21/02/2013

Tunisie : Revue des forces politiques en présence



Al Qarra – Depuis le 6 février, la Tunisie est plongée dans une nouvelle crise politique. L’assassinat de l’opposant de gauche Chokri Belaïd a déclenché, dans la rue et au sein de l’Assemblée nationale constituante, une vague de colère contre le parti au pouvoir Ennahda.
Cet évènement pourrait changer la configuration de la scène politique tunisienne.  Tour d’horizon des forces en présence.
Arrivée en tête des élections du 23 octobre 2011, la faction islamiste Ennahda dirige le gouvernement de transition aux côtés de deux alliés.
Troïka :
Président de l’ANC : Mustapha Ben Jaafar (Ettakatol)Président de la transition : Moncef Marzouki (CPR)Premier ministre : Hamadi Jebali (Ennahda)
A l’issue du scrutin, la Troïka a conclu un accord de coalition : Mustapha Ben Jaafar, du parti Ettakatol, a pris le perchoir et Moncef Marzouki, fondateur du Congrès pour la Républiqué, a été nommé président de la République.
Ce dernier a chargé Hamadi Jebali, secrétaire général d’Ennahda, de former un gouvernement.
Troïka :
Nombre de sièges à l’ANC-   Ennahda : 89-   CPR : 15-   Ettakatol : 13
La faction islamiste dispose de 89 députés sur les 217 que compte l’ANC. Le CPR en compte 15 et Ettakatol 13.
Mais les récents évènements ont provoqué des dissensions entre les trois partis et au sein même d’Ennahda.
Et ce, alors que les prochaines élections doivent avoir lieu avant la fin 2013. Plusieurs dates ont été annoncées, entre juin et octobre.
Les derniers sondages réalisés en Tunisie donnaient le parti islamiste en tête. Mais aujourd’hui, les Tunisiens sont de plus en plus nombreux à exprimer leur défiance face à Ennahda.
Reste à voir qui sera en mesure de faire face à la première force politique du pays.
Le 11 février dernier, cinq partis politiques du centre et de la gauche modérée ont officialisé un front politique et électoral.
L’Union pour la Tunisie regroupe le mouvement Nida Tounès, le Parti Républicain, Al-Joumhouri, la voie démocratique et sociale, Al-Massar, le Parti socialiste dirigé par Mohamed Kilani et le Parti du travail patriotique et démocratique d’Abderrazek Hammami.
Union pour la Tunisie :
-   Nida Tounès-   Al-Joumhouri-   Al-Massar-   Parti socialiste-   Parti du travail patriotique et démocratique
Leur projet politique : la tenue d’un dialogue national sur la situation économique et sociale, l’élaboration d’une Constitution démocratique, la préservation des libertés publiques et individuelles et la garantie du droit syndical.
Fondé le 16 juin 2012 par l’ancien premier ministre Béji Caïd Essebsi, Nida Tounès arrivait récemment en seconde position des sondages, derrière Ennahda.
Autre force politique en présence, le Front populaire pour la réalisation des objectifs de la révolution. Une coalition de douze partis politiques et associations de gauche, nationalistes et écologistes et de nombreux intellectuels indépendants.
Front populaire :
-   Coalition de 12 partis politiques et associations-   Fondation le 7 octobre 2012
Fondé le 7 octobre 2012, ce front se veut une alternative à la Troïka au pouvoir et au parti Nida Tounès. Chokri Belaïd, dirigeant du Mouvement des patriotes démocrates, était membre de cette coalition.
En attendant la tenue des prochaines élections, le Premier ministre Hamadi Jebali souhaite former un gouvernement de technocrates.
Des personnalités sans appartenance politique qui n’auraient pas le droit de se présenter au scrutin.
Mais plusieurs partis, dont la propre faction politique du chef du gouvernement, restent opposés à ce projet.

Théâtre : A TORT OU A RAISON, au théâtre Rive Gauche


Ce vendredi!

A TORT OU A RAISON

À TORT ET À RAISON
À partir de février 2013 à 19h.
Une pièce de Ronald Harwood, traduction française de Dominique Hollier
Avec Jean-Pol DUBOIS, Francis LOMBRAIL, Thomas COUSSEAU, Odile ROIRE, Guillaume BIENVENU et Jeanne CREMER
Mise en scène : Odile ROIRE
Décors : Stéfanie JARRE
Costumes : Sylvie PENSA
Lumières : Jérôme ALMERA
Son : Alexandre LESSERTISSEUR


Théâtre Rive Gauche

6 rue de la Gaîté
75014 Paris


30 premières représentations exceptionnelles « 19h = 19€ » au tarif de 19€ par place.
Berlin, février 1946. En zone américaine, le commandant Steve Arnold attend Wilhelm Furtwängler, le chef d’orchestre favori d’Hitler. Il est chargé de l’interroger. Il a « la question » à laquelle Furtwängler n’a jamais su répondre clairement. Malgré tous les témoignages qui se succèdent et qui innocentent le grand artiste, le commandant Arnold est bien décidé à mettre à jour sa culpabilité, guidé par une voix bien plus forte que les ordres qu’il reçoit.

