26/08/2014

RENTREE THEATRALE


Septembre arrive, et avec son lot de spectacles. Une pré-sélection :



LA COLLINE 


Le Capital et son Singe
“Le capital est du travail mort, qui ne s’anime qu’en suçant tel un vampire du travail vivant, et qui est d’autant plus vivant qu’il en suce davantage.”
On avait senti qu’ils s’intéressaient au fonctionnement du pouvoir  : après Le père tralalère et Notre terreurSylvain Creuzevault et ses camarades investissent avec leurs armes de théâtre – improvisation, écriture au plateau, élaboration collective – un continent de pensée révolutionnaire. Chant inaugural des consciences prolétaires et des combats socialistes, méthode critique échevelée pour les uns, pour d’autres bon pour les poubelles de l’histoire, Le Capital, texte douloureusement élaboré et inachevé, édité en 1867, est pour la plupart d’entre nous un monument inconnu... En faire théâtre, ce n’est pas “peindre en rose le personnage du capitaliste et du propriétaire foncier, ni celui de l’archaïque ouvrier, ni Jacques Bonhomme le paysan, ni les pétro-subjectivités urbaines, ni les métaphysiciens de réseaux, ni les endettés du monde entier...” Ils n’interviennent dans cette “Difficile comédie” que comme les grimaces des structures cachées de notre monde – celles qui rendent difficile d’apercevoir les visages... Avis aux spectateurs: “Il ne s’agira pas de rêves, ni d’utopie ; et de théâtre politique, c’est comme de rapport sexuel, il n’y en aura plus ! Ce sera de la comédie, pure, dure”.
à partir du Capital de

Karl Marx

mise en scène

Sylvain Creuzevault

avec
Vincent Arot, Benoit Carré, Antoine Cegarra, Pierre Devérines, Lionel Dray, Arthur Igual, Clémence Jeanguillaume, Léo-Antonin Lutinier, Frédéric Noaille, Amandine Pudlo, Sylvain Sounier, Julien Villa, Noémie Zurletti
Grand Théâtre
du 05 septembre 2014
au 12 octobre 2014
du mercredi au samedi à 20h, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h

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Rien de moi

“Ce que tu voyais en moi s’était fixé, solidifié, avait pris forme.”
Stéphane Braunschweig poursuit son compagnonnage artistique avec Arne Lygre, dont il a mis en scène en 2012 Je disparais et Tage Unter (Jours souterrains). C’est sa toute dernière pièce, qu’il créera cette année en français. Elle s’ouvre par l’euphorie d’une relation passionnelle : une femme et un homme plus jeune aménagent dans un appartement vide ; ils s’isolent du monde extérieur et de ce qui fut leur réalité jusque-là. Mais leur vie en symbiose va être perturbée par la visite de figures du passé - mères, enfants, mari ; puis, plus sourdement, par le danger que chacun fait courir à l’autre au sein de cette relation. Arne Lygre semble scruter ici ce qui fait lien entre deux êtres : un élan réciproque, un rêve partagé, la réparation de vieilles blessures, la consistance d’un projet ? Aucun naturalisme dans sa façon d’aborder cette intimité : son écriture ludique invente, comme toujours, une façon singulière de créer un univers. Étrangement, les personnages de Rien de moi font advenir tout ce qu’ils énoncent ; chaque phrase dite donne forme à leur histoire. Pour Stéphane Braunschweig, cette puissance accordée à la parole est le sujet même de la pièce : elle parle du risque d’enfermer les autres dans ce que nous voulons d’eux, par l’amour même que nous leur portons.
de

Arne Lygre

mise en scène et scénographie

Stéphane Braunschweig

avec
Luce Mouchel, Chloé Réjon, Manuel Vallade, Jean-Philippe Vidal

création à La Colline
Petit Théâtre
du 01 octobre 2014
au 21 novembre 2014
du mercredi au samedi à 21h, le mardi à 19h et le dimanche à 16h
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LES BOUFFES DU NORD

