29/10/2014

CAUCASE, CRIMEE, AILLEURS

Peu de journalistes dans les rédactions cette semaine, les "vacances" mais aussi de nombreuses missions de terrain en sont responsables.

Par contre, l'actualité, elle bouillonne! Les combats se poursuivent en Syrie à la frontière turque, le Burkina Faso est en pleine ébullition face au projet du président Blaise Compaoré de modifier la Constitution pour se permettre un nouveau mandat, et élections majeures en Tunisie et en Ukraine dont les contrecoups sont loin d'être retombés.

Passionnées par toutes ces régions et leur histoire, mais travaillant depuis six ans spécifiquement sur l'Afrique, je veux partager aussi ici le travail brillant de confrères dans d'autres zones de notre monde.

Ici : Arménie / Azerbaïdjan, le Caucase donc, une région qui "a mon coeur" comme disent mes amis britanniques. Caucasus, you have my heart... Hope to see you again soon.

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Je conseille ce matin cet article du Monde :


Haut-Karabakh : dîner 

convivial mais peu 

fructueux à l’Elysée


LE MONDE |  • Mis à jour le  |Par 

Le président arménien Serge Sarkissian (au centre) et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev (à droite), le 27 octobre à l'Elysée.

Hier ennemis jurés, Serge Sarkissian, président de l’Arménie et Ilham Aliev, à la tête de l’Azerbaïdjan, sont soudainement devenus « copains ». Enfin presque. Tant que le sujet inextricable du Haut-Karabakh n’était pas évoqué, « ils étaient hyper proches », « complices », commente un diplomate français, encore étonné. « On les a vus se parler, se tutoyer… ». Le responsable de ce miracle ? François Hollande, peut-être. Reçus à l’Elysée, lundi 27 octobre, par le président français pour un sommet consacré au Haut-Karabakh, le chef de l’Etat a tenté de diversifier les sujets de discussions pour éviter de braquer MM. Sarkissian et Aliev sur le seul sujet de cette terre de conflit. « Ils se sont rendu compte qu’ils avaient des défis en communs, qu’ils affrontaient les mêmes enjeux », poursuit le diplomate.

Le Haut-Karabakh, c’est cette terre d’Azerbaïdjan, enclave séparatiste à majorité arménienne, aujourd’hui contrôlée par l’Arménie avec le soutien de la Russie. 

Le conflit (1988-1994), largement oublié, a fait près de 30 000 morts et de l’ordre de 800 000 déplacés. Depuis 1994, en dépit d’un fragile cessez-le-feu, l’Azerbaïdjan et l’Arménie sont toujours techniquement en guerre. Pour éviter l’escalade, le groupe de Minsk, composé des représentants de la France, des Etats-Unis, de la Russie et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, formé en 1992, tente de jouer les modérateurs. Le Haut-Karabakh fait désormais partie de ces conflits dits « gelés », sur lesquels plane l’influence russe.

« CLIMAT MAUVAIS »


Mais depuis cet été, « le climat est mauvais », constate un diplomate français. Une ambiance de guerre de tranchées a repris et des dizaines de morts ont été recensées. En cause, notamment, la Crimée. Observer cette bande de terre, hier ukrainienne, repasser entre les mains russes, aurait échauffé les esprits.
Après sa visite en mai dans le Caucase, les conseillers de M. Hollande se réjouissaient du résultat obtenu lundi. « On a fait du bon boulot », assurait l’un des proches du président. Le « résultat », pourtant, est inexistant. Aucune issue au conflit déchirant l’Arménie et l’Azerbaïdjan n’est perceptible, hormis la promesse de poursuivre le dialogue en septembre 2015, à New York.


Alors ? Si Paris se réjouit, c’est parce qu’il a permis aux deux présidents de se parler. Peut-être aussi d’avoir avancé sur le dossier de Leyla Yunus, cette militante des droits de l’homme détenue avec son mari en Azerbaïdjan pour des soupçons d’espionnage. « M. Aliev a pris des engagements »,indique une source proche du chef de l’Etat.
François Hollande et Ilham Aliev, le 27 octobre à l'Elysée.
Mais l’entourage du président se satisfait aussi d’avoir appuyé la position de la France dans ces terres sous influence de la Russie, tentées de se rapprocher de l’Europe. Le mot d’ordre : « Surtout, ne pas les obliger à choisir entre la Russie et l’UE », indique un diplomate. « Il ne s’agit pas de couper les relations avec la Russie. On ne veut pas tomber dans le piège ».
Une référence aux « maladresses » de l’Europe vis-à-vis de l’Ukraine ? Selon certains, c’est l’attitude de UE, incitant l’Ukraine à se rapprocher du Vieux Continent en signant un accord d’association, qui aurait courroucé Vladimir Poutine. La France, qui doit se décider à livrer, ou non, ses navires Mistral à la fin du mois, serait-elle soucieuse de ne pas fâcher Moscou ?

