16/12/2013

Motèl Mari and Jo'burg's new musical generation - RFI English


Listen to my report for RFI English with South African cosmopolitan band Motèl Mari, my favourite musical discovery of 2013 and one of the best moment of the South African season in France!


 
SUNDAY 15 DECEMBER 2013
Jo'burg's new musical generation, according to Motèl Mari
Motèl Mari, tour poster 2013
Motèl Mari, tour poster 2013
motelmari.com
By Melissa Chemam
South African band Motèl Mari talk about the new generation music scene in Johannesburg.

12/12/2013

RCA: HRW publie "Face au colonel Zabadi", entretien avec un commandant de l'ex-Séléka


Rencontre tendue avec un commandant de l'ex-Séléka, en République centrafricaine
11 DÉCEMBRE 2013
BANGUI, République centrafricaine — Le colonel Saleh Zabadi, commandant de l’alliance des forces rebelles qui a pris le contrôle d'une grande partie de ce pays en mars, est un homme très redouté pour sa dureté.
J’ai récemment rencontré trois hommes qui se sont retrouvés face à lui et qui ont échappé de justesse à la mort. Ces hommes comptaient parmi les sept chrétiens capturés le 18 novembre dernier par des combattants de l'alliance rebelle à majorité musulmane alors qu’ils revenaient de vendre des fruits et légumes sur un marché à quelques kilomètres de la ville de Bossangoa.
Les hommes ont été frappés, ligoté et amenés devant le colonel Zabadi et son commandant, le général Issa Yahya qui a été tué la semaine dernière lors de violents affrontements à Bangui, la capitale). Sans même hésiter, le colonel Zabadi a pris pour argent comptant l’accusation portée par ses hommes selon laquelle les marchands capturés étaient des combattants ennemis. « Jetez-les dans la rivière », a-t-il dit, ordonnant que les hommes soient noyés. Quatre d’entre eux sont morts. Les trois qui en ont réchappé nous ont raconté leur histoire.
La République centrafricaine, un pays enclavé comptant 4,5 millions d’habitants majoritairement chrétiens, est déchirée par les combats opposant l'alliance rebelle appelée Séléka (ou ex-Séléka car les rebelles ont été symboliquement intégrés à l'armée) aux combattants anti-balaka (« anti-machette ») principalement chrétiens qui ont lancé des attaques de représailles contre les rebelles musulmans contrôlant la capitale.
Il y a quelques jours, le photographe Marcus Bleasdale et moi-même avons accepté une invitation pour rencontrer le colonel Zabadi à Bossangoa, ville située à environ 300 kilomètres au nord de Bangui.
La nuit précédente, le général Mahamat Bahar, un autre commandant rebelle, était arrivé à Bossangoa. Il y avait été envoyé par le président Michel Djotodia pour évaluer la situation désastreuse dans la région, où des centaines de personnes ont été tuées et des milliers d'autres ont dû s’exiler. Il était visiblement ébranlé par ce voyage, au cours duquel il a subi quatre attaques commises par des combattants chrétiens, sans toutefois être blessé. Le général Bahar nous a montré sur son téléphone portable une vidéo d'un chef de village musulman brûlé vif lors d'une attaque perpétrée par des milices chrétiennes en septembre dernier.
Nous avons nous-mêmes recueilli des preuves d’attaques perpétrées par les combattants anti-balaka, et avons passé ces derniers jours à enquêter sur les massacres de civils musulmans à quelques kilomètres de là. L’un d’eux était un jeune berger blessé qui a été assassiné quelques heures après un entretien que nous avons mené avec lui dans un hôpital où il était soigné.
