14/05/2014

Camille Lepage, photo-journaliste française retrouvée morte en reportage en Centrafrique


Centrafrique: une journaliste française assassinée en reportage


mediaLa photojournaliste française Camille Lepage, ici en février 2014 lors d'un reportage à Bangui.AFP PHOTO / FRED DUFOUR
Une photojournaliste française, Camille Lepage, a été tuée alors qu'elle effectuait un reportage en République centrafricaine, a annoncé l'Elysée ce mardi 13 mai dans un communiqué. La jeune femme était âgée de 26 ans. Ce sont des soldats français de la force Sangaris qui ont découvert son corps dans la région de Bouar (Ouest).
Camille Lepage était de ces journalistes qui n'ont pas peur, mais pas une tête brûlée pour autant, selon l'une des fondatrices de l'agence Hans Lucas pour qui la jeune femme travaillait. Selon sa mère, elle était animée d'une seule envie : témoigner sur des populations dont on ne parle pas et qui sont en danger. C'est ce qui l'avait amenée à se rendre au Soudan du Sud, puis en Centrafrique.
C'est ce mardi matin qu'une patrouille de la force Sangaris a fait la macabre découverte, lors du contrôle d'un convoi de pick-up sur la route entre Bouar et Baboua, à l'extrême ouest de la Centrafrique, au niveau du village de Fembélé, précisément. Dans l'un de ces pick-up, qui était conduit par plusieurs hommes armés présentés comme des anti-balaka, se trouvaient cinq corps inanimés, dont celui de la photojournaliste française, âgée de 26 ans. « Il y avait plusieurs véhicules, explique Romain Nadal, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Dans l’un d’entre eux, nous avons retrouvé le corps de notre compatriote, que nous avons rapidement pu identifier car il y avait un document d’identité dans ses vêtements. »
Les occupants du pick-up n'ont opposé aucune résistance. Ils ont été conduits à Bangui pour être entendus par la police judiciaire de la force africaine de la Misca et des gendarmes français présents sur place. Le corps de Camille Lepage a été acheminé à Bouar pour être ramené par avion vers la capitale centrafricaine dans la matinée.
« Nous les retrouverons et les traduirons en justice »
Une enquête a aussitôt été dilligentée sur place, a annoncé Romain Nadal. « Nous avons décidé l’envoi immédiat sur le site du drame, d’une équipe française et de la police de la force africaine déployée en RCA, afin que tous les moyens nécessaires soient mis en place pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat, et retrouver les meurtriers de notre compatriote», a précisé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Dès ce mardi soir, la présidence de la République évoquait un « assassinat ». « Nous devrons avoir toute la vérité sur cette affaire, savoir pourquoi elle était dans cette région, qui l’a capturée, comment elle est morte et faire en sorte que ses assassins ne soient pas impunis. Nous les retrouverons et nous les traduirons devant la justice », a affirmé François Hollande. « Tout nous porte à croire que notre compatriote a été victime d’une fusillade et d’un affrontement armé entre deux groupes, précise Romain Nadal, et que par conséquent, elle a été assassinée. Nous n’avons pas encore identifié les responsables de cette fusillade et du décès de notre compatriote. »
A Paris, une enquête a également été ouverte ce mercredi sur les circonstance de sa mort.
Une photo de Camille Lepage d'un milicien anti-balaka de la ville de Bossembele au nord-ouest de Bangui, le 24 février 2014.REUTERS/Camille Lepage
La photographe indépendante Camille Lepage était partie seule en reportage avec des anti-balaka dans le nord du pays. La force Sangaris n'était pas au courant de son déplacement.
« Infinies précautions »
Revenant plus largement sur le contexte centrafricain et les activités des médias sur place, François Hollande a par ailleurs insisté sur la prudence nécessaire à respecter, « dans cette partie là de l'Afrique, et notamment en Centrafrique ». « Je demande aux journalistes de faire leur travail. Je ne peux pas leur demander autre chose. Et en même temps de prendre d’infinies précautions », a-t-il ajouté. Selon le président de la République, ce drame ne remet pas en cause les opérations de la force Sangaris en cours dans le pays, avec les forces africaines et européennes, et en attendant l'opération de maintien de la paix des Nations unies. « Nous devons continuer notre travail parce que c’est très important que ces bandes, ces milices armées, soient mises hors de la Centrafrique et désarmées, a estimé François Hollande, afin que la population civile soient protégées et puisse vivre en paix. Car au moment où nous apprenions la mort de cette jeune femme, journaliste française, nous avions aussi d’autres informations sur d’autres massacres commis en Centrafrique. » Pour François Hollande, la France doit être « fière de ce qu'elle fait en Centrafrique », tout en étant « solidaire de la famille de cette jeune journaliste. »
Trois journalistes tués en quinze jours dans le pays
Antoinette Montaigne, ministre centrafricaine de la Communication, a de son côté insisté sur le fait que la sécurité des journalistes travaillant dans le pays est en effet menacée. « Nous avons eu à déplorer, depuis le 30 avril, deux journalistes centrafricains qui sont tombés, à Bangui, dans des agressions meurtrières, explique-t-elle. Et là, aujourd'hui, c'est la troisième qui touche une journaliste française (...) En quinze jours, trois journalistes tués, ça commence à faire beaucoup. » Pour Antoinette Montaigne, ce sont les activités même de Camille Lepage qui ont dérangé un des groupes armés. « Cela se voyait bien que c'était une journaliste européenne. Pour quelle raison aurait-on attenté à sa vie ? Elle n'était pas porteuse d'armes, elle n'était pas combattante. Je pense que cette jeune journaliste, Camille Lepage, était là bas pour prendre des photos de ce village brûlé pour en témoigner, et cela a probablement dû gêner certains groupes », juge la ministre centrafricaine.
Une photo de Camille Lepage des réfugiés du camp de Yida, au Soudan du Sud, le 29 octobre 2012.AFP PHOTO/ Camille Lepage



