Journalist at RFI (ex-DW, BBC, CBC, F24...), writer (on art, music, culture...), I work in radio, podcasting, online, on films.
As a writer, I also contributed to the New Arab, Art UK, Byline Times, the i Paper...
Born in Paris, I was based in Prague, Miami, London, Nairobi (covering East Africa), Bangui, and in Bristol, UK. I also reported from Italy, Germany, Haiti, Tunisia, Liberia, Senegal, India, Mexico, Iraq, South Africa...
This blog is to share my work, news and cultural discoveries.
Starring Tony Benn, John le Carré, Jesse Jackson, Richard Branson, Damon Albarn, Patrick Tyler, David Blunkett, John Rees, Joan Blades, Mark Rylance, Jeremy Corbyn, Peter Osborne, Chris Nienham, Clare Short, Philippe Sands, Colleen Kelly, Tariq Ali & Tim Goodrich
Director: Amir Amirani
Running Time: 110 minutes
Certificate: 12A - contains moderate injury detail and partially obscured strong language
Country: UK
Format: 2D
DIRECTOR AMIR AMIRANI AND EXECUTIVE PRODUCER OMID DJALILI WILL PARTICIPATE IN A POST-SCREENING Q&A
"A work of beautiful rage." ★★★★ - Simon Crook, Empire
"Rousing and moving, it’s a film that should be seen by the many." ★★★★ - Andrew Collins, Radio Times
On February 15th, 2003, up to 30 million people, many of whom had never demonstrated before in their lives, came out in nearly 800 cities around the world to protest against the impending Iraq War. The New York Times called this movement the “Second Superpower”.
How did this day come about? Who organized it? And was it, as many people claimed, a total failure?
This fearless, thought-provoking documentary is the remarkable inside story behind the first ever global demonstration, and its surprising and unreported legacy. The film features testimony from a unique cast of direct participants, including organizers, activists, high-profile figures, and of course the public, filmed in seven countries – Italy, Spain, Egypt, Sweden, Australia, UK, and the USA.
Extraordinary testimony from activists in Egypt reveals how on the eve of the invasion of Iraq, the global anti-war protests inspired those in Tahrir Square to go on to engage in the massive democratic movement that ultimately led to the Arab Spring. In the UK, the government was defeated over the proposed invasion of Syria, a historic event that might not have transpired without the legacy of those demonstrations a decade ago.
« AMÁLIA, LES VOIX DU FADO » : POUR L’AMOUR D’UNE REINE
Il y a 15 ans disparaissait Amália Rodrigues, née le 23 juillet 1920 à Lisbonne, surnommée la « Reine du fado » ? C’est elle qui a popularisé ce chant dans le monde, enregistrant plus de 170 disques au cours de sa carrière. Son influence non seulement sur le fado mais aussi sur toute la musique portugaise est considérée comme inégalée. Un disque d’hommage d’une grande ampleur sort ce 10 juillet en version numérique, le 14 août prochain en version physique, initié par le réalisateur français d’origine portugaise Ruben Alves et produit par Universal Music. Reportage à Lisbonne.
Le réalisateur Ruben Alves a vécu le fado plus qu’il ne l’a entendu. Parisien de parents portugais, lors de ses vacances à Lisbonne, le jeune réalisateur de La Cage Dorée a écouté et encore écouté cette musique qui l’a aussi ému et qui ne l’a pas quitté. Et la figure incontournable d’Amália Rodrigues le marque depuis cette enfance.
C’est en rencontrant le producteur Marc Hernandez Monterey que son idée de réaliser un album en hommage à la star du fado, plus de 15 ans après sa disparition, se concrétise. Mais peu aurait pu imaginer mettre en place une telle liste de collaborateurs. Les plus grands chanteurs de la saudade portugaise sont réunis sur le disque Amália, Les Voix du Fado : de sa sœur Celeste Rodrigues, aujourd’hui âgée de 92 ans, incroyable force de vie et de talent, à la jeune Gisela João originaire du nord du Portugal, en passant par les grandioses Ricardo Ribeiro, Carminho, Ana Moura, Camané, António Zambujo, Mayra Andrade et de merveilleux instrumentistes.
Le souvenir omniprésent de la voix d’Amália
Sur la colline d’Alfama, l’un des plus anciens et typiques quartiers de Lisbonne a été dévoilée le 2 juillet une fresque en hommage à la grande chanteuse, réalisée par le graffeur et artiste portugais Vhils (de son vrai nom Alexandre Farto), en présence de Ruben Alves et de plusieurs musiciens ayant participé au projet. L’événement, inauguré par le maire de Lisbonne a surtout été suivi d’un enchanteur concert de présentation de l’album, avec Gisela João, Ricardo Ribeiro et l’impressionnante Celeste Rodrigues.
