06/08/2013

Zimbabwe : Réaction du Botwana, critique des élections



Les irrégularités observées durant les récentes élections générales au Zimbabwe "ne peuvent pas être considérées comme la norme acceptable pour des élections libres et honnêtes au sein de la SADC", la Communauté de développement d'Afrique australe, a estimé lundi le Botswana voisin.

Le Botswana réclame donc un audit indépendant et le gouvernement botswanais entend pousser pour que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation diplomatique régionale en parlent lors de leur sommet annuel les 17 et 18 août à Lilongwe au Malawi.

Le Botswana avait envoyé 80 observateurs lors du scrutin zimbabwéen du 31 juillet, qui s'est déroulé sans désordre.

05/08/2013

Maroc : les manifestations vont se poursuivre


Au Maroc, le mécontentement ne semble pas retomber après la décision du roi hier. 
Mohammed VI d'annuler la grâce accordée à un pédophile espagnol.


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 Malgré l'annonce de l'annulation de la grâce royale, le mécontentement n'est pas retombé au Maroc.

Hier soir, une nouvelle manifestation a eu lieu dans le nord-ouest du pays à Kénitra, rassemblant plusieurs centaines de personnes. C'est dans cette ville que le condamné espagnol a vécu puis été incarcéré.
Elle s'est tenue sous forte présence policière mais sans incident.

Les participants ont exprimé leur satisfaction suite au retrait de la grâce, mais veulent plus d'explications.

Appels à de nouvelles manifestations

Les appels à manifester se poursuivent donc.

Des sit-in restent programmés cette semaine :
des appels ont déjà été lancés sur les réseaux sociaux.

Nadia Lamlili, journaliste à Casablanca, a relayé de nombreux appels via Facebook et Twitter.
Elle nous confirme qu'un rassemblement aura lieu à Casablanca mardi soir, à parti de 22h, après la rupture du jeûne, et qu'un autre est en préparation à Rabat pour mercredi.

Le but est de faire pression pour plus de libertés pour la justice et des changements concrets alors que la grâce royale apparaît plus que jamais arbitraire.
Selon Nadia Lamlili, l'annulation de sa grâce par le Roi a "soulevé plus de questions qu'elle n'en a résolu".

Le problème de la répression contre les maniefstants restent également une préoccupation de ces Marocains. Ils veulent savoir si les ordres sont venus du Palais, du Ministère de l'Intérieur ou émane du zèle de la police.

Autant de questions qui prouvent selon eux que la contestation n'est pas prête de retomber.

A contrario, la classe politique fait profil bas. A l'image du gouvernement dominé par les islamistes du Parti justice et développement (PJD), le ministre de la Justice Mustapha Ramid a estimé qu'il n'était «pas habilité à commenter», tout en précisant que le pédophile gracié serait désormais interdit d'entrée au Maroc.


Maroc : grâce annulée


Au Maroc, le roi fait volte-face... 
Le roi Mohammed VI a décidé d'annuler la grâce accordée au pédophile espagnol multirécidiviste Daniel Galvan Vina. C'est ce qu'a annoncé dimanche soir le Palais royal dans un communiqué, évoquant une décision "à caractère exceptionnel" motivée par "la gravité des crimes commis et le respect du droit des victimes".
La récente libération de Galvan avait entraîné un vaste mouvement d'indignation dans le royaume.

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La décision est tombée vers 20h, heure de Rabat.
Au micro de RFI, l'association marocaine des droits humains a salué une grande victoire populaire. L'association avait milité pour l'annulation de la grâce royale.

La mobilisation populaire marocaine avait été spontanée et a visiblement surpris les autorités.
Née sur Internet, elle a impliqué toutes les couches de la société et s'est vite propagée dans la rue. Mais les manifestations avaient été violemment réprimées par la police... ce qui a renforcé le sentiment d'injustice et la détermination des manifestants.

Au-delà de l'affaire Daniel Galvan, les manifestants affirmaient aussi défendre leur droit à protester librement.

Le roi avait finalement réagi samedi après 4 jours de silence, promettant que tout serait fait pour déterminer les défaillances qui ont mené à la libération de Daniel Galvan.
Mohamed VI affirmait qu'il ignorait l'atrocité des crimes dont le pédophile avait été reconnu coupable.

L'agence de presse officielle MAP a évoqué dimanche soir une décision "à caractère exceptionnel".