13/05/2014

Marina Tsvetaeva : Poemes, insomnies, nom de pays



Poèmes à Blok

Ton nom – un oiseau dans la main,
Ton nom – sur la langue un glaçon.
Un seul mouvement de lèvres. 
Quatre lettres.
La balle saisie au bond,
Dans la gorge un grelot d’argent.
Une pierre jetée dans l’étang
Sangloterait ainsi quand on t’appelle.
Dans le piaffement léger des sabots la nuit
Ton nom, son éclat retentit.
Le chien du fusil qui claque à la tempe
Le dit.
Ton nom – ah impossible !
Ton nom – le baiser sur les yeux,
Sur le tendre froid des paupières.
Ton nom – le baiser sur la neige.
Gorgée d’eau bleue qui sourd, glaciale.
Avec ton nom – le sommeil est profond.

15 avril 1916
«Insomnie et autres poèmes » Insomnie 
© Editions Gallimard 2011


Marina Tsvétaïeva : "L’offense lyrique"



Je suis. Tu – seras. Entre nous – un gouffre.  

Je bois. Tu as soif. S’entendre – en vain. 

Dix ans, cent millénaires nous séparent. –  

Dieu ne bâtit pas de ponts.  

Sois ! – C’est mon commandement. 

Laisse-moi passer, je n’écraserai pas les jeunes pousses. 

Je suis. Tu – seras. Dans dis printemps, tu diras : 

- je suis ! Moi, je dirai : - C’est trop tard.  


6 juin 1918 
Marina Tsvétaïeva, 
dans L’offense lyrique, 
éditions fourbis, 
page 86


Humeurs russes - Relire Tsvetaeva


 "Je crois que ce sont des personnes vivantes qui écrivent des lettres", écrit Boris Pasternak à Marina Tsvetaeva dans une des premières lettres de leur abondante correspondance:

Lettre de Boris Pasternak à Marina Tsvetaeva du 15 novembre 1922, citation extraite de Marina Tsvetaeva, Boris Pasternak, Correspondance 1922-1936, traduit du russe, présenté et annoté par Eveline Amoursky et Luba Jurgenson, éd. des Syrtes, 2005, p. 22.




Marina à Boris : « Je fais plus et mieux que t’aimer ». 

