07/06/2014

Nigéria : presse versus sécurité...


Au Nigéria, quatre quotidiens affirment que leur édition de vendredi ont été saisie pour raisons de sécurité par l'armée. Un hebdomadaire a annoncé ce samedi avoir également été empêché de distribuer ses magazines dans plusieurs régions du pays. Ces plaintes interviennent au lendemain d'une "opération de sécurité" menée par l'armée visant notamment les véhicules de livraison de quatre quotidiens nationaux.

L'un des quotidiens affirment qu'un de ses bureaux a été mis à sac par l'armée. Le porte-parole de l'armée nigériane a confirmé les saisies et affirmé que les militaires fouillent les véhiculent transportant des journaux à Abuja, la capitale, pour des raisons de sécurité. 

Mélissa Chemam pour RFI 
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Le groupe de presse nigérian Media Trust Limited a annoncé dans l'après-midi que "l'armée nigériane a empêché ce samedi la distribution et la vente de Weekly Trust, l'édition du samedi de son quotidien The Daily Trust, dans plusieurs régions du pays". Cela s'ajoute aux arrêts des distributions du quotidien, et de trois autres parmi les plus importants du pays : le Nation, The Leadership et le Punch, depuis vendredi.

Selon les rédacteurs en chef du Nation, les soldats se sont introduits sur le principal site de distribution du journal vendredi matin, dans la capitale fédérale Abuja, empêchant ainsi les distributions du quotidien.
Les militaires étaient à la recherche de matériel dangereux et de munitions notamment dans les camions de distribution.

Selon les responsables du Weekly Trust, les militaires n'ont trouvé "aucun élément compromettants" ce samedi, mais "ont tout-de-même empêché (les) commerciaux de distribuer" l'hebdomadaire.
Le même type d'opération s'est produit au centre de distribution de Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, et dans plusieurs autres régions du pays, selon le groupe de presse. Celui-ci souligne avoir publié une enquête compromettante mercredi dernier dans son quotidien le Daily Trust, accusant des généraux de l'armée d'occuper des locaux militaires, à Abuja, pour un usage personnel.

Selon le Porte-parole des armées, Chris Olukolade, ces assauts n'ont pourtant rien à voir avec le contenu des journaux, même si ceux-ci sont souvent critiques des stratégies de l'armée. L'opération a été menée pour des raisons de sécurité : ces convois sont soupçonnés d'être utilisés par des groupes armés pour transporter illégalement des armes. Les contrôlent concernent d'ailleurs tout type de véhicules nous a-t-il précisé il y a une heure.

Le syndicat des journalistes du Nigéria, le NUJ, affirme que ces mesures sont inacceptables, alors que la presse subit régulièrement le harcèlement des autorités. Il demande des excuses du ministère de la Défense, parlant de méthodes qui rappellent les pires moments de la dictature militaire.

Côte d'Ivoire : difficile tournée de la réconciliation... sur RFI :

