27/04/2014

Lermontov, encore : "La Voile"


Écrit en 1831, « La Voile »... 


Une voile blanche et solitaire apparaît
Dans le brouillard bleu des mers.
 Que cherche-t-elle en terre lointaine ?
Qu’a-t-elle quitté dans son pays ?
Les vagues jouent, le vent siffle,
Le mât ploie et s’écrie ;
Hélas ! ce n’est pas le bonheur qu’elle cherche
Et ce n’est pas le bonheur qu’elle fuit !
Au dessous d’elle, un courant plus clair
que l’azur Au dessus d’elle, un rayon doré de soleil :
  Mais elle, rebelle, réclame la tempête,
Comme si dans les tempêtes se trouve la paix !

--

L'Original:

 Парус
Михаил Юрьевич Лермонто

Белеет парус одинокий
В тумане моря голубом!..
Что ищет он в стране далекой?
Что кинул он в краю родном?..

Играют волны – ветер свищет,
И мачта гнется и скрыпит…
Увы, – он счастия не ищет
И не от счастия бежит!
Под ним струя светлей лазури,
Над ним луч солнца золотой…
А он, мятежный, просит бури,

Как будто в бурях есть покой!

26/04/2014

Poésie du samedi : Mikhail Lermontov

Quand je te vois sourire...


Quand je te vois sourire,
Mon coeur s'épanouit,
Et je voudrais te dire
Ce que mon coeur me dit!
Alors toute ma vie
A mes yeux apparaît;
Je maudis, et je prie,
Et je pleure en secret.
Car sans toi, mon seul guide,
Sans ton regard de feu
Mon passé paraît vide,
Comme le ciel sans dieu.

Et puis, caprice étrange,
Je me surprends bénir
Le beau jour, oh mon ange,
Où tu m'as fait souffrir!...


25/04/2014

Poésie du soir





Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises
II y a l’air il y a le vent
Les montagnes l’eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t’en
Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l’œil
Je prends mon bain et je regarde
Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t’aime


Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924



23/04/2014

More pictures from Boy Rabe - Bangui - Centrafrique
























All about books


 It's been a very literary week so far, sorry for my Africanist and politist readers!


But today is apparently World Book Day / World Book Night in the UK, and William Shakespeare known date of birth and death... Time to celebrate English-speaking literature and the fabulous playright, don't you think?


Read today's Guardian :

World Book Night: Sonnets for Shakespeare's birthday - in pictures

Today is World Book Night and Shakespeare's birthday. In a joint celebration of both, the poet Don Paterson matched a Shakespeare sonnet to each of the 25 specially chosen titles to be given away up and down the country this evening
http://www.theguardian.com/books/gallery/2012/apr/23/world-book-night-shakespeare-birthday-in-pictures?INTCMP=ILCNETTXT3487


My choice:

For Pride & Prejudice by Jane Austen

Sonnet 116


Let me not to the marriage of true minds

Admit impediments. Love is not love


Which alters when it alteration finds,


Or bends with the remover to remove:


O, no! it is an ever-fixed mark,


That looks on tempests and is never shaken;


It is the star to every wandering bark,


Whose worth's unknown, although his height be taken.


Love's not Time's fool, though rosy lips and cheeks


Within his bending sickle's compass come;


Love alters not with his brief hours and weeks,


But bears it out even to the edge of doom.


      If this be error and upon me proved,


     I never writ, nor no man ever loved.




Not only is April 23 Shakespeare's birthday – his 450th this year – but it's a day when books are the centre of festivals and events around the world. 
In the UK and Ireland, today marks the celebration of World Book Night.This year, for the first time, individual readers are are being encouraged to register as community book givers and give a book away – be it to a friend or loved one, a member of their community or a complete stranger – to spread the love for literature.
Elsewhere, World Book Day takes place today, as organised by UNESCO, with festivities such as the Catalan Sant Jordi – to mark Saint George's day, in honour of Catalonia's patron saint. This "day of the book and the rose" is a Valentine's day of sorts in which streets are packed with stalls, and couples demonstrate their love by exchanging roses and books – giving publishers a massive boost along the way.
Also today, the title of World Book Capital will move from the hands of Bangkok to the Nigerian city of Port Harcourt.
Are you taking part in any of these literary activities? Show us how you are celebrating – or tell us what book you would give to someone you love. Share your stories and photos by clicking on the blue 'contribute' button. We will publish a selection.

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21/04/2014

Milan Kundera, la métaphore et l'amour...

Quelques citations :


 "Les métaphores sont dangereuses. L'amour commence par une métaphore. Autrement dit: l'amour commence à l'instant où une femme s'inscrit par une parole dans notre mémoire poétique".


et  aussi :


"Le seul moyen de sauver l'amour de la bêtise de la sexualité ce serait de régler autrement l'horloge dans notre tête et d'être excité à la vue d'une hirondelle". 

"Si l'excitation est un mécanisme dont se divertit le Créateur, l'amour est au contraire ce qui n'appartient qu'à nous et par quoi nous échappons au Créateur. L'amour, c'est notre liberté".

