11/11/2014

1914 - 1918 : Mémoires entre Europe et Afrique

En ce 11 novembre, occasion de revenir sur notre passé commun...


le 11 nov. 2014

Centenaire de la Grande Guerre

article

Cette année 2014 marque le centenaire du début de la Première Guerre mondiale. Des commémorations ont lieu en Europe, notamment en France, pour rendre hommage à tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour leur patrie et pour la paix. Dossier spécial RFI réalisé en partenariat avec la Mission du centenaire 14-18.


Sur les 9 millions d'hommes mobilisés par la France entre 1914 et 1918, 600 000 étaient des combattants africains, tirailleurs sénégalais venus d'Afrique-Occidentale française et d'Afrique-Équatoriale française, ou soldats maghrébins de ce que l'on appelait l'Armée d'Afrique. Une mémoire complexe et longtemps négligée. 

Mélissa Chemam pour >RFI

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Leur contribution à la Première Guerre mondiale a été décisive, mais elle n'a été vraiment reconnue que récemment, d'après l'historien Dominique Lormier, auteur de C'est nous les Africains.

Dès 1910, la France voit dans les colonies un moyen de contre balancer l’avantage démographique de l’Allemagne peuplé de plus de 70 millions d’habitants, contre 40 millions en France métropolitaine.

Selon l'historien Marc Michel, professeur et auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de l’Afrique, l’histoire coloniale et la décolonisation, entre 1914 et 1918 : 

600.000 combattants ont été mobilisés dans tout l'Empire français, 200.000 en Afrique subsaharienne : 

- des Sénégalais, des Malgaches, mais aussi des Somalis, des Maliens 170.000 soldats mobilisés en Afrique occidentale française et Afrique Equatoriale française, 40.000 Malgaches, etc. 

- et en premier, en nombre, des Maghrébins : 172.000 Algériens, 100.000 Tunisiens et Marocains.

Ils s'illustrent dans plusieurs batailles dont la plus symbolique reste celle du Chemin des Dames en avril 1917, sous le commandement du Général Mangin. 

Le continent africain a également été le théâtre de batailles, notamment en Afrique de l'est et autour des grands lacs, entre troupes britanniques et allemandes. 
Les habitants des colonies contribuent aussi à l'effort de guerre sur le plan économique : de nombreux Maghrébins seront ainsi envoyés dans les usines de métropoles.

La Grande Guerre représente enfin aussi un tournant majeur dans l’histoire contemporaine de l’Afrique :
- elle fait apparaître les premiers éléments des nationalismes ultérieurs au nord et à l'ouest ;
- en Afrique du Sud, elle enracine la ségrégation ; 
- ailleurs encore, elle fait naître une prise de conscience de la condition "noire" jusqu'au Premier Congrès panafricain à Paris en 1919. 

Nigéria : Potiskum, deux fois meurtrie en dix jours


Au Nigéria, alors que les autorités affirmaient il y a peu négocier un cessez-le-feu avec combattants de Boko Haram par l'intermédiaire du Tchad, le groupe ne cesse de mener des actions violentes et meurtrières.

Ce lundi, à Potiskum, dans l'Etat de Yobe au nord-est du pays, un attentat-suicide a visé un collège et la police accuse encore une fois le groupe islamiste.

Dernières infos :

NIGERIA BOKO HARAM

Nigeria: attentat meurtrier dans un collège de Potiskum


mediaLa police accuse déjà la secte extrémiste Boko Haram (capture d'écran d'une vidéo du groupe islamiste nigérian le 13 avril 2014).AFP PHOTO / BOKO HARAM




Au moins 48 élèves auraient été tués et près de 80 blessés ce lundi dans l'explosion d'une bombe au Nigeria. L'attentat s'est produit dans un établissement secondaire du nord-est du pays, selon les secouristes sur place.
L'attentat à la bombe a frappé ce lundi matin l'école secondaire, pendant l'appel, à Potiskum, la capitale économique de l'Etat de Yobe. Selon un des enseignants, l'explosion a retenti vers 7h50 (heure locale, 6h50 TU) alors que les élèves de l'école secondaire publique, un collège-lycée de garçons, se retrouvaient dans la cour pour le rassemblement matinal, avant le début des cours, face à leur proviseur.
Plusieurs corps de victimes ont été transportés d'urgence à l'hôpital. Des « dizaines d'autres élèves ont été blessés par l'explosion », près de 80 selon les secouristes et les membres du Nigerian Security and Civil Defence Corps, la protection civile nigériane dépêchée sur les lieux.
Les habitants ont décrit une grande confusion, dans et autour de l'établissement scolaire, et des taches de sang au milieu desquelles traînaient des chaussures abandonnées. Le porte-parole de la police nigériane, Emmanuel Ojukwu, a confirmé le drame, annonçant « une explosion provoquée par un kamikaze » dans le collège de Potiskum.
D'après un enseignant qui a survécu à l'attaque, c'est un homme déguisé en collégien qui s'est fait exploser au milieu de l'assemblée. Potiskum avait déjà été ensanglantée par un attentat-suicide la semaine dernière. Ce dernier avait fait une trentaine de morts parmi les participants d'une procession religieuse, le jour de la fête chiite de l'Achoura.
L'attentat-suicide de ce lundi n'a pas été revendiqué, mais la police accuse déjà la secte extrémiste Boko Haram, dont le nom veut dire : « l'éducation occidentale est interdite ».
L'Etat de Yobe se trouve au centre des Etats régulièrement frappés par l'insurrection des islamistes armés de Boko Haram, dans le nord-est du Nigeria.
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Le gouverneur de l'Etat de Yobe a annoncé la fermeture immédiate de toutes les écoles publiques de Potiskum jusqu'à nouvel ordre.
Le président Goodluck Jonathan a condamné dans un communiqué ce "meurtre odieux", promettant que son administration mettra la main sur les coupables "quel que soit le temps que ça prendra".

