16/10/2014

Love letters - to Slavs and Tatars


One of my favourite collective of artists, Slavs and Tatars enters the Tate in London!

Tate Acquires 100th Work For Its Collection From Frieze Art Fair



Read :


and




Outset: curators pick four, Frieze donates two more

Tate director convinces Frieze to help round up acquisition figures
Ever since Frieze launched in 2003, the Outset Frieze Art Fair Fund has given two international curators and a team from the Tate early access to the fair to buy works for the Tate. 

This year’s duo with £150,000 to spend were Agustín Pérez Rubio of the Museum of Latin American Art of Buenos Aires and Laurence Rassel from Barcelona’s Fundació Antoni Tàpies, accompanied by the Tate’s Frances Morris, Anne Gallagher, Tanya Barson and Clarrie Wallis. 

They selected four politically charged works, but in a new departure, Frieze donated a further two works—Slavs and Tatars’s Love Letters (No.7) and Bernardo Ortiz’s Untitled—with a collective value of £20,000.





Slavs and Tatars, Love Letters (No. 7)


Number two in an edition of three, plus one artist’s proof; Raster Gallery (FL, G23) Pérez 

Rubio: 


“It was important that the works donated by Frieze were by younger artists, who are building 

their careers but are not so famous. Slavs and Tatars and Bernardo Ortiz [right] are talking 

about problems related to linguistics. This piece is about lost nasal sounds—and we like the 

fact that it takes the less conventional form of a tapestry.”


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Love Letters No. 7, woolen yarn, 2014

The nose’s role in language is routinely overlooked, often overshadowed by the tongue and throat. Here a series of nasal letters from Arabic, Cyrillic, and Latin that have been lost to language conversion are shown falling by the side of the road. Like breadcrumbs, the trail of forgotten letters maps out the course of modernization, which is synonymous with progress—always moving forward while leaving a path of upheaval and change in its wake. For example, ڭ is an Arabic letter that sounds like “ng,” but disappeared from the Turkish alphabet when it was Romanized in 1928.

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About Slavs and Tatars


Love Letters
The Love Letters carpets are based on the drawings of Russian poet, playwright, and artist Vladimir Mayakovsky (1893–1930).

Mayakovsky initially worked on behalf of the Bolshevik Revolution, lending his talents to give voice to the Russian people at a time of great social upheaval and reconstruction. But as the revolution changed its course, Mayakovsky—known as the “people’s poet”—became extremely disillusioned and could not forgive himself for being complicit in Joseph Stalin’s ruthless rise to power, ultimately committing suicide at age thirty-seven. 

Through caricature, the carpets depict the wrenching experience of having a foreign alphabet imposed on one’s native tongue and the linguistic acrobatics required to negotiate such change. 

In particular, the carpets tell two parallel stories: that of the Bolsheviks’ forced Latinization and later Cyrillicization of the Arabic script languages spoken by the Muslim and Turkic-speaking peoples of the Russian Empire, and the 1928 language revolution of Mustafa Kemal Atatürk—Turkey’s first president—in which the Turkish language was converted from Arabic to Latin script. 

The casualties of these linguistic takeovers—lost letters and mistranslations—are given center stage here as a testament to the trauma of modernization.

Texts and image captions by Gabriel Ritter, the Nancy and Tim Hanley Assistant Curator of Contemporary Art at the Dallas Museum of Art

See more about Slavs and Tatars' Love Letter work :


10/10/2014

DÉBAT : Travail illégal, assistanat, ou droit au travail des demandeurs d’asile et des réfugiés ?



Hello everyone.

La semaine prochaine, je participe au débat organisé par l'asso Singa et ses partenaires sur le droit au travail des demandeurs d'asile en France. Voici les informations, ci-dessous, si le sujet vous intéresse, je posterai les détails bientot. Si vous voulez venir inscrivez-vous !

C'est jeudi prochain, le 16 octobre, à 17h, à l'Assemblée nationale.



