16/07/2014

Au Nigéria, le président et les familles de Chibok ne se comprennent plus...


NIGERIABOKO HARAMGOODLUCK JONATHAN

Nigeria: nouvelle polémique autour de l’enlèvement des lycéennes

mediaLes mères des lycéennes enlevées lors du meeting du 22 avril.Reuters/Stringer

Le Président Goodluck Jonathan n'a pas rencontré hier les familles de Chibok, présentes à Abuja, comme promis lundi à la jeune militante pakistanaise, Malala Yousafzai, venue soutenir leur cause jusqu'au Nigéria. Le porte-parole du Président accuse le groupe Bring Back our Girls d'être à la solde de l'opposition. 

Plus de détails avec Mélissa Chemam - RFI
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Goodluck Jonathan serait révolté. Doyin Okupe, l'un de ses porte-parole, ce sont les familles de Chibok qui sont responsables de l'annulation de leur rencontre, et elles seraient de plus manipulées par des membres de l'opposition.

Les responsables du mouvement "Bring back our girls" rejettent fermement ses accusations.

Hadiza Usman, représentante du mouvement, a expliqué hier qu'ils attendaient que davantage de parents puissent les rejoindre à Abuja pour planifier une date de rencontre.

Mais au fond, les familles attendent surtout que le président viennent enfin les voir sur place à Chibok,

Pour Angus Ndirpaya, les arguments de la Présidence sont donc insultant : "nos femmes sont déjà aller à la présidence et elles ont été très mal reçues, nous ne voulons pas répéter cette expérience.
Et surtout, nos filles sont toujours dans la brousse... Si le Président veut montrer sa sympathie aux eprsonnes qui ont souffert, il va les voir, ce n'est pas à elles de venir".

Goodluck Jonathan avait planifié puis annulé une visite sur place en mai, près d'un mois après l'enlèvement des 276 filles le 14 avril dernier, pour des raisons de sécurité.

Pour Leena Hoffmann, chercheuse au Nigéria pour le groupe londonien Chatham House, la réponse brutale et insensible des autorités est contre-productive : "leur principal défi est d'obtenir la confiance de ces communautés, pour qu'elles acceptent la stratégie du gouvernement, et cela est difficile en ce moment à cause de la politique de communication de la présidence".

Le président a adressé une nouvelle invitation aux  famille, selon son porte-parole, la rencontre pourrait avoir lieu "la semaine prochaine".

15/07/2014

NIGERIA : arrestation d'un leader de Boko Haram, mais rapport alarmant d'HRW

Au Nigéria, la police a annoncé une arrestation qu'elle juge cruciale, celle d'un commandant de Boko Haram
Surnommé le "boucher en chef", Mohammed Zakari, a été arrêté au cours d'une opération contre un des camps du groupe islamiste armé dans le Nord-Est. L'opération a eu lieu samedi. Mais l'annocen intervient alors que Human Rights Watch publie un rapport sur l'explosion des actions de Boko Haram depuis 2014 et l'incapacité des autorités nigérianes à les juguler. 

Les détails avec Mélissa Chemam.

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Mohammed Zakari, 30 ans, a été arrêté lors d'une opération contre Boko Haram dans la forêt de Balmo, au coeur de l'Etat de Bauchi. Il a été trouvé "suite à un assaut majeur des forces de l'ordre contre les activités du groupe" samedi dernier, selon la police, qui l'accuse d'avoir participé "au massacre récent de sept personnes, dont des femmes et des enfants".

Le porte-parole du Ministère de l'Intérieur, George Obu, rapporte ces détails :
arrêté vers 14h heure locale, Mohammed Zakari serait susceptible de faire avancer les enquêtes de la police sur les attaques récentes et peut-être même sur l'enlèvement des jeunes filles de Chibok.

Selon la police nigériane, la forêt de Balmo est une des bases opérationnelles important du groupe extrémiste, de laquelle il mène ses attaques sanglantes dans tout le le Nord-Est du pays, l'Etat de Bauchi étant un de ceux qui a été le plus durement touché par l'insurrection.

Groupe très fracturé, avec des cellules autonomes, qui ont sûrement leurs propres chefs, Boko Haram n'a pour l'instant pas pu être refréné. Au contraire, depuis la mise en place de l'Etat d'urgence dans trois Etats du nord-est par l'armée, les actions de la secte se sont multipliées.

Selon l'ONG HRW, 2053 personnes sont mortes dans ses attaques depuis le début de l'année 2014, au cours de 95 attaques, un chiffre alarmant, dont certains crimes qualifiables de crimes contre l'humanité. Par ailleurs, la réponse des autorités a engendré des exactions sur la population civile, par des éléments de l'armée, affirme HRW, des accusations relayées par de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme.

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Analyse : "une annonce symbolique"

Ce genre d'annonce a avant tout une portée symbolique, selon Pauline Guibbaud, chercheuse pour le GRIP - le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité à Bruxelles, sur l'Afrique de l'ouest, auteur d'un livre sur Boko Haram...

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A écouter sur Rfi et Rfi.fr

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- See more at: http://www.grip.org/fr/node/1#sthash.6pUfAnv0.dpuf


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Human Right Watch a donc publié ce mardi un rapport dévoilant des chiffres alarmants de victimes de Boko Haram :

2053 personnes sont mortes dans des attaques de la secte islamiste au Nigéria depuis le début de l'année 2014, au cours de 95 attaques. Ces chiffres sont annoncés après plusieurs travail d'enquête de Human Rights Watch et d'analyses de rapport de médias et d'ONG de défense des droits de l'homme.

Selon Corinne Dufka, analyste pour l'ONG HRW qui a réalisé ce rapport, les crimes commis par Boko Haram peuvent être qualifiés de crime de guerre et crimes contre l'humanité:

Par ailleurs, la réponse des autorités a engendré des exactions sur la population civile, par des élements de l'armée, affirme HRW, des accusations relayées par de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme.