Ce massacre a été perpétré au lendemain de la publication d'une nouvelle vidéo du chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, donné pour mort à plusieurs reprises, dans laquelle il réaffirme avoir créé un "califat" dans les zones du nord-est du Nigeria conquises par les insurgés. Dans la vidéo, il exclut également à nouveau toute perspective d'accord de cessez-le-feu avec le gouvernement.


10/11/2014

Arménie / 1915 : La Turquie doit se préparer à contrer les arguments sur le génocide, selon un diplomate turc


 
      ANKARA,  10 nov 2014 (AFP) - La Turquie doit élaborer une stratégie
afin de riposter aux pressions pour la reconnaissance du génocide arménien sous
l'empire ottoman à l'approche du centenaire de ces événements, a indiqué lundi
un diplomate turc de haut rang.
   La diaspora arménienne aux Etats-Unis voit le centenaire comme "une
occasion" pour démontrer que le génocide a été planifié et exécuté par les
autorités ottomanes (1915-1917) pendant la Première Guerre mondiale, a précisé
Altay Cengizer, directeur général de la planification des politiques aux
ministère des Affaires étrangères.
   Dans un entretien au journal Hürriyet, M. Cengizer a comparé ce centenaire
à "un tir de penalty" grâce auquel certains veulent régler le contentieux,
affirmant que "le plus grand cauchemar" pour Ankara serait la reconnaissance du
génocide par les Etats-Unis.
   "Nous contestons le fait que ce soit un penalty. Mais ils auront leur
chance", a estimé le diplomate, qui a précisé que la Turquie, qui a toujours
catégoriquement nié toute élimination planifiée des Arméniens, n'a pas
l'intention de changer de position.
   La Turquie évoque des massacres de part et d'autre pendant le déclin de
l'empire ottoman.
   "Le génocide est une notion politique. La Turquie ne mérite pas de
comparaître devant le monde comme une nation qui a commis un génocide", a
continué le responsable.
   Le président turc Recep Tayyip Erdogan a offert en avril, lorsqu'il était
encore Premier ministre, des condoléances sans précédent pour le massacre des
Arméniens (1,5 million selon les Arméniens et 500.000 selon les Turcs),
évoquant "une douleur commune".
   M. Cengizer a dit qu'il venait de rentrer de Washington où il avait
constaté "une grande campagne d'accusations" préparée par des groupes de la
diaspora arménienne.
   "La Turquie fera tout son possible pour dire ce que nous pensons être juste
contre ces allégations, qui visent notre identité même", a ajouté le diplomate.
   La Turquie et l'Arménie voisines, qui n'entretiennent pas de rapports
diplomatiques, ont signé en 2009 des protocoles dits de Zurich pour normaliser
leurs relations, mais cinq ans après ces textes n'ont toujours pas été
approuvés par leurs Parlements.
   sjw-ba/pa/ml
 
 
AFP 101513 GMT NOV 14


09/11/2014

Pedro Kouyaté @ Café de la Danse, le samedi 8 novembre 2014


Superbe concert du Malien Pedro Kouyaté hier soir, au Café de la danse.

Passant d'une ambiance à une autre, racontant Bamako, le fleuve Niger, le village de sa mère à Siby, ou encore les souvenirs de son père et le mythe de sa grand-mère albinos, Pedro fait vivre tout un monde sur scène, habité par une musique sublime, interprétée avec spontanéité et surtout une grande générosité par ce griot fils de griot et ses trois musiciens (basse, batterie / percussion, sax).

Quelques images :









Le concert fut une introduction à son nouvel album, le quatrième, 'Tramontane' qui sort cette semaine.




Le Café de la Danse fut rempli comme rarement, Pedro sachant s'entourer de fans fidèles.

Pedor Kouyaté sera en concert samedi prochain à Paris, à la Bibliothèque Saint-Eloi :

Bibliothèque Saint Eloi 
23 rue du Colonel Rozanoff 
75 012 PARIS 
Tel : 01 43 45 68 86

lien : http://quefaire.paris.fr/fiche/91153_projection_du_film_foly_de_sophie_comtet_kouyate







