21/04/2014

Milan Kundera, la métaphore et l'amour...

Quelques citations :


 "Les métaphores sont dangereuses. L'amour commence par une métaphore. Autrement dit: l'amour commence à l'instant où une femme s'inscrit par une parole dans notre mémoire poétique".


et  aussi :


"Le seul moyen de sauver l'amour de la bêtise de la sexualité ce serait de régler autrement l'horloge dans notre tête et d'être excité à la vue d'une hirondelle". 

"Si l'excitation est un mécanisme dont se divertit le Créateur, l'amour est au contraire ce qui n'appartient qu'à nous et par quoi nous échappons au Créateur. L'amour, c'est notre liberté".

"Si nous sommes incapables d'aimer, c'est peut-être parce que nous désirons être aimés, c'est à dire que nous voulons quelque chose de l'autre (l'amour), au lieu de venir à lui sans revendications et ne vouloir que sa simple présence". 


Milan KUNDERA (L'insoutenable légèreté de l'être)



KUNDERA : LA CRITIQUE - POUR TOUTE LA CULTURE


Voilà au passage mon article - sur le site de Toute La Culture :

http://toutelaculture.com/livres/fictions/la-fete-de-linsignifiance-milan-kundera-au-sommet-de-son-art/


« LA FÊTE DE L’INSIGNIFIANCE », MILAN 

KUNDERA AU SOMMET DE SON ART


21 avril 2014 Par Melissa Chemam | 
Quatre personnages en quête d’auteur, en liberté, dans un Paris eternel autant fait de nostalgie que de déception, de contentement que de frustration, se baladent dans ce roman court, sorte un outsider littéraire, dont la recherche philosophique ne se prend jamais au sérieux, au grand jamais, mais rappelle en filigrane tous les thèmes parcourus dans l’œuvre de l’auteur né en Moravie, en 1929, alors Tchécoslovaquie, et exilé en France dans les années 1970. Un nouveau roman écrit en français, langue d’adoption de l’écrivain depuis les années 1980, qui ne se veut rien d’autres qu’un moment de jouissance de lecture. Déroutant et délicieux.
Note de la rédaction : 

Il n’est pas évident de se renouveler quand on est aussi attendu que Milan Kundera, porté aux nues en France, longtemps boudé en Tchécoslovaquie / République tchèque, et adulé et étudié aux Etats-Unis, l’auteur de ‘L’Insoutenable Légèreté de l’être’ et ‘La Plaisanterie’ n’a plus rien n’a prouvé, mais certainement encore des choses à dire.
Rien de plus plaisant que de retrouver le style d’un auteur adoré, tant lu, mais rien de plus grisant aussi que d’être – encore – dérouté par lui, après tant d’années de lecture. La Fête de l’insignifiance commence ainsi, par dérouter. Qui sont ces personnages à peine présentés, aux noms bizarres ? Que vont-ils faire, pas grand chose, semble-t-il ? Un certain Alain se promène au Jardin du Luxembourg et remarque que la mode de notre époque est à l’étalage des nombrils, par le port de vêtements courts… Il en tire une réflexion sur le sex-appeal, la séduction et les rapport hommes – femmes, un grand classique chez Kundera qui explore les thèmes de la course à l’amour et du donjuanisme depuis son premier recueil de nouvelles, Risibles amours, en passant par la superbe et incomparable Valse aux adieux, et bien sûrL’Insoutenable Légèreté de l’être.
Mais ici, il ne s’agit pas vraiment de cela. Alain rencontre un certain Ramon, un ami qui, lui, faiblit devant la longueur de la file d’attente qui va l’empêcher de profiter d’un moment d’esthétique attendu, la visite de l’exposition consacré au peintre Marc Chagall dans le Musée du Jardin. Ils croisent alors ensemble D’Ardelo, chez qui ils vont finir par se recroiser à une fête bien peu enthousiasmante…
A l’autre bout de Paris, Ramon rejoint ses amis Charles, qui rêvasse plus ou moins à l’écriture d’une pièce de théâtre pour marionnettes qui mettrait en scène sa vision absurde de la vie, et Caliban, un acteur au chômage qui sert de serveur dans des cocktails ringards pour gagner sa vie…
Une fois ses quatre gigolos entrés en scène, le narrateur nous guide : « Dans mon vocabulaire de mécréant, un seul mot est sacré : l’amitié. Alain, Ramon, Charles et Caliban, je les aime. C’est par sympathie pour eux qu’un jour j’ai apporté le livre de Khrouchtchev à Charles afin qu’ils s’amusent un peu». Un livre qui mentionne comment Joseph Staline s’amusait à pratiquer un humour absurde sur ses ouailles, qui n’osaient jamais rire avec le leader suprême, de peur de laisser croire qu’ils rient de lui… Les dés sont jetés.

