12/08/2013

Nigéria : Amnesty dénonce des expulsions illégales à Lagos

L'organisation Amnesty International a rendu public ce lundi un rapport sur les expulsions forcées au Nigéria.
Le rapport concerne précisément l'Etat de Lagos, à Badia East, un quartier de la plus grande ville du pays.
Le gouvernement de l'Etat de Lagos a effectué des démolitions dans ce quartier en février dernier, entraînant la perte de domicile pour plus de 9000 résidents du quartier. 
Amnesty dénonce ces expulsions forcées et son rapport examine les conséquences des démolitions qui ont mis à la rue des milliers de Nigérians mais aussi fait perdre leur travail à de nombreux petits commerçants.


Yves Prigent est le responsable de la campagne Pauvreté et Droits Humains d'Amnesty International France.
Selon lui,  des dizaines de milliers de personnes sont encore menacées d'expulsion si le gouvernement poursuit son plan de "revitalisation" de la mégalopole de 15 millions d'habitants : "ces expulsions sont illégales et se font sous couvert de projets de rénovation de la ville" et "les conséquences sont nombreuses : perte de logement, perte de revenus, détériorations des conditions sanitaires, maladies, etc."

Ils sont des milliers à désormais vivre dans la rue, suite à ces expulsions. Des milliers d'autres s'inquiètent de subir le même sort de ce quartier pauvre de Lagos, Badia Est, en pleine réhabilitation.
Selon Amnesty International, ces expulsions sont illégales et se font sous couvert de projets de rénovation de la ville, bafouant le droit au logement de ces habitants des quartiers pauvres de Lagos.

Biola Oguyemi, 50 ans, mère de six enfants, en a été victime. Elle déplore l'absence totale d'aides de l'Etat :

 "Il n'y a pas de nouvelle maison pour nous, nous dormons dehors. Les gens ont été chassés, sans préavis, sans annonce. Depuis nous n'avons ni logement, ni aide, ni accès à l'eau. La plupart des enfants ici ne peuvent plus aller à l'école. Beaucoup de mères qui doivent prendre en charge toute leur famille sont tombées dans la prostitution. Nos jeunes sont sans emplois, certains ne vivent qu'en faisant les pickpockets... Nous avons vraiment besoin d'aide".

Yves Prigent, responsable de la campagne Pauvreté et Droits Humains d'Amnesty International France, affirme pourtant que des dizaines de milliers de personnes sont encore menacées d'expulsion si le gouvernement poursuit son plan de "revitalisation" de la mégalopole de 15 millions d'habitants.

Amnesty travaille avec des organisations locales pour mettre en place des recours en justice.
Rien dans la loi nigériane n'autorise en effet l'Etat de Lagos à ainsi bafouer les droits de ces résidents, souvent les plus pauvres.

Zimbabwe : Mugabe face au peuple pour le "Heroes' Day"


Au Zimbabwe, le président Robert Mugabe a invité lundi ceux qui contestent sa réélection à "aller se faire pendre", dans un discours prononcé à l'occasion d'une fête commémorant la guerre d'indépendance.
Le MDC (Mouvement pour le changement démocratique) emmené par le Premier ministre sortant Morgan Tsvangirai, a déposé vendredi dernier un recours devant la Cour constitutionnelle  contre la victoire de
Robert Mugabe lors de l'élection présidentielle du 31 juillet.
Une victoire que l'Union européenne et les Etats-Unis ont jugée peu crédible, mais validée par les observateurs régionaux du scrutin.
Mais Robert Mugabe a salué cette victoire lors de son discours et rejeté une fois de plus toutes les critiques remettant en cause la crédibilité du scrutin :

"Nous apportons la démocratie sur un plateau. Nous disons : elle est à prendre ou à laisser.
Mais le peuple nous l'a accordé et nous ne reviendrons jamais notre réussite.
Les célébrations de cette année de la Journée nationale des Héros arrivent après deux tournants historiques : l'adoption d'une nouvelle constitution nationale et des élections largement célébrées par les observateurs et que nous avons gagnées".

09/08/2013

Maroc : Plainte des manifestants contre le Ministre de l'Intérieur, après les violences du 2 août


Au Maroc, 21 ONG ont déposé plainte jeudi pour que la justice détermine les responsabilités dans la répression de la manifestation de Rabat du 2 août contre la grâce royale accordée au pédophile espagnol Daneil Galvan. La plainte a été déposé jeudi matin contre le ministre de l'Intérieur Mohand Laenser et les hauts responsables de la police, selon les avocats de collectif d'ONG.
Le rassemblement avait été réprimé par les forces de l'ordre, faisant plusieurs dizaines de blessés.

