Journalist at RFI (ex-DW, BBC, CBC, F24...), writer (on art, music, culture...), I work in radio, podcasting, online, on films.
As a writer, I also contributed to the New Arab, Art UK, Byline Times, the i Paper...
Born in Paris, I was based in Prague, Miami, London, Nairobi (covering East Africa), Bangui, and in Bristol, UK. I also reported from Italy, Germany, Haiti, Tunisia, Liberia, Senegal, India, Mexico, Iraq, South Africa...
This blog is to share my work, news and cultural discoveries.
Press Releases Mob Violence, Death Threats Against Sexual Minorities in Côte d'Ivoire
FOR IMMEDIATE RELEASE (version en français suit ci-dessous)
(January 28, 2014 | Washington, D.C.) On behalf of the Robert F. Kennedy Center for Justice and Human Rights (RFK Center), Kerry Kennedy and Santiago A. Canton expressed grave concern over a series of violent attacks against Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, and Intersex (LGBTI) activists in Côte d'Ivoire, as well as an affiliated organization that advocates for improved health care and equal rights for sexual minorities.
(...)
Côte d'Ivoire now joins a growing number of African countries in which activists and ordinary citizens alike now have legitimate reasons to fear for their lives, as the rights of LGBTI people and their allies have become increasingly under siege. A new law in Nigeria, for instance, bans all LGBTI associations, sparking a series of physical attacks and arrests throughout the country. And lawmakers in Uganda passed a bill, which President Yoweri Museveni has promised to reject, that would impose harsh restrictions on advocacy organizations and enforce life sentences for consenting same-sex conduct.
--
Emeute et menace de mort contre les minorités sexuelle en Côte d'Ivoire
Pour diffusion immédiate
(Washington DC, le 28 janvier 2014) Kerry Kennedy et Santiago A. Canton expriment, au nom du Centre Robert F. Kennedy pour la Justice et les Droits de l'Homme (Centre RFK), leur profonde préoccupation face aux violentes attaques perpétrées contre des militants des droits Lesbiens, Gays, Bisexuels, Transgenres et Intersexuelles (LGTBI) en Côte d'Ivoire, ainsi qu'à l'encontre d'une organisation apparentée pour la défense de meilleurs soins médicaux et l'égalité des droits pour les minorités sexuelles.
(...)
La Côte d'Ivoire a rejoint un nombre croissant de pays africains où militants et citoyens ordinaires ont des raisons légitimes de craindre pour leur vie à l'heure où les droits des personnes LGTBI et leurs soutiens sont de plus en plus menacés. Par exemple, une loi a récemment été adoptée au Nigeria interdisant les associations LGTBI, provoquant une série d'attaques et d'arrestations dans tout le pays. Le parlement ougandais a également adopté un projet de loi, que le président Yoweri Museveni a toutefois promis de rejeter, imposant des restrictions sévères aux organisations militantes et prévoyant des condamnations à mort pour des relations sexuelles entre adultes consentants du même sexe.
J’ai écrit des romans, plusieurs pièces de théâtre, des livres pour enfants et le scénario d’un film mais jamais encore le texte d’un opéra. Il ne s’agit pas de tenter une expérience mais de renouveler ma pratique de l’écriture, de l’inscrire et d’essayer de la déployer dans une forme pour moi inédite, celle d’un monologue qui ne peut s’entendre, peut-être même se comprendre sans la musique. Ce ne devra être ni de la narration ni de la poésie mais un mélange de fiction et de lyrisme. C’est une femme qui s’exprimera, qui parlera des évènements fondamentaux de son existence : être une fille et une mère, être d’une région, d’un pays, appartenir à la communauté humaine, faire partie des hommes et cependant être une femme, ce genre toujours particulier. Marie NDiaye
TIGRAN Nouvel Album
SHADOW THEATER
SORTIE LE 26 AOUT 2013
En concert : le jeudi 13 février 2014 à 20h00
à La Gaîté LyriqueRue Papin 75002 Paris
Avec la publication de son premier album en
solo en janvier 2011 (A fable – Verve), Tigran
Hamasyan s’est définitivement révélé à tous
comme le compositeur incontournable de ces
prochaines années.