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Et surtout ce beau reportage du Monde en Crimée :

La Crimée à l’heure de 

Moscou

LE MONDE |  |Par 
A Sébastopol, dimanche 26 octobre.
Les hôtels de Simferopol sont pleins à craquer. En cette fin octobre, la capitale administrative de la Crimée est littéralement prise d’assaut, non par des touristes – la saison et le contexte ne s’y prêtent guère –, mais par des fonctionnaires russes. « Même en été nous n’avons pas autant d’affluence », ironise la gérante d’un petit établissement. Ces commis de l’Etat sont en mission, chargés de mettre aux normes de Moscou tous les secteurs-clés de l’administration : santé, éducation, sécurité, impôt, banque… Un recensement de la population a été lancé. Huit mois après l’annexion de la péninsule, la russification de la Crimée s’intensifie.

Tout va si vite. Le drapeau russe flotte sur les bâtiments officiels. Les opérateurs de téléphonie ont changé d’origine. Les uniformes sont les mêmes que partout ailleurs en Russie. Il n’a pas fallu plus d’un mois pour que la hryvnia, la monnaie ukrainienne, disparaisse de la circulation, remplacée par le rouble. Guère davantage pour commencer à distribuer les passeports russes et changer les plaques d’immatriculation des véhicules. A Sébastopol, les marchands de souvenirs sur le front de mer exhibent, à côté des maillots des marins de la flotte de la mer Noire, des tee-shirts d’un nouveau genre. « J’enc… vos sanctions »,proclame l’un d’eux, accompagné d’un dessin explicite de bonshommes stylisés russe et américain.

Il y en a beaucoup d’autres, à la gloire de Vladimir Poutine ou bien célébrant les « gens polis », en tenue de camouflage et armés jusqu’aux dentsCette expression, très prisée jusqu’à Moscou, est née ici, en Crimée. Elle désigne l’armée russe qui a pris possession de la péninsule en mars par la force – sans insignes et sans effusion de sang. Depuis, le nombre de ceux que l’on surnomme également les « petits hommes verts » comme l’on parlerait d’extraterrestres, a triplé.

LES LIENS AVEC LE PAYS D’HIER SONT COUPÉS

Voilà pour les signes extérieurs du changement. Mais, désormais, une nouvelle étape, plus profonde encore, s’est ouverte : la conversion de toutes les administrations, la mise aux normes de toutes les entreprises obligées de s’adapter à une nouvelle comptabilité. Prorusses ou non, les Criméens, désorientés, courent de notaires en services publics. « Pour nous, la vie quotidienne est devenue synonyme de files d’attente, il faut faire la queue pour tout : les naissances, la résidence, le permis de conduire… », raconte Maria, une jolie brune de 25 ans qui a perdu son emploi dans l’import-export d’huiles essentielles. Sa mère, Lena, enseignante de russe, a fini par trouver quelques élèves, recrutés par Skype. « Je travaillais à l’université, mais maintenant je ne peux plus, avec un permis de séjour. »
La famille, qui préfère rester anonyme, refuse de prendre la nationalité russe. Seul le grand-père s’y est résigné « pour au moins sauver la maison ». Corvées pour les uns, ces démarches sont devenues, pour d’autres, ukrainiens ou tatars, la minorité musulmane traumatisée par sa déportation en 1944 sous Staline, une véritable source d’angoisse.
« Les gens essaient encore de comprendre ce qui se passe », dit doucement Mark Boutovski, un jeune chef d’entreprise de 24 ans, spécialisé dans la publicité sur Internet. « C’est l’argent le plus compliqué, chaque fois que j’achète quelque chose, je me demande si c’est plus cher. Pour moi, cela a été relativement simple comparé aux petits entrepreneurs qui importaient tout de l’Ukraine, des tomates aux manteaux. » Les grandes compagnies russes sont arrivées mais, pour échapper aux sanctions internationales, elles prennent un nouveau visage, un nouveau nom, sans lien juridique apparent. Petit à petit, les liens avec le pays d’hier, l’Ukraine, sont coupés. La télévision de Kiev ne parvient plus jusqu’ici, pas plus que la radio. Dans les établissements scolaires, les cours en langue ukrainienne déjà peu répandue, ont été réduits de moitié, malgré les déclarations des nouvelles autorités sur l’instauration de « trois langues officielles », russe, ukrainienne et tatare.

« JE ME SENS NI RUSSE NI UKRAINIEN »


« Je suis né ici, je travaille ici, mais je me sens ni russe ni ukrainien, soupire Mark Boutovski. J’aimerais me sentir européen, mais la réalité autour de moi m’oblige à un autre mode de vie. Il faut le reconnaître. » Russophone, la majorité de la population qui a voté oui au référendum du 16 mars soutient en effet la Russie et son président, Vladimir Poutine. Les autres se considèrent en « territoire occupé ».

