26/04/2017

Colston Hall: Bristol's main auditorium to drop his slave owner's name


 April, you're definitely a busy, heavy month...

Now, this is what I call social change!

I believe the point is not to rename every street in England, and certainly not to "erase" or "bury" history as some haters have written, but the thing is that Bristol's music scene owes a lot to Caribbean musicians.

And the main auditorium made most of them feel uncomfortable to go in. So it was a symbolic gesture, to highlight the role of diaspora in British culture.

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I think the points made by arguments about whitewashing history are ridiculous, it's the contrary.

We cannot erase Edward Colston from all over Bristol, but the music hall's name is considered as an wound by Caribbean musicians.

But regarding the music hall, it's a choice for peace. For the voices that have felt so well touring all over the world, and so bad when home and invited there.

But obviously, no one would ever name a cultural venue after a war crime perpetrator! Of course naming a concert hall after somebody is glorifying that person. Opposing this change is absurd.

The port, harbour, boats, major buildings reminding of slavery won't disappear.

Naming the Harbourside's Pero Bridge is, on the contrary, the right way to remind people of their history...

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The concert hall might be renamed the Sierra Leone Hall....

Read my book for more!


For now, in The Guardian: 

Bristol's Colston Hall to drop name of slave trader after protests

 Concert venue that hosted the Beatles, David Bowie and Bob Dylan will reopen with a new name following refurbishment


Bristol’s biggest concert hall is to drop the name of the slave trader Edward Colston from its name after protests and a boycott by musicians, the Guardian can reveal.
The charity that runs Colston Hall, Bristol Music Trust, said on Wednesday it was a new beginning for the venue.

Louise Mitchell, the chief executive of the trust, described the Colston name as a “toxic brand”. She said: “For us it feels like the beginning of a new dawn. We are doing this now because it is the right thing to do. It’s not about commerce. It’s about doing the right thing.”
Mitchell said the trust would work with artists on finding a new name. She would also be talking to commercial partners about the renaming. She said: “We really don’t feel an association with Edward Colston, however tenuous, is the way we want to [move] forward.”
For the next year, the venue will retain the name Colston Hall. It will then close for refurbishment. When it reopens it will have a new name.

Colston Hall has been a target of activists who have demanded that the slave trader’s name be erased from all of Bristol’s buildings and other memorials to him removed.
Their campaign has been boosted by the revered Bristol band Massive Attack, who have refused to play Colston Hall.

Bristol’s mayor, Marvin Rees, has also added weight to the campaign, saying: “My ancestors are from slaves, I’m not a fan of the name.”
Some of the world’s biggest music and comedy stars have performed at Colston Hall, including the Beatles, David Bowie, Elton John, Ella Fitzgerald, Louis Armstrong and Bob Dylan.

Mitchell said previously: “Colston Hall is well known locally, regionally and nationally, as one of the major arts and entertainment centres in the country. Changing our identity is a major move that requires careful consideration. As we have always stated, we need to go through a thorough process that takes into account views from local, national and even international stakeholders and partners.

“We want the hall to be a place open to all. That’s why we’re working so hard to champion accessibility for performers and audiences, as well as those who will be able to participate in music education and enterprise, and reviewing the name has always been part of our plan.”
The move will increase the pressure on other Bristol institutions with Colston connections.

In February, Bristol Cathedral said it was prepared to consider removing its biggest stained glass windowbecause of its close association with Colston. However, the cathedral said eradicating Colston’s memory from the city was a tricky issue.

Colston was born in 1636 and died in 1721. Much of his wealth came from slavery. 
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link to article: https://www.theguardian.com/uk-news/2017/apr/26/bristol-colston-hall-to-drop-name-of-slave-trader-after-protests?CMP=twt_gu




Bristol's view over the Harbour, by myself, early 2017

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Pour infos, pour les francophones, quelques détails de contexte ci-dessous, et bien sûr toute l'histoire dans mon livre  :


Royaume-uni. La traite des Noirs hante toujours le port de Bristol

En 1807, quand la Grande-Bretagne a aboli l’esclavage, plus de 60 % de l’économie de Bristol dépendait de la traite des Noirs. L’or et l’argent que rapportaient les “merles” [blackbirds], comme on surnommait les vaisseaux négriers, se retrouvent dans toute cette cité réputée pour la grâce de ses façades géorgiennes, ses somptueux édifices publics et les généreuses contributions de ses marchands bienfaiteurs.

