05/07/2014

Kordofan Ouest : symptômes des violences soudanaises


Article de ce vendredi :
SOUDAN PÉTROLE

Recrudescence de combats meurtriers au Soudan

mediaVue arienne de Khartoum, Soudan.Getty Images/ Robert Caputo
Au Soudan, au moins 150 personnes sont mortes dans des combats entre clans rivaux près d'un site pétrolier, dans l'Etat du Kordofan-Ouest. C'est ce qu'ont annoncé ce vendredi 4 juillet les médias officiels soudanais. Ceux-ci n'ont pas toutefois précisé la date de ces affrontements liés à un différend territorial.
Les combats ont opposé deux clans de la tribu Misseriya, selon le chef tribal Mohammed Omer Al-Ansari. Ce dernier répondait aux questions du Centre des médias soudanais. L'homme n'a fait part ni de la date ni de la durée des affrontements. Il semblerait que l'enjeu soit des disputes de parcelles dans cette zone où se trouve un puits de pétrole en activité. Selon le Sudan Tribune, les affrontements auraient également fait plus de 100 blessés.
Des affrontements similaires se sont produits il y a un mois : dans la même région, ces groupes - des Zurug et Awlad Amran du clan Misseriya - se sont affrontés début juin, faisant 41 morts. Ils avaient utilisé des kalachnikovs et des grenades.
Une situation instable
Alors que la situation économique se détériore depuis deux ans au Kordofan-Ouest et au Darfour voisin, les affrontements autour de la possession de parcelles se multiplient.
La situation semble instable du fait que les autorités soudanaises avaient armé les Misseriya ainsi que d'autres groupes de la région pendant la guerre civile qui s'est achevée en 2005, et a conduit à l'indépendance du Soudan du Sud.
Les milices ont été réactivées récemment pour luter contre des groupes rebelles au Kordofan, selon une ONG spécialisée dans le recensement des armes légères. Les autorités des Etats du Kordofan-Ouest et de l'est du Darfour s'étaient engagées à renforcer leurs troupes dans ces régions. Le Sudan Tribune confirme que des sources locales dénoncent également la prolifération d'armes au sein de différents groupes. Ce serait la conséquence d'une campagne de réarmement des tribus par le gouvernement qui espère ainsi lutter contre les rebelles.
 

04/07/2014

L'éditorial de Grotius International


  


RENOUVELER L’HUMANITAIRE…OSONS !Lien vers le site : http://www.grotius.fr/renouveler-l-humanitaire/



humanitaires
Le mouvement humanitaire, en France, n’est ni de droite ni de gauche. Dans nos débats de société, c’est silence radio : sur la montée et la banalisation du racisme, la percée du Front national, la déliquescence des partis politiques, la corruption, la pauvreté qui gagne une majorité de Français, la montée vertigineuse du chômage etc. Sur tous ces sujets, les ONG comme MSF, MDM, ACF, Solidarités internationales, H.I, le Secours islamique, Acted, PU-AMI etc. n’ont-elles donc rien à dire ?