"Si nous sommes incapables d'aimer, c'est peut-être parce que nous désirons être aimés, c'est à dire que nous voulons quelque chose de l'autre (l'amour), au lieu de venir à lui sans revendications et ne vouloir que sa simple présence". 


Milan KUNDERA (L'insoutenable légèreté de l'être)



KUNDERA : LA CRITIQUE - POUR TOUTE LA CULTURE


Voilà au passage mon article - sur le site de Toute La Culture :

http://toutelaculture.com/livres/fictions/la-fete-de-linsignifiance-milan-kundera-au-sommet-de-son-art/


« LA FÊTE DE L’INSIGNIFIANCE », MILAN 

KUNDERA AU SOMMET DE SON ART


21 avril 2014 Par Melissa Chemam | 
Quatre personnages en quête d’auteur, en liberté, dans un Paris eternel autant fait de nostalgie que de déception, de contentement que de frustration, se baladent dans ce roman court, sorte un outsider littéraire, dont la recherche philosophique ne se prend jamais au sérieux, au grand jamais, mais rappelle en filigrane tous les thèmes parcourus dans l’œuvre de l’auteur né en Moravie, en 1929, alors Tchécoslovaquie, et exilé en France dans les années 1970. Un nouveau roman écrit en français, langue d’adoption de l’écrivain depuis les années 1980, qui ne se veut rien d’autres qu’un moment de jouissance de lecture. Déroutant et délicieux.
Note de la rédaction : 

Il n’est pas évident de se renouveler quand on est aussi attendu que Milan Kundera, porté aux nues en France, longtemps boudé en Tchécoslovaquie / République tchèque, et adulé et étudié aux Etats-Unis, l’auteur de ‘L’Insoutenable Légèreté de l’être’ et ‘La Plaisanterie’ n’a plus rien n’a prouvé, mais certainement encore des choses à dire.
Rien de plus plaisant que de retrouver le style d’un auteur adoré, tant lu, mais rien de plus grisant aussi que d’être – encore – dérouté par lui, après tant d’années de lecture. La Fête de l’insignifiance commence ainsi, par dérouter. Qui sont ces personnages à peine présentés, aux noms bizarres ? Que vont-ils faire, pas grand chose, semble-t-il ? Un certain Alain se promène au Jardin du Luxembourg et remarque que la mode de notre époque est à l’étalage des nombrils, par le port de vêtements courts… Il en tire une réflexion sur le sex-appeal, la séduction et les rapport hommes – femmes, un grand classique chez Kundera qui explore les thèmes de la course à l’amour et du donjuanisme depuis son premier recueil de nouvelles, Risibles amours, en passant par la superbe et incomparable Valse aux adieux, et bien sûrL’Insoutenable Légèreté de l’être.
Mais ici, il ne s’agit pas vraiment de cela. Alain rencontre un certain Ramon, un ami qui, lui, faiblit devant la longueur de la file d’attente qui va l’empêcher de profiter d’un moment d’esthétique attendu, la visite de l’exposition consacré au peintre Marc Chagall dans le Musée du Jardin. Ils croisent alors ensemble D’Ardelo, chez qui ils vont finir par se recroiser à une fête bien peu enthousiasmante…
A l’autre bout de Paris, Ramon rejoint ses amis Charles, qui rêvasse plus ou moins à l’écriture d’une pièce de théâtre pour marionnettes qui mettrait en scène sa vision absurde de la vie, et Caliban, un acteur au chômage qui sert de serveur dans des cocktails ringards pour gagner sa vie…
Une fois ses quatre gigolos entrés en scène, le narrateur nous guide : « Dans mon vocabulaire de mécréant, un seul mot est sacré : l’amitié. Alain, Ramon, Charles et Caliban, je les aime. C’est par sympathie pour eux qu’un jour j’ai apporté le livre de Khrouchtchev à Charles afin qu’ils s’amusent un peu». Un livre qui mentionne comment Joseph Staline s’amusait à pratiquer un humour absurde sur ses ouailles, qui n’osaient jamais rire avec le leader suprême, de peur de laisser croire qu’ils rient de lui… Les dés sont jetés.

Du sérieux au rire, et du plein au vide, avec philosophie, mais surtout un tourbillonnant sens de la dérision