« Tout ça, c’est la faute de Gorbatchev », fulmine Georgui Nossän, campé dans un champ pour surveiller ses vaches, à mi-chemin entre Simferopol et Sébastopol. Ce vieux paysan russe poursuit encore de sa rancune le dernier chef d’Etat de l’URSS, coupable de sa disparition. « Regardez maintenant, c’est une honte ce qui se passe en Ukraine ! » Les retraites, tout comme les salaires, ont été augmentées, sauf que Georgui ne s’en rend pas bien compte, perdu dans ses conversions et l’augmentation des prix. Mais il est content du retour de la Crimée dans le giron de la Russie et, chaque fois que des avions russes passent au-dessus de sa tête, il ne manque pas d’agiter son bonnet en criant : « Bonjour à Poutine ! »
« Cela fait vingt ans que nous en parlions et que nous attendions ce moment », jubile le nouvel homme fort de la péninsule, Sergueï Aksionov. Natif de Moldavie, arrivé ici en 1989, cet ancien « businessman dans l’immobilier » de 41 ans, député devenu le président du conseil des ministres de Crimée, vante un retour « à la tranquillité ». Il refuse cependant de recevoir dans son bureau et ne se déplace pas dans une salle toute proche sans un garde du corps maussade tout de noir vêtu. « Des milliards de roubles vont être versés par le budget fédéral, dont 23 milliards [426 millions d’euros] rien que pour Simferopol cette année. Tout est calme, tout le monde est content », lance-t-il. Les milices ? « Des patriotes, corrige sèchement Sergueï Aksionov, qui deviendront une police municipale légale et sans armes le 1er janvier. »

D’ici là, le ménage sera fait. « Il y a deux semaines, tous les chefs de la compagnie du pétrole et du gaz ont été licenciés, tous les chefs d’hôpitaux aussi. Avant-hier, c’était les responsables de la compagnie des eaux, en fait 90 % des dirigeants des organisations centrales », annonce-t-il sans ciller. Au nom de la lutte anticorruption, mais sans passer par la case tribunal. « Ils ont rédigé leur lettre de démission eux-mêmes. »

ENJEU AUTOUR DE YALTA


Andreï Kiskov, 31 ans, l’un des rares militants des droits de l’homme sur place, ne partage pas tout à fait ce point de vue. Dans le secteur privé, raconte le jeune homme, « ils nationalisent de force des stations-service, des usines, des marchés qui appartenaient à des Ukrainiens avec le concours de gens armés et en civil, des organisations paramilitaires hors de toute légalité »« Une loi, poursuit-il, impose aussi le rachat d’entreprises jugées stratégiques, comme les ateliers de cinéma de Yalta. Pourquoi ? Personne ne le sait. »
Yalta – la station balnéaire au bord de la mer Noire, célèbre pour avoir abrité, en février 1945, la conférence qui a réuni Staline, Roosevelt et Churchill, et dans laquelle a commencé à se dessiner le visage de l’Europe de l’après-guerre – est redevenue un enjeu. 

Les 30 hectares des ateliers du cinéma, créés avant la révolution russe de 1917, ont bien changé de mains, sous la contrainte. Motif : le propriétaire « ne remplissait pas ses obligations en matière d’investissements », assure le maire, Andreï Rostenko, nommé il y a deux mois. Ici aussi, l’administration russe est à pied d’œuvre. La fonction publique est réorganisée de fond en comble, le personnel renouvelé et le nombre d’élus ramené de 280 à… 28. « En six mois, nous avons reçu plus de subventions qu’en vingt ans d’Ukraine, plastronne Andreï Rostenko. Et si cela ne se voit pas, c’est parce que nous avons commencé par les télécommunications. »

Par refus ou par crainte, cependant, 20 % des habitants de Yalta n’ont pas répondu aux enquêteurs du recensement. Illona et Sehrii Dorochenko, 30 ans et 42 ans, se disent pour leur part « ukrainiens, par réaction ». Le couple, comme beaucoup, a autant de famille et d’ascendants en Russie qu’en Ukraine, mais l’annexion de la Crimée l’a choqué. « Le 27 février, nous nous sommes réveillés avec les petits hommes verts. » Depuis, Illona a entrepris d’écrire les Chroniques de la Crimée russe sur Facebook où elle décrit tout, le prix du poisson qui a augmenté, « la pseudo-frontière » avec l’Ukraine, les « babouchkas » que l’on fait venir de Russie en vacances pour remplacer les touristes disparus…
Elle prend garde toutefois à ne pas franchir des lignes rouges. Entrée en vigueur en mai, la loi fédérale russe qui qualifie « d’extrémisme » toute atteinte à « l’intégrité de la Russie » effraie plus d’un Criméen.

 Isabelle Mandraud (Simferopol, Sébastopol, Yalta, envoyée spéciale) 
Correspondante à Moscou

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Enfin ce portfolio à ne pas manquer :

Crimée : portrait d'une

 nouvelle région russe


Le Monde.fr |  • Mis à jour le 


Tchad : premiers pas dans le procès Habré via 29 co-accusés?

