12/04/2019

« Perceptions et perspectives des réfugiés en Europe »



Je suis retombée sur cette conférence organisée à Genève, en Suisse, il y a 4 ans, en avril 2015.
J'étais alors à Bristol et ai été contactée par un expert de la Libye et du Moyen-Orient pour modérer la conférence.

Peu de choses se sont améliorées depuis...

Elle reste donc d'actualité:


« Perceptions et perspectives des réfugiés en Europe »




« Perceptions et perspectives des réfugiés en Europe : Quels droits pour les réfugiés des conflits en Afrique et au Moyen-Orient ? » 20 Avril 2015 │14h00 Avec Mme Mélissa Chemam Journaliste pour RFI et la BBC Mme Manon Schick Directrice de la Section suisse d’Amnesty International M. William Spindler Expert en communication et porte-parole de l’UNHCR, Division des relations externes/Communication et du Service d’Information Publique Mme Badia El Koutit Fondatrice et Directrice exécutive de l’Association pour la Promotion des Droits Humains, APDH M. Constantin Hruschka Chef du service juridique de l’Organisation Suisse d’Aide aux Réfugiés, OSAR Mme Saskia Ditisheim Avocate spécialisée au Barreau de Genève Mme Clothilde Terrien Juriste en droit d’asile, Comité d’Aide Aux Réfugiés, CAAR, Paris M. Aldo Brina Chargé d’information/projet, secteur «réfugiés» du Centre Social Protestant Cette table ronde se propose de discuter des perceptions des réfugiés dans les pays d’accueil, étant donné l’importance des crises en Afrique et au Moyen-Orient qui interviennent à une période dominée par des questionnements sur le rôle de l’Europe. Cette rencontre débattra aussi du rôle des institutions politiques européennes et internationales dans cette crise. Enfin, cette table ronde se donne une double ambition : présenter les défis et les violations auxquels les réfugiés font face en arrivant sur le sol européen et réaffirmer leurs droits, tout en abordant les réformes possibles pour mieux les protéger. Plus d’informations sur : http://www.cipadh.org

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Le Cipadh, en partenariat avec le Club suisse de la Presse, a organisé une table ronde, lundi 20 avril 2015, portant sur les «Perceptions et perspectives des réfugiés en Europe». Voici un compte rendu des principaux éléments qui ont été évoqués.






