27/05/2014

Djibouti : Les milices somaliennes Al Shebabs revendiquent l'attentat de samedi soir


Selon l'Agence France Presse, les islamistes somaliens ont revendiqué mardi soir dans un communiqué l'attentat perpétré par deux kamikazes samedi soir dans un restaurant de Djibouti, faisant un mort et au moins une vingtaine de blessés.

   "Dans le cadre de la guerre sainte contre la croisade menée par l'Occident contre l'islam, les forces des shebab ont mené une opération couronnée de succès samedi soir contre la coalition croisée occidentale basée à Djibouti", déclarent les shebab, affirmant avoir visé un "restaurant fréquenté surtout par des croisés français et leurs alliés de l'Otan".

Malawi : 30 jours pour recompter les voix de la présidentielle



Les suites de la situation post-électorale au Malawi : le pays va finalement faire recompter les bulletins de vote, après la présidentielle contestée du 20 mai: la présidente Joyce Banda, donnée battue, a tenté en vain de faire annuler le scrutin. Elle dénonce une série de dysfonctionnements et de fraudes.
Sa décision d'annuler les élections a été dénoncée par le candidat arrivé en tête selon les résultats partiels.
Le président de la commission électorale du Malawi a refusé l'annulation du scrutin et décidé lundi soir de geler provisoirement les résultats pour procéder à un recomptage d'ici trente jours.

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Lundi soir, lors d'une conférence de presse dans la capitale, le président de la Commission électorale du Malawi, Maxon Mbendera, a assuré qu'un recomptage des voix serait effectué dans 58 bureaux de votes, des bureaux qui ont enregistré plus de 100% de participation...

Mais pour beaucoup, cet engagement ne suffit pas.
Car les bureaux de votes comptant plus de bulletins que d'électeurs inscrits seraient bien plus nombreux.
4000 bureaux de vote étaient ouverts le jour de l'élection.
De plus, le recomptage ne peut pas permettre de répondre aux questions essentielles : comment de telles fraudes ont-elles été possibles? et quel camp en serait responsable?

Dans le principal quotidien du pays, le NYASA Times, les éditorialistes demandent que les responsables de ce marasme politiques soient désignés et les fraudeurs punis.

La Présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a appelé lundi la population et les dirigeants des partis politiques du Malawi à maintenir le calme et à permettre à la Commission électorale du Malawi (MEC) de mener à bien son travail.

A ce jour, la MEC n’a publié que les résultats de 31% des bureaux de vote, n’a reçu que 139 plaintes de la part des partis politiques et n’a détecté des anomalies que dans 19 centres de vote sur un total de plus de 1.300.

 Le scrutin a connu des ratés spectaculaires : problèmes d'organisation considérables, jusqu'à dix heures de retard dans certains bureaux, vote le lendemain et jusqu'au surlendemain dans d'autres, dysfonctionnement du système informatique de comptage de la commission électorale obligeant à passer en mode manuel, et d'autres encore.

La présidente Joyce Banda, arrivée 2ème selon les résultats contestés, a, elle, tenté en vain de faire annuler samedi, en proposant un nouveau vote sans sa candidature.

Anciennement vice-présidente du pays, Joyce Banda est devenu chef de l'Etat sans élection suite au décès du président Bingu wa Mutharika en avril 2012. Il était au pouvoir depuis 2004 et critiqué pour dérive autocratique.

Son frère et ancien ministre des Affaires étrangères, Peter Mutharika, 74 ans, est lui arrivé en tête des résultats très partiels contestés.


Selon le spécialiste de la région Jeffrey Smith, du Centre Robert Kennedy, les prochains jours devraient se révéler décisifs sur la crédibilité de ce recomptage.

Selon lui, la société civile a fait un travail remarquable sur la campagne, mobilisant les électeurs; elle a donc les moyens de faire pression sur les dirigeants du Malawi pour qu'ils se montrent à la hauteur.



Libye : que peut le nouveau gouvernement?



Au lendemain de l'élection du nouveau Premier minitre libyen, Ahmed Maïtik, à Tripoli, le chaos sécuritaire continue de régner dans le pays.
Ce matin, un journaliste libyen critique des jihadistes a été assassiné à Benghazi, dans l'est du pays, fief des groupes armés radicaux.
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C'est une source hospitalière qui a annoncé la mort de Meftah Bouzid, rédacteur en chef du journal Burniq, tué par balles lundi matin dans le centre ville de Benghazi.
Selon un des ses proches, ces critiques contre les islamistes lui avaient valu des menaces de morts répétées.