CÔTE D'IVOIRE

Le FPI en colère de n’avoir pas pu rencontrer Simone Gbagbo

mediaSimone Gbagbo en 2009.AFP PHOTO/ SIA KAMBOU
En Côte d’Ivoire, le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo, est en colère. Alors qu’une délégation de ce parti devait rencontrer en principe ce vendredi après-midi à Odienné, dans le nord du pays, Simone Gbagbo, l’épouse de l’ancien chef de l’Etat, les autorités l’en ont empêché invoquant des problèmes de sécurité.
« C’est une situation grave dans ce contexte de décrispation et de normalisation », a déclaré Pascal Affi N'Guessan, le chef du FPI, lors d’une conférence de presse à Touba, une ville qui se situe à 150 kilomètres au sud d’Odienné. Après avoir tenté d’obtenir le sauf-conduit pour rendre visite à Simone Gbagbo jusqu’à tard la nuit dernière, le président du FPI a donc été contraint de renoncer à l’étape d’Odienné et de rester dans la région du Bafing, où il termine une tournée d’une semaine.
Manœuvre du pouvoir pour le FPI
Il a souligné que c’était la quatrième fois qu’on lui refusait l’accès d’une localité à forte implantation du Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire (RDR), le parti du président Ouattara. Cela signifie, selon Pascal Affi N’guessan, que le parti au pouvoir ne veut pas s’engager complètement dans le processus de normalisation et de réconciliation.
L’ancien Premier ministre a insisté pour dire que ce ne sont pas les habitants d’Odienné qui sont contre sa visite à Simone Gbagbo, mais plutôt le parti au pouvoir qui organise l’hostilité et les mouvements de ces militants, « une façon d’empêcher l’opposition d’exister là où elle a peu d’audience ». Le président du FPI demande au pouvoir de prendre ses responsabilités et de veiller à ce que la libre circulation des leaders politiques ne soit plus entravée sur l’ensemble du territoire.
C'est le parti au pouvoir qui organise l'hostilité.
Pascal Affi-NguessanPrésident du FPI07/06/2014 - par Stanislas NdayishimiyeÉcouter
De son côté, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné, explique que c'est bien la situation sur place, tendue du fait des souffrances passées endurées par la population, qui bloque le passage de la délégation du FPI.
Il ne s'agit pas d'une décision prise par le gouvernement.
Bruno KonéPorte-parole du gouvernement ivoirien07/06/2014 - par Mélissa ChemamÉcouter

06/06/2014

Drame de l'immigration dans le Golfe d'Aden


Soixante migrants somaliens et éthiopiens, ainsi que deux Yéménites membres de l'équipage, se sont noyés le 31 mai au large des côtes du Yémen, c'est ce qu'a annoncé ce vendredi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
 Ce naufrage est, depuis le début de l'année, "le plus meurtrier" pour des migrants africains essayant de rejoindre le Yémen via la Mer Rouge et le Golfe d'Aden, selon le porte-parole du HCR, Adrian Edwards.


Adrian Edwards, porte-parole du  HCR (à Genève) :

"Samedi dernier, nous avons appris qu'un accident avait eu lieu dans le détroit entre le Yémen et les côtes somaliennes et érythréennes, des corps ont été retrouvés sur le rivage, ils ont été ramassés par des villageois qui les ont enterrés. Et il est apparu clairement que l'accident était sérieux : 62 personnes sont mortes ; la plupart des victimes viennent de Somalie et d'Ethiopie, même si deux d'entre elles sont des membres yéménites de l'équipage.
Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit du plus grave incident de ce genre depuis le début de l'année, pas seulement pour le cette région très dangereuse mais aussi pour l'ensemble des régions du monde où le HCR travaille.
Cette zone est devenue une route de plus en plus fréquentée par les migrants quittant la Corne de l'Afrique, certains cherchant à demander l'asile, d'autres à émigrer, mais c'est un voyage très dangereux car la plupart d'entre eux finissent entre les mains de trafiquants et de passeurs".

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Adrian Edwards, porte-parole du  HCR (à Genève), ces migrants se trouvent confrontés à une situation très peu accueillante au Yémen mais malgré cela l'émigration prend un tournant de plus en plus économique :

"Le Yémen se trouve dans une situation qui ne lui permet pas d'accepter facilement des migrants. Des migrants continuent d'y arriver de la Corne de l'Afrique mais le pays connaît des problèmes d'insécurité, des problème de déplacés internes notamment dans le nord du pays ; cela n'en fait pas un environnement idéal pour arriver. 
Ce qui se passe depuis plusieurs années est le renforcement de ce flot d'arrivées par la mer rouge et le Golfe d'Aden de la Corne de l'Afrique vers le Yémen. Le nombre de passage a atteint un chiffre record l'an dernier ; les chiffres sont un peu retombés cette année.
Mais on remarque aussi un changement dans les candidats à cette émigration : il y a quelques années, la plupart des migrants venaient de Somalie, maintenant on voit de plus en plus d'Ethiopiens. 
Il s'agit d'un changement de fond, avant les migrants étaient des demandeurs d'asile et des réfugiés, à présent les migrants sont de plus en plus souvent des personnes cherchants à émigrer pour des raisons économiques qui espérent trouver du travail dans le Golfe persique et même au-delà".