Mais pour les spécialistes du droit marocain, la décision révèle aussi l'inconséquence des pouvoirs royaux, qui auraient pu torpiller la justice. Le professeur de sciences politiques Youssef Belal parle aussi de tractations diplomatiques entre Mohammed VI et le roi d'Espagne.

L'ancien détenu a maintenant quitté le Maroc et rejoint l'Espagne.
Le ministère de la Justice marocain devra étudier avec Madrid "les suites à donner au retrait de cette grâce", à savoir un éventuel procès en Espagne ou l'extradition vers le Maroc.

04/08/2013

Libye : Démission du vice-Premier ministre Awadh al-Barassi


   En Libye, le vice-Premier ministre Awadh al-Barassi a annoncé samedi soir sa démission du gouvernement. Sa raison : "des problèmes et des obstacles qui ont eu lieu dans les différents secteurs de l'Etat, la détérioration de la sécurité et les assassinats découlant de la politique de centralisation administrative adoptée par ce cabinet." Le Premier ministre Ali Zeidan a acceptée cette démission, sans nier qu'il a été "surpris". Elle intervient sur fond de violence et de tensions politiques croissantes en Libye.

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Awadh al-Barassi a annoncé sa décision lors d'une conférence de presse à Benghazi.
Si le Premier ministre Ali Zeidan s'est dit surpris par son annonce, pour la plupart des experts de la Libye, la démission était prévisible.

Selon Nauman Benothmane, directeur de la Fondation Quillian, spécialisée dans les questions de contre-terrorisme, cette crise ne fait que révéler un peu plus l'état d'impuissance du gouvernement libyen face aux violences et aux attaques terroristes qui ne cessent de se multiplier.  

Membre du parti de la Justice et de la Construction lié aux Frères musulmans, Awadh al-Barassi avait d'ailleurs déjà laissé entendre sa déception et ses inquiétudes toute cette semaine.

M. Barassi reproche au gouvernement "ses dysfonctionnements" et son échec à établir la confiance des citoyens envers l'Etat.

Sa démission intervient après que Ali Zeidan a annoncé mercredi dernier qu'il renonçait à modifier la structure de son gouvernement.
En début de semaine dernière, il espérait former un nouveau cabinet restreint.

Les autorités de transition peinent de toute évidence à rétablir l'ordre.
La formation d'une police et une armée professionnelles se fait attendre, alors que les assassinats politiques et les violences se sont multipliés ces dernières semaines, surtout dans l'est de la Libye.

Fin juillet, l'assassinat d'Abdessalem al-Mesmari, avocat et militant politique figure du soulèvement contre le pouvoir de Kadhafi, a été un tournant.

Cette accumulation provoque la colère de la population qui a manifesté il y a huit jours pour dénoncer l'impunité de ceux qui déstabilisent le pays.

Ibrahim el-Salahi, in London, Tate Modern, review


The British Newspaper 'The Independent' on Ibrahim el-Salahi:

Exhibition of week: Ibrahim el-Salahi: a Visionary Modernist

Tate Modern, London SE1

  • Ibrahim El-Salahi Vision of the Tomb
    Ibrahim El-Salahi
    Vision of the Tomb 1965
    Museum for African Art, New York
    © Ibrahim El-Salahi


Ibrahim el-Salahi is a veteran of the postwar renaissance in African art and its troubled politics. A minister one moment, imprisoned the next, his painting is a fascinating, moving search for forms that express his yearnings and the anguish of his prison experience.


The early works see him trying out the modern art learnt from the Western masters, but what makes him interesting is the tension between an intellect that seeks purity of expression and an imagination which wants to free itself from constraint. Featured works include the Self-Portrait of Suffering (1961).

020 7887 8888; tate.org.uk, to 22 September



02/08/2013

Mali : Second tour de la présidentielle le 11 août



MALI | Au regard des résultats qui viennent d'être 

proclamés  par le MATDAT, il y aura un 2e tour qui 

opposera 

à 

.

01/08/2013

FOCUS SUR LE ZIMBABWE


Au Zimbabwe, quelque 6 millions 400 000 Zimbabwéens sont appelés aux urnes mercredi pour des élections législatives, municipales et présidentielle.

Aux côtés de 6000 observateurs zimbabwéens, 600 observateurs étrangers superviseront ces élections générales.
La plupart d'entre eux sont africains - 60 de l'Union africaine, le président Robert Mugabe ayant refusé la présence d'observateurs occidentaux, suite aux sanctions appliquées contre son régime depuis la crise de 2000.

