27/02/2013

Tunisie : Ali Laarayedh peut-il rassembler ?


TUNISIE : Entretien avec Sophie Bessis 




En Tunisie, le conseil de la Choura d’Ennahdha a désigné vendredi son candidat pour remplacer Hamadi Jebali à la Primature. Son choix s’est finalement porté sur le ministre de l’intérieur sortant, Ali Laarayedh. Une désignation approuvée, dans la foulée par le chef de l’état, Moncef Marzouki.
Pour analyser les conséquences de ce choix, Al Qarra a rencontré Sophie Bessis, secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des Droits de l’Homme (FIDH), et chercheuse associée à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) sur la Tunisie.


25/02/2013

Analyse de la situation au Mali - Sortie de Crises et Reconstruction

Audit de la Situation au Mali, par le collectif Les Générations Libres :
http://www.lesgenerationslibres.org/

Recommandation d’audit de la Gouvernance de l’état  et 
des institutions maliennes ainsi que de la gestion des aides 
publiques au développement de 1990 à 2013  


Analyse de la situation au Mali - Sortie de Crises et Reconstruction

Françoise Wasservogel & Ibrahim Kissima Tandia
Les Générations Libres


 I) Présentation : 

Le Mali est une ex colonie française située en Afrique de l’ouest et indépendante depuis 1960.
Le Mali est deux fois plus vaste que la France avec une population estimée à 14 millions
d’habitants. Le Mali est le 4ème pays le plus pauvre du monde. Au moins 25.000 grandes
entreprises au Monde et des clubs de football sont plus riches que la nation Malienne et tous
ses habitants réunis.
Depuis janvier 2012, le Mali traverse les plus grosses crises de sa jeune existence.
D’une part, il s’agit d’une crise politique grave, ayant entrainé l’effondrement de l’état malien
et de ses institutions.
D’autre part, le Mali est victime d’attaques armées par une mosaïque de groupes ayant des
revendications multiples, parfois opposées.
La composition de ces groupes n’a été officiellement connue qu’après la revendication par le
MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) de la prise des villes et régions du
septentrion malien, soient 2/3 du territoire national.
Au cours de l’occupation, le MNLA et ses alliés proclamèrent l’état islamique de l’Azawad
(EIA) le samedi 27 mai 2012 avec la ville de Gao comme capitale.
Dès les 1ère heures de sa proclamation, l’EIA, piloté par le MNLA, s’est vu opposé un rejet
catégorique de la part des populations locales et, en particulier, de celles de la ville de Gao.

II) Situation au Mali : 

A- Crises politiques   

Le putsch du 22 mars 2012 contre le régime du Président ATT a eu pour 1
ère conséquence la chute de l’état malien et de ces institutions. Ceci, à son tour, a précipité et accéléré la prise des régions de Tombouctou, de Kidal et du cercle de Douentza.
De cette date mémorable (22 mars 2012) à aujourd’hui, en dehors des zones qui étaient sous
occupation, l’ensemble du Mali a vu fleurir, en quantité industrielle, toutes sortes
d’organisations politique, associative, religieuse et de coalition. Les Maliens de l’étranger ne
font pas exception.
Toutes ces agitations politico-sociales sont purement opportunistes. Elles ne tiennent pas
compte de l’état de guerre du Mali ni de sa fragilité.
Ces organisations n’existent que dans le but de profiter de la situation et surtout de se
positionner politiquement.
Au fond, et en réalité, le putsch du 22 mars 2012 et les attaques armées contre le nord du
Mali ne sont que le scénario par lequel la plus grande imposture démocratique d’Afrique s’est
effondrée.
Il s’agit de la fin d’un cycle de mauvaise gouvernance, de non-gestion et de montage
institutionnel, le tout basé sur une corruption à ciel ouvert, faite de détournements de fonds
publics, de détournements des aides au développement et d’enrichissement illicite.
Dans les faits, le Mali n’a connu aucune alternance politique ou démocratique réelle depuis
1968.
Les différentes alternances présidentielles ne se font pas sur la base du suffrage universel,
mais de par la volonté de clans politiques constitués.
Ces clans politiques ont tous la même origine politique : le parti politique ADEMA-PASJ et
la Transition de 1991 à 1992.

L’alternance politique au Mali a toujours consisté en des jeux de chaises musicales-politiques
dans le but de s’assurer la meilleure impunité juridique possible.

Les principaux clans politiques au Mali :
Le 19 novembre 1968, un putsch militaire conduit par le comité militaire de libération
nationale (CMLN) avec, à sa tête, le lieutenant Moussa Traoré, renverse le Président Modibo
KEÏTA (tendance socialiste - parti politique : rassemblement démocratique africain - RDA),
premier Président de la République Mali. Ce fût la disgrâce pour le RDA et ses membres.
De 1968 à 1991: le Lieutenant Moussa Traoré (CMLN) instaure une dictature, instaure le
système de parti unique, crée son parti politique (union démocratique du Peuple Malien -
UDPM-).

Caractéristiques :
Entrée en clandestinité du parti politique RDA du Président Modibo Keïta;
Une grande brutalité ;
La dictature ;
Les détournements de fonds publics ;
Une certaine opulence financière et matérielle constituée à partir des deniers publics ;
Surtout la persécution des intellectuels notamment  les enseignants dont beaucoup
s’exileront ;

En 1991, une série de soulèvements populaires favorise le renversement du régime de Moussa
Traoré par le lieutenant colonel Amadou Toumani Touré (alias ATT) à la tête du  CTSP
(comité transitoire pour le salut du peuple).
Transition politique de 1991 à 1992 : présidée par le lieutenant colonel Amadou Toumani
Touré (alias ATT).

