11/07/2014

NIGERIA : enlèvement de Chibok, bientôt trois mois... #BringBackOurGirls


NIGERIABOKO HARAM

Nigéria: un fonds d'aide présidentiel pour aider les victimes de Boko Haram

mediaDes habitants de l’Etat de Borno, au Nigeria, se sont regroupés en milice d’auto-défense pour lutter contre la menace de Boko Haram.REUTERS/Joe Penney

 Au Nigeria, lundi, cela fera trois mois que plus de 200 lycéennes ont été enlevées à Chibok, dans l'Etat du Borno. 

Alors que les familles désespèrent de voir revenir leurs filles enlevées par Boko Haram, le Président Goodluck Jonathan a annoncé la création d’un fond d’aide aux victimes de la secte islamiste. Il fait partie de la "Presidential Initiative in the North East" (PINE), l’Initiative présidentielle pour le Nord est du Nigéria.
Le président et le parti au pouvoir semble multiplier les déclarations pour contrer les critiques et reproches d’inaction face  à la secte islamiste Boko Haram, mais ces efforts suffiront-ils à persuader l’opinion, notamment dans le nord musulmans du pays ?

Mélissa Chemam pour RFI

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Goodluck Jonathan a lancé un fond de 30 milliards de naïras pour les victimes de Boko Haram, l’équivalent de 135 millions d’euros.
Selon son porte-parole, Reuben Abati, un tiers sera financé par les autorités, les deux autres grâce aux dons d’hommes d’affaires, de Nigérians de la diaspora et du secteur privé.

Le fonds doit être débloqué ce 16 juillet et sera affecté à la reconstruction d’établissements publics et notamment d’écoles détruites par les attaques de la secte islamiste dans le nord-est du pays. Le but est aussi de venir en aide aux veuves et orphelins. La gestion du fonds est confiée à deux militaires : les généraux Theophilios Danjouma et Fola Adiola.

Malgré cette annonce, beaucoup dans le nord du pays doutent de la volonté du gouvernement, critiqué pour son incapacité face à Boko Haram, pour l’absence de réactivité des militaires dans certains cas mais aussi pour la violente répression contre les populations musulmanes des régions où la secte est active.
Hier les services secrets sud-africains ont établi un compte-rendu accablant de ces exactions et manquement, dont la presse a eu connaissance. Ils concluent que la situation sécuritaire au Nigeria devrait encore se dégrader.

Ce vendredi matin, plusieurs familles des jeunes filles de Chibok enlevées se plaignaient dans la presse de la passivité des autorités. Aucune, des jeunes filles qui se seraient enfuies la semaine, selon les autorités, ne sont rentrées chez elles, affirment ces parents.

Le fond d’aide aux victimes apparaît dans ce contexte comme une réponse à la colère. Mercredi, le président a également nommé quatre nouveaux ministres dans le cadre d’un remaniement du gouvernement dont deux personnalités musulmanes : parmi elles, Ibrahim Shakarou, l’ancien gouverneur de l’Etat de Kano, une figure très populaire dans le nord du pays.

10/07/2014

Soudan : Meriam Ibrahim toujours réfugiée à l'ambassade des Etats-Unis


SOUDAN - SOUDAN DU SUD - ETATS-UNIS - RELIGION

Soudan: Meriam Ibrahim reste réfugiée à l’ambassade américaine

mediaMeriam Ibrahim et son mari.Reuters

Au Soudan, une décision était attendue sur l'éventuel abandon des charges d'usage de faux contre la Soudanaise chrétienne Meriam Ibrahim réfugiée à l'ambassade des Etats-Unis. Le procureur devait s'exprimer mercredi, mais n'a finalement pas commenté la situation ; le juge devant statuer mardi ne s'était pas présenté... Si ces charges étaient abandonnées, elle et sa famille pourraient enfin quitter le Soudan. En attendant, elle reste coincée à l'Ambassade... 