A 89 ans, Robert Mugabe, est au pouvoir depuis 33 ans - depuis l'indépendance du pays en 1980, et se présente pour le 7ème fois.
Son principal rival est son Premier ministre, Morgan Tsvangirai, avec lequel il forme une cohabitation houleuse à la tête du pays depuis les dernières élections de 2008.
Alors que le parti au pouvoir la ZANU-PF n'envisage pas une seconde de perdre ces élections, pour le MDC de Tsvangirai, le scrutin aurait dû être reporté pour être mieux préparé et les preuves de fraudes sont omniprésentes.

Malgré tout, les élections d'annoncent très disputés entre le ZANU PF et le MDC, et le monde se demande si 2013 pourra voir la fin de l'ère Mugabe au Zimbabwe.

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Les accusations de tentatives de manipulations des scrutins se sont multipliées et l'opposition affirme avoir de nombreuses preuves.

C'est le thème qui domine lorsqu'on aborde ces élections.

Les opposants et critiques du régime encourt le harcèlement de la police.
On a pu voir dimanche que même les gouvernants ne sont pas à l'abris : le ministre-adjoint des Transports, Morgan Komichi issu de l'opposition - le MDC, a été arrêté chez lui après avoir révélé la découverte de bulletins au nom du PM Tsvangirai dans les poubelles d'un bureau où le vote anticipé des agents de sécurités s'est tenu les 14 et 15 juillet.

Le porte-parole du MDC, Douglas Mwonzora l'a répété à plusieurs reprises, il a de nombreuses preuves de ces manipulations.

Douglas Mwonzora, porte-parole du MDC :
" Ils ne l'ont pas arrêté parce qu'il a fait quelque chose de mal, mais parce qu'il a fait quelque chose de bien. Donc nous nous attendons à ce qu'il le garde en état d'arrestation.  Cette arrestation a pour but d'écarter le MDC. Nous avons des preuves de fraudes. Leur but est de faire peur aux électeurs et de faciliter les manipulations des voix. "

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MANQUE DE PREPARATIONS

Selon tous les spécialistes du pays, le Zimbabwe de Robert Mugabe a repoussé de nombreuses occasions de mettre en place des réformes démocratiques nécessaires.

Même la SADC - la Communauté d'Afrique australe - s'accorde à le reconnaître.
Une nouvelle Constitution a été adoptée par référendum en mars dernier mais elle n'a pas permis les changements nécessaires.

International Crisis Group a publié un rapport hier concluant qu'aucune des réformes nécessaires n'a été abouti et que les chances que le scrutin soit biaisé en faveur de la ZANU-PF au pouvoir sont très élevées.
Pour le directeur de l'organisation en Afrique Australe, Piers Pigou, cela est dû à une organisation précipitée du scrutin qui devait originellement se tenir plus tard dans l'année.

Piers Pigou, le directeur de l'organisation International Crisis Group en Afrique Australe
" Le Zimbabwe s'engage dans des élections pour lesquels il est fondamentalement mal préparé. Le pays a précipité le processus et n'a pas assez investi dans la construction d'institutions stables et intègres qui permettrait des résultats rendant possible un accord politique acceptable par tous."

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CRAINTES DE VIOLENCE ET DE NON RESPECT DES RESULATS

Peut-on alors espérer un scrutin  transparent qui se déroule dans le calme?

Lors du précédent scrutin, en 2008, Tsvangirai avait obtenu 47% des suffrages, devant Mugabe.
Mais les partisans du chef de l'Etat sortant avaient déclenché une vague de violences, faisant quelque 200 morts.
Face à l'urgence, Tsvangirai avait retiré sa candidature pour le 2nd tour, et a été nommé Premier ministre dans cette cohabitation difficile.

Pour empêcher le scénario de se reproduire, 600 observateurs étrangers seront déployés.

Robert Mugabe a pourtant exclus de laisser entrer des obervateurs occidentaux, voici les raisons invoqués par son porte-parole Rugare GUMBO:

Rugare Gumbo, porte-parole de la ZANU-PF :
"Nous sommes un pays indépendant, un continent indépendant, nous avons ces organisations depuis longtemps, l'Union africaine depuis 1963, la SADC depuis les années 1980, la COMESA depuis les années 80 aussi, nous savons faire depuis longtemps, on organise des élections depuis 1980, et non n'avons jamais vu d'erreur. Notre plus grand problème est que les occidentaux pensent que la démocratie ne peut être atteinte que quand ils sont impliqués dans l'organisation d'élections et selon moi cela est faux".