DÉBAT : Travail illégal, assistanat, ou droit au travail des demandeurs d’asile et des
 réfugiés ? Quelles options ? Parlons-en


Au titre de la nouvelle directive européenne « Accueil » du 26 juin 2013, les Etats membres de l'Union européenne sont tenus d’accorder aux demandeurs d’asile le droit au travail effectif dans un délai de neuf mois – et non plus douze - à compter de la date d’introduction de leur demande de protection.

L’objectif de cette directive étant de prévoir des normes minimales pour garantir des conditions de vie dignes, le droit au travail apparaît comme inséparable de la question de la dignité.

A la différence du travail illégal et de l’assistanat, c’est aussi un choix économique et social qui a des
avantages évidents, comme le montre bien un projet de résolution adoptée à l’unanimité le 13 mars 2014 par la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées du Conseil de l’Europe.

Sur la base d’études comparatives d’institutions internationales et de rapports chiffrés très précis, une des propositions de cette résolution recommande: « d’accélérer les procédures d’asile et autoriser l’accès des demandeurs d’asile au marché du travail dans l’attente de la détermination de leur statut, en tenant compte du fait qu’en définitive le demandeur d’asile, le pays d’accueil ou le pays de retour en retireront des bénéfices ». Pour les réfugiés, c’est l’enjeu d’une intégration plus rapide et mieux réussie.

Au moment où vont avoir lieu en France les débats au parlement sur la réforme du droit d’asile, il est indispensable de débattre aussi sur ces questions du droit au travail et aux formations professionnelles, droits fondamentaux défendus par le droit Européen.

Le Centre de Recherche et d’Action Sociale, le Service jésuite pour les Réfugiés, l'association Singa, le Cabinet Lysias, avec le soutien du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, vous invitent :


Le jeudi 16 octobre de 17h à 19h Assemblée nationale 126 rue de l’université -75007 Paris

Inscription obligatoire avant le 13 octobre (selon la limite de places disponible) : 

invitationdebattravail@gmail.com



Participants:

- Député de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
- Anousheh Karvar, membre de l’Inspection Générale des Affaires Sociales
- Mme Frenais-Chamaillard, chef de service Asile, ministère de l’intérieur
- Un demandeur d’asile, étudiant en droit
- Animateur : Mélissa Chemam, journaliste indépendante

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SINGA Projets

projets

SINGA Projets est un programme d’accompagnement des réfugiés dans la création, le développement et la gestion de leurs projets associatifs, entrepreneuriaux, ou artistiques. Ce programme a pour objectif de garantir l’égalité des chances en donnant l’opportunité à des réfugiés d’entreprendre et de participer à la vie économique et sociale du pays dans lequel ils résident.  SINGA propose ainsi un accompagnement spécialisé tenant compte du parcours et de la situation de chaque porteur de projet.
Il s’agit d’une approche collaborative ayant pour objectif de mettre les porteurs de projets réfugiés en relation avec les personnes de la société civile qui seront en mesure de répondre de manière spécifique aux problématiques que les réfugiés peuvent rencontrer. 
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Mon reportage réalisé avec Singa cet été pour France Culture :

Reportages matins d'été
Chronique Reportages matins d'été
du lundi au vendredi de 7h23 à 7h29
Ecoutez l'émission6 minutes

Cyril, réfugié camerounais en France, mais pas seulement

07.08.2014 - 07:23 Ajouter à ma liste de lecture
Alors que l’Europe a accueilli un nombre record de migrants sur son sol depuis le début 2014, cet été promet d’être un des plus chargés en nouveaux arrivants. Parmi eux, nombreux sont ceux qui ont droits au statut de réfugié, mais ont de plus en plus de mal à trouver en Europe et notamment en France l’accueil auquel ils aspirent.
L’association Singa aide les réfugiés mais d’une manière innovante : en les rapprochant des Français, via des activités des groupes, et en encourageant les initiatives économiques, les échanges culturels, la création de projets et même d’entreprises.
Lancée par Nathanaël, Guillaume et Alice, Singa a parmi ses membres bénévoles des réfugiés récemment régularisés qui eux aussi aident de nouveaux arrivants à s’intégrer. C’est le cas de Cyril, venu il y a 18 mois du Cameroun, après une longue traversée. Il participe aux activités de groupe organisées par Singa,  comme cet atelier de « upcycling », du reclyclage qui transforme des objets délaissés en bijoux ou éléments de déco. Cela se passe à la Recyclerie, porte de Clignancourt dans le 18e arrt de Paris, où Cyril nous a raconté sa motivation à aider les autres réfugiés et à mettre en valeur leur talent.