Mélissa Chemam pour RFI
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Selon l'Ambassade américaine à Khartoum, le départ de Meriam Ibrahim et sa famille aurait dû être réglé en quelques jours après son arrivée dans les locaux... Ces déclarations remontent à fin juin. Depuis, rien ne semble réglé.

Meriam Ibrahim 27 ans, reste recluse au sein de l'ambassade, avec son mari Daniel, pourtant citoyen américain et sud-soudanais, et leurs deux enfants, dont Maya, la fille dont elle a accouché en prison mi-juin, les jambes enchaînées...

Sa condamnation à mort pour apostasie a pourtant été annulée par la Cour d'appel le 23 juin dernier.
Elle a malgré tout été arrêtée à l'aéroport de Khartoum le 24 juin, alors qu'ils s'apprêtaient à partir pour les Etats-Unis.

Les autorités aéroportuaires lui reprochaient de vouloir voyager avec un document sud-soudanais, ce que le droit permet en théorie car il s'agit de la nationalité de son mari.

Et depuis, elle a été la cible d'une nouvelle procédure devant la justice lancée par des personnes affirmant être membres de sa famille, le 1er juillet.

Ces personnes, de confession musulmane veulent prouver leur lien de parenté avec elle et étaient à l'origine de la première plainte en 2013 qui a abouti à sa condamnation à mort pour apostasie le 15 mai dernier.

Plusieurs groupes de défense des droits de l'homme les considèrent en danger au Soudan.

Joint ce mercredi, son avocat dit n'avoir toujours aucune date précise concernant une éventuelle décision de justice qui permettrait le départ de la famille. Selon lui, l'ambassade américaine discute avec le gouvernement soudanais, mais cela pourrait prendre du temps.

08/07/2014

Tanzanie : Attaque à Arusha


 Dans le nord de la Tanzanie : une explosion a fait huit blessés, dont l'un très grièvement atteint, dans un restaurant de la ville touristique d'Arusha.

Précisions : Mélissa Chemam pour RFI

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Police cordon off the site of a bomb attack on July 8, 2014 in Arusha, nothern Tanzania, that injured eight people late the night before.

L'explosion a été provoquée par une bombe, c'est ce qu'a annoncé mardi la police nationale.
Selon Issaya Mngulu, un de ses hauts responsables, "Il n'y a pas eu de mort mais huit personnes tanzaniennes ont été blessées, dont l'une est dans un état grave".
Deux suspects de nationalité tanzanienne ont été arrêtés.

L'attentat, survenu tard lundi soir, a été provoqué par "un engin explosif improvisé", a-t-il précisé, lancé par la fenêtre du restaurant.
Le lieu visé est un restaurant indien élégant, fréquenté par l'élite locale et des expatriés, de cette ville touristique et centre économique situé au nord du pays, près de la frontière kenyane.

La ville d'Arusha a été plusieurs fois visé par des attentats, tout comme la capitale de l'île autonomiste de Zanzibar, Stone Town, le mois dernier. Aucun lien entre ces attaques n'a été établi par la police.
La police tanzanienne nie pour l'instant toute implication de terroristes étrangers dans l'attentat d'hier soir.

Selon un analyste, spécialiste des mouvements terroristes dans la corne de l'Afrique, les imams et musulmans modérés sont de plus en plus visé par les extrémistes islamistes.

Vendredi dernier par exemple, un imam modéré a été attaqué dans sa maison par des extrémistes, deux personnes ont été blessées, ce qui révèle un mouvement de radicalisation d'une partie de la population musulmane, qui représente 40 à 50% de la population tanzanienne, selon les différentes statistiques, concentrée essentiellement sur l'île de Zanzibar, à Arusha justement et Dar es-salaam.


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Des miliciens liés aux Somaliens d'Al Shabab ont perpétré plusieurs attaques dans la Corne de l'Afrique ces derniers mois, et les extrémistes tanzaniens nationaux semblent de plus en plus influencés par leurs idées, selon les experts.