TCHAD 

Procès Hissène Habré: les victimes attendent «un procès équitable»

mediaClément Abaïfouta, le président de l'Association des Victimes des Crimes du régime d’Hissène Habré lors d'une conférence de presse en septembre 2008.AFP PHOTO/SEYLLOU
Au Tchad, vingt-neuf ex-membres de la police politique de l'ancien président Hissène Habré ont été renvoyées la semaine dernière devant la Cour criminelle de Ndjamena. Cette décision a été prise par les autorités de Ndjamena après les critiques venues des chambres extraordinaires africaines qui ont accusé le Tchad de refus de collaborer. Chargées de juger Hissène Habré pour crimes de guerre, elles avaient réclamé en vain la venue à Dakar de deux coaccusés de l'ancien président tchadien. Comment l'association des victimes des crimes du régime d'Hissène Habré réagit-elle à cette décision de Ndjamena ? Clément Abaïfouta, le président de l'Association des victimes des crimes du régime d’Hissène Habré a répondu aux questions de RFI.

J'ai peur que les choses soient bâclées et que l'on assiste à une parodie de justice
Clément AbaïfoutaPrésident de l'Association des Victimes des Crimes du régime d’Hissène Habré28/10/2014 - par Mélissa ChemamÉcouter

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Mali: les mouvements de l'Azawad créent une coordination militaire. Leurs dissidents aussi...

MALI 

Mali: les mouvements de l'Azawad créent une coordination militaire

mediaGroupe de soldats touaregs du MNLA dans la région de Kidal, le 4 février 2013.REUTERS/Cheick Diouara

Au Mali, la coordination des Mouvements de l’Azawad a annoncé ce mardi qu'elle mettait en place une coordination militaire pour le Nord du pays. Elle sera composée de 10 officiers  et son commandement sera assuré par le colonel Mohamed Ag Najim.
Plus de détails : Mélissa Chemam pour Rfi 
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Le représentant du MNLA en Europe, Moussa Ag Assarid précise que les secrétaires généraux et officiers du mouvement se sont réunis à Anefif du 26 au 28 octobre 2014 avec les membres du HCUA et du MAA.
 Ils ont décidé conjointement à l'issue de cette réunion la création de leur coordination militaire.

Cette nouvelle structure regroupant les forces militaires du trois mouvements a pour but selon eux de répondre à l’insécurité grandissante dans les régions du Nord du Mali et de protéger les habitants, menacés d'après ces groupes par les actions "miliciennes" gouvernementales.

Les trois groupes affirment que "cette coordination s’inscrit dans la droite ligne de la demande faite par la MINUSMA et la force française Barkhane de contenir et éradiquer toute forme d’insécurité", dans le nord du Mali.

Ils accusent notamment les forces de Bamako se soutenir des éléments attaquant leurs positions et menaçant la population

La coordination militaire des Mouvements de l’Azawad  s'engage parallèlement à respecter les closes du cessez-le-feu du 23 mai 2014 signé à Kidal. Elle appelle le gouvernement de Bamako à faire de même.

Elle s'engage également à poursuivre les recherches de solution négociée, selon Moussa Ag Acharatoumane, coordinateur pour les trois mouvements.

Le gouvernement malien a pris connaissance de la création de cette coordination militaire ; il devrait s'exprimer sous peu.

Il réaffime respecter le cessez-le-feu" et dément alimenter les violences, tout en appelant les groupes armés du nord à ne pas abandonner le processus de paix.

28/10/2014

Caucase : Nouvelles du Karabagh


François Hollande a reçu hier les présidents azerbaïdjanais et arméniens sur la question de leurs nombreux différends. Dernières infos :