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Le rapport ici (en anglais) :

http://www.hrw.org/news/2014/07/15/nigeria-boko-haram-kills-2053-civilians-6-months


Centrafrique : un mois de juin sanglant, selon HRW, les violences s'amplifient dans un cycle de représailles



Il faut de toute urgence mettre en œuvre une stratégie de protection des civils
15 JUILLET 2014
« La violence sectaire se déplace vers l'est de la République centrafricaine, frappant de nouvelles communautés. Les forces de maintien de la paix françaises et de l'Union africaine déployées à Bambari en nombre limité sont incapables de protéger adéquatement les civils et de mettre fin aux massacres – bien que sans leur présence, l'effusion de sang aurait probablement été pire. »
Daniel Bekele, directeur de la division Afrique
(Nairobi, le 15 juillet 2014) – Un cycle infernal de violence sectaire s’aggrave dans l'est de laRépublique centrafricaine. Des dizaines de civils ont été tués depuis le début de juin 2014 et des dizaines de milliers de personnes ont abandonné leurs foyers, venant s’ajouter aux centaines de milliers de personnes qui ont déjà fui leurs maisons depuis que la violence a commencé en mars 2013.

Une mission de recherche menée par Human Rights Watch en juin a révélé qu'au moins 62 personnes ont été tuées entre le 9 et le 23 juin 2014 à Bambari et dans ses environs, dans la préfecture d’Ouaka, dans le centre du pays, lorsque les affrontements entre les rebelles principalement musulmans de la Séléka et les milices anti-balaka chrétiennes et animistes se sont intensifiés. Des témoins des deux camps ont souvent décrit les attaques comme des mesures de représailles, reflétant un cycle croissant de vengeance meurtrière réciproque entre communautés. La plupart des victimes étaient des hommes qui ont été tués à coups de machette.

« La violence sectaire se déplace vers l'est de la République centrafricaine, frappant de nouvelles communautés », a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique. « Les forces de maintien de la paix françaises et de l'Union africaine déployées à Bambari en nombre limité sont incapables de protéger adéquatement les civils et de mettre fin aux massacres – bien que sans leur présence, l'effusion de sang aurait probablement été pire. »

Les attaques ont commencé le 9 juin, lorsque des rebelles de la Séléka ainsi que des membres de l'ethnie peule ont attaqué le village majoritairement chrétien de Liwa. En représailles, le 23 juin, les forces anti-balaka ont attaqué la communauté peule voisine à Ardondjobdi. Plus tard ce jour-là, les rebelles de la Séléka et des membres de la communauté musulmane ont attaqué les quartiers chrétiens de Bambari.

« Quand j'ai vu les assaillants arriver, j'ai rassemblé les enfants pour les faire sortir du village », a expliqué un homme qui a survécu à l'attaque à Ardondjobdi. « À ce moment-là, j'ai été blessé au visage. J'ai essayé de continuer à aider les femmes et les enfants, mais j'ai été blessé de nouveau au bras. Tandis que je courais, mon frère a été touché au côté par une balle. Je ne pouvais pas le sauver et nous avons dû l’abandonner. »

Selon les Nations Unies, la violence se poursuit. Tout récemment, le 7 juillet, une attaque brutale menée par des rebelles qui appartiendraient à la Séléka contre des milliers de personnes déplacées se réfugiant dans la paroisse Saint-Joseph à Bambari et la résidence adjacente de l'évêque a tué au moins 27 personnes.

Les forces françaises ont indiqué qu’elles avaient pris position autour de la cathédrale vers 16 heures, une heure après le début de l'attaque. Elles ont affirmé avoir tiré sur les assaillants et déployé des hélicoptères pour tenter de mettre fin à la violence.

Les attaques, causant des pertes civiles à grande échelle ainsi qu’une destruction et des déplacements massifs, reproduisent la violence qui a dévasté des régions de l'ouest de la République centrafricaine, déchirée par la guerre depuis plusieurs mois. Ceci laisse craindre que le conflit sectaire se déplace constamment vers l'est et risque de déstabiliser le pays encore davantage.

Le 30 mai, la présidente par intérim de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, reconnaissant l’incapacité du système judiciaire national à faire face à l'ampleur des crimes commis, a officiellement demandé à la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une nouvelle enquête sur les crimes graves commis dans ce pays.

« Les dirigeants de la Séléka et des forces anti-balaka doivent immédiatement prendre des mesures pour mettre fin au cycle terrible de violence contre les civils », a déclaré Daniel Bekele. « La procureure de la CPI devrait ouvrir une enquête et le gouvernement intérimaire devrait pleinement restaurer son système judiciaire. Cela enverra aux responsables de ces atrocités le signal fort que la justice est imminente. »

La mission de l'ONU en République centrafricaine, la MINUSCA, devrait examiner d'urgence les graves violations des droits humains commises à Bambari et publier un rapport dans les plus brefs délais.

À la suite de ces attaques, la plupart des habitants de Bambari ont fui pour se réfugier dans des églises à proximité et aux environs des bases des forces de maintien de la paix de l'UA et de la France. À la date du 25 juin, environ 21 000 habitants étaient déplacés dans des camps de fortune répartis tout autour de la ville.

Les troupes de maintien de la paix françaises stationnées à Bambari dans le cadre de l'opération Sangaris ont apporté de l’aide à certains résidents qu’elles ont transportés vers des lieux de refuge. Elles ont également effectué des patrouilles à Bambari et dans les zones rurales environnantes, envoyant notamment des troupes dans des camps de déplacés pour offrir une protection. Ces actions sont susceptibles d'avoir contribué à réduire le nombre de morts. Le 26 juin, les soldats français ont recouru à la force pour arrêter une attaque anti-balaka contre Bambari, tuant plusieurs combattants.

