées devraient être informées sur les alternatives offertes en France. Celles ayant besoin d'une protection internationale devraient être fortement encouragées à déposer une demande d'asile en France.
Elles doivent également être informées des conséquences possibles si elles ne le font pas. Il serait également important de fournir des conditions d'accueil adéquates, une assistance, y compris une aide juridique, ainsi que des soins psychosociaux.

Une autre mesure à mettre en œuvre concerne le recours à des dispositions légales existantes pour les personnes ayant des proches dans d'autres États membres de l'UE afin de leur permettre de rejoindre les membres de leur famille rapidement. Au Royaume-Uni, une étape a récemment été franchie dans cette direction. Des juges du tribunal d'asile y ont récemment rendu une décision selon laquelle trois enfants non accompagnés et séparés ainsi qu'un frère plus âgé (parent avec l'un des enfants) ont pu rejoindre leurs proches au Royaume-Uni, tandis que leurs demandes d'asile sont examinées par le Ministère britannique de l'Intérieur.

Le HCR plaide depuis longtemps en faveur d'une application proactive du règlement Dublin III et exhorte les États à recourir à une procédure accélérée pour les enfants non accompagnés et séparés se trouvant dans un État membre de l'UE et qui souhaitent rejoindre des proches se trouvant dans un autre Etat membre de l'UE.

Le HCR se tient prêt à fournir un appui aux autorités pour mettre en œuvre ces mesures, y compris dès le 8 février grâce à une présence accrue dans la région de Calais.