02/12/2013

Le Sommet de l'Elysée a son site... et son compte Twitter


Le Sommet de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique, se tiendra à Paris les 6 et 7 décembre 2013.

Le lien : http://sommet-afrique.elysee.fr/


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Sur Twitter :
Sommet Afrique 2013

Sommet Afrique 2013

@Sommet_Afrique

Suivez toute l'actualité du Sommet de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique (6 et 7 décembre 2013) 


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Sur le site :

Trois défis pour l'Afrique

« Nous avons à relever ensemble, trois défis :

Le premier, c'est la sécurité : sécurité pour la population, sécurité pour le développement, sécurité pour la paix.

Or, aujourd'hui le terrorisme, les trafics, la piraterie ne concernent pas simplement l'Afrique, mais concernent l'ensemble du monde. C'est ensemble que nous devons combattre ces fléaux. C'est ce que nous faisons au Mali pour protéger le Sahel, et la France a pris, avec les amis africains de l'ouest, sa responsabilité comme l'avait fait l'Ethiopie lorsqu'elle est elle-même intervenue avec des pays de l'Union africaine en Somalie.

A chaque fois, il s'agit de lutter contre le terrorisme.

La France se situe en parfaite cohérence avec les orientations définies par l'Union africaine. Je considère que ce sont les Africains qui doivent assurer eux-mêmes la sécurité de l'Afrique. Mais la France est prête à travailler avec les Africains, pour renforcer les capacités d'action, pour doter les armées africaines des moyens de répondre à toutes les agressions.

Et je saisis cette occasion d'être présent pour cette manifestation, cette cérémonie, pour inviter à Paris, les 6 et 7 décembre prochains, les chefs d'Etat africains pour un « sommet pour la paix et la sécurité en Afrique ». Nous définirons ensemble les formes de la meilleure coopération pour prévenir et traiter les conflits, et pour lutter partout contre le terrorisme ».

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La tenue du sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique les 6 et 7 décembre 2013 est un événement historique qui témoigne de l’évolution politique des relations de la France avec les pays africains.

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ICG sur la Centrafrique : recommande une intervention, "de la dernière chance"


Centrafrique : l’intervention de la dernière chance

Présentation : 


