04/04/2015

KENYA - Garissa : Dernières infos sécuritaires et humanitaires




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Des étudiants sont évacués de l'université du campus de l'université de Garissa, en proie à une prise d'otages qui sera suivie d'un massacre, le 2 avril 2015.Mandatory credit REUTERS/Citizen TV via Reuters


Au lendemain de l’attaque de Garissa, le ministre kényan de l'Intérieur a promis que le Kenya ne se laissera pas "intimider par les terroristes". Le président somalien a aussi appelé à s'unir contre la violence terroriste.
L'attaque et prise d’otage à l'université de Garissa dans l’est du pays menée par les islamistes somaliens shebab a fait 148 morts et 79 blessé parmi les étudiants. L’heure est à présent à la mobilisation et à l'enquête. 

Mes dernières infos : 


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Les premiers corps de victimes sont arrivés dans l'après-midi à Nairobi, d'autres en début de soirée. 

Le ministre kényan de l'Intérieur Joseph Nkaissery s'est exprimé devant la presse à Nairobi à son retour de Garissa, et a précisé que 142 étudiants ont été tués jeudi au cours des presque 16 heures d'attaque et de siège, ainsi que trois policiers et trois militaires. Il a confirmé que quatre terroristes ont été tués durant l'opération pour libérer les étudiants retenus en otages et a ajouté que "tous les corps ont été retirés des lieux et transférés à Nairobi".

L'université de Garissa accueillait selon les autorités 815 étudiants, venus des quatre coins du pays, dont une grande partie vivait dans la résidence universitaire prise d'assaut par les assaillants.

Ce matin, il s’était exprimé devant des journalistes à Garissa, promettant que "le gouvernement kényan ne se laissera pas intimider par les terroristes qui ont choisi de tuer des innocents ».

Une dizaine de bus ont été mis en place pour transporter les étudiants survivants traumatisés vers leurs villes d'origine, ainsi que 4 hélicoptères. 

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a également déclaré ce matin que la Somalie et le Kenya doivent renforcer leur coopération sécuritaire, en présentant ses condoléances aux Kenyans.

Sur l'attaque même, on sait désormais que les assaillants s'exprimaient en swahili, et ont tiré froidement sur des étudiants dès le début de l'assaut. 

Ils ont invoqué comme raison de leur lutte l'implication des soldats kenyans au sein de l'AMISOM luttant contre les shebabs en Somalie .

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Le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, avait désigné jeudi Mohamed Kuno, un ancien professeur de Garissa, comme commanditaire de la prise d'otage, offrant une récompense de 20 mio de schillings pour son arrestation (env. 200.000 euros). En sait-on plus sur lui? 

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Il a été désigné dès jeudi après-midi par les autorités kenyans comme le cerveau de l'attaque.

Mohamed Kuno ou Mohamed Mohamud selon les médias est aussi désigné par plusieurs surnoms, des noms de guerre donné au sein du groupe islamiste : dont  
Dulyadin et Gamadhere, repris largement par la presse kenyane depuis vendredi.  Dulyandin qui veut dire "ambidextre en langue somali.

Il est d'ethnie somali et de nationalité kenyane comme de nombreux habitants de la région de Garissa, proche de la frontière somalienne.

 Cet homme est en fuite depuis décembre 2014.

Il avait déjà été identifié comme commandant shebab lors d'une attaque dans la ville de Mandera l'an dernier, dans la même région.
On sait qu'il a été enseignant dans une madrassa de Garissa, un lycée d'enseignement islamique jusqu'en 2007 et qu'il avait rejoint les islamistes des tribunaux islamiques, probablement en 2007/8 - organisation politique somalienne dont sont issus les shebabs. 

Selon les autorités kenyanes, il aurait réussi à fuir en Somalie.

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24 heures après la prise d'otage, l'ambiance reste très lourde à Garissa où les mouvements se font rares. Sur place, un médecin venu du camp de Dadaab à quelques dizaines de kilomètres commente la situation : le docteur Bashir Abdiweli est arrivé sur place hier après-midi et constate que la situation reste tendue alors que les secours organisent toujours le départ de nombreux étudiants non originaires de la ville.