07/07/2014

A Goma, semaine du Festival Salaam Kivu, le SKIFF, entre musique et cinéma


Au Congo (RDC), la ville de Goma au Nord-Kivu accueille à partir de ce soir et pour dix jours (4 - 13 juillet) la 9e édition du Salaam Kivu International Film Festival (SKIFF). Organisé par le Centre culturel Yole ! Africa et Alkebu Productions, ce festival regroupe des ateliers, débats, projections de films et concerts de musiques. Cette édition 2014 du SKIFF a pour thème « Tuta djenga ao » (« Allons-nous construire ? », en swahili). Parmi les artistes congolais et étrangers invités à se produire : le reggaeman congolais Mack El Sambo dont le spectacle est programmé samedi 5 juillet au stade de l’Unité de Goma, le réalisateur canadien Matthieu Roy et le cinéaste congolais Balufu Kakupa-Kanyinda.

Mélissa Chemam pour RFI

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Mélanger les disciplines artistiques et mettre en valeur la créativité des habitants du Nord Kivu, voilà le projet du festival annuel Salaam Kivu, consacré aux cinémas de l'est du Congo mais pas seulement.

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Dans cette région où la musique est très présente et circule, pour Petna Ndaliko, le directeur du centre Yole ! Africa et initiateur du Festival, elle peut servir de relais vers les autres arts.

Le site du festival : http://www.salaamkivu.org/

Lien vidéo - en anglais :

Published on 2 Oct 2012
Watch the entire "I Am Congo" series at www.RaiseHopeForCongo.org/IAmCongo

Artist and filmmaker Petna Ndaliko is the founder of Yole! Africa, a sanctuary of art,
music and expression for youth in Goma. Every year in the battered, war-weary Congolese provincial capital -- a place with few paved roads, let alone a theater -- Petna pulls together a film and music festival drawing crowds in the thousands.

Invité à présenter en ouverture son film "Survivre au Progrès", sur la dette, l'an dernier,
le québécois Mathieu Roy succombe au projet. Cette année il veut encourager les réalisateurs congolais à  :

Le festival dure 10 jours sur des scènes en plein air et compte bien fêter l'en prochain sa 10e édition.

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MUSIQUE 

Côté musique donc : le reggaeman congolais Mack El Sambo sera en concert demain, samedi 5 juillet au stade de l’Unité de Goma :

Mack El Sambo, de son vrai nom Joseph Machozi Kataka Lusambo, est un artiste qu’on ne présente plus dans la partie Est de la RD.Congo.
Né le 27 janvier 1970, à Kiwamja, dans le territoire de Rutshuru à 72 Km de la ville Goma. Il est marié à Claudine Komba Kumimbao Mwangacucu et père d’une famille de 5 enfants. Depuis l’âge de 12 ans, il a évolué comme chantre à l’Eglise catho­lique de Nyamilima Paroisse de Binza dirigé parle père Caraciollini qui plus tard lui a appris la gui­tare, accordéon, piano, ... et a solfier.

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Lien vers le site de Yolé Africa ! : http://yoleafrica.org/