Nairobi/Bruxelles  |   2 Dec 2013

Alors que la République centrafricaine (RCA) fait face à une crise qui pourrait prendre des proportions dramatiques, la communauté internationale doit trouver le moyen le plus rapide et le plus efficace d’assurer la sécurité de la population.
Central African Republic
« Force est de reconnaitre qu’en Centrafrique la solution africaine que chacun appelle de ses vœux ne pourra se passer d’un appui extérieur plus intense et plus rapide ».
Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale de Crisis Group
Dans son dernier briefing, Centrafrique : l’intervention de la dernière chance, l’International Crisis Group se penche sur l’échec de la transition qui a suivi le coup d’Etat de mars 2013. Durant les neuf derniers mois, ce qui restait de l’Etat centrafricain s’est effondré avec de graves conséquences humanitaires (400 000 personnes sont déplacées et presque la moitié de la population a besoin d’aide humanitaire). Après plusieurs mois de passivité et à la suite de tueries, la communauté internationale a pris conscience des conséquences de la faillite de la RCA. Malheureusement, la détérioration de la situation est bien plus rapide que la mobilisation internationale et Bangui est au bord de l’explosion.
Les conclusions et recommandations principales du rapport sont :
  • Pour éviter que la RCA ne se disloque complètement, il faut que la communauté internationale s’engage et apporte une réponse sécuritaire immédiate. A cet effet, le Conseil de sécurité des Nations unies devrait autoriser une opération de sécurisation internationale menée conjointement par l’Union africaine et la France (sous chapitre 7) afin de rétablir l’ordre public à Bangui et progressivement ramener le calme dans les zones d’affrontement en province.
  • Les tensions entre les communautés chrétiennes et musulmanes sont aujourd’hui très fortes et ont conduit à des massacres. Les Nations unies ainsi que les bailleurs devraient très rapidement mettre en œuvre des mesures de stabilisation telles que des initiatives de dialogue interreligieux et des projets de reconstruction dans les zones victimes des affrontements et des pillages.
  • Alors qu’une grande majorité des combattants de la Seleka sont toujours armés à Bangui et dans les provinces, les Nations unies et les autorités transitionnelles doivent lancer très rapidement la première phase de désarmement, démobilisation et réinsertion pour offrir une porte de sortie aux combattants avec l’appui financier de l’Union européenne et de la Banque mondiale.
  • Pour assurer une stabilité à long terme en RCA, il faut établir un système de gouvernance efficace et inclusif à l’échelle nationale : ce processus de longue haleine requiert un soutien sans faille de la communauté internationale tout au long de son déroulement et, surtout, le rétablissement de l’ordre public.
« Ce qui est sûr c’est qu’on voit aujourd’hui un conflit non religieux au départ prendre une forte tournure confessionnelle violente », explique Thibaud Lesueur, analyste pour l’Afrique centrale à l’International Crisis Group. « La RCA est pour le moment ingouvernable et les autorités de transition, les chefs religieux et les organismes de la société civile appellent à l’aide ».
« La situation actuelle en Centrafrique est un véritable test pour l’architecture de paix et de sécurité », dit Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale. « Plus de dix ans après la création de l’architecture de paix et de sécurité, force est de reconnaitre qu’en Centrafrique la solution africaine que chacun appelle de ses vœux ne pourra se passer d’un appui extérieur plus intense et plus rapide ».
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Briefing Afrique N°962 Dec 2013
SYNTHESE
Durant les neuf derniers mois, ce qui restait de l’Etat centrafricain s’est effondré avec de graves conséquences humanitaires (400 000 personnes sont déplacées et presque la moitié de la population a besoin d’aide humanitaire). Le gouvernement de transition et la force de sécurité régionale ont été incapables de freiner la chute dans l’anarchie aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine et notamment à Bangui. Après plusieurs mois de passivité et à la suite de tueries, la communauté internationale a pris conscience des conséquences de la faillite de la RCA. Malheureusement, la détérioration de la situation est bien plus rapide que la mobilisation internationale et Bangui est au bord de l’explosion. Dans l’immédiat, le Conseil de sécurité devrait fournir un mandat sous chapitre 7 à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca) épaulée par les forces françaises pour rétablir l’ordre dans Bangui dans un premier temps puis se déployer dans d’autres villes. Par la suite, la réconciliation religieuse devrait être privilégiée et des mesures de stabilisation devraient être appliquées.
En juin 2013, l’International Crisis Group mettait en avant le risque que la République centrafricaine (RCA) devienne ingouvernable. Ce risque est dorénavant réalité. La Seleka, une coalition armée très hétéroclite composée de combattants musulmans et qui a pris le pouvoir en mars 2013, s’est disloquée en une multitude de groupes armés qui commettent de nombreuses exactions et provoquent la réaction de milices d’autodéfense et un conflit confessionnel.