Le Docteur Bashir Abdiweli, que j'ai joint cet après-midi :

"Aujourd'hui, les boutiques sont restées fermées. Quelques unes ont ouvert le matin mais les commerçants ont vite fermé donc dans l'après midi, les mouvements étaient vraiment rares. Il ne se passe presque rien et la situation est désormais calme. 
Ces dernières 24 heures ont été horribles et chaotiques. 
Bien sûr, nous avons reçu des dizaines de blessés.
Sur les lieux de l'attaque, nous avons en effet trouvé de nombreux corps ce matin et même plus tard dans la journée certains s'y trouvaient encore et étaient amenés progressivement à l'hôpital.
Aujourd'hui nous sommes également intervenus près de la piste d'atterrissage dans la base militaire de Garissa pour aider certains étudiants blessés qui y ont été envoyés. Certains sont malades; d'autres sont surtout traumatisés. Aujourd'hui nous avons vu au moins 74 survivants là-bas.
Et les autorités kenyanes s'organisaient pour leurs déplacements et pour les faire sortir de la ville - pour ceux qui ne sont pas de la région : des bus ont commencé à les faire sortir de la ville".


Il connaît bien la région et commente les défis pour le personnel médicale après une attaque d'une telle ampleur dans une ville sous-équipée médicalement.

Le Docteur Bashir Abdiweli :

"Dans une situation aussi inattendue, les défis sont nombreux en matières de réponse médicale, notamment en ce qui concernent les fournitures. Et avec le type de blessures constatées l'hôpital est mal préparé en terme de matériel. Mais la réaction a été la meilleure possible, de nombreux acteurs sont sur place qui ont fourni un effort à la fois humain et médical. 
Il y avait tellement de blessés dès hier que nous avons reçu une demande pour intervenir de la part du Ministère kenyan de la Santé appelant à du renfort. Nous avons réussi à rejoindre Garissa hier après-midi. 
Et nous sommes venus aider le personnel médical de l'hôpital de Garissa, pour aider à soigner les blessés.
Le plus difficiles est de trier les patients qui peuvent être soignés sur place puis rentrer chez eux et ceux qui doivent être traités plus en profondeur ou plus longuement.
Nous apportons aussi un soutien en matière chirurgical et pour les soins  post-opératoires".



03/04/2015

Le Kenya en deuil et doute après l'attaque de Garissa


Mes dernières infos :


Au lendemain de l’attaque de Garissa, le ministre kényan de l'Intérieur a promis que le Kenya ne se laissera pas "intimider par les terroristes". Le président somalien a aussi appelé à s'unir contre la violence terroriste.
L'attaque et prise d’otage à l'université de Garissa dans l’est du pays menée par les islamistes somaliens shebab a fait 147 morts et 79 blessé parmi les étudiants.
Après des heures d’incertitude, le drame s’est terminé par un assaut final des forces de l’ordre déployées en masse dans la ville.
L’heure est à présent à la mobilisation contre le terrorisme et aux condamnations unanimes, au sein de la classe politique kenyane tout comme dans les pays partenaires du Kenya.

Melissa Chemam

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mediaUn militaire kényan devant l’université de Garissa, où une attaque des shebabs somaliens à fait presque 150 morts, le 2 avril 2015.AFP PHOTO / CARL DE SOUZA


 Le ministre kényan de l'Intérieur Joseph Nkaissery s’est exprimé ce matin devant des journalistes à Garissa, promettant que "le gouvernement kényan ne se laissera pas intimider par les terroristes qui ont choisi de tuer des innocents pour humilier le gouvernement ».
   
Le gouvernement se dit déterminé à combattre les terroristes et confiant dans la capacité du pays à "gagner cette guerre contre (ses) ennemis".

Selon les équipes de secouristes et des forces de sécurité encore présents sur place, des corps étaient toujours éparpillés ce matin sur le campus. Les secours sont encore en train de les collecter et les forces de l’ordre vérifient que les lieux ne présentaient plus de danger.

Le ministre de l'Intérieur a précisé qu’elles continuaient de "nettoyer l'université pour s'assurer que les étudiants pouvaient revenir en toute sécurité récupérer leurs documents et autres affaires personnelles".

Dix bus ont été mis en place pour transporter les étudiants survivants traumatisés vers leurs villes d'origine, ainsi que 4 hélicoptères. Garissa accueillant des étudiants de tout le pays.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a également déclaré ce matin que la Somalie et le Kenya doivent renforcer leur coopération sécuritaire, en présentant ses condoléances aux Kenyans.

Sur l'attaque même, on sait désormais que les assaillants s'exprimaient en swahili, et ont tiré froidement sur des étudiants dès le début de l'assaut.

Ils ont invoqué l'implication des soldats kenyans au sein de l'AMISOM luttant contre les shebabs en Somalie comme raison de leur lutte.