 Caractéristiques :
Réapparition du parti politique RDA (de façon presque marginale) ;
Dissolution du parti politique UDPM du régime Moussa Traoré ;
Regroupement paradoxal de la majorité des dignitaires et des opposants du système
Moussa Traoré, prônant la démocratie, et officialisation du parti politique ADEMAPASJ (alliance pour la démocratie au Mali – parti africain pour la solidarité et la
justice) ;  
L’Association des élèves et étudiants au Mali (AEEM), représentée par un célèbre
étudiant en médecine, devient membre du gouvernement de transition ;
Transition politique essentiellement conduite par les forces suivantes  : l’ADEMAPASJ, l’AEEM, les militaires du CTSP ;    
La transition politique vide les caisses du trésor public, s’accapare les biens de l’état
malien, désigne Moussa Traoré et son épouse comme seuls responsables ;
Les dignitaires du régime de Moussa Traoré (par exemple : ATT, Alpha Oumar
Konaré, Django Sissoko, Modibo Sidibé etc…) nient leurs responsabilités et
échappent à la vigilance en reprenant les slogans démocratiques des Maliens ;


Régime du Président Alpha Oumar Konaré : 1992 à 2002 :  

Caractéristiques :
M. Alpha Oumar Konaré est choisi pour sa passivité ;
Couvre tous les crimes économiques de la transition ;
Impunité absolue et flagrante ;
Arrêt de l’enquête et de la procédure Mali-Suisse qui visait à rapatrier vers le Mali, les
fonds publics détournés par le président Moussa Traoré (1 milliard de dollars US) ;      
2 millions de dollars sont rapatriés au Mali et 998 millions de dollars sont partagés
entre les dignitaires du régime Konaré, les proches de Moussa Traoré et certains
membres de la transition de 1991/92 ;
Corruption à ciel ouvert et détournements de fonds publics à tous les niveaux de l’état
et de ces institutions ;
Montage institutionnel, abus de biens sociaux et démocratie de façade ;
Création et multiplication au Mali, et en dehors du Mali, de syndicats, d’associations
et de divers types d’organisations creuses acquises au système afin d’occuper l’espace
social et culturel ;
Pour occuper l’espace politique, le parti au pouvoir, l’ADEMA-PASJ, crée le Parti
pour la renaissance nationale (PARENA), l’Alliance pour la démocratie économique
et sociale (ADES), la Convention sociale démocrate (CDS), le Mouvement des
citoyens - Cercle des démocrates républicains (MC-CDR), le Rassemblement malien
pour le travail (RAMAT) et le Parti démocratique pour la justice (PDJ) ;
Une justice aux ordres ; les décisions de justice se monnaient ;
La corruption n’épargne pas le système éducatif qui figurera parmi les derniers au
monde ;
Les bénéfices et les capitaux des sociétés d’état sont détournés ;
Les services de douanes et des impôts sont malmenés par les députés dont la grande
majorité deviennent commerçants et affairistes ;
La mauvaise gouvernance oblige le régime à corrompre la hiérarchie militaire, à
démanteler les unités d’élites de l’armée afin de se prémunir d’éventuels putschs ;
Réhabilitation de l’UDPM de Moussa Traoré par l’officialisation du Mouvement
patriotique pour le renouveau (MPR) composé de la frange des héritiers de Moussa
Traoré ayant toujours revendiqué leur appartenance à son système ;  
Création du parti politique Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance
(SADI), par un regroupement d’anciens membres de l’association des élèves et
étudiants du Mali (AEEM) précédemment membres de la transition de 1991 à 1992.
Afin d’échapper à la misère, il y’a exode massif et émigration des populations
maliennes.
Plusieurs milliers trouvent la mort dans les océans et au bord des plages européennes ;  
Une scission au sein de l’ADEMA-PASJ donne naissance au rassemblement pour le
Mali (RPM) ;  
Les scandales d’état, au vu et au su de tous, devaient absolument être couverts, les
élections présidentielles en 2002 désignent ATT président de la république, au cours
desquelles, plus de 500.000 voix ont été annulées pour permettre la remise du pouvoir
à un homme plus malléable du système ;


Régime du Président Amadou Toumani Touré, allias ATT : 2002 à 2012 :

Caractéristiques : Ce régime garde le même cap et les mêmes caractéristiques que le
précédent, mais il s’y ajoute :
Une nouvelle scission au sein de l’ADEMA-PASJ donne naissance à l’Union pour
la république et la démocratie (URD) ;
Une véritable mafia d’état s’organise et se déploie ;
Crimes et trafics organisés : drogues, armes, complicité et soutien au terrorisme,
proxénétisme au profit du régime Kadhafi ;
Kadafimania généralisée grâce aux pétrodollars libyens déversés au sein de la
société civile malienne ;
Afin d’échapper à la misère, il y’a émigration et exode accrus des populations
maliennes.
Face aux scandales et crimes de tout genre généralisés, le président ATT déclare et
explique publiquement l’impunité par le fait qu’il  « ne souhaite humilier aucun
chef de famille » ;
Quelques chiffres des détournements de fonds publics et des aides au
développement au Mali :
Rapport 2006 du vérificateur général du Mali, (VGAL) fait état de plus de 103 milliards de
Fcfa soient 222 millions de dollars américains entièrement volatilisés du budget national,
représentant l’équivalent de 69% de tous les salaires annuelles de la fonction publique
malienne…
Rapport 2007 : 20 milliards de FCFA volatilisés (43.000.000 $)
Rapport 2008 : 100 milliards de FCFA volatilisés (215.000.000 $).
Les rapports 2009 ? 2010 ? 2011, 2012 ? 2013 ?
Les mêmes structures sont épinglées sans suite judiciaire….
En dehors des innombrables cas de délinquance financière politique rapportés par les autres
agences de contrôles nationales, le seul bureau du VGAL du Mali avec seulement 79 entités
contrôlées de  2004 à 2010  fait état de plus de 388 milliards de FCFA (835 millions $)
volatilisés ;
Le fonds mondial, en 2010, a suspendu le Mali de ses subventions pour la lutte contre le
paludisme, le VIH au Mali et a supprimé ses subventions contre la tuberculose parce qu’une
mission d’inspection au Mali repère une délinquance financière et des détournements purs et
simples sans précédent.
La faim, l’analphabétisme et la soif : 42,65 milliards de FCFA (92 millions de $) totalement
volatilisés étaient prévus pour « l’initiative riz  » afin de lutter contre la faim  et booster la
production du riz qui reste l’aliment de base au Mali. D’après le Vérificateur général, 400
millions F CFA ont été débloqués pour le creusement de puits au nord du pays. Ces puits
n'ont jamais vu le jour alors que des Populations continuent de mourir de soif chaque jour au
Mali.
Chaque année, le contribuable Malien et ses partenaires mettent des milliards de FCFA dans
la confection de manuels scolaires qui ne quittent même pas l'imprimerie pour cette raison,
alors que chaque élève pourrait étudier sur son livre, ils sont trois à se partager un seul livre.