S’interdisent-elles toute prise de parole ? Sont-elles comme paralysées ? D’aucun diront – avec raison, que cette prise de parole ne fait pas partie de leur mission. Etre dans l’action, oui. Pour certaines d’entre elles, dans nos quartiers, dans certaines zones sensibles, ou auprès de minorités comme les sans-papiers, les Roms…
Absence de prise de position publique donc lors des temps forts de la démocratie française, élections municipales, régionales, présidentielle : il faut le reconnaitre. Faut-il s’en désoler aujourd’hui ? Le temps de le regretter arrivera-t-il ? Ce monde humanitaire en action dans le monde n’est donc pas classifiable dans l’espace politique nationale. Cet apolitisme apparent sera-t-il un jour assourdissant ?
On le dit pourtant : certains de ces « patrons » de l’humanitaire français sont des hommes politiques ratés. Contrariés. Un temps, celui d’une jeunesse militante, ils furent engagés, à droite ou à gauche. Très peu de ces hommes ou femmes ont un véritable parcours très  « marqué » à droite, ce parcours classique : mouvements de jeunesse d’extrême-droite, coups de feu en terres lointaines, embrigadements dans le champ politique pur, amitiés parallèles peu avouables avec certains intellectuels ou milieux.
Les motivations des jeunes / étudiant(e)s qui désirent embrasser la carrière – souvent par vocation, n’en sont que plus déconcertantes : eux aussi s’avouent dans l’ensemble ni de droite ni de gauche, matérialiste oui sans le dire mais il suffit d’évoquer leur avenir, leurs vœux – acheter une maison, fonder une famille etc., et s’avouent épris de « choses » (mot entendu) qui les transcendent : pureté, engagement, faire le bien. « Je veux faire le bien » dit une jeune femme en formation. Un discours un tantinet religieux sans ses fondamentaux – grandes ignorances de l’Histoire des religions etc. et du fait religieux en soi, tout simplement. Ceux-là ne sont pas les 30% de ces étudiants qui votent pour le fascisme feutré de Marine Le Pen. Eux sont plutôt les abstentionnistes. Ou les écolos-bobos.
Nombre de ces jeunes qui s’engagent dans l’humanitaire par le biais d’un premier stage ou CDD sont donc politiquement corrects. Sans plus. Ils sont déjà « dans le moule ». Mais veulent stopper la famine à des milliers de kilomètres, changer le monde loin là-bas. Nous sommes dans le prêt-à-porter idéologique. Bien sûr au grand bonheur des DRH et patrons d’ONG. Ces petits ‘tirailleurs’ de l’humanitaire partiront la fleur au fusil.
Maintenant soyons juste : faire le Bien avec ou sans majuscule n’est de droite ni de gauche. « Faire » de l’action humanitaire n’est ni de droite ni de gauche. Faut-il rappeler ici que l’action humanitaire est fille du monde politique et économique libérale? Construction laborieuse, si riche en débats d’idées depuis trois cents ans. De Londres à Paris… Donc que faire ? Que faire ? Comme disait l’ami Lénine…
Je réponds simplement qu’il est temps aujourd’hui que les patrons d’ONG descendent dans les amphis, aillent à la rencontre de ces jeunes humanitaires en herbe. Pour leur expliquer notre monde, ce à quoi ils se préparent, évoquer leur propre expérience de quelques décennies pour certains… Et remettre quelques pendules à l’heure, parler des valeurs qui portent le métier d’humanitaire. Rappeler l’impartialité, la neutralité, l’indépendance…La fameuse sainte Trinité qui avec un grand dosage d’inter-culturalité peut nous sauver ici, sauver l’autre et sauver notre engagement vers l’autre. Et faire comprendre, ici et à des milliers de kilomètres, qu’il existe encore une éthique et une morale sur lesquelles il ne faut jamais – jamais, transiger.
Je fais un rêve : que le monde humanitaire français se lève comme un seul homme pour rappeler au plus grand nombre les valeurs humanistes qui font sa fierté. Sans entrer dans le champ politicien national. Avec hauteur et dignité. Il est inutile de nommer l’innommable : l’extrême-droite. Mais il est urgent de témoigner. Ici aussi.
Jean-Jacques Louarn
Jean-Jacques Louarn est journaliste à RFI.

