17/04/2016

Because... Patti Smith!



This woman lives above most human being...


"Mon message est modeste : « Lavez-vous les dents ! » 

Cela veut dire : prenez soin de vous-mêmes ! Soyez aussi sains que possible. Evitez les vices et tout ce qui pourrait faire de vous des esclaves ! 

C’est quelque chose que j’ai décidé très jeune en voyant ma mère sur le point de s’effondrer lorsqu’elle n’avait plus de cigarettes, elle qui pouvait fumer trois à quatre paquets par jour. 

J’ai choisi résolument d’être libre et de n’être dépendante de rien. Sauf de l’art peut-être. Ou de l’amour. C’est une philosophie de préservation de soi-même. Le reste"…

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Patti Smith : « Evitez tout ce qui pourrait faire de vous des esclaves ! »

LE MONDE |   • Mis à jour le  | Propos recueillis par  

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/04/17/patti-smith-evitez-tout-ce-qui-pourrait-faire-de-vous-des-esclaves_4903708_3246.html#JeQFA11HozTZGIVg.99



Patti Smith.
Patti Smith. RICHARD DUMAS POUR "LE MONDE"


Je ne serais pas arrivée là si…
S’il n’y avait eu la détermination de ma mère à me mettre au monde et me maintenir en vie. J’étais tellement malade ! C’était en 1946, et on ne savait pas alors soigner l’infection broncho-pulmonaire avec laquelle je suis née. Les médecins ignoraient si je pourrais survivre et mon père, me tenant dans ses bras, a passé des heures et des heures dans la vapeur d’une baignoire afin que je puisse respirer. Il m’a sauvé la vie. C’est donc avec un immense sentiment de gratitude que j’ai entamé ma vie et s’il n’y avait eu d’autres raisons, la volonté de remercier mes parents aurait été suffisante pour me donner la rage de vivre. Je n’ai donc jamais fait de choses stupides qui puissent me mettre en danger, ni connu le moindre problème avec l’alcool ou la drogue. Au contraire ! J’ai toujours fait de mon mieux pour préserver cette vie si précieuse qu’ils m’avaient donnée. Et c’est encore le cas.

Votre génération a affronté beaucoup de périls, vos amis ont été décimés.
C’est vrai. J’ai perdu plein de jeunes amis au Vietnam. Beaucoup ont aussi succombé à la drogue, au sida. Et puis il y a eu le cancer… Mon petit bateau a affronté des mers houleuses que j’ai eu une chance folle de pouvoir négocier. Je suis toujours là.

Chance ? Force ? Volonté ?
Enthousiasme forcené pour la vie, les gens, la nature, les plantes, les arbres, les fleurs sauvages, les voyages. Et plus que tout, appétit insatiable pour le travail des autres. Vous n’avez pas idée de l’importance qu’ont eue les livres dans mon enfance. Je ne pensais qu’à ça : un nouveau livre ! Vite un nouveau livre ! Pinocchio, Peter Pan, Alice au pays des merveilles, Le magicien d’Oz, Les quatre filles du docteur March, des intrigues, des romans policiers, et au fur et à mesure que j’ai grandi, un flux sans fin d’ouvrages plus merveilleux les uns que les autres. Ils m’ont propulsée dans la vie. Et puis il a évidemment tout le reste : le rock and roll, l’opéra, la peinture, la photographie, le cinéma, Godard, Bresson, Kurosawa, Jackson Pollock et Sylvia Plath… Tout le génie de l’esprit humain. Toutes ces œuvres à découvrir qui me rendent heureuse d’être en vie et me donnent l’envie de poursuivre mon propre travail.

Plusieurs deuils vous ont terrassée. Où avez-vous trouvé l’énergie de vous redresser et l’envie de créer à nouveau ?
Après la mort de Fred, mon mari, suivie un mois plus tard de celle de Todd, mon frère bien aimé, j’ai été anéantie, physiquement, émotionnellement. Je ne pouvais plus rien faire, mais je savais que le désir et l’élan créatifs, bien qu’anémiés, étaient encore vivants. J’ai commencé à faire des Polaroids. C’était simple et immédiat. Et si la photo était bonne, je me sentais valorisée. Pendant plusieurs mois, j’en ai pris une à deux par jour. Une seule le plus souvent. Et ces photos ont contribué à mon salut. Ma première responsabilité était bien sûr de m’occuper de mes enfants et je n’avais guère la force de faire beaucoup plus. Mais ces photos furent de petits pas pour reconstruire mon énergie et me donner le courage de réaliser le disque que j’avais initialement prévu de faire avec Fred. En hommage. Des amis m’ont beaucoup aidée à me remettre sur pied. Mais j’aime tellement travailler !