Pendant une demi-heure, face au Colonel Zabadi et à ses hommes qui prêtaient une oreille attentive, nous avons décrit par l’entremise d’un interprète qui relayait nos propos en arabe les violences commises à l'encontre de musulmans. Puis est venu le moment d’aborder les nombreuses atrocités perpétrées par ses propres troupes.
Nous avons relayé le récit d’un témoin chrétien : « Chaque jour, ils assassinent des fermiers qui se rendent aux champs. Ils les chassent comme des animaux, en se cachant dans les buissons pour leur tendre une embuscade. Hier encore, ils ont tiré sur une mère se trouvant près de la rivière et ils ont laissé son corps avec son bébé pleurant à ses côtés. »
J’ai également indiqué au colonel Zabadi que nous avions eu connaissance du meurtre par noyade des marchands chrétiens : « Je sais que c’est vous qui en avez donné l’ordre car certains de ces hommes ont survécu. »
La tension a commencé à se faire sentir au sein de tout le groupe. Le général Bahar a sorti un mouchoir pour essuyer la sueur perlant sur son visage.
J'ai ouvert mon sac à dos et déplié une douzaine d’images satellites montrant des villages que le colonel Zabadi et ses hommes avaient totalement incendiés. Je leur ai dit : « Tous les points rouges correspondent aux maisons que vous avez brûlées. Plus de 400 à Ben Zambé. Plus de 300 à Zéré. Pas un foyer n’a été épargné dans ce village. Idem pour celui-ci. » J’ai ajouté qu'il s'agissait de preuves directes qui pourraient être retenues contre lui devant la Cour pénale internationale en charge des poursuites pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Un silence pesant s’est installé.
Nous avons fait remarquer que la situation avait changé depuis que les forces françaises de maintien de la paix opérant sous l'égide des Nations Unies étaient arrivées. Au cours de ces derniers jours, les avions de guerre français avaient à plusieurs reprises survolé la ville de Bossangoa pour mettre en garde les groupes armés. Ces avions adressaient un message aux rebelles, leur ai-je expliqué : « Imposez votre autorité par les armes et vous finirez à La Haye ; ou bien choisissez de traiter la population correctement et imposez votre autorité par le respect. »
Mis au pied du mur, le colonel Zabadi n’a pas nié nos accusations. Il a déclaré qu’il souhaitait mettre en place des patrouilles communes avec les forces régionales de maintien de la paix pour encourager les chrétiens locaux à retourner chez eux. Nous avons signalé que, si cela devait se produire, il devait ordonner à ses troupes d’arrêter de tuer les personnes déplacées.
À ma grande surprise et à mon profond soulagement, notre rencontre s’est achevée en toute cordialité. Le général Bahar a promis de transmettre notre message au président à Bangui.
Le jour suivant, nous sommes revenus à l’improviste à la base des Séléka pour informer les commandants que les soldats de la paix africains avaient commencé à désarmer les milices chrétiennes. Nous avons trouvé le général Bahar et le colonel Zabadi en pleine discussion animée avec d'autres commandants Séléka, discussion au cours de laquelle les mots « droits humains » (en arabe) ont souvent été évoqués. Le général Bahar a ordonné aux combattants de rester dans leur caserne, de déposer leurs armes et de demander la permission avant toute sortie. Il a fini par dire : « C’est notre dernière chance. » Ses combattants l’obéiront-ils ? Seul l’avenir le dira.