Météorite du jazz contemporain, n’hésitant
pas à marier musiques classiques et
contemporaines, airs traditionnels et rock, le
jeune Arménien, bardé des prix internationaux
les plus prestigieux, nous présente un album
inclassable en quintet. « Shadow Theater »
frappe fort ! Un album que nous vous laissons
découvrir.
Depuis ses tout débuts, Tigran Hamsayan
semble être habité par l’idée d’ouvrir au
maximum son spectre musical.
Avec la publication de son premier album en
solo en janvier 2011 (A fable – Verve), Tigran
Hamasyan s’est définitivement révélé à tous
comme le compositeur incontournable de ces
prochaines années.
Météorite du jazz contemporain, n’hésitant
pas à marier musiques classiques et
contemporaines, airs traditionnels et rock, le
jeune Arménien, bardé des prix internationaux
les plus prestigieux, nous présente un album
inclassable en quintet. « Shadow Theater »
frappe fort ! Un album que nous vous laissons
découvrir.
Depuis ses tout débuts, Tigran Hamsayan
semble être habité par l’idée d’ouvrir au
maximum son spectre musical.
Trois ans plus tard, le garçon opérait encore
une nouvelle mue. Sur A Fable, il se
présentait dans le plus simple appareil : en
duo avec son piano. Au menu, des éclats de
pop minimaliste, des mélodies de sa patrie
natale et des relectures habitées de standards
tel Someday My Prince Will Come. Et
nouveauté, Tigran donnait de la voix sur
quelques pistes. Plébiscité aux quatre coins
du monde, l’opus remporta une Victoire de la
Musique.
Avec Shadow Theater, le pianiste poursuit
son entreprise de construction massive. Après
a v o i r e x p l o r é l ’ u n i v e r s d e s f a b l e s
arméniennes, c’est dans une autre tradition,
plus visuelle qu’orale, qu’il puise son
inspiration.
Ce Shadow Theater qui sert de titre de
baptême au disque, il faut l’entendre comme
une invitation à passer de l’autre côté du
miroir, dans un monde imaginaire et onirique
qui doit autant à Tim Burton qu’à la tradition
du « théâtre d’ombres » : un art en apparence
simple où des silhouettes s’animent par magie
derrière une toile. « Un monde minimal et
faux, mais qui exprime la vérité à travers ce
mensonge » confie Tigran. Également limpide
en apparence, Shadow Theater regorge de
dizaines de figurines qui habitent la tête du
pianiste, de Madlib à Sigur Rós en passant
par Steve Reich.
Avec ce disque le jeune arménien explore
encore de nouvelles pistes tout autant
électroniques que soniques et s’affirme
comme un ébouriffant songwriter doublé d’un
chanteur au timbre fragile.
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Un article à lire sur LaCroix.com :
Le jazzman Tigran Hamasyan offre une ode à l’Arménie
À 26 ans, le pianiste et compositeur aborde une grande tournée française tout en préparant de nouveaux projets, à un an du centenaire du génocide arménien.
23/1/14 - 17 H 42
Son album Shadow Theater (Verve/Universal), enregistré en quintet et sorti fin août, reste une pièce majeure de la production jazz de l’année.
Lui-même fut confirmé à cette occasion dans son statut de musicien surdoué, et de compositeur baroque, osant les terrains vertigineux et rompant les digues entre les genres… Sur scène, agile comme le félin, Tigran ne joue pas « du » piano mais « avec » lui, dompte ou caresse le clavier, ce « meilleur ami avec lequel je passe des heures chaque jour », explique-t-il.