Les forces de l'ordre recherche maintenant les coupables...

Le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, avait désigné hier Mohamed Kuno, un ancien professeur de Garissa, comme commanditaire de la prise d'otage, offrant une récompense de 20 mio de schillings pour son arrestation (env. 200.000 euros).

 Cet homme est en fuite depuis décembre 2014.
Il avait déjà été identifié comme commandant shebab lors d'une attaque dans la ville de Mandera l'an dernier, dans la même région.
On sait qu'il a été enseignant dans un lycée de Garissa  et qu'il avait rejoint les islamistes des tribunaux islamiques, probablement en 2007/8 dont sont issus les shebabs.

Les shebab somaliens désormais affilié à al-Qaïda ont attaqué hier à l'aube l'université de Garissa, affirmant séparer les étudiants musulmans des non musulmans.


Rappel des faits

50 étudiants ont ainsi été libérés dès le début de la prise d’otage, pendant que d’autres étaient abattus ou retenu en otage.

L'université de Garissa compte plus de 800 étudiants, dont plusieurs centaines hébergés sur ce campus. Ils ont été réveillés par les islamistes hier matin vers 5h30 heure locale. Et c’est la premier fois que les shebabs s’en prennent ainsi à des étudiants, même s’ils visent depuis plus d’un an de plus en plus les civils.

A la fin de la journée, quatre assaillants ont fait sauter les ceintures d'explosifs qu'ils portaient.

Cette tuerie devient ainsi la plus meurtrière au Kenya depuis l'attentat contre l'ambassade américaine de Nairobi perpétrée en 1998 par Al-Qaïda, qui avait fait 213 morts.


Kenya : comprendre les Shebabs - entretien avec Roland Marchal (CNRS / Sciences Po)




AFRIQUE

KENYA SOMALIE SHEBABS TERRORISME

Kenya: 147 morts dans l'attaque shebab de l'université de Garissa

mediaLes secours évacuent une étudiante blessée pendant l’attaque contre l'université de Garissa, revendiquée par les shebabs somaliens.CARL DE SOUZA / AFP
Au Kenya, l'assaut des forces de sécurité est terminé, selon le ministère de l'Intérieur. Le dernier bilan communiqué par les autorités fait état de 147 morts et plusieurs dizaines de blessés. Les shebabs somaliens ont très rapidement revendiqué l'attaque et la prise d'otages.




C'est un véritable carnage qui a eu lieu ce 2 avril au Kenya. Le dernier bilan de l'attaque au campus de l'université de Garissa, revendiquée par les shebabs somaliens, s'élève à 147, dont un policier, un militaire et deux des gardiens du campus. 80 autres personnes ont blessés, dont neuf sont dans un état critique. L'opération des forces de l'ordre est terminée. Ce bilan fait de cette prise d'otage le pire attentat commis sur le sol kényan depuis l'attaque contre l'ambassade américaine de Nairobi en 1998.
Jeudi, juste avant l’aube, quatre hommes armés de fusils mitrailleurs AK47 ont pénétré sur le campus de l'université de Garissa. Ces hommes, membres de la milice shebab ont ensuite pris en otage 400 étudiants environ, répartis dans six dortoirs. Ils ont libéré 50 musulmans, gardant captifs les chrétiens, racontent les journalistes présents sur les lieux. Les étudiants qui ont pu échapper au carnage ont raconté que les assaillants ouvraient le feu au hasard et tuaient tous ceux qu'ils croisaient.
Les forces de l'ordre sont arrivées environ une heure après le début de l'attaque et ont encerclé les bâtiments. Durant les quinze heures suivantes, policiers et militaires échangent des coups de feu avec les quatre terroristes avant de lancer un assaut final vers 22 heures. Dans les ultimes instants, plusieurs terroristes explosent avec leurs ceintures piégées sans que l'on sache précisément s’ils ont volontairement actionné leur engin. Plusieurs policiers sont blessés par ces explosions.
« La plupart des étudiant ont été tués avant même que la police n'arrive sur les lieux,rapporte Ahmed Kossa, un journaliste kényan de Star FM, une radio basée à Garissa. Ils sont morts à la suite de tirs à courte distance. Ceux qui ont pu s'échapper nous ont dit que les hommes armés étaient masqués et qu'ils ouvraient le feu au hasard sur les étudiants. Beaucoup de ces étudiants étaient en état de choc et ne comprenaient pas ce qui se passait sur le campus. Par ailleurs, beaucoup des personnes atteintes par les tirs se sont vidées de leur sang pendant le temps de la prise d'otage et en sont mortes. »
Les quatre assaillants tués
Dans la soirée, jeudi, le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, affirmait que « les quatre assaillants [...] avaient tous été tués par les membres des forces de sécurité qui les ont abattus. Les terroristes portaient des explosifs qui ont détonné » lorsqu'ils ont été touchés.
Une prise d’otages par les shebabs visant des étudiants constitue une première, relève Roland Marchal, directeur de recherches au CNRS et chercheur à Sciences Po Paris.
En général, ce sont des actes militaires relativement simples, c’est-à-dire des lancers de grenades, des mines… Ils visent fondamentalement toutes les forces de l’ordre. […] Là on est quand même dans une démarche très différente puisqu’on s’attaque franchement à des civils et à des jeunes.
Roland MarchalDirecteur de recherches au CNRS et chercheur à Sciences Po Paris03/04/2015 - par Mélissa ChemamÉcouter
Depuis que l'armée kényane est en Somalie pour combattre les shebabs, le Kenya est exposé aux attaques de représailles. Une série de raids en juin et juillet de l'an dernier sur la côte kenyane avaient coûté la vie à près d'une centaine de personnes. On se souvient aussi de l'assaut lancé contre un centre commercial de Nairobi en 2013 faisant 67 victimes.
Pour Roland Marchal, avec cette action, la nouvelle direction d’al-Shebab envoie un signe fort aux autorités de Nairobi.
Depuis la mort d’Ahmed Godane en septembre 2014, le nouveau dirigeant, qui est issu de la région du Jubaland, frontalière avec le Kenya, a initié une campagne d’activités intenses dans cette région.
Roland MarchalDirecteur de recherches au CNRS et chercheur à Sciences Po Paris03/04/2015 - par Mélissa ChemamÉcouter
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02/04/2015