RCA : Première Urgence - AMI INTENSIFIE SA RÉPONSE D’URGENCE À BANGUI


Communiqué de presse de l'ONG :
RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
PU-AMI INTENSIFIE SA RÉPONSE D’URGENCE À BANGUI

Alors que les combats font rage depuis bientôt une semaine dans la capitale centrafricaine, Première Urgence – Aide Médicale Internationale (PU-AMI) renforce et intensifie ses activités à Bangui afin de répondre, le plus rapidement possible, aux besoins fondamentaux des habitants. 
Au cours de la dernière semaine, la situation humanitaire en Centrafrique s’est encore considérablement dégradée. Les combats qui mettent la ville de Bangui à feu et à sang depuis le 5 décembre dernier ont déjà causé la mort de plus de 400 personnes dans la capitale. Malgré le déploiement des troupes françaises, chargées de « rétablir la sécurité, protéger les populations et garantir l’accès à l’aide humanitaire », les violences et les exactions continuent dans les rues de la capitale. C’est dans ce climat extrêmement tendu que nos équipes sur place opèrent actuellement afin de porter assistance aux habitants de Bangui.
Apporter des réponses immédiatesDepuis le 8 décembre, PU-AMI fournit un appui médical à l’Hôpital Communautaire de Bangui, une structure de santé prise en charge par Médecins sans Frontières, mais actuellement en manque de personnel soignant. Pour gérer au mieux l’afflux de blessés – environ  120 personnes par jour pour une capacité de 50 lits seulement –, PU-AMI a mobilisé jour et nuit un infirmier expert en traumatologie. Les équipes de PU-AMI ont également réhabilité deux latrines dans l’enceinte de l’hôpital et construit six latrines supplémentaires afin de garantir les conditions d’hygiène élémentaires face à l’augmentation du nombre de patients. En parallèle, d’autres initiatives ont déjà été lancées, comme par exemple l’installation de tentes pour les patients en post-opération, ou encore l’ouverture d’un tank à eau de 5 000 litres. Par la suite, et en fonction de l’évolution de la situation, il est envisagé que PU-AMI intervienne dans d’autres hôpitaux de la ville, toujours en soutien aux équipes de Médecins sans Frontières.
Évaluer les besoins les plus urgents
« Les conditions sécuritaires rendent les déplacements et la fourniture de l’assistance humanitaire très difficiles », indique Benjamin Courlet, notre chef de mission. Au cours des derniers jours, le coordinateur médical de PU-AMI a cependant réussi à mener à bien deux évaluations. La première sur le site de Saint-Jean, vers lequel 15 000 personnes ont déjà fui pour se mettre à l’abri des exactions. La seconde a eu lieu à l’Hôpital de l’Amitié, qui est aussi la plus grande maternité de Bangui, et où toute activité médicale a cessé depuis que des hommes armés s’y sont introduits pour menacer le personnel soignant et exécuter certains blessés. Quelques patients sont malgré tout encore présents et en attente de soin. « Aucune intervention ne pourra être menée tant que la sécurisation du site ne sera pas assurée », déplore Benjamin Courlet, présent sur place lors de la mission d’évaluation.
S’adapter aux contraintes sécuritaires et anticiper les mouvements de populations
Les évènements des derniers jours – et notamment la mort de deux soldats français et le regain de tensions intercommunautaires – ont provoqué de nouveaux mouvements de population dans la ville. À l’heure actuelle, on estime à plus de 120 000 le nombre de personnes déplacées, sur 735 000 habitants. La plupart a trouvé un abri temporaire dans les églises, les mosquées et près de l’aéroport. Mais ils sont nombreux également à avoir quitté leurs quartiers pour se réfugier chez leurs familles et leurs amis. « Pour le moment, aucun acteur humanitaire n’a installé d’équipements durables à proprement parler, car nous ne voulons pas sédentariser les personnes déplacées », explique Benjamin Courlet.« Nous ne savons pas si l’insécurité va encore augmenter, ni combien de temps cette situation de chaos va perdurer, avec le risque que la population manque rapidement d’eau et de nourriture. Mais nous nous tenons prêts, le cas échéant, à intervenir dans les camps de déplacés ».


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ARMENIA AND TURKEY TALK


 In Armenia, Foreign Minister Ahmet Davutoglu yesterday (Wednesday) made Turkey's first high-level visit to Armenia in nearly five years raising the prospect of a revival in peace efforts between the historical rivals.

Muslim Turkey and Christian Armenia signed accords in October 2009 to establish diplomatic relations and open their land border, but Turkey suspended the ratification of the peace accords six months later.

Davutoglu was set to meet his Armenian counterpart Edward Nalbandian on the sidelines of a Black Sea Economic Cooperation (BSEC) group meeting.

Thomas de Waal, a expert on Caucasus at the Carnegie Endowment for International peace, says that the relations between the two countries are tense...

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More on RFI English tomorrow morning (Friday)

BRUSSELS INSIGHTS: FONDATION BOGHOSSIAN



FONDATION BOGHOSSIAN


Un centre d'art et de dialogue entre les cultures d'Orient et d'Occident
Créer à Bruxelles un centre d'art et de dialogue entre les cultures d'Orient et d'Occident ayant pour cadre la célèbre Villa Empain, tel est un des objectifs prioritaires de la Fondation Boghossian.
Ce Centre, destiné à enrichir la découverte réciproque de l'Occident et de l'Orient, répondra à plusieurs ambitions complémentaires: culturelles, artistiques, pédagogiques, scientifiques, ainsi qu'à des fonctions d'animation mettant en évidence les liens qui peuvent renforcer ce dialogue.