La tragédie des migrations clandestines va en s’amplifiant, l’actualité est criante. L’initiative proposée par le CIPADH peut contribuer à apporter une réflexion et des solutions à cette problématique.       
En se concentrant sur le Moyen-Orient et l’Afrique, la discussion n’est pas seulement juridique mais profondément humaine.
Nous allons essayer de se mettre dans la perspective des migrants eux-mêmes.
Pour commencer, le CIPADH se présente brièvement : association à but non lucratif, créée en 2014 à Genève, ce Centre a pour but de promouvoir la paix et de réfléchir aux outils pour mieux y parvenir. Son approche se concentre sur des moyens pédagogiques, tels que des tables rondes, des séminaires, des formations continues, etc., afin d’établir des synergies entre les acteurs ayant les mêmes préoccupations.
Melissa Chemam (MC), journaliste pour RFI et BBC, modératrice : Jusqu’en octobre 2014, l’Italie a mené l’opération Mare Nostrum (opération militaire et humanitaire menée par la Marina militare depuis le 15 octobre 2013), ayant prouvé une certaine efficacité. Puis, l’Agence européenne Frontex a pris le relais le 1e novembre, avec l’opération Triton. Cette opération vise à patrouiller les frontières extérieures de l’Union européenne (UE), ici en l’occurrence le long des côtes européennes, mais ne sauvent pas les migrants. Est-ce dangereux ?
Manon Schick (MS), directrice de la section suisse d’Amnesty International : Les situations tragiques se répètent jour après jour, heure après heure. Or, ces morts auraient pu et peuvent encore être évités. L’opération Mare Nostrum a été coûteuse, nécessaire mais insuffisante. Quant à l’opération Triton, cette dernière est une opération de frontières et non de sauvetage de vies humaines. La situation est que l’UE a mis sur pied différents systèmes afin de protéger son territoire et non les migrants. L’année dernière, il y a eu 3’400 morts en Méditerranée, ce qui représente deux fois le nombre de morts du Titanic. Cette année, il y a déjà eu plus de 1'500 morts. La tragédie risque certainement d’être encore plus effroyable.
Clothilde Terien (CT), juriste en droit d’asile et travaillant au Comité d’Aide aux Réfugiés à Paris :Le cas de la France face à la résurgence des dangers est particulier. Il y a des difficultés à accéder à la procédure d’asile.
Le CAAR dispose :
- centre d’accueil pour demandeur d’asile et réfugiés
- centre de logement car le dispositif d’hébergement d’accueil est saturé.
En France, les demandeurs d’asile doivent passer par la préfecture avant d’être pris en charge. Il n’y a pas d’accès aux soins avant cette étape. Beaucoup d’associations tentent d’apporter une aide, mais pour les personnes vulnérables cela peut prendre du temps. Les femmes, par exemple, peuvent être approchées par des personnes malintentionnées, voire des proxénètes. La procédure fait que la demande d’asile est longue, environ 2 ans, et les personnes peuvent être renvoyées dans leur pays avant la fin du traitement de leur demande d’asile. Un autre problème est la domiciliation nécessaire aux dossiers, car actuellement les personnes ne peuvent être domiciliées immédiatement. La France est par ailleurs en train de réformer son système d’asile. On tente de réduire le temps de traitement des dossiers mais aussi de centraliser les demandes par une administration unique. Il va falloir une augmentation des moyens pour assurer cette réforme. Donc l’évolution est incertaine. Il y a une vraie pression migratoire sur Calais tout comme dans le Sud de l’Europe.
Constantin Hruschka (CH), chef du service juridique de l’organisation suisse d’aide aux réfugiés :La Suisse est présente dans son pays mais aussi dans plusieurs organisations européennes. Depuis mars, on a augmenté le nombre de places pour les réfugiés syriens, de 500 à 3'500, alors que les autres réfugiés n’ont pas ce privilège, du fait qu’ils sont moins médiatisés. Il y a aussi un problème de perception. Est-ce vraiment la voie de l’Italie sur laquelle on doit mettre l’accent ? L’accueil à l’arrivée est une problématique où les gens doivent se rendre compte que ce sont avant tout des survivants. La détention en Europe ou en Suisse est difficile et il est possible de renvoyer le migrant dans son pays. L’admission provisoire est ainsi un statut précaire.
William Spindler (WS), expert en communication et porte-parole de l’UNHCR : L’opération Mare Nostrum s’est terminée l’année dernière. A ce jour, la  diminution des capacités en aide est préoccupante. Cela est d’ailleurs une des causes de la hausse de mortalité cette année. L’UNHCR n’est pas contre les contrôles frontaliers mais une politique de migration doit être construite en tenant compte des vies humaines.