05/07/2014

Kordofan Ouest : symptômes des violences soudanaises


Article de ce vendredi :
SOUDAN PÉTROLE

Recrudescence de combats meurtriers au Soudan

mediaVue arienne de Khartoum, Soudan.Getty Images/ Robert Caputo
Au Soudan, au moins 150 personnes sont mortes dans des combats entre clans rivaux près d'un site pétrolier, dans l'Etat du Kordofan-Ouest. C'est ce qu'ont annoncé ce vendredi 4 juillet les médias officiels soudanais. Ceux-ci n'ont pas toutefois précisé la date de ces affrontements liés à un différend territorial.
Les combats ont opposé deux clans de la tribu Misseriya, selon le chef tribal Mohammed Omer Al-Ansari. Ce dernier répondait aux questions du Centre des médias soudanais. L'homme n'a fait part ni de la date ni de la durée des affrontements. Il semblerait que l'enjeu soit des disputes de parcelles dans cette zone où se trouve un puits de pétrole en activité. Selon le Sudan Tribune, les affrontements auraient également fait plus de 100 blessés.
Des affrontements similaires se sont produits il y a un mois : dans la même région, ces groupes - des Zurug et Awlad Amran du clan Misseriya - se sont affrontés début juin, faisant 41 morts. Ils avaient utilisé des kalachnikovs et des grenades.
Une situation instable
Alors que la situation économique se détériore depuis deux ans au Kordofan-Ouest et au Darfour voisin, les affrontements autour de la possession de parcelles se multiplient.
La situation semble instable du fait que les autorités soudanaises avaient armé les Misseriya ainsi que d'autres groupes de la région pendant la guerre civile qui s'est achevée en 2005, et a conduit à l'indépendance du Soudan du Sud.
Les milices ont été réactivées récemment pour luter contre des groupes rebelles au Kordofan, selon une ONG spécialisée dans le recensement des armes légères. Les autorités des Etats du Kordofan-Ouest et de l'est du Darfour s'étaient engagées à renforcer leurs troupes dans ces régions. Le Sudan Tribune confirme que des sources locales dénoncent également la prolifération d'armes au sein de différents groupes. Ce serait la conséquence d'une campagne de réarmement des tribus par le gouvernement qui espère ainsi lutter contre les rebelles.
 

04/07/2014

L'éditorial de Grotius International


  


RENOUVELER L’HUMANITAIRE…OSONS !Lien vers le site : http://www.grotius.fr/renouveler-l-humanitaire/



humanitaires
Le mouvement humanitaire, en France, n’est ni de droite ni de gauche. Dans nos débats de société, c’est silence radio : sur la montée et la banalisation du racisme, la percée du Front national, la déliquescence des partis politiques, la corruption, la pauvreté qui gagne une majorité de Français, la montée vertigineuse du chômage etc. Sur tous ces sujets, les ONG comme MSF, MDM, ACF, Solidarités internationales, H.I, le Secours islamique, Acted, PU-AMI etc. n’ont-elles donc rien à dire ?