Un reportage de Mélissa Chemam.

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Quelques infos sur les réfugiés dans le monde :


Melissa FlemingVerified account

@melissarfleming FOLLOWS YOU

Chief Communications & Spokesperson at UNHCR. Tweets highlight the stories of human suffering and resilience I witness every day.

 Geneva, Switzerland

Today, almost nine out of ten refugees are living in developing countries – up from 70% ten years ago.




09/10/2014

Nouvel article pour Toute la Culture : Agamemnon, Tragédie hip hop à Colombes ce soir



« AGAMEMNON » : FAIRE RENAÎTRE LA TRAGÉDIE GRECQUE PAR LE CHŒUR, UN CHŒUR DE NOTRE ÉPOQUE


Bien sûr un tel projet n’a d’intérêt que s’il est parfaitement maîtrisé. Faire revivre l’idée du chœur de la tragédie antique à travers le hip hop, voix forte de notre époque, voilà le pari fou et réussi de R.I.P.O.S.T.E., collectif emmené par D’ de Kabal et Arnaud Churin.
On entre dans la salle pour trouver sur scène un homme debout au premier plan, vivant, massif, habillé d’un survêtement beige à capuche qui l’enveloppe, prêt à se mettre en branle, et au sommet des marches en forme d’amphithéâtre une figure de femme vêtue de blanc, comme un symbole grec vivant. Puis entre une quinzaine de comédiens, en chœur. Justement, un chœur.
D’ de Kabal est venu du rap au théâtre en passant par le hip hop, après avoir fait partie des groupes Kabal et Assassin. Arnaud Churin est venu du théâtre au hip hop après, entre autres, le Conservatoire national supérieur d’Art dramatique de Paris et ses passages chez Olivier Py et Eric Lacascade. Leur rencontre est au cœur de ce travail qui a donné le spectacle ‘Agamemnon, Tragédie hip hop’, 2h15 de théâtre antique entre opéra, human beat box et slam qui remet au centre le chœur de la tragédie.
D’ de Kabal a écrit le texte de ce spectacle en relisant huit de ses grandes traductions, de celle de Paul Claudel à celle d’Olivier Py, avec pour but d’être le plus fidèle possible à Eschyle. Il a choisi de ne pas couper le texte du chœur, nous confirme-t-il en interview : « J’ai réécrit ce texte en collaboration avec Arnaud Churin et la dramaturge du spectacle, Emanuela Pace. Ensuite nous avons composé la musique de ce chœur à huit / neuf, avec les chanteurs et acteurs du spectacle ».
Pour Arnaud Churin, le texte se veut à la fois poème et traduction : « Le travail de D’ de Kabal a été avant tout un acte de retraduction, mais c’est celui d’un poète traduisant un autre poète. Finalement, D’ n’a que très légèrement adapté le texte original, sans penser à l’actualiser, mais pour rester authentique et le faire vivre pour nous en même temps ».
Arnaud Churin est la voix leader de ce chœur, avec sa puissance et une justesse folle, tellement maîtrisée pour un tel texte qu’il en sort tragique au dernier degré, pas un moment de sa bouche ne sonne faux. Autour de lui, trois human beat boxes donnent le rythme, et les voix du chœur se démultiplient. Un danseur mime aussi les sentiments et les scènes rétrospectives. C’est de ce chœur que jaillissent ensuite les acteurs, presque anonymes d’abord dans leurs survêtements uniformes, pour prendre leurs rôles : une Clytemnestre (forcément) excessive et féroce (Murielle Colvez), un Agamemnon triomphant mais pourtant brisé (D’ de Kabal lui-même), puis Cassandre (Audrey Bonnet) simultanément fragile et courageuse.
« Nous avons eu une réflexion intense sur nos méthodes pour faire vivre cette musique, au carrefour de nombreuses possibilités techniques et esthétiques », poursuit Arthur Churin. « Parce que pour rendre le chœur, les hellénistes le savent, il faut passer par la chanson. J’avais moi-même joué de la tragédie grecque qui me fascine depuis toujours, et j’avais depuis longtemps l’envie de mettre en place une forme nouvelle, ce qui a commencé avec le théâtre de rue, où le mélange avec le rap a démarré. Notre rencontre à tous a mis les bons mots sur des projets que chacun de nous avait en tête et qui se rejoignaient ».
D’ de Kabal a le justement aussi sentiment d’avoir réuni des créateurs qui se posaient les mêmes questions : « Il nous a fallu 4/5 ans pour en arriver là, entre nos premières discussions sur le projet et la création mardi 7 octobre 2014 au Théâtre de Chelles, qui est une sorte d’accomplissement de nos utopies théâtrales. Nous espérons que quelque chose s’invente ainsi et nous nous appliquons à le traiter en profondeur ; nous sommes tous des passionnés », ajoute-t-il.
A voir ce soir à l’Avant Seine, le théâtre de Colombes, puis à Puteaux fin novembre, ce spectacle reviendra à Chelles l’an prochain et prépare une tournée pour 2016.
« Cette tragédie hip hop, nous sommes heureux de la jouer à Colombes car le directeur de l’Avant Seine nous a donné son entière confiance mais nous souhaitons le jouer partout », explique D’ de Kabal, « et ainsi réunir des spectateurs qui sont habitués à des formes différentes, le hip hop, ou le théâtre, et qui là auront tous un moyen de peut-être retrouver l’essence du théâtre de la démocratie athénienne dont le but était de faire une place à l’Autre », conclue-t-il brillamment. Aussi brillamment que se joue ce spectacle.
Tournée :