Les forces gabonaises déployées dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l'UA connue sous le nom de MISCA ont également effectué des patrouilles sporadiques et ont aidé à protéger les quelque 3 000 personnes qui avaient fui pour se réfugier à la gendarmerie locale.

Le 10 avril, le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé la création d'une opération de maintien de la paix comportant près de 12 000 membres afin de protéger les civils et de faciliter l'accès humanitaire en République centrafricaine. Elle est censée prendre le relais des forces de maintien de la paix de l'UA – la MISCA - en septembre.

« La population de Bambari ne peut pas attendre jusqu'à septembre pour être protégée contre cette violence brutale », a conclu Daniel Bekele. « Les forces de maintien de la paix françaises et de l’Union africaine doivent de toute urgence élaborer une meilleure stratégie pour protéger les civils et mettre fin au cycle de mort et de destruction à Bambari. »

Attaques à Bambari et dans ses environs 
Un chercheur de Human Rights Watch a interrogé 35 témoins et victimes des communautés touchées par la violence à Bambari et dans ses environs. Les personnes interrogées ont affirmé que cette ville avait été relativement calme jusqu'à fin mai ou début juin, lorsque des sources locales ont signalé que plusieurs membres de la communauté nomade ethnique des Peuls avaient été tués par les forces anti-balaka dans les zones rurales au sud de Bambari. Ceci a déclenché le cycle de vengeances meurtrières.

Liwa
Le 9 juin, des rebelles de la Séléka ainsi que des membres de l’ethnie peule ont attaqué Liwa, un village à majorité chrétienne situé à dix kilomètres au sud de Bambari. Au moins dix personnes ont été tuées lorsque des assaillants à moto ont tiré sur les habitants et incendié des maisons. Le père d'une victime a décrit comment le lendemain matin, il a découvert le corps de son fils « tué par balle, puis lacéré au visage avec une machette ».

Les personnes qui ont survécu ont cherché refuge dans une paroisse catholique de Bambari. Un chercheur de Human Rights Watch qui s’est rendu à Liwa deux semaines plus tard a trouvé le village complètement détruit, ses 169 maisons réduites en cendres.

Une survivante a décrit comment elle a été épargnée lorsque ses deux cousins ​​ont été tués :
Nous arrivions des champs et nous avons vu six Peuls sur la route. Ils ont pointé leurs fusils et nous ont dit de lever les mains en l’air. J'avais un bébé dans les bras. Ils ont tiré sur [mes deux cousins​​]. Puis l’un d’eux a brandi un arc et a pointé la flèche sur moi, mais un autre lui a dit : « Non, elle est notre sœur, nous ne sommes pas venus ici pour tuer des femmes. » J'ai couru dans la brousse et y suis restée toute la nuit jusqu'à l'aube.
Un autre survivant a déclaré :
Lorsque la fusillade a commencé, nous avons quitté nos maisons et couru dans la brousse. Nous y avons passé la nuit. Le lendemain matin ... nous avons enterré les corps.
Ardondjobdi
Tôt dans la matinée du 23 juin, les forces anti-balaka ont riposté en attaquant la communauté peule voisine à Ardondjobdi, à un kilomètre de Liwa, alors que les hommes achevaient leurs prières du matin. Au moins vingt personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées, pour la plupart à la suite de coups de machette portés à la tête et au cou. Trois victimes ont eu la gorge tranchée alors qu'elles se trouvaient encore à l'intérieur de la mosquée locale.

Un survivant peul a déclaré à Human Rights Watch que pendant qu'il luttait pour se défendre avec son arc et ses flèches, les forces anti-balaka ont poussé sa femme et son fils d’un an et demi ans dans une maison en feu. Plus tard, il a retrouvé le corps brûlé de sa femme, tenant toujours leur enfant dans ses bras. Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que parmi les assaillants anti-balaka se trouvaient des hommes de Liwa qu'ils connaissaient.

Un homme témoin de l'attaque a déclaré :
J'avais déjà prié et j'étais à la maison en train de me préparer pour la journée. J'ai entendu un grand bruit, alors je suis sorti et j'ai vu des gens qui couraient en criant : « Les anti-balaka sont là ! Les anti-balaka sont là! » Les gens couraient et soulevaient la poussière partout. J'ai vu des anti-balaka accroupis et pointant leurs fusils. Ils nous avaient encerclés ... Ils couraient et nous attaquaient par petits groupes de dix. L'un d’eux avait une kalachnikov et les autres avaient des fusils de fabrication artisanale et des machettes. Ils tiraient sur les gens avec le fusil fabriqué maison et ensuite les attaquaient avec une machette. Ils ont attaqué et brûlé les maisons.
Un survivant en larmes a énuméré les cinq membres de sa famille tués le 9 juin :
Mon père Aladi Ali Garga a été tué ; il était âgé de 68 ans. Mon petit frère Moussa Garba a été tué ; il avait environ 29 ans. Il a été tué par des coups de machette au cou. Mon autre frère Adamou a également été tué par des coups de machette au cou. Mon cousin Amindou, qui était âgé d’une vingtaine d’années, a également été tué. Il s’est fait tirer dessus, puis ils l’ont achevé à coups de machette. Mon fils, Adimou Bozizé, a également été tué. Il était dans la maison quand ils y ont mis le feu. Je pense qu'il est juste resté à l'intérieur et y est mort. Il avait 7 ans.
Bambari
Plus tard dans la journée du 23 juin, quand la communauté musulmane et les rebelles de la Séléka, dont le commandement militaire est basé à Bambari, ont entendu parler de l'attaque perpétrée à Ardondjobdi, ils ont attaqué les quartiers chrétiens de Bambari. Ils s’en sont pris tout particulièrement aux quartiers situés sur la route de Liwa, notamment Mbrepou, Logodé, Saint-Joseph I et II. Au moins 32 personnes ont été tuées lors de ces attaques de représailles commises à Bambari, mais leur nombre pourrait en fait être beaucoup plus élevé, car certaines familles ont rapidement enterré leurs proches plutôt que de risquer d’apporter leur corps à la morgue.