Kenya : nouveau bilan - 147 étudiants sont morts dans l'attaque contre l'université de Garissa


KENYA SOMALIE SHEBABS TERRORISME

Kenya: 147 morts dans l'attaque contre l'université de Garissa

mediaLes secours évacuent une étudiante blessée pendant l’attaque contre l'université de Garissa, revendiquée par les shebabs somaliens.CARL DE SOUZA / AFP


 Au Kenya, le siège des locaux de l'Université de Garissa s'est terminé dans la soirée selon les autorités, qui annoncent que l'assaut a finalement fait 147 morts et au moins 80 blessés.
Un militaire, un policier et deux gardiens ont également été tués dans l'assaut.
L'attaque a pris par surprise le campus universitaire de Garissa, dans l'est du pays, à l'aube. Elle a été rapidement revendiquée par les islamistes somaliens d'Al Shabaab.
La prise d'otage s'est prolongée jusqu'en fin de journée puis les forces de l'ordre ont lancé une opération finale. Rappel des faits : Mélissa Chemam pour RFI :



Le Ministre de l'Intérieur a annoncé un assaut final sur les preneurs d'otage vers 19h30 heure locale (17h30 GMT), après des heures d'incertitude sur la situation dans le campus.

Il affirmait alors que "500 étudiants étaient recensés vivants", sur les 815 sur le site.
Une heure plus tard, le bilan des victimes avaient doublé...
Ce bilan fait de cette prise d'otage la pire attaque sur le sol kenyan depuis celle contre l'Ambassade américaine de Nairobi en 1998.

Le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, avait désigné un peu plus tôt Mohamed Kuno, un ancien professeur de Garissa, comme commanditaire de la prise d'otage, offrant une récompense pour son arrestation.

Ce matin, le porte-parole des Shebaabs avait déclaré ce matin que "le Kenya est en guerre avec la Somalie" et ses hommes en mission pour "tuer ceux qui sont contre les eux".

L’attaque lancée à l'aube sur University College avait pour but de prendre en otages des étudiants chrétiens, les assaillants affirment séparer les musulmans pour les relâcher.
50 personnes ont été libérées.
Le nombre d'étudiants retenus en otage est longtemps resté indéterminé.
On apprend désormais que 350 étudiants sont restés aux mainx des shebabs toute la journée.

Les premiers blessés ont été évacués par hélicoptère à l’hôpital de Garissa, et la Croix Rouge a dépêché un avion sur place pour transporter les blessés grave vers la capitale, Nairobi.

Au final : un militaire, un policier, deux gardiens, 4 des assaillants et 147 étudiants ont trouvé la mort.