Le Mali, c’est désormais plus de 20 ans d’un système éducatif totalement détruit, 71%
D'ÉCHEC AU BAC, 68% D'ECHEC AU BEPC, en 2011.

B - le Nord du Mali et les rébellions dites touaregs :

B1 - Problématiques des rébellions touaregs :  

Le système politique, étatique et institutionnel malien reste inchangé depuis 1968 à 2013 ; il
est tenu par une puissante oligarchie intellectuelle extrêmement corrompue. Il s’agit de clans,
de familles et d’amis.
Ce système se fonde autour de la délinquance politique ; l’impunité ; les détournements de
fonds publics ; en guise de démocratie : un véritable montage institutionnel et la tenue de
nombreuses organisations (associations, ONG) variées acquises au système ; depuis l’an 2002
la criminalité occupe une place prépondérante.
Dans la pratique, la culture malienne est une culture de paix, de tolérance et de compromis
où la mauvaise conscience de l’injuste reste la meilleure des justices pour les victimes.
C’est cette conception sociale qui profite encore à la puissante oligarchie dirigeante au Mali.
Pour préserver cette paix, la population du Mali ignore volontairement la non-gouvernance
du pays et a perdu le sentiment d’appartenance à une même nation.
La population Malienne et ces différentes communautés culturelles s’orientent vers
l’émigration pour survivre et se développer.
A titre d’exemple : Kayes est la région la plus riche (en termes de  potentialité et
d’exploitation minière). La région de Kayes est devenue incontestablement la plus développée
et la plus entretenue du Mali, uniquement grâce à la forte émigration de ses communautés en
particulier de France. Grâce à l’envoi d’argent de  la diaspora, on y trouve des écoles, des
dispensaires, des puits, de l’électricité, des centres de cultes, de l’eau potable etc…
La diaspora malienne est très organisée : il y a la tenue à la fois de cotisations
communautaires qui servent au développement des localités et de cotisations sociales qui
permettent à ceux restés derrière de se nourrir, de se vêtir, de célébrer les mariages, les
baptêmes, les décès etc…
Les autres régions du Mali ont vite fait d’emboiter le pas à la région de Kayes.
Les communautés culturelles arabes du Mali vivent de commerce et entretiennent le même
système de solidarité sociale.
A l’opposé, les communautés culturelles touaregs,  plutôt nomades, n’ont pas ce type
d’organisation sociale, ce qui les rend plus fragiles et plus exposées dans un contexte de
mauvaise gouvernance et de détournements de fonds publics.
Le second problème touareg est d’ordre tribal : la classification sociale (entre communautés
dites nobles et celles dites de castes) et les querelles de leadership constituent un véritable
frein au développement de ces communautés.
Il existe entres autres :    
• La tribu des Iforas est majoritaire à Kidal. Le leader du MNLA, Bilal Ag Ashrif, en est
issu ;
• La tribu des Imajaghan, considérés comme des nobles, des guerriers féroces et
redoutés ;
• La tribu des Chamnanass, considérés comme des cadres et majoritairement au
MNLA ;
• La tribu des Inaden, considérés comme des forgerons ;                  
• La tribu des Bellas, considérés comme des esclaves libérés ;
• La tribu des Daou chakan, considérés par les autres touaregs comme ayant une
réflexion limitée et assez peu intelligents ;
• La tribu des Imarad considérés comme des intellectuels ;
• La tribu des Kal ansar considérés aussi comme des intellectuels ;  
• La tribu des Kalloussouk, considérés comme des savants érudits (maîtres coraniques) ;  
• La tribu des Idji lad, aussi considérés comme des savants érudits (maitres coraniques) ;
• Etc…
Aucune tribu touareg n’accepte le leadership de l’autre et aucune ne peut représenter
les autres.
En ce qui concerne la gestion du nord du Mali, Bamako étend son montage institutionnel
en y associant des personnalités influentes soigneusement choisies parmi toutes les
communautés et aptes au silence et à la corruption.
Ces personnalités deviennent les référents et les représentants institutionnels des populations
et des régions du Nord du Mali, participent à la corruption et aux détournements massifs des
fonds et des aides publiques au développement.
Les institutions nationales concernées sont : le Haut commissariat du Nord (siège à la
présidence de la république), l’Agence de développement du Nord (siège à la primature) et
l’Assemblée nationale.
La récurrence des rébellions touaregs : à chaque fois qu’une tribu touareg se sent moins
favorisée que d’autres, elle prend les armes et c’est l’éclatement d’une rébellion que Bamako
arrange par la corruption des leaders qui à leur tour s’enrichissent au détriment des
revendications de leurs populations.
Après chaque rébellion touareg, le groupe de leaders de la tribu à l’origine de la rébellion se
laisse corrompre avec d’énormes sommes d’argent et  la promesse de gestion des projets
d’aide au développement.
De retour dans leur tribu, les leaders touaregs récompensent les membres de leur tribu, ce qui
jugule temporairement les revendications sociales dont ils ont été mandés. Ces récompenses
consistaient à bénéficier d’un dispositif de discrimination positive que Bamako met en place
après chaque rébellion ;
Ces discriminations positives consistaient essentiellement en un accès massif sans limite, ni
critère, à la fonction publique, dans la police, la douane, à des hautes fonctions diplomatiques
et consulaires. Les proches des cadres des rébellions se voyaient confier tous les projets de
développement du Nord, etc…
Le tout sans aucun contrôle ni compte rendu.
Le Cas du MNLA : ce mouvement est dominé par la tribu des Chamnanass.
Son premier échec fût d’avoir publié une liste de gouvernement qui se trouvait dominé par la
tribu des Chamnanass à l’origine de cette nouvelle rébellion.
A la proclamation de l’état islamique de l’Azawad,  dirigé par le MNLA, les autres tribus
touaregs ont très vite senti le risque de voir la tribu des Chamnanass prendre le dessus.