S’interdisent-elles toute prise de parole ? Sont-elles comme paralysées ? D’aucun diront – avec raison, que cette prise de parole ne fait pas partie de leur mission. Etre dans l’action, oui. Pour certaines d’entre elles, dans nos quartiers, dans certaines zones sensibles, ou auprès de minorités comme les sans-papiers, les Roms…
Absence de prise de position publique donc lors des temps forts de la démocratie française, élections municipales, régionales, présidentielle : il faut le reconnaitre. Faut-il s’en désoler aujourd’hui ? Le temps de le regretter arrivera-t-il ? Ce monde humanitaire en action dans le monde n’est donc pas classifiable dans l’espace politique nationale. Cet apolitisme apparent sera-t-il un jour assourdissant ?
On le dit pourtant : certains de ces « patrons » de l’humanitaire français sont des hommes politiques ratés. Contrariés. Un temps, celui d’une jeunesse militante, ils furent engagés, à droite ou à gauche. Très peu de ces hommes ou femmes ont un véritable parcours très  « marqué » à droite, ce parcours classique : mouvements de jeunesse d’extrême-droite, coups de feu en terres lointaines, embrigadements dans le champ politique pur, amitiés parallèles peu avouables avec certains intellectuels ou milieux.
Les motivations des jeunes / étudiant(e)s qui désirent embrasser la carrière – souvent par vocation, n’en sont que plus déconcertantes : eux aussi s’avouent dans l’ensemble ni de droite ni de gauche, matérialiste oui sans le dire mais il suffit d’évoquer leur avenir, leurs vœux – acheter une maison, fonder une famille etc., et s’avouent épris de « choses » (mot entendu) qui les transcendent : pureté, engagement, faire le bien. « Je veux faire le bien » dit une jeune femme en formation. Un discours un tantinet religieux sans ses fondamentaux – grandes ignorances de l’Histoire des religions etc. et du fait religieux en soi, tout simplement. Ceux-là ne sont pas les 30% de ces étudiants qui votent pour le fascisme feutré de Marine Le Pen. Eux sont plutôt les abstentionnistes. Ou les écolos-bobos.
Nombre de ces jeunes qui s’engagent dans l’humanitaire par le biais d’un premier stage ou CDD sont donc politiquement corrects. Sans plus. Ils sont déjà « dans le moule ». Mais veulent stopper la famine à des milliers de kilomètres, changer le monde loin là-bas. Nous sommes dans le prêt-à-porter idéologique. Bien sûr au grand bonheur des DRH et patrons d’ONG. Ces petits ‘tirailleurs’ de l’humanitaire partiront la fleur au fusil.
Maintenant soyons juste : faire le Bien avec ou sans majuscule n’est de droite ni de gauche. « Faire » de l’action humanitaire n’est ni de droite ni de gauche. Faut-il rappeler ici que l’action humanitaire est fille du monde politique et économique libérale? Construction laborieuse, si riche en débats d’idées depuis trois cents ans. De Londres à Paris… Donc que faire ? Que faire ? Comme disait l’ami Lénine…
Je réponds simplement qu’il est temps aujourd’hui que les patrons d’ONG descendent dans les amphis, aillent à la rencontre de ces jeunes humanitaires en herbe. Pour leur expliquer notre monde, ce à quoi ils se préparent, évoquer leur propre expérience de quelques décennies pour certains… Et remettre quelques pendules à l’heure, parler des valeurs qui portent le métier d’humanitaire. Rappeler l’impartialité, la neutralité, l’indépendance…La fameuse sainte Trinité qui avec un grand dosage d’inter-culturalité peut nous sauver ici, sauver l’autre et sauver notre engagement vers l’autre. Et faire comprendre, ici et à des milliers de kilomètres, qu’il existe encore une éthique et une morale sur lesquelles il ne faut jamais – jamais, transiger.
Je fais un rêve : que le monde humanitaire français se lève comme un seul homme pour rappeler au plus grand nombre les valeurs humanistes qui font sa fierté. Sans entrer dans le champ politicien national. Avec hauteur et dignité. Il est inutile de nommer l’innommable : l’extrême-droite. Mais il est urgent de témoigner. Ici aussi.
Jean-Jacques Louarn
Jean-Jacques Louarn est journaliste à RFI.