Avant Seine – Théâtre de Colombes, le 9 octobre 2014, 20h30
Conservatoire Jean-Baptiste Lully, Puteaux, le 28 novembre, 20h45
Tournée en préparation pour 2016

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Lien vers le site : http://toutelaculture.com/spectacles/theatre/agamemnon-faire-renaitre-la-tragedie-grecque-par-le-choeur-un-choeur-de-notre-epoque/


Le Nobel de Littérature au Français Patrick Modiano - Portrait d'un des autres favoris, Ngugi wa Thiong'o



Patrick obtient le de ... Premier français depuis Le Clézio en 2008.

via Biobibliographical notes, 2014 Laureate Patrick :

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Sur ma table de chevet depuis qq semaines, je vais donc m'y replonger: Dans la peau de de Denis Cosnard




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Et sur Ngugi wa Thiong’o :

Déjà en 2013, Ngugi wa Thiong'o, était favori, mais le Nobel choisit Alice Munro:

Lire sur JeuneAfrique.com :
11/10/2013 à 17:55

Les parieurs en ligne avaient misé gros sur Ngugi wa Thiong’o. Il faut dire que l’engagement de l’auteur kikuyu, notamment en faveur d’une littérature en langues africaines, plaide en sa faveur. Une prochaine fois ?  

Le 10 octobre, l’Académie suédoise a couronné la Canadienne Alice Munro, 82 ans. Mais jusqu’au dernier moment, un Africain figurait en bonne place parmi les favoris au prix Nobel de littérature 2013. Le Kényan Ngugi wa Thiong’o, 75 ans, a suscité l’émoi chez les bookmakers. Début septembre, le site internet Ladbrokes a même suspendu les paris à la suite d’un soupçon de "fuite", la cote de l’auteur ayant explosé après un important pari provenant d’un joueur… suédois. Quoi qu’il en soit, l’écrivain est depuis plusieurs années cité parmi les nobélisables, et son engagement littéraire – et politique – plaide en sa faveur.
S’il est renommé dans le monde anglo-saxon, Ngugi wa Thiong’o est encore trop peu connu dans l’espace francophone. Et pour cause, sur sa trentaine de romans, pièces de théâtre, recueils de nouvelles, essais et livres pour enfants, seules cinq œuvres sont traduites en français : Et le blé jaillira (Julliard, 1969), Enfant, ne pleure pas (Hatier, 1983), Pétales de sang (Présence africaine, 1985), La Rivière de vie (Présence africaine, 1988) et Décoloniser l’esprit (La Fabrique, 2011). Encore faut-il les trouver en librairie…