Accord entre Areva et l'Etat du Niger: la société civile nigérienne déçue



NIGER FRANCE NUCLÉAIRE
Publié le • Modifié le 

Areva au Niger: la société civile nigérienne déçue par l'accord cadre

par Mélissa Chemam


L'entrée du site d'Areva à Arlit, au Niger. AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Au Niger, alors que la finalisation de l'accord entre l’Etat du Niger et Areva se fait attendre, notamment la nomination de directeurs nigériens à la tête des sociétés d'extraction Somaïr et Cominak, la société civile nigérienne se dit largement déçue et surtout inquiète. L'accord cadre a été signé le 26 mai et publié au Journal officiel du Niger le 12 juin dernier mais les décisions ne satisfont pas tout le monde, surtout pas la société civile.
Ramatou Solli est la coordinatrice du Groupe de réflexion et d'action sur les industries extractrices du Niger. Elle regrette que la société civile ne soit considérée que comme « un trouble-fête » par les autorités sur le dossier et que ses recommandations n'aient pas été défendues lors des négociations entre les ministres en charge du dossier et la société française.
Une chance historique et … « l’occasion d’échouer »
Selon Ramatou Solli, ces négociations offraient une chance historique de faire entendre les attentes des Nigériens sur le dossier des industries d’extraction de l’uranium, mais « c’est également historique, parce qu’on s’est offert l’occasion d’échouer. Le ministre d’Etat, ministre des Mines et les autorités en charge de cette question ont toujours fait croire aux Nigériens qu’ils négociaient dans le sens des intérêts du Niger, mais vus les résultats obtenus, je pense que c’est un accord sur lequel le Niger a été grugé plus que d’habitude ; on n'a rien gagné du tout, on a fait semblant de conduire des négociations pendant près de dix-huit mois pour aboutir à rien, en fait ».
Le Groupe de réflexion et d'action sur les industries extractrices du Niger entend les arguments de l’entreprise française sur les conditions du marché qui se sont détériorées mais se dit tout de même lésé par l’accord en termes de perspectives sociales pour les employés.
Un marché de l’uranium morose
« On nous parle des coûts très bas de la livre d’uranium sur le marché et du coup élevé de la production de l’uranium nigérien et que pour cela il fallait réduire les coûts de production, ajoute Ramatou Solli. Pour réduire les coûts de production, il faut réduire les charges et réduire les charges reviendrait à faire des licenciements ou des réductions sur les salaires des travailleurs, ce que les directeurs généraux nigériens vont devoir supporter ».
L’accord cadre prévoit en effet que l’Etat du Niger propose deux directeurs généraux à nominer à la tête des deux sociétés d’exploitation de l’uranium nigérien, la Somaïr (la Société des mines de l’Aïr) et la Cominak (la Compagnie minière d’Akouta), ce que l’accord de partenariat stratégique nomme la « nigérisation » de ces postes, sur la base « d’un commun accord ». La désignation par les deux parties du DG de Cominak doit, selon l’accord, intervenir avant le 30 juin 2016, celle de Somaïr avant le 30 juin… 2014.
Cette nomination n’est pas encore effective à ce jour, mais pour Ramatou Solli ces nominations risquent de conduire les directeurs nigériens à annoncer eux-mêmes les plus mauvaises nouvelles à leurs concitoyens. « Nous constatons qu’avec cet accord la loi de 2006 n’est pas appliquée entièrement et que cela nous laisse sur notre faim pour tout le combat que nous avons mené sur le plan social », explique-t-elle. « La première conséquence directe que j’entrevois sera le problème de la reconstruction de la route de l’uranium, en mauvais état, pour laquelle Areva propose 90 milliards de francs CFA sur quatre ans, or cela ne suffit pas, il faut quatre fois plus pour reconstruire cette route. Le Niger va devoir s’endetter pour finir les travaux et permettre à Areva de continuer à exploiter et transporter son uranium jusqu’au port de Cotonou. La deuxième conséquence correspondant à une fausse promesse, non tenue depuis 2007, sur l’exploitation des mines de la région d’Agadez ». A cela s’ajoutent les menaces de licenciements et de baisse des salaires, selon elle, ainsi que l’absence de prise en charge des questions de l’environnement, de la pollution des sites et de la santé des travailleurs.
Conséquences sociales peu prometteuses
Les syndicats dénoncent aussi les conséquences sociales des arrangements imposés par l’accord, notamment les pressions sur les travailleurs qui vont devoir travailler plus, selon Moussa Ibrahim, syndicaliste à la Synamin. Il rapporte les premiers licenciements dans les sociétés travaillant en sous-traitance avec Areva, surtout avec l’arrêt des activités du site d’Imouraren : 552 employés ont déjà été licenciés dans la société Sinohydro, rapporte-t-il. « Une fois les accords définitivement signés, explique-t-il, il ne nous restera que les notes et les dernières dispositions prises dans le cadre de la mise en application de l’accord pour agir ; et nous estimons que si la situation continue à nuire à nos intérêts, il nous faudra sortir les gants et s’il faut aller dans la rue, on ira dans la rue. S’il faut que l’Etat s’implique davantage dans la préservation des intérêts des Nigériens, on sollicitera sa contribution. Et les syndicats des mines et les centrales syndicales ont intérêt aujourd’hui à réfléchir sur ces sujets ».
Le gouvernement n’a pas encore souhaité réagir à ces inquiétudes. Le ministre des Mines, Omar Hamidou Tchiana, doit s’exprimer devant les membres de l’Assemblée nationale la semaine prochaine pour présenter les résultats de cet accord, lors d’une session extraordinaire. Début juin sur RFI, le ministre reconnaissait au micro de Christophe Boisbouvier que le chômage technique sur le site d’Imouraren semblait fort probable.