EXPOSITION EN COURS

La Route Bleue
Le propos de cette exposition est de suivre les traces de l'ancienne Route de la Soie à travers la couleur bleue...

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LA ROUTE BLEUE

27 septembre 2013 - 09 février 2014

Le propos de cette exposition est de suivre les traces de l'ancienne Route de la Soie à travers la couleur bleue qui, depuis de nombreux siècles, inspire artistes, artisans et poètes d'Orient et d'Occident.
 De la Méditerranée à la Chine, ce voyage imaginaire évoque l'indigo des textiles, les céramiques bleues de l'Empire ottoman et de l'Asie centrale, les bijoux en lapis-lazuli et en turquoise, pour atteindre le fameux bleu de Chine.
L'exposition invite donc à un itinéraire à travers le temps et l'espace, les cultures et les arts déclinés sous toutes leurs formes d'expression.
Plus d'une quarantaine de créateurs modernes et contemporains ont également été sollicités pour cette exposition qui sera, par la suite, proposée au public du Musée de Limoges.
Alors que dans l'Antiquité grecque et romaine, le bleu était considéré comme une couleur « barbare », l'Orient l'utilisait déjà dans les arts et la vie quotidienne, que ce soit pour les rituels religieux, la teinture des textiles, la décoration des céramiques, du verre ou pour l'ornementation de bijoux précieux.
Appelé anil, l'indigo a donné son nom au Nil, le « fleuve bleu » d'Egypte où le bleu portait bonheur dans l'au-delà. La turquoise était dédiée à Hathor, déesse de la maternité et le pectoral du dieu Horus, d'un bleu profond, symbolisait l'oeil capable de guérir, comme le soleil.
Pour les Perses, le monde reposait sur un saphir donnant au ciel son éclat, tandis que la Chine ancienne accordait au bleu les vertus médicinales de la plante indigo et l'utilisait dans la fabrication de papiers, de vêtements et de porcelaine. Les Tibétains, eux, conservaient précieusement les turquoises comme trésors protecteurs des eaux et des sources.
Si l'Orient a depuis longtemps vénéré les vertus le bleu, curieusement, ce n'est qu'à partir du XIIe siècle que l'Europe a progressivement valorisé cette couleur qui, jusqu'alors, n'était désignée que par un vocabulaire très pauvre.
Mais depuis l'époque moderne, le bleu s'est imposé en Occident, jusqu'à devenir, avant le vert et le rouge, la préférée de tous, symbolisant le rêve, la sagesse et la sérénité. Désormais, le bleu est omniprésent autour de nous : associée à la pureté de l'eau, à l'infinité du ciel et de la mer, à l'aura divine ou royale, aux vêtements de travail et aux jeans de toutes générations, aux oeuvres des artistes impressionnistes et fauves jusqu'à celles de Matisse et d'Yves Klein, cette couleur s'est parée de nombreux attributs et on ne compte plus les expressions qui donnent signification à ses mille nuances.

KENYA @ 50


More with the British newspaper The Guardian:




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How has Kenya changed since independence? – get the data

As Kenya marks half a century of independence, celebrations are tempered by concern about the future. How have things changed since 1963 – and what does the future hold?
Kenya at 50 :  Jomo Kenyatta on Independence day
Kenyan African Union leader Jomo Kenyatta pictured with the official document of independence in Nairobi on 13 December 1963. Photograph: AFP/Getty Images

As Kenya marks 50 years of independence from Great Britain on Thursday, politicians, commentators and citizens are reflecting on how the country has changed – and looking ahead to what the next-half century has in store.
Commemorative stamps have been printed, more than 60,000 people are expected at a concert in Nairobi on Thursday, and the anniversary has kicked off a lively discussion on Twitter, with messages of celebration intermingled with concern for the country's future. Some say the September attacks on Nairobi's Westgate mall, and the charges facing President Uhuru Kenyatta at the international criminal court, have cast a pall on the festivities.
We've pulled out the data on a number of key development indicators to look at how Kenya has changed over the past 50 years. However, no set of statistics can fully capture the changes the country and its citizens have experienced. Let us know in the thread below what you think is missing.