Aldo Brina (AB), chargé d’information/projet dans le secteur « réfugiés » du Centre Social Protestant (CSP) : L’accord de Dublin implique que le premier État où un demandeur d’asile a foulé le sol est compétent pour traiter de la demande d’asile. Etant en première ligne, les pays du Sud se retrouvent surchargés. Il faut donc qu’une solidarité se mette en place. Ces pays n’ont pas les structures adéquates pour accueillir tous les demandeurs d’asile sur le territoire. Le CSP a un bureau de consultation juridique pour les personnes en procédure de demande d’asile. Une assistance sociale les aide aussi à trouver un logement, à accéder à un meilleur permis, à se désendetter, etc. Cet accompagnement avec une approche très large, cette solidarité et ce genre d’action sont nécessaires à l’arrivée des migrants.
MC : Avec la perspective juridique, peut-on se demander si on est dans une période de criminalisation des migrants aux yeux de l’opinion publique ?
MS : Il y a des personnes détenues pour la simple raison qu’elles n’ont pas le statut légal en Suisse. La Suisse a montré l’exemple mais pas forcément le bon. Être sans papier est un délit puni par 18 mois d’emprisonnement. Malheureusement, la Suisse a été plusieurs fois suivie dans ces démarches notamment avec la liste des États sûrs : une personne venant d’un pays considéré comme sûr, quel que soit sa demande d’asile, ne pourra pas obtenir la procédure d’asile même si elle a les moyens de prouver qu’elle a subi des persécutions. Les migrants sont considérés comme des dangers potentiels, d’autant plus avec l’augmentation de la menace terroriste. Des gens ont quitté la Suisse au début du XVIIIème siècle, particulièrement en Amérique Latine, afin d’avoir une vie meilleure. Toutefois, à cette époque, la migration était considérée d’une autre manière. Aujourd’hui, la perception de la migration est négativement connotée.
CT : En France, il existe encore des mineurs qui sont retenus en zone d’attente dans les aéroports. Les associations se battent pour que les mineurs ne soient pas retenus dans ces zones. Un deuxième élément : dans la réforme de l’asile, il a été question d’assignation à résidence pour des personnes susceptibles d’être passées dans un autre état de l’UE. Il a également été question, dans la nouvelle réforme, de clôturer les demandes d’asile si les personnes s’absentent trop longtemps de leur lieu d’hébergement. On tombe donc quand même dans une forme de surveillance. A Malte, les centres de rétention sont des prisons et les personnes peuvent y rester pendant 18 mois au maximum. Les personnes retenues demandent souvent quel délit ils ont commis face à cette punition. Il y a donc une incompréhension et une répression sévère.
CH : Il y a une sorte de schizophrénie avec l’idée des contingents et de protection en forçant l’intégration. Cela est aussi lié aux standards communs ; avant il n’y avait pas de système d’asile en Pologne et en Italie, et l’accès était très difficile. Ces pays sans tradition de droit d’asile ont une restriction d’accès de plus en plus forte après une certaine relâche et une création d’administration à cet effet.
AB : L’accord de Dublin représente concrètement un changement majeur car avant on devait d’abord se battre sur le fond, et maintenant, on doit en plus demander que le dossier puisse être traité. Il y a donc deux étapes.
La détention administrative est une tendance européenne à vouloir figer les migrants à des endroits. Ce qui se traduit aussi en Suisse par la volonté de doubler le nombre de places. Cette politique s’inscrit dans le contexte genevois avec le projet de 168 places administratives. La Suisse ne devrait pas devenir cet exemple de durcissement ; elle devrait au contraire avoir un autre rôle à jouer. Des cellules familiales vont être aménagées dans ces centres et le CSP tente d’empêcher la réalisation de ce projet.
MC : L’Europe n’est pas le seul continent à connaître ces migrations. L’Afrique est le cas avec le plus grand nombre de réfugiés au monde, n’est-ce-pas ?
WS : L’Europe a la capacité d’accueillir des centaines de milliers de réfugiés, comme elle l’a fait avec les hongrois ou des populations balkaniques après la guerre. Ces réfugiés peuvent s’intégrer et contribuer à la société européenne de manière importante.