La Centrafrique est aujourd’hui confrontée à trois défis : à court terme, restaurer la sécurité et l’ordre public et fournir une aide humanitaire d’urgence ; à moyen terme, mener à bien la transition politique qui doit durer dix-huit mois ; à long terme, rebâtir l’Etat. La transition et la reconstruction de l’Etat ont pour préalable le retour d’une sécurité minimale. Tandis que l’instabilité a déjà atteint la frontière camerounaise, la combinaison du ressentiment religieux et de l’impuissance des autorités de la transition est la parfaite recette pour des affrontements meurtriers entre la population et les groupes de la Seleka, notamment dans la capitale.
L’option de stabilisation choisie (le déploiement d’une mission de maintien de la paix de l’Union africaine, Misca, qui repose sur les troupes d’une mission présente depuis 2008) n’est actuellement pas efficace et, après la mission d’évaluation technique des Nations unies menée en octobre 2013 et la décision française de renforcer sa présence militaire sur place, il y a un consensus général sur la nécessité d’une réponse sécuritaire d’urgence. Le Conseil de sécurité prépare actuellement une résolution qui doit être adoptée très rapidement.
Dans l’immédiat, les mesures suivantes devraient être adoptées :
  • Le Conseil de sécurité devrait autoriser, grâce à un mandat sous chapitre 7, la Misca, soutenue par les forces françaises, à utiliser tous les moyens nécessaires pour stabiliser le pays. La mission devrait avoir pour priorité la restauration de l’ordre public, la protection des civils, la fourniture d’aide humanitaire et la surveillance des violations des droits de l’homme. D’autres pays devraient également fournir des appuis logistiques (notamment des moyens de transports) ainsi qu’un soutien en matière de renseignement, en coordonnant leur action avec la France et l’Union africaine.
  • Les forces disponibles sur place (Misca et troupes françaises) devraient être renforcées et engagées pour rétablir l’ordre dans la capitale en appui des forces de sécurité nationale résiduelles, en quadrillant la capitale et en contrôlant les entrées et les sorties de Bangui et en favorisant le redéploiement des forces de police et de gendarmerie nationales qui ont déjà repris possession de certains commissariats occupés auparavant par les éléments de la Seleka.
  • Une fois Bangui sécurisée, les forces de l’Union africaine de la Misca et les troupes françaises devraient étendre l’opération de sécurisation aux villes déjà victimes d’affrontements entre la Seleka et les groupes d’autodéfense et où les tensions entre chrétiens et musulmans sont vives ainsi qu’aux axes principaux, notamment celui qui relie la capitale à la frontière camerounaise.
  • Le Conseil de sécurité, après avoir adopté la résolution sous chapitre 7, doit garantir la fourniture rapide de ressources supplémentaires, notamment en matière logistique et pour conduire des patrouilles nocturnes, afin d’assurer le déploiement rapide et complet de cette mission. Au même moment, l’UE et l’UA devraient rapidement trouver un accord pour financer les troupes de la Misca.
A moyen terme, il est nécessaire de :
  • Mettre en œuvre, sous l’égide des Nations unies et avec l’appui financier des bailleurs, des initiatives de dialogue interreligieux et des projets de reconstruction urgents dans les zones d’affrontement et plus particulièrement dans les villes où les chrétiens et les musulmans vivent maintenant séparément.
  • Lancer sans tarder la première phase du programme de désarmement, démobilisation et réintégration (cantonnement et désarmement) pour les combattants de la Seleka, établir une équipe d’enquêteurs chargés de mener des investigations sur le pillage des ressources naturelles du pays, soutenir la commission mixte d’enquête et déployer rapidement des équipes de reconstruction locale.
Le Conseil de sécurité devrait continuer de suivre la situation centrafricaine et considérer sérieusement la transformation de la Misca en une force de maintien de la paix des Nations unies si cela s’avère nécessaire. Une baisse de la tension sécuritaire dans la capitale, un retour à la normale dans certaines agglomérations de province et la reprise du trafic routier et des échanges économiques entre la capitale et des provinces devraient permettre d’envisager le défi de moyen terme, c’est-à-dire mener à bien la transition. Pour ce faire, les recommandations politiques du précédent rapport de Crisis Group relatives à la conduite de cette transition parmi lesquelles l’envoi d’une mission électorale exploratoire des Nations unies, la mise en œuvre d’une réforme du secteur de la sécurité et d’une réforme des finances publiques restent pertinentes. Mais alors que la RCA est aujourd’hui au bord du gouffre, il faut en priorité mettre tout en œuvre pour restaurer la sécurité.
Nairobi/Bruxelles, 2 décembre 2013