La désignation à la tête du MNLA de M. Bilal Ag Ashrif, de la tribu des Ifogas, majoritaire à
Kidal, pourrai expliquer la volonté de ce groupe d’entrainer les maximum de populations de
cette région (riche en ressources énergétiques) pour mieux soutenir ses actes.  
Jusqu’ici, le MNLA achetait le silence des autres leaders tribaux touaregs.
L’imposture du MNLA prétendant représenter la cause touareg n’a été possible que grâce aux
pétrodollars venus de Libye et du soutien financier de ces alliées islamistes.  
Les alliances entretenues par le MNLA, les moyens utilisés et le niveau de revendications
donnent à croire, sans aucun doute, à de fortes complicités internationales dans un but
d’extractivisme.
Il est important de souligner que la grande majorité des cadres du MNLA sont membres
de l’oligarchie politico-financière du Mali.

B2 – Les groupes armés dits islamistes au Nord du Mali :  

Il s’agit d’Ançardine, d’Aqmi, du MIA et du MUJAO ; très accessoirement Boka Haram et
quelques shebabs de Somalie.
Ces groupes armés s’adonnent aussi à des enlèvements de ressortissants occidentaux contre
des rançons. Il est techniquement et sociologiquement impossible que des groupes armés
arrivent dans une localité et s’en prennent à ses hôtes sans alliances et complicités actives
avec des notabilités locales. Indiscutablement dans le cas du nord du Mali, les ressortissants
occidentaux sont enlevés par des ressortissants locaux qui les revendent aux groupes armés
dits islamistes.
 
La cartographie et l’idéologie de chacun de ces groupes sont identiques à celles des autres : il
y a les grands commanditaires, les chefs et sous-chefs de chaque groupe, et enfin il y a le
combattant de base.
Les différents groupes sont interdépendants, les territoires occupés sont tellement immenses
que chaque groupe doit sa survie aux autres. Leur existence tient au fait qu’ils ne peuvent ni
se désolidariser les uns des autres, ni se combattre au risque de perdre totalement leur
substance : leurs combattants de base sont aussi appelés les Moudjahidines.
Les grands commanditaires : ces groupes sont constitués, armés, sponsorisés, équipés et
soutenus par des commanditaires qui ont parfois des intérêts opposés.
Ces commanditaires couvrent le monde entier et agissent de façon différente selon le niveau
de démocratie et de l’état de droit du lieu.
Dans les pays du tiers monde, où sévissent la pauvreté, le manque de démocratie et un niveau
faible d’état de droit, les commanditaires procèdent par la violence et les conflits armés
comme c’est le cas au Mali.
Dans les pays développés et les grandes démocraties, comme la France, les commanditaires
sévissent en usant des failles juridiques, en créant une réelle insécurité économique, financière
et en s’accaparant des bénéfices de l’effort collectif et du travail des citoyens. Dans les
grandes démocraties comme la France, les commanditaires sévissent aussi par la peur et le
terrorisme afin de déplacer parfois l’attention des opinions publiques et aussi dans le but de
les y accommoder.
Ces grands commanditaires veulent imposer leur vision du monde et de la cohabitation des
peuples en s’attaquant à la liberté et à la démocratie ;

Ces grands commanditaires usent de tous les moyens pour s’enrichir sans limite et contrôler
toutes les richesses possibles.  
Ces grands commanditaires, il s’agit d’une part de l’économie et de la finance ; et d’autre part
l’islamo-fascisme (le terrorisme au nom de l’islam).
         
 Il y a une véritable insécurité mondiale et un réel danger pour la cohabitation pacifique.
Les chefs et sous-chefs des groupes : ils sont toujours présents sur le terrain et ont tous une
formation idéologique très avancée.
Ce sont de véritables communicants et de grands manipulateurs d’esprits.
Ils ne sont pas sincères, savent se protéger et se mettre à l’abri.
Les combattants de base sont leur fonds de commerce ; ils les recrutent ou les font recruter,
assurent leur formation idéologique et militaire ; ils les manipulent à toutes fins utiles.
Les combattants de base, exemple : Mohamed Merrah.  
Ils proviennent de toutes les origines possibles.
Ils ignorent les réelles causes pour lesquelles ils militent et se battent et ignorent tout de leur
chefs et commanditaires.
Ils sont soigneusement manipulés par les idéologues de l’islamo-fascisme.
Ils sont réellement convaincus et aucun doute ne subsiste dans leur engagement.
Dans le tiers monde, certains combattants de base s’engagent pour des raisons alimentaires.
*L’islamo-fascisme est une idéologie différente de l’islam. Ce sont des tendances sectaires,
revendiquant leur appartenance à l’Islam sans aucune référence, ni au Coran ni aux paroles et
à la pratique du Prophète Mouhamad (saw).
Ces courants sectaires religieux tiennent leurs forces de la guerre en Palestine et des
frustrations des opinions publiques vis-à-vis de ce conflit.
Ces courants sectaires religieux se réfèrent à des  manuels, à des pensées et à des avis de
leaders religieux qui interprètent, savent, expliquent et pensent pour autrui.
Ces leaders religieux ne se réfèrent ni à l’islam authentique, ni aux textes islamiques, ni à la
jurisprudence musulmane.
Dans l’islamo-fascisme, le doute n’est pas permis, il faut croire sans comprendre…
L’islamo-fascisme est une idéologie, une idéologie contre la liberté de pensée individuelle et
collective.
C’est un ensemble de nouvelles religions où s’approcher de Dieu reste le but ultime mais
seuls certains individus savent et sont habilités à expliquer la volonté de Dieu et les moyens
d’y parvenir.  
             
*L’islamo-fascisme : nous tirons nos données d’études et de recherches menées pendant plus de 10 ans auprès
des filières de recrutement djihadistes algériens et afghans.


C.) Risques – Recommandations et Solutions :  

C1 – Crise politique et crise de gouvernance au Mali :  

Risques:
Le risque majeur réside dans l’auto recyclage de l’oligarchie politique malienne qui a
su prendre plusieurs formes :
        - De 1968 à 1991 : dictature et corruption ;
              - De 1991 à 2002 : pseudo démocratie sous forme de montage institutionnel ayant  
                permis de couvrir les détournements de fonds publics et des aides au  
               développement.
              - De 2002 à 2013 : pareil qu’entre 1991 et 2002, avec ajout d’une forte criminalité.
             
