22/06/2015

"John Lee Hooker" - Terry Callier





"John Lee Hooker" - 

Robert Del Naja

(feat. Terry Callier)






From Terry Callier's album Hidden Conversations

Bristol inspiration - watercolours


 Bristol did inspire me a lot as followers of this blog may have seen. I've met wonderful artists in the beautiful and wholehearted city and now all I want is to be the best of myself in return.

My last week there, early June, I had the opportunity to spend time at the Other Art Fair - Bristol, where the painters and artists I met and interviewed were in an other dimension compared to who I met in dozens of FIACs in Paris and Frieze Art Fair in London. Warm, sharing ideas, having time to talk about their work and the art world in general, they were a true inspiration!

See my previous post for details:

http://melissa-on-the-road.blogspot.fr/2015/06/insights-into-other-art-fair-bristol.html

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Today I painted my first watercolours thanks to the beautiful memories of paintings from Emma Davis and Abigail McDougall, and also inspired by my friend Anne Cazaubon (see http://www.annecazaubonart.com/).


And it was enough to make me very happy...




 Une prairie :





Mosquée Bleue :





Tiken Jah Fakoly rend hommage au reggae : "Is It Because I'm Black?" With Ken Boothe



Tiken Jah Fakoly - "Is It Because I'm Black?"

feat. Ken Boothe






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Lien : https://www.youtube.com/watch?v=uyFzSsMrqgE

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Voici aussi un extrait d'un article de Télérama sur son prochain album :


http://www.telerama.fr/musique/regardez-un-premier-clip-extrait-du-nouveau-disque-de-tiken-jah-fakoly,128228.php

 En septembre prochain, Tiken Jah Fakoly publiera
Racines, un album hommage à l’âge d’or du reggae jamaïcain. Un disque exclusivement composé de standards de Bob Marley, Buju Banton, Burning Spear, Peter Tosh… réarrangés « à l’africaine ». Quelques figures légendaires – et tutélaires – ont pris part à l’enregistrement, croisant leur voix avec celle du chanteur ivoirien. Parmi eux, Ken Boothe, alias Mr Rocksteady, interprète d’exception, cinquante ans de carrière au compteur. Ensemble, ils reprennent Is it Because I’m Black ?l’une des premières (et magnifique) chansons soul sur l’identité afro-américaine, écrite en 1968 par Syl Johnson, soul-bluesman du Mississippi. 
Un choix évident pour Tiken Jah Fakoly. Et pas seulement parce que Ken Boothe en enregistra une version reggae cuivrée en 1974 : « C’est une chanson sur les préjugés qui parle pour moi et pour tous les Noirs victimes du racisme à travers le monde. Elle aurait du servir de bande-son à tous les reportages télévisés sur les émeutes raciales de Ferguson et de Baltimore. »
Ken Boothe ne connaissait pas Tiken Jah Fakoly. Ils se sont rencontrés à Kingston quelques jours avant l’enregistrement au studio Tuff Gong de Bob Marley. En deux prises l’affaire était pliée. Ne restait plus qu’à greffer sur le duo vocal les instruments traditionnels africains qui donnent une couleur inédite à cette intemporelle complainte.
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Plus de détails bientôt! 

21/06/2015

Public Image Ltd. - 'Poptones'



"I can't forget the impression you made
You left a hole in the back of my head"

Public Image Ltd. - 'Poptones' 







https://youtu.be/IQtO6R4qkg0 



16/06/2015

LE POP GROUP, en un article. En tournée en Grande-Bretagne


Ravie, ravie d'avoir pu parler longuement à Mark Stewart du Pop Group lors de mon dernier séjour à Bristol dont le groupe est originaire!

Mon dernier article pour Toute la Culture :

http://toutelaculture.com/musique/pop-rock/le-pop-group-legende-du-post-punk-de-bristol-revient-et-debarque-a-paris/

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Le groupe devait jouer à Paris samedi 20 juin, mais pour des raisons logistiques, le concert a été annulé et sera reporté à septembre.

En attendant le Pop Group sera à Bristol le 26 juin, à l'Exchange de Paul Horlick, et au Festival de Glastonbury le 27 juin.





LE POP GROUP, LÉGENDE DU POST PUNK DE BRISTOL, REVIENT SUR SCene


15 juin 2015 Par Melissa Chemam



Avec un album sorti en février, Citizen Zombie, le Pop Group revient avec un son toujours aussi percutant que sur son dernier, Where There’s A Will… sorti en 1980 ! Ces pionniers du post punk britannique n’ont pourtant pas disparu pendant tout ce temps, et ont surtout inspiré tous les musiciens de Bristol pendant les décennies qui les ont suivi. Le groupe est en tournée et passe par Paris le 20 juin au Social Club. Retour sur le parcours d’une musique qui a marqué les esprits.



