07/04/2015

France : vers plus de surveillance?


Communiqué de l'ONG Human Rights Watch


France : Un projet de loi ouvrirait la voie vers une société de la surveillance 


Ce texte bafoue des obligations relatives aux droits humains et servirait de modèle préjudiciable pour d’autres pays 


(Paris, le 7 avril 2015) – Un projet de loi conférant de vastes pouvoirs de surveillance électronique contrevient aux engagements internationaux de la France relatifs aux droits humains, a affirmé aujourd'hui Human Rights Watch. Le texte, qui a déjà obtenu l'approbation de la commission des lois de l'Assemblée nationale, risquerait de servir de modèle extrêmement néfaste pour d'autres pays, et devrait être reconsidéré et révisé, au lieu de faire l’objet d’un examen accéléré par le parlement. 

Le projet de loi relatif au renseignement, qui était prévu avant même les attentats contre Charlie Hebdo et un supermarché Hyper Cacher, doit être examiné en séance plénière à l'Assemblée nationale à partir du 13 avril, dans le cadre d'une procédure législative accélérée qui exclut une seconde lecture. Parmi les défauts de ce texte figurent les pouvoirs considérables accordés au Premier ministre pour autoriser la surveillance, sur des motifs qui dépassent largement ceux reconnus par le droit international des droits humains ; le manque de contrôle judiciaire effectif ; l'obligation pour les fournisseurs de services privés de contrôler et d'analyser les données des utilisateurs, et de dénoncer les comportements suspects ; les longues périodes de conservation de certaines des données collectées ; et le manque de transparence vis-à-vis du public.

« Bien que l'objectif du projet de loi soit de raccrocher les pratiques de surveillance de la France au cadre du droit, c'est en réalité une extension massive des pouvoirs en matière de surveillance qui se drape dans le voile de la loi, » selon Dinah PoKempner, directrice juridique chez Human Rights Watch. « La France se doit de faire mieux que ça, surtout si elle veut se distancier des pratiques de surveillance de masse abusives et secrètes des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui suscitent tant de contestations juridiques. »

Le projet de loi consacre en préambule le respect de la vie privée ainsi que le principe selon lequel toute forme d'entrave à ce droit n'est légitime que si elle est nécessaire et proportionnée. Pourtant, ce point de départ positif est rapidement mis à mal par une liste extensive de sept « intérêts publics » qui peuvent justifier la surveillance, parmi lesquelles « les intérêts économiques et scientifiques essentiels » de la France, la « politique étrangère » et l'« exécution des engagements […] internationaux ».

Contrairement à la protection de la sûreté nationale et de la sécurité publique, de tels intérêts ne sont pas reconnus aux termes du droit international des droits humains comme motifs valables pour porter atteinte aux droits fondamentaux, et peuvent de plus être interprétés de façon très large pour justifier toutes sortes de contrôle de données.

« L'exemple du droit américain montre comment des normes vagues peuvent facilement finir par justifier une surveillance de masse », selon Dinah PoKempner. « La très large portée de ce projet de loi contredit radicalement les obligations de la France aux termes du droit international des droits humains, et  pourrait servir à légitimer légalement un État de surveillance. » 

Le texte inclut l'obligation pour les opérateurs d’installer des dispositifs secrets, non spécifiés et fournis par l’État, pour analyser les comportements suspects – par exemple des visites sur des sites web faisant l'apologie du terrorisme, ou des contacts avec des personnes faisant l'objet d'une enquête. Cette obligation pourrait potentiellement s'appliquer à un nombre pratiquement illimité de critères, selon Human Rights Watch.

Cette disposition, dont la Commission de réflexion et de propositions sur le numérique de l’Assemblée nationale avait suggéré la suppression, mais qui a été conservée par la Commission des lois, suscite déjà des inquiétudes. La France pourrait forcer des entreprises privées à opérer comme analystes de sécurité de substitution pour l’État, avec des conséquences qui pourraient être désastreuses sur les fonctionnalités en ligne et la sécurité des informations, ainsi que sur la confiance des consommateurs et les droits fondamentaux tels que l'accès à l'information et la liberté d'expression et d'association.  Les entreprises devront garder confidentielles leurs activités au nom du gouvernement, ce qui réduirait encore davantage la transparence.