Kenya : assaut des forces de l'ordre ; vers la fin de la prise d'otage



Les autorités kényanes ajoutent qu'au moins quatre assaillants ont été abattus et que l'opération visant à mettre fin à la prise d'otages se poursuivait. Les shebabs somaliens ont attaqué ce jeudi matin l'université de Garissa, localité de l'est du Kenya, située à environ 150 km de la frontière somalienne.

les détails sur Rfi à 19h (heure de Paris) :

Au Kenya, le siège des locaux est pratiquement terminé selon le Ministère de l'Intérieur qui annonce que l'assaut a fait au moins 70 morts et près de 80 blessés.
L'attaque a pris par surprise le campus universitaire de Garissa, dans l'est du pays., à l'aube.
Elle a été rapidement revendiquée par les islamistes somaliens d'Al Shabaab.
La prise d'otage s'est prolongé jusqu'en fin de journée puis les forces de l'ordre ont lancé une opération finale.
Mélissa Chemam


500 des 815 étudiants du campus ont été retrouvés. 

Le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, reste encore prudent sur d'éventuels assaillants toujours à l'intérieur....
Un peu plus tôt, il avait désigné Mohamed Kuno, un ancien professeur de la ville, comme commanditaire et organisateur en chef de la prise d'otage, offrant une récompense pour son arrestation. 

Le porte-parole des Shebaabs avait déclaré ce matin que "le Kenya est en guerre avec la Somalie" et ses hommes en mission pour "tuer ceux qui sont contre les shebab", a-t-il ajouté. 

L’attaque lancée à l'aube sur University College avait pour but de prendre en otages des étudiants chrétiens, les assaillants affirment séparer les musulmans pour les relâcher.
50 personnes ont été libérées. 
Le nombre d'étudiants retenus en otage est longtemps resté indéterminé.

Les premiers blessés ont été évacués par hélicoptère à l’hôpital de Garissa, et la Croix Rouge a dépêché un avion sur place pour transporter les blessés grave vers la capitale, Nairobi. MSF a également annoncé avoir envoyé une équipe comptant notamment un médecin et trois infirmiers. 

La police et des renforts militaires ont cerné la ville de Garissa, régulièrement ciblée par des attaques du groupe Al Shebab en raison de sa position stratégique, proche de la frontière somalienne : à la fois facile d’accès et utile pour leur ravitaillement. 

Le Ministre de l'Intérieur a annoncé un assaut sur les preneurs d'otage vers 19h30 heure locale (17h30 GMT), annonçant qu'environ "500 étudiants sont recensés vivants", mais confirmant la mort d'au moins 70 d'entre eux.
Ce bilan fait de cette prise d'otage la pire attaque sur le sol kenyan depuis l'attaque contre l'Ambassade américaine de Nairobi en 1998.  




Kenya : President Kenyatta statement on the Garissa attack



STATEMENT BY HIS EXCELLENCY HON. UHURU KENYATTA, C.G.H., PRESIDENT AND COMMANDER-IN-CHIEF OF THE DEFENCE FORCES OF THE REPUBLIC OF KENYA ON THE TERRORIST ATTACK AT GARISSA UNIVERSITY COLLEGE, GARISSA COUNTY, ON  2NDAPRIL, 2015

Fellow Kenyans,

I am saddened  to inform the Nation that early today,  terrorists attacked Garissa University College killed and wounded several people and have taken others hostage. The full details of casualties will be communicated in due course by the Cabinet Secretary for Interior and Coordination of National Government who is coordinating operations with the Inspector-General of the Police in Garissa.

On behalf of my Government, I extend condolences to the families of those who have perished in this attack. We continue to pray for the quick recovery of the injured, and the safe rescue of those held hostage.

I also assure the Nation that my Government has undertaken appropriate deployment to the affected area, and is fully seized of the situation. I also urge Kenyans to stay calm as we resolve this matter, and to provide the authorities with any information they may have in connection with any threats to our security. This is a moment for everyone throughout the country to be vigilant as we continue to confront and defeat our enemies.

I further direct the Inspector-General of Police to take urgent steps and ensure that the 10,000 recruits whose enrolment is pending, promptly report for training at the Kenya Police College, Kiganjo. I take full responsibility for this directive. We have suffered unnecessarily due to shortage of security personnel. Kenya badly needs additional officers, and I will not keep the nation waiting.