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Comme un dimanche... en images



Sur la route de l'Odéon, lisant Camus dans son petit café du premier étage, sublimes pages et phrases :




Le plafond de l'Odéon :



Et la terrasse où laisser se poursuivre les impressions après un spectacle bouillonnant, bouleversant...




THEATRE : "Mon traître" aux Bouffes du Nord


Et puis la semaine théâtrale commencera aux Bouffes du Nord - ma seconde maison - ce mercredi, après le magnifique et poétique "Todo El Cielo Sobre la Tierra" au Théâtre de l'Odéon hier - aux Bouffes du Nord, donc, avec :



SPECTACLES
 - du 04 décembre 2013 au 21 décembre 2013

Mon traître

D'après Mon traître et Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

Mise en scène Emmanuel Meirieu
Un spectacle lyrique et tenu sur une guerre de l’ombre, cruelle, sale qui vient rendre hommage à l’Irlande du Nord et à son peuple meurtri. Un spectacle pour tous ceux qui un jour ont aimé un traître.

" Un jour, Emmanuel Meirieu m’a dit qu’il souhaitait adapter deux de mes romans au théâtre, réunis en une seule pièce qui s’appellerait Mon traître. Il m’a expliqué que les mots silencieux de ces pages pouvaient être chuchotés ou hurlés. Il en avait la conviction. Et je lui ai dit oui. De ce metteur en scène, je connaissais l’adaptation du roman de Russel Banks, De beaux lendemains et aussi celle du livre de Joe Connelly, Bringing out the dead. À chaque fois, des êtres se racontent, comme seuls en scène et à tout jamais. Chez Banks, quatre témoins pleurent les enfants d’un car scolaire accidenté. Chez Connelly, deux ambulanciers de New-York sont peu à peu hantés par ceux qu’ils n’ont pu sauver. Meirieu a fait des choix dans ces textes. Il en a fait aussi dans les miens. Coupes franches, disparitions de répliques, de personnages, le théâtre est une autre aventure. Et je lui ai dit oui. Oui à la fusion des deux livres, oui aux allers-retours, oui aux chapitres manquants et aux regards en plus. Cette fois, après la neige de Banks et la nuit de Connelly, c’est une histoire d’Irlande qu’Emmanuel Meirieu nous raconte. L’histoire d’un traître et d’un trahi. Mais je lui ai demandé une faveur : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien savoir à l’avance. N’intervenir à aucun moment de son travail. Faisant cela, je lui offrais Mon traître en partage. Je lui proposais de faire sienne cette douleur intime. Et je me réfugiais dans le rôle du spectateur, celui que l’obscurité protège. Et j’ai bien fait. J’ai assisté à une représentation de la pièce d’Emmanuel Meirieu. C’était en avril dernier, à Lausanne. Et j’ai été saisi. J’ai vu Antoine le trahi et Tyrone le traître prendre vie sous la pluie. J’ai regardé l’ombre de Jack, fils de Tyrone, écouté sa voix exiger de son père mort qu’il se relève. J’ai entendu des mots d’encre et de papier transformés en orage. Je ne m’attendais pas à une telle puissance. À une telle force. À cette « terrible beauté ». Et j’ai pleuré, comme les autres, dans l’obscurité qui me protégeait. "
Sorj Chalandon

"Une intensité émotionnelle exceptionnelle." Fabienne Darge, Le Monde

Mon traître forme un diptyque avec De beaux lendemains, présenté aux Bouffes du Nord en juin 2011. Deuil impossible des quatorze enfants tués dans un accident de bus scolaire. Deuil impossible de l’ami qui vous a trahi. Ils possèdent une forme commune, celle de l’oraison funèbre, du rite funéraire, du thrène antique qui rappelle à la mémoire la vie du défunt.
D’après Mon traître et Retour à Killybegs deSorj Chalandon
Mise en scèneEmmanuel Meirieu
AdaptationEmmanuel Meirieu et Loïc Varraut
AvecJean Marc Avocat, Stéphane Balmino et Jérôme Derre
MusiqueRaphaël Chambouvet
Collaboration artistiqueLoïc Varraut
Décors et lumièresSeymour Laval
CostumesMoïra Douguet
SonSophie Berger
VidéoSeymour Laval et Johan Lescure
MaquillageBarbara Schneider
Peinture décorChristelle Crouzet et Fanny Gautreau
Création au Théâtre Vidy-Lausanne (Suisse), le 16 avril 2013

Production Bloc Opératoire
Coproduction Théâtre Vidy-Lausanne ; Le Mail, Scène culturelle de Soissons
Coréalisation C.I.C.T. / Théâtre des Bouffes du Nord
Avec le soutien du Ministère de la Culture, de la Région Rhône-Alpes, de la Ville de Lyon, de la SPEDIDAM, des Éditions Grasset et de Livre de proche
Mon traître et Retour à Killybegs sont publiés aux éditions Grasset

Le Bloc Opératoire souhaite remercier le TNP, les Ateliers du TNP, les Célestins, l'Opéra de Lyon et l'Odéon-Théâtre de l'Europe.

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Le lien sur le site du theatre :
http://www.bouffesdunord.com/fr/saison/5187ac0067afe/mon-traitre


Pour réserver :
http://www.aparteweb.com/awprod/BNOR/AWCatalogSub.aspx?INS=BNOR

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Le lien sur le site du theatre de l'Odéon pour

Todo el cielo sobre la tierra (El síndrome de Wendy) :


Angélica Liddell incarne une Wendy, référence au personnage féminin dans "Peter Pan", terrorisée à l'idée de perdre sa jeunesse et d'être abandonnée.
Angélica Liddell incarne une Wendy, référence au personnage féminin dans "Peter Pan", terrorisée à l'idée de perdre sa jeunesse et d'être abandonnée. | NURITH WAGNER-STRAUSS


http://www.theatre-odeon.eu/fr/2013-2014/spectacles/todo-el-cielo-sobre-la-tierra-el-sindrome-de-wendy

Et le bel article du Monde :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/11/08/angelica-liddell-remue-ciel-et-terre_3509737_3246.html

Extrait :

"Un jour, j'ai compris que ce que je ressentais avait un nom, le "syndrome de Wendy", en référence au personnage féminin dans Peter Pan, se souvient-elle.Dans mon cas, il est associé à la perte de la jeunesse, quand ce que vous aimez commence à disparaître et vous plonge dans la solitude." Le résultat, Todo el cielo..., est une forme théâtrale polymorphe et éclatée, qui prend, pendant les deux heures trente du spectacle, diverses incarnations : conte, récit de voyage, valse ou one-woman-show.