03/07/2014

13 ONG britanniques affirment que le Soudan du Sud frôle la famine


Déchiré par une guerre civile, le plus jeune Etat du monde risque d'être frappé par la catastrophe alimentaire dans les prochaines semaines si une aide massive n'est pas mobilisée, selon les 13 ONG membres du Comité d'urgence britannique pour les catastrophes (DEC). 

Précisions : Mélissa Chemam pour RFI

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 Photograph: Jacob Zocherman

Selon les agences humanitaires, "si le conflit au Soudan du Sud se poursuit" - ce qui est plus que probable - et "que l'aide n'augmente pas, d'ici août prochain, plusieurs régions du pays sombreront dans la famine".
Le Comité d'urgence britannique pour les catastrophes (DEC) regroupe 13 ONG présentes au Soudan du Sud dont Oxfam et Save the Children.

Selon Saleh Saeed, responsable de la coalition d'ONG, "le risque de famine est réel, dans plusieurs régions du pays" et il est urgent que les ONG puissent alimenter leur budget.
Elles ne disposent que de la moitié de leur budget nécessaire pour faire face à la crise et l'ONU que de 40% des fonds nécessaires à la livraison de son aide alimentaire.

Le collectif britannique DEC estime son budget nécessaire pour le pays à 140 millions d'euros, or il ne dispose pour l'instant que de 70.

Selon Elisabeth Byrs, porte-parole du P.A.M. à Genève, l'argent manque parce que le nombre de déplacés et de réfugiés augmente au Soudan du sud mais aussi dans le monde, et les crises sévères sont nombreuses, de la Syrie à la Centrafrique en passant par le Soudan du Sud.

Depuis l'éclatement du conflit entre le président Salva Kiir et son ancien Vice-président Riek Machar en décembre dernier, le pays s'enfonce dans une guerre civile lourde de conséquences sur le plan humanitaire.
Au moins 10.000 personnes ont péri dans le conflit, et plus d'un million et demi sont déplacés.

Devenu indépendant le 9 juillet 2011, suite à l'accord de paix avec Khartoum de 2005 signé sous l'égide des Etats-Unis, le Soudan du Sud se relevait déjà difficilement des 25 ans de guerre contre le gouvernement soudanais. Mais miné par des divisions à la fois ethniques, religieuses et sociales, le jeune Etat ne s'est pas relevé de ses blessures et dissensions.

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Lien : en images sur Le Guardian
http://www.theguardian.com/global-development/2014/jul/01/-sp-south-sudan-malakal-refugee-camp-in-pictures


01/07/2014

Togo : bras de fer en vue de la présidentielle de 2015


Au Togo où l'assemblée nationale a rejeté un projet de loi limitant le nombre de mandats présidentiels.
Le texte avait été présenté par le gouvernement dans le cadre d'une série de modifications de la constitution exigées quant à elles par l'opposition. Les députés de la majorité présidentielle ont alors pu rejeté l'ensemble de la réforme. Cela permet donc en théorie une nouvelle candidature du président Faure Gnassingbé, pour un 3ème mandat, en 2015. 

Plus de détails avec Mélissa Chemam.
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Le projet de loi a pourtant été présenté par le gouvernement devant l'Assemblée nationale - l'initiative du débat, elle, venait de l'opposition.
Déposé le 16 juin dernier, le projet de loi prévoyait la réforme de six points de la Constitution de 1992 : dont le passage à l'élection du président de la République au suffrage universel direct, un scrutin à deux tours, et un mandat de 5 ans pour le chef de l'Etat renouvelable une seule fois.

Mais sur 91 députés, 63 ont voté contre, au cours d'un vote secret.
Les députés de l'UNIR, L'Union pour la République au pouvoir, représentent 62 de ses parlementaires ;
pour beaucoup, le calcul est donc facile à faire...

La prochaine élection présidentielle togolaise est prévue pour février ou mars 2015.
Le Président Faure Gnassingbé, déjà élu deux fois en 2005 et 2010, conserve donc la possibilité de se re-présenter.
Fils de l'ancien président Gnassingbé Eyadema, il a été porté au pouvoir à la mort de celui-ci en février 2005, avant son élection quelques mois plus tard en mai.

L'opposition et la société civile réclamait depuis des mois une limitation des mandats présidentiels à deux.
La semaine dernière, le collectif "Sauvons le Togo" et la coalition "Arc-en-ciel", proche de l'opposition, avait manifesté en ce sens pendant trois jours.