« Ma sœur me manque bien évidemment mais d’une certaine façon elle reste toujours avec moi, par la musique et par l’amour qu’il y a entre nous », confesse Celeste Rodrigues. « Ce projet est une belle occasion pour moi, pour la célébrer et pour montrer que le fado, s’il semble triste, est tout simplement extrêmement beau, comme la vie ». Toute vêtue de noir, incroyablement élégante, charismatique, Celeste a encore à 90 ans passés une voix d’ange du fado. Elle a commencé sa carrière de fadiste en 1945, six ans après Amália et chante depuis 70 ans.
« Je me souviens très bien du premier jour où j’ai entendu Amália Rodrigues », raconte la joyeuse Gisela Joao. « J’avais 8 ans, je faisais la vaisselle après un repas en famille avec mon père, ma mère et mes six frères et sœurs. Une de ses chansons est passée à la radio et les paroles m’ont serré le cœur : elle y parlait de son sourire, qu’elle se doit d’afficher pour ses proches, même lorsqu’elle ressent de la tristesse au fond d’elle. Cela me semblait tellement profond et très familier ! J’ai commencé à chanter en chœur »…
A 14 ans, puis encore plus à partir de 19 ans, Gisela commence à chanter plus sérieusement, à se produire dans des cafés, même si à l’époque de l’adolescence de la jeune chanteuse, les années 1990, le fado était loin d’être « cool » au Portugal, se rappelle-t-elle. C’est plus récemment que cette musique a repris ses lettres de noblesse et reconquis le cœur des Portugais. Elle est aujourd’hui une véritable institution culturelle, trans-générationnelle.
Cela a été rendu possible notamment parce que les grands chanteurs de fado ont effectué un riche travail de recherche au sein de toutes les influences présentes dans le fado, comme Amália aimait à la souligner. C’est le cas de Ricardo Ribeiro qui ouvre cette musique vers de nouveaux horizons en s’inspirant des rythmes maures, dont la musique a imprégné le Portugal en plusieurs siècles de présence.
Pour son troisième album notamment, Largo de Memória, il a travaillé avec un joueur de luth libanais.
« Pour comprendre et commencer le fado, il faut d’abord apprendre des prédécesseurs cependant », insiste Ricardo. Et comme pour de nombreux interprètes de ce style musical, Amália a toujours été sa référence. « Mais le fado est un pur produit de la culture portugaise, qui elle-même, je le dis toujours, est un héritage situé entre les cultures romaine et arabe, avec une grande influence mauresque ». Et c’est ce qui fait sa richesse.
Une musique de l’âme, aux influences très riches, mais née des bas-fonds
Au Musée du Fado de Lisbonne, c’est par des instruments, illustrations et documents qu’est raconté comment le fado est né dans le cœur de Lisbonne, entre les chants de prostituées qui se produisaient pour les marins de retour du Brésil ou d’Angola. La passion chevillée au corps, le fado reflète à la fois la nostalgie du pays des voyageurs sur les routes et celles des esclaves transportés par les riches commerçants et transporteurs portugais depuis le XIVème siècle d’Afrique vers les colonies américaines. Il serait né en Amérique latine d’un syncrétisme entre les traditions musicales portugaises, jouées à la guitare notamment, et le fado danse, un héritage afro-américain formé chez les descendants d’esclaves. Au XXème siècle, le fado triomphe à Lisbonne comme la musique reflétant l’âme de la ville.
« Au Portugal, le fado a longtemps été intouchable de ce fait », explique Ruben Alves, « le fait que notre projet soit venu de France a aidé à dépasser les interdits et à réunir d’aussi grands artistes ». Il y a aujourd’hui plusieurs fados et il est difficile de définir strictement cette musique, mais pour tous ces artistes, « il reste l’expression d’un peuple », comme le dit Ruben. « Le fado, c’est la vie, le destin. Il y a donc un fado triste, reflétant la saudade, la mélancolie, mais aussi des fados gais, et des fusions notamment avec le flamenco, qu’adorait Amália ». Pour Ruben, « le fado reflète la tendance fataliste du peuple portugais et le flamenco la tendance conquérante du peuple espagnol, mais les deux se sont souvent rencontrés ». Et il y retrouve toute l’histoire du Portugal, avec ses influences nord-africaines, brésiliennes, ouest-africains, etc. Il résume un peuple complexe, fier de ses racines et valeurs, au mode de vie languissant à mille lieux de la trépidante mondialisation actuelle. « C’est cela qui fait que le fado est redevenu si populaire même chez les jeunes portugais », conclut Ruben.