Population

Kenya's population has more than quadrupled since 1963, growing from more than 8.1m to more than 43m people. Today, Kenya has the sixth highest population in sub-Saharan Africa, behind Tanzania, South Africa, the Democratic Republic of the Congo, Ethiopia and Nigeria.

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See all the datas on The Guardian's website here: 



11/12/2013

Dans La Bande Passante sur RFI avec Benjamin Clementine !


Quelle émission!
Suspens et rebondissement pour un artiste sensible à la voix profonde et magique...


 
MARDI 10 DÉCEMBRE 2013
1. Benjamin Clementine
Benjamin Clementine
Benjamin Clementine
Par Alain Pilot
Nous recevons ce soir Benjamin Clementine qui nous présente son premier EP composé de trois titres piano-voix.
A peine 25 ans et déjà une carte blanche aux dernières Transmusicales de Rennes la semaine dernière, Benjamin Clementine, londonien d'origine ghanéenne est en session piano-voix et nous présente son mini-album avant l'arrivée de l'album en 2014. C'est à 16h10 pour l'Afrique, 20h10 pour le reste du monde sauf Marseille qui retrouve "La Bande" 23h10 TU.
Tabu Ley Rochereau sur la scène du Paradiso à Amsterdam le 12 août 1989.
Frans Schellekens/Getty Images

Les obsèques nationales de Tabu Ley Rochereau en République Démocratique du Congo hier lundi, correspondance de Kamanda Wa Kamanda Muzembé à Kinshasa.




Reportage Melissa Chemam : bal populaire Paris-Dakar au 104 à Paris.

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A lire sur la Centrafrique


Ce reportage réalisé par l'agence d'information humanitaire des Nations Unies, IRIN :


RCA : un pays en déliquescence



36 000 personnes ont temporairement trouvé refuge à la mission catholique de Bossangoa

BOSSANGOA, 10 décembre 2013 (IRIN) - L'enceinte grouillante de l'hôpital de Bossangoa, une petite ville du nord-ouest de la République centrafricaine (RCA), donne une idée de l'aggravation de la crise dans laquelle est plongé le pays depuis que l'alliance rebelle Séléka a pris le pouvoir par la force en mars 2013.

Plus d'un millier de personnes viennent y chercher refuge. Au milieu des nuages de fumée que dégagent les feux de cuisson, on y distingue des enfants léthargiques, des femmes pilant le maïs et des groupes d'hommes au regard hagard.

« Nous sommes ici à cause de la Séléka, qui est venue piller, saccager et assassiner dans notre village », a dit Prophète Ngaibona, un père de huit enfants qui en attend un neuvième.

« Nous avons perdu nos maisons, nos champs, nos biens. Nos maisons ont été rasées avec nos affaires à l'intérieur. Nous sommes. Je ne sais même pas comment nous qualifier. On n'a plus rien. Je ne peux même pas aller chez moi ou dans mes champs. S'ils me voient là-bas, ils me tueront. »

Si les indicateurs [ http://www.irinnews.org/fr/report/97179/rÉpublique-centrafricaine-l-avancée-des-rebelles-accentue-la-crise-humanitaire ] humanitaires et de développement étaient déjà désastreux avant le coup d'État, ils se sont encore dégradés avec l'aggravation des violences infligées par les groupes armés et entre les différentes communautés et confessions religieuses. La quasi-totalité de la population (4,5 millions de personnes) est affectée : on estime à 1,1 million le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire sévère ou modérée en dehors de la capitale, Bangui, et on compte près de 400 000 personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDIP), soit deux fois plus qu'il y a à peine quelques mois.

Près de 65 000 personnes ont fui le pays, essentiellement vers le Cameroun voisin.

« La RCA était déjà un État en déliquescence. Maintenant, c'est pire », a dit Amy Martin, responsable du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) pour la Centrafrique.

« Nous estimons à plus de 1,5 million le nombre de personnes ayant besoin d'une aide quelconque, qu'il s'agisse de santé, de nutrition, d'hébergement ou de protection », a-t-elle dit.