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Plus d'infos sur Pedro Kouyaté :


article d'Entre-Gens: http://www.entre-gens.com/content/view/458/65/

son site: http://www.pedrokouyate.com/

Après trois albums « ONE », « TO YOU » et « LIVE », vendus à quelques milliers d’exemplaires dans les festivals, les salles de concert et dans le métro… Pédro Kouyaté prépare actuellement un OPUS de ses nouvelles créations.
L’album intitulé « Tramontane », présenté en avant première à Paris au Café de la Danse le 8 Novembre, sera présenté également à Bruxelles à l’Espace Senghor le 28 Novembre et le 3 Octobre au Festival International des Guitares de Montpellier.
« TRAMONTANE », « KAIBA », « LAMPEDUZA », « LA ROUSSE »…, dix titres interprétés en solo, évoquant ses souvenirs d’enfance au Mali, sa vie d’exilés ou ses ressentiments sur le monde d’aujourd’hui, vont composer ce nouvel album dans lequel, plutôt que dire, Pédro Kouyaté suggère, propose… Au gré de son répertoire il expérimente au N’Goni, l’instrument des chasseurs mandingues, les accents envoutants et parfois déroutants du pentatonique. Ailleurs, à la guitare électro acoustique, son jeu rapide, sorte d' »arpège bluesien », envoie des phrasés insensés, bouillonnants, doux ou stridents, mélodiques ou rythmiques… humeur changeante… Partout, sa voix profonde joue avec les temps, les silences qu’il souligne, accompagne, approuve, ou parfois transperce à la manière du griot sur la place publique.

A "la une de la pluralité"


Le site Entre-Gens : http://www.entre-gens.com/ a publié cet article sur mon travail il y a quelques semaines. Je partage ici :

http://www.entre-gens.com/content/view/458/65/1/2/

La une de la
 pluralité


15-10-2014



 26 octobre 2014Mélissa Chemam eye-opening (les yeux ouverts)

Melissa Chemam cite Somerset Maugham: l'homme ne trouve le repos que lorsqu'il rencontre le lieu où il sent mystérieusement qu'il lui appartient. Née à Paris, journaliste free-lance depuis neuf ans, elle parcourt la planète, offrant ses observations du monde à France Culture, sa radio préférée, et à tout le réseau de Radio France (RFI,...) mais c'est à l'étranger (BBC, Deutsche Welle) que son expertise internationale et celle de l'Afrique en particulier est d'abord reconnue.


Participant en juin 2012 à Florence au CMPF (Université d'été des journalistes et des médias), elle exprimait la difficulté d'exercer en France un journalisme d'investigation. Même si la conquête du web change le paysage. Elle-même publie dans Slate Afrique et ses blogs (BBC Afrique Kenya, 2010 à 2012, et surtout Mélissa on the road, 2011 à aujourd'hui) sont suivis par de nombreux et fidèles lecteurs. Férue d'arts et de culture, passionnée par les musées et les arts vivants, elle travaille également pour le site Toute la Culture. Avec elle, découvrons ses pays de prédilection: le Royaune-Uni, le Kenya, la Somalie, l'Inde... mais aussi l'Europe, dont Paris.

 "Singa" veut dire "prêter" en langue bambara    

Le 16 octobre dernier, Singa a invité Mélissa Chemam à animer le débat à l'Assemblée nationale sur le droit au travail des demandeurs d'asile en France. La directive européenne du 26 juin 2013 impose aux Etats membres de l'Union qu'ils garantissent le droit au travail dans un délai de neuf mois à compter de la date d'introduction de leur demande de protection. Or la France est loin encore d'avoir transposé cette directive dans sa législation. L'association Singa a pour objectif de casser les clichés sur les réfugiés et d'aider les personnes qui ont le statut à développer des projets professionnels, entrepreneuriaux, associatifs, artistiques. Singa, ça veut dire prêter en langue bambara. Singa parraine des projets aussi divers qu'une école de danse, un restaurant, un magasin, une activité d'interprétariat,... Les réfugiés ont des ressources insoupçonnées mais n'ont pas tous les codes d'accès à l'économie et à la société françaises. Singa coache les personnes, leur redonnant confiance en elles pour développer leur projet. La journaliste avait diffusé sur France Culture le 7 août dernier le portrait de Cyril, titulaire d'un master 2 au Cameroun, réfugié en France, qui témoigne du rejet rencontré en France et de l'apport essentiel de l'association Singa.

 News update from Kenya  

Septembre 2010. Mélissa est à Paris pour quelques jours pour les visas, les vaccins, la recherche d'un appartement à Nairobi où elle part pour une année. Transit par Londres pour faire le point avec son éditeur, ses producteurs et le rédacteur en chef de BBC Afrique. A son arrivée à Nairobi, camp de base pour couvrir l'actualité de toute la région (Soudan, Somalie, Ouganda), les évènements la rattrapent très vite. Lutte contre la corruption: la Commission kényane de lutte contre la corruption arrête le maire de la capitale; six responsables politiques de haut rang sont appelés devant la Cour Pénale Internationale pour leur implication supposée dans les tragiques évènements post-électoraux de fin 2007 - début 2008. Lutte contre le sida: Mélissa effectue un reportage à l'hôpital de Kisumu où des femmes séropositives, abandonnées par leur mari, enceintes, tentent de ne pas transmettre le virus à leur futur enfant. Lutte contre la porosité des frontières: le Kenya se trouvant sous la menace directe des gangs et djihadistes somaliens et de la fuite des populations. Relations tendues entre le Kenya et le Soudan en raison du mouvement indépendantiste sud-soudanais. Elections en Ouganda. Droits des femmes: Mélissa part en reportage à Umoja où des femmes victimes de violences ont créé un village sans hommes. Reportage à Kibera, l'un des plus grands bidonvilles d'Afrique (300 000 habitants) où une décharge a été transformée en jardin biologique permettant le miracle de l'autosuffisance. Reportage à la nouvelle prison de Hargeisa en Somalie. Reportage sur les Masai pour Arte. Reportage dans la région du lac Kyoga (Ouganda) où la lutte contre le paludisme par le DDT sauve des vies mais détruit l'agriculture biologique et l'économie rurale, quand ailleurs (Malindi, au Kenya), des méthodes sont expérimentées, efficaces contre les moustiques comme pour l'environnement. Portrait de David Kuria, jeune architecte, fondateur d'Ecotact, qui a révolutionné le quotidien des Kenyans avec son concept d'Ikotoilets. Reportage sur la production locale de grande ampleur de préservatifs pour une distribution gratuite.