UN DISQUE QUI LE RELIE À SES RACINES
Shadow Theater, aux chants remplis de poésie arménienne, est d’abord un disque qui le relie à ses racines. Né il y a 26 ans à Gyumri, près de la frontière turque, avant de déménager à Erevan à 10 ans, ce fils d’un bijoutier et d’une créatrice de vêtements entraîne son « petit pays » dans une modernité où s’entremêlent poésie et rock, jazz et tradition, folklore et sacré…« Si nous y allions ensemble demain, je vous emmènerais dans les églises où se ressentent l’énergie du pays et son ancrage, et où j’aime jouer plus que partout ailleurs », confie Tigran Hamasyan.
Le musicien devenu star internationale et admiré par les plus grands, de Herbie Hancock à Chick Corea, se prépare à concrétiser un projet qui le rapproche plus encore de ses origines :« En 2015, pour le centenaire du génocide, je souhaite donner cent concerts dans des églises arméniennes du monde entier. Ce sera forcément différent de ce que j’ai fait jusqu’ici », promet-il.
EVOQUER LA MÉMOIRE DE SES AÏEUX
Depuis que s’est installée sa notoriété, Tigran se sent « ambassadeur » de son pays, prêt, le cas échéant, à évoquer la mémoire de ses aïeux qui n’ont pas été épargnés en 1915. « En parler est encore nouveau pour moi, je dois m’y préparer », admet-il en souriant.
Shadow Theater lui permet d’évoquer une autre facette du pays, le théâtre d’ombres, un art toujours populaire : « Ses images m’ont inspiré dès l’enfance. Je reste fasciné en voyant que les spectateurs paient cher pour assister à un spectacle d’illusions, qu’ils y viennent avec ce besoin d’y croire. La musique me permet d’entretenir la même relation, et d’invoquer les ombres parmi nous… »
Les douze pièces de l’album constituent encore l’une des premières pierres d’une œuvre ébauchée dès 2006 – année de son premier prix au concours du Thelonious Monk Institute of Jazz. « J’avais presque 20 ans, je cessais d’être perçu comme un enfant prodige et je pouvais me consacrer à ce que je voulais laisser. » Il fonde trois ans plus tard un quintet, Aratta Rebirth, avec lequel il mêle jazz fusion, tradition arménienne et metal. On le retrouve minimaliste sur A Fable en 2011, en piano-voix, ajoutant à son arc la corde du chant, que l’on retrouve sur Shadow Theater. Chantier en construction…
JEAN-YVES DANA
En concert le 31 janvier 2014 à Lyon, le 1er février à Sannois (95), le 2 à La Rochelle, le 8 à Massy (91), le 11 à Colombes (92), le 12 à Soissons, le 13 à Paris (Gaîté-Lyrique), le 14 à Nice…
Alors que le film d’Olivier Dahan consacré à l’actrice mythique devenue princesse sortira finalement pour le Festival de Cannes, ouvrant la grand messe du cinéma de la Côte d’Azur, plusieurs livres sont publiés sur ce personnage si aimé, mais également plus complexe qu’il n’y paraît sur grand écran. Parmi eux, l’élégant et entraînant Grace Kelly, d’Hollywood à Monaco, le roman d’une légende de Sophie Adriansen.
Beaucoup de mystères entourent encore le personnage de Grace Kelly, actrice adulée et oscarisée, blonde froide qui a enchanté Cary Grant, James Stewart, Franck Sinatra et surtout Alfred Hitchcock, fille de millionnaire devenue princesse d’un autre temps dans le Rocher monégasque, l’actrice a surtout connu un mariage – forcément – sévère, traqué par les paparazzi et une mort tragique qui laisse un goût d’inachevé à cette vie fulgurante. Grace Kelly est un personnage tout en contrastes, et c’est ce que Sophie Adriansen s’attache à montrer dans sa biographie, plus à qu’enquêter sur les épisodes polémiques de sa vie. Très catholique, corsetée dans une éducation très morale, la jeune Grace n’en sera pas moins la maîtresse de tous les plus beaux gars d’Hollywood ! Ambitieuse actrice, grande lectrice aux valeurs artistiques très élevées, la beauté adulée quittera malgré tout Hollywood à 26 ans pour la vie austère de femme d’une tête couronnée.