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Le Parti au pouvoir souligne que le Parlement s'est exprimé indépendamment de l'exécutif, et que l'opposition n'a pas fourni sa part du dialogue. Pour Georges Aïdam, le Vice-président de l'UNIR,  l'Union pour la République - au pouvoir, les opposants voudrait leur imposer une loi rétroactive, ce qui est inconstitutionnel, pour viser le Président Gnassingbé.

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Pour les membres de l'opposition et la société civile, la seule solution est désormais de battre le président aux prochaines élections.

Patrick LAWSON est le vice-président de L'Alliance Nationale pour le Changement, l'ANC de Jean-Pierre FABRE. Selon lui, cette manoeuvre de l'UNIR, le parti au pouvoir, rompt ainsi "l'accord politique global" qui sert de dialogue depuis les violences de 2005 entre le pouvoir et l'opposition, en rejetant ce projet de loi.

Nigéria : cycle de violence dans l'Etat du Borno


 Plus de 50 morts, c’est le premier bilan des attaques qui ont été lancées contre plusieurs églises de villages de l’Etat du Borno au Nigéria, hier dimanche, à l’extrême nord-est du pays. Une autorité officielle de l’Etat a communiqué ce bilan ce lundi vers midi, heure locale. 57 morts selon la Croix Rouge locale dans ces 4 villages qui se trouvent à quelques km de la ville de Chibok, où des combattants de la secte islamiste Boko Haram ont enlevé plus de 200 jeunes filles en avril dernier. Les djihadistes sont suspectés.
Les habitants des villages attaqués continuent de retrouver des corps de victimes, selon la croix rouge.

Précisions de Mélissa Chemam

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Les attaques ont débuté pendant les messes dans les villages de Kwada, Ngurojina, Karagau et Kautikari, autour de Chibok.
Des hommes lourdement armés ont attaqué ces lieux de culte en moto, lançant des grenades et tirant sur les fidèles pendant le culte et sur ceux qui ont pris la fuite.
Selon l’évêque de Maiduguri, les églises attaquées sont évangéliques, et toute la communauté chrétienne se mobilise pour venir en aide aux aux blessés et aux familles des victimes.

Des témoins rapportent que les attaquants ont mis le feu à plusieurs maisons ; d’autres que l’armée n’est pas intervenue, des soldats seraient même partis se réfugier en forêt pour se protéger.

Témoin : "les combattants de Boko Haram sont partout; il ont mis le feu à nos maisons, à nos fermes, tout peut être brûlé. La plupart des gens ont fui, nous ne savons pas quand cela va finir et quand les gens pourront rentrer chez eux. Et ils n'ont pas de nourriture, ni nulle part où revenir".

Selon le Sénateur local, Ndume Mohammed Ali, les autorités ne cessent d’appeler le gouvernement à renforcer la sécurité dans la région, officiellement placé sous état d’urgence depuis mai 2013 :

 "Les villages sont isolés et nous n’avons qu’un seul poste de police dans la région, le siège du gouvernement local, qui est à plusieurs km de la zone des attaques. Dans la plupart des cas d’attaques, avant que les forces de sécurité ne se mobilisent et n’arrivent sur place, on se rend compte que leur intervention arrive trop tard".

La police de l’Etat du Borno n’a pas donné plus de détails sur un éventuel renforcement des mesures de sécurité.


27/06/2014

Soudan : Meriam Ibrahim à l'ambassade américaine


Meriam Ibrahim est désormais à l'ambassade américaine de Khartoum.
Cette chrétienne Soudanaise dont la condamnation à mort avait été annulée lundi par la cour d'appel soudanaise n'en finit pas de passer par des rebondissements :

Arrêtée en tentant de quitter le pays mardi, elle a été accusée de trafic de papier et est désormais de nouveau libre, mais a trouvé refuge à l'ambassade à Khartoum, selon son avocat, qui estime qu'il s'agit du lieu le plus sûr pour elle et sa famille.

Meriem Yahia Ibrahim Ishag, 26 ans, avait été arrêtée mardi à l'aéroport de Khartoum, alors qu'elle tentait de quitter le Soudan avec son mari et leur deux enfants, puis inculpée d'usage de faux, Khartoum l'accusant d'avoir présenté un faux document et fourni de fausses informations pour partir.
La famille voulait se rendre aux Etats-Unis.