Or, en raison des problèmes de sécurité, les organisations humanitaires - dont les véhicules ont été la cible d'attaques - doivent se contenter d'imaginer ce qui se passe dans certaines régions. D'après Mme Martin, le nombre exact de personnes touchées par la crise pourrait être bien supérieur.

Le manque de fonds vient lui aussi entraver la fourniture d'une réponse adéquate : à peine 44 pour cent [ http://fts.unocha.org/pageloader.aspx?page=emerg-emergencyDetails&appealID=979 ] des 195 millions de dollars requis pour faire face à la crise sont été débloqués.

Situation désastreuse

« Dans la majeure partie du pays, nous sommes très inquiets du niveau de violence que nous observons, dont nous entendons parler et dont témoignent nos patients à hôpital », a dit Ellen Van der Velden, chef de mission pour MSF-Hollande à Bossangoa. L'équipe s'occupe d'enfants de moins de cinq ans qui se remettent de blessures par balle.

Plus de 36 000 personnes viennent chercher refuge auprès de la mission catholique de Bossangoa. Elles fuient la coalition de forces rebelles érigées au rang de « gouvernement » que Michel Djotodia, un musulman du nord, a recruté pour qu'elle le propulse au pouvoir avec le coup d'État de mars dernier.

Majoritairement composées de mercenaires du Tchad et du Soudan voisins, ainsi que du gros de l'ancienne population carcérale du pays, ces forces sont essentiellement musulmanes. Leur revanche sanglante vise principalement les chrétiens de la patrie de l'ancien président François Bozizé. La France a dit qu'avec l'escalade des violences sectaires, la RCA était « au bord du génocide ».

Les « anti-balaka » - des groupes d'autodéfense armés de machettes, d'arcs, de flèches et de lances - ont vu le jour et perpétré des atrocités à l'encontre de membres de la Séléka, mais aussi de la communauté musulmane dans son ensemble. Un tel conflit interconfessionnel est inédit en RCA.

Les groupes armés sillonnent la région, pillant, tuant et rasant les récoltes et les maisons sur leur passage : le long des 100 km de route reliant Bossangoa à Bangui, la capitale, les villages sont déserts. Des chèvres attendant patiemment le retour de leurs propriétaires étaient les seuls signes de vie décelés par IRIN.

Malades et blessés

Outre la terreur, les habitants souffrent de maladies, car ils se cachent dans leurs champs sans abri, médicaments ou nourriture. Seuls les plus courageux ou les plus malades prennent l'autoroute pour aller se faire soigner à l'hôpital de Bossangoa.

« J'ai bien peur qu'il y ait de nombreux cas auxquels nous n'avons pas accès là-bas. Non seulement de violence, mais aussi de paludisme », a dit la docteure Florin Oudenaarden, qui travaille pour MSF. Pendant les 10 jours qu'elle a passés là-bas, Mme Oudenaarden et son équipe ont vu mourir quatre enfants. À leur arrivée, bon nombre d'entre eux étaient si affaiblis par l'anémie, le paludisme et la malnutrition qu'il était impossible de les réanimer.

Mme Van der Velden a dit qu'en dehors de la violence, le paludisme est la principale cause de mortalité, en particulier chez les enfants. Lors d'un dépistage récent, 120 enfants sur 200 ont obtenu des résultats positifs.

Récemment, un garçon de deux ans gravement atteint du paludisme a été envoyé d'urgence à la clinique par l'équipe de sensibilisation, pour finalement mourir à son arrivée.

« Si nous étions arrivés un jour plus tôt, on aurait pu le sauver », a-t-elle dit.

Parmi les derniers enfants admis à l'hôpital se trouve un garçon rachitique placé sous perfusion et enveloppé dans du papier d'aluminium. Il est si faible qu'il peut à peine cligner des yeux.

On trouve aussi un garçonnet de quatre ans qui hurle entre deux prises d'antalgiques, ses jambes suspendues au plafond ; il a été touché à la hanche lors d'une attaque récente contre une mine d'or à 25 km de Bossangoa. Le chirurgien de MSF doute qu'il puisse un jour marcher de nouveau. La balle a détruit ses articulations et il faudrait, pour les reconstruire, une procédure chère et compliquée dans un excellent établissement.