La question de la traduction – et plus globalement de la langue – est pourtant au cœur de l’œuvre de l’écrivain, né James Ngugi en 1938 à Kamiriithu (près de Nairobi) quand le pays faisait encore partie de l’Empire britannique. Auteur engagé, marxiste et anti-impérialiste, Ngugi wa Thiong’o est un ardent défenseur de la littérature en langues africaines. Une vision qu’il expose dès 1986 dans Décoloniser l’esprit, son "adieu à l’anglais". Il y affirme la nécessité de s’affranchir de la langue des colons pour exprimer une expérience, des représentations et une culture authentiquement africaines et toucher un lectorat populaire. "Dans la mesure où elles sont celles du peuple, les langues africaines ne peuvent qu’être ennemies de l’État néocolonial", écrit-il.

Engagement

Et Ngugi wa Thiong’o sait de quoi il parle, lui que cet engagement a mené jusque derrière les barreaux, en 1978, sous Jomo Kenyatta. Sa faute ? Avoir monté une pièce de théâtre en kikuyu, Ngaahika Ndeenda ("Je me marierai quand je voudrai"), susceptible de gagner un public de paysans et d’ouvriers à sa vision critique du pouvoir. Après ça, l’auteur se devait "d’écrire dans la langue qui [lui] avait valu d’être incarcéré", explique-t-il encore dans Décoloniser l’esprit. Dans la cellule 16 de la prison de haute sécurité de Kamiti, il se met donc à la rédaction, sur du papier toilette, du tout premier roman en kikuyu : Caitaani Mutharabaini ("Le diable sur la croix"), qui paraîtra en 1980 aux éditions Heinemann.

En 1982, alors qu’il se trouve à Londres pour lancer la version anglaise du livre, Ngugi wa Thiong’o apprend que le régime de Daniel Arap Moi veut le remettre sous les verrous. Commence alors un long exil, d’abord au Royaume-Uni puis aux États-Unis, où il enseigne aux universités de Yale puis de New York, avant de devenir directeur du Centre international pour l’écriture et la traduction de l’université de Californie. En 1986, l’auteur publie un second roman en kikuyu, Matigari. La même année, en colloque à Harare (Zimbabwe), il échappe à une tentative d’assassinat fomentée par le régime d’Arap Moi.

Après le Nigérian Wole Soyinka (1986), l’Égyptien Naguib Mahfouz (1988), les Sud-Africains Nadine Gordimer (1991) et J.M. Coetzee (2003) et le Franco-Mauricien J.M.G. Le Clézio (2008), Ngugi wa Thiong’o sera-t-il un jour le sixième Africain à recevoir le prix Nobel de littérature ? On l’espère. Cela susciterait à n’en pas douter un regain d’engouement des traducteurs, éditeurs, libraires et lecteurs francophones pour les œuvres du romancier kikuyu. Il serait temps !
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Fabien Mollon


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : LITTÉRATURE | Ngugi wa Thiong'o, cet écrivain kényan qui aurait pu décrocher le Nobel | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
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08/10/2014

Derrida - 10 ans après - Sur Arte : documentaire "Le courage de la pensée"


À l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition, itinéraire d'une figure philosophique inclassable du XXe siècle, dont la pensée vivante et déstabilisante se confondait avec son existence et les événements de son temps. Avec notamment le témoignage d'Étienne Balibar, Jean-Luc Nancy, Hélène Cixous, Élisabeth Roudinesco et Philippe Sollers.