Cette annonce intervient moins de 24h après le vote de confiance au Parlement de transition libyen, hier soir, le Congrès général national, qui a accordé sa confiance au nouveau gouvernement d'Ahmed Maïtik.

La question est de savoir si ce renouvellement des autorités de transition peut enfin contribuer à ramener un peu de stabilité dans le pays en proie aux violences et à l'insécurité.

Le nouveau cabinet de 23 ministres, destiné à diriger le pays jusqu'au prochaines élections législatives du 25 juin, n'est pour l'instant pas complet - quatre postes restent à pouvoir dont les ministères des Affaires étrangères et de la Défense.
Il avait été élu il y a deux semaines lors d'une session parlementaire chaotique et était dénoncé comme illégal par certains parlementaires.
Mais surtout, malgré le vote de confiance de dimanche soir, ce gouvernement, soutenu par les islamistes reste contesté par les groupes laïcs faisant front autour de la personnalité de Khalifa Haftar, général rebelle. 

Selon le Libya Herald, Ezzidden Al-Awami, premier Président adjoint du Parlement de transition libyen, qui a contesté l'élection de ce gouvernement, met en garde à présent contre le désastre qui attend le pays si le nouvel exécutif entre effectivement en fonction.

Et pour l'envoyé spécial de l'UE pour la Libye, cette crise est la plus sévère traversée par le pays depuis la chute de Kadhafi en 2011 ; il souligne le poids des brigades d'ex-rebelles et milices dans le pays.

Le pays n'a - de plus - toujours ni armée nationale, ni constitution.
Les luttes et violences entre milices pro- et anti-islamistes se révèlent encore particulièrement violentes dans la région de Benghazi; l'assassinat d'un journaliste lundi matin vient renforcer le sentiment que dans l'est ne règne que chaos et impunité. 

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Que peut ce gouvernement?
Eléments de réponse avec Hasni Abidi, directeur du CERMAM, à Genève, pour qui le pays a absolument besoin de montrer un semblant de légalité 

Hasni Abidi,
directeur du CERMAM, à Genève, le Centre d'études du monde arabe et méditerranéen
joint par Mélissa Chemam pour RFI.

Hasni Abidi,directeur du CERMAM, à Genève, pour qui le pays traverse en effet une crise sans précédent mais ne peut prendre le risque de laisser la situation sécurité s'envenimer et provoquer une scission notamment à l'est...


http://www.rfi.fr/afrique/20140527-libye-gouvernement-nomme-catimini-prevenir-le-chaos/

« D’abord, on a un gouvernement par défaut parce qu’on ne pouvait pas se permettre de ne pas avoir un gouvernement, sinon on allait assister à un vide politique et un vide constitutionnel très important puisque le pays va connaître des élections très importantes fin juin, explique Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen à Genève (Cermam). Le deuxième élément qui a précipité la formation d’un gouvernement aussi discrètement, c’est bien entendu la tentative de coup de force menée par le général Khalifa Haftar, et certains de ses miliciens ont menacé d’arrêter certains députés et même le gouvernement. Il fallait absolument remplir ce vide et constituer ce gouvernement pour dire que la Libye est bien dirigée par un gouvernement disant que la légalité institutionnelle est toujours en vigueur en Libye. »
Risque de partition du pays

Hasni Abidi ajoute que dans cette crise sans précédent que traverse le pays, ce qu’il reste de l’Etat ne peut prendre le risque de laisser la situation sécuritaire s'envenimer et provoquer une scission notamment à l'Est : « La situation est très critique et jamais la Libye n’a traversé une zone de turbulences sur le plan sécuritaire et politique, et même économique. Le pays est presque en défaut de paiement. Benghazi, évidemment, c’est le symbole de toute la région de l’Est et elle paie le prix fort de l’absence de l’Etat, de la centralisation du pouvoir à Tripoli, et de la non prise en considération de ses besoins par à la fois la milice de Misrata qui est importante et qui est une véritable armée dans l’Etat, et aussi par le gouvernement central. Evidemment, les assassinats sont aussi un élément très important qui risque d’amplifier un peu ce divorce entre la région de l’Est et Tripoli. Mais de là à vraiment imaginer une scission, ce serait grave et dangereux dans la mesure où la Libye ne peut pas se permettre le luxe d’avoir trois régions complètement indépendantes. »