Human Rights Watch a rappelé que de nombreux chercheurs, journalistes, universitaires, avocats et acteurs humanitaires visitent des sites web qui font l'apologie du terrorisme, et échangent avec des personnes liées à des crimes, pour mieux comprendre ces exactions et lutter contre elles.

« L'ensemble des activités d'organisations indépendantes devrait-il ainsi faire l'objet d'un contrôle et d'une suspicion généralisée? » a demandé Dinah PoKempner. « Les gouvernements les plus répressifs pourront remercier la France, qui créée un précédent juridique en forçant les plus grandes entreprises de l'Internet à contrôler non seulement les indices de “terrorisme”, mais aussi les indices d'une dissidence tout juste naissante, ou même d'une pensée indépendante. » 

Le projet de loi confère entière discrétion au Premier ministre, pour appliquer ces pouvoirs de surveillance. Il est censé consulter au préalable un nouvel organe consultatif, la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement, mais n'est pas obligé de suivre son avis. Et même cette étape de consultation peut disparaître au profit d'une surveillance en temps réel, quand il existe « un risque très élevé » de ne pouvoir exercer cette surveillance a posteriori.  

Le projet de loi n'impose aucune obligation de contrôle judiciaire sur les mesures de surveillance avant leur mise en application, à moins qu'une majorité de neuf membres nommés à la commission ne soient en désaccord avec la décision du Premier ministre. Dans ces cas, très rares, la question devra être renvoyée pour examen devant le Conseil d’État, la plus haute cour de justice administrative française.  

Au contraire, un seul membre de la commission suffit pour approuver une mesure, et si la commission ne s'exprime pas au cours d'une brève période dédiée à son examen critique, qui dure 24 à 72 heures, la mesure peut prendre effet. Si la commission devra faire des rapports publics, ceux-ci ne présenteront guère que le nombre de fois où elle aura été sollicitée, aura rendu un avis défavorable au recours aux techniques de surveillance, et le nombre de fois où le Premier ministre sera néanmoins passé outre. 

« Au final, la commission n'a pour ainsi dire aucun moyen de remplir sa fonction protectrice », a affirmé Dinah PoKempner.

Le public continuera à ignorer le nombre de gens faisant l'objet d'un contrôle, le type de cibles autorisé et la nature de celles-ci, les motifs justifiant ce contrôle, le moment où la surveillance a lieu et la façon dont elle s'exerce, les types de matériaux collectés et conservés, ou encore le nombre de fois où le gouvernement passe outre la procédure pour raison d'urgence, a déclaré Human Rights Watch.

« Il est difficile de voir comment les personnes visées – que ce soit directement ou en raison d'associations dont elles ne sont pas conscientes, de l'endroit où elles sont, ou d'autres raisons – pourront savoir qu'elles ont fait l'objet d'un contrôle, et contester ces actes devant le Conseil d’État », a souligné Dinah PoKempner.

Deux autres aspects du projet de loi sont inquiétants. Une fois approuvées, les mesures de surveillance – y compris grâce au piratage ou des logiciels malveillants – pourront être prolongées indéfiniment, sans contrôle judiciaire ni signalement à la personne qui en fait l'objet. Les données obtenues grâce à cette surveillance pourront, dans certains cas, être conservées cinq ans, voir même indéfiniment. 

De nombreux amendements ont été proposés, dont certains apporteraient des améliorations, tandis que d'autres pourraient encore exacerber les inadéquations entre le texte et le droit des droits humains, selon Human Rights Watch.

« Peu après les attentats du 11 septembre 2001, l'administration Bush a fait passer en force le Patriot Act, consacrant des pouvoirs que peu avaient compris, sans vrai débat ni examen juridique, » a conclu Dinah PoKempner. « Le Premier ministre Manuel Valls prétend que le projet de loi français n'a rien à voir avec le Patriot Act, mais autoriser une surveillance d'une telle portée nécessite une réflexion approfondie, plutôt qu'un passage précipité au Parlement. »


06/04/2015

Glorious! Live version of "Glory Box" - Massive Attack joins Portishead


The hours after midnight are the most glorious, the hours after 1am the most permissive, the time for things with no time...