 Un passeport plein de visas 

Mélissa Chemam se souvient avec nostalgie de son projet de voyage en Inde en 1998, lorsqu'elle avait 19 ans. Sa première résolution au nouvel an 2012 avait été que cette année serait consacrée à de magnifiques voyages. Ce fut d'abord Berlin, puis Monrovia (Libéria) mais aussi et surtout le voyage en Inde au printemps où elle part rejoindre un ami qui vivait depuis plusieurs années à Pondichéry. L'agenda chargé de la journaliste qui a couvert tant d'élections à travers le monde n'oublie jamais les dates où elle doit elle-même voter. Elle ne voulut pas manquer les deux tours des élections présidentielles en France dans son bureau parisien. Entre les deux dates, elle séjourne à Mogadiscio, repasse par Nairobi et fait un court séjour en Tunisie. Le soir de la défaite de Sarkozy, elle est à la Mutualité où sont réunis ses partisans, en reportage pour la BBC, se souvenant que cinq ans plus tôt, lors de sa victoire, elle était à la Concorde pour France 24.


Le Figaro publie le 7 mai son reportage sur la capitale somalienne, Mogadiscio qui sort de vingt ans de chaos et redécouvre la normalité. Mélissa repart pour l'Afrique (Ethiopie, Kenya) dès le lendemain des présidentielles françaises. Mi-mai, elle avait déjà voyagé dans huit pays depuis le 1er janvier. Fin mai, elle va découvrir Zurich tout en passant par la Lorraine (exposition 1917 au Centre Pompidou de Metz). Zurich l'émerveille: un nouveau pays, une nouvelle culture, une ville propre, saine, verte. Elle est très impressionnée par les musées qui font l'une des richesses culturelles de la cité helvétique. Départ pour Florence (voir plus haut) et le séminaire des journalistes sur la liberté de la presse.

 @melissachemam 

Juillet 2012. La journaliste française passe sa première semaine dans son nouveau bureau de la New Broadcasting House à Londres et ne cache pas qu'elle le trouve "smoothly" et "excitingly". Mais la ville se prépare à un évènement majeur: l'accueil des Jeux Olympiques d'été. Mélissa a envie de soutenir les "teams" du Kenya et de Somalie. Mélissa Chemam affiche ses passions. Sa ville africaine préférée ? Nairobi. Son musée préféré ? Le V and A (Victoria and Albert Museum). Son lieu préféré à Paris ? Le Théâtre des Bouffes du Nord. Une musique à découvrir ? Florence and the Machine. Un écrivain ? Paul Auster. Impossible de revenir ici sur tous ses si nombreux reportages et témoignages. Mention spéciale pourtant sur sa rencontre avec les artisans de la Casbah d'Alger qui font tout pour faire vivre les traditions et accueillir les visiteurs. Mélissa a un projet de web documentaire sur le sujet. Elle aime faire partager ses passions, ses voyages, ses rencontres. Alors depuis longtemps, elle blogue et de plus en plus, elle tweete. Ses derniers tweets ? Elle partage le très beau portrait, réalisé par un collègue journaliste depuis Sanliurfa en Turquie (Libération, 24 octobre), de Mustafa Baker, kurde syrien de 64 ans, qui vient de fuir la ville de Kobané en proie aux combats contre le Daesh. Il raconte l'évolution de cette cité aujourd'hui martyrisée et revient sur la présence française dans cette ville et cette région.

Retrouvez Mélissa Chemam sur France Culture, sur RFI, sur Toute la Culture.



08/11/2014

THEATRE : « LE MARIAGE DE M. WEISSMANN »

Ma nouvelle chronique theatre pour www.Toutelaculture.com


http://toutelaculture.com/spectacles/theatre/le-mariage-de-m-weissmann-de-karin-tuil-etre-ou-ne-pas-etre-juif-etre-ou-ne-pas-etre-soi-telle-est-la-question-universelle/

« LE MARIAGE DE M. WEISSMANN » 

 KARINE TUIL par salomé lelouch :

ETRE OU NE PAS ÊTRE JUIF. ETRE OU NE PAS ÊTRE SOI. TELLE EST LA QUESTION UNIVERSELLE



PAR MELISSA CHEMAM

La metteur en scène Salomé Lelouch a repéré dans le roman de Karine Tuil, Interdit, le potentiel pour une superbe dramaturgie, intense et drôle. Avec Le Mariage de M. Weissmann, elle nous propose au Théâtre La Bruyère, Paris 9ème, un petit bijou de scène.