Car ce que montre bien cet essai sur la belle, c’est que le plus intéressant chez Grace Kelly n’est pas la blondeur, les comédies et les pellicules, la princesse et les diamants, mais la personnalité si riche d’une femme qui eut tout ce que l’Amérique sur deux dimensions et les châteaux princiers de contes de fée nous assènent qu’une belle femme peut et doit désirer, et qu’elle voulut tout autre chose : l’amour du père, par exemple, pour elle, noyée dans sa fratrie où elle ne fut jamais que la deuxième fille ; la reconnaissance de ses pairs ; une famille unie et combattante, soucieuse des autres et de la défense de valeurs auxquelles elle croit profondément…
Ce livre de 256 pages se lit comme un roman, le titre n’est pas à démentir ! Dur de lâcher l’ouvrage écrit avec légèreté, intensité et une plume délicieuse. De toutes les princesses et stars qu’on y voit défiler, il nous rend Grace Kelly la plus sensible, la plus combative de toutes, et pourtant la concurrence est rude. Bâti sur un plan qui défie la banalité chronologique, tout en revenant sur les grands moments de la vie de la future princesse, cette biographie synthétise une existence foisonnante en sept dates et chapitres clés : des premières pièces d’école au jour de son mariage – l’un des plus médiatisés du siècle, des grands films à la vie de protocoles, des premiers chagrins d’amours au grand amour déçu, en passant par le plus beau rôle pour Grace : celui de mère. Grace Kelly, Sophie Adriansen – jeune écrivain, bloggeuse litteraire et déjà biographe de Louis de Funès – la compare d’emblée à un iceberg : un glaçon étincelant ? Mais dont la partie immergée restera toujours à sonder.
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Grace Kelly D’Hollywood à Monaco, le roman d’une légende De Sophie Adriansen Editions Premium 256 pages, 18,90 euros.
La preuve que le théâtre tient parfois à un décor tout simple, quelques acteurs sincères, une belle énergie est une soirée d’une heure et demie entourée des retraités du quartier et de groupes scolaires. L’énergie et l’humour du texte d’Anouilh vous prennent rapidement devant cette scène du Théâtre 14 pour cette Eurydice.
Note de la rédaction : ★★★★★
La mise en scène sobre de Jean-Laurent Cochet, qui interprète aussi le père d’Orphée, et Sam Rochez, celui d’Orphée, est d’une redoutable efficacité. On se croit d’emblée dans ce hall de gare de province, où un joueur de guitare errant de tournées en tournées avec son vieux père veuf et radotant tombe – littéralement – sur une jeune comédienne espérant fuir sa mère théâtreuse et leurs amants lourdingues respectifs. C’est ainsi que Jean Anouilh a imaginé ses versions modernes d’Orphée et Eurydice. Tout en fraicheur et légèreté, Sam Richez et la jolie Norah Lehembre jouent le coup de foudre.
Pour pouvoir exister, un amour aussi fort né dans de telles circonstances triviales aura besoin de drame et de danger. Derrière sa candeur, cette Eurydice est pleine de secrets qu’un amant fougueux ne saurait gérer ; derrière son courage, Orphée reste un homme jaloux de ne pas être le premier. Mais quand la mort frappe à la porte de la petite chambre d’hôtel marseillaise où ils tentent de fuir pour vivre d’amour et d’espoir, le bonheur se complique…
Les personnages secondaires sont la force de cette mise en scène sans prétention. La mère, interprétée par Catherine Griffoni est d’une drôlerie fine ; le père Orphée, lui, – Jean-Laurent Cochet donc – a le charme de ce qu’il y a de plus touchant et vivant chez les petites gens. Rythme et émotion s’ajoutent à ces atouts pour offrir une jolie petite soirée.
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Eurydice Théâtre 14 (20 av. Marc Sangnier, 75014 Paris) 7 janvier – 26 fevrier 2014 Mardi, vendredi et samedi 20h30. Mercredi et jeudi 19h. Matinée samedi à 16h.