Plus d'infos sur www.rfi.fr

26/05/2014

Attentat à Djibouti : vigilance maximale




Dernière minute

La menace terroriste à Djibouti demeure réelle, comme en témoigne l’attentat du samedi 24 mai 2014 au centre-ville de la capitale qui a fait 3 morts et une trentaine de blessés.
La plus grande vigilance s’impose, en particulier lundi 26 mai, jour de fête musulmane, lors de la fréquentation des lieux publics et symboliques (centre historique, lieux de culte et institutions religieuses, proximité des zones portuaires et aéroportuaires ainsi que des enclaves militaires djiboutiennes et étrangères, emprises françaises…) fréquentés par les expatriés.  
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DJIBOUTITERRORISME

Le gouvernement djiboutien confirme la menace terroriste

L'attentat de samedi soir a fait un mort : un citoyen turc, et les deux kamikazes, un homme et une femme, tués dans l'attaque contre un restaurant de Djibouti très fréquenté par les Occidentaux.  Le ministère djiboutien de l'Intérieur, a également fait état de 15 blessés, dont quatre graves, tandis que Paris a évoqué "une trentaine de blessés". Le ministère djiboutien de l'Intérieur, a également fait état de 15 blessés, dont quatre graves, tandis que Paris a évoqué "une trentaine de blessés".
  
Le ministère des Affaires étrangères djiboutien confirme les faits et l'alerte sur "une menace terroriste réelle" à Djibouti, Etat de la corne de l'Afrique engagé militairement en Somalie voisine contre les insurgés islamistes shebab liés à Al-Qaïda.

Les autorités estiment que l'attentat ne peut qu'être une "réaction violente à la participation de Djibouti au processus de stabilisation et de sécurisation de la sous-région.

Le Ministre des Affaires étrangères djiboutien, Mahmoud Ali Youssef, également porte-parole du gouvernement, confirme qu'une enquête est en cours et devra permettre d'identifier la nationalité des kamikazes, qui ont été filmés par les caméras de surveillance avant l'explosion de leur grenade. Il relaie les soupçons visant les milices Al Shabaabs mais ne confirment pas la nationalité des assaillants :

Mahmoud Ali Youssef, 
Ministre des Affaires étrangères djiboutien, porte-parole du gouvernement,
sur RFI, joint par Mélissa Chemam.

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Le Ministre des Affaires étrangères djiboutien, Mahmoud Ali Youssef, également porte-parole du gouvernement, assure également que le pays est conscient du niveau de menace dans la région et que le niveau d'alerte est désormais maximal.

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Le ministère des Affaires étrangères djiboutien confirme les faits survenus ce samedi 24 mai, où trois personnes dont un kamikaze avaient trouvé la mort dans un attentat. Djibouti, engagé militairement en Somalie voisine contre les insurgés islamistes shebabs liés à al-Qaïda, renforce sa sécurité face à une menace terroriste réelle.
Mahmoud Ali Youssef, ministre des Affaires étrangères djiboutien et porte-parole du gouvernement, refuse de minimiser la menace. « Nous disons que la vigilance doit être de rigueur. Je crois que cela ne sert à rien de dire aux gens : "il n’y a pas de risque, tout va bien".Ce que nous disons de manière très claire, c’est que nous sommes dans un pays qui est de manière globale très stable, et que c’est la première fois que cela arrive à Djibouti. Mais il y a toujours des failles. »
Les autorités estiment que l'attentat ne peut qu'être une « réaction violente à la participation de Djibouti au processus de stabilisation et de sécurisation de la sous-région », Djiboutiengageant des troupes en Somalie au sein de l’Amisom depuis 2007. Mahmoud Ali Youssef confirme qu'une enquête est en cours et devra permettre d'identifier la nationalité des kamikazes, qui ont été filmés par les caméras de surveillance avant l'explosion de leur grenade. Il relaie les soupçons visant les milices shebabs mais ne confirme pas la nationalité des assaillants.
Selon Mahmoud Ali Youssef, le gouvernement entreprend un renforcement de la sécurité suite à cet attentat : « Nous avons rehaussé notre niveau d’alerte, nous avons multiplié les mesures de sécurité. Nous coordonnons ces activités de surveillance et de sécurité avec aussi bien les forces étrangères présentes à Djibouti qu’avec les services de renseignements des pays de la région : l’Ethiopie, le Yémen, la Somalie. »

20/05/2014

1914 - 2014 : En souvenir du 'Procès' de Kafka

2014 correspond aussi au 100ème anniversaire de l’écriture du 'Procès' de Franz Kafka, l'un des romans qui m'a le plus marque et pilier de mon mémoire de littérature comparée.