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A lire - L'éditorial de Grotius International sur la Centrafrique


En Centrafrique, qui est l’ennemi ?




Au Mali, la situation était claire. Il y avait – pour simplifier, les gentils et les méchants. La France est intervenue pour stopper net dans sa progression vers le Sud, la capitale Bamako, une colonne de plusieurs centaines de djihadistes, des dizaines de pick-up Toyota, très bien armés.
La suite on la connait : Aqmi et ses alliés locaux se sont installés dans les grandes villes septentrionales maliennes, Kidal, Gao et Tombouctou. Ils ont appliqué la charia dans ses préceptes les plus inhumains, coupant chevilles et mains, mais n’ont pas gagné les cœurs.
La résistance fut celle notamment de cette jeunesse malienne… Pensons à cette adolescente qui a gravé sur son petit bureau d’écolière « j’aime ce garçon… ». Il fut, ici – un temps, interdit d’aimer. Et d’aimer son prochain. Le mot « aimer » était remplacé par « terroriser ». Il fallait terroriser son prochain.
Le Mali n’est donc pas la Centrafrique. Là, dans ce « ventre mou » de l’Afrique, la situation manque terriblement de clarté. Et en dehors du fait que Paris se retrouve en pointe dans deux contextes de guerre en si peu de temps sur le continent africain, la comparaison s’arrête là.
Certes, on pourrait évoquer longuement le retour fracassant de la France en Afrique… Et cela au moment même où les Affaires étrangères et la Défense redistribuent leurs cartes sur le continent, missions diplomatiques et bases militaires,  et où des grognements se font entendre au sein de la Grande muette parce-que repenser cette armée dans ces nouvelles missions – qui sont celles d’aujourd’hui déjà, est une saignée financière et humaine… Le temps des forces d’action rapide est là, sous nos yeux. Et celui du renseignement. En un mot : la lutte contre le terrorisme.
Mais que dire de cette Centrafrique que nous connaissons tous? De Bokassa aux rebelles de la Séléka, en passant par la barbichette d’un Patassé… De l’empereur couronné par la France de Giscard d’Estaing à cette France volontaire de François Hollande ? Volontaire pour prévenir un génocide… Le mot a été lâché. A plusieurs reprises. Puis abandonné comme s’il faisait peur ou comme si la com’ avait suffisamment « donné » et qu’il était inutile d’en rajouter dans la préparation des opinions publiques. « Au bord du génocide » a déclaré Laurent Fabius en écho au « pré-génocide » lancé par la Maison blanche.
Que dire, nous qui connaissons ce pays, son histoire et qui l’aimons ? Oui, aujourd’hui il faut intervenir. François Hollande a raison de dépêcher là-bas des renforts pour une montée en puissance à 1200 hommes (ils sont en route), avec armes et bagages, en appui aux troupes africaines, car tel sera le canevas.
France-Afrique… Une feuille de route qui se dessine pour les années à venir, loin de la Françafrique…
Maintenant : oui, la désintégration de la RCA était programmée… Bokassa, Patassé, Bozizé, et le chaos d’aujourd’hui. Historiquement l’Etat centrafricain se résumait à Bangui. Ce n’est même plus le cas. Et historiquement Paris est en partie responsable de ce chaos.
Mais là n’est pas le propos. D’ailleurs inutile puisque qu’aujourd’hui il faut tout simplement sauver des vies, des gens, des familles entières, de toutes confessions.  François Hollande n’est pas responsable de ce passé, pas plus que nous autres. Clairvoyants ou pas. Pas plus que ce journaliste radio dont on taira le nom ici qui commentait en direct avec fougue et passion les premiers pas de l’empereur Bokassa.
Maintenant : oui, je veux bien croire que derrière cette intervention militaire de la France l’on puisse trouver quelques arrières pensées et avec l’ex ministre Bruno Le Maire (UMP) dire « ça va être coûteux ». Coûteux ? Le vain mot. Nous n’avons que trop traîné pour aider les Centrafricains. Un confrère par ailleurs respectable (mais qui refusait tout reportage dans ce pays) avait cette formule : «  la RCA, c’est le trou du cul du monde ! ».
Certes… Mais aujourd’hui la France va devoir se salir les mains pour remettre de l’ordre et sécuriser Bangui et les principales villes du pays comme Bossangoa.Maintenant : au moment où nous écrivons et/ou au moment où nous publions, les Centrafricains ont peur d’eux même. Nous les connaissons, nous connaissons Bangui, ses quartiers, ses maisons, et les villes si lointaines de l’intérieur. La terreur gagne et mobilise. Les chrétiens ou les anti-Séléka d’un côté, de l’autre les Centrafricains musulmans associés ou supposés associés aux rebelles.
Pré-génocide ? Oui. Conflit inter-religieux ? Oui. C’est cette spirale de la peur/terreur qui valide cette notion de pré-génocide. Pour faire simple : nous sommes dedans. Déjà. L’armée française devra déployer une grande intelligence dans ce contexte afin d’éviter des représailles anti-Séléka (anti-musulmans, perçu ou compris comme tel). Des mots en Sango sont ici et là d’ores et déjà entendus, ils disent « vengeance ».
Les acteurs humanitaires devront se frayer un chemin dans ce chaos. Plus utiles que jamais.  Sans être « embedded »…