L’opinion publique malienne et internationale risque d’être encore trompée par la
future mutation des politiques maliens qui pour brouiller leur piste, iront cette fois-ci
dans le sens de la lutte contre la corruption et de la mauvaise gouvernance.

L’intervention de la communauté internationale au Mali risque de conforter
l’oligarchie politique et financière qui sévit au Mali, si le problème du Mali n’est pas
pris dans sa globalité.
La corruption est un phénomène mondial, mais le cas du Mali a atteint un niveau
exceptionnel. Tout laxisme face aux pratiques de l’oligarchie politique et financière au
Mali risque de compromettre de façon grave la sécurité et l’économie au Sahel et au
Maghreb.
Recommandations et Solutions:
Il est plus que jamais nécessaire de mener un audit général de l’état et des institutions
au Mali sur la période allant de 1990 à 2013 afin de situer les responsabilités de
l’usage des aides publiques au développement et des fonds publics. Une commission
d’experts crédibles et indépendants Maliens, Français et Européens serait indiquée
pour mener à bien cet audit indispensable au retour à une réelle normalité au Mali.  
Le Mali reste certes un pionnier de la démocratie et des libertés selon les normes
Africaines. Le redressement du Mali permettra de rehausser ces normes Africaines et
le Mali sera un cas d’école intéressant pour comprendre la trajectoire des jeunes
démocraties Africaines.
Le Mali doit être accompagné dans le recyclage et la formation de ses associations  et
organisations de la société civile.  

C2 – Problématiques des rébellions dites touaregs :  

Risques :
Autonomie ou indépendance : ces deux concepts sont, au fond, similaires et auront les
mêmes conséquences ;

S’il y a autonomie d’une quelconque partie du Mali, il y a un risque extrêmement
élevé de voir fleurir des replis communautaires dans l’ensemble du Mali, en Algérie,
au Niger, en Mauritanie, en Libye et au Sénégal.
En cas de constitution d’un ensemble autonome au Mali, sur une base ethnique ou
géographique, très rapidement les communautés culturelles de la région de Kayes (où
il existe de gigantesques ressources minières que partagent le Mali et les
multinationales occidentales) demanderont leur autonomie ; le Niger connaîtra une
réelle fragilisation de son équilibre socioculturel et des tensions ethniques concernant
le partage des richesses ; le Sud Algérien, riche en hydrocarbures, où vivent des
millions de personnes de race négro-africaines connaîtra des revendications ethnico-
économiques ; la rébellion de Casamance au Sénégal  sera exacerbée et revigorée ;
etc…
Les Touaregs sont extrêmement minoritaires au nord  du Mali qui est très
multiculturel : tout favoritisme risquerait d’entrainer des tensions ethniques et tribales
aux formes et aux conséquences imprévisibles.
Une lecture simpliste et des interventions inappropriées dans ce conflit constitueront
une prime à la multiplication des revendications ethnico-tribale armées en Afrique.
Recommandations et Solutions:
Faire un audit de la gouvernance, de toutes les aides au développement et des fonds
publics alloués au Nord du Mali de 1990 à 2013 afin de faire un réel état des lieux ;
Faire une enquête crédible et impartiale sur toutes les exactions commises dans la
guerre au Nord du Mali ;
Désarmer le MNLA, sans aucune condition préalable, et l’inscrire dans un dialogue
politique et social ;  
Auditionner l’ensemble des communautés culturelles du Nord du Mali sur leur vécu
et les difficultés qu’elles partagent toutes, en lieu et place d’un traitement préférentiel
ethnique ;
Seuls une véritable démocratie, la liberté, le choix libre et éclairé dans les urnes, ainsi
que la bonne gouvernance restent les méthodes et les solutions justes et équitables
pour le Mali et les populations du tiers monde en général.
C3 - Les groupes armés dits islamistes au Nord du Mali :
Risques :
La Somalisation et l’Afghanisation du Mali et la contagion dans la région ;
Une guerre longue, meurtrière et coûteuse avec de grosses pertes matérielles ;

Le renforcement de l’idéologie par un sentiment injustifié mais réel d’injustice ;
Un engagement croissant de jeunes combattants au sein des filières terroristes dites
djihadistes et plus particulièrement dans l’espace francophone, avec un risque d’appel
imminent à la mondialisation du conflit ;
Les rançons obtenues à la suite de la libération d’otages par les groupes armés dits
islamistes, sont gérées de la manière suivante : 1/3 est équitablement repartis entre
tous les combattants sans exception, quelque soit le grade ; 1/3 sert à recruter et à
faire des œuvres caritatives ; le dernier 1/3 sert  à financer les caisses du « djihad
international » selon leurs termes, en somme les attentats et autres attaques
terroristes ;
Recommandations et Solutions:
La seule solution durable et véritablement efficace reste l’obtention d’une défaite
idéologique, car il s’agit d’un phénomène mondial,  récurrent, sans âge, sans
couleur et basée sur des convictions; mourir pour l’idéologie est valeureux et
constitue la plus belle récompense ;  
La meilleure défaite idéologique pour ces courants, dans le cas précis du Mali, reste
de dialoguer avec tous les groupes armés sans exception, réussir à les démanteler
pour dispatcher les combattants vers leur pays d’origine tout en faisant d’eux des
ambassadeurs de la paix, de la tolérance et des acteurs de sensibilisation ;
 
L’éducation, la sensibilisation et le contrôle des états sur les religions ;

Thomas Friedman on Mexico in the NYT



Thomas Friedman is like the Pope of both the finance world and the diplomacy people. This week in the New York Times, he wrote about on Mexico, and not as we could expect.


Selected quotes below. A must read if you're interested in Mexico.

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"IN India, people ask you about China, and, in China, people ask you about India: Which country will become the more dominant economic power in the 21st century? I now have the answer: Mexico".

"It’s as if Mexicans subconsciously decided that their drug-related violence is a condition to be lived with and combated but not something to define them any longer". 

"Mexico now is taking manufacturing market share back from Asia and attracting more global investment than ever in autos, aerospace and household goods".

"What struck me most here in Monterrey, though, is the number of tech start-ups that are emerging from Mexico’s young population".