THÉÂTRE - du 10 septembre 2014 au 27 septembre 2014

Cet enfant

Une création théâtrale de Joël Pommerat
 1 sur 4 -
© Ramon Senera
Cet enfant a pour origine une demande de la CAF du Calvados qui m’a été faite en 2002 de recueillir des paroles de pères et de mères et d’écrire un spectacle sur le thème « qu’est-ce qu’être parent ? ». Ce spectacle devait ensuite être joué dans des centres sociaux de différents quartiers de Caen.
Nous avons finalement abouti à un texte inspiré de ma propre vision du sujet et de la lecture d’autres auteurs. Une ou deux scènes sont des hommages ou clins d’oeil à des personnes qui s’étaient confiées.
Cet enfant est une suite de dix séquences indépendantes les unes des autres, de confrontation familiale qui disent l’amour qui ne va pas de soi, en contrepoint de la famille idéale ou fantasmée. Les scènes font miroir entre elles.
C’est un texte au style simple et direct. Même si les situations sont dures, elles sont jouées sans jugement ni sentimentalisme.
Joël Pommerat
Une création théâtrale deJoël Pommerat
Scénographie et lumièresÉric Soyer
CostumesIsabelle Deffin
Recherche et réalisation de l’écriture sonoreFrançois et Grégoire Leymarie
Installation sonoreFrançois Leymarie
AccessoiresThomas Ramon
DocumentationÉvelyne Pommerat
Recherche documentationCaterina Gozzi
Direction techniqueEmmanuel Abate
Régie lumièreJean-Pierre Michel
Régie sonGrégoire Leymarie
AvecSaadia BentaïebAgnès BerthonLionel CodinoRuth OlaizolaJean-Claude Perrin et Marie Piemontese
Création musicaleAntonin Leymarie
Enregistrée parAymeric Avice, Guillaume Dutrilleux trompette, Boris Boublil claviers, orgue, piano électrique, Antonin Leymarie batterie, Rémi Sciuto saxophone, synthé basses, et Fred Pallem guitares, basse
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ROND POINT

Open Space


durée 1h30
 
4 sept. - 19 oct., 21:00
salle Renaud-Barrault

 dimanche, 15:00
 relâche les lundis et les 7 sept. , 16 sept. , 17 sept. et 18 sept. 
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Matin, tôt, horaire de bureau. Un espace ouvert. Ils s’installent à leur table. Grincements des sièges, mise en route, bâillements. Grognements de la machine à café. Les bruits se juxtaposent, les mouvements s’enchaînent. La routine prend des allures de ballet magistral. Ils pourraient être les agents d’une compagnie d’assurance. Il y a celle qui boit en cachette, celui qui colle aux basques du patron, celui qu’on a mis au placard. Il y a celui qui s’endort, celle qui fait du bruit, l’autre qui s’en fout, et ceux-là qui s’aiment. Quelques humains ordinaires cohabitent une journée entière dans un open space, exploit surhumain. Ils sont traversés tour à tour par des rêves de grandeur, des fatigues et des inquiétudes, des colères rentrées et des pulsions inavouables.
Comète imprévisible de la scène, chanteuse, danseuse et comédienne, Mathilda May jouait l’an passé au Rond-Point L’Enterrement de Thomas Vinterberg et Mogens Rukov. Elle a signé son premier romanPersonne ne le saura, après quarante ans. Elle a livré ensuite son premier spectacle Plus si affinités avec Pascal Légitimus. Auteur, chorégraphe et musicienne, elle dirige ici sept comédiens polyvalents, dans un chœur de borborygmes, onomatopées et bruits divers. Elle compose une fantaisie délirante pour un lieu de travail et de torture qu’elle transforme en terre magique. Sans paroles, avec ralentis, gros plans, retours en arrière, Open Space se suit comme une symphonie de sons, un conte moderne aux échappées féeriques. Franz Kafka ou les Monty Python pourraient en être les parrains. Pierre Notte
production Arts Live Entertainment – Richard Caillat, coproduction Théâtre de Suresnes Jean Vilar, Théâtre de Paris, Théâtre du Gymnase / Marseille, Théâtre Anne de Bretagne / Vannes, coréalisation Théâtre du Rond-Point

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 THÉÂTRE DE LA VILLE
DU 1 AU 12 OCTOBRE 2014  voir les horaires    THÉÂTRE

FEDOR DOSTOÏEVSKI AUTEUR
VINCENT MACAIGNE METTEUR EN SCÈNE
IDIOT ! PARCE QUE NOUS AURIONS DÛ NOUS AIMER  re-création

AVEC LE FESTIVAL D'AUTOMNE À PARIS



ÉTAT SAUVAGE
Vincent Macaigne renoue avec l’ironie et la fureur du monde dostoïevskien.

Le roman de Dostoïevski, qui met en scène l’errance et les erreurs d’un jeune homme a priori privilégié, occupe l’esprit de Vincent Macaigne. Déjà en 2009, avec son équipe, il donne vie au prince Mychkine, aux amours condamnées de ce personnage hors norme, naïf, inadapté à la sauvagerie d’une société « aux valeurs floues… installée et aristocratique, aux prises avec des changements idéologiques qu’elle ne maîtrise pas », écrit-il alors. C’est toujours ainsi qu’aujourd’hui, dans la rage et la douleur, dans l’ironie et la fureur, il retrouve le prince et son univers. On n’a jamais fini d’explorer le monde dostoïevskien. Et puisque la reconstitution historique s’avère inutile, le théâtre étant là pour faire vivre spectacle et spectateurs dans un même temps, un même présent, on peut se fier à Vincent Macaigne pour tout simplement nous plonger au cœur du désordre et de la passion, dans l’énormité de la folie humaine. Chez lui, qu’il s’agisse de violence, de complicité, de beauté, de rires ou de larmes, le summum est une loi.   

Colette Godard

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