Reprise d'un "dialogue direct" entre les deux dirigeants sur le Haut Karabakh               
 
      PARIS,  27 oct 2014 (AFP) - Une rencontre entre les présidents de
l'Azerbaïdjan et de l'Arménie reçus lundi à l'Elysée par le président français
François Hollande a permis "une reprise d'un dialogue direct" entre les deux
dirigeants sur le Haut Karabakh, sans toutefois aboutir à un accord, a indiqué
la présidence francaise dans un communiqué.
   Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et son homologue arménien Serge
Sarkissian ont notamment décidé de "procéder à des échanges de données sur les
disparus du conflit, sous l'égide du CICR (Comité international de la Croix
Rouge)", selon la présidence française.
   François Hollande a par ailleurs abordé "en tête à tête" avec le président
Aliev le cas de la militante pour la défense des droits de l'homme Leyla Yunus,
arrêtée et emprisonnée fin juillet sur des soupçons d'espionnage au profit de
l'Arménie, a indiqué l'entourage du président.
   M. Aliev a "pris des engagements", a-t-on simplement indiqué de même
source, alors que cette militante de 57 ans, dont le mari Arif a également été
arrêté, a vu sa détention provisoire prolongée de quatre mois vendredi dernier.
   L'entourage de M. Hollande a souligné "l'excellente atmosphère" entre les
présidents azéri et arménien, à l'issue d'une journée de rencontres qui s'est
achevée par un diner.
   Le président de la République a "marqué la nécessité d'une baisse effective
de la tension entre les deux parties sur le terrain". Il leur a  proposé de se
retrouver en septembre 2015, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies
à New-York.
   Ce mini-sommet à Paris est intervenu après un déplacement la semaine
dernière du ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier
dans les deux pays, au cours duquel il avait appelé à mettre fin au conflit
larvé qui menace, selon lui, la stabilité d'une région charnière.
   Les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux petits pays caucasiens
de l'ex-URSS, sont empoisonnées depuis plus de 20 ans par une dispute
territoriale autour de la région du Nagorny-Karabakh, passée sous l'autorité de
séparatistes arméniens soutenus par Erevan dans les années 1990 après une
guerre qui a fait près de 30.000 morts, et dont Bakou entend reprendre le
contrôle.
   Malgré des années de négociations sous médiation internationale depuis le
cessez-le-feu de 1994, les deux camps n'ont toujours pas signé un accord de
paix définitif à propos de la région, à majorité arménienne, mais qui est
toujours reconnue à l'étranger comme faisant partie de l'Azerbaïdjan.
   Pays riche de ses exportations pétrolières et dont les dépenses militaires
dépassent le budget d'Etat total de l'Arménie, l'Azerbaïdjan a menacé de
reprendre par la force le territoire disputé si les négociations
n'aboutissaient pas.
   L'Arménie, qui est armée par la Russie, assure toutefois être capable de
repousser toute offensive.
   En août, les violences au Nagorny-Karabakh et sur la frontière entre les
deux pays ont atteint un niveau sans précédent ces dernières années, provoquant
la mort de plus de 20 soldats des deux camps.
   Les tensions se sont également nourries de l'escalade entre la Russie et
l'Occident à propos de l'Ukraine, où les troupes gouvernementales combattent
les séparatistes pro-russes depuis plus de six mois.
   bur-swi/gg
 
AFP 272319 PPP OCT 14

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Rôle de la France 
               
 
      PARIS,  27 oct 2014 (AFP) - Le président français François Hollande a
reçu lundi les dirigeants de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie dans le cadre des
tentatives européennes de parvenir à une solution au conflit sur la région
disputée du Nagorny-Karabakh, qui connaît depuis quelques mois une
recrudescence de violences.
   Le chef de l'Etat a reçu séparément le président azerbaïdjanais Ilham Aliev
puis son homologue arménien Serge Sarkissian, avant un sommet tripartite prévu
à 16H00 GMT et suivi d'un dîner.
   Ces réunions interviennent après un déplacement la semaine dernière du
ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier dans les deux
pays, au cours duquel il avait appelé à mettre fin au conflit larvé qui menace,
selon lui, la stabilité d'une région charnière.
   "Il nous semblait important de réunir les deux présidents pour les appeler
à travailler ensemble, à se remettre autour de la table, à faire baisser la
tension pour pouvoir ensuite travailler sur le fond : rétablir la confiance",
avait expliqué une source diplomatique française avant les entretiens de lundi.
   Les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux petits pays caucasiens
de l'ex-URSS, sont empoisonnées depuis plus de 20 ans par une dispute
territoriale autour de la région du Nagorny-Karabakh, passée sous l'autorité de
séparatistes arméniens soutenus par Erevan dans les années 1990 après une
guerre qui a fait près de 30.000 morts, et dont Bakou entend reprendre le
contrôle.
   Malgré des années de négociations sous médiation internationale depuis le
cessez-le-feu de 1994, les deux camps n'ont toujours pas signé un accord de
paix définitif à propos de la région, à majorité arménienne, mais qui est
toujours reconnue à l'étranger comme faisant partie de l'Azerbaïdjan.
   Pays riche de ses exportations pétrolières et dont les dépenses militaires
dépassent le budget d'Etat total de l'Arménie, l'Azerbaïdjan a menacé de
reprendre par la force le territoire disputé si les négociations
n'aboutissaient pas.
   L'Arménie, qui est pour sa part armée par la Russie, assure toutefois
qu'elle est capable de repousser toute offensive.
   En août, les violences au Nagorny-Karabakh et sur la frontière entre les
deux pays ont atteint un niveau sans précédent ces dernières années, provoquant
la mort de plus de 20 soldats des deux camps.
   Les tensions se sont également nourries de l'escalade entre la Russie et
l'Occident à propos de l'Ukraine, où les troupes gouvernementales combattent
les séparatistes prorusses depuis plus de six mois.
   bur-mbx/at/nou/sym
 
AFP 271335 GMT OCT 14

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Procès : deux citoyens azerbaïdjanais accusés de meurtre et d'espionnage
 
