11/01/2013

Entretien sur la RDC: L’histoire pèse toujours sur la vie politique

RDC: L’histoire pèse toujours


Le mois de janvier est chargé de symboles pour la R. D. Congo, alors que l’est du pays est toujours en proie aux effets de la rébellion du M23 dans le Nord Kivu. Le 4 janvier est l’anniversaire du soulèvement populaire de 1959 contre l’ordre colonial belge et le 17 janvier 1961 est la date de l’assassinat du premier Premier Ministre du pays, Patrice Lumumba, ainsi que le 50ème anniversaire de la fin de la sécession de la riche province du Katanga en 1963.
Pour revenir sur ces évènements et leur importance dans la configuration politique actuelle de la République Démocratique du Congo, nous recevons l’historien Anicet Mobé.
La vidéo : 

Par Mélissa Chemam
Réalisation : Wissal Ayadi

Une cigale chez les fourmis


Semaine parisienne


Soirée dans le passé 

Paris, Quartier latin, un lundi soir. Souvenirs, souvenirs. Cinq ans de ma vie étudiante se sont déroulées sous ses littéraires auspices, et mes pérégrinations de Française récemment rentrée de l'expatriation (phénomène rare en ces temps de fuite généralisée hors de nos frontières) me mènent à retrouver le regard frais d'une novice sur ces beaux quartiers.




Devenue rive- droitière depuis un bail, mon passage inopiné a des accents proustiens...




Le 16ème, ce pays étranger

Quelques jours plus tard, tirée de la torpeur du bureau par un rendez-vous diplomatique, je traverse ce 16ème arrondissement que je connais si mal et regarde matins comme soirs avec un regard d’étrangère...

Au bout du chemin 

 Signe des temps. Je tombe par hasard sur une place dont j'avais entendue parler mais jamais foulée et qui me ramène en pensée à mon dernier vrai voyage :



Et je me sens telle une bohème de passage dans une principauté cossue, froide mais architecturalement solennelle.



Sur ma route, un prince m'attend...


 Et à l’arrivée, Paris devient ce pays renouvelé : 


Il est l'heure de rentrer.


Admirations : ces hérauts littéraires


Le texte définitif sur l'humour, le racisme et la liberté d'expression vient combler cette journée. Merci à Laurent Calixte, journaliste économique, qui se fend d'une confession sur la culture antillaise pour soutenir la plume fertile d'un chroniqueur un peu seul sur son créneau courageux et stylistiquement savoureux.

Lien et quelques extraits :

Affaire Nicolas Bedos : le Collectifdom n'a pas à parler au nom des Antillais

Modifié le 10-01-2013 à 19h21

'http://leplus.nouvelobs.com/contribution/757862-affaire-nicolas-bedos-le-collectifdom-n-a-pas-a-parler-au-nom-des-antillais.html

LE PLUS. Nicolas Bedos devant la justice pour injure raciale. L'association Collectifdom vient en effet de porter plainte contre l'humoriste après la publication de deux chroniques sur le site internet de "Marianne" qui portent selon elle atteinte "à l'honneur des Antillais". Un non-sens, selon notre contributeur Laurent Calixte.

'Chère association Collectifdom,

J’ai entendu parler de ton existence grâce à la plainte que tu as déposée contre Nicolas Bedos pour "injure raciale". J’ai beau être Antillais depuis maintenant 50 ans, jamais je n’avais entendu parler de toi. Jamais je n’ai bénéficié de ton soutien. Jamais je n’ai entendu parler d’une de tes actions'.

 ...

'Permets-moi, cher Collectifdom, de te donner un petit éclairage sur la notion d’humour, puisque, visiblement, et contrairement à nos compatriotes des îles, tu en manques cruellement.'

 ...

'Le "enculé de Nègre" de Bedos, c’est ce coup de révolver, signe par lequel Bedos souligne son impuissance, impuissance de la force brute face à un petit monument de littérature, aveu d’impuissance du "bouffon médiatique" face à un homme dont la poésie est innée, sincère et innocente.'


Notons au passage que ce "petit monument de littérature" prêté au chauffeur de taxi, c'est Nicolas Bedos l'auteur - et non plus le personnage - qui l'a composé !


Enfin pour conclure :


'Mais, je vous en supplie à genoux, en secouant les chaînes que j’ai héritées de mon passé d’esclave, ne ridiculisez pas les Antillais en les faisant passer pour des ignares incapables de distinguer une chronique volontairement caricaturale et une véritable injure raciste.