Les rebelles de la Séléka ont été rejoints par des résidents musulmans de Bambari, que certaines des victimes ont reconnus. Dans un cas, une femme qui s'est cachée dans sa maison a reconnu les assaillants qui ont défoncé sa porte comme étant des résidents musulmans du quartier de Borno, un quartier à majorité musulmane de Bambari. Les assaillants ont tiré sur son voisin âgé de 23 ans, qui avait couru se réfugier dans la maison, et sur son frère âgé de 25 ans, qui se cachait dans une autre pièce. Quand sa mère a poussé des cris en réaction au meurtre de son fils, les agresseurs s'en sont pris à elle et l’ont tuée en lui tranchant la gorge avec une machette.

Le commandant des forces armées de la Séléka, le général Joseph Zoundeko, a nié que les rebelles de la Séléka aient participé aux attaques. « Les attaques de Bambari étaient des représailles menées par les membres des familles des victimes peules », a-t-il affirmé à Human Rights Watch. Néanmoins, un grand nombre de témoins ont assuré avoir bien vu des combattants en uniforme de la Séléka parmi leurs agresseurs.

Un survivant du quartier Saint-Joseph II présentant de profondes blessures à la tête et au pied a déclaré à Human Rights Watch :
Les assaillants sont venus d'une petite rivière ... J'ai emmené ma famille dans la maison et les assaillants ont commencé à défoncer la porte. Nous avons été attaqués par dix personnes. Ma famille n'a pas été blessée dans l'attaque, mais j'ai été emmené dehors et frappé à la tête et sur le corps à coups de machette. J'ai perdu connaissance et je suis tombé à terre. Avec tout le sang, ils ont tous pensé que j'étais mort. J'ai à peine ouvert les yeux et j'ai pu voir qu'ils s'en allaient, alors je me suis trainé jusque dans la douche et me suis évanoui.
Un autre survivant, un homme âgé du quartier Saint-Joseph I, souffrait déjà d'une blessure, mais cela n'a pas empêché ses agresseurs de tenter de le tuer :
[Les assaillants] ont dit : « Nous allons te tuer aujourd'hui. » J'ai répondu : « Non, pardon. Regardez-moi. Pensez-vous que je peux faire la guerre dans cet état ? »
Mais ils m’ont alors donné un coup de machette sur le bras gauche, puis ils m'ont frappé à la main droite et au pied droit. Ensuite, ils m'ont tiré dans la cuisse droite. J'étais déjà assis quand ils m'ont frappé et je suis tombé sur le sol. Je les ai vus s’éloigner un peu et ils ont pensé que j'étais mort. J'ai commencé à ramper ... J’essayais de couvrir mes traces tout en me déplaçant. Mais je les ai entendus revenir. Ils ont dit : « Mais où est-il ? » C’est alors qu’ils m’ont vu couché sur le sol et ils ont crié : « Papa ! Reviens ! » Mais j'ai fait semblant d’être mort et ils ont dû le croire parce qu'ils sont partis.
Une survivante du quartier de Logodé I a subi un tir parce qu'elle n'avait pas donné d'argent à des soldats en uniforme de la Séléka. Elle a confié que lorsque les membres de la Séléka sont venus à sa porte :
J'ai mis mes enfants sous le lit pour les cacher. Les membres de la Séléka ont défoncé la porte et m'ont ordonné de leur donner de l'argent. J'ai répondu : « Je n'ai pas d'argent. » Un soldat a dit : « Tu dis que tu n'as pas d'argent mais si je te tire dessus, tu n’auras toujours pas d'argent ? » Il m'a alors tiré une balle dans la jambe droite et je suis tombée. Il a ensuite pris l'argent que j'avais caché dans mes vêtements.
La veuve d'un homme tué dans le quartier de Mbrepou a déclaré :
Les Peuls sont arrivés à notre maison. J'étais déjà dehors et ils ont ordonné à [mon mari] de revenir dans la maison. Ensuite, je les ai entendus dire : « Sors tous tes sacs et donne-nous ton arme. » Il n'avait pas d’arme à feu. Puis j'ai entendu [mon mari] crier : « Oh maman, je suis en train de mourir ! » J'ai ensuite entendu des coups de feu. Je suis restée dans la maison d'un voisin, mais ils ont ensuite commencé à mettre le feu aux maisons alors j'ai pris la fuite en courant ... Plus tard ce jour-là, je suis allée à l'hôpital et je l'ai trouvé en vie. Mais sa tête avait été ouverte par une machette et il avait reçu une balle dans le côté. J'ai pu parler avec lui, mais trois heures plus tard il est mort. Je suis restée avec lui jusqu'à la fin. Nous n’étions mariés que depuis trois mois.
Le 23 juin, un homme a été témoin du meurtre d’Alexis Gomatchi, un boucher d’âge mûr, qui avait fui pour se réfugier dans la paroisse Saint-Joseph. Gomatchi avait installé sa table à environ 80 mètres de la paroisse afin de vendre de la viande aux personnes qui y avaient trouvé refuge. Le témoin a déclaré :
Il était toujours là à sa table quand les musulmans sont arrivés. Ils étaient cinq, l'un d'eux en uniforme et portant une kalachnikov. Les autres avaient des machettes. Ils se sont approchés d’Alexis, alors que je courais vers le haut de la colline en direction de l'église. Alexis a levé ses mains en l’air et ils lui ont juste tiré une balle dans la poitrine ; il s’est effondré contre l'arbre.

Nigeria: HRW reports that Boko Haram Kills 2,053 Civilians in 2014

I just spoke with the Human Rights Watch researcher on Nigeria. Interview to follow.

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For Immediate Release
Nigeria: Boko Haram Kills 2,053 Civilians in 6 Months
Apparent Crimes Against Humanity



The aftermath of a bomb explosion on April 14 that killed more than 71 people in a bus station near Nigeria's capital city of Abuja.