Ainsi dans l’insignifiance du quotidien de ces quatre antihéros eux-mêmes insignifiants, se baladent le souvenir de l’Union soviétique juste avant le tournant post-stalinien, quelques théories sur la séduction, l’étude de l’insignifiance et son impact sur la capacité de chacun à trouver le bonheur, ainsi qu’une réflexion sur la place du rire et de l’absurde – autre thématique fondamentale chez Kundera – qui y consacra avec une profondeur unique le roman La Plaisanterie mais aussi le texte inclassable qu’est ‘Le Livre du rire et de l’oubli et le roman La Vie est ailleurs.
Tout cela, avec une légèreté comparable à l’image de la minuscule plume qui descend dans le salon de D’Ardelo lors de la fête où les quatre lurons se croisent, les uns invités plus ou moins malgré eux, les autres serveurs mais surtout observateurs de la vacuité de l’amusement moderne, de l’obligation d’étaler sa réussite et son bonheur autour de quelques verres d’alcool posés sur un plateau et offerts aux convives.
Le tout, en seulement 144 pages, donne un roman sur la quête de l’éternelle bonne humeur, inspiré d’une petite phrase d’Hegel, sur les relations mères – fils aussi, à travers la peur de Charles devant la maladie de sa chère mère, et la très sensible réflexion que conduit Alain, qui n’a jamais connu celle qui n’a jamais voulu de lui, à travers des discussions solitaires avec une mère imaginaire.
La vie, aperçue du point de vue de la fête de l’insignifiance est à l’image de la trajectoire de Caliban, qui «la dernière fois qu’on avait pu le voir sur scène, (…) incarnait le sauvage Caliban dans La Tempête de Shakespeare », et qui à présent gagne sa vie comme serveur dans des soirées privées et s’y amuse à s’inventer des identités nouvelles, allant jusqu’à créer une langue imaginaire. Une sorte d’ironie permanente mêlée d’acceptation philosophique. Une leçon pour notre monde trop rempli et pourtant surtout plein de vanité ?
« Regarde-les tous ! », s’exclame la mère imaginaire d’Alain dans la septième et dernière partie du livre alors qu’il s’en retourne au point de départ, le Jardin du Luxembourg, « au moins la moitié de ceux que tu vois sont laids. Etre laid, ça fait partie des droits de l’homme ? (…) Les droits que peut avoir un homme ne concernent que des futilités pour lesquels il n’y a aucune raison de se battre »… Et Ramon, de nouveau au même endroit devant sa file d’attente, ajoute, quelques pages plus loin : « Regarde-les ! Tu penses que, d’un coup, ils se sont mis à aimer Chagall ? Ils sont prêts à aller n’importe où, à faire n’importe quoi, seulement pour tuer le temps dont ils ne savent que faire »…

Désillusion ? Non, conscience de « l’illusion de l’individualité », concluent, en échos à son questionnement sur le nombril, Alain et Ramon à l’unisson.
--
Milan Kundera, La Fête de l’insignifiance, Editions Gallimard,15,90 euros. 144p., sortie le 01/04/2014.
visuel : Bannière gallimard


Week-end littéraire (2) - Kundera





Le dernier roman de l'auteur paru début avril, quelques extraits :











Week-end littéraire (1) - Tchekhov



"Platonov", Anton Tchekhov :
"Il n'y a pas d'être au monde que je pourrais aimer comme je t'aime. Il n'y a pas de femme au monde qui pourra jamais t'aimer comme moi".



--

Et un fond de musique : Lhasa, 'The Living Road', le titre "My Name"






Why don't you ask me
How long I've been waiting
Set down on the road
With the gunshots exploding
I'm waiting for you
In the gloom and the blazing
I'm waiting for you

I sing like a slave I know
I should know better
I've learned all my lessons
Right down to the letter
And still I go on like this
Year after year
Waiting for miracles
And shaking with fear

Why don't you answer
Why don't you come save me
Show me how to use
All these things
That you gave me
Turn me inside out
So my bones can save me
Turn me inside out

You've come this close
You can come even closer
The gunshots get louder
And the world spins faster
And things just get further
And further apart
The head from the hands
And the hands from the heart

One thing that's true
Is the way that I love him
The earth down below
And the sky up above him
And still I go on like this
Day after day
Still I go on like this

Now I've said this
I already feel stronger
I can't keep waiting for you
Any longer
I need you now
Not someday
When I'm ready
Come down on the road
Come down on the road

My name, my name
Nothing is the same
I won't go back
The way I came


19/04/2014

"Desaparecido"....




Me llaman el desaparecido
Que cuando llega ya se ha ido
Volando vengo, volando voy
Deprisa deprisa a rumbo perdido
Cuando me buscan nunca estoy
Cuando me encuentran yo no soy
El que est en frente porque ya
Me fui corriendo ms all
Me dicen el desaparecido
Fantasma que nunca est
Me dicen el desagradecido
Pero esa no es la verdad
Yo llevo en el cuerpo un dolor
Que no me deja respirar
Llevo en el cuerpo una condena
Que siempre me echa a caminar
Me dicen el desaparecido
Que cuando llega ya se ha ido
Volando vengo, volando voy
Deprisa deprisa a rumbo perdido
Me dicen el desaparecido
Fantasma que nunca est
Me dicen el desagradecido
Pero esa no es la verdad
Yo llevo en el cuerpo un motor
Que nunca deja de rolar
Yo llevo en el alma un camino
Destinado a nunca llegar
Me dicen el desaparecido
Cuando llega ya se ha ido
Volando vengo, volando voy
Deprisa deprisa a rumbo perdido
Perdido en el siglo
Siglo XX, rumbo al XXI


Songwriters
Manu Chao
Published by
CONFIDENCE SC
: Manu Chao - Desaparecido