Digging sounds. Finding pearls.



Glory Box - Massive Attack y Portishead /

Massive Attack & Portishead - Improvisation & Glory Box









Massive Attack & Portishead 
fund raising concert for the Tsunami Crisis in Asia @ the Bristol Academy
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"Alleyways and hallways. I love you always"...
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Lyrics

Yeah I seen ya go down to a cold mirror 

it was never clearer in my era so 
material 
to shine upon your forehead or 
check it by the signs 
the faces in the corridor 
you used to guide me the club maze 
and now we struggle through the dub daze 
you used to guide me the club maze 
and now we struggle through the dub daze 
alleyways and hallways 
you grab me always 
through the alleyways and hallways 
i love ya always 
its how you go down to the men room sink 
its how we talk of how mad men think 
its how you go down to the men room sink 
its how we talk of how mad men think 
i sink myself in hair upon my lover 
i don't know her from another Miss 
I sink myself in hair upon my lover 
I don't know or think that I'd be missed 
From alleyways and hallways 
I love you always 
Yeah, through alleyways and hallways 
I love you always 
I crawl in through 
Alleyways and hallways 
I love you always 
Yeah I crawl in through 
Alleyways and hallways 
I love you always 
I love you all ways! 


05/04/2015

Kenya: Trying to help making more sense out of the recent chaos



 As readers and followers of this blog may know, Kenya is very dear to my heart. First, I started this blog while in Kenya, reporting from Kenya and on the whole of East Africa. As a French-speaker, coming from France, I could only notice while there how much is written and thought through in English and very little in French about this complex and fascinating region of the world.

Then, for all the complex effects of the freelance journalist's hazards, I had to come back to Europe, to be based in Europe to earn a living, and started to go back regularly in the region and then to follow the evolution of its politics from Europe.

The recent developments, especially since the Westgate Attack in Nairobi in September 2013 make me realise how little knowledgeable Europeans remain about East Africa, and also how I was willing to go in Nairobi - and beyond - again.

Before I am able to do this, I want to share here some articles and analysis bringing more comprehension...

Here are a few links and quotes, obviously in English, that can help understand.

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Why Kenya matters
15 Jan 2015|




Extract:

"2014 was a bad year for all three but Kenya faced the most complex range of challenges. Its political, ethnic and economic fault-lines were exacerbated by attacks by the Somalia-based Islamist extremist group al-Shabaab, a never-ending refugee crisis (the second largest in Africa) and an indictment of its President, Uhuru Kenyatta, by the International Criminal Court for crimes against humanity (the case was finally dropped in December after three years)".

(...)

"For most of its history since independence in 1963, Kenya was Africa for much of the outside world, at least the Africa it wanted to see: of preternatural landscapes and wildlife, of vibrant, liberal-minded people, of social harmony. Then came the disputed 2007 election. The widespread communal violence which erupted in its aftermath eviscerated the Kenya of our popular imagination".

(...)

"Kenya’s not now an oasis of political stability but nor has it ever been. The distribution of land and wealth has always been a source of tension amongst its myriad ethnic groups. Injustices suffered by one or another have been used as political fodder by the country’s powerful elite since independence. That isn’t unique in African politics. People just thought Kenya was different.

Kenya is different. It’s the economic powerhouse of East Africa, boasting the region’s strongest international trade and investment links, and serving as its transport, logistics, tourism, banking and services hub. Though millions of its citizens remain stuck in crushing poverty, Kenya jumped to ‘middle income’ status after the latest rebasing of its GDP. Its private sector, which has evolved under relatively market-friendly policies, is arguably the most dynamic in Africa and its economy is amongst the most diversified".

(...)

"Kenya is trying to deepen global understanding of that security context and the tough choices facing the government. I hope it succeeds. What happens in Kenya matters—and not just to Africa".