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A propos de l'auteur

Jean-Jacques Louarn est journaliste à RFI, Directeur de Grotius International.
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Magique Vieux Farka Touré @ Worldstock, Bouffes du Nord

ICG Crisis Watch on Central African Republic (Dec. 2013)



CrisisWatch N°124

Deteriorated
01 December 2013
Tensions and deadly violence increased, including in Bangui where residents repeatedly clashed with ex-rebels. Deadly clashes between ex-rebels and self-defence groups continued across country displacing thousands; interim President Djotodia 22 Nov announced countrywide curfew. Religious tensions also increased, with several massacres in NW. UNSG Ban 18 Nov called on UNSC to immediately back military action to protect civilians, considered option to transform AU force into UN operation with up to 9,000 troops and 1,700 police. French FM Laurent Fabius 21 Nov warned of genocide risk, President Hollande called for swift intervention; French govt 26 Nov confirmed will triple number of soldiers in CAR to 1,200 to support AU peacekeeping mission (MISCA) for 6 months; late month started deployment from neighbouring countries. U.S. Sec State Kerry 20 Nov pledged $40mn aid for AU-led mission; Burundi and Rwanda said willing to deploy troops. Djotodia 21 Nov said holding surrender talks with LRA including leader Joseph Kony; U.S. and UN officials expressed doubts Kony taking part. Hundreds of ex-rebels 16 Nov crossed into Cameroon, attacked border village Gbiti. 

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Read more:

Africa Report N°203, 11 June 2013

Central African RepublicThe collapse of the state and the disappearance of security forces from a large part of the territory may turn the Central African Republic (CAR) into a source of instability in the heart of Africa.



http://www.crisisgroup.org/en/regions/africa/central-africa/central-african-republic.aspx


29/11/2013

WORLDSTOCK @ BOUFFES DU NORD - DEUXIEME SEMAINE


FOCUS SUR VIEUX FARKA TOURE ET CAHSSOL POUR WWW.TOUTELACULTURE.COM :

LIEN : http://toutelaculture.com/musique/world-music/worldstock-continue-son-tour-du-monde-musical/

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Mon article :

WORLDSTOCK CONTINUE SON TOUR DU 

MONDE MUSICAL

29 novembre 2013 Par Melissa Chemam | 0 commentaires
Chassol


Le festival de musique Worldstock s’est ouvert le 19 novembre aux Bouffes du Nord avec le musicien de jazz sud-africain Hugh Masekela accompagné de Larry Willis, avec sa programmation riche et surprenante, il nous a depuis fait passer par les Etats-Unis, le Brésil, le Portugal, l’Algérie le Mali ou encore l’Inde, avec le duo folk de Birds on a wire, composé de la chanteuse Rosemary Standley (du groupe Moriarty) et de la violoncelliste Dom La Nena, le virtuose du chaabi Kamel El Harrachi, le malien légendaire Vieux Farka Touré ou encore hier soir Christophe Chassol et son projet ‘Indiamore’. Compte-rendu d’un véritable voyage sonore.


Après une affiche très nord-américaine, européenne, latino et nord-africaine sa première semaine, le Festival Worldstock a déménagé encore plus au sud vers les sons cubains, maliens et indiens.