02 MARCH 2014 – COMO, ITALY : TEATRO SOCIALE DI COMO BUY TICKETS 05 MARCH 2014 – FRIBOURG, SWITZERLAND : FRI-SON BUY TICKETS 06 MARCH 2014 – LONDON, UK : VILLAGE UNDERGROUND BUY TICKETS 07 MARCH 2014 – LONDON, UK : VILLAGE UNDERGROUND BUY TICKETS 08 MARCH 2014 – COLOGNE, GERMANY : STADTGARTEN BUY TICKETS 09 MARCH 2014 – BRUSSELS, BELGIUM : ANCIENNE BELGIQUE BUY TICKETS 10 MARCH 2014 – MUNICH, GERMANY : AMPERE BUY TICKETS 11 MARCH 2014 – PARIS, FRANCE : LE TRIANON BUY TICKETS
Quelques infos
LE DESERT EST UN LIEU DE PRIVATIONS ET DE BEAUTES SUBTILES, UN MONDE DESOLE QUI REVELE SES SECRETS LENTEMENT ET PRUDEMMENT. LA VIE Y EST RESISTANTE ET FORTE, ET LES GENS, DE DOUX GEANTS AU MILIEU DU SABLE, DES TEMPETES ET DU SOLEIL. POUR LES MUSICIENS DU GROUPE DE BLUES SAHARIEN TINARIWEN, LE DESERT EST LEUR MAISON, ET LEUR ROCK HYPNOTIQUE AUX GUITARES ENSORCELANTES REFLETE LES REALITES COMPLEXES DE LEUR PORT D’ATTACHE SITUE AU NORD DU MALI.
ILS SONT TOUAREGS, DESCENDANT DE NOMADES QUI ONT PARCOURU LES DUNES DEPUIS DES MILLENAIRES, MAIS LA MUSIQUE DE TINARIWEN VOYAGE ELLE AUSSI, RESONNANT LOIN AU-DELA DES PLAINES ENSABLEES DU MALI. LEUR ALBUM DE 2011, TASSILI, ENREGISTRE DANS LE DESERT ALGERIEN – SOUS UNE TENTE ET SOUS LES ETOILES, AVEC UNE EQUIPE DE MUSICIENS PRESTIGIEUX COMPRENANT NELS CLINE (WILCO), AINSI QUE TUNDE ADEBIMPE ET KYP MALONE DE TV ON THE RADIO – A REMPORTE LE GRAMMY AWARD DU MEILLEUR ALBUM DE WORLD MUSIC. AUJOURD’HUI, LEUR NOUVEAU DISQUE, EMMAAR, EST UN RETOUR A LEURS RACINES, AVEC DES CHANTS EMPREINTS DE TRISTESSE REDUITS A LEUR PLUS SIMPLE EXPRESSION, DES HYMNES DEBORDANTS DE VIE ET, PAR-DESSUS TOUT, UN RETOUR A LA SIMPLICITE ET A L’HONNETETE.