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Les Marocains veulent savoir qui a ordonnée à la police de réprimer si violemment un rassemblement pacifiste.

La manifestation du vendredi 2 août avait ressemblé plusieurs milliers de Marocains devant le Parlement, à Rabat, contre la grâce royale accordée par erreur au pédophile espagnol.
La violente répression des forces de l'ordre a fait plusieurs dizaines de blessés.

A présent, une semaine plus tard, les avocats des manifestants ont porté plainte contre le Ministre de l'Intérieur pour faire la lumière sur les responsabilités ayant conduit à de tels excès.
 
Khadija Ryadi est l'ancienne présidente de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), ONG membre du collectif. Elle est à présent la coordinatrice du Collectif marocain des instants des droits de l'Homme qui a porté plainte.

Selon elle, les enquêtes internes n'ont jamais rien donné dans les précédents incidents de violences contre des manifestants. Le recours à la justice reste selon le collectif la seule solution car "beaucoup de blessés et violence disproportionnée".

L'indignation face aux violences de la police contre les manifestants reste le moteur principal des sit-in et rassemblements organisés cette semaine au Maroc, même après l'annulation de la grâce royale et l'arrestation en Espagne de Daniel Galvan.



Zimbabwe : Le MDC présente son recours



   "Le Mouvement pour le changement démocratique a déposé son recours", a déclaré Douglas Mwonzora, le porte-parole du parti de Morgan Tsvangirai à des journalistes devant la Cour constitutionnelle à Harare, où ses avocats venaient de remettre leur dossier.

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Au Zimbabwéen, le parti du Premier ministre sortant Morgan Tsvangirai, le MDC, a déposé ce vendredi un recours contre le résultat des élections du 31 juillet.
Le scrutin a vu la réélection du président Robert Mugabe au pouvoir depuis 33 ans.
Et le MDC en a jugé le déroulement frauduleux.
  "Le Mouvement pour le changement démocratique a déposé son recours", a déclaré Douglas Mwonzora, le porte-parole du parti de M. Tsvangirai, devant la Cour constitutionnelle à Harare où ses avocats venaient de remettre leur dossier :

"Nous soumettons de bonnes preuves, selon notre point de vue, et nous voulons montrer à quel point notre système peut être juste ou injuste. Ce n'est pas le MDC qui est jugé, c'est Monsieur Mugabé et son gouvernement, et c'est aussi la commission électorale zimbabwéenne, et puis c'est enfin le système judiciaire du Zimbabwe qui doit être jugé. Nous venons ici pour représenter le peuple et nous voulons la justice.
Nous attendons des juges de la Cour constitutionnelle qu'ils regardent la substance de notre plainte.

Mais laissez moi ajouter que le peuple du Zimbabwe n'attend rien d’autre que la justice".

Zimbabwe : recours pour l'opposition face à Mugabe ?


Au Zimbabwe, alors que l'intronisation du président sortant approche - elle doit avoir lieu 14 jours après la proclamation officielle des résultats - le MDC s'apprête à déposer son dossier de recours devant la cour constitutionnelle ce vendredi.

Malgré tout, les chances du parti d'aboutir à la reconnaissance de fraudes semblent bien minces.
Et de nombreux analystes zimbabwéens prédisent déjà le déclin du parti d'opposition, qui voit s'achever le partage de pouvoir avec la ZANU-PF au sein du gouvernement et perd une grande part de ses sièges électifs.

Selon Jeffrey Smith, chercheur sur le Zimbabwe au Centre Robert Kennedy à Washington, le paysage politique zimbabwéen va désormais devoir se refonder après ce scrutin :

"Le parti part d'assez haut, depuis les dernières élections et les développements de 2008 et 2009.
Beaucoup soulignent que le MDC et le premier ministre Tsvangirai n'ont pas été à la hauteur des attentes de leurs électeurs. Ils n'ont pas gouverné aussi bien que certains l'espéraient. 
On reconnaît qu'ils ont apporté des changements positifs mais on leur reproche de ne pas avoir su capitaliser ces efforts, de les faire connaître à un niveau suffisant face à la ZANU-PF. 
Le MDC contrôlait la plupart des ministères sociaux, dont l'Education, et aussi celui des Finances, et cela ne lui a pas profité, pourtant il a amélioré les hôpitaux et le système éducatif, et redressé l'économie.
Je n'irai pas jusqu'à dire que le MDC est fini mais il va devoir passer par un fort renouvellement de ses dirigeants."


07/08/2013

Pédophile relâché au Maroc: la colère d'une partie du peuple


 Malgré les gestes du Roi et les derniers développements judiciaires en Espagne, plus de 2 000 personnes ont manifesté dans la soirée à Casablanca.


