05/09/2016

Is Banksy 3D from Massive Attack? My interview translated



Banksy is it 3D from Massive Attack? The informed advice of a specialist

03/09/2016

Sur la relation entre 3D de Massive Attack et Banksy


Comme la rumeur a repris de plus belle... j'ai répondu aux questions de Laure Narlian, journaliste pour Culture Box.



Massive Attack à Rock en Seine le 27 août dernier, par Christophe Crénel

Banksy est-il 3D de Massive Attack ? L'avis éclairé d'une spécialiste

Mis à jour à 21h56, publié le 02/09/2016 à 20H24
La rumeur va et vient ces derniers temps : Banksy, le plus célèbre et le plus mystérieux des street-artistes, ne serait autre que 3D, le leader de Massive Attack. Alors que cette théorie alléchante mais douteuse a rebondi ces dernières heures dans la presse anglaise, nous avons interrogé Melissa Chemam, auteur d'un livre à paraître ces jours-ci sur la scène de Bristol, pour trier le vrai du faux.
Tenter de lever le voile sur l'identité de Banksy, le street artist subversif le plus connu au monde mais qui cache soigneusement son identité, est un exercice sans fin. En mars dernier, une très sérieuse étude du l'Université Queen Mary pensait avoir décroché la timbale grâce au profilage géographique. En recoupant les déplacements supposés de Banksy par ses traces laissées autour du monde, les soupçons se portaient sur un certain Robin Gunningham. Qui a toujours nié être Banksy.

Depuis jeudi, la toile s'enflamme à nouveau pour une nouvelle théorie. Moins scientifique, mais qui a des arguments et soulève quelques questions dignes d'être examinées. Banksy et 3D,  le leader de Massive Attack, ne feraient qu'un. Selon le Daily Mail, qui cite le travail d'un blogueur écossais, Craig Williams, Banksy serait peut-être même pluriel. Il s'agirait d'un collectif d'artistes se déplaçant dans le sillage de la caravane Massive Attack lorsqu'elle est en tournée.

Pour y voir plus clair, nous avons demandé son avis à une spécialiste de la question, la journaliste Melissa Chemam, auteure du livre "En dehors de la Zone de Confort - de Massive Attack à Banksy, l'histoire d'un groupe d'artistes, de leur ville, Bristol, et de leurs révolutions" (éditions Anne Carrière).
Dans cet ouvrage à paraître le 6 octobre, cette journaliste bilingue pour Radio France et la BBC explore les racines de la scène artistique de Bristol. Etayée de très nombreuses rencontres avec les principaux acteurs de ce bouillonnement artistique, à commencer par 3D, elle raconte comment l'histoire de la ville mais aussi l'esprit anarchiste de Clash et le regard particulier de la communauté caribéenne locale, ont inspiré la démarche de Massive Attack et de Banksy. Et comment leur insoumission mâtinée d'humour est devenue le phare à deux têtes non seulement d'une ville mais aussi de toute une génération. Ne font-ils qu'un?
Décryptage point par point de la rumeur
1.

Qui parle et quel est le contexte ?

Dans son article, liké déjà par 27.000 personnes, le Daily Mail parle de Craig Williams, à l'origine de cette rumeur, comme d'un journaliste "enquêteur" âgé de 31 ans. On le voit déjà la loupe de Sherlock Holmes à la main. Il s'agit en fait d'un blogueur écossais amateur de musique. Le Daily Mail reprend son post de blog mais se garde bien d'aller vérifier les infos, boostant au contraire son alléchante théorie avec une infographie efficace et des photos.

Selon Melissa Chemam, ce post de blog a déjà été publié plusieurs fois. "Il l'a notamment publié fin mai au moment où Massive Attack a annoncé qu'il organisait son propre festival dans un lieu inédit de Bristol ce samedi (3 septembre). Et il l'a opportunément reposté sur son blog mercredi. La presse à scandales britannique s'est jetée dessus cette fois parce qu'il y a un beau contexte avec ce festival de Massive Attack (détails dans l'encadré en bas de page). Et puis on n'oublie pas qu'il y a un an exactement avait lieu Dismaland, le parc d'attraction-exposition de Banksy".
2.