Malgré cette énergie, intacte, il émane de vos poèmes et de vos livres une grande mélancolie.
Lorsque j’ai écrit M Train, je souffrais d’un malaise diffus que je ne parvenais pas à identifier. J’affrontais l’absence bien sûr, et une succession de deuils difficiles qui m’avaient fait perdre la joie. Mais ce n’était pas que cela. C’est vers la fin du livre que j’ai compris l’origine de ce malaise persistant. Mon âge ! Mon âge me rattrapait ! 67 ans à l’époque. Et bientôt 70. Oui, j’avais franchi une ligne. Et oui, je vieillissais ! Il était temps que je me confronte à ma propre chronologie. Temps que j’envisage le temps limité qu’il me restait sur cette planète pour voir mes enfants et réaliser tous les projets que j’avais en tête. Jamais je n’avais encore pensé à cela. J’ai toujours été insouciante de mon âge et de mon apparence. Puérile. Mais la froideur de la chronologie s’imposait brutalement. J’ai fini par accepter cette réalité, ou du moins me réconcilier avec elle. Et maintenant que j’ai identifié la racine de ce qui me rongeait, je me sens beaucoup mieux.

Comment peut-on pallier l’absence ?
J’ai appris que lorsqu’on perd des êtres aimés, l’amour qu’on a partagé avec eux ne meurt pas. L’amour ne meurt pas ! Votre mère peut mourir mais ça n’interrompt nullement son amour à votre égard. Il est là, il est en vous ! Il faut vous accrocher à cela. En écrivant mon livre, je sentais une chaleur qui envahissait mon cœur et j’ai compris que c’était l’amour de mon frère. Il aidait à raviver la petite flamme vacillante à l’intérieur de moi. Et je fais tout pour qu’elle ne s’éteigne pas. Parce que l’amour est autour de moi. Celui de mon père, de ma mère, de Robert Mapplethorpe, de mon mari, de mes chiens. Je suis peut-être seule, à ce stade de ma vie, en termes de compagnon, mais je ne suis pas sans amour ! Et le fait de pouvoir écrire et de sonder ma tristesse infinie, me permet de la retourner et de découvrir son pendant qui est la joie. Je n’écris pas intentionnellement une célébration de la vie. Mais le seul fait de travailler sur des impulsions créatrices prouve que la vie est là. Ardente.

Avez-vous l’impression de travailler sous le regard de vos disparus ?
C’est un sujet si délicat ! J’essaie de ne pas édicter de règle ou de dire quoi que ce soit de définitif là-dessus. Mais c’est vrai que je peux parfois sentir Robert juste à côté de moi, ou ma mère. Il n’y a pas si longtemps, j’essayais de prendre une photo et je n’y arrivais pas. Mon sujet était là, pourtant. Mais je ne parvenais pas à cadrer. Qu’est-ce qui cloche ? me disais-je, agacée. Et soudain j’ai senti la présence de Robert : « Bouge un peu, à gauche, là, un peu plus haut. » J’ai fait : « Ok. Oui, bien sûr. » Et c’était bon… Parfois, quand les choses se passent vraiment bien pour moi, presque trop bien, quand j’ai l’impression de sauter de pierre en pierre au-dessus du gué sans tomber dans l’eau, je me dis : « Tiens, c’est ma mère qui m’aide ». Ou quelqu’un d’autre. Et je sais qu’il arrive que William Burroughs ou mon mari marche avec moi. Ou moi avec eux. Mais c’est quelque chose de fragile, qui se dissipe rapidement si vous vous approchez de trop près. En tout cas, je crois dans ces choses. Je ne veux rien exclure.

Encore faut-il être attentif ?
On ne maîtrise rien. J’étais auprès de mon grand ami Allen Ginsberg quand il est mort. Et il y a eu quelques bouddhistes pour dire : « C’était sûrement un mauvais bouddhiste car il ne part pas ! Il semble vouloir rester ici ! » Et c’est vrai que j’ai pu sentir la présence d’Allen pendant des semaines. Quand Robert est mort, je l’ai senti à mes côtés pendant des mois. Je pouvais être occupée à plier des vêtements, et je le voyais. En revanche, d’autres personnes que j’ai aimées sont parties instantanément, loin, très loin, pfffttt ! Libérées de leurs chagrins ou de leurs souffrances physiques. On ne peut pas leur demander de se manifester, on ne peut que se tenir prêt. « Ce n’est pas que les morts ne parlent pas, disait Pasolini. C’est qu’on a oublié comment les écouter. » J’ai lu cette citation avant même d’être concernée par une perte douloureuse, et ce fut très instructif. C’est comme Jim Morrison qui chantait : « You can’t petition the Lord with prayers. » Il faut faire le vide en soi et attendre. De sentir Dieu en vous. Ou votre mère. Mais on ne peut rien exiger. Juste être ouvert à la visite et se sentir reconnaissant lorsqu’elle se produit. Ce n’est pas très différent de Jeanne d’Arc qui entendait des voix ou de Bernadette de Lourdes recevant la visite de la Dame. Elles ne commandaient rien. Ce n’est ni un tour de magie ni un spectacle de cirque. Ce n’est pas non plus scientifique. Mais c’est le côté poétique de la foi.