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Adrian Edwards, porte-parole du  HCR (à Genève)
joint pour RFI par mélissa Chemam

30/05/2014

Centrafrique : réactions après l'attaque contre une église de Fatima, à Bangui


Deux personnes ont été tuées par balle et plusieurs autres grièvement blessées à Bangui vendredi lors de manifestations réclamant le départ de la présidente de transition centrafricaine et du contingent burundais de la force africaine, selon des sources concordantes.
Les manifestants demandent le départ de la présidente de transition Catherine Samba-Panza, le départ de certaines forces militaires étrangères déployés dans le pays, notamment les Burundais accusés de laisser faire les violences anti-chrétiens, ou le désarmement du quartier à majorité musulmane du PK-5.
La capitale centrafricaine connaît un regain de violences depuis quelques jours, notamment depuis une attaque meurtrière qui a fait 15 morts dans une église, mercredi, dans le quartier.

Pour Anicet Dologuélé, ancien Premier Ministre sous la présidence d'Ange Félix Patassé, l'heure est à la lutte contre l'impunité, au-delà des divisions politique. Il pense que l'urgence est à l'arrestation et au jugement de ceux qui continuent à perpétrer des violences, et non aux divisions politiques.

Plus d'infos:

http://www.rfi.fr/afrique/20140530/2min/-rca-encore-tirs-bangui-deux-morts-plusieurs-blesses/



En Centrafrique, un appel au calme a été lancé ce matin par Sangaris et Misca, confrontées à une nouvelle flambée de violences. « Nous réagirons avec la plus grande détermination à toute prise à partie », déclarent les forces françaises et africaines engagées sur le terrain. Selon plusieurs témoignages, deux personnes ont été tuées par balle et plusieurs autres blessées, ce vendredi 30 mai. Ce matin, des milliers de personnes ont entamé plusieurs marches pour réclamer la démission du gouvernement de transition et le retrait de certaines forces militaires étrangères.
Ce vendredi en début d'après-midi, des tirs retentissent toujours dans Bangui. Il y a quelques minutes encore, on pouvait entendre au centre-ville des rafales dont il est difficile de déterminer l’origine. Les militaires français et les soldats africains de la Misca tentent de démanteler des barricades qui ont été érigées pendant la nuit et qui paralysent la ville. La route de l’aéroport, notamment, est fermée, les vols suspendus.
Selon nos informations, recueillies auprès de plusieurs sources - dont une source militaire - deux des manifestants de ce vendredi matin ont succombé à des blessures par balle et plusieurs ont été blessés. « Nous maintenons le cap des manifestations. Ce n’est pas fini », confie malgré tout une personne présente dans ce rassemblement. « Un rassemblement pacifiste et spontané », selon ce Banguissois.
La manifestation qui réunissait ce matin des milliers de Banguissois s’est cependant un peu dispersée. On ne compte plus qu’une centaine de personnes toujours massées sur l’avenue Boganda, près de la base du contingent burundais dont ils exigent le retrait de la Misca.
« Guérilla urbaine »
Les manifestants estiment que ces soldats n’ont pas agi pour éviter la tuerie dans l’église Notre-Dame de Fatima, mercredi, qui a coûté la vie à une quinzaine de personnes, dont un prêtre. Et les manifestants demandent donc également le départ de la présidente de transition Catherine Samba-Panza..
Cette dernière s’est exprimée dans une allocution radio-télévisée. Elle a qualifié d'« acte terroriste » l'attaque contre l'église Notre-Dame de Fatima. « C'est le fait que les auteurs des crimes à répétition continuent de circuler librement qui explique cette recrudescence périodique des actes terroristes », a encore précisé Mme Samba-Panza qui a dénoncé une situation de « guérilla urbaine. »

29/05/2014

TUNISIE : INQUIÉTUDE APRES UNE NOUVELLE ATTAQUE ATTRIBUÉE AUX DJIHADISTES


Des hommes encagoulés et circulants à bord d'un pick-up ont attaqué le domicile du ministre tunisien de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, à Kasserine (Centre-Ouest) cette nuit. Quatre policiers ont été tués et un blessé. Le domicile du ministre a été visé par une attaque "terroriste à la Kalachnikov (…) au cours de laquelle quatre policiers ont été tués et un blessé", selon le porte-parole du Ministère. Les 4 agents décédés sont Ridha Chebbi, Ali Ghodhbani, Neïfer Ayadi et Ridha Ajili. L'attaque n'a pour l'instant pas été revendiquée. 
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La présidence de la République a décrété ce mercredi jour de deuil national.