Note de la rédaction : 

Un texte acerbe, empli d’un humour bombesque, trois comédiens immédiatement attachants qui jouent le même personnage mais aussi tous les autres, un décor dépouillé, et une mise en scène enlevée, voilà quelques uns des ingrédients qui rendent ce spectacle si appréciable. L’histoire est à la fois très simple et burlesque : Saul Weissmann veut se remarier, à 70 ans, avec une femme pas si jolie mais aimante et protectrice, une future bonne mère juive, comme la sienne… Mais voilà le rabbin qui doit les marier lui annonce qu’il n’est pas juif dans les règles de l’art : sans le certificat de mariage religieux de ses parents, Saul, le survivant de la Shoah, n’est plus juif… S’en suit une cascade de déconvenues et surtout de questionnements. Saul va perdre et son futur mariage et son existence passée. Plongé dans le doute, il se démultiplie ; en lui cohabite un juif enfiévré et un juif haineux, et il ne sait plus lequel lui veut vraiment du bien.

Avec le procédé qui fait des trois comédiens, Jacques Bourgaux, Mikaël Chirinian et Bertrand Combe, trois versions d’un même Saul, Salomé Lelouch touche du doigt à la fois la part drolatique des questions les plus lourdes et l’universalisme de la quête de soi. Les répliques cinglantes du livre sont semées à bon escient, dans la bouche d’un Saul qui se permet tout, des blagues juives aux préjugés, sous prétexte qu’il n’a plus le droit d’être celui qu’il a toujours été. En cinquante minutes, ‘Le Mariage de M. Weissmann choque, fait sourire, émeut et surprend. Du vrai théâtre ! La dernière scène, autour d’un ballet d’étoiles jaunes, est à la fois bluffante et troublante, sorte de Deus ex Machina ultra-réaliste…

Sortant d’une telle soirée, personne ne peut nier, de plus, les petits bonheurs du théâtre privé, des petites salles et leur confort, des pièces courtes, excellentes de la première à la dernière minute, du plaisir de faire plaisir en invitant aussi des amis et proches moins aguerris devant le théâtre qu’au cinéma. Or la pièce se prête parfaitement aux invitations. Faites-la découvrir!

CHRONOLOGIE DES FAITS DU PROCÈS DE JEAN-PIERRE BEMBA




CHRONOLOGIE

CHRONOLOGIE DES FAITS DU PROCÈS DE JEAN-PIERRE BEMBA

7 DÉCEMBRE, 1999

La République Centrafricaine (RCA) signe le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale (CPI).

3 OCTOBRE 2001

La RCA ratifie le Statut de Rome.

21 DÉCEMBRE 2004

Le gouvernement de la RCA renvoie à la CPI les faits reconnus comme crimes par le Statut de Rome.

JUIN 2005

Le gouvernement de la RCA remet au Bureau du Procureur de la CPI des documents relatifs à des crimes qui auraient été commis sur son territoire en 2002-2003. Le Procureur commence une analyse de la situation.

10 MAI 2007

Le Procureur informe le gouvernement de la RCA, la Section préliminaire et le président de la CPI qu’il ouvre une enquête complète sur la situation en RCA.

22 MAI 2007

Le Procureur annonce publiquement le lancement de son enquête.

9 MAI 2008

Le Procureur demande à la Section préliminaire III de délivrer un mandat d’arrêt contre Jean-Pierre Bemba.

23 MAI 2008

La Section préliminaire III délivre un mandat d’arrêt et demande au gouvernement de la Belgique d’arrêter M. Bemba. Tous les deux documents sont sous scellés.

24 MAI 2008

La police belge arrête M. Bemba près de Bruxelles. La Section préliminaire décachète le mandat d’arrêt.

10 JUIN 2008

La Section préliminaire III délivre un nouveau mandat d’arrêt à la place du mandat du 23 mai 2008. La Chambre ajoute deux chefs d’accusation de meurtre, l’un comme crime de guerre, et l’autre comme crime contre l’humanité. La Chambre demande également à la Belgique d’arrêter M. Bemba et de le livrer à la CPI.

3 JUILLET 2008

La Belgique transfert et livre M. Bemba à la CPI.

4 JUILLET 2008

Première comparution de M. Bemba à la cour. La Section préliminaire III explique les chefs d’accusation contre lui.

12 DÉCEMBRE 2008

La Section préliminaire III donne son approbation pour 54 victimes qui pourront participer aux audiences où il sera décidé si les chefs d’accusation contre M. Bemba sont dignes de poursuite. A la CPI, les victimes peuvent témoigner même si elles ne sont pas appelées par l’accusation ou la défense. Elles ont leurs propres représentants légaux à la cour.

12-15 JANVIER 2009

La Section préliminaire III tient ses audiences pour décider si le Procureur a suffisamment de preuves contre M. Bemba pour aller vers un procès. Au cours de la phase préliminaire, le Procureur n’est pas tenu d’apporter des preuves, mais seulement de montrer qu’il existe des raisons solides de croire que l’accusé a commis les crimes qui lui sont imputés.

3 MARS 2009

La Section préliminaire III renvoie d’audience de confirmation et demande au Procureur de revoir la façon dont il a accusé M. Bemba. Le Procureur a tenté d’accuser M. Bemba de responsabilité directe dans la commission des crimes. La Chambre a demandé au Procureur d’étudier la question de savoir s’il devait tenter d’accuser M. Bemba d’être responsable des crimes car c’était lui le chef qui a ordonné, ou n’a pas empêché ou puni les crimes commis par ceux qui étaient sous ses ordres.