Et quand on demande à la ZANU-PF si le parti acceptera les résultats en cas de défaite, le porte-parole répond que cela ne peut pas arriver...

Rugare Gumbo, porte-parole de la ZANU-PF :
"Une défaite de Mugabe est impossible, personne d'autre ne peut gagner au Zimbabwe, mais si cela devait arriver, oui, si quelqu'un d'autre gagnait, cela irait, mais tout ce que nous pouvons dire c'est que nous ne pouvons pas imaginer, nous ne pensons même pas que qui que ce soit puisse remporter ces élections à part Robert Mugabe, et avec une majorité écrasante".

Mais le MDC n'a pas voulu boycotté l'élection et n'abandonnera pas en cours de route.
Selon le porte-parole de Tsvangirai, la ZANU-PF cherche à profiter de potentielles violences comme en 2008:

Douglas Mwonzora, porte-parole du MDC :
"Nous sommes déterminés à nous battre pour ces élections, nous sommes déterminés à battre le dictateur et nous n'allons pas abandonner, non, ni nous retirer. Nous savons que la ZANU-PF se prépare déjà à un second tour et ils n'hésiteront pas à encourager les violences durant l'entre-deux-tours. Mais nous, nous ne voulons même pas envisager un second tour".

Le MDC se dit sûr de remporter le scrutin présentiel ainsi que la majorité au Parlement.
Il appelle la Communauté internationale à aider à assurer la transition.

Leur programme : ramener le Zimbabwe au sein de la communauté internationale et attirer des investissements étrangers pour relancer l'économie.

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ECONOMIE

L'économie justement, c'est bien le plus grand échec de la ZANU-PF.

La réforme agraire lancée en 2000 par le président Robert Mugabe  a exproprié les anciens colons de leur ferme - et provoqué un spectaculaire effondrement de la production agricole.

Les partisans de Mugabe souligne qu'elle a permis l'émergence d'une classe de fermiers noirs dont les conditions de vie se sont largement améliorées ; et le pays compte deux fois plus de fermiers qu'avant 1980.

Mais sur le plan des résultats, les conséquences négatives ont largement fragilisé l'économie du pays, qui à son indépendance semblait avoir des atouts conséquents tels ses sols fertiles et ses mines riches en diamants.

Fin 2008, l'inflation a atteint les 250 000 000% au point que le pays a dû abandonner sa monnaie et recourir au dollar américain et au rand sud-africain.
En plus des 4000 fermiers d'origines européens chassés du pays, on estime que 2 mio de Zimbabwéens ont quitté le pays pour trouver du travail à l'étranger.

Selon Jeffrey Smith, chercheur sur le Zimbabwe au Centre Robert Kennedy pour la Justice et les Droits de l'Homme, les questions économiques ont été au centre des rassemblements des deux partis.

Jeffrey Smith :
"L'économie ne s'est clairement pas améliorée, elle a reculé. Et cela est dû essentiellement à la ZANU PF et au président Mugabe. Et ils ne sont pas dans la meilleure position pour améliorer l'économie. De son côté, le MDC n'a pas encore fait ses preuves. Certes le ministre des Finances et le secrétaire général du parti ont fait un bon travail pour redresser le PIB depuis 2008, avec la dollarisation et la hausse des investissements intérieurs.
Cependant, vu l'histoire du pays, je ne vois pas la ZANU PF mettre en place un programme qui fonctionnerait au bénéfice de tous et pas seulement de ses partisans".

NB. La production agricole zimbabwéenne autrefois florissante reste très en dessous de ses niveaux des années 1990.
Début 2013, le Programme alimentaire mondial (PAM) estimait que 1,7 million de Zimbabwéens, soit un cinquième de la population rurale, avaient besoin d'une aide alimentaire d'urgence - dans un pays qui fut longtemps le grenier à blé de l'Afrique australe.

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CONCLUSION

Le scrutin s'annonce malgré tout forcément serré...

Oui car Robert Mugabe reste populaire et incarne la défense des droits des indigènes après des décennies de privilèges injustes. Il faut rappeler que l'ex-Rhodésie du Sud n'a obtenu son indépendance par rapport au Royaume-Uni qu'en 1980, après une lutte acharnée contre les anciens colons restés dans le pays et qui rêvaient d'un modèle à la sud-africaine... Pour certains, Mugabe incarne toujours cette Afrique combattante.