JACQUES DERRIDA

Le courage de la pensée

EN DIRECT mercredi 08 octobre à 22h25 (53 min)


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Présentation sur LeMonde.fr : 




« Derrida, le courage de la pensée »

LE MONDE TELEVISION |  • Mis à jour le  |Par 

A l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, portrait du philosophe, théoricien de la déconstruction (mercredi 8 octobre - 22 h 25 - Arte)

La transmission, comme geste à la fois nécessaire et impossible, fut pour Jacques Derrida (1930-2004) le combat d’une vie. Il n’y a donc nul hasard si cette exigence se retrouve au cœur du documentaire cosigné par Virginie Linhart et Benoît Peeters, dix ans après la mort du philosophe : la première a déjà réalisé plusieurs films sur le passage du témoin entre les générations, le second a écrit une biographie de Derrida (Flammarion, 2010).


La transmission, la vie, une seule et même guerre : on le comprend d’emblée en écoutant le témoignage d’un ami d’enfance, Jean Taousson, qui rappelle comment le petit Jackie Derrida, 12 ans, fut exclu de son collège, à Alger, parce que juif sous les lois de Vichy : « Il a pris un coup qui l’a envoyé à terre, mais il s’est relevé tout de suite et à partir de là n’a plus compté que sur lui-même », témoigne-t-il. Cette expulsion brutale, le jour de la rentrée 1942, Derrida n’en est jamais revenu : « Le surveillant général m’a appelé dans son bureau et m’a dit : “Tu rentreras chez toi, tes parents t’expliqueront.” Et je n’ai rien compris, je dois dire », se souviendra plus tard le philosophe.
Or, tout se passe comme si ce « coup » avait été le coup d’envoi d’une trajectoire qui a fait du retrait une stratégie, et des marges une position de combat. C’est là que Derrida s’est tenu, c’est de là qu’il a mené ses batailles. Marges de la langue française, qu’il aima d’un amour fou : « Laisser des traces dans la langue française, voilà ce qui m’intéresse »,aimait-il à répéter. Marges de la philosophie, dont il a dynamité une à une les certitudes. Marges de l’université, à laquelle il s’est sans cesse heurté, du moins dans son propre pays : « La France n’aime pas que ceux qu’elle n’a pas reçus soient applaudis ailleurs », résume la philosophe Hélène Cixous.

INTELLECTUEL ENGAGÉ

Alternant lectures de textes et témoignages (les philosophes Jean-Luc Nancy, Avital Ronell, Etienne Balibar et Samuel Weber, l’écrivain Philippe Sollers, l’historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco), le film propose également quelques belles images d’archives, qui donnent à voir les différents visages du théoricien de la déconstruction. Derrida le khâgneux, écharpe drapée sous veston studieux, fraîchement débarqué de son Algérie natale et affrontant cette période de concours qu’il évoquera toujours comme des « années infernales »
Derrida l’agrégatif, auquel Louis Althusser, son maître à Normale-Sup, écrit des mots fraternels, à l’encre bleue, sur du papier d’écolier : « Derrida nous verrons ensemble le détail de ce devoir : il n’aurait aucune chance de passer à l’agrégation. Je ne mets pas en cause la qualité de tes connaissances ni ton intelligence conceptuelle, ni la qualité de ta pensée. Mais on ne les reconnaîtra au concours que si tu opères uneconversion” radicale dans l’exposition et l’expression », prévenait le grand théoricien marxiste. Derrida l’intellectuel engagé, jeté dans les prisons tchèques, en 1981, puis menant différentes batailles, contre la peine de mort ou pour la défense des sans-papiers. Derrida la star américaine, enfin, qui inspire Woody Allen et reçoit les hommages de ses groupies étudiantes, avec un sourire faussement modeste mais authentiquement malicieux.
Sans grande audace formelle, ce documentaire propose ainsi une honnête introduction à la vie d’un intellectuel « marginal » dont la gloire fut et demeure internationale.
Virginie Linhart et Benoît Peeters (France, 2014, 53 min). Mercredi 8 octobre - 22 h 25 - Arte




Fellag publie un nouveau roman : « Un espoir, des espoirs » (Ed. J-C.Lattès)