2ND APRIL, 2015
STATE HOUSE, NAIROBI

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Kenya : prise d'otage à l'Université de Garissa


Et nos dernières infos - en français - sur le kenya :

 Le campus de Garissa au Kenya, à environ 150 km de la frontière somalienne, est victime d’une prise d’otage depuis cette nuit, vers 5h30 heure locale (2h30 GMT). Des tirs et explosions ont été entendus et les bâtiments de l’université évacués. L'attaque a fait 15 morts, de source policière. Les islamistes somaliens shebab viennent de revendiquer l'assaut. Mélissa Chemam pour RFI :

KENYATERRORISME

En direct: attaque des shebabs contre l’université de Garissa au Kenya

mediaDes militaires kényans sur le lieu de l'attaque, à Garissa, le 2 avril 2015.REUTERS


"Le Kenya est en guerre avec la Somalie", c’est ce qu’a déclaré l’un porte-parole du groupe islamiste, Cheikh Ali Mohamud Rage. "Nos hommes sont encore à l'intérieur et combattent, leur mission est de tuer ceux qui sont contre les shebab", a-t-il ajouté.

L’attaque lancée à l'aube sur University College avait pour but de prendre en otages des étudiants chrétiens, les assaillants séparant les musulmans pour les relâcher un peu plus tard, ce que les miliciens shebabs appliquent depuis plusieurs mois.

Un premier bilan officiel de la Croix-Rouge kenyane fait état de 15 morts et au moins 65 blessés. 50 personnes ont été libérées.
Un nombre indéterminé d'étudiants sont encore pris en otage.

Les premiers blessés ont été évacués par hélicoptère. 65 ont été transférés à l’hôpital de Garissa, très démuni ; la Croix Rouge a donc dépêché un avion sur place pour transporter les blessés grave vers la capitale, Nairobi : au nombre de 4 pour l'instant.

Médecins Sans Frontières a également annoncé avoir envoyé une équipe comptant un médecin et trois infirmiers, un anesthésiste et un logisticien.

La police et des renforts militaires ont cerné la ville de Garissa, régulièrement ciblée par des attaques du groupe Al Shebab en raison de sa position stratégique, proche de la frontière somalienne : à la fois facile d’accès et utile pour leur ravitaillement.

Selon les forces de l’ordre, les assaillants lourdement armés se trouvaient encore sur le toit du principal bâtiment de l’université il y a moins d'une heure.

Le Ministre de l'Intérieur a annoncé il y a qq minutes qu'un présumé terroriste a été arrêté alors qu'il essayait de s'enfuir.

Des habitants ont rapporté que les risques d’attaques étaient dans tous les esprits ces dernières semaines.


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A suivre ici :

http://www.rfi.fr/afrique/2min/20150402-direct-hommes-armes-attaquent-universite-garissa-kenya/



Libye: le Premier ministre du gouvernement rebelle limogé par son Parlement


Mon dernier papier sur la Libye pour Rfi :

LIBYE

Libye: le Premier ministre du gouvernement rebelle limogé par le CGN

mediaMaison endommagée suite à des affrontements entre milices rivales, dans le quartier de Janzour, dans la banlieue de Tripoli, le 5 août 2014.REUTERS/Hani Amara
Le chef du gouvernement libyen rebelle, Omar al-Hassi, a été démis de ses fonctions, le 31 mars, par un vote du Congrès général national (CGN), le parlement non reconnu par la communauté internationale. Le reste des ministres de ce gouvernement a été maintenu.  Omar al-Hassi a rejeté son limogeage, ce mercredi 1er avril, déclarant qu’un « Premier ministre ne peut pas être démis de ses fonctions ainsi », mais il n'a cependant émis aucun recours. Cette décision pourrait ouvrir la voie à un gouvernement d'union nationale, option tant attendue.
La gestion des affaires politiques et sécuritaires d'Omar al-Hassi était largement contestée, notamment par les membres du CGN, l'Assemblée non reconnue par la communauté internationale qui réclamait son départ.
On lui reproche notamment, parmi les parlementaires, de n'avoir pas congédié des ministres accusés de « corruption ». Par ailleurs, un grand nombre des douze ministres de son gouvernement avaient réclamé ou souhaité sa démission.
Enfin, il était jugé trop peu coopératif dans le cadre des discussions onusiennes sur la formation d'un éventuel nouveau gouvernement d'union nationale.
C’est son adjoint qui devrait prendre l'intérim de son poste de Premier ministre.
Les milices Fajr Libya contrôlent Tripoli et se sont emparées de la capitale libyenne, en août dernier. Elles avaient ensuite nommé Omar al-Hassi, universitaire de 55 ans, au poste de chef du gouvernement.
De leur côté, le Parlement et le gouvernement reconnus par la communauté internationale siègent toujours à Tobrouk dans l'est de la Libye. C'est à présent à eux de faire preuve de consensus, selon des experts, après cette démission dans le cadre des pourparlers onusiens.
Joint par RFI, Hasni Abidi, chercheur au Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam) à Genève et spécialiste de la Libye, ce limogeage peut être une source d'espoir et un pas vers un solution de gouvernement d'union nationale mais il semble clair qu'aucun des deux gouvernements ni aucune milice ne peuvent prétendre contrôler la sécurité.
Aujourd’hui, ni le gouvernement de Tobrouk, ni le gouvernement de Tripoli ne sont en mesure de dire qu’ils sont capables de sécuriser les territoires en leur possession.
Hasni HabidiChercheur au CERMAM à Genève et spécialiste de la Libye.01/04/2015 - par Mélissa ChemamÉcouter