Ronald Harwood, respectant scrupuleusement la vérité historique nous conduit à travers les contradictions de deux hommes qui au lendemain de la seconde guerre mondiale confrontent leurs convictions sur le sens de l’HUMANITE, la LIBERTE, la JUSTICE .

Un artiste est -il coupable s'il continue à exercer son métier au sein d'une dictature? Vérité et mensonge. Héroïsme et lâcheté. Petits arrangements avec sa conscience, ou réelle conviction? Ignorance réelle ou aveuglement délibéré , la peur , le courage, l'antisémitisme ordinaire, le pouvoir de l'art, l'art et le pouvoir...

Chaque question ouvre sur une question qui ouvre sur une autre puis sur une autre... pour pénétrer au fond du cœur d’un homme qui a dédié sa vie à l’art, envers et contre tout... A torts et à raisons.

Car tous les arguments que Furtwängler avancera pour sa défense sont contestables, si on ignore les intentions profondes qui l’ont fait agir et ne pas agir

Est-il possible, est-il nécessaire de prendre parti ? Le fallait-il alors ? Le faut-il aujourd’hui ?

Tard dans la nuit, toutes ces questions continueront à animer les conversations. Au matin, le spectateur se réveillera peut-être en s’interrogeant lui-même sur ses propres engagements, ses choix, le contexte politique dans lequel il vit et auquel il apporte son assentiment...

Mais pour David et Emmi, les deux jeunes allemands témoins de cet affrontement, rescapés de la guerre, juif et non-juif, il s’agira de construire l’avenir et de retrouver la paix, portés par leur amour pour la musique qui ne peut se séparer malgré tout d’une foi en l’être humain.
 
« Je ne reconnais en aucun homme d’autre signe de supériorité que la bonté, là où je la trouve, là est mon foyer » Ludwig van Beethoven, 17 juillet 1812.

Wilhelm Furtwängler, extraordinaire chef d'orchestre, adulé, inégalé, incontesté, célébré, s’érige comme le chantre de l’humanisme en musique, face à un homme ordinaire, Steve Arnold, qui ne connaît que la logique simple de l'humain à travers les faits qui révèlent l'insoutenable vérité de l’holocauste.

Va t-il faire plier les arguments philosophiques, artistiques et humanistes les plus sophistiqués de l’Artiste planétaire devant qui le monde s'inclinait?

Wilhem Furtwangler - Jean Pol Dubois / Steve Arnold - Francis Lombrail / Helmuth Rode - Thomas Cousseau / Tamara Sachs - Odile Roire / Emmi Straube - Jeanne Cremer / David Wills - Guillaume Bienvenu 
Mise en scène - Odile Roire / Lumieres - Laurent Castaingt
Son - Alexandre Lessertisseur / Costumes - Sylvie Pensa
Traduction Française - Dominique Hollier.


http://www.theatre-rive-gauche.com/theatre_a_tort_et_a_raison.html

14/02/2013

Quote of the day: On Writing



"But let’s get real: writing is not a “fucking great” job. It does not attract happy people, nor does it make its unhappy practitioners any less unhappy". 

"For writers who have found neither inner peace nor boatloads of cash, and certainly not both at once, for those just trying to get health insurance and scrape together some hope for the future, it feels somewhat inaccurate to hear the writing life described as having “everything to recommend it over real work”..."

"We write because we are constantly discontented with almost everything, and need to use words to rearrange it, all of it, and set the record straight."



New Yorker

13/02/2013

Nouvel entretien : Kader Abderrahim sur l’Algérie

Nouvel entretien :

En Algérie, "Lutter contre l’islamisme passe par la démocratisation"




Al QarraDepuis le 16 janvier et l’attaque d’In Amenas, l’Algérie semble de plus en plus menacée par la multiplication d’attentats terroristes. 

Remué par la situation au Mali et par les activités d’AQMI et du groupe djihadistes de Mokhtar Bel Mokhtar, le pays se trouve face à un enjeu sécuritaire et politique nouveau. Quels sont les liens avec la crise au Sahel et la montée de l’islamisme au Maghreb ?  

Pour en parler, l’analyse de Kader Abderrahim, chercheur associé à l’Iris, spécialiste du Maghreb et de l’islamisme, et Maître de conférences à Sciences-po Paris.