Le nombre de migrants pouvant potentiellement provenir de Syrie s’élève à 130'000, et c’est un nombre faible en vue de la capacité européenne. A quoi répond le rejet? Crise économique, racisme, égoïsme… Mais il y a eu un durcissement de la politique d’asile en Europe. Il y a environ 4 millions de réfugiés syriens en Afrique et les pays qui les accueillent, comme le Liban, ont besoin d’aide : 20% de la population libanaise est composée de réfugiés syriens. L’impact est massif sur l’emploi, l’économie, l’éducation, l’électricité, les écoles, les hôpitaux, etc. L’aide consiste aussi à accueillir des migrants en Europe. La situation est critique : les réfugiés ont besoin d’une aide plus importante et il faut être plus flexible avec les pays comme la Libye, la Turquie, etc. Ce sont des pays plutôt développés mais qui n’ont pas la capacité d’accueillir tant de migrants.
MS : Concernant la question de la responsabilité politique des États, elle est évidente : l’Europe fait beaucoup plus que certains pays du Golfe. Les financements sont problématiques et perpétuent les conflits en cours. Le système Frontex est un système de contrôle et de surveillance des frontières. Le budget attribué au sauvetage est ridiculement bas. Il faudrait donc un système coordonné de sauvetage en mer ainsi que des voies d’accès légales et sûres afin que les migrants puissent accéder à une demande d’asile de manière correcte et avec une procédure garantie.
MC : L’instrumentalisation du débat politique sur l’immigration est-elle pesante ?
CT : En France, il y a actuellement des changements au niveau de l’asile, tout en appliquant des directives européennes. Les efforts vont donc dans le bon sens. Mais le contexte politique nuit surtout à la perception des demandeurs d’asile. Le gouvernement a séparé le projet de loi sur l’asile de celui sur la migration. A Calais, le racisme est très présent, notamment avec des néo-nazis intervenant dans les manifestations. Il y a une grande méfiance de la population française.
AB : En France et dans le système politique, il y a un certain nombre de barrières à la montée en puissance de l’extrême droite. En Suisse, la xénophobie est plus institutionnelle. Les migrants sont en partie instrumentalisés par les partis populistes.
WS : Les règles juridiques sont très généreuses mais les États ont peur de perdre le contrôle et luttent contre ces règles. On a par exemple, l’arrêt de la CEDH Hirsi Jamaa c. Italie  en 2012, concluant qu’on ne peut pas envoyer les bateaux en marche arrière vers la Libye. Un autre arrêt de la CEDH indique que si les personnes ne sont pas traitées dans le respect de leurs droits dans leurs pays, alors on ne peut les y renvoyer. Les États n’appliquent cependant pas les règles comme elles sont pensées à Bruxelles ou à Strasbourg.
AB : De par le contexte politique, il y a parfois une limite à invoquer une loi européenne ou la Convention contre des dispositions légales du droit international. De plus, le problème n’est pas que juridique. Il y a une absence d’espace où les personnes de la société civile rencontrent les requérants d’asile. Cela laisse place à une image non réelle de ces requérants. De 1980 à 2012, il y a eu 2’700 demandes d’asile en Suisse.
MC : Ces évolutions actuelles sont-elles en bonne voie ?
MS : Oui, à l’exemple d’une petite commune qui a décidé d’utiliser la force disponible des requérants d’asile pour aider la commune dans les forêts. Les migrants ont partagé des expériences positives avec la population locale. On constate qu’il peut y avoir une relation qui se noue et qui se fonde sur un partage et une tolérance. Ce type d’exemple devrait être plus connu et médiatisé, afin qu’il n’y ait pas de panique à chaque création de centre pour migrants. Cela permet de construire un autre type de relations.
CT : A Malte, en 2012, il y a eu une grande enquête auprès des demandeurs d’asiles et le sondage a été positif. La plupart des habitants de l’île disaient ne jamais avoir eu d’interactions avec les réfugiés. Ils étaient d’accord qu’ils devaient mieux communiquer afin de se rendre compte des conditions de détention. Même dans les écoles, il y a eu des programmes pour parler aux enfants de ce qui se passe à Malte à ce niveau-là.
MC : Un journaliste de Courrier International parle de désespoir incroyable qui pousse à quitter les pays…
MS : Il faut prendre en compte la situation désespérée de ces personnes qui prennent un risque inimaginable. Il faut consolider les voies légales pour ces personnes prêtes à risquer leur vie plutôt que de rester là où elles sont.
WS : Un exemple frappant est celui d’une discussion avec une réfugiée somalienne qui expliquait les horreurs dans son pays. Elle ne pensait pas à la fin du voyage, à la destination mais surtout aux atrocités qu’elles quittaient. Le problème est que ces personnes n’ont pas le choix de rester dans leurs pays.