31/07/2013

Zimbabwe : Enjeux du scrutin


Au Zimbabwe, on vote ce mercredi pour des élections générales : scrutin présidentiel mais aussi législatif et municipal. Leur résultat devrait pouvoir mettre fin à la coalition houleuse entre le parti historique la ZANU-PF et l'opposition du MDC, coalition installée après les dernières élections agitées de 2008, entachées par des violences et la mort de 200 personnes.
Mais les accusations de fraude se multiplient 
Mardi, veille du scrutin, les listes électorales complètes n'étaient toujours pas disponibles.

Enjeux du scrutin.

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A 89 ans, et après un règne presque sans partage, l'enjeu pour Robert Mugabe est de savoir s'il peut gagner sans manipuler les voix.

Pour le MDC, qui partage le pouvoir avec Mugabe depuis les élections disputés de 2008, la réponse est non.

Comme David Coltart, sénateur MDC, les partisans du Premier Ministre Morgan Tsvangirai, voient les manipulations de la ZANU-PF se multiplier au quotidien:

"Il n'y a pas eu de violence cette année ; l'Union africaine et la SADC n'accepteront pas des résultats marqués par des violences. Ils ont donc recours à des techniques plus sophistiquées pour décourager les jeunes et les électeurs des grandes villes, en manipulant la liste électorale et en la gardant secrète".

Robert Mugabe a pourtant exclus de laisser entrer des observateurs occidentaux.
Voici les raisons invoquées par son porte-parole Rugare GUMBO...

"Nous sommes un pays indépendant, un continent indépendant, nous avons ces organisations depuis longtemps, l'Union africaine depuis 1963, la SADC depuis les années 1980, la COMESA depuis les années 80 aussi, nous savons faire depuis longtemps, on organise des élections depuis 1980, et non n'avons jamais vu d'erreur. Notre plus grand problème est que les occidentaux pensent que la démocratie ne peut être atteinte que quand ils sont impliqués dans l'organisation d'élections et selon moi cela est faux".

Morgan Tsvangirai a lui aussi assuré lundi lors de son dernier rassemblement qu'il était sûr de la victoire.
Mais l'accord de partage de pouvoir aurait finalement affaibli la position du MDC.
Le MDC parie sur une victoire dès le premier tour.


Zimbabwe : bras de fer électoral


Au Zimbabwe, on vote ce mercredi pour des élections générales : scrutins présidentiel, législatifs et municipal. Elles opposent le parti historique la ZANU-PF et le Président Robert Mugabe à l'opposition du MDC, dirigée par le Premier Ministre Morgan Tsvangirai.
Alors que ce dernier multiplie les accusations de fraude, Mugabe se dit sûr de sa réélection après 33 ans au pouvoir. 

Description de ce bras de fer.

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Robert Mugabe, s'il incarne le dictateur par excellence en occident, reste populaire pour une grande partie des Zimbabwéens. Chez les plus âgés et les ruraux notamment, il reste un héros de l'indépendance.

Grande figure de la lutte contre les colons de l'ancienne Rhodésie du Sud, Mugabe est devenu Premier ministre à l'indépendance en 1980. Elu président de la République le 31 décembre 1987, il donne progressivement au régime son tournant dictatorial.

Mais pour ses ennemis, il reste celui qui a ensuite plongé l'ancien grenier à blé de l'Afrique dans l'hyperinflation et la pénurie alimentaire.

En face, Morgan Tsvangirai, à 61 ans, incarne le changement face à un Président de 89 ans, chef d'État le plus âgé d'Afrique.

Ancien mineur, ancien chef du Congrès des syndicalistes zimbabwéens, Tsvangirai est le fondateur du MDC et se présente depuis 2002 à la présidence.

Le scrutin comprend des élections législatives et municipales, mais le choix présidentiel focalise l'attention; du fait de la personnalité des deux adversaires mais aussi du fait de la précipitation de l'organisation.

Selon International Crisis Group, la date du scrutin est trop précoce, les institutions n'étaient pas prêtes et la modification de la Constitution en mars dernier n'a pas eu l'impact escompté.