Les assaillants sont descendus sur le domicile privé du Ministre de l'Intérieur à Kasserine peu avant minuit, à bord d'un pick-up, et l’opération menée par plus d’une dizaine d’individus cagoulés a pris les agents par surprise, selon Mohamed Ali Aroui, porte-parole du ministère de l’Intérieur, qui a confirmé le bilan de 4 morts et 2 blessés légers parmi les policiers qui gardaient la résidence.

La famille du Ministre se trouvait sur place, dont sa femme, ses enfants et deux de ses frères, mais aucun n'a été blessé. 
L'un d'eux a confié que la famille de Ben Jeddou avait déjà reçu des menaces.

Les auteurs de l’attaque sont descendus de la montagne de Chaambi, à moins de 2km de Kasserine. 
La région montagneuse, à la frontière algérienne, est régulièrement ratissées par les unités de l’armée déployées dans cette zone où se cachent des djihadistes.

L'armée y pourchasse depuis décembre 2012 le groupe Ansar al charia accusé de liens avec Al-Qaïda qui n'a toujours pas été neutralisé malgré des bombardements aériens et des opérations au sol.

Selon le ministère de l'Intérieur, les attaquants pourraient avoir agi par vengeance après les progrès des troupes contre les djihadites.

Une attaque qui rappelle aux Tunisiens que les violences djihadistes ne sont pas terminées.

Migrations : Assaut de plus de 1000 personnes entre le Maroc et l'Espagne, à Melilla

IMMIGRATION MAROC 

Maroc: plus de 1000 migrants tentent de parvenir à Melilla

mediaDes migrants africains qui escaladent le grillage surmonté de lames de rasoir, frontière entre l’Espagne et le Maroc, sont arrivés à entrer dans l’enclave espagnole de Melilla (ici le 1er mai 2014).Reuters/Jesus Blasco de Avellaneda
Au Maroc, plus de 1 000 migrants subsahariens ont tenté mercredi 28 mai de franchir la frontière séparant le Maroc de l'enclave espagnole de Melilla. Près de 500 d'entre eux sont parvenus finalement à entrer dans l'enclave espagnole lors de l'un des assauts les plus massifs depuis 2005 dans cette ville.
Des migrants qui se sont heurtés aux forces de l'ordre marocaines armées de gourdins et de lance-pierre. Puis il a fallu franchir les hauts grillages et échapper ensuite à la guardia civil espagnole de l'autre côté.
Parmi ceux qui sont passés,  Ben, 29 ans, il est Gabonais. Il raconte comment il a pu passer : « On a lancé l’assaut au niveau de la barrière, très difficile à escalader, mais avec du sang froid et de la détermination on a réussi à le faire. Et d’ailleurs nous ne sommes pas les premiers. On a eu à rencontrer une masse de militaires marocains qui essayaient de nous en empêcher. Mais avec le courage que nous avions, on a réussi à traverser malgré les jets de pierres. Nous sommes sortis vainqueurs, grâce à Dieu. Nous sommes pris en charge, venons de manger un bon petit repas ».
Trois barrières d'une hauteur de 7 mètres... des grillages...
Témoignage d'un migrant sur les conditions de passage29/05/2014 - par Pierre PintoÉcouter
Pour Khadija Hinani, du bureau central de l'AMDH, l'Association marocaine de défense des droits de l'homme, la situation est critique car les droits des migrants ne sont pas respectés.
Ces assauts se sont multipliés après l'annonce du Maroc de sa nouvelle politique d'immigration...
Khadiha HinaniMilitante de l'AMDH.29/05/2014 - par Mélissa ChemamÉcouter

28/05/2014

Attentat à Djibouti : analyse de Roland Marchal


DJIBOUTI SOMALIE

Attentat à Djibouti: «Il y a un échec politique américain»

mediaUne escouade de Marines à l'entraînement dans le Camp Lemonnier à Djibouti en 2003.Photo: Corporal Matthew J. Apprendi (USMC)