Mardi dernier, le Malien Vieux Farka Touré, fils et héritier artistique du légendaire Ali Farka Touré, a réussi la prouesse de faire lever toute la salle pour improviser quelques mouvements et finir la soirée en véritable piste de danse. Sa formation basée sur deux guitares, une basse, une batterie est démultipliée par des chants quasi mythiques et de nombreux instruments traditionnels, percussions et cordes. La poésie de ce son venu de Bamako a rapidement enchanté un public qui a vibré à l’unisson de la première à la dernière minute. Mention spéciale aussi pour la superbe première partie : le groupe Under Madiba Skies, composé de quatre musiciens bourguignons et de quatre sud-africains. Ils ont présenté une formation fascinante, entre rap / hip-hop de Johannesburg et électro à la française.

Autre temps fort de la semaine, le voyage en Inde du nord proposé par le surdoué Christophe Chassol. Accompagné sur scène du batteur texan installé à New York, mais inspiré aussi par Berlin et Paris, Jamire Williams, Chassol enfourche ses trois claviers pour décliner un spectacle de quatre parties. Mais il joue surtout en duo avec une merveilleuse vidéo, tournée entre Varanasi / Bénarès et Calcutta, en Inde donc. Le musicien y a glané des sons, des images, des voix, des chants et mouvements, des foules, des talents et des inspirations qui lui ont ensuite inspiré à lui ces compositions jouées aux Bouffes du Nord. Il joue ainsi virtuellement sur les bord du Gange avec une virtuose du Sitar, un joueur de tabla, puis entre deux rickshaws, sur une barque, avec les enfants de l’Ecole Montessori de Calcutta entonnant un « Our Father », Notre Père improbable, puis au milieu d’un école de danse entourée de sublimes jeunes danseuses indiennes qui crèvent l’écran… La joueuse de Sitar revient enfin pour nous apprendre ‘Music is god, my love… Music is god, my love… Music is love, my love…Une expérience hors du temps! Véritable voyage sonore…

Pour ses deux derniers soirs, le Festival présente le joueur d’oud tunisien Dhafer Youssef et le groupe électro pop de Buenos Aires La Yegos. Courez-y !

Mélissa Chemam

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Worldstock se poursuit jusqu’au 30 novembre prochain. Plus d’infos :
Encore deux dates :

29 novembre 2013 à 20h30 : Dhafer Youssef
30 novembre 2013 à 19h30 : La Yegros 


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International Crisis Group's report on Tunisia and extremism



Full report here: http://www.crisisgroup.org/en/regions/middle-east-north-africa/north-africa/tunisia/148-tunisia-s-borders-jihadism-and-contraband.aspx