Alors, pourquoi se priver d’écouter un tel disque ? Véritable voyage dans la poésie et l’histoire du fado, il offre bien plus qu’un hommage à Amália, il lui donne une seconde vie.
Amalia, les plus grandes voix du Fado, Universal Music, sortie digitale le 10 juillet 2015. Dans les bacs le 14 août 2015.
Visuels : (c)Melissa Chemam (Melissa on the Road)
1. Gisela Joao; Concert en hommage à Amalia, Lisbone, au Portas do Sol, Alfama, 2 juillet 2015
2. Ruben Alves avec la soeur d’Amalia, Celeste Rodrigues
3. Celeste Rodrigues
4 & 5. photos du concert
6-9. vues de Lisbonne
Quelles conséquences pour la stabilité financière de l’Europe si la Grèce sortait de la zone euro ?
L’analyse d’un spécialiste en stabilité financière :
Pour Bertrand Candelon : « Les conséquences les plus inquiétantes à prévoir sont avant tout pour la Grèce qu’elles soient économiques et politiques. Une faillite à des conséquences quotidiennes importantes (il suffit de regarder l'Argentine ou le Zimbabwe). La population grecque souffre et va souffrir encore plus. […]Les marchés ont largement anticipé le « Grexit » par contre ce qui est difficilement prévisible serait une perte totale de confiance, avec un emballement du type 'Lehman Brothers' »
Bertrand Candelon est enseignant chercheur à l’IPAG Business School, spécialiste en stabilité financière, responsable de la Chaire INSTI7 à l'IPAG et consultant pour le FMI.
« Si la Grèce sortait de la zone euro, les conséquences sur la stabilité financières de l’Europe ne seraient pas excessivement importantes. Beaucoup d'études montrent que l'impact en serait même très limité. En effet, depuis 5 ans les institutions financières se sont petit à petit désengagées de la Grèce. La contagion en serait donc limitée.
Les marchés ont largement anticipé le « Grexit » par contre ce qui est difficilement prévisible serait une perte totale de confiance, avec un emballement du type « Lehman Brothers ». De plus, il y aura un énorme travail pour formaliser juridiquement et économiquement les sorties de la zone euro et de l'UE.
Les conséquences les plus inquiétantes à prévoir sont avant tout pour la Grèce qu’elles soient économiques et politiques. Une faillite a des conséquences quotidiennes importantes (il suffit de regarder l'Argentine ou le Zimbabwe). La population souffre et va souffrir encore plus.
L'impact positif d'une sortie de l'Euro sur la compétitivité, si cela devait arriver, ne sera pas immédiat et prendra du temps. La sortie de la Grèce de la zone euro, entrainerait une décrédibilisation du parti politique Syriza, après celui du Pasok et de la nouvelle démocratie.
Les alternatives politiques sont terrifiantes, ce qui va peut-être forcer les autorités européennes à restructurer la dette Grecque. La restructuration pourrait prendre la forme d’une diminution de l’encours de la dette ou un allongement des paiements. »
Retour de deux jours éblouissants au Portugal à la rencontre des plus grands interprète de fado, réunis pour un projet de disque autour de la mémoire de la grande chanteuse Amalia Rodrigues.
Le chanteur Ricardo Ribeiro :
La jeune et impressionnante Gisela Joao:
Projection du film de présentation du disque :
Concert en hommage à Amalia, Lisbone, au Portas do Sol, Alfama, 2 juillet 2015 :
Celeste Rodrigues, plus émouvante que jamais :
Un projet initié et dirigé par l'acteur et réalisateur Ruben Alves, ici avec la soeur d'Amalia, Celeste Rodrigues :
Great news from England's music scene. Robert Del Naja's back with his Battle Box project, remixing this time Noel Gallagher... Unexpected but already announced collaboration :
Massive Attack’s Robert Del Naja aka 3D drops two remixes of ‘The Right Stuff’ on his Battle Box label in conjunction with The Vinyl Factory.
Originally released on Noel Gallagher’s High Flying Birds’ album Chasing Yesterday earlier this year, ‘The Right Stuff’ has been pulled apart and reassembled by Massive Attack’s 3D and Euan Dickinson for two dark reworks of cinematic intensity.
In 3D’s words, “it was a good opportunity to take a great song, slow it right down, remove the guitars and then scratch the clarinet backwards.”