Le combat contre le racisme est suffisamment important pour ne pas être accaparé par des associations qui, avant de bénéficier de la légitimité leur permettant de représenter ceux qu’elles sont censés défendre, doivent d’abord montrer qu’elles ont bien compris le sens et la portée du texte qu’elles souhaitent attaquer en justice.'

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Merci à ces hérauts littéraires de notre époque.

10/01/2013

Lumières du Congo : Alain Mabanckou revient

Le célèbre auteur congolais Alain Mabanckou fait partie de la rentrée littéraire de ce mois de janvier. Avec ce livre, "Lumières de Pointe-Noire", il revient pour la première fois sur son retour récent dans son pays. Je reviendrai bientôt sur le sujet...

D'ici là, quelques liens utiles pour donner encore plus envie de le lire :

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L'émission des Matins de France Culture avec l'auteur :

http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-alain-mabanckou-2013-01-03


Alain Mabanckou

03.01.2013 - 07:41
Alain Mabanckou
Romancier et essayiste franco-congolais, son dernier ouvrage, récit de son retour au Congo, Lumières de Pointe-Noireparaît au Seuil (sortie : 3 janvier). Son essai Le Sanglot de l’homme noir reparaît en janvier (Points). Lauréat du Prix Renaudot en 2006 pour son roman Mémoires de porc-épic.

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Sur le site de l'éditeur :
http://www.seuil.com/auteur-4027.htm

Alain Mabanckou

Né en 1966 au Congo, Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans dont Mémoire de porc-épic (Seuil, 2006) pour lequel il a reçu le prix Renaudot. Il vit à cheval entre les États-Unis (où il enseigne la littérature francophone) et la France.


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Sur le site de l'auteur :


Lumières de Pointe-Noire

Fiction & Cie - Éditions du Seuil.
Parution le 3 janvier 2013

J’ai longtemps laissé croire que ma mère était encore en vie. Je m’évertue désormais à rétablir la vérité dans l’espoir de me départir de ce mensonge qui ne m’aura permis jusqu’alors que d’atermoyer le deuil.

Après vingt-trois ans d’absence, Alain Mabanckou retourne à Pointe-Noire, ville portuaire du Congo. Entre-temps, sa mère est morte, en 1995. Puis son père adoptif, peu d’années après. Le fils unique ne s’est rendu aux obsèques ni de l’un, ni de l’autre.

Entre le surnaturel et l’enchantement, l’auteur nous ouvre sa petite valise fondamentale, celle des années de l’enfance et de l’adolescence dans ses lieux d’origine.

Au moment de repartir, il se rend compte qu’il n’est pas allé au cimetière. Sans doute était-ce inutile. Car c’est ce livre qui tient lieu, aussi, de tombeau. Et de résurrection.

La revue XXI et le journalisme français

Autre réflexion sur l'état de la presse en France :

A lire cette semaine cet entretien sur le site du Nouvel Observateur avec les deux fondateurs et rédacteurs en chef de cette revue trimestrielle d'un genre nouveau qui a rapporté un souffle de reportage et qualité :


«Le succès de "XXI" démontre quelque chose»


Les deux fondateurs de «XXI» publient un «Manifeste» sur l'avenir de la presse qui fait grincer quelques dents. Entretien avec Laurent Beccaria, l'un des deux auteurs du texte.





La revue sort son vingt-et-unième numéro ce 10 janvier qui comprend un manifeste pour un meilleur journalisme /


Le numéro 21 de XXI, "Des vies de courage" est en vente chez votre libraire. Vous pouvez feuilleter le sommaire en cliquant ici.
Avec ce numéro, un manifeste pour le journalisme dont un extrait est à lire sur le site.
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Je dirais : à lire absolument!

09/01/2013

L’Afrique centrale et le défi de la RCA - Entretien


L’Afrique centrale et le défi de la RCA

Entretien avec Julie Owono

Fin décembre, une rébellion quasi inconnue a pris une grande partie du territoire de la République centrafricaine en seulement deux semaines. Pour comprendre d’où a jailli ce mouvement, les dangers pour l’avenir du pays et le rôle des éléments extérieurs, nous recevons Julie Owono, responsable du bureau Afrique d’Internet Sans Frontière et spécialiste de l’Afrique centrale.

Par Mélissa Chemam.

07/01/2013

Like a Knowles in Africa


Solange Knowles filmed her latest music video in South Africa!


The video here:
http://www.youtube.com/watch?v=Hy9W_mrY_Vk



 The single's accompanying music video was directed by Melina Matsoukas and shot at multiple locations in the township of Langa in Cape Town, South Africa. Following the release, "Losing You" peaked at number 22 on the UK Indie Chart. The song later debuted at 155 on the UK Singles Chart on the week of 22 December 2012.