Les islamistes somaliens shebabs ont revendiqué, hier, l'attentat-suicide perpétré samedi 24 mai dans un restaurant de Djibouti. Outre les deux kamikazes - un homme et une femme dont l'identité et la nationalité restent inconnues selon les autorités djiboutiennes - l'attaque a tué un Turc et fait au moins une vingtaine de blessés, dont sept Français. Les shebabs affirment avoir visé un « restaurant fréquenté surtout par des croisés français et leurs alliés de l'Otan », affirmant notamment avoir visé les Français pour « leur complicité dans les massacres » de musulmans en Centrafrique et pour « leur rôle actif dans la formation et l'équipement des troupes djiboutiennes en Somalie ainsi que leur intervention croissante dans les affaires (des) terres musulmanes ». Les islamistes somaliens ont également appelé le président djiboutien Ismail Omar Guelleh à retirer les troupes djiboutiennes de Somalie.
Pour Roland Marchal, chargé de recherches au Ceri (Sciences Po) et spécialiste de la Corne de l'Afrique, l'attaque s'inscrit dans un phénomène de régionalisation des activités du groupe islamiste et révèle son évident retour en force : « Depuis un an, on a un mouvement massif de régionalisation. C’est une dynamique qui existait auparavant, notamment depuis 2010 et les attentats à Kampala. Le fait que Djibouti soit visé n’est pas réellement surprenant au sens où les forces djiboutiennes sont présentes en Somalie alors qu’elles ne le sont pas dans la capitale, elles sont dans la ville de Beledweyne à la frontière avec l’Ethiopie. »
Derrière tout cela, poursuit encore Roland Marchal, « il y a aussi une certaine ironie qui vise un Etat qui vit quand même de la rente internationale sur le terrorisme, à la fois par la présence américaine puisque vous avez depuis des années maintenant, une importante concentration en termes de moyens de la CIA et de forces spéciales, puis également les Français qui, même si on les entend moins et on commente moins leur activité, restent quand même très intéressés à ce qui se passe dans toute cette zone au point de vue du terrorisme. »
« Force de frappe »
Pour ce chargé de recherches au Ceri, « les islamistes shebabs démontrent ainsi une fois de plus leur force de frappe après l'attaque contre le centre commercial Westgate en Somalie et des attaques régulières à Mogadiscio ou encore Mombassa, une recrudescence alimentée par une stratégie occidentale erronée car militariste. »
« Si les Européens avaient un semblant de politique étrangère digne de ce nom sur la Somalie, critique M. Marchal, ils se tourneraient vers les Etats-Unis et demanderaient comment un groupe qui pendant des années s’est concentré sur des objectifs purement somaliens a réussi à s’internationaliser alors que les Etats-Unis, à coups de drone, d’opérations de forces spéciales et d’interventions de la force de l’Union africaine n’ont cessé de prédire leur mort prochaine. Il y a un échec politique américain, il y a une incapacité des Occidentaux mais aussi de l’Union africaine d’évaluer pourquoi cet échec se produit et pourquoi la politique occidentale, parce que c’est elle qui dicte essentiellement celle de l’Union africaine vis-à-vis de la Somalie, est un échec. »
« Pompiers pyromanes »
«, insiste Roland Marchal, il faut quand même s’interroger sur les réflexes de pompiers pyromanes d’une partie de la communauté internationale et le fait que, alors que beaucoup de gens reconnaissent que les Etats-Unis se sont égarés et qu’il serait temps de réfléchir autrement, personne n’ose le dire ouvertement et obliger les Etats-Unis à repenser leur politique sur la Somalie et à avoir une démarche un peu plus politique et un peu moins militaire comme ils l’ont aujourd’hui. »

27/05/2014

Djibouti : Les milices somaliennes Al Shebabs revendiquent l'attentat de samedi soir


Selon l'Agence France Presse, les islamistes somaliens ont revendiqué mardi soir dans un communiqué l'attentat perpétré par deux kamikazes samedi soir dans un restaurant de Djibouti, faisant un mort et au moins une vingtaine de blessés.