Aide restreinte

En raison de l'insécurité et du manque de financements, les organisations des Nations Unies cantonnent leur action aux villes, et le temps et la main d'oeuvre que consacrent le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et MSF sont insuffisants au vu de l'ampleur de la crise.

« Les gens meurent sans avoir eu accès à des soins de santé, et c'est bien évidemment une source de profonde inquiétude », a dit Mme Van der Velden.

« Dans l'immédiat, notre problème, c'est que nous ne pouvons pas sortir de Bossangoa par manque de moyens », a dit Pablo de Pascual, coordinateur d'urgence auprès du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), dont les financements pour la RCA accusent un déficit de 20 millions de dollars.

L'UNICEF a mené une vaste campagne de vaccination auprès des enfants de moins de cinq ans, et MSF s'est rallié à la bataille contre des maladies comme la rougeole, qui ont proliféré en Centrafrique au cours des derniers mois.

Mme Oudenaarden, qui a travaillé en Syrie et au Soudan du Sud, a rapporté que son équipe réalisait « six ou sept transfusions sanguines par semaine, ce qui est énorme par rapport aux autres projets auxquels j'ai participé. On voit également de nombreux cas de malnutrition, et la malnutrition se développe rapidement. »

« Nous prévoyons de nous attaquer aux niveaux élevés de malnutrition dans les prochains mois », a dit M. de Pascual. Avec la fin des pluies, le pays entrera en période de soudure et il n'y aura personne pour assurer les récoltes.

Avec les violences qui secouent le grenier historique du pays, dans le nord, Mme Martin craint une pénurie de nourriture, tant pour les habitants de la région que pour le reste du pays. La plupart des mécanismes de marché se sont effondrés dans toute la RCA, et il y a blocus sur les camions en direction de la capitale.

Bombe à retardement

Chaque jour, 40 personnes en moyenne se présentent à la mission catholique de Bossangoa. Le camp ne mesure que 19 hectares, ce qui fait craindre une recrudescence des maladies. Pour sa population actuelle, les normes humanitaires préconisent un espace de 160 hectares.

M. de Pascual a dit que les conditions de vie « s'étaient détériorées depuis le début en raison du manque d'accès aux services publics essentiels et de l'afflux de PDIP », laissant craindre une épidémie de choléra.

Renate Sinke, coordinatrice de projet pour MSF à Bossangoa, qualifie les conditions de vie d'« épouvantables » et dit que le terrain est propice à l'éclosion d'une épidémie.

« Je ne suis pas médecin, mais, à mon avis, on est en présence d'une bombe à retardement », a-t-elle dit.

Le site compte deux zones de défécation, aucun endroit où se laver les mains et pas une seule douche. Pour l'instant, les maladies diarrhéiques se maintiennent pourtant à un faible niveau.

« À l'heure actuelle, nous disposons de sept litres d'eau par personne par jour. La semaine dernière, nous avions quatre litres - nous devrions en avoir 15 », a dit Rink de Lange, le coordinateur MSF chargé de l'eau et de l'assainissement.

Il n'y a que 65 latrines en état de fonctionnement.

« À ce stade, nous avons une latrine pour 450 personnes, alors que la norme est de 20. C'est un énorme fossé qu'il faut combler. Et le camp est si dense qu'il est difficile de trouver un endroit où construire des latrines », a-t-il dit.

Les gens n'osent pas sortir de peur de tomber sur l'ancienne Séléka.

« On entend encore des histoires de personnes qui ne vivent qu'à 500 mètres d'ici et qui n'osent pas retourner chez eux », a dit Mme Sinke.

Écoles

Du fait de l'instabilité, 70 pour cent des enfants du pays ont quitté l'école et 3 500 enfants ont été recrutés par les forces rebelles. Il faut aussi compter ceux - dont on ignore le nombre - qui ont rejoint les rangs des anti-balaka.