Il fut un temps où Mark Stewart, le leader du Pop Group, était le colocataire de Tricky à Bristol, à la fin des années 1980s, c’est même avec lui que le musicien de génie à découvert l’une de ses chanteuses de prédilection, la sublime et ultra talentueuse Martina Topley Bird. Mais il n’a pas influencé que Tricky à Bristol, tout le monde le connaît, et il a partagé de nombreux soirs les platines avec Daddy G, ou Grant Marshall, l’un des DJ les plus connus de Bristol, alors membre du collectif The Wild Bunch et depuis de Massive Attack.

Le Pop Group, à l’origine des débuts musicaux de Bristol
Mark Stewart a fondé le Pop Group en 1977 avec le guitariste et multi instrumentiste Gareth Sager, le batteur Bruce Smith, et les bassistes Dan Catsis, John Waddington et Simon Underwood. Les deux derniers ont depuis quitté le groupe. « Bristol est une petite ville », raconte Mark que j’ai joint lors du passage en concert à Londres. « La plupart des musiciens qui travaillent encore dans la ville sont des amis de longues dates, nous avons fait nos armes dans les mêmes clubs. Nous avons gardé contact. Moi, depuis les années 1981/82 et la fin du Pop Group, j’ai eu des projets solo, j’ai croisé Björk, Nine Inch Nails, Massive Attack ».
Et tous lui disent régulièrement que la musique du Pop Group a été une inspiration pour eux, son énergie, ses paroles radicales, son héritage punk. Et c’est ainsi que récemment est venue l’idée de ressortir certains morceaux. Mais les membres du groupe décident qu’il est important de produire de nouveaux titres. « Je vivais à Berlin à cette époque et en 2010 le festival All Tomorrow’s Party avait choisi le réalisateur de la série américaine The Simpson, Matt Groening, comme curateur. Il a voulu inviter aussi bien Iggy Pop que moi et nous a demandé de reformer nos groupes ! Ce fut une véritable explosion volcanique ! ».

Une rébellion libératrice menée depuis les années Thatcher
L’expression convient bien à Mark Stewart. Doté d’une énergie sans borne, d’un talent d’orateur, d’un humour très West Country, et d’une voix puissante, il a toujours cru dans le pouvoir débridé de la musique, dans son caractère libérateur et rebelle. « Sans le mouvement punk, des gens comme moi auraient passé leur vie dans une usine », insiste Mark Stewart.
Les membres de son groupe et ses collaborateurs ont en effet fait leurs armes dans la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher, aux heures noires de la récession, « et cette musique nous a donné une confiance folle », ajoute-t-il, « le punk fut une véritable révolution, une sorte de ‘prise de la Bastille’ culturelle, qui nous a permis d’ouvrir les frontières de notre créativité, de remettre en question l’essentiel, aussi bien la politique que nos relations personnelles. Les Clash, les Sex Pistols, le slogan ‘No Future’, ils étaient brillants et avaient une colère qui devenait une énergie positive ». Le Pop Group, tout comme ses idoles punk avant lui, s’engage alors politiquement, dans ses paroles mais aussi dans ses concerts, inspiré par série de live nommée Rock Against Racism, lancée en 1976 par plusieurs groupes punk.

Citizen Zombie
Pour leur dernier album, le groupe a voulu un titre qui reflète leurs opinions. « Citizen Zombie est une déclaration sur notre civilisation à un tournant technologique, où les citoyens sont désormais plus enfermés dans leur cage digitale que libérés par les nouvelles technologies », explique Mark. « Et nous souffrons tous de la distraction constante qu’est devenue l’obsession de la consommation. Je vis mon travail de compositeur comme celui d’un journaliste, pour moi il est important de regarder le monde en face et de s’interroger pour aider les autres à faire de même ». Le dernier clip pour le titre ‘Mad Truth’, réalisé par l’actrice et réalisatrice italienne Asia Argento, témoigne de cette énergie.
L’album, « Citizen Zombie » est de ce point de vue un des meilleurs du groupe. Même énergie, même son post punk, mais contemporain, enduit de paroles coup de point comme dans le titre ‘Nations’, sur nos nations modernes et ses citoyens, concluant : ‘We’re all addicted to something / Money / Sex / Television / Paranoia / Notoriety’. « Nous sommes tous dépendant à quelque chose… ». Et il s’agit de s’en libérer, en musique !
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Le clip d’Asia Argento:


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14/06/2015

Conflict Armament Reaseach's report show Sudanese arms spread in South Sudan and further


 My latest report for Rfi English:

Sudanese arms spread in East Africa

A town in Jonglei State after fightings.
Jonglei State, South Sudan
UN/Isaac Billy
A town in Jonglei State after fightings.