Public : A-t-on déjà invoqué la non-assistance à personne en détresse dans le cas des demandeurs d’asile et réfugiés ?
Dans le Code Pénal, cela est présent mais il faut être juridiquement confronté à une telle situation et on peine à voir comment impliquer ça dans la politique migratoire.
Public : De 9h à 19h, les réfugiés peuvent sortir du centre de détention… Y-a-t-il des activités appropriées mises en place? Peut-on les aider par le biais de matériel donné aux trafiquants?
Ils devraient s’entraider par l’éducation aux enfants ou l’apprentissage de langues entre eux. Cela dépend de où ils sont dans la procédure et du canton attribué. Mais ils sont assez peu occupés car les activités sont peu ou pas mises en place.
MC : Ces migrants se déplacent dans des systèmes qui sont de l’ordre du trafic d’être humain. On ne peut passer par eux pour aider le système.
CT : Actuellement en Libye, un système de coopération est impossible par exemple.
Public : Les ONG peuvent-elles avoir un discours plus politique en demandant plus alors que les politiques demandent toujours moins ?
Les politiques ont affaire à la montée de l’extrême droite, aux sentiments xénophobes.
MS : Les ONG ont toujours eu un discours très critique. Avant, on se rendait compte de ce qui était possible s’il y avait cette volonté politique. Mais dernièrement, les politiques restent les bras croisés. Toutefois, des gens en Suisse se sont déclarés prêts à accueillir des migrants ; la société civile se réveille avec une partie de la population. Il faut rappeler que cela relève du principe de vie humaine, de dignité.
AB : Cette approche est limitée car en les ONG proposeraient différentes choses en politique et on ferait des compromis. Mais sur certains points, il faut aller vers une forme de rupture et être plus catégorique.
CH : On a l’idée que les ONG demandent toujours plus, alors qu’au contraire elles luttent pour le minimum. Ce qu’on veut, c’est que les Etats d’Afrique du Nord sauvegardent eux-mêmes les droits de leurs peuples et des migrants. C’est pourquoi un dialogue méditerranéen est nécessaire.
Public : Peut-on éviter qu’il y ait des personnes qui profitent de la condition et de la vulnérabilité des migrants, éviter une sorte d’esclavage moderne ?
CT : En France, pour des personnes déboutées de leur droit d’asile, à moins de faire d’autres demandes de régulations comme des titres de séjour, il y a peu de moyens... Ces associations spécialisées travaillent là-dessus mais honnêtement, on ne sait pas ce que les gens deviennent.
Public : Travail des requérants d’asile ? Pourquoi certains États s’opposent à agrandir Frontex? Quelles raisons politiques ? Qu’en est-il du droit au travail ?
AB : Les requérants d’asile ont le droit de travailler au bout de trois mois en Suisse. Le problème est l’accessibilité au marché du travail comme la langue, le traumatisme, les compétences… Le requérant doit aussi rembourser une taxe spécifique d’environ 10% de son salaire. Souvent, on devrait faire en sorte que les gens restent actifs durant l’étape intermédiaire, entre l’arrivée et le marché du travail : travaux publics, occupations utiles, etc. Ces personnes seraient moins bien payées mais auraient un programme. Exemple : Berne a une sorte de service de voirie pour les réfugiés.
CH : On avait l’idée que les requérants d’asile abusaient de la situation en Europe, alors que les obstacles sont plus administratifs que légaux désormais.
CT : En France, on peut travailler au bout de 12 mois si la demande d’asile n’a pas été traitée. La démarche est compliquée ; dans les faits, les employeurs sont frileux et les réfugiés n’ont pas forcément les qualifications adaptées.
CH : Frontex est seulement un moyen d’appui pour des pays en frontières extérieures de l’UE. Les pays ayant des structures peuvent s’en sortir mais certains comme la Grèce n’ont pas les moyens de le faire eux-mêmes.
MS : Le problème n’est pas tant d’obtenir le statut de réfugiés, pour certains, mais d’avoir des personnes qui répondent aux critères d’admission et bien sûr le fait de venir jusqu’aux pays européens. En comparaison avec la situation d’après seconde guerre mondiale, les chiffres sont tout à fait similaires et les Etats doivent absolument prendre des mesures.
Public : Les demandeurs d’asiles venant de conflits meurtriers et traumatisés (ayant par exemple perdu la mémoire) peuvent faire une demande d’asile qui ne tient pas la route et il y a peu de prise en charge. Le système prend-il de plus en plus en charge ces personnes-là ?