EN RAISON DE L’INSTABILITE POLITIQUE DE SON PAYS, LE GROUPE A ENREGISTRE LOIN DE SA TERRE NATALE POUR LA PREMIERE FOIS, S’INSTALLANT DANS UN AUTRE DESERT, CELUI DU MOJAVE, EN CALIFORNIE. « C’ETAIT LA PREMIERE FOIS QUE NOUS ENREGISTRIONS HORS D’AFRIQUE, ÇA DEVAIT ETRE DANS UN DESERT, » DIT LE BASSISTE EYADOU AG LECHE. « NOUS AIMERIONS VIVRE EN PAIX DANS LE NORD DU MALI, MAIS C’EST TRES DIFFICILE, IL N’Y A PAS D’ADMINISTRATION, PAS DE BANQUES, PAS DE NOURRITURE, PAS D’ESSENCE. JOSHUA TREE EST SITUE DANS LE GRAND DESERT DE CALIFORNIE, NOUS AIMONS TOUS LES DESERTS, CE SONT DES ENDROITS OU NOUS NOUS SENTONS BIEN POUR VIVRE ET POUR CREER. »
ENREGISTRE EN TROIS SEMAINES DANS UN STUDIO CONSTRUIT DANS UNE MAISON D’UNE REGION CONNUE POUR SON ROCK‘N’ROLL DEJANTE ET SON FOLK COW-BOY PSYCHEDELIQUE, EMMAAR OFFRE UN SON PUR ET NATUREL, DES PERCUSSIONS ET DES GUITARES SINUEUSES DU PREMIER TITRE DE L’ALBUM, « TOUMAST TINCHA », AU RYTHME GALOPANTS DE « CHAGHAYBOU ». « NOUS N’ETIONS PAS DANS UN VRAI STUDIO OU EN PLEIN AIR DANS LE DESERT COMME POUR TASSILI, » DIT AG LECHE, « NOUS AVONS CONSTRUIT UN STUDIO DANS UNE GRANDE MAISON A JOSHUA TREE. TOUT LE MONDE DANS LA MEME PIECE, SANS SEPARATION. NOUS VOULIONS QUELQUE CHOSE QUI SONNE NATUREL ET LIVE. »
AUX COTES DES MEMBRES ORIGINAUX QUI ONT FONDE LE GROUPE DANS LES ANNEES 1980 (LES CHANTEURS ET GUITARISTES IBRAHIM AG ALHABIB, ABDALLAH AG ALHOUSSEYNI, ET ALHASSANE AG TOUHAMI) ET DE LA PLUS JEUNE GENERATION QUI A GRANDI EN ECOUTANT LA FORMATION ET L’A REJOINT DANS LES ANNEES 1990 (LE MULTI-INSTRUMENTISTE EYADOU AG LECHE, LE GUITARISTE ELAGA AG HAMID, ET LE PERCUSSIONNISTE SAID AG AYAD), LE GROUPE A INVITES DES AMIS MUSICIENS RENCONTRES AUX GRES DE LEURS TOURNEES… GRACE AUX APPORTS DU GUITARISTE DES RED HOT CHILI PEPPERS, JOSH KLINGHOFFER, DE MATT SWEENEY (GUITARE) DE CHAVEZ, DU VIOLONISTE ET JOUEUR DE PEDAL STEEL DE NASHVILLE, FATS KAPLIN, ET DU POETE SAUL WILLIAMS, EMMAAR OFFRE UNE MUSIQUE RICHE, FAITE DE TEXTURES ATMOSPHERIQUES, EMMENEE PAR UN JEU DE GUITARE INCISIF.