"If Secretary of State John Kerry is looking for a new agenda, he might want to focus on forging closer integration with Mexico rather than beating his head against the rocks of Israel, Palestine, Afghanistan or Syria".

"Mexico still has huge governance problems to fix, but what’s interesting is that, after 15 years of political paralysis, Mexico’s three major political parties have just signed “a grand bargain,” a k a “Pact for Mexico,” under the new president, Enrique Peña Nieto, to work together to fight the big energy, telecom and teacher monopolies that have held Mexico back".

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Read the whole article here:
http://www.nytimes.com/2013/02/24/opinion/sunday/friedman-how-mexico-got-back-in-the-game.html?src=ISMR_AP_LO_MST_FB

24/02/2013

Focus sur le collectif Slavs and Tatars



Nouveau Festival : Focus sur le collectif Slavs and Tatars. Réflexions linguistiques et esthétiques autour de l’axe Paris – Téhéran – Moscou



L'article en integralite sur Toute la Culture ici : http://toutelaculture.com/2013/02/nouveau-festival-focus-sur-le-collectif-slavs-and-tatars-reflexions-linguistiques-et-esthetiques-autour-de-l%E2%80%99axe-paris-teheran-%E2%80%93-moscou/


A l’occasion d’Un Nouveau festival, le rendez-vous créé à Beaubourg par Bernard Blistène, directeur du département du développement culturel du Centre Pompidou, le collectif Slavs and Tatars présente de nouvelles œuvres à Paris à partir de ce mois de février. Plus habitué au MoMA et aux rives orientales des confins eurasiens – la région que ce mouvement hors norme couvre par des œuvres sous formes de textes, lectures, performances, créations hétéroclites – Slavs and Tatars entame ainsi une année très parisienne qui se poursuivra au printemps au Palais de Tokyo et à L’Ecole des Beaux Arts. Focus sur un duo d’artistes d’exception.

Lire l'article :

http://toutelaculture.com/2013/02/nouveau-festival-focus-sur-le-collectif-slavs-and-tatars-reflexions-linguistiques-et-esthetiques-autour-de-l’axe-paris-teheran-–-moscou/








Nouveau Festival : Focus sur le collectif Slavs and Tatars. Réflexions linguistiques et esthétiques autour de l’axe Paris – Téhéran – Moscou

A l’occasion d’Un Nouveau festival, le rendez-vous créé à Beaubourg par Bernard Blistène, directeur du département du développement culturel du Centre Pompidou, le collectif Slavs and Tatars présente de nouvelles œuvres à Paris à partir de ce mois de février. Plus habitué au MoMA et aux rives orientales des confins eurasiens – la région que ce mouvement hors norme couvre par des œuvres sous formes de textes, lectures, performances, créations hétéroclites – Slavs and Tatars entame ainsi une année très parisienne qui se poursuivra au printemps au Palais de Tokyo et à L’Ecole des Beaux Arts. Focus sur un duo d’artistes d’exception. 
Un collectif, deux artistes qui ne se présentent que sous leur nom d’artistes, Slavs and Tatars se trouve au cœur du dispositif du Nouveau festival du Centre Pompidou qui a débuté ce mercredi. L’amour de la langue française et quelques rendez-vous parisiens ont amené le duo polyglotte et linguiste à poser ses valises dans notre capitale pour un moment.

Maîtres des langues imaginaires

La quatrième édition du Nouveau festival du Centre Pompidou, dédié à la création contemporaine, s’intéresse cette année en particulier aux « langues imaginaires et inventées » – celles des Martiens et de Berdaguer et Péjus, d’Isidore Isou et de Jaap Blonk, d’Iliazd et de Slavs and Tatars, entre autres ! « Merveilleuse interface entre la création contemporaine et l’inventivité sociale », selon Blistène, les langues imaginaires – il en existe plus de 3000 répertoriées ! – révèlent le besoin des humains et artistes en particulier de questionner les limites de nos moyens d’expression, et le Festival s’y consacre, à travers la création contemporaine, de Babel à Dada, en passant par la langue martienne. Slavs and Tatars a parfaitement trouvé sa place dans une telle initiative. « Bernard Blistène nous a contacté quand nous étions à Varsovie, par téléphone. Il avait entendu parler de nous par Christophe Boutin et Melanie Scarciglia, de Onestar Press, qui organise l’installation Book Machine pendant le festival. Ils connaissaient notre travail exposé au Museum of Modern Art de New York parce qu’il faisait des recherches sur le poète futuriste russe Velimir Khlebnikov dont nous nous inspirons beaucoup », raconte Payam, le précurseur de Slavs and Tatars, au milieu de son univers fait de livres en russe, perse, anglais, et d’œuvres glanées lors de ses constants voyages. « Ce festival nous correspond parce qu’il est exigeant et joue d’une approche antimoderne, avec cette idée qu’il faut inventer le futur en regardant vers le passé, en préservant un devoir de lecture ».

Une ‘faction de polémiques et d’intimité 

Slavs and Tatars, c’est donc une rencontre entre un artiste, penseur, linguiste américain d’origine iranienne et une plasticienne polonaise, d’abord autour d’un groupe de lecture, qui s’est donné pour but de couvrir artistiquement et intellectuellement la région allant « de l’est du mur de Berlin à la Grande Muraille de Chine », à savoir l’Eurasie, autour de points focaux tels Téhéran, Varsovie, Moscou, Bakou et Tbilissi, se définissant comme « une faction de polémiques et d’intimité » dédiée a l’Eurasie, ses langues, cultures et pensées.
« Nous, nous pensons comme un moteur de recherche, un think tank », explique le fondateur du collectif dans son français parfait légèrement teinté d’un accent texan, étant natif de Houston. « Et l’on fabrique des résumés à notre propre destination sur cette région eurasienne que nous avons choisi d’explorer parce que nous en connaissons les langues, perse, russe, polonais, etc. Et nous explorons les terrains délaissés en occident, des thèmes comme l’islam progressiste et réformateur d’Asie centrale, le syncrétisme religieux asiatique, l’islam politique en tant qu’idéologie, les retombées sur post-communisme… Ces réflexions, nous les retravaillons à travers les questions du langage, des plateformes pour apprendre autrement ».
En résultent des œuvres aussi étonnantes que ludiques, parfois très esthétisées comme ce tapis illustrant la prononciation du phonème ‘khhhh’ commun aux langues sémitiques et russe par l’expression « Mother tongue and father throat » (littéralement : langue maternelle et gorge paternelle), un sofa recouvert d’un tapis iranien représentant l’hospitalité perse où les spectateurs sont invités à s’asseoir et lire les derniers livres du collectif, l’assemblage de livres embrochés à la façon d’un kebab littéraire…