Speaking of the collaboration, Gallagher also hinted that it’s been a long time coming: “I remember being at The Brits in ’95 and D offering to do a Massive Attack re-mix of ‘Cast No Shadow’. The idea was never followed through and it’s something I’ve regretted ever since. It’s nice to finally scratch the itch somewhat.”
Battle Box 004: High Flying Birds In 3D is pressed to 12″ vinyl with artwork by Paul Insect and is limited to 500 copies.
It can be pre-ordered from The Vinyl Factory online shop here ahead of its release on 31st July.
Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution catholique placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées, et Petit Piment en profite pour s’évader avec des jumeaux à la brutalité légendaire, abandonnant ainsi son meilleur ami, qui refuse de le suivre. Il s’adonne alors, avec son clan, à toutes sortes de larcins, jusqu’à ce que les habitants décident de nettoyer leur zone d’action. Petit Piment trouve refuge auprès de Maman Fiat 500 et de ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaîté quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services. Mais le maire de Pointe-Noire décide d’une nouvelle intervention énergique contre la prostitution. C’en est trop. Petit Piment perd la tête. De bonnes âmes cherchent à le soigner (médecine, psychanalyse, magie ou sorcellerie), mais l’apparente maladie mentale ne lui fait pas perdre le nord : il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin.
140 x 205 mm - 288 pages 9782021125092 18.5€
Date de sortie: 20/08/2015
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Alain Mabanckou
Né en 1966 au Congo, Alain Mabanckou est l’auteur de plusieurs romans, dont Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006) pour lequel il a reçu le prix Renaudot. Il partage sa vie entre les États-Unis (où il enseigne la littérature francophone) et la France.
Culturellement, en ce moment, le Congo est partout et surtout le Congo m'appelle... Il me suit. Kinshasa, je sais que tu m'attends...
Pendant ce temps à Paris, se prépare une immense exposition sur l'art contemporain de RDC :
BEAUTÉ CONGO 1926-2015 CONGO KITOKO
11 juillet-15 novembre 2015 Commissaire général André Magnin
Théâtre d’une extraordinaire vitalité culturelle, la République démocratique du Congo est mise à l’honneur dans l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko présentée à la Fondation Cartier pour l’art contemporain avec André Magnin, commissaire général.
La peinture moderne au Congo dans les années 1920 Prenant pour point de départ la naissance de la peinture moderne au Congo dans les années 1920, cette exposition audacieuse retrace près d’un siècle de production artistique congolaise. Si la peinture est au coeur de l’exposition, la musique, la sculpture, la photographie et la bande dessinée y ont aussi leur place et offrent au public l’opportunité unique de découvrir la diversité et la vivacité de la scène artistique de ce pays.
Les artistes précurseurs
Dès la fin des années 1920, alors que le Congo est encore une colonie belge, les artistes « précurseurs » Albert et Antoinette Lubaki et Djilatendo livrent les premières oeuvres sur papier connues, écrivant ainsi les prémices de l’histoire de l’art moderne congolais. Souvent figuratives, parfois abstraites, leurs oeuvres traitent avec poésie de thèmes liés à la nature, à la vie quotidienne, aux fables locales et aux rêves. Après la Seconde Guerre mondiale, le Français Pierre Romain-Desfossés s’installe à Élisabethville et fonde l’Atelier du Hangar. Au sein de cette école de peinture qui restera ouverte jusqu’à la mort de son créateur en 1954, les artistes Bela Sara, Mwenze Kibwanga et Pili Pili Mulongoy apprennent à laisser libre cours à leur imagination et créent, dans des styles propres d’une étonnante inventivité, des oeuvres lumineuses et jubilatoires.
Les artistes populaires
Vingt ans plus tard, l’exposition Art partout présentée à Kinshasa (1978) révèle au grand public de nombreux artistes se proclamant « artistes populaires ». Fascinés par l’environnement urbain et soucieux de la mémoire collective, Chéri Samba, Chéri Chérin et Moke produisent une nouvelle forme de peinture figurative s’inspirant d’événements quotidiens, politiques et sociaux, dans laquelle toute la population se reconnaît. Papa Mfumu’eto a lui aussi exploré la vie quotidienne et les combats ordinaires dans ses créations prolifiques de bande dessinée dont la diffusion a connu un franc succès à Kinshasa dans les années 1990. Un courant que perpétuent aujourd’hui de jeunes artistes connectés à l’actualité mondiale comme J.-P. Mika ou Monsengo Shula.