Du sérieux au rire, et du plein au vide, avec philosophie, mais surtout un tourbillonnant sens de la dérision

Ainsi dans l’insignifiance du quotidien de ces quatre antihéros eux-mêmes insignifiants, se baladent le souvenir de l’Union soviétique juste avant le tournant post-stalinien, quelques théories sur la séduction, l’étude de l’insignifiance et son impact sur la capacité de chacun à trouver le bonheur, ainsi qu’une réflexion sur la place du rire et de l’absurde – autre thématique fondamentale chez Kundera – qui y consacra avec une profondeur unique le roman La Plaisanterie mais aussi le texte inclassable qu’est ‘Le Livre du rire et de l’oubli et le roman La Vie est ailleurs.
Tout cela, avec une légèreté comparable à l’image de la minuscule plume qui descend dans le salon de D’Ardelo lors de la fête où les quatre lurons se croisent, les uns invités plus ou moins malgré eux, les autres serveurs mais surtout observateurs de la vacuité de l’amusement moderne, de l’obligation d’étaler sa réussite et son bonheur autour de quelques verres d’alcool posés sur un plateau et offerts aux convives.
Le tout, en seulement 144 pages, donne un roman sur la quête de l’éternelle bonne humeur, inspiré d’une petite phrase d’Hegel, sur les relations mères – fils aussi, à travers la peur de Charles devant la maladie de sa chère mère, et la très sensible réflexion que conduit Alain, qui n’a jamais connu celle qui n’a jamais voulu de lui, à travers des discussions solitaires avec une mère imaginaire.
La vie, aperçue du point de vue de la fête de l’insignifiance est à l’image de la trajectoire de Caliban, qui «la dernière fois qu’on avait pu le voir sur scène, (…) incarnait le sauvage Caliban dans La Tempête de Shakespeare », et qui à présent gagne sa vie comme serveur dans des soirées privées et s’y amuse à s’inventer des identités nouvelles, allant jusqu’à créer une langue imaginaire. Une sorte d’ironie permanente mêlée d’acceptation philosophique. Une leçon pour notre monde trop rempli et pourtant surtout plein de vanité ?
« Regarde-les tous ! », s’exclame la mère imaginaire d’Alain dans la septième et dernière partie du livre alors qu’il s’en retourne au point de départ, le Jardin du Luxembourg, « au moins la moitié de ceux que tu vois sont laids. Etre laid, ça fait partie des droits de l’homme ? (…) Les droits que peut avoir un homme ne concernent que des futilités pour lesquels il n’y a aucune raison de se battre »… Et Ramon, de nouveau au même endroit devant sa file d’attente, ajoute, quelques pages plus loin : « Regarde-les ! Tu penses que, d’un coup, ils se sont mis à aimer Chagall ? Ils sont prêts à aller n’importe où, à faire n’importe quoi, seulement pour tuer le temps dont ils ne savent que faire »…

Désillusion ? Non, conscience de « l’illusion de l’individualité », concluent, en échos à son questionnement sur le nombril, Alain et Ramon à l’unisson.
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Milan Kundera, La Fête de l’insignifiance, Editions Gallimard,15,90 euros. 144p., sortie le 01/04/2014.
visuel : Bannière gallimard


Week-end littéraire (2) - Kundera





Le dernier roman de l'auteur paru début avril, quelques extraits :











Week-end littéraire (1) - Tchekhov



"Platonov", Anton Tchekhov :
"Il n'y a pas d'être au monde que je pourrais aimer comme je t'aime. Il n'y a pas de femme au monde qui pourra jamais t'aimer comme moi".