01/04/2015

Yemeni refugees fleeing in Somalia...


Appalling situation...

Aid for Yemen Dwindles as Need Rises Amid Chaos





Photo

A police officer surveyed a crater where homes once stood near the airport in Sana, Yemen, as a Saudi-led offensive targeted suspected Houthi militia sites. CreditKhaled Abdullah/Reuters


CAIRO — The United Nations’ human rights chief warned on Tuesday thatYemen was on the brink of collapse, as health officials in the southern port city of Aden described a medical system failing after weeks of urban warfare that had left scores dead and hospitals overflowing with bodies.
The warning from the human rights chief, Zeid Ra’ad al-Hussein, came as a Saudi-led military offensive against the Houthis, a militia group from northern Yemen that Saudi officials have accused of serving as a proxy force for Iran, threatened to burst into a broader conflict.
The Houthis, acknowledging their alliance with Iran but denying acting on its orders, have been able to extend their offensive despite intensifying airstrikes by Saudi warplanes across Yemen.
There have been few signs that the battle, which began last Wednesday, is shifting decisively in favor of any of the combatants, raising fears of a lengthy war that is expanding the destabilizing regional conflict between the Persian Gulf monarchies and Iran. With Yemen under blockade from air and sea by the Saudi-led coalition, aid agencies intensified their warnings on Tuesday about the toll on civilians and hospitals, which are running critically low on medical supplies.


http://www.startribune.com/world/298131961.html


Fleeing violence at home, dozens of Yemeni refugees arrive in Somalia


  • Article by: ABDI GULED , Associated Press 
  • Updated: March 31, 2015 - 8:41 AM


MOGADISHU, Somalia — Dozens of Yemeni refugees fleeing the fighting and Saudi-led airstrikes in Yemen have arrived in the northern parts of Somalia, local officials and the U.N. said on Tuesday.
At least 32 Yemenis arrived by sea in the northern breakaway area of Somaliland and the semiautonomous Puntland region on Saturday, according to the U.N. refugee agency.
Some 12 Yemeni families arrived at Berbera port on the Gulf of Aden after traveling from Yemeni's third largest city of Taiz, where warplanes had carried out strikes targeting the Houthi rebels, Omar Abokor, the deputy manager of Somaliland's Berbera port, told reporters on Tuesday.
The arrival of the Yemenis is in stark contrast to the usual flight to Yemen of hundreds of Somalis escaping violence and poverty at home.
Yemen hosts more than 238,000 Somali refugees, according to the U.N. refugee agency.
Concerns were also being raised in Somalia over a potential backlash against Somali refugees in Yemen after the Somali government expressed support for the Saudi-led air strikes against the Houthi fighters in Yemen.
Somalia's Foreign Ministry said in a statement last week that it stands by the Yemeni government in its war against the rebels whose insurgency forced Yemeni President Abed Rabbo Mansour Hadi to flee his country last week amid a rebel advance on the southern city of Aden.
The Somali government's decision to publicly support the assault on the Houthi rebels may endanger the lives of Somalis living in Yemen, said Hassan Abdullahi, a university lecturer in Mogadishu who studied in Yemen.

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UK: Lib Dems to propose law protecting journalism from state interference


A good move for our profession in the UK?




Lib Dems to propose law protecting journalism from state interference

Party will promise charter on press freedom and will vow to end government involvement in appointing heads of broadcasting regulators


Guardian Political editor

Tuesday 31 March 2015

http://www.theguardian.com/media/2015/mar/31/lib-dems-to-propose-law-protecting-journalism-from-state-interference?CMP=share_btn_tw


Nick Clegg.