"Il s’exprime, incessamment, avec toute la force que donne à chacun la conviction d’avoir été créé pour l’autre, dans ce monde recréé qu’est celui de la poésie", ecrit Agnès Passot dans « Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva », Études 10/ 2006 (Tome 405), p. 368-377

Voir: www.cairn.info/revue-etudes-2006-10-page-368.htm 

"Les pages débordent de ces élans d’amour magnifiques, d’un lyrisme rare, saisissants comme les éclats d’une réalité tout autre à laquelle le lecteur n’a de toute façon pas accès", continue la chercheuse : 

« Marina, mon amie toute d’or, ma merveilleuse, surnaturelle, fraternelle prédestination, mon âme du matin toute fumante, Marina, ma martyre, ma pitié… » 

"Tous les sentiments s’y greffent, portés à l’extrême par deux âmes qui cherchent une issue à leur propre existence", ajoute Agnès Passot.

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A ecouter :

Emission Pas la peine de crier

Pas la peine de crier

Syndiquer le contenupar Marie RicheuxLe site de l'émission
Emission Pas la peine de crier
du lundi au vendredi de 16h à 17h
Ecoutez l'émission59 minutes

Triangle (3/5) : Marina Tsvetaïeva, Boris Pasternak, Rainer Maria Rilke : le triangle brûlant

23.04.2014 - 16:00 Ajouter à ma liste de lecture

Troisième temps d’une semaine placée sous le signe du triangle. Pendant l’été 1926, Marina Tsvetaïeva, Boris Pasternak, Rainer Maria Rilke  correspondent à trois. Ils font exploser le schéma du triangle amoureux. Littérature, traduction, exil, politique, désir, tout est brûlant dans cette correspondance parue aux éditions L’imaginaire/Gallimard en 1980. Nous en parlons avec Tzvetan Todorov.




Fictions / Le Feuilleton

Fictions / Le Feuilleton│11-12

Syndiquer le contenupar Blandine Masson (coordination)Le site de l'émission
Dramatique Fictions / Le Feuilleton
du lundi au vendredi de 20h30 à 20h55

L'amour des mots - Marina Tsvetaieva et Boris Pasternak : Une correspondance russe 

27.02.2012 - 20:54
Choix des textes de Hélène Bleskine
Réalisation : Etienne Vallès

Entre 1922 et 1930, Marina Tsvetaieva exilée, et Boris Pasternak resté en Russie, se découvrent mutuellement comme poètes à égalité de création. Leur correspondance invente une relation singulière : l’amour transfiguré par les mots. Ils ne parviendront à se voir qu’en 1935, à Paris. Mais cette rencontre se révélera comme « une non-rencontre » : la fusion dans le réel, rêvée par Marina Tsvetaieva ne fut pas au rendez-vous.
Restent ces lettres entre deux poètes d’exception, beaucoup ont été perdues, d’autres retrouvées dans les cahiers de Marina : Ariadna Efron, sa fille écrira plus tard, dans ses « souvenirs », que « placés à une insurmontable distance l’un de l’autre, Marina et Boris s’étaient retrouvés grâce à leurs lettres, leurs poèmes, dans la plus sûre des étreintes terrestres ».

Extraits de la correspondance parue aux éditions des Syrtes, traduite par Eveline Amoursky  et Luba Jurgenson, et des lettres à Pasternak de Marina Tsvetaieva parues aux éditions Clémence Hiver, traduites par Nadine Dubourvieux.

Poèmes de Marina Tsvetaieva traduits par :
Eve Malleret, « Tentative de Jalousie et autres poèmes « (éditions La Découverte). »Le ciel brûle » traductions de Pierre Léon et Eve Malleret, (Poésie/Gallimard)
« Bernard Kreise, Après la Russie »(éditions Rivages poche)
Henri Deluy, « L’offense lyrique et autres poèmes »(éditions Farrago/Léo Scheer)

Poèmes de Boris Pasternak traduits par :
Michel Aucouturier, Hélène Henry, Vardan Tchimichkian, (Œuvre de Boris Pasternak dans la Bibliothèque de la Pléiade).

11/05/2014

HUBERT HADDAD SUR FRANCE CULTURE


Dans l'émission 'Ca rime à quoi?' ce dimanche, pour parler de son dernier recueil et en lire de magnifiques extraits:


"Je broie l’ombre des amants dans un feu de fusains

Peintre aveugle qui collectionne les épaves

En rêvant d’une flamme d’or"...