Votre famille était extrêmement religieuse ?
Ma mère surtout. Ma sœur Linda l’est encore profondément. Et moi, enfant, j’étais fascinée par l’idée de Dieu. Dès que ma mère m’en a parlé, à l’âge de 2 ou 3 ans, j’ai adoré ce concept. Cela signifiait qu’il y avait quelque chose de plus grand que nous vers lequel pouvait flotter notre imagination et à qui nous pouvions parler. Et puis à mesure que j’ai vieilli, la religion avec son carcan de règles et d’intermédiaires entre Dieu et nous m’est devenue insupportable. Quelle tyrannie ! Je n’ai pas perdu de vue Dieu ou Jésus, mais j’ai abandonné la religion et ses règles qui me rendaient claustrophobe.

Quelle a été la plus grande chance de votre vie ?
D’avoir survécu à tant de maladies. Je ne peux pas vous dire le nombre de fois où ma mère a pleuré devant un médecin qui lui prédisait que je ne survivrais pas. Mais ce n’était pas que de la chance. Je voulais tellement vivre ! Et puis j’ai bien sûr eu le privilège de rencontrer Mapplethorpe à 20 ans et toute une série de gens merveilleux : Ginsberg, Burroughs, Corso, Sheppard… Mais peut-on parler uniquement de chance ? Car rien n’a été facile vous savez, rien ne m’a été offert sur un plateau. J’étais maigrichonne, ingrate, j’avais une vilaine peau, les gens se moquaient de moi. La vie aurait pu être très différente si je n’avais été une grande travailleuse et si je n’avais bossé toute ma vie. Avec cette conviction, acquise très jeune, que mon destin serait lié à l’art et que je serais un jour écrivain. Je l’ai désiré dès l’âge de 8 ou 10 ans. C’est peut-être ça ma plus grande chance.
D’où vous venait cette conviction que l’art était la chose la plus importante de la vie ?
C’est ce qui m’interpellait ! J’ai grandi dans ces années 50 où les gens, sortant de la guerre, et avec un conformisme inouï, croyaient embrasser la modernité en rêvant de maisons standards, de vêtements en polyester et d’objets tout neufs, de préférence en plastique. Tout ce que je détestais ! J’avais la tête plongée dans les photos de Julia Margaret Cameron et de Lewis Carroll, je rêvais de l’accoutrement des poètes du 19ème siècle, j’adorais les tasses en porcelaine anglaise dont les gens se débarrassaient dans les marchés aux puces et je me jetais sur leurs vieux livres dont ils préféraient lire un condensé dans le Reader Digest. Ce monde était évidemment dominé par les hommes, et les filles, maquillées et choucroutées selon des règles précises, ne pouvaient espérer devenir autre chose que secrétaires, cuisinières, coiffeuses ou mères. Insupportable pour moi ! Avec mes longues tresses, mes chemises de flanelle rouge et mes salopettes, je rêvais d’autre chose. Jo March écrivant son livre m’avait bouleversée, et puis Frida Kahlo, Marie Curie… Quelle bouffée d’air frais lorsque j’ai débarqué à New York en 1967. Quelle possibilité de se réinventer ou simplement d’être enfin soi-même !

Comment expliquez-vous que tant de jeunes gens de 20 ans suivent vos apparitions dans les concerts ou les librairies et vous considèrent comme une icône ?
Je me sens privilégiée car ils m’apportent leur énergie et peut-être se reconnaissent-ils un peu en moi ? Vous savez, quand j’ai fait mon album Horses en 1975, c’était à destination de tous ceux qui, comme moi, étaient un peu des moutons noirs, totalement en marge, et persuadés d’être seuls. J’ai fait Horses pour leur faire savoir que quelqu’un parlait leur langue. Et qu’il faut avoir le courage d’être soi. Mais le chemin que je propose n’est pas le plus facile ! La chanson My blakean year dit : « One road was paved in gold and one road was just a road. » Eh bien c’est le second que j’ai choisi, un chemin de dur labeur, un chemin de sacrifices. Mais un chemin plein de gratifications car suivre sa pulsion créative et aller au bout de ses rêves débouchent sur de la joie.