Par Mélissa Chemam

11/02/2013

Exactions au Mali : "Tous les crimes et tous les acteurs devront être jugés" selon HRW




Mon dernier entretien avec Jean-Marie Fardeau, de HRW France sur les exactions au Mali :
Al Qarra – Les combats se poursuivent au Mali et la question des crimes et exactions commis en marge de cette guerre se soulève de plusieurs côtés. Selon l’organisation de Défense des Droits de l’Homme Human Rights Watch, des témoignages inquiétants ont été recueilli relatant des « meurtres et disparitions à titres de représailles ». Amnesty International accuse également l’armée malienne d’avoir procédé à des exécutions sommaires lors de la poussée des forces djihadistes vers le sud du Mali et de la contre-offensive engagée par la France depuis le 11 janvier. Pour en savoir nous, nous recevons Jean-Marie Fardeau, directeur pour la France de Human Rights Watch.
Par Mélissa Chemam



09/02/2013

Enfants rouges - Paris 3eme


Paris, le dimanche. Février se fait clément, par moments volées. Envie de voir ailleurs, mais ailleurs de Paris.
Demain ce sera donc Paris 3eme, j'y suis passée mercredi soir, plutôt rue François Miron, mais demain ce sera vers le marché des Enfants Rouges, sa librairie Comme un Roman, et la belle belle belle Rue de Bretagne. 

Petite pensée en musique avec Mano Solo, le poète des quartiers de la capitale :



A la braderie des enfants rouges je ne sais pas trop pourquoi
J'aurais voulu t'y voir te rencontrer là
On se serait dit bonjour et pas casse-toi
On se serait peut-être même fait un sourire
Mais pas boire un coup faut pas pousser
Puis on serait reparti chacun dans notre vie
Effaçant de notre esprit
L'hier qui n'est pas fier

Adieu beauté
Je saigne encore de ma bêtise
J'ai beau essorer mon âme
Qu'il en coule toujours le jus de nos méprises

A la braderie des enfants rouges
Les vieilles histoires s'étalent sur le trottoir
De vieux souvenirs aguichant le chaland
Dix francs pour une nouvelle vie
Hé! tu m'emmènes chérie
J'ai bien cherché et j'ai rien retrouvé
Que tu puisses habiter un brin
Ces souvenirs n'étaient pas les miens

A la braderie des enfants rouges
J'aurais pu y vendre mon coeur
Comme d'autres vendent des fleurs
J'aurais pu me mettre nu
Comme un chien dans la rue
Il se peut même que j'aboie
Emmenez-moi emmenez-moi

05/02/2013

MALI : Tièman Coulibaly passe par Paris


 Avant la réunion de Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères malien, Tièman Coulibaly, était à Paris hier et s'est exprimé devant les étudiants de Sciences Po Paris. J'y étais, voici l'essentiel de ses propos :

--

Sur le MNLA

"Derrière le MNLA, Mouvement national de libération de l'Azawad, se cache des supplétifs d'AQMI, Al Qaida au Maghreb islamique. Et nous nous trouvons face à un défi énorme à présent".

Le ministre a tenu à rappeler quelques faits et chiffres :
 La population du Nord du Mali ne représente que 10% de la population malien, soit 1,3 millions d'habitants, soit une minorité ; la ville de Kidal ne compte que 62 000 habitants. Cela reflète bien que "le problème touareg ne fait pas tout dans cette région".

Sur le rôle de la France

Le ministre a souligné que la France "s'est engagée dans une guerre juste pour protéger un Etat, menacé et dont la situation menaçait la stabilité mondiale". Le ministre Coulibaly a comparé cette situation à celle de la France en 1940, rappelant que les Maliens étaient là, comme en 1914-18 pour aider les Français d'alors.

Et la suite?

Répondant aux questions de Ghassan Salamé sur l'avenir à court terme de la politique du pays, Tièman Coulibaly a répondu que "le scénario souhaitable serait une confrontation militaire qui dure le moins longtemps possible, suivie d'une discussion inclusive en accord avec la feuille de route et la date butoir fixée au 31 juillet pour relancer un processus de reconstruction politique". Il a ajouté que "le scénario détestable serait de constater le refus de désarmer de certains combattants, et de laisser de côté les enjeux stratégiques notamment énergétiques".

Par ailleurs, il ne s'est pas montrer très favorable à l'envoi d'une force de maintien de la paix, considérant qu'on ne pouvait maintenir la paix entre un Etat et des groupes terroristes ; selon lui, la "MISMA est là pour appuyer l'armée malienne".

Sur la question de la lutte contre l'impunité

M. Coulibaly a affirmé que les autorités maliennes soutiennent le principe d'une commission d'enquête telle que réclamée par les ONG Human Rights Watch et Amnesty International. Il a d'ailleurs précisé avoir rencontré Fatou Bensouda, la nouvelle Procureure générale de la CPI (Cour pénale internationale de La Haye), en fin de semaine dernière sur le sujet. Il a ajouté qu'il "invite toutes autorités habilitées à venir enquêter et affirme que les autorités maliennes ont "déjà saisi la CPI concernant certains crimes".