By Melissa Chemam

Sudan has been supplying weapons to South Sudanese rebels, according to a report by Conflict Armament Research (CAR) released earlier this month. Meanwhile, in northern Kenya, Sudanese guns have been found among pastoralists.

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link to the audio:
http://www.english.rfi.fr/africa/20150614-sudanese-arms-spread-east-africa

Arms from Sudan in east Africa


More
  14/06/2015 by Melissa Chemam
 
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 While Sudan has been the main source of arms and ammunitions in east Africa for decades, the latest report from the Conflict Armament Research Group may add to concerns in the region.
Dossier: Independence for South Sudan
It shows that weapons and ammunition captured by pro-government forces from opposition forces in Jonglei state late last year had come from neighbouring Sudan.

For Claudio Gramizzi, the group's main expert, the report proves the weapons are falling in the hands of south Sudanese rebels. But they also end up further away, in northern Kenya, for instance, and in the Central African Republic.

In Northern Kenya Turkana North MP Christopher Nakuleu claimed this week that a flow of guns are coming into the country from South Sudan, most of them of made in Sudan. The arms have been used by different tribes in pastoralists' groups, fueling more violence in a dry, poor region.

It is unclear whether Khartoum is deliberately supplying rebels. But for Roland Marchal, French senior researcher on central and east Africa, there will be no end to the trade without a political solution to the conflict.

The surge of Sudanese arms in east and central Africa might therefore worsen the weak political response to the ongoing conflict in South Sudan, with the looming danger of increasingly affecting the entire region.

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13/06/2015

Music & Politics: The Pop Group - 'Nations'




The Pop Group - 'Nations'





Face to face with a very ugly transgressive leisure
Enough poverty is not only obscene but nausea-inducing
This evolved into the shit-on-the-wall blanket protests
And much worshipped horror tropes of their fore bearers / split personalities
Decades of deceptions /
American gods/infringe/or go beyond/the boundaries of a moral principle
The taboo diseased
Long before any of these things became famous
You better believe it
Scandalocity
Twisted logic
Hell is empty
Occluded from the delusions of time
The mirror of this text
Denial of service attack
The real madness
Deranged victims of gruesome consumerism
Conveniently blamed on your psychotic other half
Maybe nothing surprises us anymore?
Maybe nothing is sacred?
The disappointed voyeur
More suburban numbness
More existential boredom
The zombification of society
Is often the implication of society
The cross contamination
Of invisible positives
Predate fascination
Defiant
Dark
The other
Wholesale lies
Out of the shadows
Barbarians at the gates
Transgress the 21st century
Robbed of its vividness
Multiples auto bots
Physically non-violent forms
What brand of truth is yours?
No new freedom
Trash-aesthetics
Choose a fucking big television
Choose a starter home
Choose your friends
Choose leisurewear and fucking matching luggage
Nations of couch potatoes
Chained to their TV screens
In the ultimate gameshow
‘Welcome to the rain’
Crash, slash, become possible
Exchange strange currencies
Processed world
Your lifestyle is on trial
Project Phoenix
Remote viewing
Montauk boys
This message will self-destruct in ten seconds
Crash palace
Pay the rent - boy
Trash mansion morality invented
The transgression of internally invented ideals
The raging illnesses of our age
Transgress or act against the system
Power cut
Each is a resignation
Vote apathy
No disruption of the status quo
Critical mass is a syntactic distinction
A maddening cut up of historical reason
Or aggravated desensitization
Of other devices
Choice
Sin
Paralysis
Of synthetic diminished pleasures
The addiction doesn’t
But the addiction is
Part of the ride
We’re all addicted to something
Money
Sex
Television
Paranoia
Notoriety
Corporate crime
I was contextualised in relation to these things

This message will self-destruct in ten seconds


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'NATIONS' is taken from album Citizen Zombie, released in February of 2015 gaining widespread praise, including album of the week slots in both the Independent and Scotsman, as well as ‘album of the day’ at BBC 6Music.

Produced by the much-acclaimed Paul Epworth, a long-time fan of The Pop Group, the 11-track album features original members Mark Stewart (lyrics / vocals), Gareth Sager (guitar) Dan Catsis (bass), and Bruce Smith (drums).


Digital: 
iTunes: http://geni.us/ThePopGroupCZombie
Amazon: http://geni.us/PopGroupCZombieAMZ
Bleep: https://bleep.com/release/56598-the-p...