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Et un fond de musique : Lhasa, 'The Living Road', le titre "My Name"






Why don't you ask me
How long I've been waiting
Set down on the road
With the gunshots exploding
I'm waiting for you
In the gloom and the blazing
I'm waiting for you

I sing like a slave I know
I should know better
I've learned all my lessons
Right down to the letter
And still I go on like this
Year after year
Waiting for miracles
And shaking with fear

Why don't you answer
Why don't you come save me
Show me how to use
All these things
That you gave me
Turn me inside out
So my bones can save me
Turn me inside out

You've come this close
You can come even closer
The gunshots get louder
And the world spins faster
And things just get further
And further apart
The head from the hands
And the hands from the heart

One thing that's true
Is the way that I love him
The earth down below
And the sky up above him
And still I go on like this
Day after day
Still I go on like this

Now I've said this
I already feel stronger
I can't keep waiting for you
Any longer
I need you now
Not someday
When I'm ready
Come down on the road
Come down on the road

My name, my name
Nothing is the same
I won't go back
The way I came


19/04/2014

"Desaparecido"....




Me llaman el desaparecido
Que cuando llega ya se ha ido
Volando vengo, volando voy
Deprisa deprisa a rumbo perdido
Cuando me buscan nunca estoy
Cuando me encuentran yo no soy
El que est en frente porque ya
Me fui corriendo ms all
Me dicen el desaparecido
Fantasma que nunca est
Me dicen el desagradecido
Pero esa no es la verdad
Yo llevo en el cuerpo un dolor
Que no me deja respirar
Llevo en el cuerpo una condena
Que siempre me echa a caminar
Me dicen el desaparecido
Que cuando llega ya se ha ido
Volando vengo, volando voy
Deprisa deprisa a rumbo perdido
Me dicen el desaparecido
Fantasma que nunca est
Me dicen el desagradecido
Pero esa no es la verdad
Yo llevo en el cuerpo un motor
Que nunca deja de rolar
Yo llevo en el alma un camino
Destinado a nunca llegar
Me dicen el desaparecido
Cuando llega ya se ha ido
Volando vengo, volando voy
Deprisa deprisa a rumbo perdido
Perdido en el siglo
Siglo XX, rumbo al XXI


Songwriters
Manu Chao
Published by
CONFIDENCE SC
: Manu Chao - Desaparecido

18/04/2014

About the great work of 'Amis d'Afrique', NGO in Boy Rabe, Bangui



WFP works in Boy Rabe with the local NGO 'Les Amis d'Afrique' for health care and food distribution to moderately malnourished children as well as their mothers.



 Mother and Child:


Sandrine and Brayane @ Boy Rabe health centre 'Amis d'Afrique'



Sandrine, mother of two, came with her younger child, Brayane, to the health centre as she does twice a week in order to get him treated against malnutrition and to get some food. The food provided by WFP is their only help, for her, her son Brayane and her daughter Naomie. As her husband left for Brazzaville in order to find a better job but never sent any money, Sandrine now lives in Boy Rabe at her grand-mother's house; her own parents being dead. She used to go to her grandmother's field to get cassava and sell a part of the food, but with the insecurity she cannot do it anymore.

Here in Boy Rabe's centre "Les Amis d'Afrique" (Africa's friends), she gets milk for the child and also dry food to bring back home.



Vivianne took her son John Peter to the centre today also because she depends on the NGO for food. Mother of four children, she is pregnant, but her husband died during the crisis.