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How to make sense of the #GarissaAttack in Kenya (you may want to switch off television news)

April 4, 2015
http://africasacountry.com/how-to-make-sense-of-the-garissaattack-in-kenya/
To make sense of the attack by Al Shabaab on Garissa University near Kenya’s border with Somalia (official count of fatalities are 148others say closer to 200), you may want to switch off television news. Especially since CNN is moving Nairobi to Nigeria and Tanzania to Uganda. Crucial will be how these attacks will be framed in the next few hours and especially how the Kenyan state will respond (already they’ve blamed the judiciary and in the past they’ve round up Somalis despite little evidence). Equally important is public opinion. So, like we did at the time of the attack by Al Shabaab on the Westgate Mall in Kenya’s capital Nairobi, we’ve compiled a bunch of links, including some twitter accounts, we suggest you read or follow.
Poet Shailja Patel‘s “The Road to Garissa” on The New Inquiry.
Criminologist Mwenda Kailendia in The Guardian, “Kenya attacks: Brute force isn’t enough to beat the terrorists
Karen Rothmeyer in The Nation: “Horrifying blowback in Kenya.”
Novelist Abdi Latif Ega’s “What’s it like to be Somali in Kenya
International Relations scholar Stig Jarle Hansen,”Al-Shabaab is failing in Somalia, but Kenya’s chaotic response could keep it alive” on The Conversation.
Harry Misiko, “How Kenya made itself vulnerable to terror,” on the Washington Post’s WorldViews blog.
Political science graduate student Ken Opalo on his blog about “Five Things About Al-Shabaab and the Somalia Question.”
This documentary made 2 years ago by Al Jazeera reporter Mohammed Adow (you would recognize him his recent reporting on Nigeria’s general election) about Garissa, which also happens to be his hometown. The film, which is very personal, also gives a good history of state violence in Kenya’s North Eastern Province, where Garissa is located. The North Eastern Province is  “the country’s third-largest region, borders Somalia and is exclusively inhabited by ethnic Somalis.”

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On "The Road to Garissa":

http://thenewinquiry.com/essays/the-road-to-garissa/

1962
"Somali northeast votes to join Somalia: ”Kenyan-Somalis’ sore relations with the government of Kenya have a rich history. Carved out of Somalia by the British, the arid northern region was neglected by both colonial and post-colonial administrations. Born out of this history of marginalization, Kenyan-Somalis identify more with their ethnic group in Somalia than with the rest of Kenyans.

“In a 1962 referendum, residents voted overwhelmingly to join Somalia. But Kenya refused to accept the results, hampering Mogadishu’s plans to form “Greater Somalia” by annexing all Somali-populated areas in the region, including Djibouti and Ethiopia’s Ogaden state.” "

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THE GARISSA MASSACRE SHOWS US IT IS TIME TO ABANDON THE WAR ON TERROR



http://digitaldjeli.com/2015/the-garissa-massacre-shows-us-all-it-is-time-to-abandon-the-war-on-terror/


"A continuation of the highly discredited, top-down, ‘War-on-Terror’ approach will only exacerbate these problems and needs to be replaced by a more nuanced, locally-based, non-sectarian understanding.
A new approach needs to reconstruct the relations of information production so that citizens are both protected and seen as allies and not the ‘bandits’ of the past.
In this framing of the story through the war-on-terror lens, instant experts, politicised government approaches to radicalisation and foreign and local media all collude to play the role of town crier. The war-on-terror is good for business and it boosts careers too.
The genie is half-way out of the bottle in Africa, a second, potentially marginalised generation is in the wings and only a radical change of approach now stands any chance of putting it back in any constructive form".

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Feel free to share some more. Thanks for your attention.



Next stop: Clifton / Hotwells - and insight into the work of Abigail McDougall



 I like the sound of the name "Hotwells". It makes me think of a place by the water, and there's nothing I love as much as places by the water...

Discovering this painter based in Bristol, I'd like to show a few of her paintings here, inspired by the Hotwells area and the Harbour:



Hotwells with Cabot Tower 
Copyright: Abigail McDougall



Hotwells in Blue
Copyright: Abigail McDougall



I'll be in Clifton soon, and want to walk along the River Avon in Hotwells, searching for its spirit and its art galleries... 






Abigail's Clinfton in the Winter...
Copyright: Abigail McDougall



I'll See Clifton in the spring :)

And Stokes Croft, Jamaica Street, Bedminster, Broadmeads...
See you soon Bristol.