CT : Il y a des centres spécialisés en France pour ces mesures d’accompagnement, notamment pour préparer les gens à raconter leur histoire. Mais effectivement, les délais d’attente pour la prise en charge psychologique sont grands et la barrière de la langue est importante et problématique.


11/04/2019

Record Store Day 2019



This is next Saturday, from 4pm, for Record Store Day at Matters of Vinyl Importance on Hoxton Street, East London. Join us!





Matters of Vinyl Importance will host an in-store talk from Melissa Chemam London about her new book 'Massive Attack, out of the comfort zone' followed by performances from Hazelle and Natty.🌟 #RSD19



Bristol reggae: Talisman


Writing about Bristol reggae. From my wonderful interview with Dehvan Othieno from the band Talisman Reggae ! 
We met in Fishponds, Bristol, in December and he's been absolutely adorable. 

The band deserve a book in themselves 
More on this book project about reggae later in May...

Soundtrack: 

'Dole Age' - Talisman, 12 inch mix 




04/04/2019

In defense of freedom of movement


 Dear readers,


My name is Melissa Chemam, I'm a freelance journalist, broadcaster and writer, working in London, Bristol, Paris and beyond.

I've been a journalist for 15 years, reporting from the USA, France, central Europe, the UK, East and Central Africa, North Africa, the Middle East.


Iraqi children in a displaced people's camp near Erbi, in Iraqi Kurdistan, 2016


My first book, about the band Massive Attack and Bristol's recent art and music scene, including the Pop Group and Banksy, was published this month:
It retells the story of outstandingly aware artists and musicians, who always linked their work with the reality of our world, addressing issues like racism, war-going government, commercial control in the arts, inequalities, refugee rights, multiculturalism... 

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I'm writing here today as I witness the appalling situation of European citizens living in the UK, after three years of horrible Brexit discussions and only a few weeks now ahead of important European elections.

So I want to share here a few ideas... That the press didn't want to publish. Not now. Because for both the British and French press, there are more institutional priories. I understand.

FIAC, Paris, a few years ago... 


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Today, the EU Parliament voted to grant UK citizens visa-free access after Brexit, especially in case of no deal.

Without even waiting for the UK to assure that EU citizens could visit the UK without any visa requirement.
"MEPs voted 502 votes to 81 in favour of the concession – provided EU nationals enjoy the same conditions when travelling to the UK."
That's quite generous considering the fact that the EU included 27 countries...
"The new law warns that were the UK to introduce a visa requirement for nationals of any one member state, visa requirements for UK nationals could be reintroduced."

This doesn't include work permits of course, only tourism travels.
"From the moment of leaving the European Union, British travellers will become 'third country nationals'. But in common with more than 60 other nationalities, including Australian, Japanese and US visitors, they will be allowed to stay for up to 90 days in any 180-day period."

London, March calling for a People's Vote, October 20, 2019


I personally believe such measures should now be granted to some other countries outside Europe. What about African citizens?? We used to have very strong ties...

I could develop on this issues much more lengthily. My colleagues from Nigeria and Kenya have been living here on very expensive visas for years if not decades. For some, this cost up to hundreds of pounds a year. Their countries used to be part of the British Empire for decades however, way before the creation of the first European Community, after World War II. 

