04/04/2015

KENYA - Garissa : Dernières infos sécuritaires et humanitaires




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Des étudiants sont évacués de l'université du campus de l'université de Garissa, en proie à une prise d'otages qui sera suivie d'un massacre, le 2 avril 2015.Mandatory credit REUTERS/Citizen TV via Reuters


Au lendemain de l’attaque de Garissa, le ministre kényan de l'Intérieur a promis que le Kenya ne se laissera pas "intimider par les terroristes". Le président somalien a aussi appelé à s'unir contre la violence terroriste.
L'attaque et prise d’otage à l'université de Garissa dans l’est du pays menée par les islamistes somaliens shebab a fait 148 morts et 79 blessé parmi les étudiants. L’heure est à présent à la mobilisation et à l'enquête. 

Mes dernières infos : 


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Les premiers corps de victimes sont arrivés dans l'après-midi à Nairobi, d'autres en début de soirée. 

Le ministre kényan de l'Intérieur Joseph Nkaissery s'est exprimé devant la presse à Nairobi à son retour de Garissa, et a précisé que 142 étudiants ont été tués jeudi au cours des presque 16 heures d'attaque et de siège, ainsi que trois policiers et trois militaires. Il a confirmé que quatre terroristes ont été tués durant l'opération pour libérer les étudiants retenus en otages et a ajouté que "tous les corps ont été retirés des lieux et transférés à Nairobi".

L'université de Garissa accueillait selon les autorités 815 étudiants, venus des quatre coins du pays, dont une grande partie vivait dans la résidence universitaire prise d'assaut par les assaillants.

Ce matin, il s’était exprimé devant des journalistes à Garissa, promettant que "le gouvernement kényan ne se laissera pas intimider par les terroristes qui ont choisi de tuer des innocents ».

Une dizaine de bus ont été mis en place pour transporter les étudiants survivants traumatisés vers leurs villes d'origine, ainsi que 4 hélicoptères. 

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a également déclaré ce matin que la Somalie et le Kenya doivent renforcer leur coopération sécuritaire, en présentant ses condoléances aux Kenyans.

Sur l'attaque même, on sait désormais que les assaillants s'exprimaient en swahili, et ont tiré froidement sur des étudiants dès le début de l'assaut. 

Ils ont invoqué comme raison de leur lutte l'implication des soldats kenyans au sein de l'AMISOM luttant contre les shebabs en Somalie .

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Le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, avait désigné jeudi Mohamed Kuno, un ancien professeur de Garissa, comme commanditaire de la prise d'otage, offrant une récompense de 20 mio de schillings pour son arrestation (env. 200.000 euros). En sait-on plus sur lui? 

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Il a été désigné dès jeudi après-midi par les autorités kenyans comme le cerveau de l'attaque.

Mohamed Kuno ou Mohamed Mohamud selon les médias est aussi désigné par plusieurs surnoms, des noms de guerre donné au sein du groupe islamiste : dont  
Dulyadin et Gamadhere, repris largement par la presse kenyane depuis vendredi.  Dulyandin qui veut dire "ambidextre en langue somali.

Il est d'ethnie somali et de nationalité kenyane comme de nombreux habitants de la région de Garissa, proche de la frontière somalienne.

 Cet homme est en fuite depuis décembre 2014.

Il avait déjà été identifié comme commandant shebab lors d'une attaque dans la ville de Mandera l'an dernier, dans la même région.
On sait qu'il a été enseignant dans une madrassa de Garissa, un lycée d'enseignement islamique jusqu'en 2007 et qu'il avait rejoint les islamistes des tribunaux islamiques, probablement en 2007/8 - organisation politique somalienne dont sont issus les shebabs. 

Selon les autorités kenyanes, il aurait réussi à fuir en Somalie.

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24 heures après la prise d'otage, l'ambiance reste très lourde à Garissa où les mouvements se font rares. Sur place, un médecin venu du camp de Dadaab à quelques dizaines de kilomètres commente la situation : le docteur Bashir Abdiweli est arrivé sur place hier après-midi et constate que la situation reste tendue alors que les secours organisent toujours le départ de nombreux étudiants non originaires de la ville.

Le Docteur Bashir Abdiweli, que j'ai joint cet après-midi :

"Aujourd'hui, les boutiques sont restées fermées. Quelques unes ont ouvert le matin mais les commerçants ont vite fermé donc dans l'après midi, les mouvements étaient vraiment rares. Il ne se passe presque rien et la situation est désormais calme. 
Ces dernières 24 heures ont été horribles et chaotiques. 
Bien sûr, nous avons reçu des dizaines de blessés.
Sur les lieux de l'attaque, nous avons en effet trouvé de nombreux corps ce matin et même plus tard dans la journée certains s'y trouvaient encore et étaient amenés progressivement à l'hôpital.
Aujourd'hui nous sommes également intervenus près de la piste d'atterrissage dans la base militaire de Garissa pour aider certains étudiants blessés qui y ont été envoyés. Certains sont malades; d'autres sont surtout traumatisés. Aujourd'hui nous avons vu au moins 74 survivants là-bas.
Et les autorités kenyanes s'organisaient pour leurs déplacements et pour les faire sortir de la ville - pour ceux qui ne sont pas de la région : des bus ont commencé à les faire sortir de la ville".


Il connaît bien la région et commente les défis pour le personnel médicale après une attaque d'une telle ampleur dans une ville sous-équipée médicalement.

Le Docteur Bashir Abdiweli :

"Dans une situation aussi inattendue, les défis sont nombreux en matières de réponse médicale, notamment en ce qui concernent les fournitures. Et avec le type de blessures constatées l'hôpital est mal préparé en terme de matériel. Mais la réaction a été la meilleure possible, de nombreux acteurs sont sur place qui ont fourni un effort à la fois humain et médical. 
Il y avait tellement de blessés dès hier que nous avons reçu une demande pour intervenir de la part du Ministère kenyan de la Santé appelant à du renfort. Nous avons réussi à rejoindre Garissa hier après-midi. 
Et nous sommes venus aider le personnel médical de l'hôpital de Garissa, pour aider à soigner les blessés.
Le plus difficiles est de trier les patients qui peuvent être soignés sur place puis rentrer chez eux et ceux qui doivent être traités plus en profondeur ou plus longuement.
Nous apportons aussi un soutien en matière chirurgical et pour les soins  post-opératoires".



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