Les déplacements de Banksy et de Massive Attack coincident 

C'est le principal argument du blogueur et il faut reconnaître qu'il tape fort. Nous n'avons pas été vérifier mais selon Craig Williams, des œuvres de Banksy sont régulièrement apparues sur les murs de villes visitées au même moment par Massive Attack. Ainsi, alors que le groupe emmené par Robert Del Naja (3D) était en tournée à Melbourne en mars 2003, des traces de Banksy étaient découvertes sur des murs de la ville le mois suivant. Idem à San Francisco : Massive Attack était sur scène les 25 avril et 27 avril 2010 et des œuvres du street-artist étaient repérées dans la ville le 1er mai, moins d'une semaine plus tard. Rebelote à Toronto : Massive Attack y était en concert le 7 mai 2010 et des œuvres de Banksy y fleurissaient le 14 mai.

Melissa Chemam admet que le blogueur marque un point. "Cet argument n'est pas complètement abruti. Il remarque des choses notables. Notamment que Massive Attack est en tournée en Californie en 2006, lorsque Banksy fait sa première exposition en dehors de l'Europe, à Los Angeles. Une exposition qui va changer totalement son statut parce que des stars comme Brad Pitt et Angelina Jolie se mettent alors à acheter ses œuvres pour des sommes folles. On se souvient aussi de cette exposition pour l'éléphant rose et doré qui s'y promenait en tant qu'œuvre d'art."
3.

Banksy est-il plusieurs personnes ?

Le blogueur Craig Cunningham émet une autre hypothèse tout aussi crédible : "Et si Banksy n'était pas la seule personne qu'on imagine ? Et si Banksy était un groupe de personnes qui faisaient des pochoirs à la fois à la maison et à l'étranger ?" Selon lui, une telle quantité d'œuvres réalisées en une décennie autour du monde, pose en tout cas question. Il pense qu'il pourrait s'agir d'un groupe de street-artists qui suivent la tournée de Massive Attack.

Melissa Chemam ne penche pas pour cette hypothèse, même si elle reconnaît que c'est ce que pensent la plupart des journalistes britanniques. "Ce qui est certain, c’est que lorsque Banksy fait une expo comme celle de Los Angeles, celle de New York ou encore comme Dismaland l’an dernier, il ne le fait pas tout seul. Mais ayant interviewé tous les artistes de graffiti de Bristol, ils m'ont répondu "c’est un génie, mais cela ne veut pas dire que personne ne lui a tenu sa bombe de peinture à l’occasion". C'est comme JR. Qui peut faire un collage en haut d'un immeuble de Rio sans aide ? Personne. Mais que Banksy puisse demander à d'autres de faire des pochoirs pour lui à l'étranger, de donner des ordres, ça ne lui ressemble pas. La multinationale Banksy ce n'est pas son ethos. Banksy est un artiste, ce n’est pas un collectif, et sa prouesse absolue c’est sans doute d’être aussi célèbre en ayant réussi à rester totalement anonyme."
4.

Banksy et 3D ont beaucoup de points communs 

Là en revanche, tout le monde est d'accord. Et Melissa Chemam la première. "Déjà, Banksy et 3D ont la même vision politique du monde. C’est à dire qu’ils sont très engagés, ils se sont beaucoup rendus au Proche Orient, Banksy à Gaza et 3D au Liban. Ils ont tous les deux un côté un peu anarchiste mais aussi très humaniste et en même temps bourré d’humour. Ils n'imposent pas leurs idées, il y a chez eux quelque chose de l’ordre de l’éveil, de la remise en question. Dans une de mes premières interviews avec 3D au sujet du graffiti il m’a dit : "on nous qualifie de vandales mais on a le droit d’avoir d’autres choses sur nos murs que des panneaux d’interdiction et des publicités, moi j'essaye juste de rééquilibrer." Or, toute l’idée du street art de Banksy est celle là.

Ensuite ils ont tous deux un goût prononcé pour le pochoir, qui est devenu la marque de fabrique de Banksy. Or c'est 3D qui a lancé le pochoir à Bristol dans la seconde partie des années 80, une technique que Banksy a repris 10 ans plus tard. Et ils ont des goûts musicaux très proches.
5.

Pourquoi Banksy n'est pas 3D selon Melissa Chemam 

"Déjà, il y a un gap générationnel. Il faut savoir que 3D a commencé comme graffiti artist en 1983 et a été vraiment pionnier. Il a été l'un des tout premiers artistes du pays à faire des œuvres qu'on appelle murales, ce qui était vraiment fort à l'époque parce que cela prenait des heures à faire, que 3D est daltonien et que c'était totalement interdit. Il a aussi lancé le pochoir dans les années 86-87. Et on voit bien que Banksy a été inspiré par lui. Mais Banksy n'est vraiment apparu qu'en 1998, soit dix ans plus tard."