(Abuja, July 15, 2014) – The Islamist insurgency Boko Haram in Nigeria killed at least 2,053 civilians in an estimated 95 attacks during the first half of 2014, Human Rights Watch said today. The figures are based on detailed analyses of media reports as well as field investigations. The killings and other abuses were part of widespread attacks on civilians in over 70 towns and villages in northeastern Nigeria, in the federal capital, Abuja, and elsewhere that are apparent crimes against humanity.

There has been a dramatic increase during 2014 in the numbers of casualties from bomb blasts, including several apparent suicide bombings. Since January, at least 432 people have been reported killed in 14 blasts in crowded marketplaces, a brothel, a technical college, and, on two occasions, places where people were watching soccer matches. Three of these attacks were in Maiduguri, the Borno state capital; two in Kano; two in Jos, the Plateau state capital; and three in Abuja, the federal capital. The Abuja attacks may demonstrate a southward trend of Boko Haram operations, Human Rights Watch said.

“Boko Haram is effectively waging war on the people of northeastern Nigeria at a staggering human cost,” said Corinne Dufka, West Africa director at Human Rights Watch. “Atrocities committed as part of a widespread attack on civilians are crimes against humanity, for which those responsible need to be held to account.”




Boko Haram is effectively waging war on the people of northeastern Nigeria at a staggering human cost. Atrocities committed as part of a widespread attack on civilians are crimes against humanity, for which those responsible need to be held to account.
Corinne Dufka, West Africa director.

The bulk of the attacks and casualties credibly reported and investigated by Human Rights Watch took place in Borno State, the birthplace of Boko Haram, where 1,446 people died. Attacks killed 151 in Adamawa state and 143 civilians in Yobe state.

Human Rights Watch compiled the figures by analyzing credible local and international media reports, and the findings of human rights groups, as well as interviewing witnesses and victims of numerous attacks. The media reports generally quoted villagers, hospital and morgue workers, police and military officials, and local leaders who had observed, registered, counted or buried the dead. In the vast majority of cases, Boko Haram forces appeared to deliberately target civilians.

Since 2009, Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad, Nigeria’s Islamist insurgency popularly known as Boko Haram, has waged a violent campaign against the government to impose its authority under Sharia (Islamic) law. Widespread poverty, corruption, security force abuses, and longstanding impunity for a range of crimes have created a fertile ground in Nigeria for militant armed groups like Boko Haram.

The pace of attacks has dramatically intensified in remote villages since May 2013, when the federal government imposed a state of emergency in the northern states of Borno, Adamawa, and Yobe.

In many of the attacks Boko Haram gunmen fired on civilians, such as people gathered in busy marketplaces, places of worship, and residential neighborhoods. In three villages in Gwoza Local Government Area, Borno State, in early June, Boko Haram fighters impersonated military personnel to round up hundreds of villagers, then opened fire on them, media reports said. Two local chiefs from Attagara, one of the villages, told journalists they had buried 110 people killed in the attack.

On May 6, Boko Haram fighters allegedly killed 336 villagers in the twin towns of Gamboru-Ngala during an attack in which they used two armored personnel carriers they had stolen from the Nigerian military several months earlier. Residents reported that the villages had been burned to the ground.

Boko Haram’s kidnapping of 276 girls from a school in Chibok in April was not its only attack on schools in the northeast. In February, Boko Haram militants locked the doors to a boys’ dormitory of the Federal Government College of Buni Yadi, a secondary school near Damaturu, Yobe State and set the building on fire, killing 59.

Boko Haram forces have abducted and otherwise abused hundreds of women and girls during the attacks. Human Rights Watch will release a report in coming weeks on abuses by Boko Haram against girls and women, based on interviews with victims and witnesses in June. The report will also examine the deficiencies in the Nigerian government’s response to these abuses.


Apparent Crimes Against Humanity

The killings and other abuses by Boko Haram appear to rise to the level of crimes against humanity. The Rome Statute of the International Criminal Court, to which Nigeria is a party, defines crimes against humanity as various criminal offenses, including murder, torture and rape that are “committed as part of a widespread or systematic attack directed against any civilian population, with knowledge of the attack.” Such crimes can be committed by a government or a non-state group. They must be widespread or systematic, but need not be both. “Widespread” refers to the scale of the acts or number of victims. A “systematic” attack indicates “a pattern or methodical plan.”

Since 2009, and increasingly since mid-2013, Boko Haram has carried out several hundred attacks against civilians and civilian structures in schools, marketplaces, and places of worship in villages, towns and even cities. The nature and frequency of the attacks indicate the actions of an organized movement. This is evidenced by the presence of convoys of trucks, motorbikes, and occasionally armored personnel carriers with well-armed gunmen; the fashion in which gunmen were seen deploying in and around the target or setting up checkpoints; and the planning required to infiltrate the cities in which attacks took place.

Human Rights Watch and other national and international human rights groups have also documented abuses by the Nigerian Security Forces since 2009 as they responded to the attacks by Boko Haram. These include excessive use of force, burning homes, physical abuse, and extrajudicial killings of those suspected of supporting Boko Haram. Amnesty International found that following a March 14 Boko Haram attack on Giwa Barracks that led to the escape of hundreds of detainees, the security forces executed hundreds of the unarmed recaptured detainees.

Security forces have rounded up hundreds of men and boys suspected of supporting Boko Haram, detained them in inhuman conditions and physically abused or killed them. Many others have been forcibly disappeared. The Nigerian government should account for the “disappeared” and ensure that all law enforcement operations are conducted in full accordance with international human rights standards.

“No matter how egregious the violence, Nigerian security forces engaged in operations against Boko Haram may not operate outside the law,” Dufka said. “The Nigerian government should recognize that it needs to protect its population both from Boko Haram and from abusive members of its own military and police.”