« Un espoir, des espoirs »
de  Fellag

Dans un bistro du Boulevard Ménilmontant à Paris, deux hommes se croisent et discutent.
Il y a « Un », jeune homme issu de la deuxième génération d’immigrés algériens, bardé de diplômes, ambitieux. Il projette d'aller s'installer en Algérie pour y vivre et y investir.
Face à lui se trouve « Deux », un habitué du bar, sexagénaire, ancien réfugié politique. « Un » demande à « Deux » ce qu'il pense de son projet de départ pour l’Algérie.
« Deux » commence à lui raconter la longue histoire d'un type mystérieux nommé l’Espoir, qu'il a connu petit au cours des folles journées de l'Indépendance. Tout en démythifiant cette personnalité complexe, il lui parle de toutes les manipulations dont l’Espoir a été victime, quel que soit le pouvoir en place. Il lui narre les déboires subis par l’Espoir, mais aussi ses propres lâchetés, ses supercheries, ses fanfaronnades et son opportunisme.
Avec humour et tendresse, les aventures de l'Espoir incarnent cinquante ans de l'Histoire algérienne, entre ombre et lumière.
 


L'auteur



Prix Raymond Devos pour la langue française (2003), Fellag est à la fois comédien, humoriste et écrivain. Il a notamment joué dans Bashir Lazhar de Philippe Falardeau, qui lui a valu le Génie du meilleur acteur canadien (2012). Il a publié trois recueils de nouvelles et trois romans aux éditions Lattès : C’est à Alger (2002), Le Dernier Chameau et autres histoires (2004), Comment réussir un bon petit couscous (2003), Rue des petites daurades (2001), L’Allumeur de rêves berbères (2007) et enfin, illustré par Jacques Ferrandez, Le Mécano du vendredi (2010).

Auteur(s) : Fellag
Titre : Un espoir, des espoirs
Editions : JC Lattès
Collection : Romans contemporains
Date de Parution : 10/2014
Code EAN/ISBN : 9782709647724
Hachette : 1822259
Prix public : 7.50 €
Format : 120 mm x 185 mm
50 pages

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Entretien avec Ouest France :

Fellag. « Le moteur de la peur s’est remis en marche »


Écrivain, comédien et humoriste algérien, Fellag nous livre son regard sur les événements récents.

Un peu plus de dix ans après la fin de la guerre civile algérienne, un groupe terroriste local a prêté son allégeance à l’Etat islamique et a exécuté Hervé Gourdel, mercredi. Fellag, écrivain, comédien et humoriste algérien, livre son opinion sur ces derniers événements. Selon lui, la situation en Irak a rallumé une flamme que les Algériens pensaient éteinte depuis longtemps.
Entretien
Il y a vingt ans se déroulait la guerre civile algérienne. S’est-elle jamais arrêtée ?
Non, d’ailleurs la presse algérienne ne cesse de le souligner. L’Algérie a été totalement anéantie par le terrorisme dans les années 1990. Cette tragédie, qui a duré près de dix ans, a poussé 840 000 habitants à quitter le pays pour s’établir en France, en Suisse, en Allemagne… Je fais partie de ceux-là. Les gens étaient exécutés pour rien. Chaque matin, de nouveaux massacres. De 350 à 400 personnes exécutées dans un village entier, Bentalha. Des bus arrêtés, la moitié des gens tués. Il existe des milliers d’histoires comme ça. L’exécution effroyable d’Hervé Gourdel nous remet au diapason de la terreur.
Pourtant la Charte pour la paix et la réconciliation nationale a été signée en 1999…
Il y a bien eu un contrat passé entre le président Bouteflika et des groupes terroristes. Des milliers d’entre eux ont quitté le maquis, ont été pardonnés et « recyclés » dans la société. Désormais ils font des affaires, ils vivent très bien. Mais certains ne se sont jamais rendus. La plupart se sont installés en Kabylie - une région difficile d’accès et irrédentiste depuis toujours - ainsi que dans le Sahara, les Hauts Plateaux, les Aurès… Des étrangers sont partis dans ces montagnes et n’ont jamais été agressés. On pensait que c’était terminé. Ce qu’il se passe actuellement en Irak a rallumé la flamme.