Accord entre Areva et l'Etat du Niger: la société civile nigérienne déçue



NIGER FRANCE NUCLÉAIRE
Publié le • Modifié le 

Areva au Niger: la société civile nigérienne déçue par l'accord cadre

par Mélissa Chemam


L'entrée du site d'Areva à Arlit, au Niger. AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Au Niger, alors que la finalisation de l'accord entre l’Etat du Niger et Areva se fait attendre, notamment la nomination de directeurs nigériens à la tête des sociétés d'extraction Somaïr et Cominak, la société civile nigérienne se dit largement déçue et surtout inquiète. L'accord cadre a été signé le 26 mai et publié au Journal officiel du Niger le 12 juin dernier mais les décisions ne satisfont pas tout le monde, surtout pas la société civile.
Ramatou Solli est la coordinatrice du Groupe de réflexion et d'action sur les industries extractrices du Niger. Elle regrette que la société civile ne soit considérée que comme « un trouble-fête » par les autorités sur le dossier et que ses recommandations n'aient pas été défendues lors des négociations entre les ministres en charge du dossier et la société française.
Une chance historique et … « l’occasion d’échouer »
Selon Ramatou Solli, ces négociations offraient une chance historique de faire entendre les attentes des Nigériens sur le dossier des industries d’extraction de l’uranium, mais « c’est également historique, parce qu’on s’est offert l’occasion d’échouer. Le ministre d’Etat, ministre des Mines et les autorités en charge de cette question ont toujours fait croire aux Nigériens qu’ils négociaient dans le sens des intérêts du Niger, mais vus les résultats obtenus, je pense que c’est un accord sur lequel le Niger a été grugé plus que d’habitude ; on n'a rien gagné du tout, on a fait semblant de conduire des négociations pendant près de dix-huit mois pour aboutir à rien, en fait ».
Le Groupe de réflexion et d'action sur les industries extractrices du Niger entend les arguments de l’entreprise française sur les conditions du marché qui se sont détériorées mais se dit tout de même lésé par l’accord en termes de perspectives sociales pour les employés.
Un marché de l’uranium morose
« On nous parle des coûts très bas de la livre d’uranium sur le marché et du coup élevé de la production de l’uranium nigérien et que pour cela il fallait réduire les coûts de production, ajoute Ramatou Solli. Pour réduire les coûts de production, il faut réduire les charges et réduire les charges reviendrait à faire des licenciements ou des réductions sur les salaires des travailleurs, ce que les directeurs généraux nigériens vont devoir supporter ».
L’accord cadre prévoit en effet que l’Etat du Niger propose deux directeurs généraux à nominer à la tête des deux sociétés d’exploitation de l’uranium nigérien, la Somaïr (la Société des mines de l’Aïr) et la Cominak (la Compagnie minière d’Akouta), ce que l’accord de partenariat stratégique nomme la « nigérisation » de ces postes, sur la base « d’un commun accord ». La désignation par les deux parties du DG de Cominak doit, selon l’accord, intervenir avant le 30 juin 2016, celle de Somaïr avant le 30 juin… 2014.
Cette nomination n’est pas encore effective à ce jour, mais pour Ramatou Solli ces nominations risquent de conduire les directeurs nigériens à annoncer eux-mêmes les plus mauvaises nouvelles à leurs concitoyens. « Nous constatons qu’avec cet accord la loi de 2006 n’est pas appliquée entièrement et que cela nous laisse sur notre faim pour tout le combat que nous avons mené sur le plan social », explique-t-elle. « La première conséquence directe que j’entrevois sera le problème de la reconstruction de la route de l’uranium, en mauvais état, pour laquelle Areva propose 90 milliards de francs CFA sur quatre ans, or cela ne suffit pas, il faut quatre fois plus pour reconstruire cette route. Le Niger va devoir s’endetter pour finir les travaux et permettre à Areva de continuer à exploiter et transporter son uranium jusqu’au port de Cotonou. La deuxième conséquence correspondant à une fausse promesse, non tenue depuis 2007, sur l’exploitation des mines de la région d’Agadez ». A cela s’ajoutent les menaces de licenciements et de baisse des salaires, selon elle, ainsi que l’absence de prise en charge des questions de l’environnement, de la pollution des sites et de la santé des travailleurs.
Conséquences sociales peu prometteuses
Les syndicats dénoncent aussi les conséquences sociales des arrangements imposés par l’accord, notamment les pressions sur les travailleurs qui vont devoir travailler plus, selon Moussa Ibrahim, syndicaliste à la Synamin. Il rapporte les premiers licenciements dans les sociétés travaillant en sous-traitance avec Areva, surtout avec l’arrêt des activités du site d’Imouraren : 552 employés ont déjà été licenciés dans la société Sinohydro, rapporte-t-il. « Une fois les accords définitivement signés, explique-t-il, il ne nous restera que les notes et les dernières dispositions prises dans le cadre de la mise en application de l’accord pour agir ; et nous estimons que si la situation continue à nuire à nos intérêts, il nous faudra sortir les gants et s’il faut aller dans la rue, on ira dans la rue. S’il faut que l’Etat s’implique davantage dans la préservation des intérêts des Nigériens, on sollicitera sa contribution. Et les syndicats des mines et les centrales syndicales ont intérêt aujourd’hui à réfléchir sur ces sujets ».
Le gouvernement n’a pas encore souhaité réagir à ces inquiétudes. Le ministre des Mines, Omar Hamidou Tchiana, doit s’exprimer devant les membres de l’Assemblée nationale la semaine prochaine pour présenter les résultats de cet accord, lors d’une session extraordinaire. Début juin sur RFI, le ministre reconnaissait au micro de Christophe Boisbouvier que le chômage technique sur le site d’Imouraren semblait fort probable.