À partir des années 1980 À partir des années 1980, des sculpteurs inventifs comme Bodys Isek Kingelez et Rigobert Nimi repensent quant à eux la cohésion sociale dans des maquettes architecturales de villes rêvées et utopiques ou d’usines robotisées. L’art est pour eux un vecteur de renouveau individuel qui participe de l’avenir meilleur du collectif.
Au début des années 2000 Au début des années 2000, une nouvelle génération d’artistes s’affranchit des principes de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa. Les membres fondateurs du collectif Eza Possibles, Pathy Tshindele et Kura Shomali, affirment ainsi la vitalité de la création contemporaine et surprennent avec leurs peintures, leurs collages et leur esprit critique.
La photographie Illustrant le dynamisme de la vie à Kinshasa après l’indépendance du Congo, le travail de photographes tels que Jean Depara et Ambroise Ngaimoko du Studio 3Z est également présenté dans l’exposition. Photographe attitré du célèbre musicien Franco, Jean Depara est le reporter de l’extravagance des fêtes et des nuits kinoises dans les années 1950 et 1960. Ambroise Ngaimoko se concentre quant à lui sur le monde de la Sape (la Société des ambianceurs et des personnes élégantes) et du culturisme, et capture l’allure et l’énergie de la jeunesse kinoise dans les années 1970.
La musique, Le jazz, la soul, le rap et la dance music Le dynamisme artistique du Congo tient également beaucoup à l’omniprésence de la musique dans la vie urbaine. L’industrie musicale congolaise s’est développée durant l’âge d’or de la rumba au début des années 1950 mais, si elle a eu une grande influence dans l’Afrique Subsaharienne, cette musique urbaine est presque inconnue sur d’autres continents. Facette essentielle de l’esprit créatif du Congo, elle est tour à tour jazz, soul, rap et dance music populaire, et ponctuera l’exposition en des moments clefs, comme dans un dialogue avec les oeuvres d’art. Les visiteurs seront notamment invités à écouter la sélection musicale de Vincent Kenis (Crammed Discs) compilée en collaboration avec Césarine Boyla : des chansons du grand Franco et de son groupe OK Jazz, la douce voix de Tabu Ley Rochereau, l’émouvant Mbilia Bel, Papa Wemba le sapeur et l’éclectique Trio Madjesi. Le duo présentera également Ndule Ya Kala, son documentaire inédit composé d’une série d’interviews spontanées de figures qui ont joué un rôle direct ou indirect sur la scène musicale de Kinshasa dans les années 1960.
Engagement de la Fondation Cartier envers l’art contemporain Témoignage de l’engagement de la Fondation Cartier envers l’art contemporain africain, Beauté Congo – 1926- 2015 – Congo Kitoko s’inscrit dans la continuité de précédentes expositions de la Fondation ayant accueilli des artistes congolais notamment les expositions individuelles Bodys Isek Kingelez (1999) et J’aime Chéri Samba (2004) ainsi que les expositions collectives Un Art populaire (2001) et Histoires de voir, Show and Tell (2012).
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Entretien avec le commissaire d'exposition, André Magnin :
90 Ans d’art moderne et contemporain au Congo par André Magnin
Cette exposition est le fruit du hasard et de la nécessité. Le hasard des contacts entre des hommes, des Congolais et des Européens, séparés par leurs racines, leur culture, et la nécessité d’en suivre le fil tout au long d’une histoire de quatre-vingt-dix ans pour présenter ce qu’ils ont produit : cette somme d’œuvres magistrales, demeurées inconnues pour la plupart, qui témoignent de l’ardeur artistique du Congo, ignorée jusqu’ici. Plusieurs rencontres ont compté pour que soit visible aujourd’hui ce monument artistique. Protagoniste de la dernière en date, bénéficiaire du savoir et des expériences de celles qui ont précédé, je me dois de rendre compte de leurs circonstances et de l’aventure qui, à leur suite, m’a amené à la découverte des profondeurs de l’art congolais. Je prends ici le rôle du rassembleur, à la fois des œuvres et de leur histoire, sans esquiver la passion personnelle qui me le fait tenir. Henri Michaux disait que « toute une vie ne suffit pas pour désapprendre ce que, naïf, soumis, [nous nous sommes] laissé mettre dans la tête » (Henri Michaux,Poteaux d’angle, Gallimard, Paris, 1981.) Ces mots résument les raisons impérieuses qui m’ont poussé à aller vers les artistes et à « laisser entrer en moi la beauté polyphonique du monde ».
Les expositions Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 20h Nocturne le mardi jusqu’à 22h. Tous les jours à 18h visite guidée de l'exposition avec le billet d'entrée. Dans la limite des places disponibles. Fermeture de la billetterie 30 minutes avant.