"La seule chose qui pourrait nous faire dire que c’est la même personne, mais là on est vraiment dans la science-fiction, c’est d'imaginer que 3D, après le succès de "Mezzanine" s’invente une nouvelle vie de graffiti artist sous le nom de Banksy. Je n'y crois pas. Parce que 3D est quelqu’un de très très occupé. Massive Attack a beau sortir des albums tous les quatre-cinq ans, il crée beaucoup de musique qu'il ne publie pas, c’est un accro au travail, il voyage énormément, donc ce serait vraiment Superman. Il fait non seulement la musique pour le groupe, mais aussi tous les visuels au sein de United Visual Artists, il a fait des musiques de films (notamment pour le documentaire "Gomorra" dont il a fini par estimer que la musique était de trop, ne laissant sa musique qu'au générique), il est artiste, il est peintre, il a des tas de projets, c’est un fou de technologie donc ce n'est pas possible, il n'a pas le temps."
6.

Conclusion : on penche pour deux potes qui partagent le même esprit

"Banksy et 3D font partie d'une bande d'amis artistes, qui exposent ensemble (beaucoup d'entre eux étaient à Dismaland), qui se regardent et se nourrissent les uns les autres mais qui ont chacun envie d'avoir leur singularité", analyse Melissa Chemam. "Ils sont assez fiers de ce qu'ils font, ils ne sont pas du genre à imiter qui que ce soit. Cela leur tient à cœur d'être différents, d'être pionniers, de mener chacun leur propre chemin. Par exemple, je ne pense pas que Banksy soit content qu'on le prenne pour 3D, ce qui revient à dire que son travail ne serait que le hobby d'un des artistes les plus occupés de Grande Bretagne. Et 3D ne doit pas prendre très bien qu'on dise qu'il est Banksy : il a tellement travaillé comme un fou que c'est énervant d'être pris pour quelqu'un d'autre. En tout cas, s'il est Banksy c'est vraiment un double génie. Parce que ce qu'il fait depuis dix ans en peinture n'a vraiment rien à voir avec ce que fait Banksy. Cependant, il restera toujours un petit doute, soyons honnête. Et la rumeur resurgira sans doute. C'est vrai que Banksy a l'air de beaucoup aimer les tournées de Massive Attack ! (rires).
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UN MINI-FESTIVAL ET UN NOUVEL EP DE MASSIVE ATTACK SAMEDI
Massive Attack organise donc ce samedi à Bristol de midi à minuit, un mini-festival baptisé Massive Attack at the Downs, du nom du lieu qui se trouve en haut d'une colline. Au programme entre autres : Primal Scream, Skepta, Savages, Smith And Mighty, Dj Krust. A cette occasion, le groupe a prévu de distribuer un nouvel EP en édition limitée, "Dear Friend" avec James Massiah. Les versions normales, vinyle et numérique, seront disponibles fin septembre.
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L'ouvrage de Melissa Chemam "En dehors de la Zone de Confort - de Massive Attack à Banksy, l'histoire d'un groupe d'artistes, de leur ville, Bristol, et de leurs révolutions" (éditions Anne Carrière) sort le 6 octobre.

Par Laure Narlian

 @Nijikid
Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox

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Lien : http://m.culturebox.francetvinfo.fr/tendances/street-art/banksy-est-il-3d-de-massive-attack-l-avis-eclaire-d-une-specialiste-245483#xtref=https://t.co/ucwreIHRLf


31/08/2016

Massive Attack's New Single, “Dear Friend”, will premiere at their Downs' event



Posting this here notably because I find this sleeve strickingly beautiful...




Massive Attack Announce New Single “Dear Friend”

Featuring spoken word artist James Massiah




Massive Attack have announced a new single:
 “Dear Friend,” which they’ll sell on limited 12” at their show in Bristol this Saturday. 

A wider digital and 12” release will follow “soon,” according to a press release.

 The song, previewed last month via their Fantom app, features spoken word artist James Massiah. It was co-written by Massive Attack’s Robert Del Naja and Euan Dickinson. 