03/07/2014

13 ONG britanniques affirment que le Soudan du Sud frôle la famine


Déchiré par une guerre civile, le plus jeune Etat du monde risque d'être frappé par la catastrophe alimentaire dans les prochaines semaines si une aide massive n'est pas mobilisée, selon les 13 ONG membres du Comité d'urgence britannique pour les catastrophes (DEC). 

Précisions : Mélissa Chemam pour RFI

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 Photograph: Jacob Zocherman

Selon les agences humanitaires, "si le conflit au Soudan du Sud se poursuit" - ce qui est plus que probable - et "que l'aide n'augmente pas, d'ici août prochain, plusieurs régions du pays sombreront dans la famine".
Le Comité d'urgence britannique pour les catastrophes (DEC) regroupe 13 ONG présentes au Soudan du Sud dont Oxfam et Save the Children.

Selon Saleh Saeed, responsable de la coalition d'ONG, "le risque de famine est réel, dans plusieurs régions du pays" et il est urgent que les ONG puissent alimenter leur budget.
Elles ne disposent que de la moitié de leur budget nécessaire pour faire face à la crise et l'ONU que de 40% des fonds nécessaires à la livraison de son aide alimentaire.

Le collectif britannique DEC estime son budget nécessaire pour le pays à 140 millions d'euros, or il ne dispose pour l'instant que de 70.

Selon Elisabeth Byrs, porte-parole du P.A.M. à Genève, l'argent manque parce que le nombre de déplacés et de réfugiés augmente au Soudan du sud mais aussi dans le monde, et les crises sévères sont nombreuses, de la Syrie à la Centrafrique en passant par le Soudan du Sud.

Depuis l'éclatement du conflit entre le président Salva Kiir et son ancien Vice-président Riek Machar en décembre dernier, le pays s'enfonce dans une guerre civile lourde de conséquences sur le plan humanitaire.
Au moins 10.000 personnes ont péri dans le conflit, et plus d'un million et demi sont déplacés.

Devenu indépendant le 9 juillet 2011, suite à l'accord de paix avec Khartoum de 2005 signé sous l'égide des Etats-Unis, le Soudan du Sud se relevait déjà difficilement des 25 ans de guerre contre le gouvernement soudanais. Mais miné par des divisions à la fois ethniques, religieuses et sociales, le jeune Etat ne s'est pas relevé de ses blessures et dissensions.

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Lien : en images sur Le Guardian
http://www.theguardian.com/global-development/2014/jul/01/-sp-south-sudan-malakal-refugee-camp-in-pictures


01/07/2014

Togo : bras de fer en vue de la présidentielle de 2015


Au Togo où l'assemblée nationale a rejeté un projet de loi limitant le nombre de mandats présidentiels.
Le texte avait été présenté par le gouvernement dans le cadre d'une série de modifications de la constitution exigées quant à elles par l'opposition. Les députés de la majorité présidentielle ont alors pu rejeté l'ensemble de la réforme. Cela permet donc en théorie une nouvelle candidature du président Faure Gnassingbé, pour un 3ème mandat, en 2015. 

Plus de détails avec Mélissa Chemam.
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Le projet de loi a pourtant été présenté par le gouvernement devant l'Assemblée nationale - l'initiative du débat, elle, venait de l'opposition.
Déposé le 16 juin dernier, le projet de loi prévoyait la réforme de six points de la Constitution de 1992 : dont le passage à l'élection du président de la République au suffrage universel direct, un scrutin à deux tours, et un mandat de 5 ans pour le chef de l'Etat renouvelable une seule fois.

Mais sur 91 députés, 63 ont voté contre, au cours d'un vote secret.
Les députés de l'UNIR, L'Union pour la République au pouvoir, représentent 62 de ses parlementaires ;
pour beaucoup, le calcul est donc facile à faire...

