29/05/2017

Marseille et son beau Printemps de l’art contemporain


PAC Marseille - mon article pour Toute La Culture:




Printemps de l’art contemporain de Marseille : Au soleil de l’art


Dix ans après son lancement et quatre après Marseille 2013 (Capitale européenne de la culture), le Printemps de l’art contemporain de Marseille réunit 50 organisations – galeries, musées et institutions culturelles, autour de l’association Marseille Expo, créée en 2007. Et les premiers jours de cet événement printanier, lancé le 25 mai et qui se poursuivra jusqu’au 11 juin, révèle un dynamisme sans précédent de la vie artistique marseillaise. Préparez-vous à un périple tout en couleurs.

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Mélissa Chemam
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Thierry Fontaine, au FRAC PACA

Du MuCem à la Friche La Belle de Mai, en passant par les galeristes de la Plaine et le Musée d’art contemporain, le programme du PAC 2017 a de quoi surprendre les spécialistes de l’art contemporain. « Nous avons travaillé guidés par la volonté d’ouvrir Marseille à l’international », expliquait la veille du lancement Pascal Neveux, Directeur du FRAC et Provence-Alpes-Côte d’Azur et Président de Marseille expos. « En effet nous regardons vers l’avenir et en 2018, nous inviterons la scène écossaise dans la région. En 2020, Marseille accueillera la biennale Manifesta. Nous voulons encourager la création en ce sens, au-delà des problèmes du quotidien, notamment financiers ».


Voyages artistiques

Les artistes étrangers ont donc une belle part dans cette neuvième édition, comme le Belge Patrick Van Caeckenbergh, dont les œuvres flamandes et mélancoliques sont accueillies dans l’un des étages du FRAC, aux côtés de l’exposition Principes de réalité - Ludovic Chemarin © et du sublime travail photo-artistique Vers le But, de Thierry Fontaine, artiste originaire de la Réunion qui travaille entre plusieurs continents.

De même, dans les Ateliers d’artistes de la Ville de Marseille, ouverts au public tout au long du PAC, trouve-t-on des artistes chiliens, irlandais ou encore italiens. L’artiste libanaise Lina Jabbour s’est quant à elle vue confier le superbe espace de l’association Vidéochroniques, créée en 1989, désormais relocalisée dans une ancienne menuiserie du Panier, quartier populaire et lumineux de Marseille. Avec ses Variations, Lina interroge des « trames », textiles ou numériques, via des séries de dessins sur papier millimétré ou des gouaches abstraites, intitulées Fenêtres, lignes faites de points de couleurs mêlant rouge, vert et bleu, travaillant le geste de répétition jusqu’à laisser place à de petits « accidents », selon l’artiste, comme une touche de fragilité dans ces océans d’abstraits plus que parfaits…

A la Galerie du 5e, installée depuis cinq ans dans les Galeries Lafayette de Marseille, c’est l’exposition Beautiful Africa qui ouvre grand le regard d’artistes sur le monde. De l’Algérien Toufik Medjamia, désormais installé à Marseille, aux Congolais Sammy Baloji et Eddy Kamuanga Ilunga, en passant par la Suisso-Guinéenne Namsa Leuba et le Malien Adboulaye Konaté, entre autres. Tous apportent à leur façon un dialogue entre des mondes en souffrance, entre passé (souvent colonial) et futur (forcément de plus en plus technologique)…

Le tout offre une représentation moderne d’un melting pot bien typique de la cité phocéenne, mais inattendu dans le monde de l’art provençal.


Marseille capitale


Parallèlement, à la Friche La Belle de Mai, trois grandes expositions présentent des travaux d’artistes français. Avec Viandes Foraines, quatre artistes proposent une réflexion sur le travail et les chaînes de commandement, sur deux niveaux : Laurent Faulon, Delphine Reist, Jean-Baptiste Sauvage et Thomas Teurlai. Tessaract, le film en 3D de Charles Atlas, pionnier de « la danse pour la caméra », qui a travaillé étroitement avec Merce Cunningham, est ensuite projeté dans la salle Panorama. Au cinquième étage est également présentée la parlante exposition des photographies de Marc Lathuillière, L’Anthropologue et le photographe, réalisée en dialogue avec des textes de Marc Augé, atour du thème de l’aliénation ou de la réaction face à notre monde globalisé. 

Plus au nord de la ville, dans les spacieux locaux du lieu de création La Compagnie, très actif dans le travail de tissage de liens sociaux avec les habitants du quartier, sont présentés deux séries de travaux photographiques : ceux du Franco-Colombien Marcos Avila Forero et de la Française basée au Burkina Faso Frédérique Lagny, dans un dialogue intitulé L’histoire n’attend pas.


Déambulations hétéroclites


Parallèlement, le MAC, Musée d’Art Contemporain de Marseille, a mis au point une belle exposition consacrée au Hip-Hop qui met en miroir les scènes new-yorkaise et marseillaise depuis le début des années 1980 à travers des graffiti, photos – notamment du séminal livre de Martha Cooper Subway Art (publié aux Etats-Unis en 1984), installations vidéos et pochettes de disques.

Bien sûr, le PAC ne serait pas le PAC sans un tour des galeristes et maisons de vente de Marseille, de plus en plus nombreuses dans le quartier de La Plaine, mais aussi en centre-ville. Nos préférences vont à la petite galerie d’art brut Polysémie, rue de la Cathédrale dans le deuxième arrondissement, et à la Galerie Gourvennec Ogor, non loin, rue Duverger, qui reçoit ce printemps la troisième exposition monographique du jeune et prolifique Timothée Talard. Mention spéciale pour le travail du groupe de réflexion Paradise, mené par les historiennes de l’art Charlotte Cosson et Emmanuelle Luciani, à la Maison de Vente Leclerc, rue Paradis, qui mettent en parallèle histoire mondiale de l’art et débats contemporains.

La liste des galeries d’art contemporain s’allonge dans tout Marseille et même au-delà en région PACA. Une effervescence à surveiller ! Et le PAC offre encore 15 jours de plongée passionnante dans cet univers.

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Tout le programme : https://pac.marseilleexpos.com/fr/

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Terrasse du MuCem... By myself 

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Et celle du FRAC!



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