The video was originally supposed to be filmed in Brazzaville, as The Times reported here:


Solange dons Cape to fit Congo fashion

ANDILE NDLOVU | 03 octobre, 2012 00:39

"Knowles' s video eventually had to be moved to Cape Town - to coincide with her cover shoot with the local Elle magazine's November issue".
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The Huffington Post wrote in October: "Shot in South Africa and directed by Melina Matsoukas, the video shows Solange twirling through Cape Town with a band of friends and a crew of drapper dudes, as she croons about a broken love affair". 


Solange Knowles Debuts 'Losing You' Video And Talks 'Elle' South Africa Shoot


http://www.huffingtonpost.com/2012/10/02/solange-knowles-debuts-losing-you-video_n_1932763.html

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The song is also simply beautiful...

Do you like?


PRELJOCAJ A GARNIER

Preljocaj, encore et toujours mon chorégraphe préféré, nous a offert deux pièces splendides ce week-end à l'Opéra Garnier... La merveille continue jusqu'au 10 janvier.
J'en profite pour re-publier mon portrait du chorégraphe, publié il y a quelques années dans le Monde des Religions :

CHEMAM MELISSA - Publié le 1 septembre 2005 - Le Monde des Religions n°13

http://www.lemondedesreligions.fr/archives/2005/09/01/portrait-angelin-preljocaj-entre-ciel-et-terre,7802103.php

Portrait

Angelin Preljocaj
Entre ciel et terre


Que peut le corps ? » Cette question de Spinoza revient à Angelin Preljocaj à chaque nouveau ballet. Le chorégraphe présente à Paris deux de ses spectacles, les Quatre Saisons, au Théâtre de la Ville (1), et le Parc, à l'Opéra de Paris (2). Ce dernier, ballet classique, « ce que je peux faire de mieux pour l'Opéra de Paris », dit-il, est né à la lecture de la Princesse de Clèves, de Madame de La Fayette. « Je voulais effleurer les mêmes passions, raconte Angelin Preljocaj, mais dans la danse, où le corps se livre comme un symbole. » 

Né en 1957, formé à la danse classique, venu à la danse contemporaine après la pratique des arts martiaux, Angelin Preljocaj est un esthète et un penseur du mouvement. Pour lui, la danse est d'ailleurs une pensée en mouvement. « Le corps est un lieu unique en ce monde, avec une convergence entre l'instinct et l'intelligence. L'homme est, par sa position même, debout, un lien entre le ciel et la terre ; relié à la matière, mais aussi à autre chose », explique-t-il. Une foi personnelle l'influence en filigrane : « La spiritualité est un thème passionnant pour la danse, précise le chorégraphe. Le thème de l'Annonciation, par exemple, que j'ai monté en ballet, était totalement évacué de l'art chorégraphique. Alors qu'il raconte la capacité d'un corps à accueillir un autre corps, les transformations d'un corps de femme. Ce thème traverse vingt siècles d'histoire de la peinture, un art qui m'inspire énormément. » Et pour Angelin Preljocaj, tout art a une histoire, et les artistes jouent à une télépathie à travers le temps. « Je me lance sans cesse dans des relectures, poursuit-il. J'ai repris le thème des noces avec ma vision et mon sentiment, dans Roméo et Juliette, par exemple, et dans le Sacre du Printemps. » 

Le balancement de l'exil

Dans sa nouvelle le Cousin des anges, Ismaël Kadaré, d'origine albanaise comme le chorégraphe, raconte la traversée des Balkans de la famille Preljocaj. Elle lui a inspiré une métaphore inouïe, celle du balancement de l'exil comme naissance de l'instinct du danseur. La mère du chorégraphe était enceinte de lui lorsqu'elle a fui la dictature avec son mari, à travers les montagnes du Monténégro. « Evidemment, je ne me rappelle pas cette marche, mais l'exil est une thématique très forte pour moi. Dans ma vie, comme dans ma carrière. Notre génération porte la culpabilité et le mensonge de l'exil : culpabilité des proches laissés derrière soi, et mensonge qui doit justifier le départ, le rêve de réussite réalisé ou non. » Ce rêve, Angelin l'a réalisé pour sa famille le jour où son spectacle a été représenté dans l'opéra national de Tirana. Après des décennies de séparation, la famille a été acclamée en terre albanaise. Le miracle de la danse, peut-être.

(1) Du 27 septembre au 8 octobre 2005 (relâche le 3 octobre).
(2) Du 20 septembre au 4 octobre.