 Ce mardi soir, les quelque 2 000 personnes rassemblées sur la grande place Mohammed V, en plein centre de Casablanca, ont appelé à la justice. « Nous voulons une réforme de la justice », « le peuple veut juger les coupables », ont-ils ainsi scandé. Dans leurs rangs, des familles, des étudiants, des personnes âgées, beaucoup de citoyens peu habitués à sortir dans la rue. A leurs côtés, on trouvait des mouvements plus organisés, comme celui du 20-Février, né pendant le printemps arabe et qui milite pour des réformes politiques profondes. 

Pour certains éditorialistes marocains, la population est maintenant majoritairement satisfaite, et le mouvement devrait s'apaiser. Mais pour ces manifestants, le vrai problème est de remettre en question l'équilibre des pouvoirs en profondeur. Tous réclament des excuses royales, plus d'indépendance pour la justice et la remise en cause du droit de grâce.

Un autre rassemblement s'est déroulé au même moment à Marrakech. Dans les deux villes, la police est restée très discrète, contrairement à vendredi dernier lorsque les policiers anti-émeute avaient dispersé la manifestation, faisant des dizaines de blessés.

De son côté, Daniel Galvan doit être jugé à Madrid et sera peut-être même extradé vers le Maroc. Une réunion hispano-marocaine a été consacrée à cette affaire, ce mardi à Madrid : un haut fonctionnaire espagnol a jugé possible que le M. Galvan purge finalement sa peine en Espagne.


Hisham Almiraat, médecin dans la région de Casablanca, fondateur du site de débat politique Mamfakinch.com, s'est rendu ce mardi soir au « sit-in », pour défendre le droit à la démocratie et la séparation des pouvoirs au Maroc. « Cette affaire de pédophile gracié n'est que le symptôme d'un système qui ne marche pas très bien », considère-t-il. Ci-dessous, son témoignage.

Hisham Almiraat
Mamfakinch.com
Nous avons une sorte de cabinet royal qui agit comme un gouvernement de l'ombre, loin de toute responsabilité (...) Pour résumer, c'est l'absence de démocratie et l'absence de séparation des pouvoirs. Nous avons un chef de l'Etat qui intervient dans les décisions de justice et qui n'est redevable de rien.
 
06/08/2013 par Mélissa Chemam

06/08/2013

Zimbabwe : Réaction du Botwana, critique des élections



Les irrégularités observées durant les récentes élections générales au Zimbabwe "ne peuvent pas être considérées comme la norme acceptable pour des élections libres et honnêtes au sein de la SADC", la Communauté de développement d'Afrique australe, a estimé lundi le Botswana voisin.

Le Botswana réclame donc un audit indépendant et le gouvernement botswanais entend pousser pour que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation diplomatique régionale en parlent lors de leur sommet annuel les 17 et 18 août à Lilongwe au Malawi.

Le Botswana avait envoyé 80 observateurs lors du scrutin zimbabwéen du 31 juillet, qui s'est déroulé sans désordre.

05/08/2013

Maroc : les manifestations vont se poursuivre


Au Maroc, le mécontentement ne semble pas retomber après la décision du roi hier. 
Mohammed VI d'annuler la grâce accordée à un pédophile espagnol.


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 Malgré l'annonce de l'annulation de la grâce royale, le mécontentement n'est pas retombé au Maroc.

Hier soir, une nouvelle manifestation a eu lieu dans le nord-ouest du pays à Kénitra, rassemblant plusieurs centaines de personnes. C'est dans cette ville que le condamné espagnol a vécu puis été incarcéré.
Elle s'est tenue sous forte présence policière mais sans incident.

Les participants ont exprimé leur satisfaction suite au retrait de la grâce, mais veulent plus d'explications.

Appels à de nouvelles manifestations

Les appels à manifester se poursuivent donc.

Des sit-in restent programmés cette semaine :
des appels ont déjà été lancés sur les réseaux sociaux.

Nadia Lamlili, journaliste à Casablanca, a relayé de nombreux appels via Facebook et Twitter.
Elle nous confirme qu'un rassemblement aura lieu à Casablanca mardi soir, à parti de 22h, après la rupture du jeûne, et qu'un autre est en préparation à Rabat pour mercredi.

Le but est de faire pression pour plus de libertés pour la justice et des changements concrets alors que la grâce royale apparaît plus que jamais arbitraire.
Selon Nadia Lamlili, l'annulation de sa grâce par le Roi a "soulevé plus de questions qu'elle n'en a résolu".

Le problème de la répression contre les maniefstants restent également une préoccupation de ces Marocains. Ils veulent savoir si les ordres sont venus du Palais, du Ministère de l'Intérieur ou émane du zèle de la police.