Liens :


Ca rime à quoi
Emission Ça rime à quoi
le dimanche de 20h à 20h30
Ecoutez l'émission30 minutes

Hubert Haddad 0

11.05.2014 - 20:00 Ajouter à ma liste de lecture
Hubert Haddad pour "La Verseuse du matin", éditions Dumerchez.

10/05/2014

Samedi poésie : Oskar Władysław de Lubicz Miłosz



TOUS LES MORTS SONT IVRES

de Oskar Władysław de Lubicz Miłosz

paru dans Les Sept Solitudes

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Tous les morts sont ivres de pluie vieille et froide
Au cimetière étrange de Lofoten
L'horloge du dégel tictaque lointaine
Au coeur des cercueils pauvres de Lofoten

Et grâce aux trous creusés par le noir printemps
Les corbeaux sont gras de froide chair humaine
Et grâce au maigre vent à la voix d'enfant
Le sommeil est doux au morts de Lofoten
Je ne verrai très probablement jamais
Ni la mer ni les tombes de Lofoten
Et pourtant c'est en moi comme si j'aimais
Ce lointain coin de terre et toute sa peine

Vous disparus, vous suicidés, vous lointaines
Au cimetière étranger de Lofoten
- Le nom sonne à mon oreille étrange et doux.
Vraiment, dites-moi, dormez-vous, dormez-vous ?

- Tu pourrais me conter des choses plus drôles
Beau claret dont ma coupe d'argent est pleine.
Des histoires plus charmantes et moins folles ;
Laisse-moi tranquille avec ton Lofoten.

Il fait bon. Dans le foyer doucement traine
La voix du plus mélancolique des mois.
- Ah! les morts, y compris ceux de Lofoten -
Les morts, les morts sont au fond moins morts que moi. 

Éditions André Silvaire

BODA "LA BELLE"...


Ce qu'il reste d'une des villes les plus riches de Centrafrique, dans une région diamantifère de la préfecture de la Lobaye, Boda...

Le rond-point principal de la ville, surnommée avant la crise :



Depuis de nombreux quartiers ont été détruits :


Notamment les maisons des musulmans de la ville, prostrés dans des camps de déplacés à quelques mètres de la Mosquée centrale, sans accès aux marchés, écoles ou à l'hôpital.

Dans les anciens locaux de BADICA, le syndicat des diamantaires, un pharmacien de la ville, non-musulman, Aristide, travaille pour la santé de ces déplacés, notamment les enfants malnutris :



Sa collègue, Mariam, qui travaille avec l'AHA (l'Agence humanitaire africaine) nous montre les registres du centre de soin : 188 enfants des ces familles musulmanes souffrent de malnutrition depuis début mars :


Comme Océane, nombre mettent plusieurs semaines à se remettre des conséquences de la manutrition :



Un peu plus loin, le camp de déplacés faisant face à la Mosquée :


Ses jeunes enfants, souvent nés pendant la crise, se remettent de ces maladies et de la malnutrition liée :


Ils ne vont plus à l'école qui leur est interdite par les anti-balakas, milices d'auto-défence dites "chrétiennes" formées après les attaques de la coalition Seleka à dominante musulmane qui a pris le pouvoir le 23 mars 2013 en renversant le président Francois Bozizé. Les éléments de la Seleka ont alors attaqué de nombreux villages et villes du pays. 

A Boda cependant, le début des hostilités ne serait pas lié à des attaques de rebelles Seleka, mais à une incompréhension réciproque changée en peur après le départ des combattants rebelles de la ville. 

Depuis, les musulmans et les animistes et chrétiens vivent séparés, de deux cotés de la ville...




Le principal camp musulman s'est formé autour de ces anciens bâtiments de stockages de l'industrie du bois, l'une des principales activités de Boda avec l'extraction de diamants.



Du coté de l'Eglise, se trouve le principal camp de déplacés non musulmans, qui ont reformé un marché après la destruction du marché central, appartenant avant la crise principalement à des musulmans.




Le nouveau marché de Boda, auxquels les musulmans n'ont pas accès :


Quelques chars de la force française Sangaris :


Et le quotidien dans un camp :




Des milliers de familles chrétiennes et / ou animistes vivent ainsi hors de leurs maisons, souvent détruites, par peur d'un retour de combattants Seleka ou affiliés.