   "Dans le cadre de la guerre sainte contre la croisade menée par l'Occident contre l'islam, les forces des shebab ont mené une opération couronnée de succès samedi soir contre la coalition croisée occidentale basée à Djibouti", déclarent les shebab, affirmant avoir visé un "restaurant fréquenté surtout par des croisés français et leurs alliés de l'Otan".

Malawi : 30 jours pour recompter les voix de la présidentielle



Les suites de la situation post-électorale au Malawi : le pays va finalement faire recompter les bulletins de vote, après la présidentielle contestée du 20 mai: la présidente Joyce Banda, donnée battue, a tenté en vain de faire annuler le scrutin. Elle dénonce une série de dysfonctionnements et de fraudes.
Sa décision d'annuler les élections a été dénoncée par le candidat arrivé en tête selon les résultats partiels.
Le président de la commission électorale du Malawi a refusé l'annulation du scrutin et décidé lundi soir de geler provisoirement les résultats pour procéder à un recomptage d'ici trente jours.

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Lundi soir, lors d'une conférence de presse dans la capitale, le président de la Commission électorale du Malawi, Maxon Mbendera, a assuré qu'un recomptage des voix serait effectué dans 58 bureaux de votes, des bureaux qui ont enregistré plus de 100% de participation...

Mais pour beaucoup, cet engagement ne suffit pas.
Car les bureaux de votes comptant plus de bulletins que d'électeurs inscrits seraient bien plus nombreux.
4000 bureaux de vote étaient ouverts le jour de l'élection.
De plus, le recomptage ne peut pas permettre de répondre aux questions essentielles : comment de telles fraudes ont-elles été possibles? et quel camp en serait responsable?

Dans le principal quotidien du pays, le NYASA Times, les éditorialistes demandent que les responsables de ce marasme politiques soient désignés et les fraudeurs punis.

La Présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a appelé lundi la population et les dirigeants des partis politiques du Malawi à maintenir le calme et à permettre à la Commission électorale du Malawi (MEC) de mener à bien son travail.

A ce jour, la MEC n’a publié que les résultats de 31% des bureaux de vote, n’a reçu que 139 plaintes de la part des partis politiques et n’a détecté des anomalies que dans 19 centres de vote sur un total de plus de 1.300.

 Le scrutin a connu des ratés spectaculaires : problèmes d'organisation considérables, jusqu'à dix heures de retard dans certains bureaux, vote le lendemain et jusqu'au surlendemain dans d'autres, dysfonctionnement du système informatique de comptage de la commission électorale obligeant à passer en mode manuel, et d'autres encore.

La présidente Joyce Banda, arrivée 2ème selon les résultats contestés, a, elle, tenté en vain de faire annuler samedi, en proposant un nouveau vote sans sa candidature.

Anciennement vice-présidente du pays, Joyce Banda est devenu chef de l'Etat sans élection suite au décès du président Bingu wa Mutharika en avril 2012. Il était au pouvoir depuis 2004 et critiqué pour dérive autocratique.

Son frère et ancien ministre des Affaires étrangères, Peter Mutharika, 74 ans, est lui arrivé en tête des résultats très partiels contestés.


Selon le spécialiste de la région Jeffrey Smith, du Centre Robert Kennedy, les prochains jours devraient se révéler décisifs sur la crédibilité de ce recomptage.

Selon lui, la société civile a fait un travail remarquable sur la campagne, mobilisant les électeurs; elle a donc les moyens de faire pression sur les dirigeants du Malawi pour qu'ils se montrent à la hauteur.



Libye : que peut le nouveau gouvernement?



Au lendemain de l'élection du nouveau Premier minitre libyen, Ahmed Maïtik, à Tripoli, le chaos sécuritaire continue de régner dans le pays.
Ce matin, un journaliste libyen critique des jihadistes a été assassiné à Benghazi, dans l'est du pays, fief des groupes armés radicaux.
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C'est une source hospitalière qui a annoncé la mort de Meftah Bouzid, rédacteur en chef du journal Burniq, tué par balles lundi matin dans le centre ville de Benghazi.
Selon un des ses proches, ces critiques contre les islamistes lui avaient valu des menaces de morts répétées.

Cette annonce intervient moins de 24h après le vote de confiance au Parlement de transition libyen, hier soir, le Congrès général national, qui a accordé sa confiance au nouveau gouvernement d'Ahmed Maïtik.