      TBILISSI,  27 oct 2014 (AFP) - Le procès de deux citoyens
azerbaïdjanais accusés de meurtre et d'espionnage au profit de Bakou s'est
ouvert lundi dans la région disputée du Nagorny-Karabakh, province
d'Azerbaïdjan à majorité arménienne, ont indiqué les autorités séparatistes
locales.
   Les deux hommes sont accusés d'avoir infiltré la région fin juin et d'avoir
tué un civil de 17 ans et un soldat, ont indiqué les autorités judiciaires du
Nagorny-Karabakh dans un communiqué.
   Un troisième membre de ce groupe d'infiltration a été tué lors d'une
fusillade avec les combattants séparatistes.
   Bakou a pour sa part démenti que les trois hommes soient des membres de son
armée.
   Ce procès s'ouvre alors que le président français François Hollande
organise lundi un sommet réunissant les présidents d'Azerbaïdjan et d'Arménie
pour tenter de régler pacifiquement le conflit larvé entre les deux pays autour
du Nagorny-Karabakh.
   Les affrontements se sont multipliés depuis le début de l'année près de la
frontière et dans la région disputée, les deux camps s'accusant mutuellement de
lancer des attaques ponctuelles sur les positions adverses.
   Rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique, le Nagorny-Karabakh --une
région séparatiste en majorité arménienne-- a été l'enjeu d'une guerre qui a
fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994.
   Un cessez-le-feu a été signé en 1994, mais Bakou et Erevan n'arrivent pas à
se mettre d'accord sur le statut de la région, qui reste une source de tension
dans le Caucase du Sud, une zone stratégique située entre l'Iran, la Russie et
la Turquie.
   L'Azerbaïdjan a menacé de reprendre la région par la force si les
négociations n'aboutissaient pas à des résultats concrets, tandis que l'Arménie
a prévenu qu'elle répliquerait à toute action militaire.
   mkh-eg-im/pop/kat/fw
 
AFP 271028 GMT OCT 14


Tunisie : Nida Tounes est en tête

Ci-dessous, mon interview avec Sophie Bessis, suite aux premières annonces de résultats provisoires des législatives, donnant le parti Nidaa Tounes en tête :

TUNISIE ENNAHDA

Tunisie: «Nida Tounes est en tête» des législatives, affirme son chef

mediaBéji Caïd Essebsi, leader de Nida Tounes, en plein vote à Tunis le 26 octobre 2014.REUTERS/Anis Mili
Les résultats définitifs des élections législatives en Tunisie seront délivrés d’ici jeudi. Mais au lendemain du scrutin, lundi 27 octobre, la victoire du principal parti séculier Nida Tounes ne semble plus faire de doute pour personne. Rached Ghannouchi a d'ores et déjà félicité son adversaire par téléphone. Les islamistes d'Ennahda reconnaissent être en seconde position. Béji Caïd Essebsi s'est exprimé.



Sur sa page officielle Facebook, le parti séculier Nida Tounes écrit : « Nous avons gagné, vive la Tunisie ». De son côté, le chef du parti islamiste tunisien Rached Ghannouchi a appelé Béji Caïd Essebsi, président de Nida Tounes, et l'a félicité pour sa victoire. C'est la fille de M. Ghannouchi, Soumaya, qui a délivré cette information sur Twitter. M. Essebsi l'a ensuite confirmée dans un entretien accordé à nos confrères de France 24.
« Jusqu'à présent, nous savons que Nida Tounes est en tête, a affirmé M. Essebsi sur France 24. Et d'ailleurs, le président de notre vis-à-vis Ennahda, qui est le deuxième parti après Nida Tounes, vient de me téléphoner pour me féliciter de la victoire de Nida Tounes. Je l'ai remercié évidemment, et j'ai beaucoup apprécié ce geste. »
Une dizaine de sièges à l’Assemblée séparerait les deux grands partis rivaux, selon le porte-parole d’Ennahda. Zied Ladhari assure que le parti islamiste aurait ainsi 70 députés contre 80 pour Nida Tounes. Ce lundi midi, le réseau d'observation Mourakiboune avait déjà confirmé la tendance, avec les chiffres suivants : environ 37% de voix pour Nida Tounes, et 28% pour Ennahda.
Béji Caïd Essebsi: «Je pense que c'est établi»27/10/2014 - par France 24Écouter
L’heure est donc au bilan pour Ennahda, qui avait pourtant remporté les précédentes élections en 2011, mais qui semble aujourd'hui pâtir de l'usure du pouvoir. Ce lundi, au siège du mouvement à Tunis, les militants dépités ont tenu des débats houleux. 
Comme attendu, aucun parti n’aura en tout cas la majorité absolue. Le vainqueur devra donc faire des alliances. Avant le scrutin, un accord entre Nida Tounes et Ennahda n'était pas exclu. Du côté de Ennahda, Zied Ladhari l'a de nouveau confirmé lundi soir : son parti défend l'idée d'un gouvernement d'union nationale, option la plus appropriée selon lui pour cette phase de transition que vit le pays.
Le vainqueur des élections envisage-t-il de répondre à cette main tendue ? Interrogé à deux reprises par France 24 sur ce point, Béji Caïd Essebsi reste prudent : « Il est prématuré de penser à cela, parce que nous estimons que l'opération électorale est double ; il y a les élections pour les législatives, et la présidentielle. C'est après la fin de la deuxième phase que nous saurons dans quelle direction nous allons opérer. »
Béji Caïd Essebsi sur la question d'un gouvernement d'union national28/10/2014Écouter
Et de préciser : « Nida Tounes a toujours affirmé que même s'il obtenait la majorité absolue à lui seul, il ne gouvernerait pas tout seul, mais rechercherait un consensus avec d'autres sensibilités politiques. » Y a-t-il une alternative à Ennahda ? Le parti pourrait se tourner vers les alliés destouriens, qui se revendiquent de l'héritage de Bourguiba, prédécesseur de Ben Ali.
Selon les tendances disponibles, indépendamment les uns des autres, les partis secondaires en lice dans ce scrutin seraient loin derrière. Le troisième de l'élection aurait à peine plus de 4% ; il s’agirait de l’Union patriotique libre (UPL) du milliardaire controversé Slim Riahi. Quant à Ettakatol et le CPR, les alliés d’Ennahda dans la coalition, qui avait pris le pouvoir en 2011,  ils semblent complètement à la traîne.
Prochain enjeu désormais : la présidentielle du 23 novembre. 
Ennahda n'a pas présenté de candidat. Il appuiera une personnalité dite de consensus. Les dirigeants vont désormais en discuter.
Pour Sophie Bessis, historienne tunisienne et chercheuse associé à l'IRIS (Institut des Relations Internationales et Stragétiques, à Paris), sur place à Tunis, la défaite d'Ennahda était attendue mais ouvre un rapport de forces intéressant entre les partis pour les négociations en vue d'alliance et ce résultat révèle la réussite globale de ce scrutin qui permet un résultat d'emblée clair et sans irrégularités majeure entâchant le scrutin.