Physical:
Amazon: http://geni.us/PopGroupCZombieAMZ 
Rough Trade: http://www.roughtrade.com/albums/90108

“Never less than compelling” 4/5 Q

“Lament for broken dreams and haunted dancefloors” 4/5 Mojo

“A glorious monstrosity of industrial dub and panicky pop” 18/20 Crack

“It’s heartening to know they’re still out there” 4/5 ‘Album Of The Week’ Independent

“Citizen Zombie exists to be played loud and liberating” 4/5 ‘Album Of The Week’ Scotsman

“This thing sounds massive, front to back. The defiant and inventive British band meets the modern era head-on” NPR.org

“They paved the way for Fugazi's politicized dissonance, Massive Attack and Nine Inch Nails' larger-than-life soundscapes, and the dancefloor-friendly art-rock moves of contemporary bands like Yeah Yeah Yeahs and Liars.” Rollingstone.com 2014

LIVE DATES

Feb 22nd Newcastle UK – BBC6 Music Festival (SOLD OUT)
Feb 23rd London UK – Rough Trade East 
Mar 1st Tokyo JP – Liquid Rooms (SOLD OUT)
Mar 5th Adelaide AUS – Adelaide Festival
Mar 6th Sydney AUS – The Factory Theatre
Mar 7th Melbourne AUS – The Corner Hotel
Mar 10th Los Angeles CA – Echoplex
Mar 11th San Francisco CA – Great American Music Hall
Mar 12th Seattle WA – Neumos Crystal Ball Reading Room
Mar 13th Chicago IL – Levitation Festival, Thalia Hall
Mar 14th Toronto ON – Lee’s Palace
Mar 16th Brooklyn NY – Rough Trade
Mar 17th New York NY – Bowery Ballroom
Mar 19th – 22nd Austin TX - SXSW

May 5th – Brighton UK – The Haunt
May 6th – Norwich UK – Arts Centre
May 8th – London UK – The Dome, Tufnell Park
May 9th – Sheffield UK – Plug
May 10th – Glasgow UK – CCA Arts Centre
May 11th – Liverpool UK – The Kazimier
May 16th – Aaurhus DK – Pop Revo Festival
May 29th – Aalst BEL – Netwerk Centre
May 30th – Porto PRT – Serralves Festival
June 12th – Birmingham UK – Supersonic Festival
June 19th – Hilvarenbeek NL – Best Kept Secret Festival
June 20th – Paris, FR – Social Club
June 21st – Ramsgate UK – Ramsgate Music Hall
June 26th – Bristol UK – Exchange
June 27-29 – Glastonbury UK – Glastonbury Festival

http://www.thepopgroup.net/

11/06/2015

Jupiter Bokondji et son Okwess International band bientôt à Paris - Portrait pour Toute La Culture



Mon dernier article pour Toute la culture : Kinshasa - Berlin - Bristol - Paris - Londres smile emoticon 

Lien vers le site: http://toutelaculture.com/musique/world-music/jupiter-des-faubourgs-de-kinshasa-aux-sommets-de-hyde-park-allers-retours/




[PORTRAIT] JUPITER, DES FAUBOURGS DE KINSHASA AUX SOMMETS DE HYDE PARK, ALLERS-RETOURS


11 juin 2015 Par Melissa Chemam


A 50 ans, Jupiter est un musicien comblé. Le 15 juin 2015, il partagera la scène du Zénith avec le groupe le plus célèbre du Royaume-Uni, Blur, et cette consécration internationale arrive après un parcours exemplaire mais non sans embûche pour le musicien congolais, né à Kinshasa, et élevé en partie à Berlin où son père était diplomate dans les années 1980. Depuis son retour en République Démocratique du Congo, ce percussionniste et chanteur s’est donné pour mission de faire revivre les centaines de traditions musicales ancestrales des quatre coins du pays, tout en leur apportant des influences glanées au cours de ses voyages plus récents.

Pour en savoir plus sur Jupiter, rendez-vous sur le blog Melissa on the Road.



Jupiter Bokondji voyage à présent avec son Okwess International Band, un groupe comprenant six musiciens, et est en tournée en France et en Europe. Après le 15 juin au Zénith, il sera à Hyde Park à Londres avec Blur dont le chanteur et leader charismatique, Damon Albarn, est devenu son ami à la suite de l’aventure Africa Express que Damon a mise sur pied à partir de 2005. Le projet a pour ambition de réunir sur une même scène des musiciens européens et africains, Damon se passionnant notamment pour les musiques malienne et congolaise. C’est ainsi qu’il a produit les disques d’Amadou et Mariam à Bamako et de Jupiter à Kinshasa.