15 JUIN 2009

La Section préliminaire III décide qu’il y a suffisamment de preuves pour aller au procès sur la base de trois chefs d’accusation de crimes de guerre (meurtre, viol, et pillage) et deux de crimes contre l’humanité (meurtre et viol). La Chambre rejette la requête de l’accusation pour trois autres chefs d’accusation. Elle trouve que le Procureur n’a pas donné de preuves suffisantes pour un chef d’accusation de crime contre l’humanité (torture) et deux chefs d’accusation de crime de guerre (torture et atteinte à la dignité personnelle) contre M. Bemba.

14 AOÛT 2009

Le Juge Unique de la Section préliminaire II (anciennement appelée Section préliminaire III), Ekaterina Trendafilova, accorde à M. Bemba la liberté sous condition jusqu’au commencement du procès. L’exécution de cette décision est reportée dans l’attente de la détermination de l’Etat qui acceptera d’accueillir M. Bemba sur son territoire. Le Procureur fait appel de la décision le même jour.

18 SEPTEMBRE 2009

La présidence de la CPI met en place la Section de première instance III pour entendre les témoignages dans l’affaire Le Procureur contre Jean-Pierre Bemba Gombo. A la CPI, les juges qui entendent l’affaire ne sont pas les mêmes que ceux qui s’occupent de la phase préliminaire.

5 NOVEMBRE 2009

La Section de première instance III annonce que le procès s’ouvre le 27 avril 2010.

2 DÉCEMBRE 2009

La Section des appels annule la décision de la Section préliminaire II relative à la liberté sous condition. M. Bemba reste en détention à la CPI

25 FÉVRIER 2010

La défense de M. Bemba dépose une requête à la Section de première instance soutenant que l’affaire n’est pas recevable devant la CPI. Trois raisons sont données pour la récusation. Premier argument : l’affaire pourrait être normalement jugée en RCA, et il est donc inapproprié que la CPI – une cour de dernier recours – s’en mêle. Deuxième argument : les crimes qui sont présumés avoir été commis ne sont pas assez graves pour justifier la saisine de la CPI. Et troisième argument : M. Bemba a été lui-même victime d’un vice de la procédure judiciaire.

8 MARS 2010

La Section de première instance III décide de renvoyer l’ouverture du procès jusqu’au 5 juillet 2010. Elle donne comme raison la nécessité d’étudier, avant l’ouverture d’un procès, la requête de la défense selon laquelle l’affaire Bemba n’est pas recevable devant la CPI. Les juges donnent à l’accusation jusqu’au 29 mars pour présenter ses opinions sur la requête de la défense, et ils demandent aussi que les autorités de la RCA et de la RDC soient informées de la requête de la défense afin qu’elles puissent faire connaître leur avis d’ici le 16 avril 19, 2010. Les juges font remarquer que la défense se verra accorder l’occasion de répondre à ces observations.

27 AVRIL 2010

La Section de première instance III tient une conférence de mise en état avec les parties pour examiner la récusation de M. Bemba pour cause d’irrecevabilité.

24 JUIN 2010

La Section de première instance III rejette la récusation de la défense pour cause d’irrecevabilité déposée devant la CPI. Elle trouve que la RCA n’est pas en mesure d’organiser le procès sur place, que les crimes présumés sont d’une gravité suffisante, et que la plainte de la défense pour vice de procédure « est sans fondement. »

28 JUIN 2010

M. Bemba forme un recours contre la décision de la Section de première instance III relative à la récusation de la défense pour cause d’irrecevabilité de l’affaire devant la CPI.

26 JUILLET 2010

Les avocats de la défense déposent des documents auprès de la Chambre d’appel de la CPI à l’appui du recours de M. Bemba, soulevant quatre moyens de pourvoi. Dans son appel, M. Bemba fait valoir que la Section de première instance avait estimé à tort que la décision prise par un tribunal de première instance en RCA de ne pas le poursuivre n’était pas définitive, que la Chambre d’appel s’était trompée en refusant d’entendre le témoignage d’un expert indépendant sur la législation centrafricaine, que la Chambre d’appel avait estimé à tort que la RCA n’était pas en mesure d’instruire un procès de cette ampleur et que la Chambre d’appel avait fait une erreur en considérant que le récent dépôt d’un pourvoi par M. Bemba auprès des juridictions de RCA constituait un « abus de procédure devant cette cour [CPI] ».

19 OCTOBRE 2010

La Chambre d’appel de la CPI rend sa décision dans laquelle elle confirme la décision antérieure de la Section de première instance de rejeter la récusation de l’affaire Bemba devant la CPI, ouvrant donc la voie à l’ouverture du procès de M. Bemba.

21 OCTOBRE 2010

La Section de première instance III tient une conférence de mise en état et confirme que le procès de M. Bemba s’ouvrira le 22 novembre 2010.

22 NOVEMBRE 2010

Le procès de M. Bemba s’ouvre officiellement devant la Section de première instance III de la CPI.

23 NOVEMBRE 2010

Le premier témoin de l’accusation débute son témoignage.

20 MARS 2012

Le 40ème et dernier témoin de l’accusation conclut son témoignage devant la CPI.

1 MAI 2012

La première victime participant au procès débute son témoignage. Cinq des 2 744 victimes participantes ont été choisies afin d’apporter un témoignage devant la Cour. Seules deux d’entre elles ont témoigné en séance publique.