For more Human Rights Watch reporting on Nigeria, please visit:
http://www.hrw.org/en/africa/nigeria

14/07/2014

Nigéria : La jeune Pakistanaise Malala Yousafzai aux chevets de "Bring Back Our Girls"


Malala Yousafzai, la jeune Pakistanaise qui a survécu à une blessure par balle à la tête infligée par les Talibans dans son pays, devenue depuis militante pour les droits des jeunes filles à l’éducation, est au Nigéria. Elle a rencontré les familles des jeunes filles retenues par la secte Boko Haram depuis trois mois jour pour jour, les autorités et des militants pour le droit à la scolarisation. Les Nations-Unies ont déclaré le jour de son anniversaire, le 12 juillet, « Malala Day » en son honneur, et celui de son combat pour la scolarisation des filles.

Mélissa Chemam pour RFI
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« Nous sommes venus exprimer notre solidarité avec vous, nous sommes avec vous, nous impliquons dans votre campagne, Bring Back Our Girls, pour que nos filles reviennent, car je vois ces filles comme des sœurs, elles sont mes sœurs », Malala Yousafzai.

Malala Yousafzai a fêté ainsi ses 17 ans non chez elle au Pakistan mais au Nigéria. Depuis samedi, elle rencontre des familles de Chibok dont les filles ont été enlevées il y a exactement trois mois.

La rencontre, filmée et diffusée sur de nombreuses télévisions du monde, a été émouvante, pour les parents des jeunes Nigérianes tout comme pour le père de Malala, qui l’accompagne. Beaucoup de parents lui ont confirmé n’avoir aucune nouvelle de leur fille, et n’avoir vu aucun renfort de police et de l’armée à Chibok, une rencontre qui compte beaucoup pour Malala :

Malala Yousafzai : « avant de venir, j’avais entendu l’histoire des filles kidnappées, c’était sur Twitter, c’était partout. Mais je ne savais pas vraiment ce que ressentaient les parents. En venant ici, en les rencontrant, je les ai tous vu pleurer, j’ai eu envie de pleurer et mon père a pleuré aussi…
Mon principal espoir est que ma voix ait un impact et  qu’elle parle au Président pour qu’il agisse pour la libération des filles ».

Reçue par le Président nigérian, Goodluck Jonathan, à Abuja, Malala a souligné le lien entre le manque d’éducation et la violence politique. Selon elle, le président nigérian a promis que les 219 filles encore détenues par Boko Haram seraient bientôt « de retour », tout en reconnaissant que leur situation est trop compliquée pour organiser une opération militaire de libération. Malala, elle, a promis de ne pas oublier leur cause.

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Les photos prises par le porte-parole du Président nigérian Goodluck Jonathan, Reuben Abati/
http://instagram.com/p/qb623LQIVI/?modal=true

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NIGERIABOKO HARAM

L'inquiétude des proches des lycéennes enlevées par Boko Haram

mediaUne manifestation à Lagos pour demander le retour des adolescentes enlevées, le 5 mai 2014.REUTERS/Akintunde Akinleye
Il y a trois mois, près de 200 lycéennes étaient enlevées dans l'État du Borno, au Nigeria, par Boko Haram. Le président Goodluck Jonathan a annoncé la création d’un fonds d’aide aux victimes du mouvement islamiste, et l'envoi de troupes supplémentaires dans la région de Borno. Mais ces mesures ne suffisent pas à rassurer les proches des lycéennes enlevées.
Alors que les familles désespèrent de voir revenir leurs filles enlevées par Boko Haram, le président Goodluck Jonathan a annoncé la création d’un fonds d’aide aux victimes de la secte islamiste. Ce fonds fait partie de la « Presidential Initiative in the North East », l’Initiative présidentielle pour le nord-est du Nigeria.
Le président et le parti au pouvoir semblent multiplier les déclarations pour contrer les critiques et reproches d’inaction face à Boko Haram. Mais ces efforts ne suffisent pas à persuader l’opinion que les filles vont enfin être libérées.
Angus est l'oncle par alliance de l’une de ces jeunes femmes. Il témoigne sur RFI.
Nos filles sont toujours entre les mains des insurgés. Nous n'avons pas vu la moindre preuve tangible que le gouvernement agit concrètement pour les sauver.
L'inquiétude de l'oncle de l'une des jeunes femmes enlevées par Boko Haram au Nigeria - joint par Melissa Chemam14/07/2014Écouter


NIGERIA : trois mois après l'enlèvement des filles de Chibok...


NIGERIABOKO HARAM

L'inquiétude des proches des lycéennes enlevées par Boko Haram

mediaUne manifestation à Lagos pour demander le retour des adolescentes enlevées, le 5 mai 2014.REUTERS/Akintunde Akinleye
Il y a trois mois, près de 200 lycéennes étaient enlevées dans l'État du Borno, au Nigeria, par Boko Haram. 
Alors que les familles désespèrent de voir revenir leurs filles enlevées par Boko Haram, le président Goodluck Jonathan a annoncé la création d’un fonds d’aide aux victimes de la secte islamiste. Ce fonds fait partie de la « Presidential Initiative in the North East », l’Initiative présidentielle pour le nord-est du Nigeria.
Le président et le parti au pouvoir semblent multiplier les déclarations pour contrer les critiques et reproches d’inaction face à Boko Haram. Mais ces efforts ne suffisent pas à persuader l’opinion que les filles vont enfin être libérées.