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More about Abigail McDougall's painting:
http://www.abigailmcdougall.com/


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My soundtrack:


PJ Harvey - from Yeovil, Somerset, South West England - "Down By The Water"



Massive Attack - from Bristol (is it even worth mentioning?) - "Future Proof", Live:




04/04/2015

Next shows: Let's meet in Bristol


 There's a theatre near my new place in Clifton... 


Redgrave Theatre



Welcome to the Redgrave Theatre - Bristol's third largest Theatre


Read more at http://www.cliftoncollege.com/upper/redgrave-theatre/#Bx0R8q0srKiTSM0I.99




The Western Opera Players present 
Me And My Girl

Wednesday 22nd – Saturday 25th April
7.30pm
Saturday Matinee at 2.00pm
Tickets 
Wednesday to Friday at 7.30pm £13 
Saturday Matinee at 2.00pm - £12 
Saturday evening at 6.30pm - £13
Me And My Girl








Read more at http://www.cliftoncollege.com/upper/redgrave-theatre/whats-on/#j63e8e5KgAEhdVJH.99
Read more at http://www.cliftoncollege.com/upper/redgrave-theatre/whats-on/#j63e8e5KgAEhdVJH.99







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And Seun Kuti, Fela's youngest son, is coming to Bristol next 

month: 


Legendary African musician Fela Kuti’s youngest son “has handled his father’s esteemed Afrobeat legacy with aplomb” (The Guardian), heading up his old band, Egypt 80, over the course of three albums. The latest, A Long Way to the Beginning, finds Seun “turning in a high-energy, danceable Afrobeat/jazz/funk fusion” (Pop Matters). “These tracks are for dancing,” says NPR. “If you’re not moving, something may well be wrong.”






This is a standing show

Venue: The Lantern
Time: 20:00
Date: Fri 8 May 2015
Price: £19.50 incl. booking fee



Watch: 


Seun Kuti & Egypt 80 - Black Woman at Glastonbury 2014


https://www.youtube.com/watch?v=EkWwEY-se4o




A Long Way To The Beginning

[EP]


  • Seun Kuti & Egypt 80
  • Audio CD

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More soon.



KENYA - Garissa : Dernières infos sécuritaires et humanitaires




media
Des étudiants sont évacués de l'université du campus de l'université de Garissa, en proie à une prise d'otages qui sera suivie d'un massacre, le 2 avril 2015.Mandatory credit REUTERS/Citizen TV via Reuters


Au lendemain de l’attaque de Garissa, le ministre kényan de l'Intérieur a promis que le Kenya ne se laissera pas "intimider par les terroristes". Le président somalien a aussi appelé à s'unir contre la violence terroriste.
L'attaque et prise d’otage à l'université de Garissa dans l’est du pays menée par les islamistes somaliens shebab a fait 148 morts et 79 blessé parmi les étudiants. L’heure est à présent à la mobilisation et à l'enquête. 

Mes dernières infos : 


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Les premiers corps de victimes sont arrivés dans l'après-midi à Nairobi, d'autres en début de soirée. 

Le ministre kényan de l'Intérieur Joseph Nkaissery s'est exprimé devant la presse à Nairobi à son retour de Garissa, et a précisé que 142 étudiants ont été tués jeudi au cours des presque 16 heures d'attaque et de siège, ainsi que trois policiers et trois militaires. Il a confirmé que quatre terroristes ont été tués durant l'opération pour libérer les étudiants retenus en otages et a ajouté que "tous les corps ont été retirés des lieux et transférés à Nairobi".

L'université de Garissa accueillait selon les autorités 815 étudiants, venus des quatre coins du pays, dont une grande partie vivait dans la résidence universitaire prise d'assaut par les assaillants.

Ce matin, il s’était exprimé devant des journalistes à Garissa, promettant que "le gouvernement kényan ne se laissera pas intimider par les terroristes qui ont choisi de tuer des innocents ».

Une dizaine de bus ont été mis en place pour transporter les étudiants survivants traumatisés vers leurs villes d'origine, ainsi que 4 hélicoptères. 

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a également déclaré ce matin que la Somalie et le Kenya doivent renforcer leur coopération sécuritaire, en présentant ses condoléances aux Kenyans.

Sur l'attaque même, on sait désormais que les assaillants s'exprimaient en swahili, et ont tiré froidement sur des étudiants dès le début de l'assaut. 