ENREGISTRER LOIN DU MALI A DONNE UN SON NUANCE DONT AG LECHE DIT QU’IL POURRAIT AVOIR ETE INSPIRE PAR LES NOUVEAUX PAYSAGES ET LEUR EXPERIENCE AMERICAINE. « NOUS PENSONS QUE L’AIR EST DIFFERENT, QUE LES ATMOSPHERES SONT DIFFERENTES, ENREGISTRER EN AMERIQUE ET FAIRE UNE PETITE TOURNEE EN CALIFORNIE, EN ARIZONA, AU NOUVEAU-MEXIQUE ET AU TEXAS, NOUS A MIS DANS UNE AMBIANCE SPECIALE, LES PAYSAGES, LES GRANDS ESPACES, LE SUD. NOUS AVONS REGARDE DES WESTERNS PENDANT L’ENREGISTREMENT, ET MANGE DES BURRITOS…ET L’INGENIEUR DU SON QUI TRAVAILLAIT AVEC NOUS EST DE NASHVILLE (IL TRAVAILLE REGULIEREMENT AVEC JACK WHITE), JE SUPPOSE DONC QUE TOUT ÇA A CHANGE LA FAÇON DONT NOTRE MUSIQUE EST CAPTUREE SUR BANDE. »
SI LE LIEU ETAIT NOUVEAU, LEUR MUSIQUE SE CONCENTRE TOUJOURS SUR LA VIE DANS LE SAHARA. « LES NOUVELLES CHANSONS, SUR CET ALBUM, PARLENT DE CE QUE NOUS RESSENTONS AUJOURD’HUI, » DIT AG LECHE, « LES PROBLEMES DES TOUAREGS, LE BESOIN D’ETRE RECONNUS PAR L’ADMINISTRATION DE NOTRE PAYS. MAIS IL Y A AUSSI QUELQUES FAÇONS POETIQUES DE DECRIRE NOS SENTIMENTS. LE LANGAGE TAMASHEQ UTILISE BEAUCOUP DE METAPHORES, ET IL VIENT DE L’ANCIENNE POESIE TRADITIONNELLE TOUAREG, QUI PARLE DES TRIBUS TOUAREGS, DE LEURS AVENTURES DANS LE DESERT, DES GUERRES, MAIS AUSSI DE LA BEAUTE DU DESERT, DU CIEL, DES TERRES, ET DE L’ASSOUF, NOTRE BLUES, ET DE LA NOSTALGIE D’UN TEMPS REVOLU. »
SI TINARIWEN REND HOMMAGE AU TEMPS PASSE, C’EST PARCE QUE LEUR PRESENT, EN PERPETUEL CHANGEMENT, EST INCERTAIN. LEUR REGION EST UNE FOIS DE PLUS ENTRAINEE DANS LA TOURMENTE, L’ASCENSION ET LA CHUTE DES GOUVERNEMENTS SUCCESSIFS ET DU POUVOIR EN GENERAL S’ENCHAINENT PRESQUE AVEC LA REGULARITE DES SAISONS. « LE CHEMIN VERS LA PAIX VA ETRE TRES LONG DANS LE NORD, » DIT AG LECHE. « IL Y A EU DES HAUTS ET DES BAS. LES ISLAMISTES SONT PARTOUT DANS LE NORD, MAIS IL Y A AUSSI DES VOLEURS ET DE MAUVAISES GENS QUI TIRENT AVANTAGE DE CE CHAOS POUR EFFRAYER NOTRE PEUPLE. »
LE MALI SEMBLE ETRE LE FRERE OUBLIE, OU IGNORE, DU PRINTEMPS ARABE, MAIS SUR EMMAAR, TINARIWEN PARLE DES EPREUVES DE SON PEUPLE ET RACONTE AU MONDE LA DETRESSE DE LEURS FAMILLES. « LES IDEAUX DES GENS ONT ETE BRADES, MES AMIS / UNE PAIX IMPOSEE PAR LA FORCE EST VOUEE A L’ECHEC / ET LAISSE PLACE A LA HAINE, » CHANTE AG LECHE SUR « TOUMAST TINCHA ». BIEN QUE LE SUCCES DU GROUPE AIT CONDUIT SES MUSICIENS A VOYAGER DANS LE MONDE ENTIER, ILS PEUVENT RAREMENT RETOURNER CHEZ EUX, OU ILS FONT FACE A DES MENACES D’INCARCERATION ET DE MORT DE LA PART DES VOYOUS AU POUVOIR. MAIS, COMME DES CREATURES DU DESERT, ILS S’ADAPTENT ET CONTINUENT ; APRES TOUT, TINARIWEN EST UN GROUPE NE EN PLEIN CHAOS.