Mugabe a mené campagne comme un héros indétrônable, son parti n'envisage même pas de perdre le pouvoir, alors que l'opposition dénonce fraudes, manipulations et tentatives d'intimidation.

Chef d'Etat d'un autre temps, après l'isolement diplomatique et 33 ans de pouvoir, Robert Mugabe est également apparu fatigué et dépassé par la machine de la campagne.
Mardi, la veille du scrutin, il a annoncé pour la première fois que - le cas échéant - il accepterait sa défaite.
Peut-il être réélu sans fraude? La question reste entière.


30/07/2013

On Zimbabwe: "A Predictable Tragedy" by Daniel Compagnon



A Predictable Tragedy
Robert Mugabe and the Collapse of Zimbabwe



Daniel Compagnon




A Predictable Tragedy

"Compagnon's devastating analysis of the regime argues that the country's collapse was in fact the predictable outcome of the methods and approach Mugabe has always followed. . . . Compagnon¹s book stands out as the best account of the crisis to date."—Foreign Affairs
"[A] masterpiece that will have a dignified shelf life in Zimbabwean studies. The book is well researched and detailed. Its arguments are convincing without being overly polemic. It leaves readers with no doubt about the culpability of Mugabe in the collapse of Zimbabwe."—African Studies Review
"In this passionate book, Daniel Compagnon delivers an unrelievedly withering indictment of Zimbabwe's post-independence political regime. . . . Wide-ranging and detailed, the analysis is illuminating and provocative."—International Journal of African Historical Studies
"Daniel Compagnon's book succeeds in its fundamental task: it describes in great detail how Robert Mugabe destroyed Zimbabwe. Indeed, it is highly unlikely that we will see a more comprehensive description of the Mugabe regime. While the exact endpoint of that regime remains to be determined, Compagnon's book will be seen as an authoritative account of how it wrecked a once-vibrant country."—Jeffrey Herbst, President, Colgate University
"A Predictable Tragedy provides a comprehensive historical analysis of the nature of Robert Mugabe's rule. This is an important contribution because it shows that post-2000 Zimbabwe politics are not 'new' but the product of an authoritarian political system that began in 1980. Mugabe's regime is, and always has been, one of personal rule, Compagnon argues. Academics and domestic opponents were taken in by the regime's rhetoric of reconciliation, democracy, and socialism, failing to understand the true character of the regime. Only after 2000 did they begin to comprehend, and then very slowly and perhaps not yet fully, the Mugabe regime's commitment to hold power at all costs."—Norma Kriger, author of Guerrilla Veterans in Zimbabwe: Symbolic and Violent Politics, 1980-1987
When the southern African country of Rhodesia was reborn as Zimbabwe in 1980, democracy advocates celebrated the defeat of a white supremacist regime and the end of colonial rule. Zimbabwean crowds cheered their new prime minister, freedom fighter Robert Mugabe, with little idea of the misery he would bring them. Under his leadership for the next 30 years, Zimbabwe slid from self-sufficiency into poverty and astronomical inflation. The government once praised for its magnanimity and ethnic tolerance was denounced by leaders like South African Nobel Prize-winner Desmond Tutu. Millions of refugees fled the country. How did the heroic Mugabe become a hated autocrat, and why were so many outside of Zimbabwe blind to his bloody misdeeds for so long?
In A Predictable Tragedy: Robert Mugabe and the Collapse of Zimbabwe Daniel Compagnon reveals that while the conditions and perceptions of Zimbabwe had changed, its leader had not. From the beginning of his political career, Mugabe was a cold tactician with no regard for human rights. Through eyewitness accounts and unflinching analysis, Compagnon describes how Mugabe and the Zimbabwe African National Union-Patriotic Front (ZANU-PF) built a one-party state under an ideological cloak of anti-imperialism. To maintain absolute authority, Mugabe undermined one-time ally Joshua Nkomo, terrorized dissenters, stoked the fires of tribalism, covered up the massacre of thousands in Matabeleland, and siphoned off public money to his minions—all well before the late 1990s, when his attempts at radical land redistribution finally drew negative international attention.
A Predictable Tragedy vividly captures the neopatrimonial and authoritarian nature of Mugabe's rule that shattered Zimbabwe's early promises of democracy and offers lessons critical to understanding Africa's predicament and its prospects for the future.
Daniel Compagnon is Professor of Political Science at the University of Bordeaux and coauthor of Behind the Smokescreen: The Politics of Zimbabwe's 1995 General Elections.