Errants et désirants 

Selon Blistène, ces artistes sont des passeurs, des témoins d’histoires culturelles exprimées à travers la réinvention du langage. Et en effet, Slavs and Tatars utilisent toutes les formes de création disponibles pour faire passer un message, de l’humour à la mobilisation de grandes figures, telles le russe Khlebnikov, l’autrichien dadaïste Raoul Haussmann ou l’iranienne Haleh Anvari, ou encore le magazine satirique azéri du début du XXème siècle Molla Nasreddin diffusée du Maroc à l’Iran, sur lequel le collectif a publié un livre illustré a Londres qui sera distribué également aux Emirats arabes unis le mois prochain lors de la foire d’art contemporain Art Dubai.
« Nous sommes des errants », avoue l’artiste, « nous menons nos réflexions là où le dogme faiblit, aux marges de cette culture eurasiatique », poussés par le désir de mieux connaître et faire connaître, « et pour créer du dialogue, par exemple sur les liens entre le langage et le sacré, sur la pensée triangulaire, le rapport trop rare entre spiritualité et humour, et nos œuvres sont autant de talismans de ces histoires : comme dans nos travaux sur les liens entre l’Iran et la Pologne ». Un travail nommé ‘Friendship of Nations: Polish Shi’ite Showbiz’ qui relate la fascination pour le mouvement Solidarnosc en Iran, l’exode de 140 000 Polonais vers Téhéran durant la Seconde Guerre mondiale, ou les modes vestimentaires polonaises inspirées de la culture perse.

L’axe Paris – Moscou 

Au fond, avoue le jeune homme, nous n’avons pas un but artistique mais éducatif. « L’art occupe actuellement le Zeitgeist comme la mode dans les années 1990 et le cinéma dans les années 1970. On utilise donc l’art comme plateforme pour apprendre autrement ». Lui et sa partenaire revendiquent une approche ‘souk’, qui se veut généreuse et tournée vers le public, un mélange entre sculptures, images, textes, performances, objets, créations, etc. Slavs and Tatars travaille ainsi esthétiquement à travers les langues, quatre langues surtout, le russe, le polonais, le perse et le français, d’où la place de Moscou, Varsovie, Téhéran et Paris dans leurs œuvres et livres. « Moscou est ma ville idéale, Paris mon havre de paix entre  tous ces pôles », conclut Payam. Tout un programme qui se poursuivra le 7 mars au Centre Pompidou pour une conférence – performance sur les questions « du langage nécessaire à une approche mystique de la modernité et une approche affective de l’art », puis au Global Art Forum en marge de Art Dubai le 20 mars, au Künstlerhaus de Stuttgart du 9 mars au 6 mai, et à Paris ce printemps : au Palais de Tokyo et à l’Ecole des Beaux Arts. Plus de détails bientôt !

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Informations Pratiques





A partir du 20 février 2013 jusqu'au 12 mars 2013

Lieu: Centre Pompidou, Galerie Sud, Paris 1er, m° Rambuteau ou Hôtel de ville

Liens: Centre Pompidou


LEONARD SIMEON - Nouvelle expo à Auroville


Ce lundi 25 février commence à Pitanga, Auroville (Tamil Nadu, Inde) la nouvelle exposition de l'artiste Leonard Simeon. Toutes les infos ci-dessous. L'exposition durera quatre semaines.




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de la Lumière dans la peau


Après avoir écouté les mélodies célestes de la Forêt Enchantée d’Auroville, le mantra Om Namo Bhagavaté sur les lèvres, dans les oreilles et dans le cœur, l’aventure a continué sous forme de partage intime avec une  autre Aurovillienne autour de l’Agenda de Mère.
Voilà deux citations partagées qui résonnent encore aujourd’hui comme des univers inconnus :
Un petit point révèlera les infinitudes.
Sri Aurobindo, Savitri, II.I.100
Même le corps se souviendra de Dieu.
Sri Aurobindo, Savitri, XI.I.707

De ces lectures à haute voix et de ces échanges d’une qualité rare, est née l’idée de travailler sur la peau.

J’ai donc commencé à photographier en macro les peaux de différentes personnes. Puis, une fois derrière mon écran d’ordinateur, j’observais ces mondes où le fini et l’infini se côtoie.
En travaillant sur ces photos, souvent en écoutant la musique de Mère, la magie a commencé : une transparence est apparue.

Ce voyage m’a conduit à me questionner sur les limites du corps. Un univers inconnu pour moi que j’ai essayé d’exprimer à travers 2 séries intitulées Transitionet Matrice.

Mais le monde de la peau m’a rattrapé, et j’ai continué à explorer ce chemin vers l’inconnu.

Aujourd’hui, je suis heureux de partager avec vous les expériences que j’ai faites jusqu’à maintenant. J’espère que vous trouverez dans cette exposition, autant de joie que j’ai eue à la faire.

Si vous êtes curieux de voir votre peau sous un autre angle, je serais heureux de travailler avec une photo de votre peau et de voir ce qu’il en ressort après avoir écouté les mélodies célestes de la musique de Mère.

Je suis disponible à Pitanga les lundis, mercredis et samedis, ou sur rendez-vous par téléphone (9443026792) ou par e-mail (leonard@auroville.org.in).
Le travail me prendra quelques jours et vous déciderez à quelle taille et sur quel support vous voulez avoir votre impression.

Toutes les illustrations dans le catalogue présenté ici sont disponibles en grande taille sur toile ou en petite taille sur papier mat. Quelque soit votre souhait, n’hésitez pas à me contacter, et je trouverai un moyen de le satisfaire.