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Les infos sur le spectacle de 2012 Helikopter / Eldorado :

http://www.operadeparis.fr/saison_2012_2013/Ballets/ballet-preljocaj/detail/

Le Ballet Preljocaj réunit et présente pour la première fois deux pièces de son répertoire inspirées par des musiques de Karlheinz Stockhausen, Helikopter à l'énergie effrénée etEldorado (Sonntags Abschied), ballet intimiste et sensuel. Deux œuvres-phares de l’un des artistes incontournables du paysage chorégraphique actuel pour qui la danse est un socle d’inspiration inépuisable.


HELIKOPTER

Karlheinz StockhausenMusique (Helikopter-Quartet interprété par le Quatuor Arditti)
Angelin PreljocajChorégraphie
Holger FörtererScénographie
Sylvie MeynielCostumes
Patrick RiouLumières

COMMANDE DE LA BIENNALE NATIONALE DE DANSE DU VAL-DE-MARNE COPRODUCTION LA CRIÉE, CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL DE MARSEILLE ; BIENNALE NATIONALE DE DANSE DU VAL-DE-MARNE ; MAISON DES ARTS ET DE LA CULTURE DE CRÉTEIL, SCÈNE NATIONALE ; GROUPE PARTOUCHE CASINO MUNICIPAL AIX / THERMAL ; BALLET PRELJOCAJ
AVEC L’AIDE À LA CRÉATION DU CONSEIL GÉNÉRAL DU VAL-DE-MARNE

ELDORADO

Karlheinz StockhausenMusique (Sonntags-Abschied)
Angelin PreljocajChorégraphie
Nicole Tran Ba VangScénographie et costumes
Cécile Giovansili, Angelin PreljocajLumières


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DANS LA PRESSE

La critique du délicieux site Toute La Culture:
http://toutelaculture.com/2013/01/le-ballet-preljocaj-a-lopera-garnier-un-brillant-hommage-au-compositeur-stockhausen/

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Pour infos :


BALLET PRELJOCAJ

www.preljocaj.org/
Direction Angelin Preljocaj.





Théâtre : Avant "La Nuit tombe..." de Guillaume Vincent - Colline / Bouffes du Nord


A partir de mardi 8 février, le théâtre des Bouffes du Nord accueille en collaboration avec la Colline "La nuit tombe..." de Guillaume Vincent, présenté à Avignon l'été 2012. J'y serai mercredi, alors que les places sont prises d'assaut! Je savoure ma chance.

Pour un avant-goût du spectacle, on peut consulter le cahier-programme sur le site de La Colline : http://www.colline.fr/sites/default/files/documents/prog_nt_net.pdf


More soon.
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Dans la presse :

Le spectacle "La nuit tombe..." vu par Fabienne Pascaud de Télérama : "un théâtre curieusement charnel et hanté"
http://www.telerama.fr/scenes/quand-la-nuit-tombe-sur-avignon-guillaume-vincent-nous-invite-au-cauchemar,84434.php

Mots des Papous...

10 Mots pour une histoire

Un jeu proposé par l'émission  Des papous dans la tête  
Je vous donne 11 mots. A vous d'imaginer un récit dans lequel ces mots joueront leur rôle. Récit en 15 lignes maximum. Toutes les histoires sont les bienvenues : prose ou vers, comédies ou drames express.
Les mots en jeu : barboter  / crapule / berlingot / flocon / brillantine / Assuérus / Norma / cachet / réfléchir / étouffé / chocolat

05.01.2013
Je voulais prendre le temps de réfléchir. Je décidai de rouler jusqu'à Deauville, rêvant de laisser mes pieds barboter dans l’eau glacée. Je ne voulais plus penser à cette crapule ! En chemin, prise d’une faim, je m’arrêtai sur l’aire d’autoroute en quête de produits réconfortants, plaquette de chocolat, berlingot de jus de fruit, roman de grand chemin, qui ne firent pas leur effet. Je réprimai un cri étouffé : la radio fit couler sa voix, sûre d’elle, qui pérorait encore. De retour au volant, je m’autorisai un cachet de lexomil. J’allumai le poste et laissai chanter la Norma de Bellini pour me calmer. Mais l’image d’Esther face à la cruauté du roi Assuérus me vient plutôt à l’esprit. Je dramatise… Arrivée à Deauville, quelques flocons vinrent éteindre mes envies de mer. Je me décidai pour une tasse de café. Une fois devant l’entrée de l’Hôtel Normandie, poussée la portière de ma vieille Fiat 500, j’aperçus le dos large et les cheveux lustrés à la brillantine. Savait-il que je viendrai ? Ou était-ce moi qui au lieu de fuir voulait le retrouver ?