14 AOÛT 2012

Cas de la défense devrait commencer.

14 NOVEMBRE 2013

Le 34ème témoin de la défense conclut son témoignage devant la CPI.

19 NOVEMBRE 2013

La chambre de première instance III a accordé un délai à la défense pour qu’elle présente ses deux témoins finaux, concluant la présentation des témoignages par la défense de M. Bemba.

7 AVRIL 2014

La présentation des moyens de preuve dans le procès se termine et les juges ont fixé les dates des plaidoiries finales.

2 OCTOBRE 2014

La chambre de première instance III a rouvert la présentation des témoignages dans l’affaire contre Jean-Pierre Bemba pour entendre des dépositions sur la question de la crédibilité des témoins. Les juges ont également reporté les observations orales finales, qui devaient débuter à l’origine le 13 octobre 2014.

12-13 NOVEMBRE 2014

Les plaidoiries finales seront prononcées à la CPI devant la chambre de première instance III.

L’association Survie demande aux autorités françaises de cesser tout soutien aux dictateurs qui s’accrochent au pouvoir


Compromise par son soutien à Compaoré, la France doit tirer les leçons de la révolte burkinabè

Une semaine après la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, des zones d’ombre commencent à se dissiper sur le rôle de protection du régime joué jusqu’au bout par la diplomatie française, fidèle à sa tradition françafricaine et une nouvelle fois à contre-pied de l’Histoire. Ce soutien est allé jusqu’à l’exfiltration de Blaise Compaoré, le soustrayant de fait à la justice de son pays.

Après avoir longtemps qualifié les relations franco-bukinabè d’"excellentes" (à l’instar de Laurent Fabius, en visite à Ouagadougou le 27 juillet 2012), la France n’a pris que très tard la mesure du mouvement de fond à l’œuvre depuis des mois au sein de la société civile burkinabè.

Dans une lettre à Compaoré datée du 7 octobre 2014, François Hollande se contentait de proposer comme solution de sortie un poste dans une organisation internationale (probablement l’Organisation Internationale de la Francophonie) à un président burkinabè toujours considéré comme "fréquentable" quelques jours avant sa sortie précipitée. Le parallèle avec la chute du tunisien Ben Ali, en janvier 2011, montre combien la France n’a pas su tirer les leçons de ses erreurs et continue à s’enfermer dans le soutien à des régimes dictatoriaux au nom de la "stabilité".

L’embarras et les compromissions de la diplomatie française ont été manifestes dans les jours précédant et suivant la chute du despote avec les postures embarrassées d’un ministre des Affaires étrangères français se contentant dans un premier temps d’un pusillanime appel au calme et à la protection des ressortissants, et de personnalités politiques telles que le député socialiste François Loncle, défendant en pleine crise le bilan du dictateur burkinabè face aux médias.

Auparavant, l’ambassadeur de France au Burkina, militaire de carrière comme son prédécesseur, s’était invité dans plusieurs réunions auprès des différents protagonistes du soulèvement, alimentant l’idée qu’il y défendait le plan de transition de Compaoré, selon lequel le dictateur devait se maintenir au pouvoir le temps de passer la main, quand la foule et l’opposition exigeaient un départ immédiat. Une ingérence scandaleuse de la part de la diplomatie du pays qui a le plus soutenu Compaoré au cours des 27 ans de son régime.

Ce qui est désormais avéré, c’est le rôle actif de la France dans la fuite de Blaise Compaoré.

Après avoir louvoyé en expliquant que la France avait joué un rôle dans son exfiltration, mais « sans y participer » [1], François Hollande a fini par reconnaître son mensonge en confirmant les informations de Jeune Afrique selon lesquelles le dictateur burkinabè a bien été emmené en Côte d’Ivoire par un hélicoptère puis un avion des forces françaises. Plus inquiétant, les propos de François Hollande sur les conditions de l’exfiltration de Compaoré, « il y a eu des attaques, il y a eu des réponses » sous-entendent la possibilité d’un engagement armé des militaires français. Si le président français assure avoir agi pour une évacuation « sans drame », en confiant Compaoré à un régime ivoirien "ami" peu enclin à l’extrader, il lui a surtout permis de se soustraire à d’éventuelles poursuites judiciaires au Burkina Faso, notamment pour son rôle dans des assassinats politiques comme ceux de Thomas Sankara et du journaliste Norbert Zongo ou dans la mort de manifestants burkinabè lors du soulèvement de ces derniers jours. Indispensable, la tenue d’un procès du despote burkinabè permettrait d’en savoir davantage sur les soutiens multiformes dont il a bénéficié de la part de la France depuis sa prise de pouvoir dans le sang en 1987.

Entièrement consacrée au repositionnement de l’armée française dans le Sahel (opération Serval, Barkhane), dont le Burkina est aujourd’hui un point stratégique, la France a négligé une nouvelle fois les aspirations démocratiques des populations des États qui soutiennent cette entreprise militaire. Le scénario surprise burkinabè pourrait, aujourd’hui ou demain, se reproduire au Tchad, au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, au Togo et dans de nombreux autres pays, et prendre à nouveau de cours des autorités françaises qui ne manquent pourtant pas d’informations sur la nature de ces régimes et l’exaspération de ceux qui les subissent.