Des rives du fleuve Congo au Berlin Est de la Guerre froide

Mais si Jupiter doit son succès international au musicien britannique, sa longue carrière a été forgée au prix de ses seuls efforts. Nous nous sommes rencontrés à Paris, à la frontière entre les 18ème et 19ème arrondissement, quelques jours avant le début de sa tournée française. Fin, grand et mystérieux, Jupiter est aussi chaleureux et esthète. Il parle d’une voix profonde, grave, imposante et inoubliable « Ma grand-mère était guérisseuse et je le voyais faire ses cérémonies en musique, elle utilisait les rythme pour guérir les malades ; je pense que j’ai en partie hérité de son don », explique Jupiter pour justifier son talent.
Son père, diplomate, lui a transmis la passion des affaires étrangères, des beaux costumes, de la mission politique, et si les rythmes du Congo ne l’avaient pas rattrapé il serait sûrement devenu bureaucrate. A Berlin, il a découvert la musique moderne occidentale, le rock, le jazz, la musique classique, venus des Etats-Unis et de Grande-Bretagne notamment. Et en rentrant à Kinshasa, il redécouvre les musiques traditionnelles de son pays. Au Zaïre – l’ancien nom de la RD Congo – dans les années 1960, 70 et 80, c’est la rumba congolaise qui règne sur les scènes, mais pour Jupiter, cette musique a fait son temps, et elle a été imposée par les colonisateurs. Lancé dans la musique avec un premier groupe à partir de 1983, à à peine 18 ans, Jean-Pierre, que tout le monde surnomme Jupiter depuis l’enfance du fait de son tempérament de feu, fonde Okwess en 1995 et sa version Internationale en 2003. Entre temps, il doit lutter pour faire exister le groupe, les financements sont inexistants à Kinshasa, les salles de concerts peu nombreuses, les possibilités d’enregistrer extrêmement limitées.

Au Congo, c’est l’Europe qui revient le chercher de nouveau 

Son quotidien change lorsque deux Français, Renaud Barret and Florent de la Tullaye, viennent en 2004 tourner un film à Kin et réalise au final un documentaire sur sa musique : La Danse de Jupiter, sortie en 2006. A partir de 2010, le groupe, désormais plus connu, commence à enregistrer, a recours à des guitares électriques et pas seulement des instruments acoustiques et commence à partir en tournée : au Gabon, d’abord, puis en Europe : Belgique, Portugal, et le festival Back to Black à Londres. Jupiter est invité à rejoindre Africa Express en 2012, après avoir rencontrer Damon Albarn venu à Kinshasa pour enregistrer l’album Kinshasa One Two pour l’ONG Oxfam avec des musiciens anglais et locaux, sous le nom du super groupe DRC Music , sorti en novembre 2011. « Damon, c’est mon pote, on ne s’est pas rencontré par hasard. Lui comme moi aimons apprendre toujours plus de choses, les uns des autres, découvrir, c’est un génie ! ».
Coup sur coup, les mois qui suivent transforment la vie de Jupiter et son groupe : invités au festival WOMAD dans l’ouest de l’Angleterre, ils produisent un premier album qui sort au Royaume-Uni en 2013, Hotel Univers. L’été suivant, ils se produisent sur la scène de Glastonbury, dans la même région, l’un des festivals de musique les plus grands et prestigieux du monde.
Ce qui fait sa force et son succès, Jupiter Bokondji le sait, c’est son message : très politisé, il défend à la fois la culture de son pays, des pays africains, le besoin de démocratisation, un retour aux traditions et le droit à la modernité, tout en osant des textes forts et sans demi-mesure. Son superbe morceau intitulé sobrement ‘Congo’ a été ainsi choisi par le fondateur de Massive Attack, 3D, lui-même très engagé, pour son ‘’side project’’ intitulé Battlebox, en octobre 2013. Il y chante notamment « nos ancêtres étaient des esclaves, on les fouettait trois fois par jour mais ils bouffaient trois par jour (…) Cinquante ans plus tard, les Congolais bouffent une fois par jour (…) Est-ce qu’on est indépendant ou dépendant ? Ca dépend, l’histoire nous jugera ».
Depuis Jupiter et Okwess International ont produit un deuxième album, sur lequel Damon Albarn va enregistrer une partie de l’instrumentation au clavier. Il devrait sortir l’an prochain.
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Jupiter et Okwess International seront au Zénith le 15 juin prochain et le 20 juin à Hyde Park à Londres en première partie de Blur, le 26 juin au Point Ephémère, puis en tournée en Europe dont une date au Festival Roskilde au Danemark le 4 juillet avec Africa Express.