 Nick Clegg played a critical role in the compromise forged on Leveson’s proposals, including a press regulator set up under the auspices of a recognition body established by royal charter. Photograph: Rufus Cox/Getty Images

A right to protect journalism from state interference and an end to ministers appointing the heads of broadcasting regulators are set to be proposed by the Liberal Democrats in a new “first amendment”-style charter on press freedom to be outlined in the party’s manifesto.
The Lib Dem policy document is expected to suggest there should be a new statutory recognition of journalism so that newspapers and other media are not required to rely solely on the freedom of expression rights as spelled out under article 10 of theEuropean convention on human rights.
It has been argued by some media organisations that article 10 does not hold the same weight as first amendment of the American constitution, which states that it is illegal for the US Congress to pass any law “abridging the freedom of speech or of the press”.
Article 10 of the ECHR guarantees the right “to hold opinions and to receive and impart information and ideas without interference by public authority and regardless of frontiers”. The wording, it is argued, reduces journalists’ right to resist those seeking injunctions to prevent publication.
The proposed package is also expected to include:
  • An end to the right of ministers to appoint the chairs of Ofcom and the BBC’s internal regulator, the BBC Trust. Appointments would be made via an independent body such as the commissioner for public appointments, but would not preclude a politician being appointed.
  • A requirement that any decisions on media takeovers are subject to parliamentary as opposed to ministerial oversight, in a bid to prevent a repetition of the circumstances surrounding News Corporation’s proposed takeover of BSkyB, which was going to be waved through by the then culture secretary, Jeremy Hunt, until the phone-hacking scandal erupted. 
  • An end to the ministerial veto that allows the attorney general to over turn decisions of the information tribunal – a veto power that was restricted by the supreme court in its landmark decision in March paving the way for the release of letters written by Prince Charles to ministers in 2004-05. The case took 10 years after the attorney general overruled the information commissioner, the official responsible for arbitrating on decisions concerning the Freedom of Information Act.
  • A requirement for media regulator Ofcom to undertake periodic reviews of media plurality in the UK, independent of any specific takeover bid. Previously, the Lords communications select committee has called for a five-yearly review of the landscape of media plurality by Ofcom with limited powers for the watchdog to order the divestment of media interests, subject to the ultimate agreement of the culture secretary.
There would also be stronger defences for whistleblowers sending information to MPs and doctors.

The package is also expected to include a statutory public interest defence so that police officers cannot access a journalist’s phone records to discover the identity of a source without judicial oversight, after it emerged that the phone records of Sun journalist Tom Newton Dunn had been obtained without his consent by police investigating the Plebgate saga.
The proposed Liberal Democrat protections go further than those proposed by Tories in February since there would be a requirement for a journalist to be notified that the police were seeking a court application to look at their phone records.
In the conclusion of his inquiry into press standards in 2012, Sir Brian Leveson proposed that it would only be lawful to interfere with the media “insofar as it is for a legitimate purpose and is necessary in a democratic society”. But his idea was rejected by rightwing newspaper groups opposed to what they argued was statutory regulation of the press. 
Lib Dem sources suggested that introducing a broader fundamental right to protection for journalism might, for instance, make it more difficult for members of the security services to be able to require newspapers to smash up computers containing classified information leaked by whistleblowers such as Edward Snowden, the former NSA contractor – as happened to the Guardian.
At the weekend Clegg presaged some of the proposals in the Liberal Democrat package saying he wanted reform of the laws on public interest defence.
Clegg said the current laws “are just far too opaque, in too many of our laws, exactly what is the strength and nature of a public interest defence.
“I would like to see that clarified in law, my party has always advocated that. The fact that prosecutors are relying on 13th-century laws, that we don’t have an up-to-date definition of what a public interest defence is, shows the need for a proper review and a proper reform of the law in this area.”
Clegg played a critical role in the compromise forged on Leveson’s proposals in 2013 including a press regulator set up under the auspices of a recognition body established by royal charter. The manifesto states it will revisit Leveson’s proposals in autumn 2016, after the new press regulator’s recognition panel has been in position for a year, to assess whether the regulatory system proposed by Leveson is functioning.
At present newspapers have set up their own independent regulator independent of the recognition panel, Ipso, set up by royal charter. Its effectiveness is a matter of dispute, and is not supported by every national newspaper.



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