La question est de savoir si ce renouvellement des autorités de transition peut enfin contribuer à ramener un peu de stabilité dans le pays en proie aux violences et à l'insécurité.

Le nouveau cabinet de 23 ministres, destiné à diriger le pays jusqu'au prochaines élections législatives du 25 juin, n'est pour l'instant pas complet - quatre postes restent à pouvoir dont les ministères des Affaires étrangères et de la Défense.
Il avait été élu il y a deux semaines lors d'une session parlementaire chaotique et était dénoncé comme illégal par certains parlementaires.
Mais surtout, malgré le vote de confiance de dimanche soir, ce gouvernement, soutenu par les islamistes reste contesté par les groupes laïcs faisant front autour de la personnalité de Khalifa Haftar, général rebelle. 

Selon le Libya Herald, Ezzidden Al-Awami, premier Président adjoint du Parlement de transition libyen, qui a contesté l'élection de ce gouvernement, met en garde à présent contre le désastre qui attend le pays si le nouvel exécutif entre effectivement en fonction.

Et pour l'envoyé spécial de l'UE pour la Libye, cette crise est la plus sévère traversée par le pays depuis la chute de Kadhafi en 2011 ; il souligne le poids des brigades d'ex-rebelles et milices dans le pays.

Le pays n'a - de plus - toujours ni armée nationale, ni constitution.
Les luttes et violences entre milices pro- et anti-islamistes se révèlent encore particulièrement violentes dans la région de Benghazi; l'assassinat d'un journaliste lundi matin vient renforcer le sentiment que dans l'est ne règne que chaos et impunité. 

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Que peut ce gouvernement?
Eléments de réponse avec Hasni Abidi, directeur du CERMAM, à Genève, pour qui le pays a absolument besoin de montrer un semblant de légalité 

Hasni Abidi,
directeur du CERMAM, à Genève, le Centre d'études du monde arabe et méditerranéen
joint par Mélissa Chemam pour RFI.

Hasni Abidi,directeur du CERMAM, à Genève, pour qui le pays traverse en effet une crise sans précédent mais ne peut prendre le risque de laisser la situation sécurité s'envenimer et provoquer une scission notamment à l'est...


http://www.rfi.fr/afrique/20140527-libye-gouvernement-nomme-catimini-prevenir-le-chaos/

« D’abord, on a un gouvernement par défaut parce qu’on ne pouvait pas se permettre de ne pas avoir un gouvernement, sinon on allait assister à un vide politique et un vide constitutionnel très important puisque le pays va connaître des élections très importantes fin juin, explique Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen à Genève (Cermam). Le deuxième élément qui a précipité la formation d’un gouvernement aussi discrètement, c’est bien entendu la tentative de coup de force menée par le général Khalifa Haftar, et certains de ses miliciens ont menacé d’arrêter certains députés et même le gouvernement. Il fallait absolument remplir ce vide et constituer ce gouvernement pour dire que la Libye est bien dirigée par un gouvernement disant que la légalité institutionnelle est toujours en vigueur en Libye. »
Risque de partition du pays

Hasni Abidi ajoute que dans cette crise sans précédent que traverse le pays, ce qu’il reste de l’Etat ne peut prendre le risque de laisser la situation sécuritaire s'envenimer et provoquer une scission notamment à l'Est : « La situation est très critique et jamais la Libye n’a traversé une zone de turbulences sur le plan sécuritaire et politique, et même économique. Le pays est presque en défaut de paiement. Benghazi, évidemment, c’est le symbole de toute la région de l’Est et elle paie le prix fort de l’absence de l’Etat, de la centralisation du pouvoir à Tripoli, et de la non prise en considération de ses besoins par à la fois la milice de Misrata qui est importante et qui est une véritable armée dans l’Etat, et aussi par le gouvernement central. Evidemment, les assassinats sont aussi un élément très important qui risque d’amplifier un peu ce divorce entre la région de l’Est et Tripoli. Mais de là à vraiment imaginer une scission, ce serait grave et dangereux dans la mesure où la Libye ne peut pas se permettre le luxe d’avoir trois régions complètement indépendantes. »

Plus d'infos sur www.rfi.fr