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According to the Vinyl Factory:


MASSIVE ATTACK TO RELEASE NEW SINGLE ‘DEAR FRIEND’ ON LIMITED BLUE VINYL


Massive Attack will release their new single ‘Dear Friend’ on stunning blue 12″ vinyl via Battle Box and The Vinyl Factory.

Housed in a screen-printed red PVC sleeve, the single will be on sale at the band’s Bristol show this Saturday before getting a wider vinyl release on 30th September as well as a subsequent digital release.

Co-written by Massive Attack’s Robert del Naja and Euan Dickinson, ‘Dear Friend’ was previewed last month on the band’s Fantom app and features poet and vocalist James Massiah. It will now appear on vinyl on the Battle Box imprint, set up by del Naja with The Vinyl Factory, and through which he has released a string of collaborative EPs.

It’s been a busy few months for the band, who have already released a number of stunning videos to accompany their Ritual Spirit EP which also dropped on vinyl earlier this year, the limited screen-printed edition of which sold out in no time. 

Although not yet up for pre-order, you can check out the ‘Dear Friend’ vinyl edition in more detail below.




30/08/2016

About my book


Hello people.

Since I'll be in England soon, I thought I'd post some information about my book here in English.






En dehors de la zone de confort
By Melissa Chemam





            Introduction
            What happened in Bristol with the release of Blue Lines, Massive Attack’s first album, in 1991, had not been seen in the UK since the end of the punk movement. A new cultural era was born, grown out of the Thatcher 1980s, in the West Country. A mix of influences, from Jamaican music to hip-hop new trends, from street art to new music venues, the 80s have completely changed Bristol’s social and cultural expressions, with the birth of a number of artists and musicians both revolutionary and fed by a few decades of social change in the city, with the arrivals of a new surge of migrants from the Caribbean and Africa and the effect of the austerity measures and the toughest conservative government the UK had know in the whole century, under Mrs Margaret Thatcher.
A record like Blue Lines epitomised all of this and more. It embodied a home-grown sound immerged in reggae, soul and a sound system culture very typical of Bristol but also offered new wonderful ventures into new territories, musically and visually, along with a new way of writing lyrics, between rap and punk styles, a fantastic input into the art of music video, and atmospheres that, as all critics agreed to write, revolutionised dance music. Blue Lines and Massive Attack suddenly put Bristol on the UK’s cultural map, but few could predict at the time how the band would deeply evolve, taking its time to move forward sonically and artistically. With it also grew a sense of a reflexive art, always aware of its context around it, included direct references to their many influences – almost as painters would do in paying homage to masters of the brush in a new canvas, or modern writers would start a new book from the ashes of a masterpiece. Blue Lines can be seen as a sort of Ulysses of the music scene, a palimpsest, using sampling techniques as a way to grow music out of music itself. At the time of the record’s re-release in 2012, remastered, the French magazine Les Inrockuptibles therefore defined the album as the “first post-modern masterpiece”.




            Book presentation
  
Out Of The Comfort Zone
From Massive Attack to Banksy -
 The story of Bristol, of a group of unique artists and of their revolutions
By Melissa Chemam

In tracing the history of Massive Attack, this book draws the portrait of their city, Bristol, in an investigation that combines music, art and politics.

From post-punk and reggae movements – born in the 1970s – to trip-hop and the revolutionary Banksy, the author retells the destinies of Mark Stewart and the Pop Group, Smith & Mighty, Portishead, Tricky, the Insects, Inkie and, of course, Massive Attack – whom she spent months interviewing.

In 1983, while young Anglo-Italian graffiti artist Robert Del Naja signs of his pseudonym - 3D - his first work on the city’s walls, the original West Indian DJs Grant Marshall and Miles Johnson are detonating their collective, The Wild Bunch. They quickly call 3D to join them. D and Grant then form Massive Attack in 1988 with the young Andrew Vowles and experience a dazzling success with their first album, Blue Lines. The group becomes the embodiment of miscegenation in the UK. From 1998, inspired by 3D, Banksy seizes Bristol’s walls, while Massive Attack change their tone with their album Mezzanine. And the city itself seems to fit more and more with their tone, committed, militant and revolutionary.

Bristol, as Liverpool, Detroit or Nashville, thus began to shine in the world as the birthplace of a great creative movement. This book brings the readers through a special journey, with a band that developed its art in three dimensions, sonically, visually and politically, and with their friends and collaborators. 