Vous leur parlez à ces jeunes ? Vous vous sentez une responsabilité à leur égard ?
Allons ! Ils expérimenteront par eux-mêmes les surprises que réserve la vie et ils apprendront de leurs propres erreurs. C’est ainsi qu’on grandit. Quand ils me demandent : « Patti, qu’est-ce qu’on devrait faire ? » mon message est modeste : « Lavez-vous les dents ! » Cela veut dire : prenez soin de vous-mêmes ! Soyez aussi sains que possible. Evitez les vices et tout ce qui pourrait faire de vous des esclaves ! C’est quelque chose que j’ai décidé très jeune en voyant ma mère sur le point de s’effondrer lorsqu’elle n’avait plus de cigarettes, elle qui pouvait fumer trois à quatre paquets par jour. J’ai choisi résolument d’être libre et de n’être dépendante de rien. Sauf de l’art peut-être. Ou de l’amour. C’est une philosophie de préservation de soi-même. Le reste…

Comment la jeune Patti Smith fauchée mais pleine d’espoir, vivant dans un squat de New York en 1967, regarderait-elle la star de 70 ans qui signe à Paris un livre chez Gallimard ?
Je crois qu’elle serait heureuse de ce que je suis devenue. Elle regretterait peut-être de me voir aujourd’hui sans boyfriend, mais elle se reconnaîtrait, dans mon travail et dans ma façon d’être. Je ne lui serais pas une étrangère.

Propos recueillis par Annick Cojean

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/04/17/patti-smith-evitez-tout-ce-qui-pourrait-faire-de-vous-des-esclaves_4903708_3246.html#JeQFA11HozTZGIVg.99



12/04/2016

BEAK > < KAEB





KAEB - "When We Fall" (Official Music Video)






Published on 8 Jun 2015
Official music video for ‘When We Fall', from a brand new four track ‘double B-side’ EP, featuring two tracks from BEAK and two from their ‘alter-ego’ KAEB.

Co directed by Alex Garland & Rob Hardy.

Featuring Sonoya Mizuno (Ex Machina).

The 4 track EP features ‘The Meader’ and ‘The Broken Window’ by BEAK and ‘When We Fall’ and ‘There’s No One’ from KAEB, the latter featuring vocal contributions from Californian based artist Jonwayne

BEAK KAEB Split EP is released on Vinyl / Digital late July 2015 on Invada Records - www.invada.co.uk
https://www.facebook.com/beakbristol

https://twitter.com/beakbristol

Preorder the album: http://www.invada.co.uk/collections/a...


BEAK > In Paris








11/04/2016

Calais : "Nulle part en France" de Yolande Moreau



Cette entrée ces flaques de pluies, cet unique point d'accès à l'eau, sale. Exactement et totalement Grande-Synthe et Calais. 
Excellent travail filmique de Yoland Moreau. "Du désastre finit par naître le réveil", espère-t-elle en échos aux bénévoles.
Quant à la situation, un crève-coeur. Et toujours, une si vaste indifférence... Et une semaine de plus de bruit sur l'évasion fiscale.

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A voir et revoir sur le site d'Arte :


"Nulle part en France" de Yolande Moreau



Cinquième cinéaste  invitée de la série multimédia d’Arte Reportage « Réfugiés », Yolande Moreau a passé une dizaine de jours dans les jungles de Calais et de Grande-Synthe en janvier 2016.

Elle en revient avec un film témoignage dans lequel alternent les interviews réalisées sur le « terrain » avec les textes écrits par Laurent Gaudé et lu par l’actrice et réalisatrice. Après Régis Wargnier au Népal, Pierre Schoeller en Irak, Agnès Merlet au Liban et Claire Denis au Tchad, Yolande Moreau propose une œuvre personnelle. Ni reportage ni documentaire, dans cet entre-deux assumé, elle nous emmène pendant 30 minutes « Nulle part, en France ».

De Yolande Moreau, Elsa Kleinschmager, Sébastien Guisset, Fred Grimm, Hania Osta et Laurent Gaudé - ARTE GEIE – France 2016 




10/04/2016

On Music and Writing


A website I read almost every Sunday. Wise and inspired quotes and texts from immense writers on music, art and writing.


Today:

Aldous Huxley on the Transcendent Power of Music and Why It Sings to Our Souls

“There is, at least there sometimes seems to be, a certain blessedness lying at the heart of things, a mysterious blessedness.”