« NOTRE PEUPLE EST HABITUE A BOUGER TOUT LE TEMPS, » DIT AG LECHE, « DEPUIS LA FIN DES ANNEES 1960, NOUS AVONS SANS CESSE ETE DEPLACES ENTRE LE MALI, L’ALGERIE, LA LIBYE, LE TCHAD, LA MAURITANIE, LE NIGER. AUJOURD’HUI, BEAUCOUP DE NOS FAMILLES ONT DEMENAGE A LA FRONTIERE ALGERIENNE OU PLUS PRES DU NIGER, EN RAISON DE LA SITUATION AVEC L’ADMINISTRATION MALIENNE. NOUS SOMMES DES REFUGIES DANS BEAUCOUP DE PAYS D’AFRIQUE. »
L’HISTOIRE DE TINARIWEN ELLE-MEME FOISONNE DE MYTHES, DANS LEUR PAYS NATAL ET AU-DELA. ELLE EST DE CELLES DONT ON FAIT LES LEGENDES. LE MEMBRE FONDATEUR, IBRAHIM AG ALHABIB A GRANDI DANS LA DESOLATION AU MALI, OU IL A ETE TEMOIN DE LA MORT DE SON PROPRE PERE A L’AGE DE QUATRE ANS. PLUS TARD, APRES AVOIR VU UN WESTERN, IL A CONSTRUIT SA PREMIERE GUITARE AVEC UN CABLE DE FREIN DE VELO, UN BATON ET UNE BOITE DE CONSERVE. LE GROUPE S’EST FORME DANS LES ANNEES 1980, DANS DES CAMPS TOUAREGS EN LIBYE, OU LES NOMADES S’ETAIENT IMPLANTES POUR TROUVER DU TRAVAIL ET VIVRE UNE NOUVELLE VIE, LOIN DE LEUR TERRE NATALE DU SAHARA. A L’EPOQUE, AYANT PERDU LEURS ILLUSIONS AU SUJET DES PROMESSES DE KADHAFI, LES TOUAREGS ETAIENT IMPATIENTS DE REPARTIR, ILS AVAIENT ENVIE DE RENTRER CHEZ EUX. MAIS L’INTERACTION AVEC LA VIE CITADINE ENGENDRA DES CONSEQUENCES INATTENDUES, COMME DE DECOUVRIR LA MUSIQUE OCCIDENTALE – TOUT PARTICULIEREMENT LES HYMNES EMMENES PAR LA GUITARE DE JIMI HENDRIX ET LE BLUES AMERICAIN – QU’ILS MELANGERENT AVEC LEURS PROPRES CHANTS TRISTES, QU’ILS INTERPRETAIENT DANS LEURS CAMPS, AUTOUR DU FEU, AVEC DES AMPLIS ALIMENTES PAR PILES. QUAND LA REVOLUTION ECLATA AU MALI, ILS LAISSERENT LA LIBYE DERRIERE EUX, RACCROCHERENT LEURS GUITARES ET EMPOIGNERENT DES FUSILS AFIN DE SE BATTRE POUR L’INDEPENDANCE TOUAREG. QUAND LA CONFRONTATION CESSA, LE GROUPE REVINT A LA MUSIQUE, LIVRANT DES CHANSONS IMPREGNEES D’UNE BEAUTE DOULOUREUSE ET D’UNE POESIE SOLITAIRE. LEUR MUSIQUE FUT PIRATEE ET VENDUE DANS TOUTE LA REGION, LEUR ATTIRANT DE FERVENTS SUPPORTERS. PUIS, A LA FIN DES ANNEES 1990, ILS FURENT DECOUVERTS PAR DES MUSICIENS OCCIDENTAUX ET, POUR LA PREMIERE FOIS, LEURS CHANSONS QUITTERENT LE SAHARA ET FURENT PRESENTEES AU RESTE DU MONDE. PENDANT LES DIX ANNEES SUIVANTES, LES NOMADES VOYAGERENT CETTE FOIS DANS LE MONDE ENTIER, SE PRODUISANT DANS QUASIMENT TOUS LES FESTIVALS ET TOUTES LES SALLES DE RENOM DE LA PLANETE, OFFRANT AU MONDE UN APERÇU DE LA BEAUTE DOULOUREUSE ET SOLITAIRE DE L’ASSOUF SAHARIEN.
Des secteurs thématiques privilégiant la découverte :
Promesses, secteur dédié aux jeunes galeries de moins de 5 ans Artdesign, plateforme vouée au design contemporain, dont ArtDesignLab Art Books Librairie Flammarion, consacré à l’édition d’art et d’artiste L'espace Reliure Contemporaine Fonds Canson® pour l'Art et le Papier