Son époux, Daniel Wani a la double nationalité américaine et sud-soudanaise, et avait fourni à sa femme et leur enfants de documents de voyages d'urgence sud-soudanais, jugés en règle par les autorités sud-soudanaises.

Le procureur a finalement décidé de la laisser rentrer chez elle sous le contrôle d'un garant, plus tôt dans la journée de jeudi.

Elle ne peut toujours pas quitter le pays et a rejoint l'Ambassade américaine vers 21h, heure locale, jeudi soir avec son mari et ses enfants, selon son avocat Al Sharif Ali Muhamed:

"Meriam est désormais avec son mari à l'Ambassade américaine oui, elle ne peut pas rentrer chez elle, elle ne peut pas non plus rester à l'hôtel parce que quelqu'un pourrait y venir l'attaquer ou la harceler. Ainsi l'Ambassade américaine est le lieu le plus sûr pour elle. Son affaire se poursuit, elle ne peut donc toujours pas voyager en dehors du Soudan bien que ses papiers soient en règle, ils ont été réalisés par l'ambassade du Soudan du Sud de Khartoum. Donc maintenant nous espérons que les autorités vont lui fournir un passeport soudanais".

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Al Sharif Ali Muhamed, un des avocats de Meriam Ibrahim,
joint par Mélissa Chemam.

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NB.  Meriam Yahia Ibrahim Ishag est née d'un père musulman et d'une mère chrétienne orthodoxe, qui l'a élevée dans sa confession après le départ du père quand elle était très jeune. Ce sont des hommes "qui disaient être" de sa famille paternelle qui ont engagé les poursuites pour apostasie.

Crisis Group on Somalia and Al-Shabaab


Despite military gains against Somalia’s Islamist group Al-Shabaab, the insurgents’ defeat will remain elusive until the Somali government and its international partners address long standing social – often clan-based – grievances through parallel local and national processes, as the basis for the revival of conventional governmental authority.

To combat the entrenched, highly adaptable extremist group Al-Shabaab, the Somali Federal Government and its allies must better imitate the group’s core political strengths. The focus on military campaigns with little emphasis on encouraging political settlements in liberated areas is handing the initiative back to the insurgents. In its latest briefing, Somalia: Al-Shabaab – It Will Be a Long War, the International Crisis Group looks beyond Al-Shabaab’s extremist face and explains why the group remains resilient in south-central Somalia.

The briefing’s major findings and recommendations are:
  • While Al-Shabaab remains the focus for international actors, it is just one of several obstacles on the road to peace and stability. And unlike many of its rivals in south-central Somalia, the group still offers practical solutions to clan conflicts and minority representation, simple but effective governance and justice structures, and basic social services, including religious instruction in areas with scant primary education.

  • Al-Shabaab draws strength from an experienced cross-clan leadership that – despite internal tensions – continues to offer a consistent and well-articulated vision, propagated at the ground level through close engagement with Somali society, particularly in rural areas.

  • Before further military campaigns continue – especially in the large rural areas still controlled by Al-Shabaab – the Somali Federal Government, with its regional and wider international supporters, needs to begin national and local reconciliation efforts in liberated areas, as outlined in its National Stabilisation Strategy. Local consultative bodies should be encouraged to generate political consensus and leadership, in tandem with term-limited care-taker administrations focused on rehabilitation of basic services.
“For all its many mistakes, Al-Shabaab has managed to appear independent of external political timetables and non-Somali support. Its schooling and training activities as well as its human and media networks in the region have allowed Al-Shabaab to recruit new members, even in the face of greater security presence”, says Cedric Barnes, Horn of Africa Project Director. “That’s been key to the group’s continued control of both money and minds in many parts of Somalia”.
“At this stage, another military surge might be counterproductive, especially if foreign troops are leading the way”, says EJ Hogendoorn, Africa Program Deputy Director. “The Somali Federal Government and its allies need to strike at the root of Al-Shabaab’s strength by imitating its grassroots political success and providing for local needs”.