Sur les combattants

Le ministre a parlé de plus de 350 véhicules de jihadistes sur le terrain au nord du Mali, avec 4 à 5 combattants à leur bord, venant d'un recrutement dans toute l'Afrique de l'ouest, y compris des camps du Sahara occidental, ce qui fait 5500 à 7000 hommes. Selon lui "Ansar Dine et le MUJAO ont racheté certains hommes, anciens combattants du MNLA, pour un salaires de 350 à 500 euros par mois". Le danger serait maintenant de voir "les trafics en tout genre créer des liens entre les jihadistes et les populations locales, notamment les commerçants" ; pour lutter contre cela "il faut qu'on offre d'autres perspectives". 









04/02/2013

Entretien : André Bourgeot - AQMI et les groupes terroristes au Sahel : Menace pour toute la région ouest africaine


AQMI et les groupes terroristes au Sahel : Menace pour toute la région ouest africaine





Alors que les extrémistes obscurantistes tiennent encore une part du Nord du Mali, d’autres terroristes sont toujours actifs dans le Sahel, notamment en Algérie où l’attaque du 16 janvier contre une plateforme de BP dans le Sud de l’Algérie a fait des dizaines de morts. Mokhtar Belmokhtar, ancien membre d’Al Qaida au Maghreb islamique – AQMI – a revendiqué l’attaque. 
Ce groupe, actif également au Mali et dans tout le Sahel, constitue la plus grande menace pour la région. Pour mieux comprendre les demandes et objectifs de ces terroristes, nous recevons André Bourgeot, spécialiste de ces mouvements et du Sahel et chercheur au CNRS et à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme.
Par Mélissa Chemam
Réalisation : Christophe Astruc

03/02/2013

SOUVENIRS DE GOREE - EN VIDEO


Mon cameraman m'a confié une partie des images qu'il a tourné lors de mon passage sur l'Ile de Gorée, au large de Dakar, Sénégal... Voici un extrait. L’océan.


02/02/2013

Mémoire de Tombouctou


Jean-Dominique Merchet, journaliste à Marianne, et spécialiste des questions militaires a eu la bonne idée d'interroger cette semaine un historien spécialiste du Mali. Ce bel article publié sur son blog, 'Secret Défense', remet en perspective l’actualité que l'on traite trop souvent avec simplisme et court-termisme... 

Il propose donc cet entretien avec Francis Simonis, maitre de conférence à l'université d'Aix-en-Provence, est un spécialiste de l'histoire de l'Afrique de l'Ouest, en particulier de la période coloniale au Mali et en Guinée.

Voici le lien :

http://www.marianne.net/blogsecretdefense/1894-les-Francais-arrivaient-deja-a-Tombouctou_a930.html

Un extrait :

"Au XVIe siècle, Tombouctou est une métropole islamique connue dans le monde arabo-musulman tout comme au Sahel. Ses savants, comme le célèbre Ahmed Baba, emmené en captivité au Maroc après la prise de la ville par les Marocains en 1591 était l’un des plus grands lettrés de son temps. On a longtemps vu Tombouctou comme un eldorado d’où partaient d’immenses caravanes et où vivait une population riche et instruite". 

Sur le mythe autour de la ville : 

"On a longtemps rêvé de faire de Tombouctou le débouché du chemin de fer transsaharien dont personne n’a jamais été capable de dire ce qu’il pourrait bien transporter …
Aujourd’hui encore, on cite des chiffres invraisemblables de manuscrits supposés se trouver à Tombouctou, tout comme on fantasme une ville qui aurait compté jadis 100.000 habitants et 20.000 étudiants. C’est en fait extrapoler en considérant que les milliers d’élèves des écoles coraniques qui ânonnaient le Coran, pour peu qu’ils n’aient jamais été aussi nombreux étaient des étudiants. Pourquoi, alors, ne pas dire que la  France compte aujourd’hui 12 millions d’étudiants
 ?" 




Sur les liens militaires :

"L’héritage de l’histoire est fondamental. Pour les Maliens, leurs ancêtres ont sauvé la France au cours des deux guerres mondiales, et il est donc tout naturel que la France vienne aujourd’hui à leur secours."

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Jean-Dominique Merchet, journaliste à Marianne, je m'occupe des questions militaires depuis une vingtaine d'années. C'est une passion dans laquelle je suis tombé tout petit... Né en 1959, franc-comtois et versaillais, je suis un auditeur de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN 49). J'ai créé ce blog en 2007.