Her house has been looted and burnt. She and her children now live with her step-brother and the grand-parents in Bafio, near Boy Rabe.  She had to be displaced and hosted in a camp for months before this situation was found. Now they still depend on WFP for food as none of them has work.



Dozens of mothers and children like John Peter and Viviane, Brayane and Sandrine, still rely on such a help, with insecurity is still prevalent in the Central African Republic.

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More pictures from the Boy Rabe health centre:





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17/04/2014

POESIE TRADUITE - PENSEES ORPHEENNES...



Devance tous les adieux…


Rainer Maria RILKE
Recueil : "Sonnets à Orphée"
Devance tous les adieux, comme s’ils étaient
derrière toi, ainsi que l’hiver qui justement s’éloigne.
Car parmi les hivers il en est un si long
qu’en hivernant ton cœur aura surmonté tout.
Sois toujours mort en Eurydice — en chantant de plus en plus, monte,
remonte en célébrant dans le rapport pur.
Ici, parmi ceux qui s’en vont, sois, dans l’empire des fuites,
sois un verre qui vibre et qui dans son chant déjà s’est brisé.
Sois — et connais en même temps la condition du non-être,
l’infinie profondeur de ta vibration intime,
c’est qu’en une seule fois tu l’accomplisses toute.
Aux réserves dépensées et aux couvantes, aux muettes
réserves de la nature, à ses sommes ineffables,
ajoute-toi en jubilant, — et détruis le nombre.

16/04/2014

Retour au Centre pédiatrique de Bangui


Suivi du travail de nos collegues du PAM et de diverses ONG :
















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 Rosalie, l'infirmière principale du Centre :


Jasmine vient chaque semaine pour faire soigner sa fille Exaucee 


La petite Exaucée a déjà repris vigueur par rapport à la semaine dernière :





Les jeunes enfants du Centre de soin, dont certains y passent plusieurs heures par jour...




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13/04/2014

Poetry - "Love Out Of War"



Love Out Of War



Everything dies around me, my love

Why do you ask me to also kill the love?

Can’t you see I am alive?

I am carrying life.

You don’t love me my love,

Or you could not want me to sit in silence.

When I am going to see you again?

And after the war, will I be the same?

Still a woman in her wounds.

Or the ghost of what we could have been.

Tell me the truth,

Tell me you don’t love me.

Hours of tears,

Roads of sorrow.

I’m nowhere without you.

All my mothers sold a part of my soul

But I can grow a heart again.

If I have more that one,

You can’t carry me away.

All my breathtaking are burning.

We have given birth

To a love out of war,

And love has given up on us

As war was starting to take over.

But can’t you see I’m the life?

Our war of love

Won’t take me anywhere.

Dead-end, and rebirth,

You took me for granted.


I’m sorry my love,

But I cannot die today.




Unpublished writer




10/04/2014

Bangui : les familles musulmanes bloquées au PK12, vivent autour de la mosquée



 Though UN agencies are working on helping Internally displaced people in Bangui to return to their homes, most Muslim families still have nowhere else to go than the mosque camp.

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Les agences de l'ONU espèrent aider ces familles de déplacés de Bangui à rentrer chez elles, mais la plupart des musulmans n'ont nulle part ou aller a part ce camp près de la mosquée centrale.




La mosquée principale de Bangui :


Alors que les hommes du camp espèrent trouver du travail, les femmes sont souvent très occupées, elles cuisinent quand la nourriture est la, s'occupent des nombreux enfants, essaient de tenir les abris en ordre, et de distraire leurs proches affectes par la crise depuis des mois...












Ces familles survivent grace aux distributions de nourritures et l'aide de nombreuses ONG...


Elles patientent encore à la Mosquée, au PK12, a quelques mètres du quartier chrétiens ou sont encore actifs de nombreux anti-balakas, et espèrent soit retourner chez elles, soit quitter le pays...