Extracts:


Huxley considers music’s singular capacity for expressing the inexpressible:
In a different mode, or another plane of being, music is the equivalent of some of man’s most significant and most inexpressible experiences. By mysterious analogy it evokes in the mind of the listener, sometimes the phantom of these experiences, sometimes even the experiences themselves in their full force of life — it is a question of intensity; the phantom is dim, the reality, near and burning. Music may call up either; it is chance or providence which decides. The intermittences of the heart are subject to no known law.


But the most complete experience of all, the only one superior to music, is silence:
When the inexpressible had to be expressed, Shakespeare laid down his pen and called for music. And if the music should also fail? Well, there was always silence to fall back on. For always, always and everywhere, the rest is silence.


In a different piece from the same collection, the uncommonly breathtaking title essay “Music at Night,” Huxley revisits the subject of humanity’s most powerful medium of expression:
Moonless, this June night is all the more alive with stars. Its darkness is perfumed with faint gusts from the blossoming lime trees, with the smell of wetted earth and the invisible greenness of the vines. There is silence; but a silence that breathes with the soft breathing of the sea and, in the thin shrill noise of a cricket, insistently, incessantly harps on the fact of its own deep perfection. Far away, the passage of a train is like a long caress, moving gently, with an inexorable gentleness, across the warm living body of the night.
[…]
Suddenly, by some miraculously appropriate confidence (for I had selected the record in the dark, without knowing what music the machine would play), suddenly the introduction to the Benedictusin Beethoven’s Missa Solemnis begins to trace patterns on the moonless sky.
Huxley exhales:
The Benedictus. Blessed and blessing, this music is in some sort the equivalent of the night, of the deep and living darkness, into which, now in a single jet, now in a fine interweaving of melodies, now in pulsing and almost solid clots of harmonious sound, it pours itself, stanchlessly pours itself, like time, like the rising and falling, falling trajectories of a life. It is the equivalent of the night in another mode of being, as an essence is the equivalent of the flowers, from which it is distilled.



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This inspired a quote from a text by Patti Smith:


“Blessedness is within us all,” Patti Smith wrote in her beautiful elegy for her soul mate, and it is the revelation of this blessedness that Huxley celebrates as music’s highest power:
There is, at least there sometimes seems to be, a certain blessedness lying at the heart of things, a mysterious blessedness, of whose existence occasional accidents or providences (for me, this night is one of them) make us obscurely, or it may be intensely, but always fleetingly, alas, always only for a few brief moments aware. In the Benedictus Beethoven gives expression to this awareness of blessedness. His music is the equivalent of this Mediterranean night, or rather of the blessedness at the heart of the night, of the blessedness as it would be if it could be sifted clear of irrelevance and accident, refined and separated out into its quintessential purity.


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Read the whole article here:

https://www.brainpickings.org/2016/04/05/aldous-huxley-music-at-night/?mc_cid=8c122121c6&mc_eid=cd5a6845cc 

09/04/2016

Woman's Essence, Milan, April 1st



Beautiful exhibition in Milan's Hernandez Gallery, dedicated to women's art.

Woman's Essence




Painting by Anne Cazaubon, artist, performer and journalist from Paris. This piece was produced in January 2015, after the attack on Charlie Hebdo and is named 'La Réponse', 'The Answer'.



















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More paintings and photographs:









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The gallery opening and introduction speech by Anne:







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Discovering Anne Cazaubon's website:
http://www.annecazaubonart.com


Her exhibitions:
http://www.annecazaubonart.com/#!exhibitions/cxwp


Her performances:
http://www.annecazaubonart.com/#!flyingproject/cyuk


And drawings:
http://www.annecazaubonart.com/#!illustrations/c20xm



Milan in pictures



Stazione centrale:



Dolce la mattina :




Brera :



Graffiti da Blu, murale de PAC :









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L'artista en il giardino...



Duomo:






Piazza del Duomo




La galleria Vittorio Emmanuele II




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A la prossima, Italia amore mio...






08/04/2016

'Take It There' - Live




Must see.
Hope and beauty.
The most wonderful song of 'sweet 16' so far.
Extraordinary visuals!
Spiritual atmosphere...


Massive Attack - 'Take It There'
(feat. Martina Topley-Bird)

Live @ O2 Brixton 04/02/2016





Blue Lines, 25 years on!





'One Love'...






'Daydreaming!


06/04/2016

Signs of the time... Wisdom of the hour




"Nothing that is worthwhile or important will come easily. We are guaranteed to be challenged, to doubt, to fear—yet those are the qualities that tell us that what we are about to face matters deeply".