L’association Survie :
  • Demande aux autorités françaises de cesser toute forme de soutien aux dictateurs et aux familles qui s’accrochent au pouvoir : Idriss Déby au Tchad, Sassou N’Guesso au Congo Brazzaville, Paul Biya au Cameroun, Ali Bongo au Gabon, Faure Gnassingbé au Togo, Joseph Kabila en République Démocratique du Congo, Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale, etc.
  • Soutient le rassemblement organisé le samedi 8 novembre à 15h devant l’Ambassade du Burkina Faso à Paris
  • Soutient la demande de commission d’enquête parlementaire sur le rôle des autorités françaises dans l’assassinat de Thomas Sankara formulée par la campagne Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique et déposée sans suite favorable en 2011 et 2013 par les députés du Front de Gauche et d’E.E.L.V.
  • Dénonce la protection contre des poursuites judiciaires dont bénéficie de facto Compaoré en Côte d’Ivoire et rappelle l’exigence de justice pour toutes les victimes des guerres régionales, des assassinats et des crimes économiques de Blaise Compaoré et de la Françafrique
  • Demande la démission de François Loncle de la présidence du groupe parlementaire d’amitié franco-burkinabé, pour avoir défendu jusqu’au bout Blaise Compaoré, son image, son bilan, et l’idée qu’il devrait encore se maintenir au pouvoir dans le cadre d’une transition.
[1] Déclarations de François Hollande en marge de son déplacement au Canada le 04/11/2014

Des nouvelles de la Gambie...


Une équipe de l'ONU pour les Droits de l'Homme en visite en Gambie a terminé sa mission cette après-midi. 

Deux experts étaient dans le pays depuis lundi dernier pour enquêter sur les recours à la torture et aux exécutions sommaires notamment dans le système judiciaire et les prisons gambiennes.

Mais les deux experts ont fait part de leur déception car les autorités les ont empêchés d'accéder notamment aux zones sécurisées de certaines prisons. 

Mélissa Chemam pour RFI 

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Christof Heyns et Juan Mendez viennent d'achever une visite de cinq jours en Gambie, un pays historiquement fermé aux organisations internationales.?Les deux enquêteurs du Conseil de l'ONU pour les droits humains étaient venus enquêter sur les pratiques de torture et d'exécutions arbitraires dans le pays, une première en effet : la Gambie n'a jamais reçu d'experts de l'ONU sur ce sujet avant cette visite.

Ils viennent de rendre leur déclarations préliminaires en fin de journée.

Et pourtant, malgré les autorisations du gouvernement, l'enquête s'est avérée difficile.

Selon Juan Mendez, qui s'est exprimé après la Conférence de presse tenue sur place dans la capitale Banjul, les autorités gambiennes n'ont pas respecté l'accord passé avec l'ONU sur la conduite des visites sur place, empêchant l'exhaustivité de l'enquête. 

Les ailes sécurisées des plus grandes prisons du pays leur sont par exemples restées fermées.

Mais malgré ces difficultés, l'expert sur la torture constate que cette pratique perdure dans le pays, tout comme les exécutions sommaires, le recours à la peine de mort et les disparitions non élucidées, au sein de la police et en particuliers des services de renseignements. 

Les deux experts de l'ONU sur les exécutions sommaires et la torture vont malgré tout poursuivre leurs enquêtes.

Ils doivent rendre leurs conclusions aux autorités gambiennes et au Conseil des droits de l'homme de l'ONU dans l'hiver avant de les rendre publiques autour de mars 2015. 

06/11/2014

LE MALI A L'HONNEUR A PARIS





 « Foly », un film documentaire dans lequel elle explore la richesse de la musique et des sons à Bamako, en suivant le retour dans sa ville natale du musicien Pédro Kouyaté.



Suivie d'un concert de Pédro Kouyaté 

Ecouter :



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AVANT-PREMIERE 
Rencontre avec l'équipe du film

TIMBUKTU de ABDERRAHMANE SISSAKO
FRANCE-MAURITANIE /2014/1H37
AVEC IBRAHIM AHMED, TOULOU KIKI, ABEL JAFRI, HICHEM YACOUBI, FATOUMATA DIAWARA, KETTLY NOËL, 
Festival de Cannes, compétition officielle 2014.

Au Mali, un groupe d’islamistes investissent la ville de Tom- bouctou et y imposent la charia. Ils bannissent la musique, le football, les cigarettes, persécutent les femmes et improvi- sent des tribunaux qui rendent des sentences injustes et absurdes. Kidane est un éleveur touareg vivant dans le désert avec sa femme et leurs deux enfants. D'abord épargnée, sa famille va bientôt subir les nouvelles lois islamiques.

« Quand on est un homme politique, mais aussi un artiste, face aux choses qui vous révoltent, on parle souvent sans faire. Un double dis- cours. Or une situation telle que celle du Nord-Mali m'obligeait à me positionner. Assister à cela sans intervenir, sans rien faire, alors que j'étais pour ainsi dire sur place, ça me paraissait impossible, une démission ». Abderrahmane Sissako




Bande-annonce : 




TARIFS ECRAN

Tarif festival : 4,50 euros
Tarif “famille” : 3,50 euros pour tous

INFOS PRATIQUES
Cinéma l'ECRAN
Place du Caquet
93200 Ville de Saint-Denis
M°Basilique de Saint-Denis/L13