« Les enfants ne viennent plus à l'école à cause de leur brutalité. Comment pourraient-ils venir à l'école ? Les enfants ne peuvent pas, les parents non plus. Nous devons juste rester comme ça », a dit Laurent Namneonde, un professeur qui a trouvé refuge à l'école de la mission, où il a enseigné pendant 10 ans.

Lucien Rekoi est plus chanceux que la moyenne des habitants de Bossangoa. Avec sa femme, dont la grossesse était très avancée, ils ont réussi à rejoindre la mission en emportant des casseroles, des poêles, des habits et des documents d'identité, contrairement à la plupart des réfugiés qui se sont enfuis avec ce qu'ils portaient pour tout bagage.

Sa fille est née il y a six jours. Il écume désormais le camp à la recherche de travailleurs humanitaires internationaux disposés à lui prêter un nom occidental, dans le vain espoir que cela, ajouté à la carrière de son défunt père dans l'armée française, puisse leur donner droit à des passeports pour sortir de la RCA.

« Je veux juste aller là-bas [en France]. Il n'y a rien à faire ici maintenant », a-t-il dit.

hm/am/rz -gd/amz


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10/12/2013

UKRAINE: report on RFI English


In Ukraine, security forces on Monday moved in on pro-EU demonstrators to end a week-long blockade of the government headquarters, prompting Washington to urge Kiev to "immediately de-escalate thesituation". The party of jailed opposition leader Yulia Tymoshenko said that armed police had raided their offices although this was denied by police. Today, the President is to meet with EU envoy and former Ukrainian presidents named to facilitate a mediation.
Melissa Chemam has the latest.



Security forces have moved in on the pro-European demonstrators with the intention of ending their week-long occupation around the Ukrainian government headquarters in Kiev.

The authorities hope to regain control over the capital's city centre.

The protests have raged on for more than two weeks, after the government rejected a European Union partnership pact, a treaty long-awaited by the opposition.

In a symbolic gesture, the protesters toppled the statue of former Soviet Leader Lenin in Kiev on Sunday.

Yesterday the police forced  the protesters to move away from the government's buildings.

Their response raised international concerns.
The United States vice-president, Joe Biden, urged president Viktor Yanukovych to ease the escalation.
EU foreign policy chief, Catherine Ashton, announced she would travel to Kiev today to meet with Ukrainian president, who also agreed to meet with Ukraine's three former presidents, to discuss the crisis.

But the opposition leaders and protesters are still asking President Yanoukovych to dismiss his government.


09/12/2013

Demain dans La Bande Passante : Sénégal et Clementine...


Demain dans La Bande Passante :


session live avec Benjamin Clementine pour son E.P «Cornerstone» et chronique de Melissa Chemam au sujet du Festival  «Tandem Dakar-Paris»


Lien : http://www.rfi.fr/emission/bande-passante

La bande passante

 
Alain Pilot.
Alain Pilot.
© RFI/Sébastien Bonijol

La bande passante est désormais une maison. Une maison dans laquelle tous les auditeurs de RFI sont conviés. Une grande bâtisse où la musique résonne à tous les étages. Alain Pilot, avec ses chroniqueurs et ses invités, proposent chaque soir la bande son de la France musicale. Dès la porte d’entrée, il accueille l’auditeur avec le disque du jour. Puis, il le promène de pièce en pièce, du salon à la chambre, en passant par la cave ou le grenier, pour lui faire découvrir un vieux tube, rencontrer la nouvelle chanteuse glamour ou le groupe prometteur. La chanson francophone est à l’honneur, mais sans exclusivité. La bande passante fait également appel aux nombreux spécialistes musique de RFI, avec la collaboration des journalistes spécialistes de l’antenne, du site rfimusique.com et des experts de la discothèque et des produits dérivés.

Certaines sessions acoustiques ont été filmées : cliquez ici pour les visualiser.

Émission présentée par Alain Pilot et réalisée par Nicolas Benita.
Du lundi au vendredi à 16h10 et 16h33 (T.U.) sur l'Afrique, et à 21h10 et 21h33, (heure de Paris) sur Paris et le monde sauf l'Afrique, et du mardi au samedi à 00h10 et 00h33, (heure de Paris) vers FM Marseille.
Et sur rfi.fr, 24/24h en balladodiffusion.