Angus est l'oncle par alliance de l’une de ces jeunes femmes. Il témoigne sur RFI :

Nos filles sont toujours entre les mains des insurgés. Nous n'avons pas vu la moindre preuve tangible que le gouvernement agit concrètement pour les sauver.
L'inquiétude de l'oncle de l'une des jeunes femmes enlevées par Boko Haram au Nigeria [nid:1125899]14/07/2014Écouter
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  • "La petite soeur de la femme de mon fils se trouve  parmi les filles enlevées et je parle régulièrement à sa mère régulièrement, nous sommes du même village et la dernière fois que le village a été attaqué, elle était dans un lieu proche et j'ai dû la convaincre de la pas retourner sur place. Nous restons tous en brousse car c'est vraiment dangereux. Surtout que mêmes les militaires sont dangereux pour nous . Le gouvernement affirme avoir déployé 20.000 soldats dans la région de Borno, alors nous espérions qu'avec ce niveau de forces sur le terrain, on pourrait espérer une amélioration du niveau de sécurité pour les habitants mais ce n'est pas le cas et c'est pour cela que nous sommes inquiets. Et de plus nos filles sont toujours dans les mains des insurgés. Or nous n'avons vraiment pas vu la moindre preuve tangible que le gouvernement agit concrètement pour sauver ces filles ; c'est vraiment inquiétant. Et notre population a pratiquement cessé de croire ce gouvernement, c'est la vérité".


11/07/2014

NIGERIA : enlèvement de Chibok, bientôt trois mois... #BringBackOurGirls


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Nigéria: un fonds d'aide présidentiel pour aider les victimes de Boko Haram

mediaDes habitants de l’Etat de Borno, au Nigeria, se sont regroupés en milice d’auto-défense pour lutter contre la menace de Boko Haram.REUTERS/Joe Penney

 Au Nigeria, lundi, cela fera trois mois que plus de 200 lycéennes ont été enlevées à Chibok, dans l'Etat du Borno. 

Alors que les familles désespèrent de voir revenir leurs filles enlevées par Boko Haram, le Président Goodluck Jonathan a annoncé la création d’un fond d’aide aux victimes de la secte islamiste. Il fait partie de la "Presidential Initiative in the North East" (PINE), l’Initiative présidentielle pour le Nord est du Nigéria.
Le président et le parti au pouvoir semble multiplier les déclarations pour contrer les critiques et reproches d’inaction face  à la secte islamiste Boko Haram, mais ces efforts suffiront-ils à persuader l’opinion, notamment dans le nord musulmans du pays ?

Mélissa Chemam pour RFI

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Goodluck Jonathan a lancé un fond de 30 milliards de naïras pour les victimes de Boko Haram, l’équivalent de 135 millions d’euros.
Selon son porte-parole, Reuben Abati, un tiers sera financé par les autorités, les deux autres grâce aux dons d’hommes d’affaires, de Nigérians de la diaspora et du secteur privé.

Le fonds doit être débloqué ce 16 juillet et sera affecté à la reconstruction d’établissements publics et notamment d’écoles détruites par les attaques de la secte islamiste dans le nord-est du pays. Le but est aussi de venir en aide aux veuves et orphelins. La gestion du fonds est confiée à deux militaires : les généraux Theophilios Danjouma et Fola Adiola.

Malgré cette annonce, beaucoup dans le nord du pays doutent de la volonté du gouvernement, critiqué pour son incapacité face à Boko Haram, pour l’absence de réactivité des militaires dans certains cas mais aussi pour la violente répression contre les populations musulmanes des régions où la secte est active.
Hier les services secrets sud-africains ont établi un compte-rendu accablant de ces exactions et manquement, dont la presse a eu connaissance. Ils concluent que la situation sécuritaire au Nigeria devrait encore se dégrader.

Ce vendredi matin, plusieurs familles des jeunes filles de Chibok enlevées se plaignaient dans la presse de la passivité des autorités. Aucune, des jeunes filles qui se seraient enfuies la semaine, selon les autorités, ne sont rentrées chez elles, affirment ces parents.

Le fond d’aide aux victimes apparaît dans ce contexte comme une réponse à la colère. Mercredi, le président a également nommé quatre nouveaux ministres dans le cadre d’un remaniement du gouvernement dont deux personnalités musulmanes : parmi elles, Ibrahim Shakarou, l’ancien gouverneur de l’Etat de Kano, une figure très populaire dans le nord du pays.

10/07/2014

Soudan : Meriam Ibrahim toujours réfugiée à l'ambassade des Etats-Unis


SOUDAN - SOUDAN DU SUD - ETATS-UNIS - RELIGION

Soudan: Meriam Ibrahim reste réfugiée à l’ambassade américaine

mediaMeriam Ibrahim et son mari.Reuters

Au Soudan, une décision était attendue sur l'éventuel abandon des charges d'usage de faux contre la Soudanaise chrétienne Meriam Ibrahim réfugiée à l'ambassade des Etats-Unis. Le procureur devait s'exprimer mercredi, mais n'a finalement pas commenté la situation ; le juge devant statuer mardi ne s'était pas présenté... Si ces charges étaient abandonnées, elle et sa famille pourraient enfin quitter le Soudan. En attendant, elle reste coincée à l'Ambassade... 

Mélissa Chemam pour RFI
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Selon l'Ambassade américaine à Khartoum, le départ de Meriam Ibrahim et sa famille aurait dû être réglé en quelques jours après son arrivée dans les locaux... Ces déclarations remontent à fin juin. Depuis, rien ne semble réglé.

Meriam Ibrahim 27 ans, reste recluse au sein de l'ambassade, avec son mari Daniel, pourtant citoyen américain et sud-soudanais, et leurs deux enfants, dont Maya, la fille dont elle a accouché en prison mi-juin, les jambes enchaînées...

Sa condamnation à mort pour apostasie a pourtant été annulée par la Cour d'appel le 23 juin dernier.
Elle a malgré tout été arrêtée à l'aéroport de Khartoum le 24 juin, alors qu'ils s'apprêtaient à partir pour les Etats-Unis.

Les autorités aéroportuaires lui reprochaient de vouloir voyager avec un document sud-soudanais, ce que le droit permet en théorie car il s'agit de la nationalité de son mari.

Et depuis, elle a été la cible d'une nouvelle procédure devant la justice lancée par des personnes affirmant être membres de sa famille, le 1er juillet.