Tunisia’s Borders: Jihadism and Contraband

Middle East and North Africa Report N°14828 Nov 2013
EXECUTIVE SUMMARY AND RECOMMENDATIONS
Tunisia is embroiled in recurrent political crises whose origins in security concerns are ever more evident. While still of low-intensity, jihadi attacks are increasing at an alarming rate, fuelling the rumour mill, weakening the state and further polarising the political scene. The government coalition, dominated by the Islamist An-Nahda, and the secular opposition trade accusations, politicising questions of national security rather than addressing them. Meanwhile, the gap widens between a Tunisia of the borders – porous, rebellious, a focal point of jihad and contraband – and a Tunisia of the capital and coast that is concerned with the vulnerability of a hinterland it fears more than it understands. Beyond engaging in necessary efforts to resolve the immediate political crisis, actors from across the national spectrum should implement security but also socio-economic measures to reduce the permeability of the country’s borders.
The security vacuum that followed the 2010-2011 uprising against Ben Ali’s regime – as well as the chaos generated by the war in Libya – largely explains the worrying increase in cross-border trafficking. Although contraband long has been the sole source of income for numerous residents of border provinces, the introduction of dangerous and lucrative goods is a source of heightened concern. Hard drugs as well as (for now) relatively small quantities of firearms and explosives regularly enter the country from Libya. Likewise, the northern half of the Tunisian-Algerian border is becoming an area of growing trafficking of cannabis and small arms. These trends are both increasing the jihadis’ disruptive potential and intensifying corruption of border authorities.
One ought neither exaggerate nor politicise these developments. Notably, and against conventional wisdom, military equipment from Libya has not overwhelmed the country. But nor should the threat be underestimated. The war in Libya undoubtedly has had security repercussions and armed groups in border areas have conducted attacks against members of the National Guard, army and police, posing a significant security challenge that the return of Tunisian fighters from Syria has amplified. By the same token, the aftermath of the Tunisian uprising and of the Libyan war has provoked a reorganisation of contraband cartels (commercial at the Algerian border, tribal at the Libyan border), thereby weakening state control and paving the way for far more dangerous types of trafficking.
Added to the mix is the fact that criminality and radical Islamism gradually are intermingling in the suburbs of major cities and in poor peripheral villages. Over time, the emergence of a so-called islamo-gangsterism could contribute to the rise of groups blending jihadism and organised crime within contraband networks operating at the borders – or, worse, to active cooperation between cartels and jihadis.
Addressing border problems clearly requires beefing up security measures but these will not suffice on their own. Even with the most technically sophisticated border control mechanisms, residents of these areas – often organised in networks and counting among the country’s poorest – will remain capable of enabling or preventing the transfer of goods and people. The more they feel economically and socially frustrated, the less they will be inclined to protect the country’s territorial integrity in exchange for relative tolerance toward their own contraband activities.
Weapons and drug trafficking as well as the movement of jihadi militants are thus hostage to informal negotiations between the informal economy’s barons and state representatives. Since the fall of Ben Ali’s regime, such understandings have been harder to reach. The result has been to dilute the effectiveness of security measures and diminish the availability of human intelligence that is critical to counter terrorist or jihadi threats. In an uncertain domestic and regional context, restoring trust among political parties, the state and residents of border areas is thus as crucial as intensifying military control in the most porous areas.
In the long term, only minimal consensus among political forces on the country’s future can enable a truly effective approach to the border question. On this front, at the time of writing, an end to the political crisis seems distant: discussions regarding formation of a new government; finalising a new constitution and new electoral law; and appointing a new electoral commission are faltering. Without a resolution of these issues, polarisation is likely to increase and the security situation to worsen, each camp accusing the other of exploiting terrorism for political ends. Overcoming the crisis of trust between the governing coalition and the opposition is thus essential to breaking this vicious cycle.
Yet the current political impasse should not rule out some immediate progress on the security front. Working together to reinforce border controls, improving relations between the central authorities and residents of border areas as well as improving relations among Maghreb states: these are all tasks that only can be fully carried out once underlying political conflicts have been resolved but that, in the meantime, Tunisian actors can ill-afford to ignore or neglect.
RECOMMENDATIONS
To reach a political consensus on security questions
To the main political parties, members of the National Constituent Assembly and representatives of residents of areas adjacent to the Algerian and Libyan borders (business and civil society stakeholders, tribal chiefs):
1.  Create working groups whose aim would be to achieve a consensual and non-partisan approach to border control and public security and present their conclusions to regional and national authorities.
To contribute to the prevention of new jihadi violence through security measures and the improvement of relations with border residents
To the Tunisian government:
2.  Intensify checks at the south-eastern border, notably at the Ras Jdir and Dhehiba-Wazen crossings.
3.  Increase the number of mixed patrols (customs, police, National Guard, intelligence, military) under the control of the Tunisian Armed Forces and conduct additional joint training between the military and National Guard.
4.  Pursue efforts to create a national intelligence agency and integrate intelligence services and counter-terrorism units within it.
5.  Develop social and professional reinsertion programs for Tunisian fighters returning from the Syrian front.
To the Algerian, Tunisian and Libyan governments:
6.  Strengthen security cooperation, notably by adding joint border checkpoints and joint patrols and encourage information sharing.
To central, regional and local authorities as well as representatives of residents of border areas (business and civil society stakeholders, tribal chiefs):
7.  Discuss practical means to strengthen local border control mechanisms, notably via human intelligence.
8.  Discuss the possibility of establishing free trade zones in border areas.
To the Tunisian trade and handicrafts ministry and its Algerian and Libyan counterparts:
9.  Undertake feasibility studies on the creation of free-trade zones in border areas.
To Tunisia’s principal Western partners (France, Italy, Germany, the U.S. and the European Union):
10.  Focus economic cooperation, investment and development aid on the country’s border and interior areas.
11.  Encourage – politically, financially and technically – security sector reform, notably by professionalising security forces and avoiding politicisation of their management.
12.  Encourage and facilitate inter-Maghreb security cooperation, notably by bolstering information sharing regarding Libya with the Tunisian government, particularly within the context of the European Union Border Assistance Mission (EUBAM).
Brussels/Tunis, 28 November 2013