Light beyond skin


After having listened to the heavenly melodies of the Enchanted Forest of Auroville, with the mantra Om Namo Bhagavaté on my lips, in my ears and in my heart, the adventure went on with intimate sharings with another Aurovilian around The Mother’s Agenda.
Here are two quotes we shared which are still resonating in me today like unknown universe:
A little point shall reveal the infinitudes.
Sri Aurobindo, Savitri, II.I.100
Even the body shall remember God.
Sri Aurobindo, Savitri, XI.I.707

From both reading the Agenda out loud and these exchanges of a rare quality, the idea of working with the skin was born.

So I started to photograph in macro skins of different persons. Then, once behind my computer screen, I observed these worlds where the finite and the infinite stand side by side. By working on these pictures, often listening to Mother’s music, the magic began: a transparency appeared.

This journey led me into questioning the limits of the body. Such an unknown world to me, and yet I tried to express it in two series named “Transition“ and “Matrix”.

But the world of the skin caught me again, and I went on exploring this path to the unknown.

Today, I am happy to share with you the experiences I have had on this path so far. I hope you will find in this exhibition, as much joy as I had to do it.

If you are curious to see your skin from another angle, I would be happy to work with a photo of your skin and see what comes out after having listened to the heavenly melodies of Mother’s music.

I would be available in Pitanga Monday, Tuesday and Saturday, or on appointment by phone (9443026792) or by mail (leonard@auroville.org.in).
The work would take me a couple of days and we can discuss in which size and on which material you want to have your print.

All the artwork shown in the catalogue presented here is available on print either big size canvas or small size matt board. Whatever your joy is, please don’t hesitate to contact me and I will find a way to manifest it.

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Le site de Leonard :

La page Facebook : 



A TORT OU A RAISON - THEATRE RIVE GAUCHE


Y a-t-il un thème plus accrocheur que celui des liens entre art et politique en temps de guerre ? Surtout pour le théâtre ? Ce mois de février, le Théâtre Rive Gauche reprend le thème des premiers procès de dénazification à Berlin, présentant un face à face troublant et passionné entre deux personnages d’une force dramatique percutante dans ‘A Tort ou à raison’.
Lire la suite sur Toute la Culture :

http://toutelaculture.com/2013/02/‘a-tort-ou-a-raison’-etre-ou-ne-pas-etre-un-artiste-en-temps-de-guerre/


23/02/2013

Slavs and Tatars


Interview with Slavs and Tatars.

Impression d'avoir fait un merveilleux voyage.

Odeur de papier d’Arménie, et gout de gingembre...

http://www.slavsandtatars.com/allworks.php










22/02/2013

FOCUS ON ART DUBAI

Art Dubai:
Africa and the World Art as special guests

See galleries and artists of my personal selection here:

 Nubuke Foundation:


A2

Accra, Ghana

Nubuke Foundation, Accra is a visual and cultural arts foundation established in 2006 to support and promote high artistic talent in Ghana. Programmes include exhibitions, exchanges, talks and workshops. Nubuke (meaning 'new dawn') encourages new genres of artistic expressions and exchanges - especially with other private and state institutions, art schools and emerging artists.     

Exhibiting Artists
Ablade Glover


http://artdubai.ae/2013/galleries/nubuke-foundation



Raw Material Company

A31

Dakar, Senegal


Established in Dakar in 2008, Raw Material Company is a centre for art, knowledge and society. It promotes the growth and appreciation of African artistic and intellectual creativity, through exhibitions, commissions, creative residencies and the archiving of theory and criticism. 


Galerie El Marsa

A42
 
Tunis, Tunisia
 
Galerie El Marsa was founded in 1994 in Tunis and aims to promote artists from the Arab world and beyond. Through an array of mediums including painting, sculpture, photography and installation, the gallery engages with artists who emphasize a shared sense of humanity and emotion, highlighting a variety of coexisting attitudes and strategies in contemporary art.

Exhibiting Artists
Farid Belkahia
Meriem Bouderbala
Rachid Koraichi
Atef Maatallah
Nja Mahdaoui
Thameur Mejri
Thilleli Rahmoun
Khaled Ben Slimane


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ART DUBAI FAIR SCHEDULE 

 
DAY 1_ WEDNESDAY MARCH 20

MADINAT JUMEIRAH

 
11:00 - 14:00ART DUBAI, LADIES DAY
  
14:00 - 17:30GLOBAL ART FORUM_7
  
16:00 - 21:30ART DUBAI, OPENING NIGHT
  
17:00TOUR: Art Dubai Projects
  
17:30
BOOKS LAUNCH: Slavs & Tatars
Friendship of Nations: Polish Shiite Showbiz

Location: Art Dubai Books, Arena Foyer




16:30DISCUSSION: CAREERING
 
HANS-ULRICH OBRIST &
SHUMON BASAR (CO-HOSTS)_
 DOUGLAS COUPLAND_
 MICHAEL STIPE_

Do careers only make sense looking backwards or forwards? Did you go to art school before you became an internationally acclaimed rock star or best-selling author? Did your career have a plan? Can you have a career without having a job? If there are no more ‘jobs for life’ then are there just ‘careers for today’? What career advice would you give?
Co-director of the Serpentine Gallery, London, Hans-Ulrich Obrist and commissioner of Global Art Forum_7, Shumon Basar host a discussion with artist and novelist Douglas Coupland and artist and former REM lead singer, Michael Stipe.


DAY 3_ WEDNESDAY MARCH 20
ART DUBAI: MADINAT JUMEIRAH

15:30POLEMICS & DISCUSSION:
 MIDDLE EAST NERVOUS ANXIETY (MENA)
 OSCAR GUARDIOLA-RIVERA (HOST)_
 SLAVS & TATARS_ UZMA Z. RIZVI_ 
 SULTAN SOOUD AL QASSEMI

Where are we right now? Is it Near, Middle or Far? Why does it unnerve the West? Why is it sometimes referred to as “the region” (for lack of a better name)? What are its borders and coordinates exactly? Does it have a centre? Centres? Has fuzziness about its borders brought on confusion about what it actually is? Are we still so dis-orient-ed?
Author of What if Latin America Ruled the World? Oscar Guardiola-Rivera hosts a discussion with artists, Slavs & Tatars, assistant professor of Anthropology and Urban Studies at the Pratt Institute of Art and Design, Brooklyn,Uzma Z. Rizvi, and founder of Barjeel Art Foundation, Sultan Sooud Al Qassemi