Ces personnes, de confession musulmane veulent prouver leur lien de parenté avec elle et étaient à l'origine de la première plainte en 2013 qui a abouti à sa condamnation à mort pour apostasie le 15 mai dernier.

Plusieurs groupes de défense des droits de l'homme les considèrent en danger au Soudan.

Joint ce mercredi, son avocat dit n'avoir toujours aucune date précise concernant une éventuelle décision de justice qui permettrait le départ de la famille. Selon lui, l'ambassade américaine discute avec le gouvernement soudanais, mais cela pourrait prendre du temps.

08/07/2014

Tanzanie : Attaque à Arusha


 Dans le nord de la Tanzanie : une explosion a fait huit blessés, dont l'un très grièvement atteint, dans un restaurant de la ville touristique d'Arusha.

Précisions : Mélissa Chemam pour RFI

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Police cordon off the site of a bomb attack on July 8, 2014 in Arusha, nothern Tanzania, that injured eight people late the night before.

L'explosion a été provoquée par une bombe, c'est ce qu'a annoncé mardi la police nationale.
Selon Issaya Mngulu, un de ses hauts responsables, "Il n'y a pas eu de mort mais huit personnes tanzaniennes ont été blessées, dont l'une est dans un état grave".
Deux suspects de nationalité tanzanienne ont été arrêtés.

L'attentat, survenu tard lundi soir, a été provoqué par "un engin explosif improvisé", a-t-il précisé, lancé par la fenêtre du restaurant.
Le lieu visé est un restaurant indien élégant, fréquenté par l'élite locale et des expatriés, de cette ville touristique et centre économique situé au nord du pays, près de la frontière kenyane.

La ville d'Arusha a été plusieurs fois visé par des attentats, tout comme la capitale de l'île autonomiste de Zanzibar, Stone Town, le mois dernier. Aucun lien entre ces attaques n'a été établi par la police.
La police tanzanienne nie pour l'instant toute implication de terroristes étrangers dans l'attentat d'hier soir.

Selon un analyste, spécialiste des mouvements terroristes dans la corne de l'Afrique, les imams et musulmans modérés sont de plus en plus visé par les extrémistes islamistes.

Vendredi dernier par exemple, un imam modéré a été attaqué dans sa maison par des extrémistes, deux personnes ont été blessées, ce qui révèle un mouvement de radicalisation d'une partie de la population musulmane, qui représente 40 à 50% de la population tanzanienne, selon les différentes statistiques, concentrée essentiellement sur l'île de Zanzibar, à Arusha justement et Dar es-salaam.


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Des miliciens liés aux Somaliens d'Al Shabab ont perpétré plusieurs attaques dans la Corne de l'Afrique ces derniers mois, et les extrémistes tanzaniens nationaux semblent de plus en plus influencés par leurs idées, selon les experts.


07/07/2014

A Goma, semaine du Festival Salaam Kivu, le SKIFF, entre musique et cinéma


Au Congo (RDC), la ville de Goma au Nord-Kivu accueille à partir de ce soir et pour dix jours (4 - 13 juillet) la 9e édition du Salaam Kivu International Film Festival (SKIFF). Organisé par le Centre culturel Yole ! Africa et Alkebu Productions, ce festival regroupe des ateliers, débats, projections de films et concerts de musiques. Cette édition 2014 du SKIFF a pour thème « Tuta djenga ao » (« Allons-nous construire ? », en swahili). Parmi les artistes congolais et étrangers invités à se produire : le reggaeman congolais Mack El Sambo dont le spectacle est programmé samedi 5 juillet au stade de l’Unité de Goma, le réalisateur canadien Matthieu Roy et le cinéaste congolais Balufu Kakupa-Kanyinda.

Mélissa Chemam pour RFI

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Mélanger les disciplines artistiques et mettre en valeur la créativité des habitants du Nord Kivu, voilà le projet du festival annuel Salaam Kivu, consacré aux cinémas de l'est du Congo mais pas seulement.

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Dans cette région où la musique est très présente et circule, pour Petna Ndaliko, le directeur du centre Yole ! Africa et initiateur du Festival, elle peut servir de relais vers les autres arts.

Le site du festival : http://www.salaamkivu.org/

Lien vidéo - en anglais :

Published on 2 Oct 2012
Watch the entire "I Am Congo" series at www.RaiseHopeForCongo.org/IAmCongo

Artist and filmmaker Petna Ndaliko is the founder of Yole! Africa, a sanctuary of art,
music and expression for youth in Goma. Every year in the battered, war-weary Congolese provincial capital -- a place with few paved roads, let alone a theater -- Petna pulls together a film and music festival drawing crowds in the thousands.

Invité à présenter en ouverture son film "Survivre au Progrès", sur la dette, l'an dernier,
le québécois Mathieu Roy succombe au projet. Cette année il veut encourager les réalisateurs congolais à  :

Le festival dure 10 jours sur des scènes en plein air et compte bien fêter l'en prochain sa 10e édition.

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MUSIQUE 

Côté musique donc : le reggaeman congolais Mack El Sambo sera en concert demain, samedi 5 juillet au stade de l’Unité de Goma :

Mack El Sambo, de son vrai nom Joseph Machozi Kataka Lusambo, est un artiste qu’on ne présente plus dans la partie Est de la RD.Congo.
Né le 27 janvier 1970, à Kiwamja, dans le territoire de Rutshuru à 72 Km de la ville Goma. Il est marié à Claudine Komba Kumimbao Mwangacucu et père d’une famille de 5 enfants. Depuis l’âge de 12 ans, il a évolué comme chantre à l’Eglise catho­lique de Nyamilima Paroisse de Binza dirigé parle père Caraciollini qui plus tard lui a appris la gui­tare, accordéon, piano, ... et a solfier.

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Lien vers le site de Yolé Africa ! : http://yoleafrica.org/