Somalia: Al-Shabaab – It Will Be a Long War

Africa Briefing N°9926 Jun 2014
OVERVIEW
Despite the recent military surge against Somalia’s armed Islamist extremist and self-declared al-Qaeda affiliate, Al-Shabaab, its conclusive “defeat” remains elusive. The most likely scenario – already in evidence – is that its armed units will retreat to smaller, remote and rural enclaves, exploiting entrenched and ever-changing clan-based competition; at the same time, other groups of radicalised and well-trained individuals will continue to carry out assassinations and terrorist attacks in urban areas, including increasingly in neighbouring countries, especially Kenya. The long connection between Al-Shabaab’s current leadership and al-Qaeda is likely to strengthen. A critical breakthrough in the fight against the group cannot, therefore, be achieved by force of arms, even less so when it is foreign militaries, not the Somalia National Army (SNA), that are in the lead. A more politically-focused approach is required.
Even as its territory is squeezed in the medium term, Al-Shabaab will continue to control both money and minds. It has the advantage of at least three decades of Salafi-Wahabi proselytisation (daawa) in Somalia; social conservatism is already strongly entrenched – including in Somaliland and among Somali minorities in neigh­bouring states – giving it deep reservoirs of fiscal and ideological support, even without the intimidation it routinely employs.
An additional factor is the group’s proven ability to adapt, militarily and politically – flexibility that is assisted by its leadership’s freedom from direct accountability to any single constituency. From its first serious military setbacks in 2007 and again in 2011, it has continually reframed the terms of engagement. It appears to be doing so again.
Countering Al-Shabaab’s deep presence in south-central Somalia requires the kind of government – financially secure, with a common vision and coercive means – that is unlikely to materialise in the near term. More military surges will do little to reduce the socio-political dysfunction that has allowed Al-Shabaab to thrive; in certain areas it may even serve to deepen its hold. The Somalia Federal Government (SFG), supported by external allies, should consider the following political options:
  • implementing, as outlined in the “National Stabilisation Strategy” (NSS), parallel national and local reconciliation processes at all levels of Somali society;
  • imitating Al-Shabaab’s frequently successful techniques of facilitating local clan dialogue and reconciliation (as per the National Stabilisation Strategy, NSS), as well as religious education;
  • developing a new approach to establishing local and regional administrations that privileges neither SFG appointees nor clients of neighbouring states; and
  • making the local (Somali) political grievances that enable Al-Shabaab to remain and rebuild in Somalia the paramount focus, not regional or wider international priorities.
Nairobi/Brussels, 26 June 2014


 Au Kenya, le gouverneur de la région de Lamu a été arrêté, 15 jours après la double attaque dans la région côtière de Mpékétoni. Selon les autorités, l'arrestation intervient dans le cadre de l'enquête pour "terrorisme' et "meurtres". Il a été placé en garde a vue dans l'attente d'une décision de justice. Ces attaques, revendiquées par les shebabs islamistes somaliens, ont fait une soixantaine de morts en une nuit.

Précisions de Mélissa Chemam
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Figure imposante de la vie politique kenyane, Issa Timany, a été arrêté mercredi soir. 

Il a été présenté devant une cour de Mombassa ce jeudi ; et il va devoir y rester en garde à vue jusqu'à lundi.
La cour déterminera alors s'il doit être détenu pour 14 autres jours dans le but de permettre l'avancée de l'enquête sur les attaques de Mpeketoni. Mais selon son parti, l'UDF, membre de l'opposition, aucune charge précise n'a été énoncé permettant de justifier son arrestation.

Parmi les partisans de l'opposition, de nombreux Kenyans considèrent que le gouverneur de Lamu fait office de bouc émissaire pour le Président kényan, Uhuru Kenyatta, qui rejette la revendication des attaques terroristes par les milices somaliennes Al Shebab, pourtant de plus en plus actives sur le sol kenyan. Le président, issu de la majorité kikuyu, estime que les attaques ont pour fondements des divisions ethniques, certes résurgentes depuis les violences post-électorales de 2007-08.

De leur côté, les spécialistes du terrorisme dans la Corne de l'Afrique soulignent que les miliciens somaliens redoublent d'effort pour punir de le Kenya pour son engagement au sein des forces militaires de l'AMISOM en Somalie. Pour ces experts, au delà du débat sur le rôle des groupes minoritaires de la région de Mombassa et Lamu, dont le gouverneur fait partie, la question de l'implication kényane en Somalie reste la clé de la recrudescence des actions terroristes sur le sol kényan. 