Le courage des mères :




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Voilà donc Boda aujourd'hui.


09/05/2014

Recent photo work from C.A.R. for WFP:



http://wfp.tumblr.com/post/85219324053/central-african-republic-may-2014-the-recent


Central African Republic, May 2014




The recent violence has wrecked countless lives in C.A.R., its effects have hit children the hardest. Forced to flee their homes and abandon school, they often find their parents now cannot feed them adequately. Children are more likely to die from malnutrition than from bullets in this crisis. 
Even before the crisis began, malnutrition rates in C.A.R. were among the worst in the world. Almost half of children under five suffered from stunted growth (a condition caused by malnutrition), and 25 percent were underweight. The conflict has only made matters worse; with C.A.R.’s only pediatric hospital registering a 62 percent increase in the number of children hospitalized with severe acute malnutrition compared to the previous year.Since January, WFP has provided supplemental nutrition support to approximately 25,000 malnourished children each month, offering some hope to their desperate mothers.”
All photos: WFP/Melissa Chemam

06/05/2014

A Bangui, les mères soignent leurs enfants, mais souffrent elles-mêmes de malnutrition...


Meilleure forme pour ces enfants après trois à quatre semaines de 

traitement :


La petite Belcia a recu trois semaines de traitement :


 Mais de plus en plus les mères soignent leurs enfants, mais souffrent elles-mêmes de malnutrition :




Ces jeunes mamans restent hospitalisees : 


Patricia, adjointe de Rosalie, les deux principales infirmières de l'unité nutritionnelle : 






02/05/2014

RCA : le PAM a augmenté de 60% ses distributions de vivres en avril

RCA : le PAM a augmenté de 60% ses distributions de vivres en avril

RCA : le PAM a augmenté de 60% ses distributions de vivres en avril
RCA : le PAM a augmenté de 60% ses distributions de vivres en avril
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Le Programme alimentaire mondial (PAM) indique que la crise sans précédent en République centrafricaine (RCA) continue. Le PAM a accéléré ses opérations et a augmenté de 60% sa distribution de nourriture en avril, par rapport à mars. C'est le chiffre le plus élevé jusqu’à présent cette année. Au 29 avril, près de 200.000 bénéficiaires avaient reçu une aide alimentaire, parmi lesquels 24 700 enfants ont bénéficié de nutriments spéciaux. Une alimentation complémentaire ciblée a été fournie à 3 000 enfants malnutris âgés de six mois à cinq ans et à 2 500 enfants hospitalisés en pédiatrie. Le PAM a également commencé à distribuer de la nourriture afin d’aider 3.000 patients atteints du VIH. Le PAM a également fourni un programme de cantine scolaire à près de 32 000 enfants.
Le Programme alimentaire mondial étend ses activités sur le plan géographique à l’intérieur de la République centrafricaine. En décembre, il a fourni une assistance alimentaire dans quatre centres urbains ou des villes, puis en mars, il a pu fournir une assistance dans 21 sites, et à 35 en avril. Le PAM a également augmenté son aide à Bangui et à l’extérieur de la capitale, en fournissant de l’aide à des endroits distants de 1 000 kilomètres de Bangui. Le PAM a également déployé des unités de stockage portable à deux endroits dans l’extrême nord de la République centrafricaine pour augmenter la capacité d’entreposage et soutenir la campagne de protection des semences par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Par ailleurs, le PAM renforce sa flotte de transport. Les vivres du PAM ont été expédiés au port de Douala au Cameroun, puis transporté par la route à Bangui et dans une autre ville, où la nourriture a été pré-positionnée dans les entrepôts. C’est à partir de ces deux entrepôts de base que le PAM a distribué des vivres grâce à d’autres entrepôts plus petits et mobiles dans le reste du pays. Il a fallu seize jours aux camions pour transporter les aliments à Bangui et onze jours à l’autre ville, ce qui montre les difficultés et l’importance du transport aérien. Le PAM a essayé de résoudre le problème de l’obtention de carburant pour transporter de la nourriture par avion.
(Extrait sonore : Élisabeth Byrs, porte-parole du Programme alimentaire mondial)