It's just double standards.  

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Here my own situation, to dig a bit more into these issues: 

-I moved to the UK 10 years ago to join the BBC World Service, but was soon posted abroad in East Africa. I spent these past ten years splitting my time between England and other countries, as a foreign news correspondent, covering mainly European/African relations, elections, and post-colonial issues.
-Now, because of my professional situation, I'm not eligible to the settled status, I haven't been here continuously for the past 5 years. 
-But I've written a book on a part of British culture and am still working mainly from here, though I need freedom of movement to keep on reporting and writing.
-As a reporter posted in East and Central Africa, in Haiti, in the Middle East, I know that democracy demands information and action, and I believe too many Europeans take this for granted.

-Because of Brexit, ‪I have to travel to France to vote in the European elections in May. I’m not even sure if the UK would be in the EU or not when I get back! It’s in less than two months... 

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I have also talked to and interviewed a lot of other European citizens living here and I feel our stories are underrepresented.



Most of them are nurses, musicians, researchers, translators, waiters, broadcasters, etc. Jobs they have because of their skills, and often languages skills that British people don't have.

How much longer can we ignore people's rights? Will the British Parliament and government ever address people's rights and notable freedom of movement? It's a necessary discussion that must not be delayed.


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If you agree, feel free to share this paper.

Thanks for your attention.

Melissa Chemam 



03/04/2019

Compensation for "Windrush" victims



Wow, this is a huge move!!

UK to pay up to £200m in compensation to Windrush victims
Fund established for people whose lives were damaged by hostile environment policy
Guardian - Wed 3 Apr 2019 18.50 BST