Parmi les partisans d'un retrait du Kenya des troupes de l'AMISOM se trouve notamment Raila Odinga, l'ancien Premier Ministre, et fervent opposant de Kenyatta, désormais leader de l'opposition. Pour le Vice-président, William Ruto, poursuivi comme le président Kenyatta par la CPI pour son implication présumée dans les violences de 2008, un retrait ne ferait que montrer un geste de faiblesse face aux forces des Shebabs de plus en plus actives dans toute la Corne de l'Afrique, ''comme l'a montré l'attentat perpétré sur le sol djiboutien le 24 mai dernier.

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 Et pendant ce temps, en Somalie, deux soldats djiboutiens de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) ont été tués jeudi lors de l'attaque de leur base. L'attaque a été revendiquée par les insurgés islamistes somaliens shebab.
L'attaque a été perpétrée vers 07h (04h GMT) à Buula Burde, dans le centre du pays, environ 200 km au nord de Mogadiscio, par deux hommes "vêtus d'uniformes de l'armée somalienne", selon un porte-parole de l'Amisom, Eloi Yao.
Les assaillants n'ont pas réussi à entrer dans le complexe du contingent djiboutien, mais un échange de tirs a eu lieu au point de contrôle, durant lequel les deux soldats djiboutiens ont été tués durant cet échange, ainsi que les deux assaillants.
  
  

26/06/2014

Corne de l'Afrique : point sur les principales attaques récentes des milices al shebab


 
      NAIROBI,  16 juin 2014 (AFP) - Les islamistes somaliens shebab,
auxquels est attribuée l'attaque sur la côte kényane qui a fait dimanche soir
49 morts, ont mené des actions meurtrières ces dernières années dans les pays
voisins impliqués militairement en Somalie.
   Liés à Al-Qaïda, les shebab ont perdu la quasi-totalité de leurs bastions
en Somalie depuis qu'ils ont été chassés de Mogadiscio en 2011, mais contrôlent
encore de vastes zones rurales dans le pays, d'où ils mènent actions de
guérilla et attentats sanglants.
 
   == AU KENYA ==
   L'attaque de Mpeketoni dimanche soir (16 juin) près de l'archipel de Lamu est la plus
meurtrière et la plus spectaculaire depuis l'assaut et le siège du centre
commercial Westgate à Nairobi le 21 septembre 2013 qui avait fait au moins 67
morts. Les shebab avaient revendiqué l'attaque en représailles à l'intervention
de l'armée kényane en Somalie depuis octobre 2011.
   Depuis près de trois ans, le Kenya est la cible de nombreux attentats,
attribués aux shebab ou à leurs sympathisants. Les attaques ont visé notamment
Garissa (est), Mombasa et la côte kenyane, ainsi que Nairobi et sa banlieue.
   L'attaque de Mpeketoni porte à au moins 77 le nombre de personnes tuées
depuis le début de l'année au Kenya dans des attentats attribués aux shebab ou
à leurs sympathisants.
 
   == EN OUGANDA ==
   Le 11 juillet 2010, un double attentat à Kampala, dans deux restaurants de
la capitale qui retransmettaient la finale de la Coupe du monde de football,
fait 76 morts et plus de 80 blessés. Les shebab revendiquent l'attentat, en
représailles au rôle majeur de l'Ouganda au sein de la force africaine (Amisom)
qui combat les shebab en Somalie depuis 2007.
 
   == A DJIBOUTI ==
   Le 24 mai 2014, un attentat contre un restaurant fréquenté par des
Occidentaux, notamment des militaires, tue un citoyen turc, outre les deux
kamikazes, et fait une vingtaine de blessés européens. C'est le premier
attentat revendiqué par les shebab à Djibouti.
   Les islamistes somaliens disent avoir visé "la coalition croisée
occidentale basée à Djibouti" notamment les "croisés français", et appellent le
président djiboutien à retirer ses soldats déployés depuis fin 2011 au sein de
l'Amisom.
 
   Par ailleurs, les shebab ont menacé l'ETHIOPIE de représailles à sa
présence militaire en Somalie. Les attentats sont rares en Ethiopie, mais en
octobre 2013 deux Somaliens avaient été tués par une bombe qu'ils
confectionnaient à Addis Abeba, où se déroulait un important match de football.
 
   En SOMALIE, l'attentat le plus meurtrier de ces dernières années, une
attaque au camion piégé le 4 octobre 2011 contre un complexe ministériel à
Mogadiscio, a fait au moins 82 morts et 120 blessées.
   bc/tmo/sd
 
AFP 161517 PPP JUN 14