The author went to meet Bristol’s artists for over a year, interviewing its best musicians, renowned graffiti artists and their close collaborators. From Massive Attack's studio to Banksy’s Dismaland, via art galleries and concert halls, in Bristol and elsewhere, she asked them to retell their own story and to return to their inspirations, motivations and commitments.

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Journalist since 2004, Melissa Chemam lived in Paris, Prague, Miami, London, Nairobi and Bangui. She travelled to over 40 countries. She has collaborated with the BBC, RFI and France Culture, among other media houses.

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En dehors de la zone de confort will be out in French first, on the the 6th of October 2016, in France, Belgium and Switzerland.

Link to the publisher's page: 


Link to the book's Facebook page: 


28/08/2016

Massive Attack blow away Rock en Seine


Rock and Quai de Seine, not always my favourite things... I'm more into soul and Italian coastlines... But Rock en Seine is a rendez-vous in Paris and when the best band in the world is invited for the third time in the history of the French Festival, how to decline?

Rock en Seine yesterday was cool, though really hot! But Massive Attack were over brilliant. As great as usual but so together, flowing like a river of sound and visual, like a heart of sense. Mesmerising and again especially yesterday, very intense!

Here is my report on the show in French for French speakers.

Une soirée mémorable!


[LIVE REPORT] MASSIVE ATTACK À ROCK EN SEINE

28 août 2016 Par Melissa Chemam 


Massive Attack aime Paris et aime Rock en Seine. Invités de la première édition en 2003, les Anglais s’y sont également produits en 2010, lors de la tournée de leur album Heligoland. Ils sont revenus cette fois avant même toute annonce d’un nouvel opus, après une année marquée par la sortie presque par surprise de deux extended play. L’avant dernière date d’une tournée qui a culminé dans un niveau d’intensité extraordinaire. Son et lumière au message profond, à la fois mélancolique et optimiste, à l’image du collectif de Bristol.






Massive Attack aime Paris et cela se voit. S’ils ont rôdé leur setlist tout l’été dans les plus grands festivals d’Europe, à Rock en Seine ils ont atteint une intensité proche de l’excellence. Ils ouvrent le show avec ‘Hymn of the Big Wheel’, le dernier titre de leur mythique premier album, le fameux Blues Lines, qui fête cette année ses 25 ans. En vedette, le chanteur jamaïcain Horace Andy, qui accompagne le groupe sur tous ses albums depuis 1991, sur toute ses tournées également, et dont la voix inimitable amène une touche de reggae – du Studio One – dans le son des Bristoliens. En arrière plan, un écran géant diffuse des textes, d’un simple « salut » (en français) à un florilège des questions les plus couramment posées à Google, souvent philosophiques : « à quoi sert la vie ? », « peut-on être utile ? », « comment aider ? »…
Grand saut dans le temps pour continuer : 3D, le leader du groupe enchaîne avec ‘United Snakes’, un titre qu’il a composé en 2005, diffusé seulement sur l’édition rare en deux volumes de leur compilation, Collected. Ce titre qui a ouvert leur concert au British Summer Festival à Hyde Park à Londres début juillet donne l’occasion au groupe de déployer son arsenal artistique sur l’écran qui les entoure : diffusant en lumières blanches, noires, rouges, des images de logos et de drapeaux à vitesse quasi stroboscopique. A ce stade, on le sait, un concert du collectif de Bristol est un mariage parfait entre un son peaufiné, recréé pour la scène, et un spectacle visuel puissant.