L'INVITÉ SOIR DE RFI
Sophie Bessis, historienne tunisienne, chercheuse associée à l'IRIS27/10/2014 - par Mélissa ChemamÉcouter
 



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27/10/2014

NIGERIA : Un Rapport de HRW sur les violences de Boko Haram montre l'ampleur des traumatismes des victimes

NIGERIA BOKO HARAM ENLÈVEMENTS 

Pour HRW, le Nigeria ne soutient pas assez les victimes de Boko Haram

mediaUne marche pour demander la libération des jeunes filles enlevées par Boko Haram à Chibok.REUTERS/Afolabi Sotunde
Human Rights Watch publie un rapport documenté par des entretiens avec des victimes de Boko Haram et dénonce les réponses faibles et inadéquates des autorités nigérianes. Le rapport a été mené par Mausi Segun, basée pour l'organisation à Abuja et une équipe envoyée sur place.
Le texte de 63 pages est intitulé « Ces semaines terribles dans leur camp : Les violences de Boko Haram contre les femmes dans le nord-est du Nigeria », et repose sur des entretiens auprès de 46 victimes et témoins de ces violences, rencontrés dans les Etats de Borno, de Yobe et d'Adamawa. Les chercheurs d'HRW ont également interrogé des travailleurs sociaux, des diplomates, membres d'ONG locales et des journalistes pour mieux comprendre la situation des victimes.
S'il est un fait indéniable, c'est que les violences de Boko Haram contre des civils dans le nord du Nigeria se sont multipliées depuis un an et demi. Les femmes, en particulier les jeunes filles, sont les plus touchées. Le groupe a tué plus de 7 000 personnes et enlevé 500 femmes et filles depuis 2009. Des rapts de plus en plus nombreux depuis mai 2013, date de la mise en place de l'état d'urgence dans les trois Etats du Nord par le gouvernement fédéral.
Dans ce rapport de HRW, les victimes témoignent : après leur libération et les violences subies, elles ne reçoivent pas les soins nécessaires, ni sur le plan médical, ni sur le plan psychologique, ni même d'aide pour retourner à l'école après ce traumatisme, dans ces communautés rurales du nord du Nigeria où les infrastructures étatiques sont cruellement insuffisantes.
De plus, les témoignages révèlent les réponses inadéquates des forces de l'ordre en cas d'alerte, avant ou après des attaques de membres de Boko Haram, et donc un manque criant de confiance dans les forces de sécurité parmi les habitants et les victimes.
L'une d'entre elles raconte avoir été enlevée avec cinq autres jeunes filles et avoir été emmenée dans la forêt de Sambisa, dans l'Etat du Borno, pendant deux jours. Elle précise qu'elles et les autres jeunes filles ont réussi à s'échapper après avoir affirmé être musulmanes et promis de ne jamais retourner à l'école. Depuis, elle craint en effet d'y retourner, comme de nombreuses jeunes filles de sa région. Comme elle, la plupart des victimes restent traumatisées et honteuses.
« Les autorités doivent obtenir la confiance des populations »
En revanche, le rapport met en évidence les abus des militaires en représailles contre les villages d'où viennent les membres de Boko Haram : pillages, maisons brûlées, agressions, exécutions extra-judiciaires.
Pour Mausi Segun, les autorités doivent élargir leurs options de réponse : « Le Nigeria se repose trop sur l'option militaire, estime-t-elle. Le gouvernement et les forces de sécurité n'ont pas réussi à rassurer les communautés et les sécuriser. Beaucoup de gens que nous avons interrogés se plaignent des services de sécurité, notamment quand ils doivent aller rapporter une attaque. Ils les préviennent et n'ont pas de réponse. Cela ne permet pas de construire une confiance avec les habitants. On ne voit même pas de volonté de coopérer avec l'armée. Par contre, les membres de Boko Haram sont immergés au sein de ces populations. Leurs camps se trouvent dans leurs localités. La situation exige que les autorités obtiennent la confiance des habitants pour créer une stratégie qui aidera à protéger plus de gens des violences, particulièrement dans les zones rurales où la plupart des attaques ont eu lieu ».
Enfin, selon Daniel Bekele, le directeur Afrique de HRW, le drame de l'enlèvement de plus de 270 filles à Chibok a suscité une mobilisation qui reste unique par rapport aux autres localités touchées par ses violences. L'organisation recommande non seulement un meilleur soutien aux victimes qui bénéficieraient de protections et soins, mais aussi une démarche judiciaire pour mettre fin à l'impunité.
Le rapport de HRW montre que malheureusement toutes ces filles ou femmes qui ont pour certaines réussi à échapper à Boko Haram, se retrouvent seules face à leur détresse (...). Les autorités semblent dans le déni par rapport à la gravité des exactions commises par Boko Haram.
Jean-Marie FardeauPorte-parole de Human Rights Watch27/10/2014 - par Mélissa ChemamÉcouter