Ils ont invoqué comme raison de leur lutte l'implication des soldats kenyans au sein de l'AMISOM luttant contre les shebabs en Somalie .

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Le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, avait désigné jeudi Mohamed Kuno, un ancien professeur de Garissa, comme commanditaire de la prise d'otage, offrant une récompense de 20 mio de schillings pour son arrestation (env. 200.000 euros). En sait-on plus sur lui? 

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Il a été désigné dès jeudi après-midi par les autorités kenyans comme le cerveau de l'attaque.

Mohamed Kuno ou Mohamed Mohamud selon les médias est aussi désigné par plusieurs surnoms, des noms de guerre donné au sein du groupe islamiste : dont  
Dulyadin et Gamadhere, repris largement par la presse kenyane depuis vendredi.  Dulyandin qui veut dire "ambidextre en langue somali.

Il est d'ethnie somali et de nationalité kenyane comme de nombreux habitants de la région de Garissa, proche de la frontière somalienne.

 Cet homme est en fuite depuis décembre 2014.

Il avait déjà été identifié comme commandant shebab lors d'une attaque dans la ville de Mandera l'an dernier, dans la même région.
On sait qu'il a été enseignant dans une madrassa de Garissa, un lycée d'enseignement islamique jusqu'en 2007 et qu'il avait rejoint les islamistes des tribunaux islamiques, probablement en 2007/8 - organisation politique somalienne dont sont issus les shebabs. 

Selon les autorités kenyanes, il aurait réussi à fuir en Somalie.

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24 heures après la prise d'otage, l'ambiance reste très lourde à Garissa où les mouvements se font rares. Sur place, un médecin venu du camp de Dadaab à quelques dizaines de kilomètres commente la situation : le docteur Bashir Abdiweli est arrivé sur place hier après-midi et constate que la situation reste tendue alors que les secours organisent toujours le départ de nombreux étudiants non originaires de la ville.

Le Docteur Bashir Abdiweli, que j'ai joint cet après-midi :

"Aujourd'hui, les boutiques sont restées fermées. Quelques unes ont ouvert le matin mais les commerçants ont vite fermé donc dans l'après midi, les mouvements étaient vraiment rares. Il ne se passe presque rien et la situation est désormais calme. 
Ces dernières 24 heures ont été horribles et chaotiques. 
Bien sûr, nous avons reçu des dizaines de blessés.
Sur les lieux de l'attaque, nous avons en effet trouvé de nombreux corps ce matin et même plus tard dans la journée certains s'y trouvaient encore et étaient amenés progressivement à l'hôpital.
Aujourd'hui nous sommes également intervenus près de la piste d'atterrissage dans la base militaire de Garissa pour aider certains étudiants blessés qui y ont été envoyés. Certains sont malades; d'autres sont surtout traumatisés. Aujourd'hui nous avons vu au moins 74 survivants là-bas.
Et les autorités kenyanes s'organisaient pour leurs déplacements et pour les faire sortir de la ville - pour ceux qui ne sont pas de la région : des bus ont commencé à les faire sortir de la ville".


Il connaît bien la région et commente les défis pour le personnel médicale après une attaque d'une telle ampleur dans une ville sous-équipée médicalement.

Le Docteur Bashir Abdiweli :

"Dans une situation aussi inattendue, les défis sont nombreux en matières de réponse médicale, notamment en ce qui concernent les fournitures. Et avec le type de blessures constatées l'hôpital est mal préparé en terme de matériel. Mais la réaction a été la meilleure possible, de nombreux acteurs sont sur place qui ont fourni un effort à la fois humain et médical. 
Il y avait tellement de blessés dès hier que nous avons reçu une demande pour intervenir de la part du Ministère kenyan de la Santé appelant à du renfort. Nous avons réussi à rejoindre Garissa hier après-midi. 
Et nous sommes venus aider le personnel médical de l'hôpital de Garissa, pour aider à soigner les blessés.
Le plus difficiles est de trier les patients qui peuvent être soignés sur place puis rentrer chez eux et ceux qui doivent être traités plus en profondeur ou plus longuement.
Nous apportons aussi un soutien en matière chirurgical et pour les soins  post-opératoires".