Mission sonore de Massive Attack : revisiter un catalogue immense et impeccable, et recréer un son studio millimétré pour la scène d’un festival
Quant l’immense Grant Marshall entre en scène, présenté par son acolyte, 3D, on peut s’attendre à un classique. On reconnaît d’emblée les premières notes de ‘Risingson’, un duo rappé entre les deux fondateurs du groupe datant de 1998, l’époque où le collectif comprenait encore trois membres, et où leur album Mezzanine fait d’eux des star du rock dans le monde entier. Un exploit pour un ancien sound system né de la rencontre de sons reggae, soul et hip-hop. Les deux génies du groupe prouvent depuis que l’on peut faire fonctionner la fusion improbable d’une musique noire et d’une guitare en distorsion. L’instrumentiste Angelo Bruschini est le catalyseur de cette prouesse, capable de faire vriller l’émotion de milliers de spectateurs avec un seul accord. Sa guitare accompagne également magiquement Horace Andy qui revient pour interpréter ‘Man Nex Door’, autre extrait de Mezzanine, puis ‘Girl I Love You’, petite furie rock et psychédélique diffusée sur l’album Heligoland de Massive Attack. Entre ces deux morceaux reprenant une chanson reggae pour la torturer en version post-punk, 3D introduit la nouvelle voix du groupe : le jeune Londonien Azekel, au timbre falsetto, qui interprète l’un des titres récents du groupe, ‘Ritual Spirit’, avec une majesté enivrante.
3D poursuit avec une de ses compositions les plus riches et les plus puissantes en concert, ‘Future Proof’, premier titre de l’album 100th Window, diffusé en 2003, dont les paroles métaphorisent une lutte contre la solitude collective de l’ère post-11 Septembre, alors que la débauche de chiffres, 0 et 1, sur l’immense écran,  illustre une sorte de lutte entre cette voix fragile et les machines ou ordinateurs.

Mission visuelle du groupe : faire clasher sa musique sensuelle et un discours complexe
Massive Attack est également connu pour être un groupe engagé. Quand Grant revient sur scène, 3D annonce leur intention d’interpréter ‘Eurochild’ – hymne socio-politique de l’album Protection – comme un requiem à l’Europe alors naissante, qui vient d’être martyrisée par le référendum britannique du 23 juin dernier. « En tant qu’enfants d’immigrés, nous sommes très déçus de cette situation », explique 3D, avant de commencer son rap illuminé par des faisceaux bleus et dorés, couleurs du drapeau de l’UE…
Azekel revient ensuite pour interpréter un ‘Pray For Rain’ transcendé, mais c’est Horace Andy qui fait hurler le public quand il entonne les premières phrases de ‘Angel’, le premier titre de Mezzanine, pendant lequel se déchaînent les deux batteurs, John Tonks et Julien Brown. Double dose de cris lorsque 3D poursuit avec ‘Inertia Creeps’, dernier single extrait de Mezzanine et requiem quant à lui d’une relation amoureuse destructrice. La chanson est ici accompagnée visuellement par une série de messages extraits de journaux et de sites internet, pour la plupart en français, alternant titres cocasses ou people avec des phrases guerrière et les affreuses nouvelles venant de Syrie et d’Irak… Un des points culminants du spectacle, où le leader du groupe force sur l’intensité, hausse le ton et monte le son, contrairement à son affection pour le chant feutré et le rap murmuré. Un bonheur.
Un des moments historiques du concert intervient ensuite quand, comme l’annonçait dans l’après-midi Azekel sur Twitter, le rappeur Tricky rejoint Massive Attack pour chanter en duo avec 3D leur récente collaboration, le magnifique ‘Take It There’. Tricky, qui a contribué aux deux premiers albums du collectif sur des titres devenus légendaires comme ‘Daydreaming’ et ‘Karmacoma’, monte sur scène pour la première fois à Paris avec ses anciens camarades. L’écran géant fait fondre les spectateurs déjà hypnotisés quand il diffuse en français des messages sobres d’appel à la solidarité : « accepter », « comprendre », « partager »… Après avoir pris dans ses bras son vieil ami Tricky pour le remercier, 3D enchaîne en introduisant la chanteuse qui les accompagne depuis 20 ans : Deborah Miller, la voix soul du groupe sur scène. Et ils entament en duo un ‘Safe From Harm’ puissant, en crescendo apocalyptique. Les écrans diffusent alors des informations sur le patrimoine culturel détruit pendant les guerres d’Irak et de Syrie, mais aussi d’Ukraine et bien au-delà. Le concert se clôt avec l’ultime et légendaire ‘Unfinished Sympathy’, qui finit d’emporter l’adhésion. Sont diffusées sur l’écran des photographies prises par Giles Duley pour le Haut Commissariat de l’ONU aux Réfugiés, symboles de cette tournée 2016.