Autant de questions qui prouvent selon eux que la contestation n'est pas prête de retomber.

A contrario, la classe politique fait profil bas. A l'image du gouvernement dominé par les islamistes du Parti justice et développement (PJD), le ministre de la Justice Mustapha Ramid a estimé qu'il n'était «pas habilité à commenter», tout en précisant que le pédophile gracié serait désormais interdit d'entrée au Maroc.


Maroc : grâce annulée


Au Maroc, le roi fait volte-face... 
Le roi Mohammed VI a décidé d'annuler la grâce accordée au pédophile espagnol multirécidiviste Daniel Galvan Vina. C'est ce qu'a annoncé dimanche soir le Palais royal dans un communiqué, évoquant une décision "à caractère exceptionnel" motivée par "la gravité des crimes commis et le respect du droit des victimes".
La récente libération de Galvan avait entraîné un vaste mouvement d'indignation dans le royaume.

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La décision est tombée vers 20h, heure de Rabat.
Au micro de RFI, l'association marocaine des droits humains a salué une grande victoire populaire. L'association avait milité pour l'annulation de la grâce royale.

La mobilisation populaire marocaine avait été spontanée et a visiblement surpris les autorités.
Née sur Internet, elle a impliqué toutes les couches de la société et s'est vite propagée dans la rue. Mais les manifestations avaient été violemment réprimées par la police... ce qui a renforcé le sentiment d'injustice et la détermination des manifestants.

Au-delà de l'affaire Daniel Galvan, les manifestants affirmaient aussi défendre leur droit à protester librement.

Le roi avait finalement réagi samedi après 4 jours de silence, promettant que tout serait fait pour déterminer les défaillances qui ont mené à la libération de Daniel Galvan.
Mohamed VI affirmait qu'il ignorait l'atrocité des crimes dont le pédophile avait été reconnu coupable.

L'agence de presse officielle MAP a évoqué dimanche soir une décision "à caractère exceptionnel".

Mais pour les spécialistes du droit marocain, la décision révèle aussi l'inconséquence des pouvoirs royaux, qui auraient pu torpiller la justice. Le professeur de sciences politiques Youssef Belal parle aussi de tractations diplomatiques entre Mohammed VI et le roi d'Espagne.

L'ancien détenu a maintenant quitté le Maroc et rejoint l'Espagne.
Le ministère de la Justice marocain devra étudier avec Madrid "les suites à donner au retrait de cette grâce", à savoir un éventuel procès en Espagne ou l'extradition vers le Maroc.

04/08/2013

Libye : Démission du vice-Premier ministre Awadh al-Barassi


   En Libye, le vice-Premier ministre Awadh al-Barassi a annoncé samedi soir sa démission du gouvernement. Sa raison : "des problèmes et des obstacles qui ont eu lieu dans les différents secteurs de l'Etat, la détérioration de la sécurité et les assassinats découlant de la politique de centralisation administrative adoptée par ce cabinet." Le Premier ministre Ali Zeidan a acceptée cette démission, sans nier qu'il a été "surpris". Elle intervient sur fond de violence et de tensions politiques croissantes en Libye.

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Awadh al-Barassi a annoncé sa décision lors d'une conférence de presse à Benghazi.
Si le Premier ministre Ali Zeidan s'est dit surpris par son annonce, pour la plupart des experts de la Libye, la démission était prévisible.

Selon Nauman Benothmane, directeur de la Fondation Quillian, spécialisée dans les questions de contre-terrorisme, cette crise ne fait que révéler un peu plus l'état d'impuissance du gouvernement libyen face aux violences et aux attaques terroristes qui ne cessent de se multiplier.  

Membre du parti de la Justice et de la Construction lié aux Frères musulmans, Awadh al-Barassi avait d'ailleurs déjà laissé entendre sa déception et ses inquiétudes toute cette semaine.

M. Barassi reproche au gouvernement "ses dysfonctionnements" et son échec à établir la confiance des citoyens envers l'Etat.

Sa démission intervient après que Ali Zeidan a annoncé mercredi dernier qu'il renonçait à modifier la structure de son gouvernement.
En début de semaine dernière, il espérait former un nouveau cabinet restreint.

Les autorités de transition peinent de toute évidence à rétablir l'ordre.
La formation d'une police et une armée professionnelles se fait attendre, alors que les assassinats politiques et les violences se sont multipliés ces dernières semaines, surtout dans l'est de la Libye.

Fin juillet, l'assassinat d'Abdessalem al-Mesmari, avocat et militant politique figure du soulèvement contre le pouvoir de Kadhafi, a été un tournant.

Cette accumulation provoque la colère de la population qui a manifesté il y a huit jours pour dénoncer l'impunité de ceux qui déstabilisent le pays.