Photo by myself, graffiti in Bristol, St Paul's


The home secretary, Sajid Javid, has announced that the government will pay up to £200m in compensation to people whose lives were damaged by the Home Office’s mistaken classification of thousands of long-term British residents as illegal immigrants.
The announcement comes almost a year after the government admitted that its treatment of the Windrush generation had been “appalling” and promised reform of its immigration system and compensation to those affected by hostile environment policies.
“Nothing we say or do will ever wipe away the hurt, the trauma, the loss that should never have been suffered by the men and women of the Windrush generation, but together we can begin to right the wrongs of Windrush,” Javid said.
The home secretary said there would be no cap on the fund, making it impossible to estimate how much money will eventually be paid to victims. Payments will not be restricted to people from the Caribbean but made to anyone who has been in the UK since 1988 who has been wrongly classified as being here illegally and as a result lost the right to work, access to healthcare and the ability to rent property.
The total number of those affected by the scandal remains unknown, but more than 5,000 people have been granted documentation by the Windrush taskforce in the past year, confirming that they have a legal right to live in the UK; 3,674 of them have been granted British citizenship.
Sylvester Marshall, 63 , who was told in November 2017 that he would face a £54,000 radiotherapy bill unless he could prove he was eligible for free treatment, said that the compensation would make a big difference to him. “I’ve still got debts I need to clear because of this,” he said. “The money should set me free so I can start over again.”
He was worried though that the amount of evidence required by the scheme would be as hard to provide as the evidence originally requested by the Home Office as proof of immigration status. “I don’t know how straightforward it will be.”
Javid said recipients would not be required to sign non-disclosure agreements and reassured those calling the new hotline for advice that the information disclosed would not be passed on to the immigration enforcement department. He paid tribute to the barrister Martin Forde QC, who has been working on developing the compensation programme since last May, and said Forde had made it a priority to ensure the scheme would be simple and easy to understand. The first payments could be made within a month, although complex applications were expected to take longer to process.
He said relatives of those people who had died before the Home Office’s mistakes were exposed would also be eligible to apply for compensation. The Home Office has admitted that of the 164 people who were wrongly detained or removed from the country at least 19 died before officials were able to contact them to apologise; another 27 had not been traced.
The Home Office said the scheme would provide payments to people who suffered difficulties because they did not have the right documentation to prove they were in the UK legally – experiencing, for instance, problems ranging from loss of employment, access to housing, education or NHS healthcare, to emotional distress or deterioration in mental and physical health.
Anthony Bryan
Anthony Bryan, who was misclassified as an illegal immigrant: ‘We can see some light at the end of the tunnel now.’ Photograph: Martin Godwin/The Guardian
There has been frustration from those affected in recent months that the compensation scheme has taken so long to be announced. In the meantime, only nine people have received payments from the government’s hardship fund, which was launched in December to provide emergency interim support to people who were in critical financial difficulties ahead of the compensation scheme.
Last June, Javid accepted that something had gone “massively wrong” within the Home Office and promised there would be reform to introduce a “fairer, more compassionate” immigration system, allowing staff greater freedom to use their common sense. However, many staff working at immigration charities say they have yet to discern a new culture within the Home Office, and have not observed evidence to suggest that employees are operating within a new, more sensitive regime.
Another of those affected by the case, Anthony Bryan, 61, was misclassified as an illegal immigrant, detained for five weeks and booked on a flight back to Jamaica, a country he left at the age of eight, and had not returned to in the intervening 52 years. Responding to the compensation announcement, he said he was relieved at the prospect of extracting himself from financial difficulties caused by the Home Office’s mistake and its effect on his ability to work.
“Things are still difficult,” he said. “I’m still feeling stressed by it all. Life is complicated when you haven’t got money to sort out your problems and I’m still paying back money I borrowed from friends. But we can see some light at the end now.”
Charities supporting those affected welcomed the scheme but voiced concern about how it will work in practice.
Daniel Ashwell, lead caseworker at the Refugee and Migrant Centre in Wolverhampton, which has supported dozens of Windrush victims, said those affected had been very worried by the long delay to the scheme’s launch and would need considerable support finding the evidence required to submit a claim. “It will be challenging for people to fill in the form; there is potential for them to be exploited by lawyers,” he said.
Sally Daghlian, CEO of the migrant support charity Praxis, was also concerned about the onerous amount of documentary evidence required to demonstrate adverse effects. “Those affected by the Windrush scandal are required to present yet more evidence, paperwork and documentation in order to receive compensation for the losses, suffering and hardship they have endured,” she said.
Satbir Singh, CEO of the Joint Council for the Welfare of Immigrants, questioned whether the estimated £200m fund would be enough, and stressed that the government needed to act fast to reform the hostile environment policy which caused many of the Windrush problems. “These things did not just happen – they were knowingly done to people through Theresa May’s hostile environment policy, which has caught undocumented migrants, legal migrants and Britons of colour alike in its trap.”
The Labour MP David Lammy said: “We are now a step closer to justice for the Windrush generation. It is vital that this scheme is publicised, so all those eligible for compensation know how to access it.”

African/European music


Writing about Africa Express, about their the events over the years, and about European/African music.

Here are some songs for you:


 'Ah Congo' - Feat. Jupiter Bokondji and Bokatola System 
(album: 'DRC Music: Kinshasa One Two')



And:

Toya Delazy, from Zululand to 'London Town' 

(Official Music Video)



+ bonus 

Slaves, with Paul Simonon & Pauline Black - 'Guns of Brixton' (The Clash cover)





Love.
m



02/04/2019

About writing


"It is indeed becoming more and more difficult, even senseless, for me to write an official English. And more and more my own language appears to me like a veil that must be torn apart in order to get at the things, or the Nothingness, behind it. Grammar and Style–to me they seem to have become as irrelevant as a Victorian bathing suit or the imperturbability of a true gentleman. A mask. Let us hope the time will come when language is most efficiently used where it is being most efficiently misused. As we cannot eliminate language all at once, we should at least leave nothing undone that might contribute to its falling into disrepute. To bore one hole after another in it, until what lurks behind it (be it something or nothing) begins to seep through: I cannot imagine a higher goal for a writer today."

— Samuel Beckett, in David Shields, Reality Hunger