Jusqu’à quel point la situation peut s’embraser ?

Le moteur de la peur a été remis en marche. L’économie du pays est sur les genoux. Les entreprises ne veulent pas investir dans des régions à risques. On ne sait pas comment va évoluer la situation globale. Nous sommes victimes de pouvoirs qui n’ont pas créé les conditions permettant d’avoir des sociétés tolérantes, ouvertes et critiques. Cela passe par le théâtre, la culture, le cinéma, la littérature… qui sont prohibés. L’école est d’une sinistrose absolue, incapable de former des citoyens. J’ai écrit Un espoir, des espoirs pour parler de cette poudre que chaque gouvernement nous jette aux yeux, et que l’on appelle l’espoir.
Que pensez-vous des rassemblements contre la barbarie ?
Il faut que les gens s’expriment. Il faut faire la part des choses. Surtout, il ne faut pas que la philosophie d’une minorité écrase les sentiments d’une majorité.
Gardez-vous espoir pour l’Algérie ?
On me le demande très souvent. C’est une question qui m’embête un peu. J’y réponds dans mon dernier livre. J’ai voulu y personnifier l’espoir. C’est une façon de l’attraper par la cravate et de le mettre face à ses responsabilités. Dire aux gens aussi de ne pas tomber dans le panneau des espoirs fabriqués de toutes pièces, d’agir par eux-mêmes. Francis Bacon disait : « L’espoir est un bon déjeuner, mais un mauvais dîner. » Nous avons eu une petite semaine de déjeuner gargantuesque à l’indépendance. Cela fait cinquante ans que nous attendons le dîner...
Fellag: Un espoir, des espoirs, JC Lattès, 7,50 €, 111 pages.

Nobel de littérature : le Kenyan Ngugi wa Thiong'o parmi les favoris


Selon le Figaro et les bookmakers britannique :

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/10/06/03005-20141006ARTFIG00250-nobel-de-litterature-modiano-cree-la-surprise-chez-les-bookmakers.php via @Le_Figaro


D'après le site de paris en ligne Ladbrokes, le romancier français Patrick Modiano fait partie des grands favoris de cette édition 2014, avec l'écrivain japonais Haruki Murakami et le Kenyan Ngugi wa Thiong'o.

"Ngugi wa Thiong'o, né en 1938, est un auteur anticolonialiste et marxiste qui a séjourné en prison, s'est exilé 20 ans en Angleterre et aux États-Unis avant de rentrer dans son pays. Il a commencé à écrire en anglais puis dans sa langue maternelle, le kikuyu. Il est professeur à l'université d'Irvine en Californie".
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More on Ngugi wa Thiong'o - in English:

ngugiwathiongo.org

This is the official web site of Ngugi wa Thiong'o, novelist and theorist of post-colonial literature and Distinguished Professor of the Departments of Comparative Literature and English at the University of California, Irvine.Ngugi speaks

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Dreams in a Time of War: A Childhood Memoir
“There is a startling similarity between [Barack Obama's Dreams From My Father] and . . . Ngũgĩ wa Thiong’o’s eye-opening memoir, Dreams in a Time of War,” says Marie Arana in The Washington Post. “It is admirably free of cant or sentimentality, and yet it is enough to make you weep.” Ngũgĩ wa Thiong’o’s evocative and affecting memoir of his childhood in Kenya is now on sale from Pantheon Books.







Something Torn and New: An African Renaissance was published by Basic Books in 2009. Acclaimed novelist and critic Ngugi wa Thiong'o traces the arc of Africa's fragmentation and restoration amidst the global history of colonialism and modernity. Seeking a revitalization of Africa, Ngugi aggues that a renaissance of African languages is a necessary step in the restoration of African wholeness.




Wizard of the Crow, a sweeping satire laced with magical realism, is described by Ngugi as a “global epic from Africa.” The author’s English translation of the novel was released by Pantheon in August 2006.