Pour fêter cela, les fictions de France Culture et d'abord une citation :


"La grande facilité d’écrire des lettres doit avoir introduit dans le monde — du point de vue purement théorique — un terrible désordre des âmes : c’est un commerce avec des fantômes, non seulement avec celui du destinataire, mais encore avec le sien propre".
Franz Kafka

Et pour la radio, par ici :

Fictions / Le Feuilleton
Dramatique Fictions / Le Feuilleton
du lundi au vendredi de 20h30 à 20h55
Ecoutez l'émission24 minutes

Le procès 1/10 de Franz Kafka

19.05.2014 - 20:30 Ajouter à ma liste de lecture
Traduction et adaptation radiophonique de David Zane Mairowitz
Conseillères littéraires  Emmanuelle Chevrière et Katell Guillou
Réalisation  Michel Sidoroff

2014 est le 100ème anniversaire de l’écriture du Procès de Franz Kafka.
L'occasion de rappeler à quel point ce livre a été important dans la littérature du XXième siècle.

L'histoire est celle de Joseph K, antihéros, arrêté un beau matin "sans rien avoir fait de mal". Accusé d'une faute qu'il ignore par des juges qu'il ne voit jamais et conformément à des lois que personne ne peut lui enseigner, il va pousser un nombre ahurissant de portes pour tenter de démêler la situation. À mesure que le procès prend de l'ampleur dans sa vie, chaque porte ouverte constitue une fermeture plus aliénante sur le monde de la procédure judiciaire, véritable source d'enfermement et de claustrophobie.

Mais le projet de Kafka n'était pas de dénoncer un pouvoir tyrannique ni de condamner une justice mal faite. Le procès intenté à Joseph K. ne relève d'aucun code et ne peut s'achever ni sur un acquittement ni sur une damnation, puisque Joseph K. n'est coupable que d'exister.

Cette adaptation radiophonique de David Zane Mairowitz insiste sur l'humour singulier de Kafka très influencé par la tradition mystique et antirationnelle du monde juif d’Europe de l’Est. Elle met en œuvre la dualité entre la mélancolie la plus noire, et l’humiliation de soi - humiliation aussi lucide que cruelle -,  et elle tente de mettre en lumière l'érotisme de l’univers de Kafka, un pan de son œuvre moins souvent évoqué.


1er épisode




Monumenta 2014





Exposition

Grand Palais

10 Mai 2014 - 22 Juin 2014
Lundi, mercredi et dimanche 10h - 19h
Jeudi, vendredi et samedi 10h - 00h
Fermeture hebdomadaire le mardi

18/05/2014

Centrafrique : du risque de partition...



 Selon le Journal du Développement, tout porte à croire que la Centrafrique risque de ne pouvoir éviter une partition du pays : 

"Les ex-rebelles de la Séléka annoncent désormais la mise en place d’une “adminis- tration autonome” à Ndélé, a confié mardi 13 mai leur porte-parole, le colonel Djouma Narkoyo, à l’agence Xinhua", rapporte le JdD.

“On est tous dans le nord. Les fonctionnaires qui sont au- jourd’hui à Bangui ne peuvent pas venir travailler dans notre région. En attendant que les choses se normalisent, on veut mettre en place une structure pour assurer des soins de santé à nos enfants et s’occuper de leur éducation”, a fait savoir le chef militaire qui a déclaré huit préfectures de la région sous contrôle de l’ex-rébellion.

Avec plus de 4.000 hommes déclarés dans ses rangs, l’orga- nisation affirme avoir installé son état-major à Bambari, à 400 km au nord de Bangui. 

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Plus d'infos à suivre.

17/05/2014

Europe is calling


This first part of the year was very African.

Bangui, March 2013

Time for a little taste of Europe.

Starting with home...

My little neighbourhood



I'm in an English mood those days...


 London, Summer 2012

What's up in London?