Du Théâtre royal, construit avec les dons de mécènes impliqués dans le commerce du bois d’ébène, jusqu’aux cloches de l’église de Saint Mary Redcliffe, qui sonnèrent pour célébrer l’échec d’une tentative d’abolition de l’esclavage en 1791, une grande partie de la gloire actuelle de Bristol repose sur son passé sanglant. Dans le centre-ville, une statue d’Edward Colston, l’un des plus puissants négriers, le dépeint comme un “fils vertueux et sage”. Le 10 mai dernier, lors d’un débat organisé au musée du Commonwealth et de l’Empire britannique, il n’est donc pas vraiment étonnant que l’atmosphère ait été tendue. Il s’agissait de savoir si la ville devait présenter ses excuses pour son rôle dans le commerce transatlantique des esclaves.

Ici comme ailleurs, la question divise l’opinion publique. Un mea culpa est-il nécessaire pour des événements vieux de quatre cents ans, et comment lui donner un sens ? Deux siècles ont passé depuis le départ du dernier vaisseau négrier, mais le sujet suscite la controverse dans une ville qui s’est refusée à suivre l’exemple de Liverpool, laquelle a présenté ses excuses en 1994 pour son rôle dans l’esclavage. “Tout le concept de racisme plonge ses racines dans l’esclavage. Le mépris qu’il impliquait pour l’homme noir, comme étant moins qu’un être humain, est à l’origine du concept de l’infériorité des gens de couleur”, explique Paul Stephenson, un vieux défenseur des droits civiques. “Des excuses sont nécessaires, mais il faudrait aller plus loin. La ville devrait verser des compensations pour s’amender de cette partie de son histoire. Bristol est très riche, et ces richesses viennent de l’esclavage.”

La fortune de la ville est un sujet sensible, comme on a encore pu le constater le mois dernier, quand les promoteurs d’un nouveau centre commercial ont dû revenir sur leur intention de le baptiser Quartier des marchands, nom considéré comme offensant pour la population afro-caribéenne de la ville. L’histoire locale reconnaît rarement l’importance de la participation de la ville au “triangle” de la traite des Noirs. De 1698 à 1807, ce sont 2 108 vaisseaux qui ont quitté les quais de Bristol pour l’Afrique de l’Ouest. Leur cargaison de marchandises britanniques était échangée contre des hommes, des femmes et des enfants capturés en Afrique occidentale et centrale. Les cales pleines à craquer d’êtres humains, les navires faisaient voile vers les Caraïbes, le sud des Etats-Unis et le Brésil. Le taux de mortalité de ces voyages était d’environ 5 % (30 % sur certains bateaux). On estime que 500 000 esclaves ont été transportés par la flotte de Bristol. La ville a d’ores et déjà reconnu officiellement la source de sa prospérité en apposant sur un quai une plaque “A la mémoire des innombrables Africains, hommes, femmes et enfants, qui ont apporté tant de prospérité à Bristol par le commerce des esclaves d’Afrique”.

A Londres, le gouvernement a mis en place une commission consultative sur les moyens de célébrer le bicentenaire de l’abolition. Bristol n’est pas la seule à souffrir d’amnésie collective à propos de l’exploitation du triangle de l’esclavage par la Grande-Bretagne. “L’idée d’un repentir se justifie, remarque l’historien Stuart Hall. Mais il faut qu’il soit accompagné d’une campagne d’information sur la véritable nature de ce qui s’est passé. Il est stérile de jouer sur la culpabilité des gens, mais nous ne devrions pas non plus nous contenter de célébrer le rôle joué par la Grande-Bretagne dans l’abolition.”
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The Independent (via Courrier international)

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