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Link to the whole report in English: http://features.hrw.org/features/HRW_2014_report/Those_Terrible_Weeks_in_Their_Camp/index.html






Ebola : l'UNICEF renouvelle son appel aux fonds et parle de bataille mondiale



Plus d’une semaine après le lancement de sa campagne « Ensemble stoppons Ebola », l’UNICEF France alerte sur la nécessité de rester mobilisés face à l’ampleur de l’épidémie et des besoins financiers qui restent non pourvus. 

Seulement 100 000 euros ont pu être collectés par l’UNICEF en France, ce qui reste bien en dessous de l’objectif de 2 millions d’euros. Au niveau mondiale, 40 millions de dollars ont été collectés.

Sur le terrain, les équipes de l’UNICEF – 400 personnes mobilisées - sont présentes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, à l'instar de Laurent Duvillier, porte-parole de l'organisation pour l'Afrique de l'Ouest, actuellement à Monrovia.

Il insiste pour rappeler que le combat doit être global pour une épidémie qui menace toute l'Afrique occidentale mais aussi le reste du monde.

A réécouter sur Rfi.fr : http://www.rfi.fr/rfi_news/
dans les éditions Afrique de 4h30 et 8h30.



26/10/2014

TUNISIE : problèmes lors des scrutins en France


Tunisie: deuxièmes législatives de l’après-Ben Ali

mediaDes partisans d'Ennahda, le parti islamiste, à Tunis vendredi soir, dernier jour de campagne.REUTERS/Anis Mili
Si en Tunisie même, les irrégularités semblent avoir été marginales, en France, de nombreux Tunisiens appelés à voter ont fait part d'irrégularités et de manquements dans l'organisation du scrutin. Certains affirment que jusqu'à 40% des électeurs auraient ainsi été empêché de voter, encore pus en Italie... 
180 000 électeurs tunisiens étaient appelés aux urnes en France depuis vendredi.

Mélissa Chemam pour RFI

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Alia, Tunisienne vivant en France, devait voter à Paris. Deux jours avant, elle apprend par courrier que son bureau sera désormais celui de Boulogne.
Comme elle, beaucoup de ses amis ont vécu cette déconvenue, certains dont les bureaux ont finalement été déplacés à plusieurs dizaines de kilomètres voir en Tunisie!

Les plaintes de ce type se sont aussi largement fait entendre sur les réseaux sociaux.

Selon des électeurs qui s'exprimaient sur Twitter, des bureaux de vote n'ont par exemple jamais ouvert. Selon l'Instance régionale indépendante des Elections Tunisiennes en France, citée par l'agence de presse turque Anadolu, les bureaux de Laval, Brest et Lorient ont par exemple été déplacé à la dernière minute à Rennes... celui du Havre à Rouen, ou encore celui de Beauvais à Creil. Elle n'a pas justifié encore ces problèmes d'organisation.

Selon d'autres sources à Vernon, en Normandie, des votants ont été avertis au dernier moment du changement de leur bureau de vote, beaucoup sont donc partis voté bureau initialement prévu puis en sont revenus sans voter à regret.

A Toulouse, une candidate rapportait vers 14h sur Twitter que l'opération de vote avait dû être suspendue à cause de mécontents empêchant l'accès au bureau de vote du consulat.

A Asnières, en région parisienne, le président du bureau a rapporté que plusieurs personnes n'ont pas trouvé leur nom sur les listes une fois arrivés au bureau de vote.

Ces Tunisiens espèrent à présent que ces dysfonctionnements seront reconnus par les Instances régionales Indépendantes des Elections Tunisiennes, responsables de l'organisation du scrutin.