Un spectacle intense, cérébral, qui pousse volontairement à sortir de soi alors que la musique envoûtante et sensuelle de Massive Attack demanderait de ralentir, de se laisser porter et de jouir des vibrations. Certains fans regrettent de ne pas avoir eu droit à ‘Teardrop’, mais les interprètes habituelles de ce titre n’ont pas pu suivre le groupe sur cette tournée. D’autres ne comprennent pas toujours la complexité des messages contradictoires et de la rencontre improbable entre ce son et ces images… Mais l’intelligence du groupe dépasse ce soir toutes les critiques. Construite pour la scène sur des basses immenses et martelées sur scène par les deux batteries, leur musique est aussi tout un monde, nourri par leur ville, leur engagement et leurs nombreux voyages sur tous les continents. Une expérience unique.
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Setlist
Hymn of the Big Wheel
United Snakes
Risingson
Man Next Door
Ritual Spirit
Girl I Love You
Future Proof
Euroschild
Pray For Rain
Angel
Inertia Creeps
Take It There
Safe From Harm
Unfinished sympathy
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Visuel : (c) Melissa Chemam

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24/08/2016

"Björk Digital" in London


 To add on my list to events to look forward to... in this time of social and political catastrophe!


L'exposition "Björk Digital" sera visible à Londres du 1er septembre au 23 octobre  www.somersethouse.org.uk/visual-arts/bjork-digital
Plus d'infos sur http://bjork.com



Björk Digital

1 September – 23 October 2016
Somerset House 
Open daily
11.00 – 20.00 Monday - Friday (last admission 19.00)
11.00 – 18.00 Saturday & Sunday (last admission 17.00)
New Wing
£15.00/ £12.50 concessions
BOOK TICKETS NOW or call 0844 844 0444 (booking with Ticketmaster, calls will cost 7p per minute plus your network access charge)

Tickets on sale at 10.00 on Tuesday 19 July 2016



An immersive virtual reality exhibition from Icelandic icon Björk.

Somerset House is thrilled to announce the European premiere of Björk Digital, an exhib­ition of digital and video works, resulting from Björk’s collaborations with some of the finest visual artists and programmers in the world and coinciding with a special performance at the Royal Albert Hall.

Björk constantly and consistently challenges the status quo, pushing the boundaries of what is possible in music, art and technology. The exhibition at Somerset House invites visitors to engage with her work through the latest in virtual reality (VR) technology. Björk believes that by offering a private theatrical experience, VR provides a unique way to connect with her audiences.

The exhibition will include Black Lake, Björk’s groundbreaking immersive film commissioned by the New York’s Museum of Modern Art where the audience is treated to panoramic visuals and enveloped by a bespoke, cutting edge surround-sound system. Filmed in the highlands of Iceland, the work was directed by the Los Angeles-based filmmaker Andrew Thomas Huang. Huang also collaborated with Björk on Stonemilker VR, a project that transports the viewer to a private performance of the first track from Björk’s critically acclaimed Vulnicura album. Shot on location on a remote, windswept beach in Iceland and viewable in full 360-degree VR, the viewer will be able to experience a one-to-one recital.

In Mouthmantra VR, Björk worked with director Jesse Kanda to capture intense footage from inside her mouth whilst she sings the title track, her teeth and tongue twisting and seemingly taking on a life of their own. Meanwhile, Notget VR, directed by Warren Du Preez and Nick Thornton Jones, presents Björk as a digital moth giantess transformed by stunning masks created by artist James Merry.

As part of the European premiere of Björk Digital, Björk will hold two special concert performances in London in September. These are her only UK shows this year and her first since her acclaimed sold out Biophilia show in the round at Alexandra Palace in 2013. 

Somerset House’s edition of the Björk Digital exhibition will include never-before-seen work by Björk. There will also be an interactive educational space which showcases the innovative apps and custom-made musical instruments from Biophilia, an app created by Björk that explores music, nature and technology. A programme of Björk’s extensive video work will run alongside the exhibition, spanning the artist’s 24-year career during which she has collaborated with film directors including the award winning Spike Jonze, Michel Gondry, Nick Knight and Stephane Sedanaoui.

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Björk's statement:


"i am so excited to invite you all to björk digital exhibition at somerset house . we are showing the virtual reality videos from vulnicura on dozens of headsets and premiering in london some pleasant surprises .... this is a further step into completing the full vulnicura vr album which will come out soon . i feel the chronological narrative of the album is ideal for the private circus virtual reality is . a theatre able to capture the emotional landscape of it ive put importance in the exhibition on the interactive element , that folks can watch vulnicura on vr and try biophilia w ipads i am also very happy to tell you that i will be singing in royal albert hall on the autumn equinox with vulnicuras string arrangements played by an orchestra . i know . it is bragging . spoiled brat".

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About the concert: Royal Albert Hall, Sept. 21st