Royal Academy -
Midsummer Night's Fete


Special events

Saturday 21 June 2014
18.30 — 22.00


http://www.royalacademy.org.uk/event/152


Henri Matisse: The Cut-Outs
Tate Modern: Exhibition
17 April – 7 September 2014


Rothko conservation project

Treatment of Untitled, Black on Maroon (T01170)


PANGAEA: NEW ART FROM AFRICA AND LATIN AMERICA


2 April 2014 - 2 November 2014
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Following trips will take me to Italy and Armenia. A little taste of memories collected in these countries I adore...

Rome, March 2010



Ledjap, Lake Sevan, Armenia, Summer 2010
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More soon... 

14/05/2014

Central African Republic: Insight into Boda


Published today on Twitter, after my last week's trip with the World Food Programme.

All photos by myself. Text to follow:

Back from Boda a few days ago, where mothers in the Muslim areas fear for the malnourished babies, Salma:

In Boda, , Salma's son Suleiman is treated for malnutrition in a small health centre w/ food & Plumpy Sup:


: Muslims are still forbidden access to Boda's hospital, treat children in a small improvised health centre


Schools also closed in Boda. hopes to get them reopened soon and to start schoolfeeding:



IOM and worked in Boda last week to update the food distribution list and get more people registered on it:

Camille Lepage : dernieres infos


Actualité > Monde > Camille Lepage, journaliste tuée en Centrafrique : que s'est-il passé ?

Camille Lepage, journaliste tuée en Centrafrique : que s'est-il passé ?

La photojournaliste de 26 ans serait "tombée dans un guet-apens". Une enquête préliminaire est ouverte à Paris.

Camille Lepage, en Centrafrique. (FRED DUFOUR / AFP)Camille Lepage, en Centrafrique. (FRED DUFOUR / AFP)









http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140514.OBS7011/camille-lepage-journaliste-tuee-en-centrafrique-que-s-est-il-passe.html


Selon une source de la gendarmerie de Bouar, "l'embuscade qui a coûté la vie à la journaliste a eu lieu à Gallo, un village situé sur l'axe Bouar-Garoua-Boulaï (Cameroun)", à une soixantaine de km de Bouar. "Il y a eu des affrontements qui ont duré plus d'une demi-heure et ont fait au moins dix morts, dont quatre anti-balaka et six ex-Séléka et peuls armés", a-t-elle ajouté sous couvert d'anonymat.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Le corps de la jeune journaliste doit être ramené dans la journée à Bangui. Une première autopsie doit être pratiquée sur le corps avant son rapatriement vers Paris, selon une source diplomatique.
Le parquet de Paris a ouvert mercredi une enquête préliminaire pour assassinat. Elle a été confiée à l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) de la police judiciaire. Selon une source proche du dossier, les prévôts de la gendarmerie française, déployés en République centrafricaine avec l'armée française, sont intervenus en coopération au début de l'enquête en collaboration avec les forces de sécurité locales et de la force africaine Misca. Ce genre d'enquête est classique en cas de crime contre des Français à l'étranger.
François Hollande a promis de mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers".

Quelle est la situation en  Centrafrique ?

Le pays a sombré dans le chaos et les violences intercommunautaires, lorsque l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, a pris brièvement le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014 dans un pays composé à 80% de chrétiens, multipliant les exactions.
Les "anti-balaka", des milices chrétiennes hostiles aux Séléka et plus généralement aux musulmans, se sont formées, semant elles aussi la terreur parmi les civils.

Qui est Camille Lepage ?

Journaliste indépendante, Camille Lepage accompagnait depuis une quinzaine de jours les "anti-balakas".
"Camille, c'était une jeune femme passionnée par ce qu'elle faisait. Elle en avait envie depuis une dizaine d'année du photojournalisme", a confié mercredi sa mère, Maryvonne Lepage, parlant d'"une force de caractère impressionnante". "Elle était toujours dans cette logique d'aller sur des conflits où les médias n'allaient pas. Les conflits oubliés. Et elle recherchait des journaux assez libres de pensée".
"Elle cherchait à informer avec grâce", se souvient Vincent Migeat, du service photo du "Nouvel Obs", qui avait publié ses photos à deux reprises fin 2013.
"Ce n'était pas du tout une tête brûlée. Elle savait exactement ce qu'elle faisait", a assuré Virginie Terrasse, cofondatrice de l'agence Hans Lucas dont faisait partie Camille Lepage. "Elle prenait des risques pour son faire son travail. Son attention a même été attirée sur les risques auxquels elle s'exposait", estime de son côté une source militaire française.