03/04/2015

Le Kenya en deuil et doute après l'attaque de Garissa


Mes dernières infos :


Au lendemain de l’attaque de Garissa, le ministre kényan de l'Intérieur a promis que le Kenya ne se laissera pas "intimider par les terroristes". Le président somalien a aussi appelé à s'unir contre la violence terroriste.
L'attaque et prise d’otage à l'université de Garissa dans l’est du pays menée par les islamistes somaliens shebab a fait 147 morts et 79 blessé parmi les étudiants.
Après des heures d’incertitude, le drame s’est terminé par un assaut final des forces de l’ordre déployées en masse dans la ville.
L’heure est à présent à la mobilisation contre le terrorisme et aux condamnations unanimes, au sein de la classe politique kenyane tout comme dans les pays partenaires du Kenya.

Melissa Chemam

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mediaUn militaire kényan devant l’université de Garissa, où une attaque des shebabs somaliens à fait presque 150 morts, le 2 avril 2015.AFP PHOTO / CARL DE SOUZA


 Le ministre kényan de l'Intérieur Joseph Nkaissery s’est exprimé ce matin devant des journalistes à Garissa, promettant que "le gouvernement kényan ne se laissera pas intimider par les terroristes qui ont choisi de tuer des innocents pour humilier le gouvernement ».
   
Le gouvernement se dit déterminé à combattre les terroristes et confiant dans la capacité du pays à "gagner cette guerre contre (ses) ennemis".

Selon les équipes de secouristes et des forces de sécurité encore présents sur place, des corps étaient toujours éparpillés ce matin sur le campus. Les secours sont encore en train de les collecter et les forces de l’ordre vérifient que les lieux ne présentaient plus de danger.

Le ministre de l'Intérieur a précisé qu’elles continuaient de "nettoyer l'université pour s'assurer que les étudiants pouvaient revenir en toute sécurité récupérer leurs documents et autres affaires personnelles".

Dix bus ont été mis en place pour transporter les étudiants survivants traumatisés vers leurs villes d'origine, ainsi que 4 hélicoptères. Garissa accueillant des étudiants de tout le pays.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a également déclaré ce matin que la Somalie et le Kenya doivent renforcer leur coopération sécuritaire, en présentant ses condoléances aux Kenyans.

Sur l'attaque même, on sait désormais que les assaillants s'exprimaient en swahili, et ont tiré froidement sur des étudiants dès le début de l'assaut.

Ils ont invoqué l'implication des soldats kenyans au sein de l'AMISOM luttant contre les shebabs en Somalie comme raison de leur lutte.



Les forces de l'ordre recherche maintenant les coupables...

Le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, avait désigné hier Mohamed Kuno, un ancien professeur de Garissa, comme commanditaire de la prise d'otage, offrant une récompense de 20 mio de schillings pour son arrestation (env. 200.000 euros).

 Cet homme est en fuite depuis décembre 2014.
Il avait déjà été identifié comme commandant shebab lors d'une attaque dans la ville de Mandera l'an dernier, dans la même région.
On sait qu'il a été enseignant dans un lycée de Garissa  et qu'il avait rejoint les islamistes des tribunaux islamiques, probablement en 2007/8 dont sont issus les shebabs.

Les shebab somaliens désormais affilié à al-Qaïda ont attaqué hier à l'aube l'université de Garissa, affirmant séparer les étudiants musulmans des non musulmans.


Rappel des faits

50 étudiants ont ainsi été libérés dès le début de la prise d’otage, pendant que d’autres étaient abattus ou retenu en otage.

L'université de Garissa compte plus de 800 étudiants, dont plusieurs centaines hébergés sur ce campus. Ils ont été réveillés par les islamistes hier matin vers 5h30 heure locale. Et c’est la premier fois que les shebabs s’en prennent ainsi à des étudiants, même s’ils visent depuis plus d’un an de plus en plus les civils.

A la fin de la journée, quatre assaillants ont fait sauter les ceintures d'explosifs qu'ils portaient.

Cette tuerie devient ainsi la plus meurtrière au Kenya depuis l'attentat contre l'ambassade américaine de Nairobi perpétrée en 1998 par Al-Qaïda, qui avait fait 213 morts.