La prochaine élection présidentielle togolaise est prévue pour février ou mars 2015.
Le Président Faure Gnassingbé, déjà élu deux fois en 2005 et 2010, conserve donc la possibilité de se re-présenter.
Fils de l'ancien président Gnassingbé Eyadema, il a été porté au pouvoir à la mort de celui-ci en février 2005, avant son élection quelques mois plus tard en mai.

L'opposition et la société civile réclamait depuis des mois une limitation des mandats présidentiels à deux.
La semaine dernière, le collectif "Sauvons le Togo" et la coalition "Arc-en-ciel", proche de l'opposition, avait manifesté en ce sens pendant trois jours.

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Le Parti au pouvoir souligne que le Parlement s'est exprimé indépendamment de l'exécutif, et que l'opposition n'a pas fourni sa part du dialogue. Pour Georges Aïdam, le Vice-président de l'UNIR,  l'Union pour la République - au pouvoir, les opposants voudrait leur imposer une loi rétroactive, ce qui est inconstitutionnel, pour viser le Président Gnassingbé.

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Pour les membres de l'opposition et la société civile, la seule solution est désormais de battre le président aux prochaines élections.

Patrick LAWSON est le vice-président de L'Alliance Nationale pour le Changement, l'ANC de Jean-Pierre FABRE. Selon lui, cette manoeuvre de l'UNIR, le parti au pouvoir, rompt ainsi "l'accord politique global" qui sert de dialogue depuis les violences de 2005 entre le pouvoir et l'opposition, en rejetant ce projet de loi.

Nigéria : cycle de violence dans l'Etat du Borno


 Plus de 50 morts, c’est le premier bilan des attaques qui ont été lancées contre plusieurs églises de villages de l’Etat du Borno au Nigéria, hier dimanche, à l’extrême nord-est du pays. Une autorité officielle de l’Etat a communiqué ce bilan ce lundi vers midi, heure locale. 57 morts selon la Croix Rouge locale dans ces 4 villages qui se trouvent à quelques km de la ville de Chibok, où des combattants de la secte islamiste Boko Haram ont enlevé plus de 200 jeunes filles en avril dernier. Les djihadistes sont suspectés.
Les habitants des villages attaqués continuent de retrouver des corps de victimes, selon la croix rouge.

Précisions de Mélissa Chemam

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Les attaques ont débuté pendant les messes dans les villages de Kwada, Ngurojina, Karagau et Kautikari, autour de Chibok.
Des hommes lourdement armés ont attaqué ces lieux de culte en moto, lançant des grenades et tirant sur les fidèles pendant le culte et sur ceux qui ont pris la fuite.
Selon l’évêque de Maiduguri, les églises attaquées sont évangéliques, et toute la communauté chrétienne se mobilise pour venir en aide aux aux blessés et aux familles des victimes.

Des témoins rapportent que les attaquants ont mis le feu à plusieurs maisons ; d’autres que l’armée n’est pas intervenue, des soldats seraient même partis se réfugier en forêt pour se protéger.

Témoin : "les combattants de Boko Haram sont partout; il ont mis le feu à nos maisons, à nos fermes, tout peut être brûlé. La plupart des gens ont fui, nous ne savons pas quand cela va finir et quand les gens pourront rentrer chez eux. Et ils n'ont pas de nourriture, ni nulle part où revenir".

Selon le Sénateur local, Ndume Mohammed Ali, les autorités ne cessent d’appeler le gouvernement à renforcer la sécurité dans la région, officiellement placé sous état d’urgence depuis mai 2013 :

 "Les villages sont isolés et nous n’avons qu’un seul poste de police dans la région, le siège du gouvernement local, qui est à plusieurs km de la zone des attaques. Dans la plupart des cas d’attaques, avant que les forces de sécurité ne se mobilisent et n’arrivent sur place, on se rend compte que leur intervention arrive trop tard".

La police de l’Etat du Borno n’a pas donné plus de détails sur un éventuel renforcement des mesures de sécurité.